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LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


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Site traduit en Allemand :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/de/index.html

 

Site traduit en Anglais :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/en/index.html


Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
  • Contact

Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
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Archives

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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Jetez un oeil dans mes LIENS sur Richard OLIVIER, BIG MEMORY, mon ami Richard, Cinéaste belge, étant sur un gigantesque projet: Filmer tous les CINEASTES BELGES, morts ou vifs. Enfin, un artiste qui s'intéresse à ses pairs !http://www.bigmemory.be

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Je suis sur les blogs pro-tibétains:

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Christian VANCAU

4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 07:01
Bio 175-Juin1978 - Paris - Le Ciel
Bio 175-Juin1978 - Paris - Le Ciel
Bio 175-Juin1978 - Paris - Le Ciel
Bio 175-Juin1978 - Paris - Le Ciel

Article de l'Avenir du Luxembourg
Le 22 Juin 1978 je décide de partir à Paris pour assister au Congrès du C.I.E.L, le Comité des Intellectuels pour l'Europe des Libertés et j'emmène Jean-Pierre Devresse avec moi. Rendez-vous au Sheraton-Montparnasse. Mais le congrès ne commence que le lendemain et donc nous visitons Beaubourg et l'IRCAM de Boulez (photo ci-dessus) (pour rappel l'Institut de Recherche Acoustique-Musique) avec Christine Groult et Andy Moorer, et ensuite la célèbre librairie Shakespeare and C°, au 37 Rue de la Bucherie (Saint-Julien le Pauvre), "The bookstore Henry Miller calls a wonderland of bookscar il y venait souvent et y avait même une chambre  minuscule au 1er étage où il emmenait ses conquêtes "littéraires". C'est le patron écossais, Georges Whitman qui me l'avait montrée au début des années 60. Quelle merveille de petite librairie, fréquentée par une faune des plus diversifiées et dans laquelle les amis de Georges pouvaient passer la nuit sur des matelas de fortune, après un repas en commun, bien arrosé. J'ai eu cette chance à l'époque. Une majorité d'anglo-saxons évidemment. Durrell y est venu maintes fois, Anaïs Nin aussi
 

Le lendemain matin, nous sommes allés au nouveau Musée d'Orsay, l'ancienne gare du même nom, voir une exposition d'art contemporain intitulée "Comparaisons 1978". Je n'ai pas du tout trouvé que l'aménagement de cette gare magique était une réussite; c'est une très mauvaise utilisation du lieu. Reste heureusement la verrière qui est magnifique mais qui n'a pas été intégrée au reste du lieu à savoir principalement le rez-de-chaussée. Nous passons aussi à la Librairie de la Hune à Saint-Germain,
 

Et l'après-midi nous allons vers Montparnasse, j'achète mon liant acrylique comme d'habitude au magasin Adam, Boulevard Edgard Quinet  et à 15h00 nous entrons dans le Sheraton que voici ,vu de la rue Commandant Mouchotte.. En arrivant dans le hall du Sheraton, une idée me vient: je vais trouver les organisateurs et leur propose d'informer la Presse belge dès mon retour. Ceci nous vaudra d'être placés dans les premiers rangs avec les journalistes et surtout repérés par cette intelligentsia parisienne. Le but de ce mouvement est de lutter contre tous les totalitarismes, qu'ils soient de gauche ou de droite. Il y a des gens d'Art Press International, de Tel Quel (Sollers), un énorme mélange de gauche et de droite, Raymond Aron et Domenach (Revue Esprit) d'un côté et de l'autre Ionesco et Arrabal. Jean-François Revel aussi. Voici la grande salle de conférence et la tribuneCi-dessousCogrès du Ciel-Paris Sheraton-1978-Comité des Intellectuels pour l'Europe des Libertés-Fin Juin 1978-Raymond Aron, Philippe Sollers, Eugène Ionesco-Fernando Arrabal Nous avons de gauche à droite, Maria Antonietta Macchiochi, Philippe Sollers, je ne connais pas le suivant(un italien sûrement) et Raymond Aron. Très vite en fin d'après-midi nous formons des commissions et je tombe dans la commission sur le terrorisme en Italie dirigée par Philippe Sollers.

Et voici à la Tribune, Arrabal qui dit tout le temps" yé souis oune libertaire", ce qui fait marrer Sollers juste à côté. En allant vers la droite, nous avons encore un organisateur, puis Ionesco, puis Aron le grand philosophe, auteur de" L'Opium des Intellectuels" avec lequel, j'aurai un échange, lors d'un entr'acte

Le lendemain rebelotte. Je fais forcément la connaissance de Sollers, Ionesco s'endort tout le temps à la Tribune et en fin de journée, nous prendrons un verre avec Arrabal. Nous discuterons aussi avec Marc Devade et Guy Scarpetta (Mouvement Support-Surface). Jean-Pierre est totalemnet étourdi de tout ce qu'il a vécu. Pensez, il a 21 ans! Je vais en avoir 41 !

En fin de parcours Sollers me dédicacera un Tel Quel, sa revue, à côté d'un extrait de "Paradis" le livre sans ponctuation, qu'il vient de publier (voir ci-dessous)

A mentionner aussi une rencontre bien sympathique dans un petit resto de Montparnasse avec un certain Paul Roy de Houville-la-Branche. Jean-Pierre Devresse s'en souvient sûrement

 

"Pour Vancau, au ciel un peu bas et couvert, avec sympathie".

 

Le travail en commission avec lui avait été très intéressant. Une commission composée majoritairement d'italiens en pleine période de terrorisme

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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 06:48
Bio 174 - 1978 - Ma rencontre avec Henri Pousseur - Le Karaté
Bio 174 - 1978 - Ma rencontre avec Henri Pousseur - Le Karaté

"Il n'existe pas d'Ecole où apprendre l'Art en dehors de la vie même"  Henri MILLER
 

Nous sommes donc rentrés trempés de notre séjour à la Côte d'Azur, le 7 mai. Dix jours de pluie sur 10 jours de séjour. La côte d'Azur n'est plus ce qu'elle était;
 

C'est alors que je vais faire la connaissance d'un immense compositeur belge de Musique Contemporaine, Henri POUSSEUR.

Mon jeune ami peintre Jean-Pierre Devresse est en relation avec lui et aménage un rendez-vous au Conservatoire de Liège, dans l'appartement que Pousseur occupe avec sa famille, en tant que Directeur du Conservatoire. Et la rencontre a lieu le 3 Juin 1978.
 

 Qui est Henri Pousseur ? Il est né à Malmédy en 1929 et fait partie avec Boulez, Stockhausen, Berio et Nono, de l'avant-garde internationale des années cinquante. Il a entrepris des études musicales aux Conservatoire de Liège, puis de Bruxelles de 1947 à 1953. Ses premières oeuvres témoignent de son admiration pour le sérialisme et pour Webern. A partir de 1960, Pousseur prend ses distances par rapport à l'Ecole de Vienne et au néo-sérialisme. En 1968, il achève l'opéra "Votre Faust", écrit en collaboration avec Michel BUTOR qui  participera à l'élaboration des oeuvres  suivantes: La Rose des voix (1982), Déclarations d'Orages(1989), le Sablier du Phénix (1993) etc... (N'oublions pas "Le procès du Jeune Chien que je verrai, créé à Liège en 1978")

Pousseur devient en 1970 professeur à l'Université de Liège et fonde le Centre de Recherches et de formation musicales de Wallonie. De 1975 à 1994 (date de son départ à la retraite), il est directeur du Conservatoire de Liège. En 1991 il écrit "Leçons d'Enfer" à la mémoire de Rimbaud et en 1993 une oeuvre qui paraphrase le Dichterliebe de Schumann
 

Donc ce 3 juin, je me retrouve chez Henri Pousseur avec les deux frères Devresse, Jean-Pierre, et Etienne qui suit des cours au Conservatoire. Pousseur me dit que le livre de Paul Klee sur les rapports Peinture-Musqiue est son livre de chevet. Il a opéré une scission avec Boulez (tiens donc, voir mon article sur Xenakis et Pousseur me confirme le côté dictatorial de Boulez) avec lequel il a été très lié dans les années cinquante.

Son fils peint et au mur il y a une peinture de lui assez proche de Rauschenberg. Henri a aussi deux filles musiciennes, Isabelle et Marianne. Je l'interroge sur le côté aléatoire de sa musique et sur la façon dont il se situe actuellement par rapport aux Post-Sériels. Comme Ben il me traîte d'envahisseur après avoir vu mon catalogue.

Nous parlons de son oeuvre de 1974 "Die Erpröbung des Petrus Hebraicus" créée aux Festivals de Berlin et de Venise. Il vient d'ailleurs de participer à la Biennale et a choisi un plasticien liégeois, Michel Boulanger, pour l'accompagner et exposer à Venise. Il me dit que s'il m'avait connu un peu plus tôt, c'est moi qu'il aurait choisi. Voilà donc comment je n'ai pas exposé à la Biennale de Venise. Il me dit qu'il y a un paradoxe "Xenakis" car il impose à ses musiciens de suivre scrupuleusement la partition de l'Ordinateur. Celà semble le gêner

Et bien sûr, on parle de son grand ami Michel BUTOR; Comme je suis administrateur au Foyer Culturel de Libramont, l'idée folle germe en moi de faire venir Henri pour partager sa musique et ce sera chose faite au mois de septembre, j'y reviendrai. Henri et moi allons rester assez liés pendant des années mais avec des intervalles immenses et uniquement par écrit, en dehors de son unique passage à Libramont, au-dessus de la Banque. Il ne verra donc jamais le territoire de Moircy, occupé dès octobre 1979.

En attendant je continue à préparer l'exposition de mon atelier avec mes élèves

Et je commence à prendre des cours de Karaté le 13 Juin, au Foyer culturel, avec un certain Gérard de Saint-Hubert qui y tient un magasin de jouets "'Gédé Loisirs " et est ceinture noire. C'est le Karaté Wado Ryu, plutôt défensif et très proche de la danse collective, du Ballet, pourrait-on dire, ce qui n'empêche pas l'organisation de combats individuels en fin de séance. C'est très exigeant. Je me souviens de certaines positions-figures, le Zenkutsu, le Kiba-dachi, le Seiken-Choku-Zuki, le Junzuki (poing en avant du même côté que la jambe en avant), le Hidari-Gamae, le Mar Geri (coup de pied de face), l'Uraken (poing avant-arrière)etc... Il est interdit d'utiliser ce Karaté ou du moins certaine passes fatales sous peine de se faire retirer sa licence. Que doit être alors le Karaté offensif.

Cette expérience très intéressante va mal se terminer en fin d'année car lors d'un combat libre, je vais me faire décoller les cartilages des côtes 8, 9 et 10 suite à un coup de pied d'un jeune de vingt ans (j'en ai 41) qui va me mettre dans une telle fureur que je vais l'allonger au sol suite à quelques crochets bien ciselés, un souvenir de mon passé de boxeur. Il se retrouve couché sous moi, terrorisé et bien sûr je m'en tiens là. Mais voilà faut pas m'emmerder. J'en prendrai tout de même pour 3 semaines de repos au grand dam de mes employeurs et je décide de m'en tenir là malgré l'insistance de mon professeur, un peu gêné aux entournures tout de même
Voici le catalogue de la Biennale de Venise 1978 que Pousseur m'a envoyé. Il y présentait "Paraboles croisées" Natures de l'Espace,qu'il me dédicace " pour Christian Vancau qui en sait quelquechose"(de l'espace évidemment)Henri Pousseur-Mai 1978-Liège Conservatoire-Biennale de Venise-Paraboles croisées-Nature de l'Espace

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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 06:30
Bio 173 - Mai 1978 - Voyage à Biot - Ben à Nice
Bio 173 - Mai 1978 - Voyage à Biot - Ben à Nice
Bio 173 - Mai 1978 - Voyage à Biot - Ben à Nice
Bio 173 - Mai 1978 - Voyage à Biot - Ben à Nice
Bio 173 - Mai 1978 - Voyage à Biot - Ben à Nice

Nous avons réservé un Mas à Biot, chez les souffleurs de verre, près d'Antibes et nous quittons Libramont le 28 Mai. Voici la région que nous allons visiter et que je connais depuis 1956. Il manque juste Saint-Tropez. Le premier soir, nous ferons escale à Vienne dans la DrômeBiot-Antibes-Nice-Chez Ben-Promenade du Paillon-Pluchart-Ponchettes-Vasarely à Aix

 N'oublions pas qu'à cette époque, quand on vient du Nord, l'autoroute ne commence qu'après Dijon, au Km 405 et que nous devons traverser cette ville moutardière. Donc 5h25 pour arriver à l'entrée de l'Autoroute, à 16 Kms au Sud de Dijon. Voici Vienne où nous arrivons à 20H20, Km 623. Notre hôtel sous la flèche rouge à droite. Débarquement des bagages et on cherche un resto. Et qui vois-je à la table à côté , Le Docteur Claude Olivenstein, l'auteur de "Il n'y a pas de drogués heureux", le Directeur du Centre Marmottan. A l'époque on ne parle que de lui. Homme courageux. Grand respect. Il dîne avec un jeune, drogué ou non. J'irai le saluer et lui dire toute mon estime, à la fin du repas. "Tu prends des Olives, Einstein"Le lendemain nous repartons pour Aix- en-Provence où nous arrivons à 10 heures, principalement pour visiter la Fondation VasarelyEnsuite par Le Luc et Cogolin et La Garde-Frenet, Salut Serge Rezvani, nous atterrissons à Saint-Tropez, dans le vieux port. Quelle nostalgie, dix-huit ans plus tard, cette enclave qu'aucune mondanité n'a emportée. Nous sommes un 27 avril et comme on peut le deviner, il ne fait pas beau du tout. Nous arriverons à Biot à 16h00, au Km 1135. Nos propriétaires belges sont charmants et leur lieu tout autant. Dommage qu'il pleuve. ici probablement le seul rayon de soleil qu'il y ait eu de tout le séjour. Le seul avantage de ce type de temps, c'est que l'on visite tout le temps au lieu de se faire bronzer en terrasseEt donc nous avons commencé par visiter Biot et ses souffleurs de verre, puis le Musée de Fernand LEGER, car Léger avait acquis un domaine au Mas Saint-André peu avant sa mort en 1955 et c'est sur ce terrain que le Musée a été construit. Biot est un bien beau village perché sur une colline et ses ruelles m'ont permis de réaliser une très belle photo avec un chien, que j'ai aussitôt intitulée " Biot Dog" ou" Bi-Hot-Dog", au choix

Ensuite c'est Antibes et son fort, celui du Musée Picasso (Château Grimaldi) mais aussi celui à côté duquel Nicolas de Staël s'est auto-défenestré de son atelier, en 1954, à l'âge de 41 ans au pied du rempart Vauban. L'Antibes aussi de Sidney Bechet. Il faut réécouter "Dans les Rues d'Antibes" de Sydney BechetEt puis on va pousser vers l'Est de la côte d'Azur, avec une première étape à la Fondation Maeght, à Saint-Paul de Vence avec ses Miro, Klee, Giacommetti, Henri Moore et autres Germaine RichierEt un petit tour à Grasse dans les "Parfums de Süskind" Nous voici donc à la parfumerie Fragonard....Et il pleut toujours !!! Et puis c'est Villefranche-sur-mer, souvenirs de 1956 (voir dans cette bio). C'est charmant VillefrancheEt puis l'horreur, Monte Carlo et Monaco, à la veille du Grand Prix, à deux pas de la Riviera italienne, ensuite un petit détour à Tourettes-sur-Loup, ci-dessous,

nettement mieux. Et enfin, Nice où j'ai rendez-vous avec Ben Vautier et aussi avec François Pluchard, qui tient une revue d'art contemporain "Artitudes" et vient de sortir un livre sur le Pop Art. Donc d'abord un tour au vieux port de Nice que voici, puis chez Ben

dans sa galerie de l'époque, La Différence, à la Promenade du Paillon ((au-dessus de la gare des Autobus). Très bien accueillis, nous découvrons un personnage assez truculent et nous discutons longuement." Vancau, me dit-il c'est un nom occitan" et j'apprends son intérêt pour les langues dialectales en voie de disparition. Puis il regarde mon catalogue de peintures. Il flashe sur une des pièces "Ah Vancau, celle-là, je la veux" OK, je dis, on échange, OK qu'il me répond, tu me l'envoies et je t'en envoie une à moi "(Je viens d'apprendre que Beaubourg lui a racheté son ancien Kiosque niçois pour 50.000 Euros) Heu...heu..bon, on verra. A propos de mon oeuvre (qu'il viendra voir à Liège au Cirque Divers début 1981), il me dit "Vancau, tu es un envahisseur, tu as un côté "Facteur Cheval". Il te faudrait une maison où tu peindrais tous les murs " J'ignore encore que trois mois plus tard, je vais acheter la maison actuelle à Moircy et l'envahir complètement. J'apprends aussi que sa femme s'appelle Annie, qu'ils vivent à 6 Kms de NIce, route de Saint-Pancrace avec leurs deux enfants de 13 et 11 ans. Il me parle aussi du principe de compensation "tout ce que tu perds d'un côté, tu le gagnes de l'autre, c'est le Principe des vases communicants". Entretemps Noël Dolla est entré dans la galerie. Un ours, très anti-pathique, qui nous ignore complètement.Sur la photo, ma femme et ma fille à l'avant-plan et Ben, debout et plié sur la gauche. Je crois qu'il y avait une expo Maccaferri
 

Enfin deux heures plus tard nous fermons la galerie avec lui et il ouvre sa deuxième galerie située juste à côté, avec une expo de photos et il y fait entrer les clochards du Paillon, pour la nuit. Ensuite il les enferme jusqu'au lendemain matin
 

Eh bien moi je dis "châpeau à cet homme-là" et vais lui envoyer cet article
Ensuite j'ai rendez-vous avec Pluchard aux Ponchettes. Les voici les Ponchettes, c'est à voir. Mais pas de Pluchard. Je l'aurai au téléphone, il vit à Saint-Jeannet et j'apprends que son ami, avec lequel il avait fondé son journal, s'est suicidé. Je ne verrai jamais Pluchard
En rentrant en Belgique j'ai donc envoyé cette petite huile sur bois d'environ 20cms sur 10,
une planchette peinte en quelque sorte, représentant une plage de Nice, comme on peut le voir avec certitude (je plaisante mais c'est tout de même une plage qu'il a choisie) et ai reçu un mois plus tard, une peinture de Ben de 29 cms.sur 38 que voici, donc en Juin 1978 ; elle est datée de 1976

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Published by Christian VANCAU - dans Ma BIOGRAPHIE
3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 14:03
Bio 172-Début 1978-Ateliers de Peinture

 

Une année riche qui sera marquée par la rencontre avec BEN, dans sa galerie à Nice, promenade du Paillon , et ensuite par la rencontre avec Henri POUSSEUR, grand musicien belge contemporain et Directeur du Conservatoire de Liège.

Non moins importante, une autre rencontre, celle de Jean-Pierre DEVRESSE, mon voisin à Libramont, jeune plasticien prometteur et un voyage à Paris, où, ensemble nous rejoindrons le Congrès du C.I.E.L (Comité des Intellectuels pour l'Europe des Libertés)où nous rencntrerons Philippe SOLLERS, Raymon ARON, Eugène IONESCO et  Fernando ARRABAL
 

Mais l'année 1978 commence avec les ateliers de peinture et une exposition des ateliers à préparer pour le mois de Juin. Ensuite, m'étant rendu le 28 Janvier 1978, à une réunion de l'Assemblée Générale du Foyer Culturel de Libramont, dont la construction est terminée, et ayant posé ma candidature, je suis élu administrateur, avec le plus grand nombre de voix (47)
 

C'est aussi à cette époque que je me rends chez Mariette Devresse, rue de la Cité, voir le travail de son fils Jean-Pierre, rencontré aux fêtes de Wallonie l'année précédente et qui termine ses études de peinture, à St Luc à Liège. Son travail, original me paraît très prometteur
 

Pour ma part je continue à travailler mes panneaux photographiques sur le Château de Seviscourt, qui entretemps a été complètement démoli par un démolisseur de Forrières. Un acte iconoclaste
 

Et puis il y a mon atelier de peinture, 6 élèves dont ma fille Valérie et nous devons présenter une exposition au mois de juin. Enfin on me demande de peindre à même le corps, sur leur collant, deux amies de ma fille, en l'occurence, Murielle Huberty et Catherine Bossicart, fille du Mayeur de Libramont

Voici donc ma première peinture vivante, réalisée pour la Carnaval de Libramont (Grand Feu). Murielle est à gauche et Catherine à droite. Elles ont bien changé! Je sais c'est plus que macabre mais elles semblaient adorer celà et, une fois sorties dans la rue, elles ont fait leur petit effet; on a recensé onze crises cardiaques avec transport d'urgence à la Clinique de Libramont. Catherine et Murielle, je vous offre cette jolie photo qui témoigne à quel point vous étiez de belles petites gamines (15 ans environ)
 

On voit aussi la marque d'un père chirurgien othopédiste, le mien. Ces photos ont été prises dans mon atelier, au 17 rue de Serpont, eh oui, toujours au-dessus de la banque, qui, décidément en aura vu "de toutes les couleurs"
Nous sommes le 26 Février 1978

Et sur la photo du bas, c'est Hortense Toussaint, la fille du vétérinaire de Libramont, qui brandit fièrement sa première oeuvre, réalisée à base de collages de journaux et de peinture à l'huile, bref la technique que je viens d'abandonner avec l'irruption dans mon parcours d'une peinture tri-dimensionnelle


Et puis la voici aujourd'hui Hortense qui vient de m'écrire car elle a vu cette photo sur mon blog et a immédiatement réagi. . La voici trente ans plus tard et elle est magnifique ! Comme quoi le Net c'est phénoménal !

Dans le même temps nous recevons à la maison une petite anglaise, Helen. Etant le seul à parler l'anglais je dois jouer les interprêtes et lui apprendre à parler le français, car elle est là pour cela et Valérie va être invitée chez elle en Angleterre. Et puis il faut lui faire voir le pays et nous l'emmenons un peu partout. elle m'apprendra qu'à Liverpool dont elle provient, une tartine de frites se dit " Chip Buttie ". Ah la culture tout de même c'est quelquechose !.
 

Avec elle nous passons quelques jours à Liège, chez JP.Collignon, chez Jean-Marie et Odette Rikkers et chez Notre ami turc Savac Manco (dont j'ai retrouvé la trace grâce à mon blog et au réseau Internet et qui vient de m'écrire ce matin-même)Voici quelques photos de notre périple liégeois avec Helen de Liverpool. Nous visitons quelques amis. Ci-dessus, Jean-Pierre Collignon qui à cette époque vit avec ses soeurs avenue du Luxembourg et a acheté une batterie,( à gauche sur la photo). Il ignore encore qu'il fera bientôt partie d'un  groupe musical  Punk liégeois, le Groupe TERRIL, qui va mettre la région liégeoise à feu et à sang (avec notre ami commun André Stas). De face ma fille et au premier plan à droite, Gonja, la fille de Savac Manco que nous voyons pour la première fois et qui vivra par la suite en Angleterre. Gonja a deux frères, des Jumeaux, Ural et Altaï (nom de deux montagnes turques). D'ailleurs nous logerons à nouveau chez Savac et Marie-France, dans notre chambre habituelle, dans le dessus de la rue de l'Académie. Voici la chambre et la vue que nous avons par la fenêtre sur les toits de l'Académie des Beaux-Arts

Et pour terminer un tour chez Jean-Marie et Odette Rikkers, rue de Chaudfontaine (Quartier Saint-Vincent-Pont de Fragnée), anciens du Mouvement Planète, lui avocat. Bien plus tard ils lanceront et gèreront un groupe très sensibilisé à l'Art Contemporain, les A.P(Art Promotion). Ils sont très amis avec Manette Repriels, la patronne de la Galerie liégeoise d'avant-garde, VEGA. Au-dessus à gauche une  de mes peintures sur tôle, totalement illisible sur cette photo et au fond à droite, dans la veranda, derrière Jean-Marie, un Jacques Luynist (Jacques-Louis Nyst pour les intimes); Nous sommes en avril 1978
Ce 2 avril 1978, grâce à mes amis Rikkers, je vais présenter des photos de mes oeuvres, chez Manette Repriels à Strivay (Plainevaux-Esneux) et nous discutons entre un "Gilbert and George" et un "Sol Lewitt", excusez du peu, tout ce qu'il y a de plus "chic" dans le domaine de l'avant-garde. Alors moi avec mes tôles brûlées et mes caisses en bois, j'ai vraiment l'air crado et je n'ai aucune chance d'entrer dans ce temple sacréVoici mon arrivée dans cette villa "Bunker Paradise". Un panorama splendide et à l'intérieur, une de ces collections "méga géante et qui déménage grave"






 

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3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 13:44
Bio 171 Mon entretien avec Xenakis à Paris en Sep.1977

Voici l'essentiel de ce que nous avons échangé chez lui, près de Pigalle au 17 de la rue Victor Massé :
 

Xenakis me montre son matériel pour le diatope de Beaubourg qui doit débuter en Novembre. Ce spectacle a été commandé par le gouvernement français et non par l'Ircam avec lequel il n'a aucune relation (Bravo Boulez le dictateur). Il a toujours travaillé en marge. A propos du festival de Donauschingen, il me dit que plus rien de nouveau ne se fait depuis 1970 environ.Je luis dis que c'est la même chose dans les Arts Plastiques et que je m'en suis rendu compte à Kassel en Juillet
 

A propos de mes peintures (j'ai apporté mon catalogue personnel de photos) et de mon obsession des fenêtres, il me montre des photos d'une maison qu'il a conçue pour un ami sur une île de la mer Egée. Lui aussi est passionné par les fenêtres et il me parle des bünkers de la dernière guerre. Ce qui l'intéresse c'est de morceler le paysage ou d'en accentuer certaine parties, en pratiquant des ouvertures longues et étroites, à la place des fenêtres traditionnelles. La maison en question ressemble d'ailleurs à un "Fortin". Il ne faut pas montrer l'entièreté du paysage mais insister sur certaines parties. Il trouve que mes "recherches" picturales peuvent intéresser les gens parce qu'elles peuvent s'intégrer dans un cadre de vie quotidien, tout en le dépaysant.
 

Lui-même est peu sensibilisé par la peinture. Il préfère la Lumière-"ce qui précède la peinture"-. Mais quand il voit une lumière, il perçoit un son, non pas au niveau de l'oreille mais au niveau de ce qui se trouve derrière l'oreille (et il montre avec son doigt).Conversation avec Xenakis-Paris 1977-Rue Victor Massé

D'où ses diatopes ou ses polytopes qui jouent beaucoup avec la lumière via les lasers et les flashes.
 

Il me parle aussi d'un ordinateur qu'il a expérimenté à Bonn, pas encore au point, mais qui va permettre aux enfants et aussi aux adultes de composer eux-mêmes leur propre musique en dessinant. par exemple, une maison produit tel son. Un côté éducatif qui devrait permettre au public de mieux communiquer avec le processus de composition ( Il semble soucieux du contact avec un public plus large qu'un public élitaire). Je lui dis que c'est assez paradoxal, étant donné qu'au niveau du public, il est un des musiciens contemporains qui effraie le plus, à cause du côté technologique, informatique et mathématique, qui intervient constamment dans sa création.
 

Il me parle de ses voyages aux USA pendant cinq ans entre 1968 et 1973, où il enseigne comme professeur de musique dans une université de l'Illinois. Il trouve que les USA aident à la recherche musicale, tout en investissant par contre aussi dans de grands orchestres philarmoniques traditionnels. Il me dit que si l'élite est évidemment plus nombreuse, pas en pourcentage mais en nombre, la masse est beaucoup plus imperméable encore qu'en Europe, tant elle est conditionnée par un type de vie quotidien mécanique et quantitatif
 

Ci-contre à gauche les lasers du Polytope du Musée de Cluny (spectacle présenté de 1972 à 1974)
 

Il me parle aussi du Mont Athos où il a séjourné, et du faux oecuménisme de ses moines orthodoxes qui rejettent comme idolâtre et négligeable, tout ce.qui a précédé le 4e siècle après J-C
 

Comme  je lui dis que je ne suis pas croyant, il me dit qu'il ne l'est pas non plus. Il me parle de la nécessité de garder une ouverture au monde, de ne pas se rétrécir, ni se figer. Il trouve que beaucoup de peintres par exemple, à une époque de leur vie, se figent dans un système et se ferment. Je lui dis que je suis d'accord avec lui, mais que d'autre part, nous sommes tellement sollicités, nous les peintres, actuellement par des tas de voies possibles, qu'il nous faut faire des choix, canaliser et finalement aussi nous protéger. Je le sens à ce moment très proche de ce que je dis
 

Je lui dis aussi que la première fois que je me suis senti en affinité avec lui c'est lors de son passage tout un après-midi à l'ORTF aux environs de 1970 (L'Invité du Dimanche par Michel Lancelot ). Je lui fais part aussi de la difficulté qu'ont les gens à faire l'effort de s'accrocher aux démarches contemporaines, qu'elles soient musicales, picturales ou littéraires. La plupart des gens demande à la culture d'être délassante et puis c'est tout!
 

Un ami grec lui téléphone et je l'entends répéter Kala, Kala (Bon ou Bien)
 

Il me parle des mathématiques dans l'enseignement rénové et du peu d'importance donnée à la Géométrie et à la Trigonométrie, dont la connaissance est pourtant fondamentale pour comprendre la Physique. je lui dis que les cours de ma fille Valérie se rapprochent de la logique mathématique et qu'effectivement la Geo et la Trigono semblent être abordées fort tard et brièvement (comme dans les années cinquante d'ailleurs)
 

Plusieurs fois il me parle de son âge (il a 55 ans et vivra jusqu'à 79 ou 80 ans, on ignore s'il est né en 1921 ou 1922, puisqu'il décèdera en 2001) et de sa perte d'énergie et de mémoire. Il est angoissé par le problème de l'usure. Encore un point commun entre nous!)
 

Nous parlons de l'Orient. Il est allé plusieurs fois au Japon. Aussi en Inde et au Liban. Pas au Nepal. Je lui parle de mon ami David et de son disque sur les chants des Moines tibétains. Je lui dis que je le lui enverrai (et je le ferai)
Il me donne un de ses livres "Musique- Architecture"

 

Je lui demande s'il lit. Assez peu, mais pour l'instant il lit Glücksman et les Nouveaux Philosophes. Je lui dis que le dernier numero du Magazine Littéraire en parle. il me dit que ce ne sont pas vraiment des philosophes et que le dernier philosophe est probablement Heidegger, Que malheureusement en Occident les philosophes se sont coupés des sciences et des mathématiques et qu'il n'y a pas de philosophie sans ces éléments-là
 

Nous parlons un peu de mon métier de banquier et je lui explique  ce que je fais Il me dit qu'il a travaillé d'abord comme ingénieur dans une boite avant de travailler avec Le Corbusier. Maintenant, il vit de sa musiue
 

Je lui dit qu'on ne ressent pas du tout le côté "informatique" dans sa musique et il me dit "Heureusement sinon ce serait raté"
 

Voici un des dessins préparatoires de Xenakis pour le Polytope de Montreal. On dirait du Cy Twombly
Iannis Xenakis

Mais qui est donc ce Xenakis me demande t'on souvent??? Parce qu'on ne le connait pas et voilà.

Outre une oeuvre de précurseur très importante, et une condamnation à mort par contumace par le régime des colonels grecs, on peut relever quelques  points au hasard:


1. C'est lui qui avec Le Corbusier crée le fameux Pavillon Philips en 1958 à l'Expo Universelle de Bruxelles. Le Corbusier lui refusant la paternité du Pavillon, ils se quittent en 1959, après 13 ans de collaboration. Le Pavillon sera finalement installé à Eindhoven et est en fait entièrement l'oeuvre de Xenakis. Il provoquera la rupture entre les deux hommes
  Pavillon Philips
Voici Iannis devant un des immeubles qu'il a conçu avec Le CorbusierIXdevant tourette
2. En 1962 ses oeuvres sont accueillies chaleureusement au Festival de Varsovie

 

3. En 1965, année de sa naturalisation, un festival Xenakis est organisé à Paris
 

4. En 1967, il crée Medea au Théâtre de l'Odeon de Pais, avec Maria Casares et il crée le Polytope pour le pavillon français de l'Expo Universelle de Montreal. Il est aussi professeur invité par l'Université de l'Indiana qu'il quittera en 1972 car elle n'a pas tenu sa promesse de créer un Centre de Musique et de Mathématiques
 

5. En 1972, il est invité à enseighner aux cours d'Eté de Darmstadt. il est nommé Professeur associé à l'UER des Arts plastiques et Sciences de l'Art à l'Université de Paris 1. Il crée son spectacle de polytope au Musée de Cluny
 

6. En 1973, il donne une série de cours à l'Université de Montreal
 

7. En 1976, il soutient sa thèse de Doctorat devant Olivier Messiaen, Michel Ragon et Michel Serres
 

8. En1977, prix Beethoven de la ville de Bonn
 

9. En 1979, le Grand Prix national de la musique du Ministère de la musique lui est décerné7.
 

10. En 1984, il est reçu à l'Académie des Beaux-Arts (successeur de Georges Auric)
 

11 En 1989, il est docteur honoris causa de l'université d'Edimbourg
 

12 En 1991, il est nommé Officier de la Légion d'honneur et commandeur de l'ordre des Arts et des lettres
 

13.En 1997, il reçoit le prix Kyoto au Japon

Et bien d'autres choses. Mais voilà, c'est qui ça Xenakis ?????.
C'est tout simplement un des génies musicaux du XXe siècle315497 L
Derniers évènements de l'année 1977:

 

D'abord le 1er Novembre je fête mes quarante ans.
 

Au festival de Théâtre du Fourneau Saint-Michel, on a donné "Les Vieilles Femmes et la Mer" de Yannis RITSOS. J'y ai renconré Joseph Buron et sa femme. Il travaille à la Radio Télévision belge et à une résidence toute proche, à Nassogne. Il s'intéresse au CDA. J'envoie à Michel de Paepe, un texte sur ce que devrait être l'éthique au CDA, à sa demande. On verra bientôt que cette demande ne manque pas d'ironie.
 

Dès le mois de septembre, j'accepte de m'occuper d'un atelier de peinture, au Foyer Culturel de Libramont, sous l'égide de Roger Thumilaire. Les trois autres professeurs sont Mariette Devresse, Bernard Noirot et Noël Rekinger, le fleuriste de LIbramont que mon père a opéré à de multiples reprises à Liège, après qu'il soit tombé d'un toit(le fleuriste, pas mon père). A mon cours aucun adulte, rien que des enfants. En effet "je ne fais pas de la peinture sérieuse et je n'apprends pas à dessiner". Je ne présente donc aucun intérêt

Bio 171 Mon entretien avec Xenakis à Paris en Sep.1977
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2 septembre 2016 5 02 /09 /septembre /2016 07:00
Bio 170 Sep 1977-Reims-Paris-Beaubourg-Visite à Xenakis
Bio 170 Sep 1977-Reims-Paris-Beaubourg-Visite à Xenakis
Bio 170 Sep 1977-Reims-Paris-Beaubourg-Visite à Xenakis
Bio 170 Sep 1977-Reims-Paris-Beaubourg-Visite à Xenakis
Bio 170 Sep 1977-Reims-Paris-Beaubourg-Visite à Xenakis
Bio 170 Sep 1977-Reims-Paris-Beaubourg-Visite à Xenakis
Bio 170 Sep 1977-Reims-Paris-Beaubourg-Visite à Xenakis

C'est le jeudi 1er septembre que nous partons avec Valérie pour Paris, via Reims où nous logerons, après un dîner assez délirant dans un restaurant de la rue de la Gare où l'on nous sert un repas dégueulasse que je refuse d'avaler et de payer et on finira par me servir un autre plat, en m'offrant le dessert, pour me dédommager. Je ne supporte pas que l'on me traite comme un con de touriste et bien des restaurateurs ont eu affaire à moi et ont dû faire marche arrière

 

A part celà quelle magnifique cathédrale !!!
Cathédrale du Sacre des Rois de France, de Clovis à Louis XIV, édifiée sous les Carolingiens, elle a été reconstruite sur ses fondations après l'incendie de 1210 qui emporta non seulement la cathédrale de l'époque mai quasiment aussi la ville entière
Ses tours font 81 mètres de haut
 
Découvrir le Centre Pompidou qui a été inauguré le 31 Janvier 1977, tel est le but principal de notre voyage. Et aussi rencontrer Xenakis, avec qui j'ai pris rendez-vous pour le 4 septembre, chez lui.
 

 

 

Et cette fois, je change de quartier et nous nous installons à l'Hotel de Roubaix, rue Greneta, dans ce qu'on appelle le Quartier du Temple,( L'ordre religieux et militaire du Temple fut fondé en 1118, aux Lieux Saints, par neuf chevaliers qui avaient en vue la protection armée des pélerins. Il s'installa à Paris en 1140. L'Ordre des Templiers connut alors, un prodigieux développemen dans toute l'Europe) juste au Sud de la Place de la République, à deux pas du Forum des Halles en chantier et du Centre Pompidou auquel on accède directement par la rue Beaubourg. La rue Greneta est une rue qui donne d'un côté dans le boulevard de Sébastopol et de l'autre côté sur la petite Eglise Saint-Nicolas-des-Champs que voici ci-dessous, vue de la fenêtre de notre chambre. L'Eglise fut élévée au 12e siècle, par le Prieuré de Saint-Martin des Champs , à l'usage des serviteurs du couvent et des paysans des environs. Il y a un grand parking sous la place, ce qui est un sérieux avantage et je retournerai dans cet hôtel à plusieurs reprises. A côté de l'Eglise Saint-Nicolas, il y a l'Eglise St Martin-des-Champs et le Conservatoire de Arts et Métiers
A deux pas aussi, la rue de Montmorency avec au n°51, la maison de l'Alchimiste Nicolas FlameL


Nous irons une nouvelle fois voir les travaux en cours au Trou des Halles C'est plutôt impressionnant. Un vrai massacre pourrait-on dire et pour faire quoi ??? Et aujourd'hui, on s'apprête à tout recommencer.

Voici donc le bâteau ou l'Usine, photographié de nuit. Un projet de Georges Pompidou datant de 1969 et réalisé par les architectes Renzo Piano et Richard  Rogers. En 2006, il a accueilli 6 millions 600.000 visteurs. On criait au scandale et je n'ai pas trouvé celà scandaleux du tout, pas plus qu'un peu plus tard, la Pyramide du Louvre ou Les Colonnes de Buren

Voici la bibliothèque publique du Centre et son restaurant avec une vue superbe sur Paris. A Beaubourg on a aussi installé une des deux plus belles collections d'Art Moderne au monde avec celle du Musée d'Art Moderne de New-YorK, que j'ai visitée 6 ans plus tôt.

Au pied de Beaubourg, le Polytope de XENAKIS, à côté de l'IRCAM (Institut de Recherche Acoustique Musique) qui est dirigé par Pierre BOULEZ, revenu d'Allemagne, un centre de recherche exceptionnel mais qui va connaître bien des vicissitudes. Boulez s'est entouré d'une équipe de compositeurs contemporains dont Luciano Berio et Valdimir Globokar, des compositeurs dont j'ai découvert la musique les mois précédents. Boulez ne s'entend pas avec Xenakis et celui-ci a installé son polytope à l'extérieur de l'Ircam, une tente circulaire dans laquelle il donne un spectacle de musique électro-acoustique (une musique stochastique basée sur le calcul des probabilités) Xenakis, né en Roumanie en 1921 ou 22 est devenu Grec en 1932, son nom signifie l'Etranger et Boulez va le lui faire sentir. Alors qu'il faisait partie d'un mouvement de Résistance (L'armée Nationale Populaire) aux Anglais qui avaient remplagé les Nazis en 1945, il a voulu renvoyer une grenade aux anglais et elle lui a éclaté dans les mains en lui emportant la moitié du visage. Emprisonné à plusieurs reprises, il est condamné à mort pas contumace (il est au parti Communiste et entre au service de Le Corbusier en 1946. Voici donc l'homme que Boulez a complètement ignoré, le tenant à l'écart de son équipe de compositeurs de l'Ircam
 D'ailleurs Boulez ne s'entend avec personne mais il règnera néanmoins en maître de 1975 à 1992
Voici une autre vue  au départ de Beaubourg avec à l'avant-plan, l'Eglise Saint-Merri et la Tour Saint-Jacques


Et je termine mon séjour avec Xenakis, rue Chaptal. Je suis reçu par son épouse Françoise Xenakis qui n'a pas encore la notoriété qu'elle acquerra ensuite, comme évrivain. Pour l'instant, elle est attachée de Presse. Iannis n'est pas encore levé. Elle va voir. Rendez-vous est pris dans son atelier Rue Victor Massé, à deux pas de là; Dès qu'il aura pris sa douche et son petit Dèche. nous nous retrouvons rue Massé n°17, à 10 heuresIannis Xenakis
Nous avons parlé pendant plusieurs heures. Des nouveaux philosphes, Glücksman et BHL venaient de sortir "Les Mâitres à Penser", du Psychologue Janet, il m'a montré des photos de sa maison en Grèce, une espèce de Bünker blanc, m'a dit que pour lui la lumière était plus importante que la peinture (d'où son travail sur les lasers présenté pour la première fois au Musée de Cluny ). Il m'a offert un de ses livres qu'il m'a dédicacé "Musiques formelles"Quand nous nous sommes quittés nous étions devenus amis.Je reviendrai le voir en Février 1981 et lui offrirai une de mes pierres peintes. Xénakis était un génie, le génie des Grecs avec une culture énorme dans tous les domaines. C'était un mystique, extrêmement réservé et pudique, un vrai sauvage. Il avait le visage de Janus. En musique il avait trente ans d'avance sur son temps. Voici son atelier. Iannis est dans le fond à droite, derrière sa table. Et pour finir le livre et sa dédicace
Iannis Xenakis-1977-Rue Victor Massé à ParisXenakis Rue Massé5Iannis-Xenakis-001

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2 septembre 2016 5 02 /09 /septembre /2016 06:40
Bio 169 - 1977 - Kassel - Documenta 6
Bio 169 - 1977 - Kassel - Documenta 6
Bio 169 - 1977 - Kassel - Documenta 6
Bio 169 - 1977 - Kassel - Documenta 6
Bio 169 - 1977 - Kassel - Documenta 6
Bio 169 - 1977 - Kassel - Documenta 6

 

Kassel, tous les 4 ou 5 ans, le grand rendez-vous des avant-gardes plastiques. Allemagne de l'Ouest mais à 30 Kms seulement du Rideau de Fer car il y a encore un rideau de fer en 1977. Nous partons avec un groupe de peintres liégeois dont les couples Ransonnet et Vandeloise. Sur la carte Kassel est à droite,, entourée d'un cercle. Et juste à droite de ce cercle, la frontière avec l'Allemagne de l'Est. A gauche de la carte, on voit Dortmund et Cologne(KOLN), également entourés d'un cercle noir.
Voici le prospectus de la Documenta 6. Nous avons malheureusement manqué la documenta 5 de 1972, qui avait pout thème, les Mythologies personnelles

 

En couverture du prospectus, une sculpture en fonte de Richard SERRA
 

KASSEL est une expérience étonnante ou du moins l'était car l'époque des années 70-80 était effervescente et je doute totalement de l'avant-garde actuelle qui, ou refait ce qui a été fait dans ces années-là ou alors nous offre de véritables merdes sur des plateaux même pas dorés. Depuis Venise l'an dernier et la visite de la fondation Pinaud, l'indigestion a été telle que désormais je m'abstiens totalement. Et puis il y a beaucoup trop de fric derrière ce soi-disant art
 

Donc en 1977 à Kassel, c'est encore très bien. C'est une documenta qui s'inscrit principalement autour des installations et du Land Art de Takis et de Gordon Matta Clark) (démarche proche de la mienne, finalement)
 

Les artistes qui m 'ont boosté sont Joseph Beuys, Richard Serra,  Ana Opperman et ses chambres vôtives, Dany Karavan, Charles Simonds et ses paysages d'argile, Les Poirier, Boltanski (mais je le connaissais déjà), Nikolaus Lang (travail sur les végétaux), Nam June Paik le coréen et ses installations-video, les Lapins d'Achim Freyer, Kienholz, Vostell, Rebecca Horn et cette fameuse bibliothèque cimentée de Dieter Roth, etc... Découverte de Cy Twombly à la Neue Galerie.
 

Kassel c'est une espèce de campus où sont plantés les lieux des expositions: Le Fridericanium (Palais de Frédéric II de Prusse) et l'Orangerie. On appelle ce terrain "Le Parc"

Ci-dessous une installation du groupe Haus Rucker Co, dans le Parc de l'OrangerieKassel-Documenta 6-1977
Kassel en 1977,c'est l'abandon de la peinture de chevalet avec curieusement la réapparition du dessin, c'est le triomphe de l'art-objet, du fétiche, du tridimensionnel, de l'art s'intégrant dans le quotidien de la rue, avec une remise en question de l'art traditionnel et une remise en cause de la démarche artistique inclue dans le grand busyness de lArt. C'est aussi l'apparition de la technologie dans l'art, de la video et de l'informatique

 

 La grande star depuis le Kassel de 1972, c'est l'allemand Josef Beuys. qui fut dés le début des années 60, le principal représentant du Mouvement Fluxus (post Duchamp et post Dada)Kassel-Beuys et Vancau-1977-Dokumenta 6 Il est omni-présent avec ses traineaux, ses savons, ses cubes emballés et sa "Hönig Pumpe"(Pompe à miel qui traverse le Fridericanium de bas en haut). Il a aussi fondé un parti artistique en Allemagne, en 1967, le Parti Etudiant et il sera candidat "Vert" aux élections de 1980.
 

 Le voici (debout) sur la photo du dessus, qui est allé se chercher une tasse de café avant le repas de midi et qui revient continuer sa conversation avec moi. Une fois de plus une opportunité s'est offerte  et je l'ai saisie. Céline et moi sommes assis en terrasse et je vois Beuys seul à une table et je saute sur l'occasion "Entschuldigen, Ich störe Sie nicht?" et oui j'ai bien fait de retravailler mon allemand car ça change tout dans le rapport que le fait de parler, même mal, la langue de l'autre, de faire cet effort vers l'autre. Donc "setzen sie auf" et je m'assieds à sa table. C'est osé car Beuys est un vieux loup solitaire (voir son fameux happening en 1964, à New-York, où il s'enferme avec un Coyotte dans une pièce pendant des heures) Beuys est un primitif avec une gueule coupée au couteau, comme celle d'une momie Inca. Nous allons parler 10 minutes, guère plus et devinez de quoi, eh bien non, pas de l'Art. Beuys comme chacun sait est un ancien aviateur de la Luftwaffe, Joseph Joseph BEUYS-1977-Traineaux-Kassel- Documenta 6dont l'avion a été abattu par les russes en 1943 et s'est écrasé en Crimée. Beuys, en morceaux a été recueilli miraculeusement encore vivant par une tribu nomade Tatar qui l'a soigné et sauvé, en l'enduisant de graisse, en le roulant dans des couvertures en feutre et en le transportant sur des traineaux. Alors nous parlons de la guerre et d'Hitler évidemment. Voici d'ailleurs sa pièce avec les traineaux et les matières militaires travaillées par Beuys, le feutre et la graisse, ses autres matières récurrentes étant le bois, le cuivre et le mie de painl
Beuys dont j'observe le profil et les gestes à un mètre de distance m'apparaît comme une espèce de Chaman.

 

Il est mort 8 ans plus tard, en 1985
 

Voici pour terminer, une installation du New-Yorkais Charles  Simonds et  ses payasages-maquettes  désertiques, remplis des vestiges troglodytiques de sa civilisation imaginaire disparue "les Lutins". Il a exposé à Toulouse en 2004
La chambre votive d'Anna Oppermann, absolument fascinante, photographe et dessinatrice allemande, vivant à Hamburg et décédée prématurément en 1993 à l'âge de 53 ans

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2 septembre 2016 5 02 /09 /septembre /2016 06:23
Bio 168 - 1977- Colloque de St.Hubert - Iannis Xenakis
Bio 168 - 1977- Colloque de St.Hubert - Iannis Xenakis
Bio 168 - 1977- Colloque de St.Hubert - Iannis Xenakis

 

Xenakis Nomos Alpha

En Mai 1977, un colloque inespéré est organisé dans l'abbaye de Saint-Hubert à 15 Kms de Libramont. Jean-Pierre Ransonnet y vient avec son épouse et ils logeront chez nousXenakis à Saint-Hubert-Belgique-1977-Colloque lles 6-7 et 8 mai. Voici l'invitation et le programme est plutôt fabuleux, réunissant écrivains et musiciens contemporains. Qu'on en juge !
 

Ouverture avec les participants le jeudi 5 mai

Le 6 mai interventions de Jérôme Peignot, Jean-Pierre Faye, Gérard Georges Lemaire, Robert Duncan, Roger Levinter et à 21h00"Les Premiers Mots" de Bernard Noël, mis en scène par Jacques de Decker

Le samedi 7 mai: Edmond  Jabès, Jacques Derrida, Emmanuel Hocquard, Françoise Collin, André Riotte, Marc Rombaut, Iannis Xenakis
Et le soir à l'Eglise Saint-Gilles, Concert
Ensemble instrumental
Musique Nouvelle dirigé par Georges Octors Junior, le fils du Directeur de l'Orchestre national belge, qui joue:
Anamorphose d'André Riotte et Marc Rombaut
Eonta et Oeuvre pour percussion de Iannis Xenakis

Le dimanche 8 mai:
Michèle Montreley, Maurice Olender, Jacques Sojcher, Christian Prigent, Jean-Pierre Verheggen, Denis Roche (La Louve Basse)

Quatre jours fantastiques, mais voilà, budget de 25.000 Euros, manifestation culturelle d'avant-garde attirant un public principalement bruxellois et élitaire, levée de boucliers de certains responsables culturels provinciaux, jaloux, envieux, petits, mesquins, étroits, bornés

Résultat, ce colloque annuel ne reviendra jamais à Saint-Hubert et continuera sa carrière à La Cambre à Bruxelles. Grande victoire pour tous ces gens qui animent et dirigent la culture dans notre province et qui bien entendu n'avaient jamais entendu parler ni de ces écrivains ni de ces musiciens "d'avant-garde"

 

Mais le grand évènement de ce colloque pour moi sera la rencontre avec Xenakis, dont je connais la musique depuis peu, puisque je suis en pleine exploration de la Musique contemporaine. En outre je l'avais vu tout un après-midi dans l'émission télévisée de Michel Lancelot "L'Invité du Dimanche" sur ORTF2. Et il se fait que je rentre dans la petite église Saint-Gilles à Saint-Hubert et tombe en pleine répétition du concert du soir. Je suis avec Ransonnet et discètement, nous nous asseyons dans le fond. C'est alors que j'aperçois de dos, adossée contre un pilier, une silhouette qui pourrait bien être celle de Xenakis, en train d'écouter sans doute la façon dont l'Ensemble Musique Nouvelle  de Georges Octors Junior, répète son" Eonta" qu'il doit interprêter le soir même.

Il se fait qu'une de mes amis proches, Raoul, a épousé en 1976, Malvina Octors,  la fille et la soeur de ces deux musiciens Octors, père et fils et que j'ai été invité chez eux à Bruxelles à la soirée de mariage, l'année précédente, une sacrée soirée d'ailleurs, avec notamment Jean-Pierre Ransonnet.

Je dis à Jean-Pierre: "Je vais voir Iannis". J'y vais, et c'est bien lui !!!. Une sympathie immédiate," non je ne le dérange pas "et on se met à parler à voix basse (comme toujours dans les Eglises) comme si on se connaissait depuis toujours. On se reverra ça c'est sûr. Je reviens auprès de Jean-Pierre qui n'en revient pas et me dit "C'est comme celà qu'il faut faire" A vrai dire je n'ai jamais très bien compris ce qu'il avait voulu dire." Avoir ce culot d'aller parler à des gens célèbres ???". Non je n'ai pas demandé d'autographe. Je connaissais sa musique qui m'intriguait fortement, il est là devant moi, dans un village belge de 3000 habitants, c'est une aubaine incroyable, j'y vais. J'ai toujours procédé comme cela et cela m'a toujours réussi. Je n'ai aucun complexe vis à vis de la célébrité et ça m'a permis d'avoir de nombreux dialogues avec des gens passionnants. Suite à cette rencontre, on s'écrira et j'irai le voir finalement dans son atelier de la rue Chaptal à Pigalle en 1981, soit seulement quatre ans plus tard.Xenakis Rue Massé4
Voici une photo prise dans un des salons du Palais Abbatial à Saint-Hubert, le dimanche 8 mai 1977 avec, de gauche à droite, Marc Rombaut, Christian Prigent (sous réserve), Jean-Pierre Verheggen, le renommé écrivain belge du "Degré Zorro de l'Ecriture" (on se rencontrera réellement une dizaine d'années plus tard) et Denis Roche, l'auteur de La Louve BasseJ-P Verheggen-Ecrivain belge-Colloque de St Hubert-Mai 1977

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2 septembre 2016 5 02 /09 /septembre /2016 05:53
Bio 167 Année 1977 Vancau en Politique
Bio 167 Année 1977 Vancau en Politique
Bio 167 Année 1977 Vancau en Politique

 

J'ignore ce qui me prend quelques mois avant les élections législatives, mais je prends contact avec un parti non traditionnel belge qui s'appelle "Le Rassemblement Wallon"créé une bonne dizaine d'années auparavant par un certainI Paul-Henri GENDEBEN, dans l'optique de créer une wallonie forte et capable de faire le poids face à la Flandre et à son mépris des wallons.

J'envoie une lettre à Gendebien et je suis immédiatement contacté et visité par Madame Lassence, conservateur du Musée du Fourneau St Michel avec son mari Willy, et Député RW (Rassemblement Wallon). Ce sont donc les gens qui mettent, au Fourneau, une salle de spectacle à notre disposition pour que nous puissions faire notre Festival d'Eté avec Le Centre Dramatique Ardennais. Comme tout s'entrecroise. Ma candidature intéresse. Je suis Docteur en Droit et petit-fils d'ex-ministre. Madame Lassence lors de sa viste au-dessus de la Banque du 17 mars 1977, me propose donc de me mettre directement sur les listes de la chambre des Députés, Madame Lassence abandonnant la politique et cherchant un successeur de poids dans la Province, pour lui succéder comme éventuel Député.

Et je refuse; c'est beaucoup trop rapide. J'accepte seulemenr de figurer sur la liste provinciale du Luxembourg ( Neuvième Province belge) et encore j'aurais prédéré prendre mon temps, n'étant nullement sûr d'être taillé pour la politique. A ce moment survient un changement. Dans la Province, un cartel est opéré entre le Rassemblement Wallon-RW et le PS(Parti socialiste).

 

On me demande si je maintiens ma candidature en dépit de ce glissement à gauche et je réponds par l'affirmative. Je fermerai (position de combat) donc la liste provinciale d'André Labiouse, Bourgmestre de Saint-Hubert et suis présenté aux membres du Parti Socialiste, que je vais fréquenter pendant 2 mois, lors de réunions multiples. Mais pour moi pas de campagne électorale possible, ma position de banquier m'interdisant en principe de m'engager politiquement. Et celà d'autant plus que la direction du Crédit Foncier est nettement de tendance Parti Social Chrétien (PSC) Je refuse donc toute participation à des meetings pré-électoraux
 

Les élections ont lieu le 17 avril et je me contente d'assister à de nombreuses réunions du Cartel et de voir les politiciens à l'oeuvre de l'intérieur. Lors d'une réunion publique à Neufchâteau, aux fins d'expliquer la raison du Cartel, je suis présenté au Président du RW, Mr.Gendebien et aussi au "camarade"  Guy Mathot, le célèbre député socialiste de Seraing, l'homme d'Agusta, qui va connaître moultes suspicions à l'avenir, malgré son immense popularité dans le monde des métallos. Guy Mathot est décédé il y a quelques années, après une carrière politique sulfureuse
.
En attendant je reçois dans la boite de ma banque,

une lettre anonyme, adressée à " Mr Christian Van Cauwenberghe, Traître aux Vrais Wallons ", quelqu'un qui, manifestement, ne supporte pas  que je me sois rallié à la gauche. Je suis un "Vendu" et " la Tapette des Socialistes"
 

Bref cette aventure ne va pas m'intéresser longtemps. Toutes les propositions nouvelles et" très mai 68" que j'avance, ne suscitant aucun intérêt dans mon entourage. Exactement comme dans les milieux culturels, un retard phénoménal des mentalités, qui consiste à s'intéresser principalement à faire fonctionner les buvettes, principalement celles des clubs de foot et celles des Foyers Culturels
 

Je ne suis vraiment pas dans le coup et mon score aux élections provinciales est assez catastrophique, puisque je récolte 42 voix à Libramont et Saint-Hubert, réunis. Je vais donc en rester là, le temps de me donner une étiquette de gauche dans une commune, Libramont, qui est depuis toujours, à droite (Pati Libéral). Mon destin continue à se dérouler entre deux chaises, Banquier-Gauchiste et Banquier-Artiste
 

Le 8 avril, je rencontre un certain Charlie PIETTE chez Bernard NOIROT à  Libramont. Bernard Noirot est une nouvel ami peintre-dessinateur, rencontré à  mon exposition de Libramont et qui est revenu au pays après des études artistiques faites à Tournai. C'est un rebelle et une amitié se crée peu à peu entre nous. A suivre....
 

Au CDA j'apprends que des comédiens ne sont pas payés. Les choses seraient prises en mains par un certain Lannoy de Marche, nouvel "ami" de Michel de Paepe. Je n'en sais pas plus, mais cela sent le roussi
 

J'apprends à conduire à ma fille Valérie, en Forêt 
 

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2 septembre 2016 5 02 /09 /septembre /2016 05:40
Bio 166 - Expo de Marche (suite)-1976
Bio 166 - Expo de Marche (suite)-1976
Bio 166 - Expo de Marche (suite)-1976
Bio 166 - Expo de Marche (suite)-1976

Voici l'invitation réalisée par le Centre Dramatique Ardennais

du moins deux volets sur quatre, les volets intérieurs 2 et 3, présentant plus en détail le travail de chacun des deux artistes. Invitation entrelardée de deux photos de notre passage à la Télévison belge, au Journal d'Antenne-Soir, la première photo prise pendant l'enregistrement par Michel Vassart, envoyé par Jacques Honet, directeur de la RTBF Namur, émission enregistrée un dimanche matin, le 14 novembre et la seconde étant une photo du passage de l'émission prise par moi avec les moyens du bord et on peut voir que déjà à l'époque, je parlais avec les mains, atavisme italien remontant à mon arrière grand-mère Laura della Morte

Ainsi s'achève l'année 1976. Thierry Dion qui a exposé en France sous le nom de Thierry Ardin, m'offre une de ses peintures de l'époque, un pastel  que je possède toujours

Je ne puis pas dire que je sois très convaincu par mon entrée dans le monde des artistes et je ne le serai d'ailleurs jamais, mais il me faudra du temps pour vraiment bien comprendre

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