Les Halles de Paris était le nom donné aux halles centrales, marché de vente en gros de produits alimentaires frais, situé au cœur de Paris, dans le 1er
arrondissement, et qui donnèrent leur nom au quartier environnant. Au plus fort de son activité et
par manque de place, les étals des marchands s'installaient même dans les rues adjacentes.
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Elles sont le décor principal du Ventre de Paris d'Émile Zola.
Ce vaste marché qui s'y tenait jusqu'au début des années 1970 a été remplacé aujourd'hui par un espace vert (le Jardin des Halles), un centre commercial souterrain (le Forum des Halles), et
par de nombreux endroits consacrés aux loisirs (piscine, cinéma). La gare RER
Châtelet - Les Halles, située en dessous du complexe, est la plus grande gare souterraine du monde et permet un accès depuis toute la région parisienne.
Les Halles centrales
- 1137. Louis VI ordonne le transfert des deux marchés (marché Palu de l’île de la Cité et marché central de la place de Grève, devenus insuffisants face à l'accroissement de la ville) vers le centre de Paris, au lieu-dit Les Champeaux (« Petits Champs »), à l’endroit d’anciens marécages situés alors extra-muros, à l'emplacement actuel, y faisant construire une grande halle au croisement stratégique de trois voies importantes, la rue Saint-Denis, la rue Montmartre et la rue Saint-Honoré1.
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1181-1183. Philippe-Auguste achète la foire Saint-Ladre ou Saint-Lazare, située dans
les faubourgs du nord de la ville et dépendante de la léproserie située dans l'enclos Saint-Lazare, en
1183 ou 11813 et la transfère à
l'emplacement même des futures Halles. Deux bâtiments couverts sont élevés pour assainir le nouveau marché en 1183. Très intéressé par le développement de ce marché central, Philippe-Auguste
réglemente lui-même le commerce des denrées essentielles : viande, pain et vin. Quelques années plus tard, Philippe-Auguste acquiert l'entière propriété des terrains en payant une
redevance à l'évêché de Paris. Il s'agit d'un bazar immense où, sur des emplacements spéciaux, se vendent des denrées
alimentaires, du textile, des chaussures, de la mercerie. Les marchands s'installent sous des abris particuliers, proches des maisons où se trouvaient les commerces fixes des fabricants. C'est
ainsi que la rue de la Grande Friperie
devient le lieu des commerces de fripes. Progressivement, d'autres marchands viennent s'installer autour de ceux qui avaient déjà leur emplacement. Compte tenu de
l'augmentation des échanges, Philippe-Auguste fait construire les premières halles pour les drapiers et tisserands, mais le marché continue de s'étendre, de telle sorte qu'en 1269 Saint Louis fait construire trois nouvelles halles (le lieu au Moyen Âge continue à s'appeler le plus souvent la Halle en référence à celle de
1137) : deux marchés sont affectés aux drapiers, le troisième aux merciers et aux corroyeurs. À partir du XVIe siècle, on envisage sa réorganisation et l'élargissement des voies. La vente en gros des poissons aux Halles de Paris se
faisait non de gré à gré entre vendeurs et acheteurs, mais aux enchères et par l’intermédiaire d’officiers publics.
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1543. L'« édit de Réformation » de François Ier décide la reconstruction
des Halles pendant 29 ans. Il s'y prend de manière à ce que Paris y gagne, et le Trésor aussi. Au terme d'un édit du 20 septembre, il ordonne « la vente aux enchères des places vides des
halles » annonçant la renonciation des Domaines à la faculté de rachat ; en retour, les acquéreurs avaient obligation d'exécuter, dans des délais fixés, la démolition de bâtisses
existantes et la reconstruction de « maisons et manoirs commodes ». Jusqu'en 1572, on fait bâtir des
maisons avec, généralement, au rez-de-chaussée, des portiques ou galeries couvertes connus sous le nom de « piliers des Halles », qui disparaissent lors de la construction des
pavillons Baltard. Au centre de ces galeries
à arcades se trouve le « carreau », marché du pain, du beurre, du fromage et
des œufs.
- 1763. Construction de la halle aux blés par Nicolas Le Camus de Mézières. La coupole sera reconstruite par François-Joseph Bélanger en 1812.
- 1780-1789. Le cimetière des Innocents, situé à proximité, entre les rues Saint-Denis, de la Lingerie, de la Ferronnerie et aux Fers, est à son tour aménagé en marché aux fleurs, fruits et légumes, ce qui fait doubler de surface les Halles4. La Révolution française, puis le Premier Empire, modifient la conception urbaine de la ville. Le cœur de Paris souffre de problèmes d'hygiène et de sécurité et l'on commence à s'interroger sur l'approvisionnement de la capitale.
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En 1808, Napoléon Ier entreprend une réorganisation cohérente des marchés couverts et élabore une réglementation sur
l'abattage des animaux. Il projette de faire construire une halle centrale entre le marché des Innocents et la Halle aux blés.
- En 1842, les problèmes de circulation et d'hygiène continuant, le préfet Rambuteau crée la Commission des Halles, qui a pour mission d'étudier l'intérêt de garder les Halles à leur emplacement ou bien de les déplacer.
- En 1848, un concours d'architecture est lancé et est remporté par Victor Baltard.
- En 1854, après bien des tâtonnements et des hésitations et la présentation de projets alternatifs comme celui de Thorel, Victor Baltard présente son projet définitif en 1854. Il projette d'édifier douze pavillons couverts de vitrage avec des parois en verre et des colonnettes en fonte. Ces pavillons sont regroupés en deux groupes séparés par une rue centrale à ciel ouvert située au niveau du chevet de l'église Saint-Eustache (suivant le tracé de l'actuel Allée André-Breton), chacun des six pavillons des deux groupes étant réunis entre eux par des rues couvertes.
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Entre 1852 et 1870, dix pavillons sont construits, la construction des deux derniers s'achevant en 1936.
Chaque pavillon a sa spécialité (le numéro 3 pour la viande, numéro 9 pour le poisson...). Les fruits et légumes sont
vendus sur le Carreau, dans les allées couvertes et sur les rues alentour. Les caves abritent lotisseurs-gaveurs, cabocheurs, pétrisseurs de beurres, compteurs mireurs d’œufs…

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- 1960. Le 14 mars, le transfert du marché des Halles à Rungis et à La Villette est décidé.
- 1963. Le préfet de Paris propose la rénovation de la rive droite, de la Seine à la gare de l'Est. 670 hectares et 150 000 habitants sont concernés. Le projet est repoussé, mais le Conseil de Paris crée une Société d'études d'aménagement des Halles et secteurs limitrophes.
- 1968. Les premiers projets d'aménagement sont repoussés par le Conseil de Paris. La surface de rénovation est réduite de 32 à 15 hectares, le reste fera l'objet d'une réhabilitation. Un aménagement souterrain est envisagé.
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1969. Transfert du marché vers
Rungis et La Villette entre le 27 février et le 1er mars. Cette opération considérée à l'époque comme étant le « déménagement du siècle » concerna 20 000 personnes, 1 000 entreprises de
gros, 10 000 m3 de matériel, 5 000 tonnes de marchandises et 1 500 camions10. Les 3 et 4 mars suivant, le marché de Rungis ouvrait officiellement ses portes.
En attendant, le début des travaux de démolition qui interviendront deux ans plus tard, le préfet de Paris autorise l'organisation de manifestations culturelles dans les pavillons. - Le président de la République, Georges Pompidou, décide de construire un centre culturel à Beaubourg.
- 1970. Création d'une zone d'aménagement concerté, décision d'aménager le futur quartier de l'Horloge.
- 1971. Démolition des six premiers pavillons situés à l'est de la rue Baltard pour permettre la construction de la gare RER et du Forum.
- 1973. Démolition des pavillons de la viande, des îlots sud des Halles et des îlots Beaubourg. Pendant l'été, le film de Marco Ferreri, Touche pas à la femme blanche !, est tourné dans le « trou » des Halles. Celui-ci apparaît aussi dans Le Locataire de Roman Polanski.
Deux de ces pavillons seront préservés :



• Le no 8, qui abritait le marché aux œufs
et à la volaille, est démonté et reconstruit à Nogent-sur-Marne pour y abriter une salle de spectacle baptisée
« Pavillon Baltard ». Ci-desus les Halles Baltard lors de leur destruction en 971.
• Le deuxième qui est présent dans un parc de la ville de Yokohama au Japon, ne reprend que la
partie haute de la structure originale en fonte.
Les matériaux de construction de l'ensemble des pavillons ainsi démolis seront vendus au prix de la
ferraille.
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1974. Élu président de la République, Valéry Giscard d'Estaing décide
l'abandon du centre de commerce international et la création d'un jardin à son emplacement.
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1975. Le projet choisi par les Parisiens est rejeté au profit dans un premier temps de celui de l'architecte espagnol Ricardo Bofill puis de Jean Willerval. Le centre commercial « le Forum » est de l'architecte Claude Vasconi. Un concours est d'abord organisé pour
l'aménagement de la partie Lescot directement au-dessus de la gare RER. L'équipe composée des architectes
Georges Pencreac'h et Claude Vasconi l'emporte avec le projet du Forum des Halles, inauguré en 1979. Une deuxième consultation est par la suite organisée pour la partie aérienne, emportée par
Ricardo Bofill, dont le projet avance jusqu'à l'édification du gros œuvre à R+2, avant que le maire de Paris (Jacques Chirac) décide de tout raser en imposant à la place l'architecte Jean Willerval et ses « parapluies », inaugurés en 1983.
Ce sera un échec complet.
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1977. Inauguration de
la station du RER le 7 décembre, et déplacement de la station Les Halles de
la ligne 4 pour une meilleure correspondance.
- 1979. Inauguration du forum de commerce et de loisirs le 4 septembre.
- 1983. Construction de deux hôtels, de logements et de bureaux.
- 1985. Ouverture de la deuxième partie du Forum souterrain (architecte : Paul Chemetov).
- 1986. Aménagement des jardins par Louis Arretche.
- 1989. Inauguration du Parc océanique Cousteau en juillet.
- 2004. Un concours d'architecture est lancé par la mairie pour une rénovation totale du quartier. Quatre équipes d'architectes sont sélectionnées : Jean Nouvel, MVRDV/Winy Maas, OMA/Rem Koolhaas et David Mangin. Le 15 décembre, le maire de Paris Bertrand Delanoë annonce le choix de la commission d'appel d'offres pour le réaménagement des Halles de Paris. C'est le projet de l'architecte et urbaniste français David Mangin qui remporte les suffrages, plus pour son parti pris que pour le projet en lui-même qui ne sera pas concrétisé tel quel. Son rôle est de coordonner la mise en œuvre du projet, dont il réalisera une partie. Les conditions qui ont amené à ce choix déclenchent une polémique importante chez nombre d'observateurs de l'urbanisme parisien. Un concours international sera organisé, afin de déterminer le projet définitif. Les premiers travaux devraient commencer en 2009.
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2007. En juillet 2007, les architectes français
Patrick Berger et Jacques Anziutti gagnent le projet
du futur « carreau des Halles », qui devrait remplacer l’actuel Forum des Halles.
- 2010 : en avril, début des travaux de réaménagement.
À partir du 17 mai 2011, fermeture d´une partie la rue des Halles à la circulation des voitures.
Ce « ventre de
Paris », évoqué par Zola du temps des marchés de gros, est devenu le « cœur » de la capitale, avec
une ville souterraine sur plusieurs niveaux. C'est à la fois :
- la plus grande gare de la ville, Châtelet - Les Halles, avec trois lignes de RER, cinq de métro, 15 de bus et 13 de Noctiliens où passent en moyenne 800 000 voyageurs quotidiens ;
- le plus fréquenté des centres commerciaux, le Forum, avec ses 41 millions de clients annuels, comprenant 23 salles de cinéma ;
- la piscine la plus fréquentée ;
- un jardin de plus de quatre hectares ;
- de nombreux équipements publics ;
- un réseau de voiries, essentiellement souterraines.
Malgré tout, certains reproches ont été formulés, notamment que le lieu manque de surface alimentaire et d'une bonne signalisation.
Les différentes halles
L'ancienne halle au blé était autrefois entre les rues de la Tonnellerie et de la Fromagerie sur la place des Halles.
Ce marché étant devenu trop petit, la ville décide en 1762 de transporter le marché de la place des Halles à
l'hôtel de Soissons acheté par la ville
quelques années auparavant.
La Halle au blé et aux farines, est construite de 1763 à 1767, et Nicolas Le Camus de Mézières en est l'architecte.
Celle-ci est construite sur l'emplacement de l'hôtel de Soissons, dont on distingue encore aujourd'hui
la colonne astronomique de Catherine de Médicis, possède une coupole en bois, construite en 1782, laquelle brûla en 1802. Cette coupole est remplacée par une nouvelle structure en fer, recouverte dans un premier temps de feuilles de plomb, puis de vitres
qui, elle-même subit un nouvel incendie en 1854. De nouveau rénové, l'édifice devint le siège de la Bourse de commerce.
- Fief des pelletiers et autres mégisseurs, leur installation dans le quartier du Jardin des Plantes (Ve arrondissement) n'est pas très ancienne, même si l'Institution, elle, est multiséculaire. Saint Louis installe la première Halle dans le quartier des Innocents, rue de la Lingerie.
- 1785. Celle-ci est transférée rue Mauconseil, sur l'emplacement de l'ancienne Comédie Italienne, où elle demeure jusqu'en 1866.
- 1866. La nouvelle Halle aux cuirs est inaugurée le 18 mars. Construite sur des dépendances de l'ancien Hospice des Cent filles, elle occupe une superficie d'un hectare situé à l'emplacement de l'actuelle Faculté de Lettres Censier dépendant de l'Université Paris 3, et forme donc un quadrilatère borné par les rues Censier, de la Clef, de Santeuil et du Fer-à-Moulin. En plus des bureaux, le bâtiment est doté d'immenses magasins dont l'entrée principale se trouvait rue de Santeuil ; une cour de 1 350 m2 formant le carreau de la Halle ; au-dessus sont installés deux étages de magasins ; au-dessous, d'immenses souterrains servent de caves pour y recevoir huiles, essences, vernis et tout corps gras indispensable à la mégisserie. Une ordonnance de police du 12 mars 1866 en fixe le fonctionnement et les heures d'ouverture, de fermeture et de vente.
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1906. Dans la nuit du 11 au 12 mai,
elle subit un terrible incendie qui la détruit totalement.
La halle au cuir ne sera pas reconstruite au même endroit, car le quartier où elle s'élevait s'était
complètement transformé en quelques années par la construction de nouvelles habitations dont les occupants ne seraient pas accommodés des inconvénients de ces industries mégissières toutes
proches. D'autant plus que la prison Sainte-Pélagie, situé dans le quartier, fut désaffectée
et démolie en 1899. Tandis que la Bièvre, envahie jusqu'ici par les
pestilences des abattoirs, des hôpitaux, des égouts, des industries pelletières (tannerie et teinturerie) fut désormais recouverte sur cette partie de son cours.
Fief des maîtres drapiers et des maîtres tapissiers, elle se trouvait à l'emplacement des Gobelins dans le Ve arrondissement.
Bâtie en 1810 par l'architecte Célestin-Joseph Happe, elle était située quai des Grands-Augustins.
Fief des herboristes et des maraîchers, elle est présente dans de nombreuses villes de France. Pour des raisons historiques, elle était à Paris située dans le Pavillon fruits et légumes des Halles centrales.
Ouverte le 28 mars 1774 par Nicolas Lenoir, elle était située entre les rues de Pontoise et de Poissy.
Bâtie en 1811 par Jacques Molinos, elle était située rue du Temple.
Fief des marchands de vin, appelés familièrement « les pinardiers ». Elle se trouvait depuis 1666, quai Saint-Bernard, sur l'emplacement de l'actuel Campus de Jussieu (Faculté des sciences), toujours dans le Ve arrondissement de Paris, le long de la Seine d'où les chalands arrivaient. Construite de 1958 à 1972, la Faculté est inaugurée en 1970 (Paris VII) et en 1971 (Paris VI). Durant longtemps on l'appela familièrement « la faculté des Sciences de la Halle aux vins » et sa grande tour « la tour Zamanski », du nom du doyen de la faculté. Ces appellations non officielles sont passées de mode aujourd'hui. On trouve également, sur l'ancienne emprise de la halle aux vins, l'Institut du Monde arabe inauguré en 1987.



