La Seine fait partie du
paysage parisien. On peut considérer qu'elle coupe Paris en son milieu même si la rive droite occupe un espace plus important que la rive gauche. Dans Paris, sa longueur occupe près de 13 kilomètres, avec une profondeur variant entre 3,40 et
5,70 mètres1. Sa largeur varie, elle, de 30 à 200 mètres. La retenue normale
du bief de Paris, c'est-à-dire l'altitude de la surface par rapport au niveau de la mer, est de 26,72 m2. À Paris, la Seine est traversée par 37 ponts dont 4 passerelles accessibles uniquement aux piétons.
Historique
La présence d'hommes sur les bords de la Seine est attestée dès le néolithique, notamment par la découverte de restes d'embarcations et autres objets dans des fouilles à Bercy dans les années 19904.
Le pilier des Nautes, conservé au Musée national du Moyen Âge des Thermes de Cluny à Paris, nous rappelle que la navigation sur la Seine était déjà intensive aux premières années de la conquête romaine.
C'est de cette même époque que date vraisemblablement le premier pont de Paris, le Petit-Pont, construit à l'un des endroits où la Seine est la plus étroite, et maintes fois démoli et reconstruit au même emplacemen.
A une époque plus froide qu'aujourd'hui, il arrivait assez fréquemment que la Seine charrie des glaçons, voire soit prise par les glaces. La première mention avérée de gel de la Seine à Paris date de l'hiver 291-292
La Seine a, dès le milieu du IXe siècle, favorisé les invasions normandes. En mars 845, par exemple, les Normands qui ont remonté la Seine depuis son embouchure, arrivent à Paris qu'ils pillent. Ils ne se retirent que contre une rançon de 7 000 livres d'argent. D'autres assauts suivront pendant un demi-siècle environ.
En 1170 la corporation des « marchands de l'eau » reçoit du roi Louis VII le monopole du commerce sur la Seine. Sur leur sceau figure la nef qui se trouve encore dans les armoiries de la ville de Paris.
Vieilles photos de la Seine, de ses quais, de ses
ponts
Le 9 août 1803, expérimentation du bateau à vapeur de Robert Fulton sur la Seine.
Les premiers bateaux-lavoirs furent ancrés en Seine en 1851, et atteignirent rapidement la centaine. L'arrivée de l'eau courante dans les immeubles parisiens entraîna leur disparition progressive jusqu'en 1937.
Lors de la guerre de 1870, les Parisiens, assiégés par les Prussiens et sans communication avec l'extérieur, tentèrent de recevoir du courrier enfermé dans des boules métalliques, dites « boules de Moulins » mises à l'eau en amont de la capitale. Aucune ne fut cependant recueillie dans Paris même.
La ligne 4 du métro fut la première à traverser la Seine en souterrain, en 1908.
La Seine à Paris ne comporte aujourd'hui que deux véritables îles : l'île de la Cité et l'île Saint-Louis.
L'île de la Cité ne prit sa physionomie actuelle qu'au début du XVIIe siècle, lors de la construction du pont Neuf, à l'occasion de laquelle furent rattachés à l'île principale les îlots aux Juifs et des Vaches.
L'île Saint-Louis s'appelait à l'origine Notre-Dame quand elle fut coupée en deux par un canal, au milieu du XIVe siècle. De ce fait, l'îlot amont prit le nom d'île aux Vaches et l'îlot aval garda le nom d'île Notre-Dame. Les deux îles ne retrouvèrent leur unité que dans les premières années du XVIIe siècle, et devinrent alors un nouveau quartier résidentiel. Le nom de Saint-Louis lui fut donné en 1725, remplacé par celui de Fraternité pendant la Révolution.
L'île Louviers, à l'origine des Javiaulx, était située entre le boulevard Morland et le quai Henri-IV. Elle fut rattachée à la rive droite en 1843.
L'île Maquerelle se trouvait entre la rue de l'Université et la Seine actuelle. Constituée à l'origine de petits îlots (des Treilles, aux Vaches et de Longchamp), elle fut rattachée à la rive gauche sous le premier Empire. Proche de là se trouvait également l'île Merdeuse.
L'Île aux Cygnes n'est en réalité qu'une digue créée en 1825 au moment de la construction du pont de Grenelle12,13
Les Parisiens ont bu de l'eau de Seine de tout temps, mais dès l'époque romaine des eaux de source de meilleure qualité furent amenées à Paris. On notera cependant en 1605 l'installation d'une pompe sur le Pont-Neuf, dite de la Samaritaine, qui fonctionnera jusqu'en 1813. De même, celle du pont Notre-Dame fonctionna de 1673 à 1858. Les porteurs d'eau, corporation mentionnée dès 1292, apportaient à domicile l'eau puisée dans la Seine ou prise aux fontaines publiques, et ne disparurent qu'à la fin du XIXe.
Aujourd'hui, la Seine à Paris ne fournit plus à proprement parler d'eau potable aux Parisiens, puisque les eaux de surface utilisées proviennent d'Evry et Orly, loin en amont.
Les crues de la Seine font partie intégrante de l'histoire de Paris.
Il semble bien que la première mention d’une crue soit celle de l’empereur romain Julien durant l’hiver 358-359.
Le chroniqueur Grégoire de Tours a relaté ensuite celle de 582.
Les crues ont souvent été fatales aux ponts de Paris. Ainsi, en 1280, une crue du fleuve emporte le Grand-Pont. En décembre 1296, une nouvelle crue d'une ampleur exceptionnelle emporte tous les ponts de Paris (qui à l'époque supportaient des habitations).
Quant à la crue la plus importante de l’histoire parisienne, connue avec une certitude suffisante, c'est celle de 1658.
Mais la crue historique la plus présente encore dans la mémoire des Parisiens est celle de 1910 qui dura 9 jours, du 20 au 28 janvier 1910. Le 21 janvier, elle pouvait atteindre à certains endroits près de 9,50 m. De nombreuses cartes postales en ont montré les ravages, tels les abords de la gare Saint-Lazare entièrement sous les eaux.
RETOUR SUR LA CRUE DE 1910
En janvier 1910, Paris connait pendant 8 jours une montée des eaux exceptionnelle atteignant une hauteur d’eau de 8,62 mètres à la station de Paris-Austerlitz, soit pratiquement 8 mètres de plus que le niveau habituel.
Cette crue, dite centennale*, est le résultat de plusieurs épisodes successifs de fortes pluviosités sur un sol saturé. Près de vingt mille immeubles sont inondés dans la capitale et trente mille maisons sont sinistrées en banlieue. Partie des quais, l'eau gagne les caves, sature les égouts, inonde les grands chantiers du métro et envahie de nombreux quartiers de l’Est parisien. L'inondation fera un mort et paralysera Paris pendant deux mois. Les dégâts seront évalués à 1,6 milliard d’euros (en valeur actuelle).
Ci-dessus à la Gare St Lazare
La mode des bains dans la Seine apparut au milieu du XVIIe siècle, et ce dans le plus simple appareil. Les femmes se baignaient de leur côté plus ou moins masquées par de grandes toiles tendues. La fin du siècle vit l'interdiction de ces bains sans vêtement.
Des bateaux appropriés aux bains froids dans la Seine apparurent à la fin du XVIIe, rapidement séparés pour les hommes et les femmes. Ils furent suivis de bateaux appropriés aux bains chauds, eux-mêmes suivis puis supplantés par les bains-douches terrestres, que l'on connait encore aujourd'hui.
Il y a encore soixante ans, on pouvait se baigner dans la Seine. Toutefois, la baignade est interdite depuis 1923 Le 28 novembre 1988, le maire de Paris, Jacques Chirac, avait proposé de lancer une opération de dépollution de la Seine et promit d'être le premier à pouvoir s'y baigner en 1994, ce qu'il n'a encore pu réaliser à ce jour (2012).
La célèbre piscine Deligny,
installée à proximité du pont de la Concorde depuis 1801, ayant coulé en 1993, la ville de
Paris a mis en service en 2006 la piscine flottante Joséphine-Baker aux pieds de la
Bibliothèque nationale de France, dans le 13e arrondissement.
La piscine Deligny, ou bains Deligny, était une piscine flottante, sur la Seine, dans Paris, amarrée sur la rive gauche (quai Anatole-France, dans le 7e arrondissement), qui coula le 8 juillet 1993.
Cet établissement de bains, qui regroupait un solarium, une piscine et un bar-restaurant, était aménagé sur 12 barges à proximité de l'Assemblée nationale. Son histoire commence en 1785, quand les premiers bains sur pilotis furent installés. En 1801 fut créée une école de natation par le maître-nageur Deligny à l'emplacement actuel de la piscine. À l'hiver 1840, le bateau Cénotaphe, construit pour aller recueillir les cendres de Napoléon à Sainte-Hélène, a été utilisé pour la rénovation des bains.
À partir des années 1970, le solarium supérieur de la piscine fut un haut lieu d'exposition des seins nus à Paris. Le député Emmanuel Hamel a écrit une lettre de protestation au ministère de l'Intérieur en août 1973, en raison de la proximité de la piscine avec l'Assemblée nationale ; elle ne fut pas suivie d'effet, mais le directeur de la piscine réserva un secteur du solarium pour les adeptes du monokini, dont l'entrée était interdite aux enfants
Économie
La traversée de Paris par la Seine en fait un atout économique. Dans ce but, on a également créé
des canaux comme le canal Saint-Denis.
Bords de Seine
Deux-cent-quarante bouquinistes sont installés sur les quais de la Seine, rive droite comme rive gauche, depuis le XVIIe siècle avec des fortunes diverses selon les époques.
Sur les bords de Seine, se trouvent de nombreuses promenades, ainsi que, sur certaines portions
aussi bien de la rive droite que de la rive gauche, une voie rapide pour véhicules automobiles.
Le dimanche, ces « voies
sur berges » sont fermées aux véhicules et réservées aux piétons, vélos et rollers.
Depuis l'été 2002, pendant un peu plus d'un mois chaque année, l'opération Paris-Plage accueille diverses animations au milieu
des plages de sable et d'arbres en pot.

Paris
Plages est une opération estivale menée par la mairie de Paris
depuis 2002. Chaque année, entre juillet et la mi-août, sur 3,5 km, la voie sur berge rive droite de la Seine et la place de
l'Hôtel-de-Ville ainsi que des sites annexes — comme le bassin de la Villette depuis 2007 —
accueillent des activités ludiques et sportives, des plages de sable
et d'herbe, des palmiers… La circulation automobile est interrompue sur cette portion de la voie rapide
Georges-Pompidou pendant la durée de l'opération, de son installation à son démontage.
La ville française pionnière de ce genre d'opération a été Saint-Quentin (Aisne) dès 1996. Les difficultés sociales d'une partie des 60 000 habitants ont incité la municipalité à transformer la place de l'Hôtel de ville en plage avec sable, jeux et bassins. L'opération se poursuit chaque année depuis lors. Cependant, depuis 2002 et l'exemple médiatisé de Paris, de nombreuses villes françaises et capitales étrangères ont repris cette idée, comme Berlin, Bruxelles, Budapest, Prague ou Metz.
A l'automne 2012, la voie rive droite a été réaménagée pour rendre le bord d'eau accessible aux piétons. Elle reste par contre interdite aux cyclistes.
Depuis le printemps 2013, la voie basse de la rive gauche (du Musée d'Orsay au pont de l'Alma) a
été réaménagée en zone piétonne équipée d'installations diverses (bancs, tables de jeu, restaurants, jardins flottants.
Transports sur la Seine
- Le transport des passagers sur la Seine a été organisé dès 1886, lors de la création de la Compagnie générale des bateaux parisiens, dont la ligne allait de Charenton à Auteuil-Point-du-Jour, avec embarcadères intermédiaires aux ponts National, de Tolbiac et d'Austerlitz. Cette compagnie disparut en 193424.
- 1er mai 1989[réf. nécessaire] : inauguration du service de Batobus entre la Tour Eiffel et le Jardin des Plantes25.
- Péniches, qui sont également le lieu de résidence de certains Parisiens
- Bateau-omnibus (« Bateaux Mouches » est une marque déposée)
- Voguéo (service fluvial pour voyageurs à partir de 2008)



























