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LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


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Site traduit en Allemand :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/de/index.html

 

Site traduit en Anglais :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/en/index.html


Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
  • Contact

Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
.

Archives

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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Jetez un oeil dans mes LIENS sur Richard OLIVIER, BIG MEMORY, mon ami Richard, Cinéaste belge, étant sur un gigantesque projet: Filmer tous les CINEASTES BELGES, morts ou vifs. Enfin, un artiste qui s'intéresse à ses pairs !http://www.bigmemory.be

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Je suis sur les blogs pro-tibétains:

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VENEZ M'Y REJOINDRE !

Christian VANCAU

27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 06:25
Crillon-le-Brave-Vaucluse-Ventoux-Mai 2006

Situé au Sud et au pied du Ventoux, ce village a été ainsi nommé en l'honneur de son seigneur " Louis de Balbe de Crillon", surnommé le brave des braves, un des plus grands capitaines du 16e siècle, né à Murs en 1541 . C'est un village fascinant qui sent déjà la montagne, à cause de la proximité du "Géant"PR.07-850.jpgPR.07-860.jpgPR.07-862.jpgPR.07-999.jpg

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Ma chienne Canaille et moi

Le Belvédère de Crillon

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Crillon-le-Brave

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      Crillon.

Crillon-le-Brave est une commune française, située dans le département de Vaucluse et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Les habitants sont appelés les Crillionais.

Géographie

 

Commune située à 12 km de Carpentras et à 35 km d'Avignon, proche du Mont Ventoux, flanc sud. crillon-le-brave.png

Accès

Le village est situé au nord-ouest de Mormoiron, son chef-lieu de canton2.

Relief

Dominant la vallée de la Méde, Crillon est un village perché sur un des contreforts ouest du massif du Mont Ventoux.

Géologie
         
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Crillon, une des communes du piémont du Mont Ventoux
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Perché sur sa butte, le village dominant la vallée de la Mède

Le terroir de la commune est en grande partie sur le piémont du Ventoux. C'est une zone calcaire détritique formée par l'érosion sur la partie médiane de la commune et par gélifraction sur sa partie haute. La partie basse est occupée par des alluvions quaternaires (limons argileux et galets roulés) déposées par la Mède.

Sismicité villages crillon     

Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Tous les autres cantons du département de Vaucluse sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtiments3.

Hydrographie

La commune est arrosée par la Mède qui reçoit sur son territoire le Merdayé. images

Climat

La commune, située dans la zone d’influence du climat méditerranéen, est soumise à un rythme à quatre temps : deux saisons sèches, dont une brève en fin d'hiver, une très longue et accentuée en été ; deux saisons pluvieuses, en automne, avec des pluies abondantes sinon torrentielles, et au printemps. Les étés sont chauds et secs, liés à la remontée des anticyclones subtropicaux, entrecoupés d’épisodes orageux parfois violents. Les hivers sont doux. Les précipitations sont peu fréquentes et la neige rare4.

  Janv Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc Année
  10 12 16 18 23 27 30 30 25 20 13 10 19,75
  2 3 6 8 12 15 18 18 14 11 6 3 9,6
  6 7,5 11 13 17,5 21 24 24 19,5 15,5 8,5 7,5 14,7
Moyennes mensuelles de précipitations (mm) 36,5 23,3 24,9 47,5 45,6 25,4 20,9 29,1 65,8 59,6 52,8 34,0 465,4
Source : Données climatologiques de Mazan 2000-2007
Le mistral
Article détaillé : Mistral (vent).

Dans cette commune qui produit des Ventoux (AOC) aucun vigneron ne se plaint du mistral - même violent, car celui-ci a des avantages bénéfiques pour le vignoble. Appelé le « mango-fango », le mangeur de boue, il élimine toute humidité superflue après les orages, dégage le ciel et lui donne sa luminosité, préserve les vignes de nombre de maladies cryptogamiques et les débarrasse d'insectes parasites5.

Histoire 8-001

Préhistoire et antiquité

Des fouilles ont montré que l'emplacement du village était occupé dès le néolithique. Elles ont permis de recueillir des grattoirs et des perçoirs au quartier des Espelettes, et de l'outillage lithiques sur les sites de Camas et de Sous-les-Roques. Il est également attesté que l'endroit fut habité à l'époque romaine. Aux Carrières des amphores, des poteries et des dolia ont été exhumés ainsi qu'un autel à Jupiter et un cippe. Sur le site de l'Auberte, ce sont les restes d'un four de potier qui ont été mis au jour et il a été daté du IIIe siècle1.

Moyen Âge

La plus ancienne mention du nom du village remonte au XIIe siècle, époque à laquelle ce fief fut placé sous la suzeraineté des Comtes de Toulouse. Le premier seigneur connu qui rendit hommage fut Guillaume de Raymond. Sa descendante, Alasacie, en se mariant à un Astouaud, au XIIIe siècle, fit passer ce fief dans cette famille. L'église, placée sous le vocable de Saint-Romain, était alors unie à celle de Saint-Jean-de-Vassols, tènement appartenant aux moines de l'abbaye de Montmajour qui avait édifié là un monastère6. Les ruines de celui-ci autour duquel ont été retrouvés des vestiges d'habitations seraient la preuve de l'implantation primitive d'une première agglomération qui fut ensuite supplantée par Crillon

Lors de la papauté d'Avignon, ce fief appartint à la Révérende Chambre Apostolique - le ministère des finances des papes - puisque Jean de Crillon lui en rendit hommage. Au début XVe siècle, en 1408, au cours des guerres consécutives au grand schisme d'Occident, le Capitaine Tailulo s'empara de Crillon tenu par les troupes pontificales de Benoît XIII7.

Renaissance

Durant les guerres de religion, en 1563, le village fut pris par les calvinistes7. Le fief de Crillon, qui appartenait aux Astouaud, seigneurs de Mazan, fut vendu par François à son beau-frère, Gilles des Balbes de Berton, le 22 mars 1557. Son fils Louis, chevalier surnommé le Brave Crillon, fut à l'origine du qualificatif actuel de la commune. dg

Période moderne

Au début du XVIIIe siècle, en (1722), la peste décima une grande partie de la population.

Le 12 août 1793 fut créé le département de Vaucluse, constitué des districts d'Avignon et de Carpentras, mais aussi de ceux d'Apt et d'Orange, qui appartenaient aux Bouches-du-Rhône, ainsi que du canton de Sault, qui appartenait aux Basses-Alpes.

Article détaillé : Histoire de Vaucluse.

En 1794, le village fut rebaptisé Roc Libre en raison de sa situation géographique (perché sur un rocher)6.

Période contemporaine PR.07 850

La commune a subi un important exode rural dans la première moitié du XXe siècle. Comptant 642 habitants en 1880, elle était largement passée sous la centaine d'habitants dans les années 19502. Sa population remonte aujourd'hui grâce au tourisme.

En 1900, pour la première fois apparait l’appellation côtes-du-ventoux. Ce baptême a lieu pour un repas de noce. Sur le menu est calligraphié vins des Côtes du Ventoux et des Crans. Ces vins sont tous millésimés et datés de 1870, 1890 et 1895, soit des vins vieux de 5 à 30 ans. C'est à partir de 1939, que les vignerons du secteur constituent un syndicat des vins du Ventoux. Grâce à leur action, leurs vins sont classés en Vin Délimité de Qualité Supérieure (VDQS) dès 19538 puis accèdent enfin à l’AOC le 27 juillet 1973.

Toponymie

Sa mention la plus ancienne remonte, avec R. de Crillone à 1157. Sont attestés ensuite C. de Crillone (1317) puis Credullio (1319)1.

Lieux et monuments dddHôtel Crillon17

  • La chapelle Saint-Michel, datée du XIe siècle, possède encore des vestiges de fresques datables entre le XIIe siècle et le XIVe siècle. Malheureusement très dégradées, elles laissent entrevoir un Christ, des anges, un bœuf, un lion, la Cène et saint Michel6.
  • Le château : on en sait peu de choses. Ses deux tours datent probablement du XVe siècle. Le corps de bâtiment semble avoir été reconstruit au XIXe siècle. Phénomène rare, il n'entoure pas le village, mais se trouve en contrebas de celui-ci. Il a été racheté dans les années 1990, restauré et transformé en hôtel2.
  • L'église paroissiale Saint-Romain : son architecture est de style roman. Elle comporte notamment une nef de quatre travées. À l'intérieur se trouve un retable en bois du Bernus ainsi que l'épitaphe au Brave Crillon : « Henri IV l'aima, les pauvres le pleurèrent »2.
  • La chapelle Notre-Dame des Accès : elle fut élevée en 1721 en l'honneur de Saint Roch. Son faîte soutient un clocher-arcade à croix (symbole) de fer forgé.
  • La statue du Brave Crillon : sculptée par Louis Veray, elle fut d'abord placée sur la Place de l'Horloge à Avignon, puis devant le Palais des Papes (1891). Confisquée par les troupes allemandes en 1942, elle fut retrouvée par miracle au lendemain de la guerre et replacée au même endroit. À nouveau démontée pour cause de travaux, elle achève ses aventures sur la place principale de Crillon, où elle semble cette fois devoir rester.
La chapelle Notre-Dame des Accès
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Chapelle Notre Dame des Accès
Histoire

La chapelle du village est élevée à partir de 1721 sur un terrain donné par l'un des habitants, Antoine Gigoy. Elle est alors dédiée à Saint Roch, invoqué traditionnellement contre la peste. En effet, en 1720, la peste sévit à Marseille et se répand irrémédiablement à travers toute la Provence. Dès le 6 août 1721, les vice-légats gouvernant le Comtat Venaissin prennent des mesures de prévention. Les habitants du Comtat doivent monter la garde et élever un mur entre la Durance et le Ventoux pour barrer la route à l'épidémie. Malgré tout, elle gagne rapidement du terrain et à la fin de l'été 1722, le village de Crillon est touché à son tour.

Le vœu de 1818

En 1818, une épidémie de fièvre maligne fait des ravages dans le village. Pour en être délivrés, les habitants font le vœu de fêter solennellement la Vierge chaque 8 septembre et réciter durant cette période une neuvaine de prière. En 1846 survient de nouveau une maladie épidémique. Le village renouvelle son vœu et la dédicace de la chapelle se transforme en celle de Notre-Dame des Abcès, le mot « Abcès » s'étant lui-même par la suite transformé en « Accès ». Aujourd'hui encore, cette tradition se maintient chaque 8 septembre.

Architecture et intérieur

L'édifice, très simple, se compose d'une nef. La porte, au-dessus de laquelle est placée une statue de la Vierge, est encadrée par deux fenêtres. Le faîte est surmonté d'un clocher-arcade. Restaurée en 1818, la chapelle est complétée d'un auvent en 1846. À l'intérieur sont exposés de nombreux ex-voto, dont un tableau rappelant l'épidémie de 1818: la partie ouest du village y est représentée avec la chapelle et la porte Gérin. À l'est de Notre-Dame des Accès se trouvait le cimetière qui, vers la fin du XVIIIe siècle, remplaça celui qui entourait l'église paroissiale. Il est désaffecté en 1870 lorsqu'est ouvert le cimetière actuel.

 

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 05:20

Nous y serons la semaine prochaine.......

D'un côté le VentouxDe l'autre, les Dentelles de MontmirailNous surplombons AubignanEt tout à coup, les vignes et en pleines vendanges. C'est du Carignan et du Grenache, nous disent les vignerons du coinAH PUTAIGNE !!!!  2009  sera une très bonne année!!!!Et voici maintenant  des plantations d'oliviers, certains largement centenaire. Paysage de brousse et de savane africainesEt Aubignan tout proche

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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 07:07

ARTHUR SCHOPENHAUER 

Biographie

Né le 22 février 1788 à Dantzig, Arthur est le fruit du mariage célébré en 1785 entre Johanna Henriette Trosiener, âgée alors de 19 ans, et de Henri Floris Schopenhauer qui en a 38. Avant même sa naissance, ce dernier veut en faire un commerçant, tout comme lui, du fait de l’aisance et de la liberté que la carrière commerciale procure, ainsi que l’exercice qu'elle donne à toutes les facultés intellectuelles. Souhaitant aussi, fort intelligemment, en faire un citoyen du monde, il le prénomme Arthur, ce prénom étant, à quelques nuances près, le même dans toutes les grandes langues européennes. imagesCA53JYTO-copie-1Maison natale à Dantzig220px-Gdansk Schopenhauer House Dantzig

     
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Dantzig, ul. Św. Ducha (anciennement Heiligegeistgasse) – Maison natale d'Arthur Schopenhauer
     
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Portrait de jeunesse de Schopenhauer.

220px-ArthurSchopenhauer Portrait de jeunesseEn 1793, la famille Schopenhauer fuit devant l'occupation prussienne pour s'établir dans la ville libre de Hambourg. Son unique sœur, Adèle,Adele_Schopenhauer_1841.png naît neuf ans après lui, en 1797. La même année, Henri Floris Schopenhauer commence à s’occuper de l’éducation de son fils afin qu'il embrasse une carrière commerciale. Selon lui, deux moyens sont requis pour y parvenir : l’étude des langues et les voyages. Ainsi, en 1797, Arthur (9 ans) passe deux ans au Havre chez un correspondant de son père où il étudie la langue française. De retour à Hambourg, il poursuit ses études commerciales, mais ne manque pas une occasion de suivre son père lors de ses déplacements (Hanovre, Cassel, Weimar, Prague, Dresde, Leipzig, Berlin). À la promesse faite par son père d’un voyage en Europe s’il achève sa formation commerciale, Arthur se détourne de sa passion naissante pour les études littéraires. En effet, il aime lire les poètes et s’applique au latin. Le voyage débute en mai 1803 (Arthur a donc 15 ans) et s’achève au mois de septembre 1804. Il séjourne ensuite à Londres (suffisamment longtemps pour apprendre à parler l’anglais couramment), à Paris, dans le Midi de la France, à Lyon, en Savoie, en Suisse, puis finalement en Bavière et en Autriche. 220px-Arthur Schopenhauer Portrait by Ludwig Sigismund Ruhl

De retour de voyage il devient employé commercial. Son travail lui répugne et l'engagement qu'il a pris vis-à-vis de son père le ronge. Mais son père meurt quelque temps après, le 20 avril 1806, en tombant ou en se jetant (suicide ?) d’un grenier dans le canal situé derrière la maison. À la suite de ce funeste événement, Johanna Schopenhauer, sa mère, vend le fonds de commerce et s'installe à Weimar pour se livrer à ses activités littéraires. Elle tient chez elle un salon auquel Goethe assiste régulièrement. Elle devient une romancière à succès. Quant à Arthur, il entreprend enfin des études classiques au Gymnasium (Lycée) de Gotha, puis à Weimar chez sa mère, où il rencontre Goethe pour la toute première fois. Ainsi, Schopenhauer devient un étudiant original mais déterminé, nourri des poètes grecs et latins.

 

Après ses études classiques qui l’ont familiarisé avec l’Antiquité, il s’inscrit en 1809 à l’université de Göttingen où il rencontre Heinrich Reiss. Il a alors 21 ans. Parmi ses professeurs, il compte le philosophe Schulze, antidogmatique (contesté par Jonathan Amronson), qui craint de voir dégénérer l’idéalisme transcendantal en idéalisme absolu. Ce premier directeur philosophique lui conseilla d’étudier d’abord Kant, et Platon et d’y joindre ensuite Aristote et Spinoza, ce qui constituait, pour lui, les références du travail philosophique.

 

Il achève sa carrière d'étudiant à Berlin, université dans laquelle il passe trois semestres (de 1811 à 1813). Ce qui le pousse à rester dans cette ville est son désir d’entendre Fichte pour qui il conçoit une admiration a priori, laquelle ne résiste pas à l’épreuve. Ce qui l'a éloigné de Fichte et de sa philosophie, c'est le dogmatisme du fond et le caractère trop « oratoire » de la forme. Le cours de Schleiermacher sur l’histoire de la philosophie au Moyen Âge le laisse relativement indifférent. Mais il se passionne pour les leçons de Boeckh sur Platon, et plus encore pour celles de Wolf (à ne pas confondre avec Christian von Wolff le célèbre Leibnizien) sur Aristophane, et sur Horace, grand poète latin qui devient un de ses auteurs favoris, avec Pétrarque. Sa formation initiale s’achève en 1813. Arthur Schopenhauer a vingt-cinq ans. Il quitte Berlin pour commencer à s’occuper de sa thèse de doctorat, son premier ouvrage important. schopen

 

En 1813, il soutient donc sa grande thèse dont le titre exact est De la Quadruple Racine du principe de raison suffisante à l'université d'Iéna. La même année, il retrouve Goethe, à Weimar, avec qui il discute des écrits sur la manifestation des couleurs, dont il tirera une théorie. Il rédige, en 1815, son propre essai sur ce thème, Sur la vue et les couleurs, édité en 1816. Il découvre ces années-là la philosophie hindoue, grâce à l'orientaliste Friedrich Majer et la lecture des Upanishads. En 1814, il se brouille avec sa mère et emménage seul à Dresde.

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De 1814 à 1818, il rédige sa grande œuvre Le Monde comme Volonté et comme Représentation qu'il confie à la fin du mois de septembre à son éditeur Brockhaus et quitte Dresde pour un long voyage en Italie. Au début de 1819, paraît Le Monde comme Volonté et comme représentation (puis 2e édition en 1844, et 3e en 1859) où il dépasse l'impossibilité kantienne d'accéder à une connaissance de la chose en soi, de voir au-delà du monde phénoménal. Les deux premières éditions sont, hélas, des échecs éditoriaux. En août, quand il apprend la faillite de la société dans laquelle il a placé son héritage, il rentre précipitamment en Allemagne, et en octobre, pour soulager sa gêne financière, il devient chargé de cours à l'Université de Berlin où enseigne le philosophe Hegel, qu'il critiquera vigoureusement dans ses ouvrages, philosophe qui occupe alors toute l'attention philosophique dans l'Allemagne du XIXe siècle (il choisit d'ailleurs de faire cours à la même heure que Hegel). Il démissionne au bout de six mois, faute d'étudiants. Il en profite pour voyager et part de nouveau pour l'Italie. ff

           Schopenhauer et Hegel 
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Il fait une dépression en 1823. En 1825, il arrive à vivre de ses rentes, retourne à Berlin et tente de relancer sa carrière universitaire. Il quitte cette ville en 1831 pour Francfort, puis Mannheim. Il retourne à Francfort en 1833. Il est récompensé en 1839 par la Société royale des sciences de Norvège pour son mémoire Sur la liberté de la volonté humaine, qu'il joint à son essai Sur le Fondement de la morale pour les publier sous le nom de Les Deux Problèmes fondamentaux de l'éthique en 1841. Il publie Parerga et Paralipomena en 1851. C'est seulement vers la fin de sa vie que l'importance considérable de son œuvre est enfin reconnue, et que l'attention des philosophes se détourne presque entièrement de la philosophie hégélienne. 3381260-schopenhauer-heros-de-roman

Arthur Schopenhauer, de constitution robuste, voit sa santé commencer à se détériorer en 1860. Il décède d'une crise cardiaque, à la suite d'une pneumonie, en septembre 1860 à l'âge de soixante-douze ans, à Francfort-sur-le-Main, où il est enterré (voir photo). Son chien, un caniche du nom d'Atma, est son seul héritier. Grabstein Schopenhauer à Francfort

    Tombe de Schopenhauer à Francfort

Situation de sa philosophie

Sources

Selon ses propres dires, la philosophie de Schopenhauer est principalement inspirée de celles de Platon, d'Emmanuel Kant et des textes sacrés indiens (dont le védanta) que l'Europe venait de découvrir grâce aux traductions d'Anquetil-Duperron.

« Les écrits de Kant, tout autant que les livres sacrés des Hindous et de Platon, ont été, après le spectacle vivant de la nature, mes plus précieux inspirateurs. »1

 

Sa philosophie a également une très forte convergence de points de vue avec la philosophie bouddhiste si bien qu'on l'a considéré, parfois, au dix-neuvième siècle comme un « philosophe bouddhiste », bien que le bouddhisme ne fût pas encore véritablement connu en Europe avant les ouvrages et les traductions d’Eugène Burnouf en 1844 et donc seulement bien après l'apparition de l'œuvre maîtresse de Schopenhauer, Le Monde comme volonté et comme représentation.

Position

 

Arthur Schopenhauer se réfère à Platon, se place en unique héritier légitime de Kant, et il se démarque surtout ouvertement des post-kantiens de son époque : en effet, dès que l'occasion se présente, il critique férocement non seulement les personnalités – de façon souvent « comique » par l'outrance de ses imprécations et de ses « insultes » – mais aussi et surtout les idées de Fichte, Hegel et Schelling, philosophes qu’il exclut non seulement de la filiation de la philosophie kantienne en arguant de leur incompréhension de celle-ci mais aussi, parfois, purement et simplement, de la philosophie. Ainsi, par exemple, le ressort essentiel de sa critique de Hegel réside notamment dans un désaccord total sur la nature de la raison et aussi sur le refus argumenté de faire de la Raison le substitut d'un Dieu, toute conception de Dieu étant définitivement exclue de toute conception métaphysique de ce qui fait "l'essence intime de l'être et du Monde". imagesdf

 

Il est à noter aussi qu'il préfère la première version de la Critique de la raison pure car il réprouve, entre autres, le « théisme » dont Kant aurait fait preuve lors de ses corrections postérieures à la première édition, sans doute suite à des pressions professorales inconscientes, reflets d'un État soucieux de ne pas remettre en cause l'ordre historique.

 

« Mais que personne ne se figure connaître la Critique de la raison pure, ni avoir une idée claire de la doctrine de Kant, s'il n'a lu la Critique que dans la seconde édition ou dans les suivantes ; cela est absolument impossible, car il n’a lu qu’un texte tronqué, corrompu, dans une certaine mesure apocryphe »

I
Influences

 

La philosophie de Schopenhauer a eu une influence importante sur de très nombreux écrivains, philosophes ou artistes majeurs du XIXe siècle et du XXe siècle : Gustave Flaubert, Octave Mirbeau, Guy de Maupassant, Friedrich Nietzsche, Richard Wagner, Léon Tolstoï, Sigmund Freud, Joaquim Maria Machado de Assis, Émile Zola, Pio Baroja, Joris-Karl Huysmans, de manière générale le décadentisme, Marcel Proust, Thomas Mann, Hermann Hesse, Fiodor Dostoïevski, Jean-Marie Guyau, Henri Bergson, Ludwig Wittgenstein, André Gide, Emil Cioran, Samuel Beckett ainsi que de nos jours Clément Rosset ou plus récemment les frères Wachowski qui avouent s'être directement inspirés du philosophe pour leur trilogie Matrix. Sa vision d'un monde absurde (dénué de sens) préfigure également partiellement l'existentialisme.

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La notion d'inconscient est présente dans son œuvre et sa théorie de la folie engendrée par le trouble de la mémoire est globalement conforme à la théorie freudienne. La lecture du Monde comme Volonté et comme Représentation a suscité l'intérêt de Nietzsche pour la philosophie. Bien qu'il méprisât particulièrement les idées de Schopenhauer sur la compassion - en qui il vit de plus en plus une incarnation majeure de ce qu'il appelle le "nihilisme passif" - Nietzsche affirmait que Schopenhauer était l'un des rares penseurs qu'il respectait, et il lui consacra son essai "Schopenhauer als Erzieher" (Schopenhauer éducateur, 1874), une de ses quatre Considérations inactuelles.

 

Les réflexions de Schopenhauer sur le langage mais aussi sur l'éthique ont été une influence majeure pour Ludwig Wittgenstein.

     

On peut considérer le concept de Volonté comme ressemblant assez étroitement à des exemples classiques du monisme, tels que ceux proposés par les Upanishads et la philosophie Vedanta. Schopenhauer a également développé des réflexions partiellement en accord profond avec la théorie de l'évolution, avant même que Darwin ne publie ses travaux. Par exemple, l'idée que toute vie cherche essentiellement à se préserver et à engendrer une nouvelle vie, et aussi celle que les facultés mentales ne sont que des outils subordonnés à cette "fin". Cependant, contrairement à Darwin, Schopenhauer considérait les espèces comme étant fixes. Son intérêt pour la philosophie orientale a apporté de nouvelles idées en Occident. Son respect pour les droits des animaux - y compris son opposition véhémente à la vivisection - a conduit de nombreux militants modernes des droits des animaux à le redécouvrir.

Présentation de sa philosophie

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Portrait (1815)
Critique de la philosophie universitaire

Dans sa célèbre préface de la "Philosophie du droit" de 1820, Schopenhauer précise que "La philosophie n'est plus comme chez les Grecs exercée comme un art privé, elle a une existence officielle qui concerne donc le public, elle est principalement ou exclusivement au service de l’État". Dans son petit livre "Contre la philosophie universitaire" ou "Parerga et Paralipomena", paru en 1851, Schopenhauer s'insurge une nouvelle fois contre l'enseignement de la philosophie tel qu'il est alors pratiqué et surtout contre sa récupération par l’État. On peut citer ce passage éloquent qui met en garde la jeunesse intellectuelle face au danger de croire scientifique et fondée une discipline qui ne l'est pas du tout " L'innocente jeunesse se rend à l'Université pleine d'une confiance naïve, et considère avec respect les prétendus possesseurs de tout savoir, et surtout le scrutateur présomptif de notre existence, l'homme dont elle entend proclamer avec enthousiasme la gloire par mille bouches et aux leçons duquel elle voit assister des hommes d’État chargés d'années. Elle se rend donc là, prête à apprendre, à croire et à adorer. Si maintenant on lui présente, sous le nom de philosophie, un amas d'idées à rebours, une doctrine de l'identité de l'être et du non-être, un assemblage de mots qui empêche tout cerveau sain de penser, un galimatias qui rappelle un asile d'aliénés, le tout chamarré par surcroît de traits d'une épaisse ignorance et d'une colossale inintelligence, alors l'innocente jeunesse dépourvue de jugement sera pleine de respect aussi pour un pareil fatras, s'imaginera que la philosophie consiste en un abracadabra de ce genre, et elle s'en ira avec un cerveau paralysé où les mots désormais passeront pour des idées, elle se trouvera donc à jamais dans l'impossibilité d'émettre des idées véritables, et son esprit sera châtré."

Le monde en tant que représentation et d'après le principe de raison

 

Pour Arthur Schopenhauer, le monde, - ou encore, l'Univers -, est à envisager, d'abord, comme étant une représentation (Vorstellung, la traduction la plus exacte serait « présentation », ce qui se présente devant) du sujet connaissant, et, toute « représentation » suppose une division originaire et donc une distinction entre un « sujet » et un « objet » : le sujet est ce qui connaît (c'est-à-dire, ce pour qui et par qui, il y a représentation de quelque chose et donc aussi, du connu ) et qui, par ce fait ou pour cette raison même, ne peut lui-même être connu. Le "sujet connaissant" ne se connait donc pas réflexivement comme tel; il ne se connait que comme volonté qui, elle, parce qu'elle est aussi fondamentalement étrangère à toute auto-réflexion ne peut se connaître qu'à travers ce qu'elle produit comme son autre, à savoir le "sujet connaissant". "Sujet connaissant" et Volonté constituent donc une sorte de "dyade" qui n'existe véritablement que dans leur différence et dans leur altérité conflictuelle mais néanmoins complémentaire. Les termes de "sujet" et d'"objet" ne sont donc en rien des "absolus" qui pourraient exister et être conçus en dehors de leur corrélation. C'est pourquoi il est utile de parler de "division originaire"; cependant, au sein de cette dyade volonté et intellect (ou "sujet connaissant") ne jouent pas un rôle équivalent et "symétrique". Pour Schopenhauer en effet, c'est la Volonté qui, pour une cause ou une raison contingente et totalement impénétrable au "sujet connaissant", se fait elle-même "sujet connaissant" et c'est pourquoi la Volonté, même si tout ce qui est connu en manifeste la nature ou l'essence, ne peut jamais être intégralement connue. Le "sujet connaissant" ne se connait donc pas intégralement comme connaissant parce qu'il est une expression de la Volonté qui se révèle, tout en restant obscure à elle-même, dans ce qui la manifeste à savoir le "sujet connaissant" ou, pour être simple, la lumière de l'intellect humain. Il est à noter que ce « sujet connaissant » ne peut pas être pensé sous la notion de néant d'être qui, chez des philosophes postérieurs comme Martin Heidegger ou Jean-Paul Sartre sera un concept utilisé pour déterminer davantage l'identité ontologique de ce « sujet » car, pour Heidegger, le da-sein ("être-ici", ce que « par simple commodité », on appelle ici, le « sujet ») se tient toujours déjà dans une ouverture préalable à l'Être, et non à la Volonté qu'il est (selon Schopenhauer) ; (au contraire donc de ce qu'il sera pour Heidegger ou encore pour Sartre) le « néant », chez Schopenhauer, n'est pas envisagé comme la condition de possibilité d'un rapport à un être absolument différent (« différant ») de soi et par excellence à la Volonté qui est, selon Arthur Schopenhauer proprement: le Soi en soi autre que soi de tout sujet connaissant :

« Ce qui connaît tout le reste, sans être soi-même connu, c'est le sujet. Le sujet est, par suite, le substratum du monde, la condition invariable, toujours sous-entendue, de tout phénomène, de tout objet ; car tout ce qui existe, existe seulement pour le sujet. Ce sujet, chacun le trouve en soi, en tant du moins qu'il connaît, non en tant qu'il est objet de connaissance. » schopenhauer-un-cours-particulier-de-luc-ferry

Le Monde comme volonté et comme représentation, § 2.

C'est par une telle « division » originaire du sujet et de l'objet que l'intuition ou la perception d'un objet quelconque est rendue possible comme une intuition dans le temps et dans l'espace (conçus comme des « formes de la sensibilité ») conformément au principe de raison qui est, pour Schopenhauer, le seul véritable principe fondamental a priori qui rend ainsi possible toute science et toute connaissance « objective » ; la philosophie étant, quant à elle, la réflexion par l'Intellect de cette apparition à la conscience intuitive et réflexive de ce principe, source de toute la vérité qu'une représentation quelconque peut avoir, par et pour un sujet. Il est à noter ici que, selon Schopenhauer, la réflexion explicite sur le principe de raison suffisante de toute vérité n'est pas indispensable à la science. Celle-ci, en général, ignore, à la différence de la philosophie, la réflexion sur ce principe mais, par une nécessité inévitable, elle l'utilise et le tient « quasi-aveuglément » pour une évidence :

« Le monde est ma représentation. — Cette proposition est une vérité pour tout être vivant et pensant, bien que, chez l'homme seul, elle arrive à se transformer en connaissance abstraite et réfléchie. Dès qu'il est capable de l'amener à cet état, on peut dire que l'esprit philosophique est né en lui. » schopenhauer

Le Monde comme volonté et comme représentation § 1.

Schopenhauer divise l'analyse de la représentation en deux parties, dont il précise également les liens, dans une théorie de la connaissance assez nettement « empiriste », mais cet empirisme est cependant fortement nuancé par l'a-priorité de certaines conditions de la « connaissance ». Il étudie d'abord « les représentations intuitives » ; celles-ci sont « données » mais cependant « construites » dans l'espace et le temps, en tant que l'espace et le temps sont des formes a priori de la sensibilité ; ces représentations intuitives (les sensations ou même « les affections » (par exemple: le plaisir et la douleur, la joie et la tristesse) sont inscrites par l'intellect dans des rapports réglés de « causalité » (causalité qui n'est qu'une des quatre formes du principe de raison), et, dans un deuxième temps, Schopenhauer étudie « les représentations abstraites », (les concepts) qui eux, sont les produits de l'activité de la pensée, l'intellect (la « raison ») mais il est préférable d'utiliser le terme d'Intellect pour parler bien plus proprement le lexique de Schopenhauer (car, pour lui, l'intellect et la raison doivent absolument être bien distingués) et ces concepts dépendent toujours, dans leur contenu, de l'expérience.

Il est très important pour bien comprendre Schopenhauer de ne pas se laisser complètement aveugler par sa revendication réitérée d'être l'unique et l'authentique héritier de la philosophie de Kant. En réalité, sa pensée propre est tout aussi profondément marquée par l'influence des trois grands philosophes « empiristes » britanniques (de J. Locke, Berkeley et de Hume), mais, assez étrangement, il ne semble pas en avoir toujours eu pleine conscience. La preuve semble en être donnée par les quelques indices suivants : Pour lui « a priori » signifie bien plus souvent « inné » que "transcendantal" au sens proprement kantien et il est également très significatif qu'il n'utilise que très rarement la notion de « catégorie » qui, pour Kant, renvoie aux « concepts purs de l'entendement » c'est-à-dire, aux concepts qui sont les produits de l'activité spontanément synthétique de la pensée sans qu'ils puissent aucunement être ramené (ou réduit) à des « idées » abstraites des sensations. Donc, pour Schopenhauer, la distinction des « représentations intuitives » et des « représentations abstraites » est très proche de la distinction opérée par Hume entre les « impressions » et les « impressions de réflexion » ou « idées » et, comme la plupart des grands philosophes empiristes anglo-saxons du dix-huitième siècle, Schopenhauer manifeste une défiance évidente pour l'abstraction qui, très souvent, est, selon lui, la porte ouverte au psittacisme et à la pensée vide et creuse.

L'intuition
Pour le sujet qui a une représentation, temps et espace sont indissolublement liés (il n'y a pas de temps sans espace, et réciproquement), et ces deux formes de l'intuition sensible permettent de comprendre l'existence de la matière, matière pensée non en tant que substance, mais surtout, en tant qu'activité : la réalité empirique ou matérielle est donc cette activité dont nous avons l'intuition des effets (Wirklichkeit, réalité, de wirken, agir, avoir de l'effet) et cette matière agissante épuise toute la réalité empirique ou "phénoménale" : autrement dit, pour Schopenhauer, dire cela, implique qu'il n'y a pas à chercher de « vérité » de la représentation en dehors de la représentation: en la considérant en tant que telle et d'après la forme a priori fondamentale de l'entendement (principe de raison ou causalité) la réalité empirique est telle qu'elle se donne, et nous la connaissons entièrement et uniquement d'après cette forme : l'objet est la forme de la représentation. La représentation n'est donc pas qu'une apparence, elle s'inscrit dans le cadre de la réalité. Mais, bien qu'elle ne soit pas qu'une apparence, la réalité de la représentation ne se distingue du rêve que par sa durée et par les interruptions que nous remarquons de ce rêve lors de notre réveil (cependant, la naissance et la mort peuvent être rapprochées de ces interruptions brutales). Selon l'image de Schopenhauer, la vie éveillée est un livre que l'on lit page par page, le rêve est ce même livre dont on ne feuillette que quelques pages. cv-copie-1

 

La connaissance de la représentation passe, dans cette théorie, exclusivement par la sensibilité, dans le temps et l'espace, et cette connaissance est construite par l'entendement qui apprend à rapporter chaque effet à une cause (lorsque cette construction est prise en défaut et quand, par exemple, nous rapportons une cause habituelle à un effet qui peut, parfois, avoir une autre cause, alors se produit l'illusion ou bien l’erreur). La causalité (qui est la forme principale mais qui n'est néanmoins qu'une forme particulière du principe de raison) est ainsi appliquée par Schopenhauer à la représentation d'un sujet, et non (ce qui est très important) à la relation du sujet et de l'objet, puisque cette dernière relation est toujours déjà supposée par cette forme a priori qu'est le principe de raison. Cela exclut donc que le sujet soit lui-même un effet de l'objet ou bien aussi, à l'inverse, que l'objet soit un effet d'un sujet (cette dernière phrase explique pourquoi, il est assez peu pertinent car trop simpliste en fin de compte, de vouloir faire rentrer à toute force la philosophie de Schopenhauer sous l'une de ces deux étiquettes opposées que sont l'« idéalisme » ou le « matérialisme »).

Pour Schopenhauer, nous apprenons donc bien à voir, à toucher, et nous apprenons aussi, par exemple, à connaître notre corps : notre représentation commence par se développer en suivant le principe de causalité, ce qui n'est pas, pour Schopenhauer, un privilège de l'être humain, mais cela caractérise, au contraire, toute « l'animalité ». C'est uniquement en s'élevant aux concepts de la raison, c'est-à-dire « aux savoirs » qui organisent les représentations par l'intermédiaire de la raison, que l'homme se distingue des autres animaux et leur est intellectuellement ou « cognitivement » supérieur. Cependant, seule l'intuition (et une intuition particulière, très difficile à définir, une « vie propre » de la réalité, en quelque sorte "une vue exacte des phénomènes") est capable de « supprimer » toute notion de temps et d'espace et aussi, toutes les oppositions conceptuelles « factices ». C'est d'ailleurs la possibilité de la mise en œuvre de cette intuition qui caractérise toutes les « œuvres » du génie proprement humain.

La raison

Par l'usage de la raison, l'homme parvient donc à constituer une science, c'est-à-dire un système organisé de concepts qu'il est possible de communiquer par le langage. La raison humaine est ainsi cette faculté qui nous permet de produire des concepts. Mais, elle n'a pas pour autant la supériorité absolue sur l'intuition sensible. En effet :

- d'une part, la science est impossible sans l'expérience (pour ce qui concerne les sciences a posteriori qui procèdent toujours par induction et qui doivent donc procéder à des expériences qui, elles-mêmes, supposent des hypothèses) ; en ce sens là, la raison n'apporte rien de « décisif » à l'intuition, elle est seulement le pouvoir de produire une représentation de représentation ( définition de ce qu'est un concept) ; mais, de ce fait, il est faux, pour Schopenhauer, de dire que la raison nous amène, contrairement à l'intuition, à une plus grande « certitude » grâce aux raisonnements sur des concepts : tout concept n'est en effet « certain » que dans la mesure où il rejoint, d'une manière ou d'une autre, l'expérience intuitive ;

- d'autre part, l'intuition est, en elle-même, une forme de connaissance (bien que très limitée en extension si on la compare à la raison, car la raison nous permet, elle, de prévoir, de construire des machines complexes, d'organiser les choses et d'agir en commun, etc.) qui se trouve être plus précise que la science dans certains cas, comme l'art, l'action, et même les mathématiques dont la vérité peut-être saisie de manière évidente grâce aux formes a priori de l'espace et du temps (cette intuition « géométrique » étant alors bien supérieure aux laborieuses démonstrations qui certes prouvent et montrent le comment, mais n'expliquent pas le pourquoi). Ainsi, pour Schopenhauer, l'application de la raison à l'art ne revient, le plus souvent, qu'à plaquer des généralités sur un domaine fait de nuances innombrables.

Il est aussi à noter que cette distinction de l'intuition et de la raison est ce qui permet à Schopenhauer d'esquisser une théorie originale du rire et de quelques caractéristiques, spécifiques aux êtres humains, telles que le sont la sottise, la niaiserie, etc. En considérant les dysfonctionnements qui peuvent se rencontrer dans les relations de l'entendement intuitif et de la raison (ainsi, l'application de la raison à l'art fait-elle partie de « la pédanterie comique », catégorie dans laquelle Schopenhauer fait aussi entrer la morale kantienne qui fonctionne par préceptes généraux sans tenir compte du "caractère" des individus) :

  • le rire est provoqué soit par la confusion volontaire de plusieurs objets sous un même concept (ce qui relève de l'esprit) ou soit par la confusion involontaire de deux concepts pour une même chose (bouffonnerie) ;
  • la niaiserie est la difficulté pour la raison de distinguer les différences ou les ressemblances dans l'intuition.

Enfin, cette conception de la raison implique la possibilité de l'erreur dont l'étendue est considérable (l'erreur peut ainsi régner pendant des siècles sur des peuples entiers), contrairement à l'intuition qui nous offre, elle, mis à part quelques cas d'illusions, l'évidence de la représentation de l'objet : l'erreur, comme dans le cas de l'illusion, est une généralisation hâtive de l'effet à la cause, là où il faudrait procéder par une induction plus prudente.

Cette analyse de la représentation au point de vue de la connaissance (de la causalité) étant faite, Schopenhauer va proposer une autre analyse; celle non plus de la représentation mais de la Volonté. La « face interne » et le plus souvent imperceptible de la représentation est, en effet, selon lui, la Volonté, grâce à l'intuition de laquelle nous avons une connaissance aussi immédiate que possible de la réalité : certes « le monde est ma représentation », mais il est aussi surtout, et bien plus fondamentalement, un "subit" par ma volonté de « La Volonté ». Cette idée d'une « face interne » sera ensuite reprise littéralement par Nietzsche, mais elle sera appuyée sur d'autres bases, puisque Nietzsche refusera de supposer une unicité de la Volonté au-delà de la multiplicité inhérente de la représentation et il refusera aussi de placer l'activité essentielle de l'homme en tant que Volonté au-delà de l'expérience phénoménale.

La Volonté, principe fondamental

La chose en soi n'est pas, pour Schopenhauer une chose inconnaissable : certes l'idée même d'une telle connaissance demeure logiquement contradictoire, car cette idée d'une connaissance de la « chose en soi » signifierait une connaissance indépendante des conditions mêmes de toute connaissance, autrement dit du principe de raison. Mais malgré cette contradiction inhérente à l'idée d'une connaissance « objective » de la chose en soi, Arthur Schopenhauer voit dans l'intuition de la Volonté l'expression la plus immédiate de la chose en soi, car le sujet qui « connaît » est lui aussi, partiellement au moins, « un objet de connaissance » (quoiqu'il ne puisse jamais, à strictement parler, se connaître lui-même comme connaissant, d'un point de vue « objectif »).

Par l'intuition de la Volonté, nous avons donc l'intuition d'un « phénomène » éternel et inconditionné qui pourtant s'inscrit dans le temps, et c'est cette « incorporation phénoménale » qui nous permet d'entrevoir la forme la plus pure que nous puissions concevoir de la chose en soi : La Volonté, c'est-à-dire la volonté de vivre « dans » le sujet et dont chaque "chose" de ce monde est aussi une expression selon le principe de raison.

Schopenhauer rejette à la fois « la philosophie de l'objet » (en particulier le matérialisme qu'il analyse longuement, pour en montrer les contradictions) et « la philosophie du sujet » (c'est-à-dire une conception de l'idéalisme), c'est-à-dire aussi toutes les philosophies qui reposent sur l'idée que le « sujet » serait la condition inconditionnée de l'existence de la Réalité ou de la Chose.}}(Par cette phrase, il faut comprendre que « sujet » et « objet » sont certes des « corrélats » indissociables mais que, concevoir la Réalité, ou la « chose en soi » comme n'étant qu'un « objet » c'est-à-dire encore un « phénomène » ou une « représentation » c'est n'en avoir qu'une perception très superficielle)

Du corps à la volonté
La Volonté vient, de cette manière, se loger là où les explications scientifiques ne peuvent et ne pourront jamais parvenir, car confrontées à la chose en soi, ces explications sont inévitablement déficientes : L'existence du monde échappe, en effet, fondamentalement, à la causalité, et la science ne peut plus alors que déceler des qualités a priori et occultes (la gravité de Newton par exemple).

Or, pour atteindre le secret de cette « conception » (il serait plus pertinent de dire de l' « intuition de l'être intime du monde »), Arthur Schopenhauer réhabilite l'expérience radicalement singulière du « corps propre » (« corps propre» à distinguer de ce qui peut en être connu objectivement), cette expérience que nous ne pouvons en aucun cas nier, et dont il avait d'abord fait abstraction pour pouvoir exposer plus « pédagogiquement » sa théorie de la représentation dans les premières pages du « Monde comme Volonté et comme Représentation ».

Le corps en ce qu'il a d'irréductiblement « intraduisible » par les concepts et le langage est ainsi, selon lui, l'expérience la plus immédiate que nous pouvons avoir, et cette expérience est en liaison directe avec l'expression de la Volonté.
La volonté et les idées
La Volonté est Une, mais d'une unité sans relation au multiple et surtout, au nombre. Elle est immuable et éternelle (Elle ne fait pas partie intégrante de l'espace-temps). N'étant pas en soi déterminée par le principe de raison, elle est sans raison (grundlos), c'est-à-dire inconditionnée et aveugle : Elle ne peut donc faire l'objet d'aucune science ; le « savoir » relatif à cette Volonté c'est proprement, la philosophie, (voir plus haut), et cette Volonté est « connaissable » uniquement par une intuition « introspective » du « sujet » par laquelle ce « sujet », dans le moment même de la saisie de son essence, « rentre » et « sort » de soi, car son « intimité » la plus radicale et singulière est absolument irréductible à ce que l'on a coutume d'appeler « l'individualité » ou la « personnalité subjective » : le « fait » que la représentation de Soi devienne réfléchie, qu'elle adopte une position de réflexion « méditante » sur elle-même, peut conduire à entrevoir "une intuition du fait d'être" de la Volonté, de la réalité, et cette intuition est « une intuition sans concept » à laquelle les plus grands artistes, quel que soit leur domaine d'expression, ont, presque toujours, essayer de donner « forme et figure » .
L'individuation schopenhauer and hegel
Schopenhauer explique l'individuation phénoménale (l'existence spatio-temporelle) de deux points de vue complémentaires. D'une part, l'individuation se produit par la subordination d'êtres de degré inférieur de l'existence à des êtres au degré supérieur de complexité, autrement dit encore, des éléments "physico-chimiques" sont intégrés à des degrés d'organisation plus complexes ; d'autre part, l'individuation suppose la réalisation d'une Idée, autrement dit d'un principe "téléologique" qui, de notre point de vue fini et phénoménal, se répète inlassablement (le même effet suit la même cause aujourd'hui comme il y a deux mille ans) et l'individu, s'il réussit à ne pas prendre conscience de lui-même comme "phénomène", alors, demeure éternel et n'est en rien affecté par les manifestations phénoménales de la Volonté, aussi nombreuses et diverses soient-elles.

L'intuition échappe à La relation de cause à effet et l'intuition, elle, saisit l'instant dans son éternité.

Cette théorie est assez inspirée des théories de Platon (Idées-lois du devenir) et d'Aristote (engagement de la forme dans la matière).

L'individuation est une expression de la Volonté,une expression toujours déterminée et "localisée en un point et en un temps particuliers; l'individu, de ce fait, et contrairement à la Volonté, n'est pas nécessairement, dans la conscience ou représentation qu'il a de lui-même, qu' une expression aveugle de la Volonté : en l'homme, par exemple, la Volonté se présentant d'une manière déterminée comme une volonté, peut se manifester apparemment d'une manière rationnelle (autrement dit, en suivant une causalité qui peut toujours sembler intelligible) et c'est cela qui peut expliquer « l'illusion du libre-arbitre » car les individus croient pouvoir se déterminer eux-mêmes à être ce qu'ils veulent, alors que le fait d'être telle volonté déterminée demeure un "fait brut" ou, plus précisément, un processus sur lequel ils n'ont un pouvoir d'agir que très réduit. Les individus croient pouvoir disposer d'un libre arbitre, mais, en réalité ils agissent toujours selon un processus qui est déterminé par la Volonté qui est au plus profond d'eux-mêmes et, ce processus, n'est que représenté par le principe de raison qui est la loi de leur intellect; ainsi chacun des choix que les individus pourront faire sera donc toujours guidé par une forme particulière qu'adopte la Volonté et cette forme particulière ne résulte, elle, que rarement du choix que les individus se représentent pour s'expliquer intellectuellement leur conduite.

Autrement dit, le choix dans un ordre phénoménal toujours préétabli ne peut exister qu'en apparence.
Le renoncement ou l'émotion esthétique peuvent, toutefois, nous permettre de nous détacher de la Volonté en nous donnant l'occasion de ne plus adhérer à cette apparence de l'intellect (point qui sera examiné dans une prochaine section).

 

La lutte pour la domination

L'individuation, notamment parce qu'elle comprend "un processus de subordination", fonde une compréhension du Monde dans lequel la volonté s'assume elle-même. La Volonté se trouve, en effet, confrontée à elle-même par l'intermédiaire des unités individuelles, tout en étant toujours une. Cette confrontation permanente est le monde dans lequel nous vivons. Nous autres humains sommes, en effet, en perpétuelle lutte les uns contre les autres, et nous sommes aussi en perpétuelle lutte contre ce qui exprime la Volonté par une espèce vivante autre que la nôtre. C'est cette "lutte pour la vie" qui engendre la souffrance qui ne cesse que momentanément, pour laisser, parfois, la place à l'ennui.

Il est important pour aborder la philosophie de Schopenhauer de bien distinguer le terme Volonté, qui désigne le concept central de la philosophie, de la volonté dont nous pouvons parler tous les jours pour les actions à entreprendre. Le champ de la Volonté schopenhauerienne ne se limite pas au vivant, mais englobe tous les étants qui peuvent avoir lieu dans l'univers.

La Volonté et le temps

Il a souvent été attribué à Schopenhauer l'adoption d'un concept cyclique du temps, mais ce n'est pas tout à fait exact. Il souscrit totalement à la palingénésie, et il rejette la métempsycose censée être une explication des réincarnations (l'« étant individuel » ne se réincarne pas, et l'instant ne se répète ou réitère pas au sens propre). Il est probable que ce relatif flou conceptuel soit surtout dû au principe de l'Éternel retour qui sera développé bien davantage par son disciple « infidèle » Friedrich Nietzsche, et aussi à la sympathie de Schopenhauer pour le bouddhisme, et aussi à une métaphore du § 54 du Monde comme Volonté et comme Représentation (MVR). Celle-ci présente l'instant comme "le point de contact d'une tangente et d'un cercle qui tourne", mais Schopenhauer dit alors cela dans l'objectif de montrer que le présent n'est qu'un "point immobile", comme l'est un couteau que l'on aiguise sur une meule de pierre. L'infinité du temps selon Schopenhauer est mieux exprimée par la métaphore suivante : « Le temps ressemble […] à un instant irrésistible, et le présent à un écueil, contre lequel le flot se brise, mais sans l'emporter». le-point-hors-serie-n-15-nietzsche-schopenhauer-les-textes-

De plus, l'idée - très fréquente chez Schopenhauer - que les choses se renouvellent et se répètent toujours identiques à elles-mêmes, comme les événements de l'histoire, contribue à entretenir cette idée de temps cyclique. En réalité, cette répétition dans la continuité ne provient pas tant de l'adoption d'un concept cyclique du temps par le philosophe, mais bien plutôt de l'aspect itératif de la manifestation de la Volonté, qui se trouve toujours et éternellement confrontée à la durée de ses "objectivations" en perpétuel conflit. Pour Schopenhauer, seul le présent existe : « Avant tout, ce qu'il faut bien comprendre, c'est que la forme propre de la manifestation du vouloir […], c'est l'instant, le présent seul (sans référence au passé et à l'avenir - la notion d'instant est plus appropriée que celle de présent), non l'avenir, ni le passé ; ceux-ci ne doivent pas être appréhendés comme existence mais seulement comme expression de « la Volonté », relativement à une connaissance qui obéit au principe de raison suffisante ». affiche-banner

La Vie

La vie existe par une objectivation de la Volonté, qui par l'individuation, donne les formes vivantes que nous connaissons. Les êtres vivants - productions aveugles de ce processus de spéciation et d'individuation, vivent en permanente lutte les uns contre les autres et ils pâtissent continuellement de la souffrance qu'engendre la vie. La position de Schopenhauer vis-à-vis des théories de l'évolution est assez curieuse, dans la mesure où on y décèle certaines contradictions. Schopenhauer est en effet partisan de la description des phénomènes biologiques que fait Lamarck, mais il n'adhère pas à son hypothèse "transformiste", essentiellement pour des raisons métaphysiques. Comme à son habitude, acerbe et ironique, il met cette « erreur » de Lamarck au compte de l'« état attardé de la métaphysique en France », ce qui sauvegarde, par ailleurs, toute son admiration pour Lamarck. Le problème vient essentiellement, selon lui, du fait de voir individuellement les êtres vivants comme s'ils étaient des choses en soi, alors que la chose en soi est la Volonté de l'existence sans aucune vue sur l'existence individuelle, elle seule et dans son ensemble. Néanmoins, ses textes sont parsemés de remarques en relation étroite avec la théorie de la vie (« les choses se sont passées exactement comme si une connaissance du genre de vie et de ses conditions extérieures avait précédée la mise en place de cette structure » ; « la résidence de la proie a déterminé la figure du poursuivant »). Ceci nous permet de dire, avec Jean Lefranc, que certain de ses textes annoncent le struggle for life du darwinisme. Lors de la publication en 1859, peu avant sa mort, de L'Origine des espèces, Schopenhauer n'y voit qu'une « variation sur la théorie de Lamarck ». Son idée est alors faite depuis longtemps sur le Lamarckisme et il lui est en effet impossible, compte tenu des connaissances de son temps, de s'accorder avec cette nouvelle théorie de l'évolution. À la lumière des hypothèses actuelles, notamment celles de Richard Dawkins et de Cairns-Smith, certaines contradictions apparentes entre le darwinisme et la Volonté schopenhauerienne pourraient paraître être devenues caduques. Schopenhauer n'aurait eu aucune réserve envers des hypothèses comme l'hypothèse affirmant l'unité du vivant et aussi celle défendant la non-distinction essentielle entre la vie et la matière inerte, ce qui les rendrait alors fortement compatibles.

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Buste de Schopenhauer dans le Frankfurter Wallanlagen

 

Le comportement des animaux et des hommes, qui sont les objectivations supérieures de la Volonté dans les strates de l'existence, est entièrement régi par la fuite de la souffrance, qui, comme idiosyncrasie, est perçue, in fine, positivement. Les plaisirs ne sont que des illusions fugaces, des apaisements possibles au creux des désirs et des tracas ininterrompus. Ils n’apparaissent jamais qu’en contraste avec un état de souffrance, et ne constituent pas une donnée réellement positive pour les êtres "en mouvement" et désirant. Le plaisir, toujours fugace, peut constituer tout au plus un repos de l’esprit mais il reste un repos éphémère, puisqu'il est sans cesse troublé par l'apparition de nouveaux désirs, lesquels apparaissent en dehors de toute volonté consciente et réfléchie. Parce que tous les êtres subissent « la volonté » d'un ordre phénoménal supérieur, l'inconscience est la vérité commune de l'expérience de tous les êtres qui constituent le monde, et c'est une vérité psychologique et archétypique de la condition humaine.

L’amour

Dans Le Monde comme volonté et comme représentation, on peut lire, au début du chapitre consacré à la métaphysique de l’amour : « Aucun thème ne peut égaler celui-là en intérêt, parce qu’il concerne le bonheur et le malheur de l’espèce, et par suite se rapporte à tous les autres […] .

« Au lieu de s’étonner, écrit Schopenhauer, qu’un philosophe aussi fasse sien pour une fois ce thème constant de tous les poètes, on devrait plutôt se montrer surpris de ce qu’un objet qui joue généralement un rôle si remarquable dans la vie humaine n’ait pour ainsi dire jamais été jusqu’ici pris en considération par les philosophes. »

L’importance de ce thème se comprend si l’on part de ceci que, pour Schopenhauer, la Volonté constitue le fond des choses. Si le monde est l’objectivation de la Volonté, si par lui, elle parvient à la connaissance de ce qu’elle veut, à savoir ce monde lui-même ou, aussi bien, la vie telle qu’elle s’y réalise, on admettra que volonté et vouloir-vivre sont une seule et même chose.

Or, l’amour est ce par quoi la vie apparaît ici-bas. De la vie, l’expérience nous enseigne qu’elle est essentiellement souffrance, violence, désespoir. Cette misère des êtres vivants, misère que la lucidité nous contraint à reconnaître, ne répond à aucun but : originellement, la Volonté est aveugle, sans repos, sans satisfaction possible.

Certes, la nature poursuit bien, en chaque espèce, un but, qui n’est autre que la conservation de celle-ci. Mais cette conservation, cette perpétuation, ne répond elle-même à aucune fin : chaque génération refera ce qu’a fait la précédente : elle aura faim, se nourrira, se reproduira. « Ainsi va le monde, résume Martial Guéroult, par la faim et par l’amour. La seule chose qui règne, c’est le désir inextinguible de vivre à tout prix, l’amour aveugle de l’existence, sans représentation d’une quelconque finalité.

Ainsi, chez Schopenhauer, l’amour se présente d’abord comme cet élan aveugle qui conduit à perpétuer indéfiniment la souffrance en perpétuant indéfiniment l’espèce. L’acte générateur est le foyer du mal. Dans un entretien avec Challemel-Lacour, en 1859, Schopenhauer dit : « L'amour, c’est l’ennemi. Faites-en, si cela vous convient, un luxe et un passe-temps, traitez-le en artiste ; le Génie de l’espèce est un industriel qui ne veut que produire. Il n’a qu’une pensée, pensée positive et sans poésie, c’est la durée du genre humain. ». Céder à l’amour, c’est développer le malheur, vouer une infinité d’autres êtres à la misère. Ceci explique directement le sentiment de honte et de tristesse qui suit, chez l’espèce humaine, l’acte sexuel. Le thème de l’amour chez Schopenhauer est donc à mettre en rapport avec l’horreur devant la vie : il apparaît d’abord comme un objet d’effroi.

La passion amoureuse et l'inclination sexuelle

La passion amoureuse et l’instinct sexuel, pour Schopenhauer, sont fondamentalement une seule et même chose. À ceux qui sont dominés par cette passion, écrit-il, « Ma conception de l’amour […] apparaîtra trop physique, trop matérielle, si métaphysique et transcendante qu’elle soit au fond ».

À l’opposition classique entre l’esprit et le corps, Schopenhauer substitue une opposition entre l’intellect et la volonté. Or, il faut reconnaître, dans la sexualité, une expression du primat du vouloir-vivre sur l’intellect, primat qui implique que « les pensées nettement conscientes ne sont que la surface», et que nos pensées les plus profondes nous restent en partie obscures, quoiqu’elles soient, en réalité, plus déterminantes, plus fondamentales. Ces pensées profondes sont constituées par la Volonté, et la Volonté, comme vouloir-vivre, donc vouloir-se-reproduire, implique, en son essence, la sexualité.

En affirmant ainsi le caractère obscur pour la conscience des pensées liées à la sexualité, Schopenhauer esquisse une théorie d’un moi non-conscient – même s'il ne s’agit pas encore d’une théorie de l’inconscient, au sens où l’entendra Freud. C’est à partir de ce fond non-conscient, c’est-à-dire à partir de la sexualité, qu’il faut comprendre l’existence, chez l’être humain, de l’intellect : « du point de vue externe et physiologique, les parties génitales sont la racine, la tête le sommet ».

L’instinct sexuel est l’instinct fondamental, « l’appétit des appétits » : par lui, c’est l’espèce qui s’affirme par l’intermédiaire de l’individu, « il est le désir qui constitue l’être même de l’homme ». « L’instinct sexuel, écrit-il encore, est cause de la guerre et but de la paix : il est le fondement d’action sérieuse, objet de plaisanterie, source inépuisable de mot d’esprit, clé de toutes les allusions, explication de tout signe muet, de toute proposition non formulée, de tout regard furtif […] ; c’est que l’affaire principale de tous les hommes se traite en secret et s’enveloppe ostensiblement de la plus grande ignorance possible ». « L’homme est un instinct sexuel qui a pris corps ».] C’est donc à partir de lui qu’il faut comprendre toute passion amoureuse. Tout amour cache, sous ses manifestations, des plus vulgaires aux plus sublimes, le même vouloir vivre, le même génie de l’espèce. f

Pourtant, dira-t-on, n’y a-t-il pas, entre l’instinct sexuel et le sentiment amoureux, une différence essentielle, puisque le premier est susceptible d’être assouvi avec n’importe quel individu, tandis que le second se porte vers un individu en particulier ?

Schopenhauer ne nie aucunement une telle distinction. Il fait même de l’individualisation du choix amoureux l'énigme centrale de la psychologie amoureuse. Le choix des amants est apparemment la caractéristique essentielle de l’amour humain. Cela ne signifie pas, pour autant, qu'on ne peut pas expliquer ce choix par le génie de l’espèce. La préférence individuelle, et même la force de la passion, doivent se comprendre à partir de l’intérêt de l’espèce pour la composition de la génération future. « Toute inclination amoureuse […] n’est […] qu’un instinct sexuel plus nettement déterminé […], plus individualisé ». « Que tel enfant déterminé soit procréé, voilà le but véritable, quoique ignoré des intéressés, de tout roman d’amour ». C’est dans l’acte générateur que se manifeste le plus directement, c’est-à-dire sans intervention de la connaissance, le vouloir-vivre.

Or, l’amour, la reproduction, ne sont que ce par quoi le mal, la misère, sont perpétués dans le monde. La passion amoureuse est ainsi, au centre de la tragédie sans cesse réitérée que constitue l’histoire du monde. La tragédie est d’autant plus grande qu’en procréant, l’individu prend obscurément conscience de sa propre mort : il n’est rien, seule compte l’espèce, et l’espèce n’est faite que d’autres individus qui, comme lui, connaissent la souffrance et l’angoisse. Les aspirations des amants, écrit Schopenhauer, « tendent à perpétuer cette détresse et ces misères qui trouveraient bientôt leur terme, s’ils n’y faisaient pas échec comme leurs semblables l’ont fait déjà avant eux »

La lucidité, et le sentiment de pitié dont l’homme est susceptible à l’égard des autres êtres vivants, imposent de mettre un terme à ces souffrances, en renonçant à la procréation.

La compassion (« amour pur ») Alfi
     
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Arthur Schopenhauer et son caniche par Wilhelm Busch.

 

Précisément, le terme d’amour peut s’entendre, non plus seulement au sens d’instinct sexuel ou de passion amoureuse, mais également au sens de compassion universelle devant l’universelle souffrance dont nous sommes tous témoins, soit en tant qu'agents et aussi en tant que patients. La "pitié", en effet, est la seule vertu morale qui ait véritablement un sens profond au regard de la condition humaine. C’est, davantage encore que dans la pitié, dans la charité qui est, aussi, bien que pas seulement, "amour de l’humanité", que le phénomène moral se manifeste avec le plus de force et de clarté. La "pitié" est alors définie comme un sentiment intérieur entièrement spontané ; bien que spontané soit ici quasiment synonyme d'inné, Schopenhauer ne considère en aucune façon que l'être humain soit "par nature" bon ou bienveillant puisque pour lui la "pitié" est une forme d'amour du soi de tout être vivant dont l'égoïsme est l'autre face, contraire, mais tout aussi originelle.

Mais cette affirmation d'une compassion universelle ne va pas sans poser problème : un tel sentiment est-il seulement possible ? « Comment, demande Schopenhauer, une souffrance qui n’est pas mienne, qui ne me touche pas moi , peut-elle devenir à l’instar de la mienne propre, un motif pour moi et m’inciter à agir ? »En réalité, le sentiment de pitié s’explique par l’unité de la Volonté, unité qui est au-delà de la multiplicité phénoménale des individus : la Volonté du "moi", en tant justement que Volonté, se reconnait identique à celle d’autrui dans un seul et même être. (Ainsi Schopenhauer n'hésite pas parfois à affirmer ce propos "scandaleux" tellement il semble contre intuitif et même "immoral" de l'identité totale du bourreau et de sa victime)

Mais quelles sont les conséquences pratiques et éthiques de ce sentiment de pitié donc "d’amour pour l’humanité" (mais, tout aussi bien, pour les animaux) ? Autrement dit, que puis-je faire, au juste, face à la souffrance d’autrui ? Au fond, un individu peut difficilement soulager les souffrances d’un autre. Pour Schopenhauer, la participation à la souffrance d’autrui ne trouve son achèvement que dans l’affranchissement de la souffrance du monde par l’abnégation du vouloir-vivre, par la négation concrète de celui-ci dans l’ascétisme, négation qui peut même aboutir à un état de béatitude, c'est-à-dire de "suspension de la souffrance". Pour comprendre vraiment sans contresensce que dit Schopenhauer de l'éthique il est essentiel de bien saisir que selon lui l'individualité n'est en aucun cas la véritable condition ontologique de l'être humain et que, par suite, cette individualité n'est peut être bien que la plus subtile "illusion" par laquelle "le voile de Maya" de la Volonté nous recouvre en nous laissant accroire que nous sommes des "êtres rationnels".

D’où l’exhortation, chez Schopenhauer, à la restriction des désirs, mais aussi son éloge non contradictoire des plaisirs esthétiques et intellectuels. L'abnégation totale du vouloir-vivre implique certes la négation du corps et donc de la sexualité, qui est "l’expression la plus directe" de la Volonté mais dès lors que ces plaisirs sont affranchis de leur subordination aux services du vouloir-vivre, ils n'ont, en eux-mêmes, plus rien de moralement condamnables. Le refus de perpétuer la souffrance de l’humanité implique ainsi avant tout un refus de la procréation : la "mortification" de la Volonté passe, dès lors, par le célibat, la "chasteté" volontaire. En d’autres termes, la compassion - c'est-à-dire l’amour pour l'humanité -, trouve sa plus haute forme d'accomplissement dans le renoncement à la sexualité reproductrice et au "sentiment amoureux" dès lors que celui-ci n'en est que le masque.

La philosophie de Schopenhauer de l'amour conduit donc, d’une part, à l'identification "non réductrice" de l’instinct sexuel et de la passion amoureuse (celle-ci n’étant qu’un instinct sexuel individualisé), et d’autre part, à une opposition radicale entre l’amour-charité et l’amour-passion. La "charité" est pour Schopenhauer en ce sens distincte de ce qu'elle est pour les chrétiens puisqu'elle peut très bien ne pas coïncider avec ce qu'on appelle trivialement "l'amour de la vie".

L’illusion amoureuse

Schopenhauer est, pourrions-nous dire, le philosophe qui "détruit" en nous toute forme d’espoir, en qualifiant notamment d’« illusions » ce que le sens commun considère lui comme une évidence et un bien. Au nombre de ces illusions, le philosophe range l’amour, dans lequel il voit une « ruse du génie de l’espèce ». La conception de l’amour comme d’un instinct servant exclusivement les intérêts de l’espèce, et, a fortiori ceux du Vouloir, contribue à faire de Schopenhauer, certes un philosophe « pessimiste », mais aussi et surtout un philosophe original. arthur-schopenhauer-lart-davoir-toujours-rais-L-1

« Toute inclination amoureuse, en effet, pour éthérées que soient ses allures, prend racine uniquement dans l’instinct sexuel, et n’est même qu’un instinct sexuel plus nettement déterminé, plus spécialisé et, rigoureusement parlant, plus individualisé.». Il nous faut effectivement comprendre que l’homme, en tant qu’objectivation la plus individualisée du Vouloir, n’aura bien en vue que "ses" propres intérêts, ou, du moins, ce qu’il juge être "ses" intérêts, là où l’animal obéit, lui, aveuglément et d’une manière immédiate, aux intérêts de l’espèce. Mais, loin d’échapper à la « dictature de l’espèce », l'être humain, sans s’en apercevoir, reste pourtant totalement soumis au Vouloir et à sa perpétuation. Et, ce qui permet de concilier à la fois les intérêts particuliers de l’individu et ceux de l’espèce, ce n’est pas autre chose que "le sentiment amoureux". En ce sens, l’amour, la passion, désignent les « instruments » du Vouloir soumettant l’individu à la perpétuation de l’espèce. Lorsqu’un "sentiment amoureux" se fait jour en moi, ce n’est ni plus ni moins que le vouloir-vivre qui s’éveille et qui témoigne, d’une manière déguisée, de son aspiration à se prolonger sous la forme d’une existence individuelle nouvelle. Cette idée ne peut être mieux formulée que par Schopenhauer lui-même : « quand l’individu doit se dépenser et même faire des sacrifices en faveur de la persistance et de la constitution de l’espèce, l’importance de l’objectif ne peut être rendue perceptible à son intellect adapté aux seules fins individuelles, de telle sorte qu’il agisse en conformité avec lui. C’est pourquoi la nature ne peut en l’occurrence atteindre son but qu’en inculquant à l’individu une illusion, grâce à laquelle il regardera comme un bien pour lui-même ce qui n’est tel en fait que pour l’espèce »  ; La passion amoureuse est donc une sorte de « voile » cachant à l’individu que ce qu’il pense être ses intérêts personnels sont, en réalité, ceux de l’espèce. ddimages

     
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Billet à l’effigie de Schopenhauer émis par la ville de Dantzig (1923). La valeur nominale du billet est de 500 millions de Marks, conséquence de l'hyperinflation.

 

Il pourrait peut-être, en ce sens, être intéressant de mettre en lumière les origines d'une « ruse de la Volonté » chez Schopenhauer. La ruse, c’est celle d’un Vouloir, véritable essence de l’univers, qui, en vue de seulement perdurer indéfiniment dans l’existence, soumet l’ensemble de ses manifestations à la perpétuation de l’espèce par le biais de l’instinct sexuel. Et c’est parce qu’en l’homme, les intérêts "égoïstes" priment spontanément sur ceux de l’espèce, que le Vouloir usera d’un « stratagème » afin qu’intérêts particuliers et généraux soient illusoirement confondus. Ainsi, nous pouvons étudier "la passion amoureuse" selon deux points de vue : selon la perspective individuelle, les hommes recherchent leur propre plaisir dans la compagnie de l’être aimé ainsi que dans la jouissance sexuelle ; du point de vue plus général de l’espèce, l’amour entre deux êtres désigne le moyen expédient pour le Vouloir de satisfaire sa tendance inconsciente première et essentielle, à savoir la volonté de vivre. C’est ce qui permet à Schopenhauer de parler du "sentiment amoureux" comme d’une véritable « illusion », d’un « instinct », ou encore d’un « masque ». La passion amoureuse n’est donc jamais que "l’effet de surface" d’un vouloir-vivre inconscient qui nous gouverne de part en part et vis-à-vis duquel, nous ne représentons que des "moyens" et en aucun cas "des fins". schopenhauer-neitsche

Schopenhauer se livre par ailleurs, dans la Métaphysique de l’amour,La Metaphysique de l'amour à une véritable « psychologie des désirs » ; en essayant de montrer dans quelle mesure "les choix" (d’ordre indissociablement physique et psychique) qui nous poussent vers tel être et pas tel autre témoignent de ce vouloir-vivre qui cherche dans autrui, non pas "le meilleur amant", mais "le meilleur reproducteur", Schopenhauer tend à nous révéler que ce qui parle en nous dans pareil cas, ce n’est pas tant "l’esprit" mais "l’instinct". Le Vouloir, comprenons-le bien, ne cherche pas à se re-produire purement et simplement, mais il tend, au fil des générations, à le faire avec "la meilleure constitution possible", bien que cette "meilleure constitution" il n'en ait pas la moindre "représentation". Nous ne sommes pas très loin, ici, d’une théorie "(néo)Darwiniste". Pour comprendre "une inclination particulière pour tel être", Schopenhauer parle de « considérations inconscientes » qui seraient à l’origine du "choix". Ce que recherche la nature (ou le Vouloir) par l’intermédiaire de nos choix inconscients et pourtant rigoureusement déterminés, ce n’est en fait rien d’autre que son propre "équilibre". Comme le philosophe le dit lui-même, « tandis que les amoureux parlent pathétiquement de l’harmonie de leurs âmes, le fond de l’affaire […] concerne l’être à procréer et sa perfection ». Telle est donc la ruse du génie de l’espèce à laquelle nous sommes tous soumis, nous qui aspirons pourtant consciemment, plus que tout, à l’indéterminisme et à la liberté.Schopenhauer-Arthur-L-art-De-Se-Faire-Respecter-Li-copie-1.jpg

C’est sans aucun doute à la suite de la lecture de la Métaphysique de l’amour que Freud a pu écrire : « d’éminents philosophes peuvent être cités pour (mes) devanciers, avant tout autre le grand penseur Schopenhauer, dont la « volonté » inconsciente équivaut aux instincts psychiques de la psychanalyse. C’est ce même penseur, d’ailleurs, qui, en des paroles d’une inoubliable vigueur, a rappelé aux hommes l’importance toujours sous-estimée de leurs aspirations sexuelles ». Le "sentiment amoureux" n’est pas fondamentalement autre chose que "l’instinct sexuel" en puissance ; et l’instinct sexuel traduit la tendance concrète du Vouloir à se perpétuer dans l’existence. C’est dire que la passion amoureuse désigne cette ruse que le Vouloir exerce sur des êtres dont les intérêts conscients sont "apparemment" uniquement égoïstes. C’est ainsi que je vais me croire libre de rechercher à la fois la compagnie de l’être aimé et la satisfaction engendrée par la jouissance sexuelle, alors qu’en réalité, par une telle attitude, je me constitue en esclave du Vouloir et de son intérêt primordial : sa manifestation phénoménale. Avoir l’illusion de servir "ses intérêts privés", c’est donc, très souvent sinon presque toujours, chercher à assurer la subsistance du Vouloir auquel je suis soumis.

Œuvres

  • Journal de voyage, 1803-1804, chez Mercure de France, collection Le temps retrouvé.
  • De la quadruple racine du principe de raison suffisante (Über die vierfache Wurzel des Satzes vom zureichenden Grunde), 1813, seconde édition, chez Vrin, collection Bibliothèque des Textes Philosophiques - poche.
  • Sur la vue et les couleurs (Über das Sehn und die Farben), 1816, chez Vrin, collection Bibliothèque des Textes Philosophiques On-vision-and-colours.jpg
  • Le monde comme volonté et comme représentation (Die Welt als Wille und Vorstellung), 1818/1819, vol.2 1844, trad. Auguste Burdeau, revue par R. Roos, PUF, 1966. (contient la Critique de la philosophie kantienne et les suppléments)
  • L'Art d'avoir toujours raison (1830-1831), édition Circé 1392513 3286398
  • De la volonté dans la nature (Über den Willen in der Natur), 1836, éditions PUF, collection Quadrige
  • Les Deux Problèmes fondamentaux de l'éthique : La liberté de la volonté ; Le fondement de la morale (1840/1861), nouvelle traduction: Christian Sommer, Ed.: Folio-Gallimard, 2009, Cette édition comprend, avec ajouts, suppressions, et préfaces de Schopenhauer, les deux mémoires suivants :
    • Sur la liberté de la volonté humaine (Über die Freiheit des menschlichen Willens) (mémoire couronné par la Société Royale des Sciences de Norvège en 1839)
    • Fondement de la morale (Über die Grundlage der Moral) (mémoire présenté à la Société Royale des Sciences du Danemark en 1840, mais non couronné)
  • Parerga et Paralipomena (Parerga und Paralipomena), (1851).Parerga-et-Paralipomena.jpg Première édition française intégrale, CODA, 2005, (ISBN 2-84967-020-0) ; cette œuvre a d'abord été traduite seulement par parties, par exemple :
    • Aphorismes sur la sagesse dans la vie (Aphorismen zur Lebensweisheit), g1886 - Apologie de l'eudémonologie.
    • En français : Philosophie du Droit et autres essais, Paris, 2006
  • Correspondance complète, éditions Alive, collection Textes philosophiques Schopenhauer-Arthur-Correspondance-Complete-Livre-844860259

Pour familiariser le lecteur novice avec l’œuvre de Schopenhauer, certains chapitres du Monde ou des Parerga font parfois l'objet d'une édition isolée à l'initiative des éditeurs contemporains: Sur le besoin métaphysique de l'humanité, Du néant de la vie, Métaphysique de l'amour sexuel, Du génie, L'art de l'insulte, L'Art d'être heureux, Essai sur les femmes, etc.tumblr inline mhz0w35poC1qz4rgpL'art d'être heureuxSchopenhauer-Arthur-L-art-De-Se-Faire-Respecter-Li-copie-1

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14 août 2013 3 14 /08 /août /2013 10:06

Aoto de Dion 1903527451 181850955290691 1632993877 n547655 223968314412288 1599863317 nxxAvenue du Bois de BoulogneAvenue du Boisd e BoulognePassy Rue Benjamin Franklin en 1940, vue de la Place CostaRue Benjamin FranklinPlace de Passy 1895 avec la rue Duban à droite et celle dePlace de PassyRue Berton dans le 16e. Balzac fuyait ses créanciers de laRue Berton (Balzac)Rue de Passy 1900cRue du RanelaghccRue du Ranelagh hotel de Léon Nozal-Art Nouveau 1904-1906.Hotel de Leon, rue de Ranelagh (détruit)Rue Mozart

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13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 05:05

Users JPH Desktop ParisSite coucher soleil seine 2La Seine fait partie du paysage parisien. On peut considérer qu'elle coupe Paris en son milieu même si la rive droite occupe un espace plus important que la rive gauche. Dans Paris, sa longueur occupe près de 13 kilomètres, avec une profondeur variant entre 3,40 et 5,70 mètres1. Sa largeur varie, elle, de 30 à 200 mètres. La retenue normale du bief de Paris, c'est-à-dire l'altitude de la surface par rapport au niveau de la mer, est de 26,72 m2. À Paris, la Seine est traversée par 37 ponts dont 4 passerelles accessibles uniquement aux piétons.

Le pont des Arts, avec derrière le pont Neuf et l'île de la Cité, et sur la droite l'institut de France. On aperçoit au fond le sommet des deux tours de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Historique

 

La présence d'hommes sur les bords de la Seine est attestée dès le néolithique, notamment par la découverte de restes d'embarcations et autres objets dans des fouilles à Bercy dans les années 19904.

Le pilier des Nautes, conservé au Musée national du Moyen Âge des Thermes de Cluny à Paris, nous rappelle que la navigation sur la Seine était déjà intensive aux premières années de la conquête romaine.

 

C'est de cette même époque que date vraisemblablement le premier pont de Paris, le Petit-Pont, construit à l'un des endroits où la Seine est la plus étroite, et maintes fois démoli et reconstruit au même emplacemen.

 

A une époque plus froide qu'aujourd'hui, il arrivait assez fréquemment que la Seine charrie des glaçons, voire soit prise par les glaces. La première mention avérée de gel de la Seine à Paris date de l'hiver 291-292

 

La Seine a, dès le milieu du IXe siècle, favorisé les invasions normandes. En mars 845, par exemple, les Normands qui ont remonté la Seine depuis son embouchure, arrivent à Paris qu'ils pillent. Ils ne se retirent que contre une rançon de 7 000 livres d'argent. D'autres assauts suivront pendant un demi-siècle environ.

 

En 1170 la corporation des « marchands de l'eau » reçoit du roi Louis VII le monopole du commerce sur la Seine. Sur leur sceau figure la nef qui se trouve encore dans les armoiries de la ville de Paris.

Vieilles photos de la Seine, de ses quais, de ses ponts

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Le 9 août 1803, expérimentation du bateau à vapeur de Robert Fulton sur la Seine.

 

Les premiers bateaux-lavoirs furent ancrés en Seine en 1851, et atteignirent rapidement la centaine. L'arrivée de l'eau courante dans les immeubles parisiens entraîna leur disparition progressive jusqu'en 1937.

 

Lors de la guerre de 1870, les Parisiens, assiégés par les Prussiens et sans communication avec l'extérieur, tentèrent de recevoir du courrier enfermé dans des boules métalliques, dites « boules de Moulins » mises à l'eau en amont de la capitale. Aucune ne fut cependant recueillie dans Paris même.

 

La ligne 4 du métro fut la première à traverser la Seine en souterrain, en 1908.

Îles de la Seine
 

La Seine à Paris ne comporte aujourd'hui que deux véritables îles : l'île de la Cité et l'île Saint-Louis.cartePostale

L'île de la Cité ne prit sa physionomie actuelle qu'au début du XVIIe siècle, lors de la construction du pont Neuf, à l'occasion de laquelle furent rattachés à l'île principale les îlots aux Juifs et des Vaches.

 

L'île Saint-Louis s'appelait à l'origine Notre-Dame quand elle fut coupée en deux par un canal, au milieu du XIVe siècle. De ce fait, l'îlot amont prit le nom d'île aux Vaches et l'îlot aval garda le nom d'île Notre-Dame. Les deux îles ne retrouvèrent leur unité que dans les premières années du XVIIe siècle, et devinrent alors un nouveau quartier résidentiel. Le nom de Saint-Louis lui fut donné en 1725, remplacé par celui de Fraternité pendant la Révolution.

 

L'île Louviers, à l'origine des Javiaulx, était située entre le boulevard Morland et le quai Henri-IV. Elle fut rattachée à la rive droite en 1843.

 

L'île Maquerelle se trouvait entre la rue de l'Université et la Seine actuelle. Constituée à l'origine de petits îlots (des Treilles, aux Vaches et de Longchamp), elle fut rattachée à la rive gauche sous le premier Empire. Proche de là se trouvait également l'île Merdeuse.

L'Île aux Cygnes n'est en réalité qu'une digue créée en 1825 au moment de la construction du pont de Grenelle12,13

Boire l'eau de la Seine800px-Raguenet - Le Pont Neuf, la Samaritaine et la pointe

Le Pont Neuf et la pompe de la Samaritaine, vue au XVIIIe siècle par Nicolas-Jean-Baptiste Raguenet

 

Les Parisiens ont bu de l'eau de Seine de tout temps, mais dès l'époque romaine des eaux de source de meilleure qualité furent amenées à Paris. On notera cependant en 1605 l'installation d'une pompe sur le Pont-Neuf, dite de la Samaritaine, qui fonctionnera jusqu'en 1813. De même, celle du pont Notre-Dame fonctionna de 1673 à 1858. Les porteurs d'eau, corporation mentionnée dès 1292, apportaient à domicile l'eau puisée dans la Seine ou prise aux fontaines publiques, et ne disparurent qu'à la fin du XIXe.

Aujourd'hui, la Seine à Paris ne fournit plus à proprement parler d'eau potable aux Parisiens, puisque les eaux de surface utilisées proviennent d'Evry et Orly, loin en amont.

Crues800px-ND 141 - PARIS - La Grande Crue de la Seine - Rétabl
 Crue-de-Paris-1910 2

Les crues de la Seine font partie intégrante de l'histoire de Paris.

Il semble bien que la première mention d’une crue soit celle de l’empereur romain Julien durant l’hiver 358-359.

Le chroniqueur Grégoire de Tours a relaté ensuite celle de 582.

Les crues ont souvent été fatales aux ponts de Paris. Ainsi, en 1280, une crue du fleuve emporte le Grand-Pont. En décembre 1296, une nouvelle crue d'une ampleur exceptionnelle emporte tous les ponts de Paris (qui à l'époque supportaient des habitations).

Quant à la crue la plus importante de l’histoire parisienne, connue avec une certitude suffisante, c'est celle de 1658.

Mais la crue historique la plus présente encore dans la mémoire des Parisiens est celle de 1910 qui dura 9 jours, du 20 au 28 janvier 1910. Le 21 janvier, elle pouvait atteindre à certains endroits près de 9,50 m. De nombreuses cartes postales en ont montré les ravages, tels les abords de la gare Saint-Lazare entièrement sous les eaux.

RETOUR SUR LA CRUE DE 1910

Paris sous la Seine : la grande inondation de 1910

En janvier 1910, Paris connait pendant 8 jours une montée des eaux exceptionnelle atteignant une hauteur d’eau de 8,62 mètres à la station de Paris-Austerlitz, soit pratiquement 8 mètres de plus que le niveau habituel.

Cette crue, dite centennale*, est le résultat de plusieurs épisodes successifs de fortes pluviosités sur un sol saturé. Près de vingt mille immeubles sont inondés dans la capitale et trente mille maisons sont sinistrées en banlieue. Partie des quais, l'eau gagne les caves, sature les égouts, inonde les grands chantiers du métro et envahie de nombreux quartiers de l’Est parisien. L'inondation fera un mort et paralysera Paris pendant deux mois. Les dégâts seront évalués à 1,6 milliard d’euros (en valeur actuelle).

Ci-dessus à la Gare St Lazare

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Baignade001quais006

 

La mode des bains dans la Seine apparut au milieu du XVIIe siècle, et ce dans le plus simple appareil. Les femmes se baignaient de leur côté plus ou moins masquées par de grandes toiles tendues. La fin du siècle vit l'interdiction de ces bains sans vêtement.

 

Des bateaux appropriés aux bains froids dans la Seine apparurent à la fin du XVIIe, rapidement séparés pour les hommes et les femmes. Ils furent suivis de bateaux appropriés aux bains chauds, eux-mêmes suivis puis supplantés par les bains-douches terrestres, que l'on connait encore aujourd'hui.

 

Il y a encore soixante ans, on pouvait se baigner dans la Seine. Toutefois, la baignade est interdite depuis 1923 Le 28 novembre 1988, le maire de Paris, Jacques Chirac, avait proposé de lancer une opération de dépollution de la Seine et promit d'être le premier à pouvoir s'y baigner en 1994, ce qu'il n'a encore pu réaliser à ce jour (2012).

 

La célèbre piscine Deligny,fvb piscine delignyinstallée à proximité du pont de la Concorde depuis 1801, ayant coulé en 1993, la ville de Paris a mis en service en 2006 la piscine flottante Joséphine-Baker aux pieds de la Bibliothèque nationale de France, dans le 13e arrondissement.

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La piscine Deligny, ou bains Deligny, était une piscine flottante, sur la Seine, dans Paris, amarrée sur la rive gauche (quai Anatole-France, dans le 7e arrondissement), qui coula le 8 juillet 1993.

 

Cet établissement de bains, qui regroupait un solarium, une piscine et un bar-restaurant, était aménagé sur 12 barges à proximité de l'Assemblée nationale. Son histoire commence en 1785, quand les premiers bains sur pilotis furent installés. En 1801 fut créée une école de natation par le maître-nageur Deligny à l'emplacement actuel de la piscine. À l'hiver 1840, le bateau Cénotaphe, construit pour aller recueillir les cendres de Napoléon à Sainte-Hélène, a été utilisé pour la rénovation des bains.

 

À partir des années 1970, le solarium supérieur de la piscine fut un haut lieu d'exposition des seins nus à Paris. Le député Emmanuel Hamel a écrit une lettre de protestation au ministère de l'Intérieur en août 1973, en raison de la proximité de la piscine avec l'Assemblée nationale ; elle ne fut pas suivie d'effet, mais le directeur de la piscine réserva un secteur du solarium pour les adeptes du monokini, dont l'entrée était interdite aux enfants

 

Économie

La traversée de Paris par la Seine en fait un atout économique. Dans ce but, on a également créé des canaux comme le canal Saint-Denis.Plan Bâteau-Mouche

Bords de Seine800px-Bouquiniste Paris


Une échoppe de bouquiniste parisien
 

Deux-cent-quarante bouquinistes sont installés sur les quais de la Seine, rive droite comme rive gauche, depuis le XVIIe siècle avec des fortunes diverses selon les époques.

Sur les bords de Seine, se trouvent de nombreuses promenades, ainsi que, sur certaines portions aussi bien de la rive droite que de la rive gauche, une voie rapide pour véhicules automobiles.Seine1P108020420111226183008 minuit paris sur la seine

imagesLe dimanche, ces « voies sur berges » sont fermées aux véhicules et réservées aux piétons, vélos et rollers.

Depuis l'été 2002, pendant un peu plus d'un mois chaque année, l'opération Paris-Plage accueille diverses animations au milieu des plages de sable et d'arbres en pot.gfh

parisplages-paris-plage-plages-delanoeparis-plages-coutParis Plages est une opération estivale menée par la mairie de Paris depuis 2002. Chaque année, entre juillet et la mi-août, sur 3,5 km, la voie sur berge rive droite de la Seine et la place de l'Hôtel-de-Ville ainsi que des sites annexes — comme le bassin de la Villette depuis 2007 — accueillent des activités ludiques et sportives, des plages de sable et d'herbe, des palmiers… La circulation automobile est interrompue sur cette portion de la voie rapide Georges-Pompidou pendant la durée de l'opération, de son installation à son démontage.

La ville française pionnière de ce genre d'opération a été Saint-Quentin (Aisne) dès 1996. Les difficultés sociales d'une partie des 60 000 habitants ont incité la municipalité à transformer la place de l'Hôtel de ville en plage avec sable, jeux et bassins. L'opération se poursuit chaque année depuis lors. Cependant, depuis 2002 et l'exemple médiatisé de Paris, de nombreuses villes françaises et capitales étrangères ont repris cette idée, comme Berlin, Bruxelles, Budapest, Prague ou Metz.

 

A l'automne 2012, la voie rive droite a été réaménagée pour rendre le bord d'eau accessible aux piétons. Elle reste par contre interdite aux cyclistes.

Depuis le printemps 2013, la voie basse de la rive gauche (du Musée d'Orsay au pont de l'Alma) a été réaménagée en zone piétonne équipée d'installations diverses (bancs, tables de jeu, restaurants, jardins flottants.Al.III et Chaillot

Transports sur la Seine800px-Les transports à Paris - Bateau Parisien avant 1910


Transport public sur la Seine avant 1910 : une navette des Bateaux Parisiens
  • Le transport des passagers sur la Seine a été organisé dès 1886, lors de la création de la Compagnie générale des bateaux parisiens, dont la ligne allait de Charenton à Auteuil-Point-du-Jour, avec embarcadères intermédiaires aux ponts National, de Tolbiac et d'Austerlitz. Cette compagnie disparut en 193424.
  • 1er mai 1989[réf. nécessaire] : inauguration du service de Batobus entre la Tour Eiffel et le Jardin des Plantes25.
  • Péniches, qui sont également le lieu de résidence de certains Parisiens
  • Bateau-omnibus (« Bateaux Mouches » est une marque déposée)
  • Voguéo (service fluvial pour voyageurs à partir de 2008)
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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 07:23

La place du Châtelet est située à Paris, au bord de la Seine, à l'entrée du pont au Change.011placeduchatelet001 À cheval sur le 1er et le 4e arrondissement. C'est un important nœud de communication routier, de par sa position centrale dans la capitale, au croisement des axes nord-sud et est-ouest, un carrefour de tous les transports en commun, et un lieu majeur de spectacles à Paris.800px-Place du Châtelet Panorama


La place du Châtelet, avec de gauche à droite : le théâtre du Châtelet, la fontaine du Palmier et le théâtre de la Ville.
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La Place du Chatelet en 14-18.

Histoire011placeduchatelet009

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Elle a été construite à l'emplacement du Grand Châtelet, ancienne forteresse qui servit de prison et de tribunal sous l'Ancien Régime, et qui fut détruit en 1808 durant le règne de Napoléon 1er.011placeduchatelet007

Sites particuliers

Le centre de la place est réservé aux piétons. Il s'y dresse la fontaine du Palmier260px-Place du Chatelet fountain and memorial, une colonne érigée en 1808 à la gloire des victoires napoléoniennes. Un socle comportant une fontaine a été ajouté en 1858, surélevant la colonne. La fontaine, ornée de sphinx et de statues, a été conçue par Gabriel Davioud et rétablie par Jules Blanchard.011placeduchatelet010

Le centre de la place comprend également un kiosque à journaux.

De part et d'autre de la place, le long des quais, se dressent deux théâtres construits par Gabriel Davioud à la demande du baron Haussmann : le Théâtre du Châtelet et le Théâtre de la Ville.011placeduchatelet008

011placeduchatelet009Quatre brasseries importantes sont également présentes aux quatre coins de la place, dont Le Vieux Châtelet, Le Zimmer et le Sarah Bernhardt.

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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 05:15

Les Halles de Paris était le nom donné aux halles centrales, marché de vente en gros de produits alimentaires frais, situé au cœur de Paris, dans le 1er arrondissement, et qui donnèrent leur nom au quartier environnant. Au plus fort de son activité et par manque de place, les étals des marchands s'installaient même dans les rues adjacentes.quartier_halles_paris.jpg011halles08cLes-Halles-film-d-animation

Elles sont le décor principal du Ventre de Paris d'Émile Zola.

Ce vaste marché qui s'y tenait jusqu'au début des années 1970 a été remplacé aujourd'hui par un espace vert (le Jardin des Halles), un centre commercial souterrain (le Forum des Halles), et par de nombreux endroits consacrés aux loisirs (piscine, cinéma). La gare RER Châtelet - Les Halles, située en dessous du complexe, est la plus grande gare souterraine du monde et permet un accès depuis toute la région parisienne.011halles08

Les Halles centrales

Historique
Jusqu'à la fin du XVIIe siècle
  • 1137. Louis VI ordonne le transfert des deux marchés (marché Palu de l’île de la Cité et marché central de la place de Grève, devenus insuffisants face à l'accroissement de la ville) vers le centre de Paris, au lieu-dit Les Champeaux (« Petits Champs »), à l’endroit d’anciens marécages situés alors extra-muros, à l'emplacement actuel, y faisant construire une grande halle au croisement stratégique de trois voies importantes, la rue Saint-Denis, la rue Montmartre et la rue Saint-Honoré1.
  • 1181-1183. Philippe-Auguste achète la foire Saint-Ladre ou Saint-Lazare, située dans les faubourgs du nord de la ville et dépendante de la léproserie située dans l'enclos Saint-Lazare, en 1183 ou 11813 et la transfère à l'emplacement même des futures Halles. Deux bâtiments couverts sont élevés pour assainir le nouveau marché en 1183. Très intéressé par le développement de ce marché central, Philippe-Auguste réglemente lui-même le commerce des denrées essentielles : viande, pain et vin. Quelques années plus tard, Philippe-Auguste acquiert l'entière propriété des terrains en payant une redevance à l'évêché de Paris. Il s'agit d'un bazar immense où, sur des emplacements spéciaux, se vendent des denrées alimentaires, du textile, des chaussures, de la mercerie. Les marchands s'installent sous des abris particuliers, proches des maisons où se trouvaient les commerces fixes des fabricants. C'est ainsi que la rue de la Grande Friperie 435px-Les-Hallesdevient le lieu des commerces de fripes. Progressivement, d'autres marchands viennent s'installer autour de ceux qui avaient déjà leur emplacement. Compte tenu de l'augmentation des échanges, Philippe-Auguste fait construire les premières halles pour les drapiers et tisserands, mais le marché continue de s'étendre, de telle sorte qu'en 1269 Saint Louis fait construire trois nouvelles halles (le lieu au Moyen Âge continue à s'appeler le plus souvent la Halle en référence à celle de 1137) : deux marchés sont affectés aux drapiers, le troisième aux merciers et aux corroyeurs. À partir du XVIe siècle, on envisage sa réorganisation et l'élargissement des voies. La vente en gros des poissons aux Halles de Paris se faisait non de gré à gré entre vendeurs et acheteurs, mais aux enchères et par l’intermédiaire d’officiers publics.011halles02
  • 1543. L'« édit de Réformation » de François Ier décide la reconstruction des Halles pendant 29 ans. Il s'y prend de manière à ce que Paris y gagne, et le Trésor aussi. Au terme d'un édit du 20 septembre, il ordonne « la vente aux enchères des places vides des halles » annonçant la renonciation des Domaines à la faculté de rachat ; en retour, les acquéreurs avaient obligation d'exécuter, dans des délais fixés, la démolition de bâtisses existantes et la reconstruction de « maisons et manoirs commodes ». Jusqu'en 1572, on fait bâtir des maisons avec, généralement, au rez-de-chaussée, des portiques ou galeries couvertes connus sous le nom de « piliers des Halles », qui disparaissent lors de la construction des pavillons Baltard. Au centre de ces galeries à arcades se trouve le « carreau », marché du pain, du beurre, du fromage et des œufs.001horeca007
XVIIIe siècleP1160512 Carnavalet LP Debucourt Halles 1782 P.1930 rwk

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Les Halles en 1782, lors des festivités relatives à la naissance du dauphin - Philibert-Louis Debucourt, musée Carnavalet
  • 1780-1789. Le cimetière des Innocents, situé à proximité, entre les rues Saint-Denis, de la Lingerie, de la Ferronnerie et aux Fers, est à son tour aménagé en marché aux fleurs, fruits et légumes, ce qui fait doubler de surface les Halles4. La Révolution française, puis le Premier Empire, modifient la conception urbaine de la ville. Le cœur de Paris souffre de problèmes d'hygiène et de sécurité et l'on commence à s'interroger sur l'approvisionnement de la capitale.
XIXe siècle  
  • En 1808, Napoléon Ier entreprend une réorganisation cohérente des marchés couverts et élabore une réglementation sur l'abattage des animaux. Il projette de faire construire une halle centrale entre le marché des Innocents et la Halle aux blés.011halles04
  • En 1842, les problèmes de circulation et d'hygiène continuant, le préfet Rambuteau crée la Commission des Halles, qui a pour mission d'étudier l'intérêt de garder les Halles à leur emplacement ou bien de les déplacer.
  • En 1848, un concours d'architecture est lancé et est remporté par Victor Baltard.
  • En 1854, après bien des tâtonnements et des hésitations et la présentation de projets alternatifs comme celui de Thorel, Victor Baltard présente son projet définitif en 1854. Il projette d'édifier douze pavillons couverts de vitrage avec des parois en verre et des colonnettes en fonte. Ces pavillons sont regroupés en deux groupes séparés par une rue centrale à ciel ouvert située au niveau du chevet de l'église Saint-Eustache (suivant le tracé de l'actuel Allée André-Breton), chacun des six pavillons des deux groupes étant réunis entre eux par des rues couvertes.
  •       Entre 1852 et 1870, dix pavillons sont construits, la construction des deux derniers s'achevant en 1936.18-1267874340-les-halles-100-years-ago Chaque pavillon a sa spécialité (le numéro 3 pour la viande, numéro 9 pour le poisson...). Les fruits et légumes sont vendus sur le Carreau, dans les allées couvertes et sur les rues alentour. Les caves abritent lotisseurs-gaveurs, cabocheurs, pétrisseurs de beurres, compteurs mireurs d’œufs…cpa-paris-halles011halles03011halles01xHalles Thorel800px-Halles de Paris, 1863

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Projet de l'architecte Thorel alternatif de celui de Baltard.

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Dessin vu d'oiseau des Halles centrales de Paris en 1863, conçues par Victor Baltard.
011halles05XXe siècle
  • 1963. Le préfet de Paris propose la rénovation de la rive droite, de la Seine à la gare de l'Est. 670 hectares et 150 000 habitants sont concernés. Le projet est repoussé, mais le Conseil de Paris crée une Société d'études d'aménagement des Halles et secteurs limitrophes.
  • 1968. Les premiers projets d'aménagement sont repoussés par le Conseil de Paris. La surface de rénovation est réduite de 32 à 15 hectares, le reste fera l'objet d'une réhabilitation. Un aménagement souterrain est envisagé.
  • 1969. Transfert du marché vers Rungis et La Villette entre le 27 février et le 1er mars. Cette opération considérée à l'époque comme étant le « déménagement du siècle » concerna 20 000 personnes, 1 000 entreprises de gros, 10 000 m3 de matériel, 5 000 tonnes de marchandises et 1 500 camions10. Les 3 et 4 mars suivant, le marché de Rungis ouvrait officiellement ses portes.
    En attendant, le début des travaux de démolition qui interviendront deux ans plus tard, le préfet de Paris autorise l'organisation de manifestations culturelles dans les pavillons.
  • Le président de la République, Georges Pompidou, décide de construire un centre culturel à Beaubourg.
  • 1971. Démolition des six premiers pavillons situés à l'est de la rue Baltard pour permettre la construction de la gare RER et du Forum.

Deux de ces pavillons seront préservés :22219halles-Baltard-destruction 1971imagesleshalles
• Le no 8, qui abritait le marché aux œufs et à la volaille, est démonté et reconstruit à Nogent-sur-Marne pour y abriter une salle de spectacle baptisée « Pavillon Baltard ». Ci-desus les Halles Baltard lors de leur destruction en 971.

• Le deuxième qui est présent dans un parc de la ville de Yokohama au Japon, ne reprend que la partie haute de la structure originale en fonte.
Les matériaux de construction de l'ensemble des pavillons ainsi démolis seront vendus au prix de la ferraille.

  • 1974. Élu président de la République, Valéry Giscard d'Estaing décide l'abandon du centre de commerce international et la création d'un jardin à son emplacement.1352968 3 2d7b image-de-synthese-du-futur-jardin-des-halles
  • 1975. Le projet choisi par les Parisiens est rejeté au profit dans un premier temps de celui de l'architecte espagnol Ricardo Bofill puis de Jean Willerval. Le centre commercial « le Forum » est de l'architecte Claude Vasconi. Un concours est d'abord organisé pour l'aménagement de la partie Lescot directement au-dessus de la gare RER. L'équipe composée des architectes Georges Pencreac'h et Claude Vasconi l'emporte avec le projet du Forum des Halles, inauguré en 1979. Une deuxième consultation est par la suite organisée pour la partie aérienne, emportée par Ricardo Bofill, dont le projet avance jusqu'à l'édification du gros œuvre à R+2, avant que le maire de Paris (Jacques Chirac) décide de tout raser en imposant à la place l'architecte Jean Willerval et ses « parapluies », inaugurés en 1983.Halles willerval et ses parapluies Ce sera un échec complet.Paris - Forum des Halles 2
  • 1284694-16855211977. Inauguration de la station du RER le 7 décembre, et déplacement de la station Les Halles de la ligne 4 pour une meilleure correspondance.
  • 1979. Inauguration du forum de commerce et de loisirs le 4 septembre.
  • 1983. Construction de deux hôtels, de logements et de bureaux.
  • 1985. Ouverture de la deuxième partie du Forum souterrain (architecte : Paul Chemetov).
XXIe siècle
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Panorama du quartier des Halles en 2004.
  • 2004. Un concours d'architecture est lancé par la mairie pour une rénovation totale du quartier. Quatre équipes d'architectes sont sélectionnées : Jean Nouvel, MVRDV/Winy Maas, OMA/Rem Koolhaas et David Mangin. Le 15 décembre, le maire de Paris Bertrand Delanoë annonce le choix de la commission d'appel d'offres pour le réaménagement des Halles de Paris. C'est le projet de l'architecte et urbaniste français David Mangin qui remporte les suffrages, plus pour son parti pris que pour le projet en lui-même qui ne sera pas concrétisé tel quel. Son rôle est de coordonner la mise en œuvre du projet, dont il réalisera une partie. Les conditions qui ont amené à ce choix déclenchent une polémique importante chez nombre d'observateurs de l'urbanisme parisien. Un concours international sera organisé, afin de déterminer le projet définitif. Les premiers travaux devraient commencer en 2009.
  • 2010 : en avril, début des travaux de réaménagement.

À partir du 17 mai 2011, fermeture d´une partie la rue des Halles à la circulation des voitures.

Du ventre au cœur

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Travaux de rénovation en février 2011.Forum P1070894Forum des Halles P1070900

Ce « ventre de Paris », évoqué par Zola du temps des marchés de gros, est devenu le « cœur » de la capitale, avec une ville souterraine sur plusieurs niveaux. C'est à la fois :forum-des-halles

  • la plus grande gare de la ville, Châtelet - Les Halles, avec trois lignes de RER, cinq de métro, 15 de bus et 13 de Noctiliens où passent en moyenne 800 000 voyageurs quotidiens ;
  • le plus fréquenté des centres commerciaux, le Forum, avec ses 41 millions de clients annuels, comprenant 23 salles de cinéma ;
  • la piscine la plus fréquentée ;
  • un jardin de plus de quatre hectares ;
  • de nombreux équipements publics ;
  • un réseau de voiries, essentiellement souterraines.

Malgré tout, certains reproches ont été formulés, notamment que le lieu manque de surface alimentaire et d'une bonne signalisation.

Les différentes halles

La Halle au blé et aux farines

L'ancienne halle au blé était autrefois entre les rues de la Tonnellerie et de la Fromagerie sur la place des Halles.

Ce marché étant devenu trop petit, la ville décide en 1762 de transporter le marché de la place des Halles à l'hôtel de Soissons acheté par la ville quelques années auparavant.800px-Paris la Halles aux vins
La Halle au blé et aux farines, est construite de 1763 à 1767, et Nicolas Le Camus de Mézières en est l'architecte. Celle-ci est construite sur l'emplacement de l'hôtel de Soissons, dont on distingue encore aujourd'hui la colonne astronomique de Catherine de Médicis, possède une coupole en bois, construite en 1782, laquelle brûla en 1802. Cette coupole est remplacée par une nouvelle structure en fer, recouverte dans un premier temps de feuilles de plomb, puis de vitres qui, elle-même subit un nouvel incendie en 1854. De nouveau rénové, l'édifice devint le siège de la Bourse de commerce.

La Halle aux cuirs
  • Fief des pelletiers et autres mégisseurs, leur installation dans le quartier du Jardin des Plantes (Ve arrondissement) n'est pas très ancienne, même si l'Institution, elle, est multiséculaire. Saint Louis installe la première Halle dans le quartier des Innocents, rue de la Lingerie.
  •  
  • 1785. Celle-ci est transférée rue Mauconseil, sur l'emplacement de l'ancienne Comédie Italienne, où elle demeure jusqu'en 1866.
  • 1866. La nouvelle Halle aux cuirs est inaugurée le 18 mars. Construite sur des dépendances de l'ancien Hospice des Cent filles, elle occupe une superficie d'un hectare situé à l'emplacement de l'actuelle Faculté de Lettres Censier dépendant de l'Université Paris 3, et forme donc un quadrilatère borné par les rues Censier, de la Clef, de Santeuil et du Fer-à-Moulin. En plus des bureaux, le bâtiment est doté d'immenses magasins dont l'entrée principale se trouvait rue de Santeuil ; une cour de 1 350 m2 formant le carreau de la Halle ; au-dessus sont installés deux étages de magasins ; au-dessous, d'immenses souterrains servent de caves pour y recevoir huiles, essences, vernis et tout corps gras indispensable à la mégisserie. Une ordonnance de police du 12 mars 1866 en fixe le fonctionnement et les heures d'ouverture, de fermeture et de vente.
  • 1906. Dans la nuit du 11 au 12 mai, elle subit un terrible incendie qui la détruit totalement.La Halle aux cuirs incendiée en 1906 La halle au cuir ne sera pas reconstruite au même endroit, car le quartier où elle s'élevait s'était complètement transformé en quelques années par la construction de nouvelles habitations dont les occupants ne seraient pas accommodés des inconvénients de ces industries mégissières toutes proches. D'autant plus que la prison Sainte-Pélagie, situé dans le quartier, fut désaffectée et démolie en 1899. Tandis que la Bièvre, envahie jusqu'ici par les pestilences des abattoirs, des hôpitaux, des égouts, des industries pelletières (tannerie et teinturerie) fut désormais recouverte sur cette partie de son cours.
La Halle aux draps

Fief des maîtres drapiers et des maîtres tapissiers, elle se trouvait à l'emplacement des Gobelins dans le Ve arrondissement.

  La Halle aux gibiers

Bâtie en 1810 par l'architecte Célestin-Joseph Happe, elle était située quai des Grands-Augustins.

La Halle aux herbes

Fief des herboristes et des maraîchers, elle est présente dans de nombreuses villes de France. Pour des raisons historiques, elle était à Paris située dans le Pavillon fruits et légumes des Halles centrales.

La Halle aux veaux

Ouverte le 28 mars 1774 par Nicolas Lenoir, elle était située entre les rues de Pontoise et de Poissy.

La Halle aux vieux linges

Bâtie en 1811 par Jacques Molinos, elle était située rue du Temple.

La Halle aux vins
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La Halle aux vins.

Fief des marchands de vin, appelés familièrement « les pinardiers ». Elle se trouvait depuis 1666, quai Saint-Bernard, sur l'emplacement de l'actuel Campus de Jussieu (Faculté des sciences), toujours dans le Ve arrondissement de Paris, le long de la Seine d'où les chalands arrivaient. Construite de 1958 à 1972, la Faculté est inaugurée en 1970 (Paris VII) et en 1971 (Paris VI). Durant longtemps on l'appela familièrement « la faculté des Sciences de la Halle aux vins » et sa grande tour « la tour Zamanski », du nom du doyen de la faculté. Ces appellations non officielles sont passées de mode aujourd'hui. On trouve également, sur l'ancienne emprise de la halle aux vins, l'Institut du Monde arabe inauguré en 1987.

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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 05:25

plan-montmartre

  Montmartre est une ancienne commune française du département de la Seine, annexée en 1860 par Paris. L'essentiel de son territoire constitue depuis lors le 18e arrondissement de la capitale, une fraction en ayant aussi été attribuée à la commune de Saint-Ouen.

Montmartre est désormais un quartier du nord de la capitale, sur la colline de la butte Montmartre, qui est l'un des principaux lieux touristiques parisiens. C'est à Montmartre qu'est situé le point culminant de Paris : 130,53 mètres, altitude du sol naturel à l’intérieur du cimetière jouxtant l’église Saint-Pierre de Montmartre.

On accède au sommet de la colline par le funiculaire ou en empruntant la rue Foyatier formant un escalier de 222 marches.

Ce quartier est desservi par la ligne   du métropolitain avec les stations Anvers, Pigalle et Blanche ainsi que par la ligne   (stations Pigalle, Abbesses, Lamarck — Caulaincourt et Jules Joffrin).

Histoire

Montmartre fut longtemps un village indépendant de Paris.

Son nom a peu vraisemblablement pour origine Mons Martyrum, le « mont des martyrs » (martyr venant du grec μαρτυς,-υρος, martus, témoin) même s’il fut, selon la légende, un lieu de passage important de Saint Denis, premier évêque de Paris, qui aurait survécu à son exécution1, victime des persécutions antichrétiennes, il fut décapité sur la colline de Montmartre avec deux autres coreligionnaires. La légende raconte qu'il ramassa sa tête et marcha jusqu'à l'emplacement de l'actuelle basilique de Saint-Denis où il fut inhumé. Une des rues historiques menant à Montmartre s'appelle d'ailleurs la rue des Martyrs.

 Plus probablement, Montmartre se rattache à un Mons Martis « le mont de Mars » car, à l'époque gallo-romaine, un temple dédié à Mars, dieu de la guerre, se trouvait sur la butte, à l'emplacement de l'actuelle église Saint-Pierre (ainsi qu'un autre temple, dédié à Mercure), par la suite à l'époque chrétienne, le mont de Mars aurait été réinterprété en « mont de martre », martre signifiant « martyr » en ancien français.

Lors du siège de Paris en 1590, Henri IV fit installer deux batteries d’artillerie : « l’une sur Montmartre l’autre sur le haut de Montfaucon vers le Mesnil qui commencèrent à tirer et battre en ruine, vers les rues Saint-Honoré, Saint-Denis et Saint-Martin et les environs. ».

Lors de la formation des communes et des départements décret du 12 novembre 1789, de l'Assemblée nationale, Montmartre devint une commune de la Seine en mars 1790. Celle-ci se constitua avec difficulté, le mur de l'octroi ayant dans le même temps coupé l'ancienne paroisse en deux. Le Haut-Montmartre procéda à l'élection de son propre conseil, qui se déclara favorable à la séparation entérinée le 22 juin 1790, Paris annexant le Bas-Montmartre. Son premier maire fut Félix Desportes, un bourgeois originaire de Rouen, qui s'installa Place du Tertre en 1788. Il transforma son domicile en Mairie et établit solidement cette municipalité jusqu'en avril 1793. Patriote zélé, il donne les prénoms de Flore Pierrette Montmartre à sa fille née en mai 1791.

Au cours de la Révolution française, la commune porte provisoirement le nom de Mont-Marat.

En 1840-1845, la construction de l'enceinte de Thiers partagea le territoire de la commune en deux.

Au 1er janvier 1860, lors de l'extension de Paris au delà du mur des Fermiers généraux jusqu'à l'enceinte de Thiers, la commune de Montmartre fut dissoute et son territoire fut réparti comme suit :
la plus grande partie, située à l'intérieur de l'enceinte de Thiers, fut rattachée à Paris au sein du 18e arrondissement, appelé « Buttes-Montmartre » 
la petite partie restante, située hors des fortifications de l'enceinte de Thiers, fut rattachée à la commune de Saint-Ouen.

Montmartre a été l'un des lieux importants de la Commune de Paris en 1871.

Aux XIXe et XXe siècle, Montmartre a été un lieu phare de la peinture, accueillant des artistes comme Pissarro, Toulouse-Lautrec, Steinlen, Van Gogh, Modigliani, Picasso… Plus tard, les artistes peintres abandonnèrent peu à peu le quartier, préférant se réunir désormais dans celui du Montparnasse situé sur la rive gauche.

Historiquement, l'ancien territoire de la commune de Montmartre comprend la partie ouest du 18e arrondissement, la partie nord du 9e arrondissement ainsi qu'une partie du quartier des Batignolles, couvrant ce qui fut le territoire de l'Abbaye des Dames de Montmartre durant sept siècles.

 

Évolution démographique

En 1856, la commune comptait 36.450 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements des communes de plus de 10 000 habitants ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans72674 200780090064444 1962627327 n-copie-1Ci-dessous, l'angle de la rue Carbonnière et de la rue de ChartresAngle de la rue Charbonnière et de la rue de Chartres

Arrivée du nouveau funiculaire-1900

Arrivée du nouveau Funiculaire 1900

La Butte en 1900Butte Montmartre 1900Carrefour Marcadet et Mont CenisCarrefour Marcadet et Mont Cenis 1900Coin de la rue Stenqueke et de la rue RochechouartCoin rue de Steinkeque et rue Rochechouart-copie-1La construction du Sacré Coeur en 1908Cosntruction Sacré Coeur 1908-copie-1Angle des escaliers Eugène Atget et Ste MarieEscaliers Eugène Atget Escalier Ste Marie angle r-copie-1Les Jardins du Moulin rougeJardins du Moulin Rouge 1900-copie-1La dernière femme-écrivain de MontmartreLa dernière femme écrivain de MontmartreLe bas de la rue LepicLe bas de la rue LepicLe Maquis de MontmartreLe Maquis de MontmartreMontmartre en 1931 "Le Bol d'Or"Montmartre 1931 Bol d'OrPlace de ClichyPlace de ClichyPlace du Tertre en 1900Place du TertrePlace du TertrePlace du Tertre 1900Place Hébert en1941Place Hébert 1941-42Rue André Antoine et coin de la rue Véron. Passage de l'Elysée des Beaux-ArtsRue André Antoine-Coin de la rue VéronRue ChappeRue ChappeRue des AbbessesRue des AbbessesRue des Abbesses à gauche et rue Durantin à droiteRue des Abbesses à gauche et Durantin à droiteRue des SaulesRue des SaulesLa Place du Tertre en 1910Tertre 1910

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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 05:45

La basilique des Saints-Pierre-et-Paul est l'église principale de la ville belge de Saint-Hubert située en Région wallonne dans la province de Luxembourg. Ancienne église abbatiale de l'abbaye de Saint-Hubert (687-1797), elle fut élevée au rang de basilique mineure en 1927. L'église et le quartier abbatial font partie du Patrimoine majeur de Wallonie.800px-Saint-Hubert JPG02

 

La Basilique  450px-Saint-Hubert JPG02d

P1140868-copie-1

Derrière une façade baroque se cachent cinq nefs, un transept et un chœur construits en gothique flamboyant de type brabançon, sur des fondations romanes et à l'emplacement de plusieurs églises antérieures. Les reliques de saint Hubert transférées au IXe siècle dans la basilique (ancienne église de l'abbaye bén édictine) attirèrent de tout temps de nombreux pèlerins.P1140885

Histoire

Pour l'essentiel, la construction de l’église actuelle s’est étalée entre 1526 et 1564. L'intérieur des parties basses des tours date de 1230 environ. La voûte de la nef centrale a été élevée en 1683 (clés des bras du transept). Les voûtes des nefs latérales sont datées de 1564 (première clé de voûte du déambulatoire sud). La façade a pris son aspect actuel entre 1700 et 1702 (Frère Bérégise, bénédictin, et Jean-Arnold Hontoire).P1140886

P1140889De fréquents incendies de la cité abbatiale ont contribué à une modification des bâtiments, au fil des reconstructions successives. Le sac total opéré par les Huguenots français en octobre 1568 fut particulièrement dévastateur. Il faut ajouter à cela les spoliations par la France, puissance occupante, après 1795. Il subsiste aussi une des trois cryptes romanes, antérieure à 1080 et remaniée lors de la construction de l'abbatiale actuelle.P1140888vP1140890

Mobilier

Le décor général est de Jean-Arnold Hontoire ainsi que les autels latéraux, la sacristie. La statuaire a été réalisée par ses disciples, P.Vandervecken et R.Panhay de Rendeux, et surtout par Guillaume Evrard, le plus grand sculpteur liégeois du XVIIIe siècle, dont on peut admirer quatre des chefs-d'œuvres.

La basilique conserve un mobilier important :P1140891

  • P1140895L'autel de saint Hubert de 1648 de Nicolas de Fanson, avec retable de 24 émaux de Limoges du célèbre émailleur Didier, réalisé d'après la petite Passion d'Albrecht Dürer et un remarquable ensemble de sculptures dont la plupart se trouvent dans le chœur.P1140905P1140901
  • P1140904Les stalles, œuvre d’ébénisterie de qualité, terminée en 1733, ont été sculptées entièrement par Jean-François Louis, gendre de J-A Hontoire et construites par Pierre Martiny, menuisier borquin. Elles sont décorées de dix-huit panneaux de chêne sculptés en bas-relief et présentent les principaux épisodes des vies de saint Benoît et saint Hubert.
  • Les orgues classiques, installées dans un buffet à deux corps daté de 1685, ont été construites par Antoine le Picard de Noyon, elles comptent actuellement 44 jeux complets, elles ont cependant été fortement modifiées vers 1930.
  • Le cénotaphe de saint Hubert, sculpté par Guillaume Geefs en 1847, a été offert à l'église par le roi Léopold Ier de Belgique.
  • Enfin un ensemble de 16 toiles monumentales sont conservées et ont été réalisées entre 1840 et 1865: le chemin de croix par trois professeurs de l'Académie de Leuven, la conversion de saint Hubert par Lambert Mathieu et saint Hubert en prière dans la forêt par Maximilien Gillard, deux peintres importants de la région.P1140895

     P1140896

  •  P1140897

  • Saint-Hubert (en wallon Sint-Houbert) est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Luxembourg.

    Elle doit son nom à Hubert de Liège et est surtout connue pour sa basilique des Saints-Pierre-et-Paul, son abbaye et le hameau-musée Fourneau Saint-Michel.

    Géographie

  • Situation générale

    Saint-Hubert se situe au cœur de l'Ardenne belge, en Haute Belgique, à 61 km au sud de Namur et 60 km au nord d'Arlon. La ville se développe à proximité immédiate de la N89 reliant Bouillon (au sud-ouest) à Salmchâteau (au nord-est) et, dans une moindre mesure, à proximité de la N4 reliant Bruxelles à Luxembourg. Le point culminant de la commune (589,5 m) se trouve au nord-est de la ville, sur l'aérodrome militaire et il est seulement accessible via la route Hurtebisse.

     
    Tellin Nassogne Tenneville
      Saint-Hubert Sainte-Ode
    Libin   Libramont-Chevigny
    Localités de la commune

    Les sections de la commune sont Arville, Awenne, Hatrival, Mirwart, Saint-Hubert et Vesqueville. Les autres localités sont Fourneau Saint-Michel, Lorcy et Poix-Saint-Hubert.

    Histoire

  • Découvertes archéologiquesP1140911

    P1140912P1140914En 2010 débutent des fouilles archéologiques sur la place de l’Abbaye : Denis Henrotay, archéologue, responsable de l'étude du sous-sol de la place de l'Abbaye a mis à jour la « Porterie » de l'ancienne abbaye, déjà connue. Quelque temps plus tard, à la surprise générale, c'est une cave d'une villa romaine qui est apparue. Les fouilles progressant vers la Basilique, les chercheurs ont découvert de nombreux ossements enterrés à une petite trentaine de centimètres du sol pavé, vraisemblablement un cimetière que des centaines de milliers de personnes ont piétiné durant des siècles, sans le savoir. Des ossements d'hommes, de femmes et d'enfants, recouverts de linceul et qui dateraient du XIe voire XIIIe siècle.xP1140915

  • P1140916400px-0 Abbaye St-Hubert 100410 (1c)x


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    L'ancien palais abbatial.

    Ces découvertes archéologiques représentent un bond de 300 ans d'histoire dans la connaissance des origines de la ville. La villa gallo-romaine découverte est sans doute celle que, d'après les archives, on attribue à Plectrude, mais beaucoup plus tardive. On sait qu'elle a brûlé à la fin du IIIe siècle. Les Archives de l'État possèdent bien des documents de l'année 687, mais ils ne sont pas clairs, beaucoup de zones d'ombre subsistent. « J'ai lu et relu les textes. On dit que « Plectrude arrive dans une vaste solitude à côté de la fontaine Andage». Jusqu'à aujourd'hui, ces textes ne nous satisfaisaient pas. Avec cette découverte, cela devient plus cohérent ! Il s'agit bien de la villa qui est évoquée dans nos archives de toute façon. » affirme Thierry Scholtes.saint-hubert-basilique-color

  • Saint-Hubert

     

  • Autrefois nommé Andage, le futur village de Saint-Hubert vit s'installer une communauté religieuse, à l'aube du VIIIe siècle. À l'initiative de Pépin de Herstal et de son épouse Plectrude, la communauté se voit dotée d'importantes possessions au cœur du fisc royal d'Amberloup. Un siècle plus tard, vers 819, la première communauté est remplacée par une abbaye, dirigée par celui qui deviendra saint Beregise. Les récits hagiographiques du milieu du Moyen Âge s'efforceront de discréditer le premier noyau de religieux installés à Andage, et son remplacement par une communauté obéissant à la règle de saint Benoît. Accusés de mœurs dissolues, les premiers moines d'Andage ont plus probablement souffert de leur isolement, sur une terre ingrate, parmi une population sans doute encore peu au fait des croyances chrétiennes. C'est peut-être dans cette même direction qu'il faut chercher la translation à Andage du corps de l'évêque de Liège, en 825. L'ancien évêque de Liège, déjà révéré dans son évêché, contribua largement au développement de l'abbaye d'Andage, à tel point que le nom de la ville évolua pour prendre le patronyme de Saint-Hubert.

    Vie et légende de Saint Hubert800px-Saint-Hubert JPG00

     
    L'église Saint-Gilles-au-Pré

     

  • Hubert, fils de Bertrand, duc d'Aquitaine et arrière-petit-fils de Clovis est né vers 660. Il a été nommé évêque de Liège vers 700. Cet évêché comprenait anciennement le territoire actuel de la province de Liège, certaines parties des provinces d’Anvers, du Brabant, de Namur et de Luxembourg, ainsi que du Limbourg (belge et néerlandais). Au début, le lieu de résidence d’Hubert se trouvait à Maastricht, mais vers 710, celui-ci vint s’établir à Liège. Il est considéré comme un des fondateurs de la ville de Liège. Il fut évêque à une époque où il y avait encore beaucoup de régions non christianisées. Il voyageait à cheval ou en bateau à l’intérieur de son évêché pour y évangéliser les personnes habitant ces contrées, ce qu’il fit jusqu'à sa mort en 727. Ses bienfaits furent très vite reconnus par l’Église et il fut d’ailleurs sanctifié dès le 3 novembre 743.

    Depuis le XVe siècle, la légende rapporte qu’alors qu’Hubert chassait un Vendredi Saint, il fit la rencontre d'un cerf blanc portant une croix lumineuse au milieu de ses bois. 24168010Celui-ci lui ordonna de se convertir et de vouer sa vie à l'évangélisation. De retour à Liège, il fut condamné par l’évêque Lambert à payer une amende et à faire un pèlerinage. Arrivé à Rome, le pape le désigna comme successeur de l’évêque Lambert, qui venait d’être assassiné.

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    La basilique et le quartier abbatial
     
    Temps Modernes

    Abandonnée en 1797, l'abbaye fut démembrée et ses biens vendus. Sous l'occupation française puis hollandaise, le palais abbatial accueillit pendant une décennie l'administration du département des Deux-Ourthes, avant de sombrer dans la léthargie qu'on lui connaît encore aujourd'hui.

    Héraldique

    Blason Saint-Hubert.svg
    La ville possède des armoiries.
    Blasonnement : D’azur à la rencontre de cerf crucifère soutenu d’un cor enguiché, le tout d’or.
    • Délibération communale : 7 avril 2000
    • Arrêté de l'exécutif de la communauté : 24 août 2000
    Source du blasonnement : Lieve Viaene-Awouters et Ernest Warlop, Armoiries communales en Belgique, Communes wallonnes, bruxelloises et germanophones, t. 2 : Communes wallonnes M-Z, Communes bruxelloises, Communes germanophones, Bruxelles, Dexia, 2002 .

     

     

    Économie et tourisme

    Ressources naturelles

    Saint-Hubert est un centre touristique important de l' Ardenne . La ville jouit d’un vaste environnement boisé, partagé entre possessions privées, communales et royales. La forêt de Freyr et le domaine Saint-Michel sont ainsi deux ensembles contigus de forêts mixtes proposant une grande variété de paysages et une qualité biologique exceptionnelle sur près de 30 000 hectares (partagés entre plusieurs communes). La pratique du tourisme cohabite avec celle de l'exploitation forestière, des études agronomiques et de la chasse.images

    200811141404Les "Sonneurs" et en dessous, un chien de chasse de la race des "Saint-Hubert"3010702089 1 5 48PneyZn
  • Patrimoine

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    800px-Fourneau St-Michel JPG0Le musée de plein air de Fourneau Saint-Michel.

    Les principales curiosités touristiques de Saint-Hubert sont:

    Aérodrome
    Article détaillé : aérodrome de Saint-Hubert.

    L'aérodrome civil de Saint-Hubert (Code ICAO: EBSH) fut créé en 1930. Il a servi d'école d'aviation dès 1934 sous l'autorité du capitaine Orta. Il fut cédé à l'État belge en 1946. L' Aéroclub des Ardennes y exerce ses activités depuis 1958 et le Centre national de vol à voile depuis 1960. On y trouve également une station météo, automatique depuis 2007. Le vol à voile est l'activité favorite à l'aérodrome de Saint-Hubert et des stages ADEPS permettent également de s'y initier à cette activité.

    Folklore et festivités

    • Cortège carnavalesque le samedi 43 jours avant Pâques.
    • Chaque année, le premier week-end de septembre, ont lieu les journées internationales de la chasse et de la nature.
    • Chaque été, dans le cadre du Festival de Wallonie, le Juillet Musical organise des concerts dans la ville et les villages voisins.
    • Le Borqtour, un festival de musique rock et electro logé sur la cour reliant la basilique à l'abbaye ayant lieu au début du mois d'août.

    Sécurité et secours

    La ville fait partie de la zone de police Semois et Lesse pour les services de police, ainsi que de la de la zone de secours Luxembourg pour les services de pompiers. Le numéro d'appel unique pour ces services est le 112.

    Personnalités liées à la commune

       
Commentaire

Jacques Charneux et Bernard Wodon écrivent à propos de l'édifice religieux :

« Unique en son genre au sud de la Meuse, l'ensemble abbatial hubertin possède la monumentalité, la grandeur et l'élégance ; aux formes archaïques parfois, racées souvent, éloquentes toujours1. »

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28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 18:57

  Je l'adore, ai ses disques depuis les années cinquante et le joue et le chante souvent. Je cherchais sa trace depuis longtemps car il avait complètement disparu de la circulation. Il est mort à Québec à 65 ans (1987). C'est un tout grand. L 'écouter sur youtube images

 

Stéphane Golmann (né Stéphane Louis Golmann le 19 septembre 1921 à Montrouge (France, et mort le 10 avril 1987 à Québec, au Québec), est un auteur et chanteur francophone. Il est également traducteur et journaliste.

http://youtu.be/0ugA3v5l3TMhttp://youtu.be/0ugA3v5l3TM  Actualités

Biographie

Issu d'un père russe ashkénaze, ingénieur des mines et d'une mère liégeoise, Stéphane Golmann passe son enfance en Tunisie. En 1934, la mort de ses parents le fait rentrer en France. Après des études à la Sorbonne puis à l'école d'ingénieur mécanicien de Rochefort , l'Occupation l'oblige à quitter la France. Il passe alors en Angleterre, où il s'engage dans la Marine britannique. Il participera d'ailleurs au débarquement en Afrique du Nord en 1943.

Démobilisé en 1945, Stéphane Golmann s'intègre à la vie parisienne, en particulier dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés. Guitariste, il entre le 13 mars 1946 au Théâtre de la Gaîté-Montparnasse, tenu par Agnès Capri, en tant qu'accompagnateur. Il suit celle-ci, lorsqu'elle ouvre son propre cabaret, Chez Agnès Capri, cette fois-ci en tant que chanteur, où il interprète ses propres œuvres.

Pionnier des auteurs-compositeurs du Quartier Latin, il se fait rapidement une place parmi ses personnages marquants, interprétant un répertoire folk avant la lettre et toujours accompagné de sa guitare Aglaé.69dfda98381eae1b895fe669f121caf7

En 1946, il chante au Quod Libet de Francis Claude au côté d'autres débutants comme Léo Ferré, Catherine Sauvage ou Jacques Brel.

En juin 1950, il joue pour un mois au Trois Mailletz, puis à la Rose Rouge, Chez Gilles, fait partie des débuts du cabaret de l'Écluse... Il compose aussi des musiques pour les courts-métrages de Paul Paviot.hqdefault

En 1951, Yves Montand reprend la chanson Actualités écrite par Albert Vidalie et qu'avait créée Stéphane Golmann. Elle sera reprise l'année suivante par Les Frères Jacques, qui la populariseront.

À partir de 1952 et 1960, les éditions Costallat publient sous label Erato, trois 45 tours comprenant chacun 6 titres et quatre 25 cm de Stéphane Golmann.

En 1954, Juliette Greco reprend la chanson C'est à s'aimer, et Stéphane Golmann double la voix de Jiminy Cricket dans la version française du dessin animé Pinocchio de Walt Disney.

En 1955, il passe en vedette américaine de Roger Pierre et Jean-Marc Thibault à Bobino.

À partir de là, sa présence à Paris devient sporadique, il s'est installé à Londres et réapparait furtivement en avril 1957 pour l'enregistrement de son troisième disque pour Erato avant de disparaitre définitivement de la scène.93383

On sait qu'en 1959, il tient des fonctions au ministère des Affaires étrangères britanniques, qu'en 1963 il est au secrétariat des Nations Unies et qu'il enseigne le français à New York. Sans nouvelles de lui à Paris, on le croit mort, une rumeur le fait devenir clochard, on ne parle plus de lui qu'au passé...

En 1964, la firme Barclay reprend ses enregistrements Erato pour les publier sur un disque sous le label Bel Air.Stephane-Golmann-ma-guitare

En 1967, Stéphane Golmann se marie à Saint-Laurent au Québec où il s'est installé.

En octobre 1986, à la tête d'une agence de presse franco-québécoise, il revient à Paris bien vivant pour demander la réédition de l'intégrale des 33 tours Erato...

Le vendredi 10 avril 1987, il décède d'une crise cardiaque à Québec.xcv

Discographie

33 tours(1921-1987) - Auteur, Compositeur, Interprète

Stéphane Golmann naît à Montrouge en banlieue parisienne le 18 septembre 1921. Son père, ingénieur d'origine russe, emmène sa famille en Tunisie où il travaille. Stéphane Golmann y passe sa jeunesse. Il découvre la guitare par le biais du scoutisme. Ses études sont interrompues par la guerre. Il s'engage alors dans la marine, puis rejoint les forces alliées à Londres. Il participe au débarquement en Afrique du Nord. Démobilisé en juin 1945, il arrive à Paris avec une bourse d'étudiant et sa guitare.

En 1946, il se produit pour la première fois chez Agnès Capri. L'année suivante, il passe à la Rose Rouge (rue de la Harpe), tout comme Jacques Douai, un des premiers auteurs compositeurs interprètes à s'accompagner comme lui à la guitare. Il chante ensuite dans les cabarets de la rive gauche : le Quod Libet, les Assassins, Le club de l'Arlequin, les Trois-Mailletz... En 1951, il passe à l'Ecluse qui vient d'ouvrir.

Son premier album sort en 1952. Il contient notamment "Ma guitare et moi", "Les comédiens", "Actualités", "La Marie-Joseph". Le 5 juillet 1952, il présente et participe à La grande nuit de la rive gauche au Théâtre des Champs-Elysées aux côtés de Marc et André, des Frères Jacques, de Léo Noël et d'Agnès Capri.

En 1955, il enregistre un deuxième album ("La cravate Lavallière", "C'est à s'aimer que le temps passe", "La petite existentialiste"). De 1957 à 1962, il travaille à Londres comme expert international pour des missions d'assistance technique en Afrique. Un troisième album sort en 1958 ("Les visons", "L'art d'aimer", "La déclaration"). Il se produit de moins en moins.

De 1962 à 1970, il vit à New York et travaille notamment à l'ONU. Il enregistre en 1964 dans la ville américaine son dernier disque ("Les Juifs", "Le Fleuve", "Bilan"). Il passe pour la dernière fois sur scène en 1968 au Québec. Il s'y installe en 1970 et y vit jusqu'à sa mort le 10 avril 1987.

Stéphane Golmann a été chanté par Yves Montand ("Actualités"), Les Frères Jacques ("La Marie-Joseph"), Marc et André ("Actualités", "La Marie-Joseph"), Juliette Gréco ("C'est à s'aimer que le temps passe"), Myriam Makeba ("Le fleuve")...

 
 
 
 
 
Simples
  • 1952 (Erato, EV 102)
    1. La Marie-Joseph
    2. Les impondérables
  • 1952 (Erato, EV P 104)
    1. Mon Paris
    2. C’est à s’aimer que le temps passe
    3. La cigale et la coccinelle
    4. La Marie-Joseph
  • 1952 (Erato, EV P 105)
    1. Ma guitare et moi
    2. La conscience
    3. Les impondérables
    4. Les comédiens
    5. Le caissier
    6. Le cheval dans la baignoire
  • 1954 (Erato, EV P 106)
    1. Je crois en toi
    2. Chant des patrouilles
    3. À la claire fontaine
    4. Dodili
    5. Anapana dode
    6. Les Juifs
Réédition en CD
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