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LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


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Site traduit en Allemand :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/de/index.html

 

Site traduit en Anglais :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/en/index.html


Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
  • Contact

Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
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Archives

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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Jetez un oeil dans mes LIENS sur Richard OLIVIER, BIG MEMORY, mon ami Richard, Cinéaste belge, étant sur un gigantesque projet: Filmer tous les CINEASTES BELGES, morts ou vifs. Enfin, un artiste qui s'intéresse à ses pairs !http://www.bigmemory.be

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Je suis sur les blogs pro-tibétains:

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VENEZ M'Y REJOINDRE !

Christian VANCAU

1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 05:26

BIO 26   Rue du Snapeux à Liège 1949

Voici notre maison de la Rue du Snapeux à Liège où nous avons vécu de 1949 à 1955-56. Ma chambre est au-dessus à droite. Dans le fond la fameuse propriété arborée. Au fond  de la rue, à droite, on aperçoit en retrait, la maison que mes parents ont fait construire en 1954-55, sur un terrain de 50 ares. Dans cette maison, cette villa très "Le Zoute" devrais-je dire, je vais vivre de 1955 à 1962, date à laquelle je quitte mes parents et vais vivre en ville, dans un taudis ou presque, puisque je ne paierai même pas de loyer. Mais la maison du fond, restera la maison de ma folle jeunesse, de la fin de mes humanités et du début de mes études de Droit à l'Université.

 

Mais revenons en 1949. Au fond de la rue à gauche, dans la maison du coin, j'ai une galante; c'est "ma crapaude", comme on dit à Liège, mon deuxième amour, après Morzine. Elle s'appelle Liliane Mathieu (Non ce n'est pas la soeur de Mireille !) Voici, en bas de page, la photo de Liliane devant sa maison du coin. A gauche, c'est moi, en Scout, à ma droite Aline China, une autre voisine. La petite basanée avec des tresses ramenées au sommet de sa tête, c'est Liliane, elle était jolie, et à l'extrême droite, c'est Jules China, un petit rouquin avec lequel je m'entendais très bien. Le père China était gardien de prison à Saint-Léonard. La mère de Liliane était veuve. Que sont nos amours devenues?

 

J'avais une furieuse tendance à "jouer sur la rue" avec les enfants du quartier. Pas si facile, parce que j'étais le" fils du docteur", dans un quartier assez populaire et que les gens gardaient leurs distances. Heureusement j'étais loin d'être "fier"et ça plaidait en ma faveur. Il y avait même une bande de petits voyoux, la bande des frères Cabay, qui faisaient la loi. Un jour, une voisine bien intentionnée, Madame Lambert, a téléphoné à mes parents, pour signaler que je jouais au foot dans la rue avec les frères Cabay. Et mon père est venu me chercher, sans un mot et m'a fait rentrer à la maison. Et voilà. Le clivage social brutal ! Il aurait pu penser que si je jouais "sur la rue", c'est que peut-être je n'étais pas bien chez moi. Mais je suis persuadé que mon père  agit sur ordre de ma mère, car il n'est pas du tout comme cela. Mon père, à la clinique ne dialogue qu'avec les malades, les infirmiers et les infirmières. Il fuit ses collègues médecins, refuse tout jeu de pouvoir. Et c'est cet homme-là qui, comme un toutou, obéit aux ordres de Suzanne la snob.
 

Donc terminé de jouer "sur la rue" avec des gosses "de condition inférieure". Suzanne est issue d'une grande famille, elle ! Son fils aîné ne doit pas se salir avec des bouseux. Elle est la seule à pouvoir le cochonner, foi de "Folcoche".  Ceci dit, j'ai tout de même continué à jouer "sur la rue". J'ai toujours joué où je voulais.
 

Cette page est une parenthèse dans mon récit et je vais donc revenir au Collège Saint-Servais à la page suivante

 

 

 

Biographie 26. Notre maison à Liège, rue du Snapeux
Biographie 26. Notre maison à Liège, rue du Snapeux
Biographie 26. Notre maison à Liège, rue du Snapeux
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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 08:57

 

BIO 25  Collège St Servais 1949

Voici le Collège Saint-Servais en Juin 1949. C'est la cinquième année primaire, la classe de Monsieur Dassy. Je suis à l'avant-dernière rangée sur le dessus de la photo et le cinquième en partant de la gauche. Derrière nous le Parc du collège, avec une piscine en plein air. Moi qui adore nager, quelle aubaine ! Je me souviens de la plupart des noms de mes condisciples. Dans l'immédiat, je me suis fait deux copains privilégiés, Pol Scuvie et Robert Seghers dit l'Africain. Deux caîds auxquels on m'a confronté lors de  mon arrivée. Deux combats organisés dans la cour de récréation pour tester le nouveau en le confrontant aux deux chefs de bande, sous l'oeil indulgent des pions. Premier combat avec Paul Scuvie, des fonderies Scuvie, rue du Calvaire, près de chez moi; il me provoque en duel, au poing levé. Pas de doute, son truc c'est la boxe (ce n'est pas encore le mien, hélas) Je relève le défi. Autour de nous, un immense cercle, cette cour fait bien deux terrains de foot et je me défends plus que bien, mais le mec, finalement m'envoie un direct au foie et foi de chrétien, je me plie en deux, et c'est le coup de gong, à savoir le coup de cloche de fin de récréation. Chacun regagne ses rangs. J'entends des commentaires: " t'as vu le nouveau, il a tenu tête à Scuvie. Ouais mais il a tout de même été battu "

 

 Moi qui croyais que la guerre était finie ! En fait la guerre des hommes c'est en cour de récréation qu'elle commence !  "Un nouveau ? Faut le mettre au pas. On va chercher le chef. Aïe, aïe, le nouveau résiste " Car Scuvie règne sur la cour, il a dû en abattre plus d'un, avant moi. Ce scénario-ci n'était pas prévu. la preuve que je lui aie résisté c'est que je vais devenir son meilleur ami . Si je m'étais écroulé dans la cour, je serais devenu un de ses sujets. Mais je me suis seulement plié et j'ai été sauvé par la cloche, sinon pauvre de moi. Mais avant je l'avais fait vaciller à plusieurs reprises, moi l'étranger, venu de Bruxelles, et un doute s'était introduit dans la tête de ses fidèles vassaux. Scuvie ne serait-il pas invincible ? J'ai eu le temps d'entrevoir dans la foule qui nous encerclait, un jeune cadavre jésuitique, un jeune corbeau, le pion de service, maigre macchabée aux blonds cheveux. Le spectacle semble le fasciner et ce n'est qu'au son de cloche qu'il bondit pour nous séparer. Il vient de projeter son homosexualité refoulée sur deux gladiateurs de onze ans

 

Cinquième primaire. Classe de Mr Dassy 1949 et mon ami Paul Scuvie, en bas à gauche de la photo de droite et Robert Seghers, au-dessus à gauche
Cinquième primaire. Classe de Mr Dassy 1949 et mon ami Paul Scuvie, en bas à gauche de la photo de droite et Robert Seghers, au-dessus à gauche

Cinquième primaire. Classe de Mr Dassy 1949 et mon ami Paul Scuvie, en bas à gauche de la photo de droite et Robert Seghers, au-dessus à gauche

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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 08:52

BIO 24  LIEGE 1949

A Liège en 1949, nous emménageons sur les hauteurs de la ville, dans un quartier populaire, non loin de l'Eglise Saint Gilles, rue du Snapeux (Sinapisme = L'art du moutardier), nous devons donc nouc trouver au milieu d'anciens champs de moutarde. Mon père est à quinze minutes à pied de son travail. La Clinique de l'Espérance est d'abord une clinique de charbonnage, le Charbonnage "Espérance et Bonne fortune" situé à Montegnée (Espérance et Bonne fortune, pour qui ?). Quant à moi, je suis à une demi-heure du centre- ville; il me suffit d'enfiler l'interminable rue Saint-Gilles pour me retrouver dans mon nouveau collège. jésuitique, le Collège Saint-Servais
 

Toujours à pied puisque pas de voiture à la maison. A la fin de mes humanités, en 1956, j'aurai totalisé plus de 40.000 Kms à pied, soit le tour de la terre. Rimbaud peut repasser !
 

Le quartier n'est pas désagréable car nous avons en face de chez nous une immense propriété arborée, qui deviendra nôtre en 1955-56 (50 ares). Quant à mon père il va commencer à réparer les os brisés des mineurs, mais aussi ceux des accidentés en tous genres car la clinique à commencé à se diversifier, pressentant peut-être la fin des charbonnages.

 

Pour rappel, mon père est chirurgien mais a fait en plus une spécialisation dans tout ce qui touche au redressement ou au recollage des os brisés (broches etc...) Mon père devrait donc être  riche mais il ne l'est pas encore et il a 41 ans. Je me souviens d'une scène de ménage, en plein repas. Ma mère réclame de l'argent à mon père (elle le fera jusqu'au bout.) Mon père d'habitude calme et réservé, se met en colère. Il dit "Je gagne onze mille francs par mois ! " ( je me souviens que le sachet de frites était à cinq francs plus deux francs de Tartare). Il vient de toucher son salaire (car il est appointé comme "full-time" par la Clinique ). Il tire les onze billets de mille francs de son porte-feuille et les jette sur la table

 

A Liège, tout comme ma mère, je me retrouve dans mon élément. C'est tout de même la ville de mon enfance. Notre maison est modeste avec un petit jardin, qui sent un peu la campagne, car comme je l'ai dit, il y a encore de la verdure rue du Snapeux à l'époque (aujourd'hui c'est la sortie de l'Autoroute, la sortie Burenville près du Boulevard Sainte-Beuve, la "sainte patronne" de notre quartier) Et là, il y a une énorme propriété en friche, peut-être les anciens champs de moutarde, à l'état sauvage, entourée d'un mur de pierres. Il y a de grands arbres et on entend les oiseaux, ça me change de Bruxelles. Ma chambre est à rue, au deuxième étage, mais la rue est calme. De temps en temps une marchande ambulante, poussant sa charrette de poires et criant "Quite Peu-er", ce qui en wallon légeois, veut dire "Poire cuite";

 

J'ai donc un peu plus de onze ans lorsque ma mère, en cours d'année scolaire, puisque nous sommes en janvier, va m'inscrire chez les Jésuites. J'ai un long entretien avec le recteur du Collège Saint-Servais, le Père Crèvecoeur. Un nom lourd de promesses et de béatitudes. Il teste mes connaissances qui sont plutôt  faibles, avec les études chahutées que j'ai menées jusque là. Résultat, on me fait redescendre de classe et je vais entrer en cinquième année, alors que j'avais commencé ma sixième année à Bruxelles (Je parle des années primaires et non des humanités). Processus assez particulier puisque j'avais réussi ma cinquième année à Bruxelles (J'étais monté de classe comme on disait ). Me voilà donc redescendu. J'ai appris plus tard que me mère avait fortement poussé à la charrette (comme on disait aussi, en tout cas à Liège, Liège étant un peu le Québec de la Belgique, si vous voyez ce que je veux dire ! ). Il ne faut jamais oublier que Liège a été une ville française de 1815 à 1830. On peut même dire d'elle qu'à l'époque, elle ressemblait à une ville du Sud de la France. Liège a toujours eu un côté provencal

Voici notre nouvelle maison marquée d'une flèche rouge. Au fond de la rue photo de droite), le terrain que nous achèterons en 1953
Voici notre nouvelle maison marquée d'une flèche rouge. Au fond de la rue photo de droite), le terrain que nous achèterons en 1953

Voici notre nouvelle maison marquée d'une flèche rouge. Au fond de la rue photo de droite), le terrain que nous achèterons en 1953

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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 15:22

BIO 23 Louveteau en 1947

La musique, les deux chiens, les poissons, les deux paralytiques, voilà ce qui me permet d'émerger de ces deux années 1947 et 1948, lourdes et tristes

Pendant cette même période il y a les incontournables séjours à la Côte belge, à Pâques et en septembre. Un rite qui s'était déroulé à Saint-Idesbald et à Coxyde, avant la guerre, et qui se déroule après cette guerre, au Coq-sur-mer d'abord, puis à Duinbergen ensuite et celà jusqu'à mes 20 ans passés
 

Principales occupations: les baignades, la pêche aux moules et aux crevettes et le tennis que je commence à apprendre vers mes huit ans , tout comme j'ai appris à nager, à cet âge-là, avec mon oncle Lucien, mais à Anseremme cette fois, dans la Meuse et non dans la Mer. On flotte nettement mieux dans l'eau salée et la Mer du Nord ne manque pas de sel.
 

Une anecdote, à Duinbergen, m'est restée en mémoire. le fameux Charles F., celui qui me donnait des oranges au Conservatoire de Liège, pendant la guerre, refait son apparition, de temps en temps. Il faut dire que mon père ne nous rejoint que les WE, et encore. Et ma mère, décidément pas très claire comme dirait Bashung, fait souffrir son amoureux transi. Un jour, nous nous retrouvons à trois, dans une aubette d'autobus. Charles retourne à Liège. Ambiance de bagarre. Il pleure, c'est le drame. C'est alors que ma mère (Elle s'appelle Suzanne ma mère et son totem c'est Kotick, un phoque; c'est Loup-Phoque qu'on aurait dû la totémiser) me dit d'aller cacher la mallette de Charles, derrière l'aubette, au moment où le bus se pointe, et je le fais. Au moment où le pauvre Charles veut monter dans le bus, il se retourne et...plus de mallette ???. Résultat, il rate son bus. Nouvelles disputes et nouveaux pleurs. Dans quels jeux d'adultes suis-je à nouveau impliqué??. En tout cas l'anecdote est très révélatrice de l'attitude sadique de ma mère, à l'égard des hommes et donc de son goût prononcé pour les hommes masos. Mais Charles reviendra aussi à Bruxelles, rue Montoyer, pendant la journée. Je pense que mon père sait, mais qu'il fait confiance, c'est dans son style. Mais un jour, il perdra patience et mettra fin à cette histoire. Charles disparaîtra à jamais. C'est gênant car il est devenu le parrain de mon frère Etienne en 1946. Il se serait marié par la suite et aurait engendré un fils, bien connu dans le monde musical. Retour au Conservatoire de Liège!
 

Dans toute cette période de guerre et d'après-guerre, je dois aussi mentionner la présence permanente des amies de ma mère, qui sont toutes, des cheftaines de son Clan Reine Astrid, le clan qu'elle a fondé. J'ai donc des tas de tantes que j'appelle exclusivement par leurs totems. Tante Isard, tante Poulain, tante Chevreau, tante Girafe, tante Brontosaure etc...Une vraie ménagerie. Et on se demandera  pourquoi par la suite je me suis mis à peindre des totems. D'ailleurs, j'entre chez les louveteaux à Liège puis à Bruxelles, puis aux Scouts, dés mon arrivée à Liège en 1949, et mon totem sera Ecureuil.
 

Et voilà c'et fini Bruxelles car mon père a trouvé une situation à Liège et nous allons nous y installer en Janvier 1949. Ma mère ne s'étant pas plue à Gand, ni à Bruxelles, nous devions irrémédiablement revenir dans le berceau maternel, à liège, ville-fleuve et donc ville amniotique. Les liégeois quittent très difficilement leur ville. On revoit les mêmes têtes en se promenant à Liège, cinquante ans plus tard. C'est très difficile de couper le cordon avec une ville-fleuve. Personnellement je quitte Bruxelles sans regrets si ce n'est celui de mes deux chiens, Néri et  Cesar

Vancau louveteau en 1947, je n'ai pas encore 10 ans. Sur la photo du dessus, en 1946, lors d'un camp dans la campagne

 

Ma Biographie 23   . Louveteau en 1947
Ma Biographie 23   . Louveteau en 1947
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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 09:19

BIO 22  Neerijsse-Mes  chiens

Dans cette clinique de Neerijsse, il y avait aussi "Mademoiselle Hadji", une hongroise, l'Infirmière en chef, le  véritable chef de la Clinique, baraquée comme un poids lourd. un jour de fièvre (de croissance), je la vois encore ma planter le thermomètre dans le derrière et décréter en me dégoupillant..."37°5  Recta " ( me dire cela à moi qui pensais faire 37°2 le matin, bonjour Monsieur Beneix ! ) 

 

J'allais aussi jouer tous les jours dans la salle commune, avec mes deux amis, Hugo et Eric. Comment les oublier ! L'un, noir de cheveux et peau basanée, sûrement italien calabrais, et l'autre tout blond. Age: dix ans comme moi et tous deux "polios". Ils se pendaient aux barreaux de leur lit et essayaient de se redresser sur leurs petites jambes tordues, arborant des sourires radieux, chaque fois que j'arrivais dans la salle; c'était leur récréation de la journée. Deux fois deux mois de vacances, j'ai passé avec eux. On riait beaucoup!

 

Eux deux et mon étang, des allers et retours perpétuels. L'étang d'un hectare et ses bois tout autour. J'étais un petit Tarzan, perdu dans la brousse non hospitalière d'un établissement  hospitalier, a moins que ce ne soit le contraire. Ne pouvant amener mes deux amis dans la jungle, je leur racontais à mon retour, mes aventures périlleuses, au coeur d'inextricables lianes brabançonnes. Il y avait, eux, moi et les poissons. je n'ai aucun souvenir de mes parents, durant ces deux étés !
 

De retour, rue Montoyer, j'allais presque chaque jour chez notre voisine, la femme du Docteur Delchef, patron de mon père. elle avait yeux et cheveux noirs tirés en arrière (enfin pour les yeux je ne suis plus sûr) avec un macaron, ficelant le tout. Cette femme solitaire et perdue dans son immense maison, aimait la musique. Elle me mettait des 78 tours (de poitrine) "La voix de son Maître" avec cette image du chien devant un phonographe.
 

Du classique, du violon surtout, rien que des interprétations de Yehudi Menuhin dont elle était folle (il avait 32 ans en 1948). J'étais loin de me douter que 42 ans plus tard, j'allais le rencontrer et devenir Directeur Financier de sa Fondation belge à Bruxelles (Début 1990 après mon licenciement de ma banque à 52 ans)
 

Mais dans cette maison, je trouvais aussi, ce que je n'ai jamais trouvé chez mes parents, des animaux, en l'occurrence deux chiens. Le premier, mon préféré, était un griffon d'Ecurie, noir et blanc, tout touffu et s'appelait Neri (de Neerijsse). (Photo du haut) et le second arrivé plus tard, un berger d'Alsace se prénommait César (photo du bas), trop racé pour moi, peut-être, mais tout de même avec ce côté "Loup "qui me fascinait pas mal ( A l'époque je lisais Jack London, Fennymore Cooper, et Grey Owwl, l'Indien aux Castors) D'ailleurs pour César, on disait aussi "Loup d'Alsace ". J'ai dû accompagner une fois, ce César, au dressage. Une fois mais pas deux car j'ai pas aimé ça du tout. Neri par contre on ne le dressait pas.  C'était un zinneke (un bâtard) comme moi et on ne dresse pas les bâtards. C'est pour celà que personne n'a jamais pu me dresser (Zinneke s'utilise ausi pour désigner un vrai belge, à savoir mi-flamand, mi-wallon, ce vrai belge que certains flamands essaient d'écarteler afin de créer une belle race flamande débarrassée de toute pourriture wallonne. "Wallons Caca" entendait-on l'autre jour à la Télévision dans les tribunes d'un match de foot) Ils sont "classieux" ces flamands !

Donc un zinneke, comme les deux chiennes qui ont accompagné ma vie de 1985 à 2003, Craquotte et Plume . Craquotte ma première chienne, 10 ans de vie commune ( je ne cohabite plus qu'avec des animaux, j'ai compris ) et sa fille Plume, une Plume à poils qui m'a peut-être fait prendre la plume, pour écrire cette auto-biographie. Pas Monsieur Plume de Michaux, mais Mademoiselle Plume, chienne d'écrivain.  Prendre son pied, en prenant sa Plume !

Ma biographie 22    Mes deux chiens à Bruxelles et à Neerijsse
Ma biographie 22    Mes deux chiens à Bruxelles et à Neerijsse
Ma biographie 22    Mes deux chiens à Bruxelles et à Neerijsse
Ma biographie 22    Mes deux chiens à Bruxelles et à Neerijsse
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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 07:30

Bio 21 Bruxelles rue Montoyer n°36

Quand ma mère revient à Bruxelles, je tombe malade. Le médecin de famille pose son diagnostic! Je fais des fièvres de croissance ! Ah bon sang, mais c'est bien sûr ! La vérité  est que je secoue le thermomètre à l'envers ou le trempe dans l'eau bouillante. Je déteste l'école et vais devenir un petit malade pour attirer l'attention de ma mère et cela d'autant plus qu'il y a ce petit frère qui phagocyte tout. Moi le fils a'avant-guerre, dont la soeur a disparu et qui ne parvient pas à reconnaître son père, j'ai l'impression de ne plus exister.

 

Bruxelles, ce sont aussi les ennuyeuses promenades du dimanche, où nous prenons le train à la Gare de Luxembourg, mes parents poussant mon frère Etienne dans sa poussette: campagnes brabançonnes, chemins poussiéreux, mon père, fou de botanique qui cueille et identifie des fleurs sauvages ( je dois dire qu'à l'époque ça ne m'intéressait pas du tout) et puis aussi la forêt de Soignes, là je m'y retrouve mieux, parce qu'une forêt c'est l'animal sauvage, possible à tout instant et cela, ça m'intéresse. Tout ceci, sans voiture. Mon père n'en veut pas et n'en voudra jamais, alors qu'avant la guerre, il a appris à conduire avec son père qui, lui, avait une voiture (une Dina Panhard que, petit, je surnommais "titi toto de Bon Papa" sorte de langage texto, avant la lettre) Nous nous sommes donc toujours déplacés en train et en taxi. Ma mère, elle, ne s'intéresse pas aux fleurs, ni à la nature en général. Ce qui l'intéresse, ce sont les gens, dans la mesure où elle peut s'introduire dans leur intimité et y foutre le bordel, le tout avec une figure tellement angélique (on lui donnerait le diable sans confession et elle l'avalerait tout cru) et charismatique, que tout le monde s'y laisse prendre. "Suzanne est extraordinaire". Mais non les cons,! Suzanne est juste une mante "religieuse"

 

Il y a aussi des vacances dans les pays rédimés. Un ami noble de ma mère (le Baron Verlinden), nous prête son chalet de chasse, à Küschelscheid, près d'Elsenborn. Nous sommes dans une clairière avec un mirador, en lisière  de forêt. Région très sauvage, aucune autre maison ou chalet à l'horizon. J'y fais quelques promenades avec mon père; un jour, nous débusquons un cerf qui faisait sa sieste. Il se lève brusquement et détale dans un coupe-feu. C'est mon premier cerf, je suis très impressionné. C'est comme un cheval sauvage!

 

Mais j'ai des devoirs de vacances, en mathématiques. Je déteste les maths. Et pour cause, mon père a toujours adoré les maths, me dit-on. Pendant ses vacances d'élève brillant, n'ayant jamais eu de devoirs de vacances, il faisait des maths pour son plaisir. L'horreur !. Donc là, à la frontière allemande, il s'occupe de moi tous les jours et c'est l'enfer, parce que les maths ça m'emmerde vraiment et donc les choses avec mon père ne s'arrangent pas. Ma mère, par contre, a une vraie passion pour l'histoire et la géographie, mais uniquement l'histoire des rois de france. Elle peut réciter par coeur toutes la généalogie des Capétiens, des Bourbons et des Valois. Normal, ma mère c'est Marie-Antoinette, la dernière reine de France , ce sont donc ses généalogies qu'elle récite mais croyez-moi, c'est aussi chiant que les maths

 

Retour à Bruxelles. je me souviens que ma mère m'habillait très mal.  Elle me faisait porter un costume ridicule, avec une culotte qui se boutonnait à la veste. J'étais horriblement gêné d'aller dans cette tenue à l'école. Alors au dernier moment, en sortant de la maison de la rue Montoyer, j'empoignais un pull que j'avais caché, près de la porte d'entrée, dans un vase à parapluies, et l'enfilais. Un pull en laine de surcroît, alors qu'il faisait pétant de chaud (L'Eté 1947 a été l'un des étés les plus chauds du siècle avec l’été 1949)

 

Je soupçonne  d'ailleurs ma mère d'avoir très mal habillé ses hommes dans le but, plus ou moins conscient de les rendre ridicules, mal foutus. Je dois néanmoins préciser qu'elle-même s' habillait avec une absence totale de goût. Mon père, lui, s'en foutait, d'autant plus que, pendant la journée, il était habillé en tablier de toubib, noué dans le dos. Quand il était en civil, je me souviens de ses chemises mal repassées, avec, irrémédiablement, une des pointes de son col, tordue, montant le long de son cou, ou débordant malencontreusement sur le revers de son veston

Ma Biographie 21  Bruxelles Rue Montoyer
Ma Biographie 21  Bruxelles Rue Montoyer
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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 07:16

Bio 20   1947 et 1948

A Bruxelles, heureusement, il y avait mes grands-parents gantois, qui venaient me chercher à l'Ecole, Place Saint-Josse. Ben pardi, il fallait bien, j'étais en congé et il n'y avait personne chez moi, dans la maison mortuaire de le rue Montoyer; et ils m'emmenaient au restaurant, les braves, en fait, disons plutôt, à la friture, parce que moi, mon pied, c'était le steak-frites et le verre de Coca. Il faut dire que chez moi, on ne m'avait pas appris à manger, non plus. J'adorais mon grand-père et parrain André . Il était profondément bon comme mon père et ressemblait un peu à Petain (Voir photo en début de biographie). et puis c'était tout de même lui le gynéco, qui m'avait mis au monde. Ma grand-mère  Fernande était moins "simple", mais je l'aimais bien cette grande cigogne, un peu snob. Etudes artistiques aux Beaux-Arts de Gand, un mètre septante au garrot, elle faisait des croquis, au pastel et au crayon. Elle était très fière de son petit-fils, j'ignore pourquoi, sinon qu'elle avait une nette préférence pour les garçons.En plus, j'étais le fils de son fils et non de sa fille. En fait elle préférait les garçons, comme mon grand-père maternel préférait les filles (on retombe toujours dans les mêmes clichés ceux des gens qui n'aiment que les chiens ou les chats et jamais les deux. Hé les gens ! ...faudrait vous soigner avant de vouloir élever des enfants. On se fait d'abord, on pond après). Plus tard quand elle parlait de moi elle disait " il mesure un mètre quatre -vingt et joue de la guitare ". Ceci dit être "préféré" n'est pas non plus une sinécure. Et même que ça peut vachement vous cochonner, et dans tout cochon, il y a un Oedipe qui sommeille...à moins que ce ne soit l'inverse ??? (Le sculpteur Reinhoud disait lui  que " dans tout cochon, il y a un homme qui sommeille ")

Et puis, il y a aussi les grandes vacances en 1947 et en 1948. Où ça? Mais dans une clinique, celle où mon père travaille, à Neerijsse, près d'Overijsse, une clinique privée, celle du Docteur "Delchef ", il y a des noms prédestinés. Une clinique " privée " voyez-vous ça ! Face à la Clinique, un groupe de maisons, plantées en cercle fermé. Le "quartier" des médecins et de leurs familles. On se serait cru en plein "Carson Mac Cullers" ( Reflets dans un Oeil d'Or ). Et tout aux alentours de la clinique, des bois et un magnifique étang, au bord duquel je vais passer des journées entières, à "ferrer" (comme Leo ), des carpes, des rousses et des tanches. Je n'oublierai jamais la sensation d'un corps de tanche dans ma main (je les relâchais après les avoir palpées). Introduisez un doigt dans votre bouche et touchez l'intérieur de votre joue, vous saurez tout du toucher de la tanche, poisson de fond qu'on ne voit que si on le tire et qu'on ne tire que si l'on pêche "au fond". Jeune, j'étais fou de pêche et ça a duré au moins jusqu'à mes 18 ans. J'ai recommencé à 42 ans, lorsque j'ai acheté mon territoire. Je me suis remis à pêcher dans mon ruisseau pour faire vivre les étangs que je creusais! Sans jamais tuer un poisson...

A Neerijsse, je suis le seul enfant de toubib. Je mange avec les adultes, les médecins et leurs femmes. je me souviens d'un certain Docteur W., moustache rousse de colonel de l'armée des Indes, peau rose et rouges yeux de noceur, et de sa femme, une superbe jument (qu'il devait monter "a cru" et à mon avis il ne devait pas être le seul ), une grande noire aux longs cheveux, d'une vulgarité peu commune(c'est rare car en général, la vulgarité est plutôt commune), sorte d'Ava Gardner de Pigalle. Eh bien, elle sera ma première femme nue. Cela c'est important! Entrant dans la chambre de mes parents, avant un repas de midi, je tombai sur cette femme, côté cul, grande, blanche et nue comme un ver. Et quel cul !. les pages Internet sont trop étroites pour le dessiner. C'est bien la peine de faire un blog ! Elle se changeait dans notre chambre, étant seulement de passage! Hélas !. Je me suis demandé si mon père n'était pas sous le lit mais je n'ai pas osé vérifier. Dix minutes plus tard, elle était en face de moi, à table, et je ne voyais pas sa robe, seulement sa nudité blanche. C'était bien, l'Elisabeth Taylor de "Reflets dans un Oeil d'Or, à poil sur son pur sang. De sang pur, je me sentais tranfusé, par cette "Vénus de Clinique"

Mes grands-parents paternels et la Clinique de Neerijsse
Mes grands-parents paternels et la Clinique de Neerijsse
Mes grands-parents paternels et la Clinique de Neerijsse
Mes grands-parents paternels et la Clinique de Neerijsse
Mes grands-parents paternels et la Clinique de Neerijsse

Mes grands-parents paternels et la Clinique de Neerijsse

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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 07:13

BIO 19  1947 Emménagement à Bruxelles. Mort de mon grand-père

Nous voici donc dans la période bruxelloise qui va durer deux ans. C'est la période la plus noire de mon enfance. Nous emménageons au 36 de la rue Montoyer, parallèle à la rue Belliard. C'est affreux comme rue. Nous habitons une grande maison, jouxtant celle du Docteur Delchef, le patron de mon père. Pas de jardin, mais une immense cour. Et une école pour ma quatrième année primaire, appelée, le "Petit Saint-Louis", Place Saint-Josse. Je me souviens des trajets: rue Joseph II, rue Guimard, rue Belliard et quelques squares (Joseph II). Je suis un mauvais élève, sauf en lecture, orthographe, style et dessin.

Heureusement, à l'école je me fais un ami, Charles Van Hove, fils d'un antiquaire, habitant la même rue que la mienne. Le père antiquaire a épousé une gantoise, Edith de Busschere. Ils ont cinq ou six enfants. Je vais passer le plus clair de mon temps dans cette famille nombreuse. Maison gigantesque bourrée de salons et d'antiquités en tous genres, ambiance feutrée de tapis d'Orient, enfants joyeux et sains. Je m'entends très bien avec Charles. Ils ont une maison de vacances sur la Lys et nous y chassons le papillon comme Ernst Jünger.                                   

Et puis voici que mon grand-père paternel, Jules Duesberg, se tue dans un accident de voiture, sur la route de Louvain,  une voiture de l'Université de Liège, pilotée par Nicolas, le chauffeur du Rectorat de l'Université, Nicolas qui a une tête de Popeye. Jules a 65 ans. Et du coup ma mère disparaît pour faire de fréquents séjours à Liège, chez sa mère, Quai Mativa, y emmenant mon frère Etienne, qui a un an. et je me retrouve seul, après l'école, seul dans cette gigantesque maison obscure, attendant mon père qui rentre tard de sa clinique de campagne et à qui je dois préparer à souper ( à savoir le plus souvent des frites et des oeufs sur le plat essentiellement, ma science culinaire, n'allant pas au-delà. Ah si je fais bien les mayonnaises aussi; il faut dire que j'ai vécu 5 ans dans une cuisine avec ma grand-mère à Liège). Mes devoirs je les fais dans la famille Van Hove. Et puis comme ma mère ne revient pas et que mon père n'est jamais là, je passe entre les mains de différentes assistantes  familiales. Je me souviens d'une petite blonde qui ressemblait à  Eva-Marie Saint, la fiancée de Brando dans le " Sur les Quais" de Kazan. On allait se promener dans le parc de la Woluwe, près des étangs, on s'asseyait sur un banc et elle pleurait tout le temps, parce que son fiancé l'avait quittée, et je pleurais avec elle. Larmes mêlées de deuxabandonnés                                                                                                                                                                                             De toutes façons, mon père restait pour moi, un étranger total. rentrant de sa Clinique de campagne vers les dix-neuf heures, il voulait vérifier mes devoirs et mes leçons et je l'envoyais sur les roses. Pauvre homme , rentrant de la guerre, avec une épouse absente, une fille internée, un fils qui le repousse et un deuxième fils qui est à Liège. Ma mère réapparaît de temps en temps à Bruxelles avec mon frère Etienne, qui dort dans la même chambre que moi, dans un lit-cage. Chaque soir, ma mère lui attache les chevilles au pied du lit avec une bande velpo. En plus son torse est enserré dans une sorte de corset, à bandes croisées, rivé autour du matelas. Ce double harnachement est destiné à l'empêcher de tomber de son lit, à un âge où il commence à se dresser sur ses petites jambes. Je me suis souvent demandé si cet équipement d'incarcération, était utilisé fréquemment à l'époque, dans le secret des familles et si 10 ans auparavant, à Gand, on m'avait soumis au même genre de supplice ? Cela m'étonnerait que je me sois laissé faire . Quoiqu'il en soit, je dis qu'il faut être tordu, pour ligoter son gosse au crépuscule, alors qu'il est à l'aube de sa vie!

Mon grand-père devant la Chevrolet dans laquelle il va se tuer- Moi et mon frère Etienne à Bruxelles
Mon grand-père devant la Chevrolet dans laquelle il va se tuer- Moi et mon frère Etienne à Bruxelles
Mon grand-père devant la Chevrolet dans laquelle il va se tuer- Moi et mon frère Etienne à Bruxelles
Mon grand-père devant la Chevrolet dans laquelle il va se tuer- Moi et mon frère Etienne à Bruxelles
Mon grand-père devant la Chevrolet dans laquelle il va se tuer- Moi et mon frère Etienne à Bruxelles

Mon grand-père devant la Chevrolet dans laquelle il va se tuer- Moi et mon frère Etienne à Bruxelles

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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 07:04

BIO 18   MORZINE 1946 et Naissance de mon frère Etienne

Voilà, l'Hôtel "Champs fleuris" que l'on aperçoit dans le fond à droite. Nous étions quatre clients dans cet hôtel, ma mère et moi, sa mère et elle. Elle, c'était Béatrice de Thiollaz, plus savoyard que cela comme nom, tu meurs. une belle grande blonde comme je les aime, entre 10 et 12 ans. regardez-moi ça le petit séducteur, il s'y croit.  mais il faut dire que pour une première, ce n'était pas vraiment un coup dans l'eau. Hélas, elle ne skiait pas et on ne se voyait qu'en dehors des pistes, entre deux stalactites! Qu'est-elle devenue, ma belle stalagmite ???                                
Après quelques semaines, hélas, c'est le retour à Liège, en repassant à Bois-Briard, durant une quinzaine de jours, dans la ferme de mon oncle Antoine Deheselle et de ma tante Ponette. C'est près de Fontainebleau (Every-petit-Bourg). J'ai vécu là-bas quelques délires. L'assassinat de mon premier cochon, l'horreur, une attaque violente d'un coq alors que j'étais assis sur un tas de foin dans la cour de la ferme, et surtout les pétainisme de mon oncle, qui chaque soir avant que j'aille me coucher, essayait de me faire faire le salut "Heil Hitler", devant ma mère, la royaliste. Je me souviens aussi du fils de la famille, Eddy, courant après ma mère dans le living et enfonçant son poing dans la porte vitrée, qu'elle venait de refermer derrière elle. A table dans les jours qui ont suivi, il portait  à l'avant-bras, un plâtre que je ne quittais pas des yeux.  (Voir la photo de Bois Briard ci-dessous, in fine)                                                                                                                               En effet, ma mère est enceinte et en Juillet 1946, c'est la naissance de mon frère Etienne, à la clinique Sainte  Rosalie à Liège. Je dois avouer que cela ne m'excite pas particulièrement. Que mon frère qui me lira peut-être un jour me le pardonne, d'ailleurs je m'en fous !                                                                                                                                                                                                                                       Voici un parfait portrait de famille (Photo du bas) Mon père est là cette fois. Mon frère c'est l'enfant d'après-guerre, celui de la Libération, celui qui a eu l'intelligence de naître après et non avant. Il ne va y en avoir que pour lui et je vais passer complètement au second plan.

J'aurais peut-être eu besoin d'autre chose, après ce que j'avais vécu dans mon enfance mais voilà on ne choisit rien quand on a huit ans. Nous allons encore vivre à Liège quelques mois car mon père a enfin trouvé une situation; il est engagé dans une clinique privée à Neerijsse, on disait  Neerissche à l'époque, près de Bruxelles (Overijsse) et nous allons déménager en Janvier 1967, au centre de Bruxelles, très exactement au 36 de la Rue Montoyer. Mais ceci est une autre histoire  !                                                                                                                                                                                         

 

 

In fine la propriété de Bois-Briard dans l'Essonne
In fine la propriété de Bois-Briard dans l'Essonne
In fine la propriété de Bois-Briard dans l'Essonne
In fine la propriété de Bois-Briard dans l'Essonne
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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 06:57

Bio 17 Evian

Nous voici donc partis en Janvier 1946, pour un long périple, en passant d'abors par Athus où ma mère a une amie cheftaine qui a épousé le Directeur de Cockerill-Ougrée (Les Gerard), puis par Paris où je vais tout apprendre sur la conciergerie et la mort de Marie-Antoinette à laquelle ma mère s'identifiera toute sa vie, sans néanmoins aller jusqu'à l'échafaud, étant par nature, plutôt guillotineuse que guillotinée !

Je découvre un Paris  de guerre, rempli de militaires américains, anglais et résistants français et une Seine bourrée de bateaux militaires. Voici un dessin des bords de Seine, à l'époque. Vachement romantique. Ne vous étonnez pas du nez proéminent des soldats; c'est que je les ai, dans mes dessins de l'époque, tous transformés en poussins, histoire de dédramatiser. C'est gentil un poussin. Oui, ça tire tout le temps sur tout ce qui bouge, mais c'est pour rire.  Et puis il y a les bons poussins et les mauvais poussins.Ce dessin en dit long sur la capacité des enfants à se protéger, en aménageant à leur guise, le monde réel qui les entoure, quand celui-ci devient hostile et hostile, il l'est toujours un peu, n'est-il pas?? Et quand je dis un peu !

De Paris, nous voici sur la route de Haute Savoie, avec la dame du même nom, en voiture, dans quelle voiture, mes parents n'en ont jamais eu? Un taxi peut-être! Nous sommes fréquemment arrêtés par  des soldats, enfin plus ou moins, ils sont habillés en bleu foncé, des résistants ou des soldats de l'armée de libération? Et pour la première fois, je découvre la montagne. Juste avant, nous avons fait escale pour une nuit à Evian-les Bains, au bord du Lac Leman, côté France !

Photo du Lac d'Evian en début 1946 et de la Seine à Paris
Photo du Lac d'Evian en début 1946 et de la Seine à Paris

Photo du Lac d'Evian en début 1946 et de la Seine à Paris

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