te "d'avant et après" La porte d'entrée va devenir une baie vitrée en creux, rentraLe samedi 6 janvier, j'en suis déjà à ma 36e séance de chantier, en plein hiver et dans une maison ouverte à tous les courants d'air. je travaille au niveau du coin de feu. Construire une cheminée, fracasser le beton du sol, boucher la porte d'entrée et faire une fenêtre à la place etc..Je vais aligner des photos en planches de deux ou de trois photos qui montreront l'avancée des travaux entre octobre 78 et Juillet 1979.
D'abord la façade avant. Ensuite la façade arrière côté jardin
Une ported d'entrée vitrée revenant à l'interieur du hall de la maison de manière à amener un maximum de lumière. 
La porte de gauche va devenir une fenêtre. Ce sera notre futur coin de feu. Il faudra pour commencer que je fracasse le béton, recoule un béton de niveau, fasse une chape, soutienne la cheminée croulante du feu ouvert avec une colonne de pierres de schiste, relève les poutres du plafond, en remplace certaines, arrache tous les planchers qui sont pourris et rehausse les murs car les pièces sont trop basses (Il y a 350 ans les gens étaient nettement plus petits)
Un entrepreneur Robert Genin, travaille dans l'écurie avec un de ses hommes, dès le 31 Décembre 1978. En lever les poutres du plafond trop basses et inutilisables (futurs totems au bord de l'Etang) et percer de grandes baies dans les murs de schiste
Voici l'arrière du batiment. La future cuisine sera à droite, je transformerai la fenêtre en porte, l'excroissance c'est le poulailler et au-dessus on amènagera une chambre d'amis qui est devenue mon bureau ( étant donné que je n'ai plus d'amis..Oh c'est une blague). La fenêtre à gauche est l'ancienne porte du fenil donnant sur la grange qui deviendra mon atelier. Sous cette fenêtre on ouvrira une grande baie et une deuxième, dans le pignon de gauche. Epaisseur de murs entre 60 cms et un mètre. Sur la gauche dans l'écurie et dans l'atelier je vais construire une cheminée de 9 mètres de haut en blocs, contenant trois rangées de boisseaux, une pour le feu ouvert que je vais construire dans l'écurie, futur living, une pour un feu ouvert en fonte que je vais installer dans l'atelier et une troisième pour le chauffage central, alimenté par une chaudière qui se trouvera dans un garage que je construirai en Juillet avec mon beau-frère Jean-Pierre Ransonnet et qui n'est pas encore présent sur ces photos-ci.
Et puis voici le fameux coin de feu avec un escalier que je déplacerai au 1er étage et au sol ce fameux béton imitant un carrelage mais qui n'est pas de niveau. Je vais devoir tout fracasser à la masse, travail de forçat, afin de réduire ce béton en bricaillons, qui soutiendront
le beton que je mettrai ensuite. Je tiens à signaler que je n'ai même pas de bétonneuse. Je prépare mon mortier à la main sur une tôle et on peut le voir sur cette photo; mélange de sable jaune, de sable du Rhin et de ciment. Je gâche comme on dit. Je n'ai jamais fait celà de ma vie mais très vite je vais devenir un maçon passionné.
Je bouche la porte d'entrée et en fais une fenêtre, je plâtre les murs avec de la chaux hydrofuge, on vient me placer les canalisations électriques et les tuyaux de chauffage et en Juillet c'est ma femme et sa soeur qui vont s'atteler aux carrelages, un vrai métier, tandis que Jean-Pierre et moi sommes à la construction du garage.
Tous ces travaux, la manière de les éxécuter, je me les fais expliquer par les deux hommes de métier qui travaillent dans l'écurie. J'ai la chance de travailler une maison très primitive et donc de pouvoir me permettre des erreurs minimes. Mes murs ne sont pas droits mais ils n'en n'ont que plus de charme.
Et puis il y a ce feu ouvert. Le manteau en bois s'effondrait car il était uniquement soutenu par une vieille poutre. J'ai donc soutenu ce manteau par une colonne de schiste sur la gauche, apprenant comment placer les pierres d'angles. Et j'ai fait une sorte de terrasse, pour élever l'âtre. Quant aux murs je les ai entièrement rejointoyés à la main car c'était du sable qui coulait sans arrêt dans la pièce. Ici les carrelages ne sont pas encore rejointoyés. Cette pièce donne sur la cuisine et sur le jardin.
La cuisine que voici, avec un sol et
des canalisations à creuser pour évacuer les eaux usées et qui directement se sont remplis d'eau tant les sol est humide, une fenêtre à transformer en porte donnant sur le jardin, une fenêtre à ouvrir sur la gauche pour amener de la lumière car il n'y a pas d'autre ouverture. A droite il y a une cave non-enterrée, une vraie cave étant impensable étant donné la proximité du ruisseau et un terrain somme toute assez marécageux. Donc avant de couler les bêtons nous avons étalé des bâches imperméables sur tout le rez-de chaussée, à savoir sur une surface au sol d'environ 200 m2 sans compter le futur garage. Sur la gauche on voit la porte de la cave. Les poutres en chêne ont plus de 300 ans. 
Ci-dessous la cuisine en phase terminale. Le plan de cuisine se trouve sur la gauche. La porte donne sur le terrain et les deux potagers actuels. La cave à côté abrite le surgélateur et la machine à laver ainsi que le tableau d'électricité.
Depuis février, je ne suis plus seul, mon épouse étant venue me rejoindre à la fin des grands gels. Travailler à deux c'est tout différent
Nous sommes dans toutes les pièces à la fois car il faut aligner l'avancement des travaux. Outre la cuisine et le coin de feu, il faut travailler au 1er étage, la chambre de Valérie et la salle de bains, notre chambre au 2e étage et le grenier, le Hall d'entrée, qu'il faut terrasser, bétonner et dans lequel il faut construire un escalier en béton, seul accès possible aux étages. Je le ferai avec un menuisier pour construire le coffrage et je le remplirai de béton, ce béton que désormais je gâche devant le maison sur une grande tôle qui plus tard deviendra une peinture qui sera accrochée dans l'Atelier. Ce hall nous l'attaquons fin mars et j'en suis à ma 56e heure de travail. De temps en temps des amis viennent nous aider: les frères Devresse, les frères Bernard de Libramont, Frédéric Robaye, Francis Martinet, Michel de Paepe, Yvan Kerger et surtout le couple Ransonnet qui habite en Hesbaye et viendra nouis aider pendant 8 jours au mois de juillet 1979. Sans eux, nous n'aurions jamais terminé
En effet étant donné mon boulot je ne puis travailler que les fins de journées et les Week-ends, ainsi que pendant les vacances. Et nous ne pouvons pas traîner car nous payons un double loyer, celui de notre emprûnt et celui de la Banque à Libramont. Nous espérons donc pouvoir rentrer dans une maison habitable avant l'hiver. Voici deux photos du hall d'entrée, toujours avant et après.
L'escalier est construit, les murs, surélevés. Nous avons ajouté une passerelle afin que tout reste ouvert et amène de la lumière dans la grange. ( Nous ajouterons un velux dans le toit du côté sud (Façade)habitable). Le sol a été bétonné, chapé et carrelé. Il a fallu aussi construire un escalier, pour pouvoir accéder aux étages. La porte à droite donne dans l'écurie, futur Living (5V0m2) un WC qui se trouve sur la gauche
Voici le travail du 1er étage, côté salle de bains. D'abord arracher tous les planchers pourris, faire un coffrage en bois, puis couler un béton et faire une chape. Rejointoyer tous les murs et amener les canalisations. La baignoire sera placée dans la fond contre le mur et au centre je construirai, en blocs, une table pour les deux lavabos avec 4 poutrelles en sapin, assemblées avec de la colle forte
Sur la photo du haut nous sommes au niveau de notre chambre à coucher et nous surplombons donc la salle de bains. La fenêtre de la salle de bains (photo du milieu) a été agrandie et celle de notre chambre, créée de toutes pièces, tout en plan horizontal et de là on a une vue panoramique sur le jardin et sur la forêt
Pour faire le plancher de notre chambre, nous installerons des poutrelles en sapin, à niveau, au-dessus des poutrelles en chêne qui, elles ont irrégulières, puis nous clouerons des plaques d'aggloméré
Photo du dessous, à gauche, nous avons récupéré l'escalier de bois qui se trouvait dans le coin de feu, afin de pouvoir accéder à notre chambre
Et voici notre chambre sous toit (voir photos en fin d'article) que je terminerai avec Jean-Pierre Ransonnet en juillet, juste après que nous en ayons terminé avec le garage
La superbe colonne de schiste, on se croirait au Mexique, c'est la sortie du feu ouvert qui se trouve au rez-de-chaussée dans le coin de feu. A droite de cette colonne j'en ai construit une autre en grosses pierres de schiste afin de pouvoir séparer notre chambre du grenier. Cette deuxième colonne je vais la plafonner de façon à faire resortir la colonne principale qui est vraiment superbe, une petite pyramide aztèque
Un menuisier me fera une structure en bois pour fermer le grenier et faire un faux-plafond et je n'aurai plus qu'a clouer des plaques de gyproc et à les peindre. Dans le fond à gauche, on voit l'ancien pignon de la maison dont le toit de chaume a brûlé en 1928, ce qui a provoqué un rehaussement de la maison et la possibilté d'un deuxième étage. J'ai plafonné cette partie surélévée afin à la fois de faire resortir le vieux mur et d'apporter une maximun de lumière. Les vieilles maisons ardennaises ont très peu de lumière car elles comportent un minimum d'ouvertures, étant donne la rigueur des hivers à l'époque sur les plateaux ardennais. Pour rappel nous sommes à 440 mètres d'altitude et la forêt voisine culmine à 547 mètres. Ce n'est pas la montagne, d'ailleurs en belgique nous n'en avons pas, mais ce n'est pas la plaine non plus. Et nous avons aussi un grenier attenant dont je devrai isoler le plafond avec de la laine de roche et du gyproclEt pendant ce temps voici ce que devient l'Ecurie. Toutes les ancienne poutres en chène, rongées par les urines du bétail ont éte enlevées. Ensuite on a percé les grandes baies sous le contrôle de l'entrepreneur. Disons que je les ai aidés sans plus. Il a fallu étançonner très sérieusement de peur que tout l'immeuble ne s'écroule.
Ensuite il a fallu rehausser le mur de séparation qui était beaucoup trop bas, puis régulariser les flancs des ébormes baies creusées à force pieds de biche et cimenter des pierres de schiste en parvenant à faire des angles réguliers. C' est un véritable métier qui ne se pratique quasiment plus, les corps de métiers préférant mettre des blocs et les plafonner ensuite, ce procédé coûtant évidemment beaucoup moins cher en main d'oeuvre. On m'a montré comment faire et j'ai vite compris; mais celà prend un temps fou car il faut chaque fois choisir les pierres qui conviennent et les retourner dans tous les sens
En 2004, j'ai repratiqué ce métier en travaillant la porte qui sépare mon atelier de la galerie que j'avais fait construire au-dessus du garage, 25 ans plus tard
On voit ici les nouvelles poutrelles de sapin installées à une hauteur convenable car dans l'ancienne écurie, il fallait se baisser
J'ai dû aussi fracasser à la masse les mangeoires encore présentes sur la photos du dessus, mais il ne s'agissait que de briques enrobées de ciment avec un revêtement de ciment lisse par-dessus. Il ne s'agissait donc pas de pierre bleue. Il nous était impossible de garder ces mangeoires car nous devions installer nos meubles 'Aujourd'hui, il n'y a plus de meubles. Lors du divorce j'ai dit à ma femme de tout évacuer. les meubles ça prend vraiment trop de place
De ces briques rouges j'ai fait une oeuvre en construisant une sorte de village troglodyte saharien, rouge et jaune qui remplira un coin de mon atelier et que voici. Les briques rouges sont enrobées de mortier jaune
Et enfin voici l'atelier en transformation. Avec Jean-Pierre Devresse, je clouerai ensuite des plaques d'aggloméré, un travail infernal et puis avec mon menuisier-ardoisier Albert, nous mettrons, à deux échelles, de la laine de roche sur toute la sous-toiture et nous clouerons des plaques d'Eurothane de 5 cms d'épaisseur, de façon à rendre l'atelier vivable en hiver. une chambre en bois et en gyproc sera construite au niveau de la fenêtre de gauche, mon bureau actuel, quant aux deux à gauche, elles donnent sur la salle de bains et sur la chambre de ma fille.
Enfin au milieu du pignon de la première photo je construirai cette fameuse cheminée-colonne de 6m50 de haut, sans compter les 2m50 qui sont sous le planche. C'est de là au-dessus que mon échelle, car je n'ai même pas d'échafaudages va glisser m'entraînant dans une chute de 6 mètres. Miracle, je m'en sui tiré avec quelques contusions
Et voici le plafond de l'atelier complètement isolé et peint au latex ainsi que le Velux du côté de la façade Sud
En début de travaux, au mois d'octobre 1978, dans le grenier, j'ai sectionné à la pince un gros fil éléctrique, celui de l'arrivée d'électricité, tout simplement. Il y a eu un grand éclair, ma pince a sauté au plafond et je n'ai dû mon salut qu'à mes bottes de caoutchouc. Les 100.000 volts m'ont traversé de part en part.
Et voici Hercule sur le chantier. C'est une photo prise par Etienne Devresse. On dirait un film de Wenders (L'angoisse du gardien de but à l'heure du Penalty)
Quant au garage terminé en Juillet, il est en début de ce article. Celà fait 136 séances de travail depuis octobre 1978 et c'est loin d'être terminé. Après 200 séances, fin septembre 2008, nous emménagerons. En octobre j'isolerai le toit de l'Atelier, je terminerai le feu ouvert en y placant des briques réfractaires découvertes dans la forêt à Poix Saint-Hubert. Le carrelage de l'écurie et les radiateurs de l'écurie ne seront posés que par la suite car nous n'avons plus d'argent. J'ai calculé à l'époque que j'avais économisé 50.000 Euros en main d'oeuvre. Mais la maison est tout à fait habitable sur moins d'un an et nous pendrons la crémaillère le 27 octobre 1979