Article de l'Avenir du Luxembourg
Le 22 Juin 1978 je décide de partir à Paris pour assister au Congrès du C.I.E.L, le Comité
des Intellectuels pour l'Europe des Libertés et j'emmène Jean-Pierre Devresse avec moi. Rendez-vous au Sheraton-Montparnasse. Mais le congrès ne commence que le lendemain et donc nous visitons Beaubourg et l'IRCAM de Boulez (photo ci-dessus) (pour rappel l'Institut de Recherche Acoustique-Musique) avec Christine Groult et Andy Moorer, et ensuite la célèbre librairie Shakespeare and C°, au 37 Rue de la Bucherie (Saint-Julien le Pauvre), "The bookstore Henry Miller calls a wonderland of books
car il y venait souvent et y avait même une chambre minuscule au 1er étage où il emmenait ses conquêtes "littéraires". C'est le patron écossais, Georges Whitman qui me l'avait montrée au début des années 60. Quelle merveille de petite librairie, fréquentée par une faune des plus diversifiées et dans laquelle les amis de Georges pouvaient passer la nuit sur des matelas de fortune, après un repas en commun, bien arrosé. J'ai eu cette chance à l'époque. Une majorité d'anglo-saxons évidemment. Durrell y est venu maintes fois, Anaïs Nin aussi
Le lendemain matin, nous sommes allés au nouveau Musée d'Orsay,
l'ancienne gare du même nom, voir une exposition d'art contemporain intitulée "Comparaisons 1978". Je n'ai pas du tout trouvé que l'aménagement de cette gare magique était une réussite; c'est une très mauvaise utilisation du lieu. Reste heureusement la verrière qui est magnifique mais qui n'a pas été intégrée au reste du lieu à savoir principalement le rez-de-chaussée. Nous passons aussi à la Librairie de la Hune à Saint-Germain,
Et l'après-midi nous allons vers Montparnasse, j'achète mon liant acrylique comme d'habitude au magasin Adam, Boulevard Edgard Quinet et à 15h00 nous entrons dans le Sheraton que voici
,vu de la rue Commandant Mouchotte.. En arrivant dans le hall du Sheraton, une idée me vient: je vais trouver les organisateurs et leur propose d'informer la Presse belge dès mon retour. Ceci nous vaudra d'être placés dans les premiers rangs avec les journalistes et surtout repérés par cette intelligentsia parisienne. Le but de ce mouvement est de lutter contre tous les totalitarismes, qu'ils soient de gauche ou de droite. Il y a des gens d'Art Press International, de Tel Quel (Sollers), un énorme mélange de gauche et de droite, Raymond Aron et Domenach (Revue Esprit) d'un côté et de l'autre Ionesco et Arrabal. Jean-François Revel aussi. Voici la grande salle de conférence et la tribune
Ci-dessous
Nous avons de gauche à droite, Maria Antonietta Macchiochi, Philippe Sollers, je ne connais pas le suivant(un italien sûrement) et Raymond Aron. Très vite en fin d'après-midi nous formons des commissions et je tombe dans la commission sur le terrorisme en Italie dirigée par Philippe Sollers.
Et voici à la Tribune, Arrabal qui dit tout le temps" yé souis oune libertaire", ce qui fait marrer Sollers juste à côté. En allant vers la droite, nous avons encore un organisateur, puis Ionesco, puis Aron le grand philosophe, auteur de" L'Opium des Intellectuels" avec lequel, j'aurai un échange, lors d'un entr'acte
Le lendemain rebelotte. Je fais forcément la connaissance de Sollers, Ionesco s'endort tout le temps à la Tribune et en fin de journée, nous prendrons un verre avec Arrabal. Nous discuterons aussi avec Marc Devade et Guy Scarpetta (Mouvement Support-Surface). Jean-Pierre est totalemnet étourdi de tout ce qu'il a vécu. Pensez, il a 21 ans! Je vais en avoir 41 !
En fin de parcours Sollers me dédicacera un Tel Quel, sa revue, à côté d'un extrait de "Paradis" le livre sans ponctuation, qu'il vient de publier (voir ci-dessous)
A mentionner aussi une rencontre bien sympathique dans un petit resto de Montparnasse avec un certain Paul Roy de Houville-la-Branche. Jean-Pierre Devresse s'en souvient sûrement
"Pour Vancau, au ciel un peu bas et couvert, avec sympathie".
Le travail en commission avec lui avait été très intéressant. Une commission composée majoritairement d'italiens en pleine période de terrorisme





