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LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


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Site traduit en Allemand :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/de/index.html

 

Site traduit en Anglais :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/en/index.html


Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
  • Contact

Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
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Archives

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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Jetez un oeil dans mes LIENS sur Richard OLIVIER, BIG MEMORY, mon ami Richard, Cinéaste belge, étant sur un gigantesque projet: Filmer tous les CINEASTES BELGES, morts ou vifs. Enfin, un artiste qui s'intéresse à ses pairs !http://www.bigmemory.be

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COHEN Eveybody Knows
Tibetan Song

Je suis sur les blogs pro-tibétains:

www.candle4tibet.org
www.ning.com

VENEZ M'Y REJOINDRE !

Christian VANCAU

29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 07:10

En août 1972, nous allons à Liège au mariage de mon ami turc d'Istanbul, officier de la marine marchande belge et nous allons passer une semaine là-bas, dans une maison très ouverte, tenue par sa compagne, devenue épouse, Marie-France, ancienne collègue de Céline, ma femme, chez Butch Couture, au Centre de Liège.

Mon ami Savac Manco(Pron.Savach Manccho)) est originaire d'Usküdar (Istanbul d'Asie). C'est un phénomène. Il a trois enfants d'une première épouse turque resté là-bas. Une fille Gondja et deux jumeaux, Oural et Altaï (deux montagnes turques). Il a aussi un fils de 10 ans environ qu'il a fabriqué avec une Bolivienne-médecin et qui vit en Bolivie avec sa mère

Voici les jeunes mariés après la cérémonie, chez eux, rue de l'Académie, notre ancien quartier, un mariage complètement délirant. qui se déroulera en soirée, principalement dans les cuisines-caves. C'est plein de jolies femmes que je vais draguer honteusement et ça va durer toute la nuit. Je prends la cuite de ma vie et me laisse mettre au lit par une allemande qui s'appelle Elisa Schubert. Et le lendemain je dois être à Libramont pour accueillir mon ami bulgare Maurice Rousseff alors que je suis dans "un état proche de l'Ohio". Voici une photo de moi en train de rocker dans la cave. J'ai toujours adoré danser le Rock. Le tout est de trouver des partenaires légères et nerveuses, ce qui est le cas ici. J'ai dansé le rock des nuits entières et celà m'arrive encore de temps en temps, mais plus des nuits entièresNous sommes revenus à Liège 48 heures plus tard pour un séjour de 4 ou 5 jours. Il y avait du monde tout le temps, des turcs, des flamands, des noirs, des arabes. Grande bouffe et picole. C'était la fête en permanence. Voici une photo d'ambiance pendant le repas de midi. De gauche à droite, Céline, Marie-France (tournée vers moi prenant les photos comme d'habitude), la tête blonde de ma fille Valérie, Elisa Schubert, Dorothée, allemande aussi et très jolie, mon ami Savac et un autre ami à lui, très sympa, aussi dans la marine, si je me souviens bien et qui ressemblait à Alain Bougrain-Dubourg

 

Bougrain-Dubourg. Voici quelques têtes de Turcs, de gauche à droite, Valérie ma fille, Elisa et moi, coiffé d'un chapeau caucasien. On s'y croirait !!!

Et puis mes deux amies allemandes, Elisa et DorothéeMarie-France, n'ayant pas d'enfants, elèvera les jumeaux, Ural et AltaÏ. Savas quittera la Marine après quelques années de navigation, et s'installera à son compte, achetant et vendant de tout, des pommes de terre aux tapis d'Orient. C'est un vrai commerçant levantin. Il s'occupera aussi des affaires de son frère Baris Manco devenu une immense star de la Musique Pop en Turquie

Enfin il se mariera encore quelques fois avec des filles très jeunes et fera d'autres bébés, dont une fille Himalaya, une autre Atlantik et puis je ne sais plus.....

 

Il y aura encore le mariage à Cambrai, de mon ami Boris Rousseff, le Bulgare, au mois de septembre. Il épouse la fille d'un médecin de Cambrai, Catherine et je suis commandité pour réaliser les photos de ce mariage très bourgeois1972 Mariage Roussef à Cambrai + Couple Vandeloise

Nous n'aurons pas fait de grands voyages en cette année 1972. Normal nous sommes encore en train de nous installer dans notre nouvelle vie ardennaise. Je forme peu à peu mon réseau d'agents et j'installe mon nouvel atelier au-dessus de la banque, mon premier atelier en fait, dans le grenier de la rue de Serpont. Néanmoins nous sommes allés deux fois à Paris et une fois à Cambrai

Je ne reverrai plus Boris car il finira par devenir le Directeur du département"Armement" des Poudrières réunies belges PRB à Bruxelles. Il n'acceptera pas ma critique, il y aura un échange de lettres sanglant et ce sera terminé. C'est la deuxième fois qu'un ami me fait le coup de devenir marchand de canon ou de poudre (aux yeux) et celà signifiera deux ruptures définitives

Boris le financier International de haute volée m'a écrit un jour et celà explique beaucoup de choses, notamment pourquoi on devient une sorte de tireur d'élite,   "Avec les femmes, le dialogue n'est possible que lorsqu'elles sont sur le dos" Une littérature des plus fines! Une vraie littérature de droite !

 

Et si Boris me lit, s'il vit toujours, il saura que je l'emmerde, lui, et tous les armateurs impuissants de l'Univers

 

S'il est mort, alors, "PAIX" à ses cendres ou plutôt à ses Poudres

 

Ah non  il n'est pas mort. Il a tort !!!Je le découvre ce mois de février 2013 sur Google

 
Allied Support Services
ASSIG
 

 

 

Boris Rousseff has had a

career in international finance and top management. He started as a financial analyst in the Budget Department of FORD Werke AG in Cologne, Germany. Next he was appointed European treasurer and international sales financing manager of JI Case in Leeds, UK and Paris

 

 

 

 ed North American and European companies in their dealing with the EU institutions. He was also appointed managing director of CERT, the Canadian European Round Table for business, the main lobbying tool of Canadian interests in the EU market.

 

 

He spent seven years (1969/1976) in a Wall Street investment bank in NY City as manager of international trading operations. His career then moved on to the Defence Industry. He first was a director of Finance of PRB, a European Defence Group with activities in Europe, the Middle and Far East and Latin America. PRB then made a joint venture with Voest Alpine of Austria, and a group of defence companies from Germany, NL, Switzerland and other European countries. They founded BELCAN of Canada with SRC, a US-Canada company specializing in Space technologies. The objective of BELCAN was to negotiate the acquisition of advanced technologies from North American industrial groups and exploit these technologies in Europe based manufacturing groups.

 

Finally returning to Europe at the inception of the EU Single Market, in 1988, he started lobbying for Japanese corporate clients. Soon after, he joined with a well known European lobbyist and founded CLAN public affairs which represent

Boris PhD in international law and holds an MBA from INSEAD in Fontainebleau.

 

 

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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 06:47
Bio 144 - 1972 Visite de David Hoffman

 

Nous allons tout de même décoller de Libramont mais avant celà, j'ai retrouvé David Hoffman. ll a quitté le Népal avec sa camionnette camping-car et va repasser par Libramont avant de s'embarquer pour San Francisco. Nous l'attendons aux environs du mois de Mai. Et en effet, un soir il téléphone de Châlon-sur-Saône. Il a été arrêté par la douane volante française, qui a découvert toutes ses marchandises indiennes et népalaises dans sa camionnette et le soupçonne de ramener de la drogue. On l'enferme donc en attendant des analyses en cours aux laboratoires de Dijon. J'ai le brigadier au téléphone et me porte garant (évidemment avocat ça fait son petit effet). Il sera donc libéré le lendemain et de toutes façons les analyses sont négatives

 

Et voici donc David avec sa camionnette-couchette-cuisine, sur le trottoir devant la banque. Celà fait cinq ans qu'on ne s'est plus vu. Il doit avoir 25 ans. Et David va rester quelque temps. Nous avons une chambre d'amis. Il me demande s'il peut entreposer le contenu de sa camionnette dans le grenier. Des tankas tibétaines, des statues, des parchemins, des instruments de musique, un vrai musée. Heureusement que je n'ai pas encore installé mon atelier. Toutes ces choses il les embarquera dans un container pour San Franciso. en Mai 1973 quand il reviendra pour la troisième fois.

 

On le voit ici dans notre living en train de jouer du Surbahar, un instrument proche du Sitar mais plus volumineux encore. Il a aussi ramené un sitar. Il a fait réaliser ces deux instruments à Calcutta (Question: où trouve t'il son argent??) et a appris à en jouer. Il m'explique donc la gamme indienne, les Râgas, un système musical complètement différent du nôtre, basé sur les Védas et permettant diverses improvisations sur un même thème. Le son est sublime, on a Ravi Shankar à la maison tous les soirs quand on va se coucher. A Libramont qui n'a jamais entendu que de l'accordeon, que j'aime aussi par ailleurs. Il va d'ailleurs nous offrir un 33 tours(photo ci-dessus) gravé à Hambourg d'une cérémonie enregistrée en Inde du Nord-Est, au Monastère de Gyuto, au cours de laquelle, pendant trois jours, 600 moines élaborent un Mandala géant qu'ils détruiront à la fin de ladite cérémonie. Le titre du Disque est CHO-GA: Tantric and ritual Music of Tibet. Pour cet enregistrement, il a obtenu une permission spéciale du Dalaï Lama avec lequel il est devenu ami. Il va nous offrir aussi deux tankas tibétaines du 18esiècle, peintures sur soie, que lui ont offertes ses amis moines. David doit rentrer à Frisco mais reviendra en fin d'année afin que nous l'emmenions à Paris pour qu'il puisse faire libérer via l'Ambassade des Etats-Unis, des pièces qui sont encore retenues à Dijon par la douane. Et donc nous allons lui faire découvrir cette ville qu'il n'a jamais vue. Nous nous installons dans l'appartement de Maurice Rousseff, le Belgo-Bulgare, rue de Courty, face au Pont de la Concorde et à l'entrée du Quai Anatole France.

Voici David, un américain à Paris, sur le Pont AlexandreTrois.

En réalité je lui ai prêté des vêtements et des souliers à moi, pour aller à l'ambassade car lui parcourt le monde en T-Shirt et en short, point barre. A son retour, nous nous apercevons qu'il a une chaussure brune et une autre noire (j'avais pris deux paires probablement et il s'était habillé dans l'obscurité). Je regarde ses pieds en les pointant du doigt, il regarde à son tour et nous éclatons de rire en même temps car tout de même pour grimper les escaliers de marbre de l'Ambassade des USA, Place de la Concorde, déjà qu'il est fagotté comme un épouvantail avec mes vêtements beaucoup trop grands pour lui

Séjour épique. Il veut voir les "Tchamps Telessi-ies", il me faut tout un temps pour comprendre qu'il s'agit des "Champs Elysées". Nous l'emmenons aussi à la Rétrospective Magritte et il se montre passionné par cette démarche. Après tout c'est un Européen, coupé de sa culture d'origine et qui comme tout américain d'Europe, cherche à retrouver ses racines.

Nous irons aussi au Musée Victor Hugo, Place des Vosges, car ce Victor commence à me passionner, pas seulement par son écriture mais aussi par sa peinture. En effet mes éducateurs jésuites se sont contentés de me faire connaître le Hugo de "Waterloo, Waterloo, morne plaine" et de "Mon père ce heros au sourire si doux" à savoir la partie la moins intéressante de ce personnage aux multiples facettes. Quand on est censé avoir fait de bonnes études, il faut savoir qu'il va falloir tout recommencer par après. Le drame est que ce genre d'enseignement qui devrait vous ouvrir, au contraire vous occulte

Un séjour inoubliable et pour lui une découverte immense Et voici donc la Place des Vosges, photographiée de l'intérieur du Musée Victor Hugo

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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 18:07

Philip Roth est un écrivain américain né le  19  mars 1933  à Newark, dans le New Jersey. Il vit aujourd’hui dans le Connecticut.

 

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Biographie

Jeunesse et formationimagesvb

 

Petit-fils d'immigrés juifs originaires de Galicie arrivés aux États-Unis au tournant du XXe siècle, fils d'un agent d'assurances chez Metropolitan Life Insurance Company, le jeune Philip a une enfance heureuse à Weequahic (en), quartier de la petite classe moyenne juive de Newark, qui sera la scène principale d'un grand nombre de ses livres.

 

Après des études à l'université Rutgers de Newark, à l'université Bucknell en Pennsylvanie, puis à l'université de Chicago, il y enseigne les lettres, puis la composition à l'université de l'Iowa jusqu'au début des années 1960, lorsqu'il s'établit à New York pour se consacrer à l'écriture. Il reprendra ses activités d'enseignant de manière intermittente, en littérature comparée, à Princeton et l'université de Pennsylvanie, jusqu'en 1992.

Débuts littérairesimagesyu

 

Les influences les plus fortes sur l'écriture de Philip Roth sont les réalistes du XIXe siècle, particulièrement Henry James et Gustave Flaubert, les grands romanciers juifs-américains de la génération précédente, Saul Bellow et Bernard Malamud , ainsi que les humoristes du circuit des cabarets de New York et des hôtels de Catskill, berceau de l'humour Borscht Belt, où Henny Youngman (en), Lenny Bruce et autres Woody Allen firent leurs débuts.

  Roth publie avec succès un premier recueil de nouvelles, Goodbye, ColumbusROTH Good Bye038, en 1959.

Dix ans plus tard, il obtient une célébrité phénoménale avec la publication de

 

Portnoy et son complexeimagesJYH3BY2S, roman comique en forme de monologue d'un jeune avocat juif traumatisé par une mère à l'amour étouffant sur le divan de son psychanalyste. Satires vives et crues des mœurs de la petite bourgeoisie juive-américaine, ces deux livres suscitent la controverse au sein de la communauté juive, et valent à l'auteur d'être considéré comme l'« enfant terrible » du roman juif-américain jusqu'aux années 1990. Roth reviendra avec humour sur les attaques de ses plus virulents détracteurs dans son autobiographie Les Faits, et dans les premiers romans du « cycle Zuckerman », L'Écrivain des ombres, Zuckerman délivré et La Leçon d'anatomie, qui transposent ses débuts d'écrivain par le biais de son double fictionnel de prédilection, Nathan Zuckerman, auteur du scandaleux Carnovsky, qui n'est pas sans faire penser à Portnoy et son complexe.

Années 1970

Au début des années 1970, Roth s'essaie successivement à la satire politique (dans Tricard Dixon et ses copains), à la parodie kafkaïenne (dans Le Sein)imagesFMLVJ6TW et à la fable postmoderniste (dans Le Grand Roman américain)imagesR0DCYS0W, avant de revenir à un registre intimiste, avec Ma vie d'homme (1974Ma vie d'Homme), et à l'alliage ambigu d'autobiographie et de fantaisie romanesque qui faisait toute la réussite de Portnoy et son complexe et qui, dans Operation Shylock (1993)images46ZGN4SE, puis dans Le Complot contre l'Amérique (2004imagesLKCZG61Y), l'imposera comme le maître de l'autofiction contemporaine.

Se prenant de passion pour Franz Kafka, il se rend régulièrement à Prague où il se lie aux dissidents et romanciers tchèques, parmi lesquels Milan Kundera et Ivan Klíma, ce qui lui vaut d'être interdit de séjour en Tchécoslovaquie en 1975. L'épisode inspirera l'intrigue de L'Orgie de Prague (1985), et Roth contribuera néanmoins à faire découvrir ces écrivains ainsi que d'autres romanciers d'Europe de l'Est, tel que Bruno Schulz, dans le monde anglophone en tant que directeur de collection pour les éditions Penguin.images4VN6JG8S

Années 1980 et 1990

 

Jusqu'au milieu des années 1980, Roth partage sa vie entre les États-Unis et Londres, avec sa compagne, l'actrice britannique Claire Bloom. Il livre les sentiments mêlés que lui inspire la société anglaise dans La Contrevie (1986) et Tromperie, et rédige deux livres autobiographiques, Les Faits, et Patrimoine (1991) qui conte la dernière année de la vie de son père, Herman.

Ayant renoué avec le succès critique et commercial grâce à son livre Le Théâtre deimagesKVI02GPJ Sabbath (1995), portrait crépusculaire, cocasse et bouleversant d'un vieux marionnettiste nihiliste et lubrique, Roth entame l'une des périodes les plus prolifiques de son œuvre, et lui donne, depuis Pastorale américaine (1997)Pastorale américaine, une inflexion historique, pour se pencher sur quelques-uns des grands moments de crise de la gauche américaine au XXe siècle et l'histoire de l'acculturation des Juifs originaires d'Europe de l'Est aux États-Unis.

Dernier roman

En octobre 2012, il annonce, lors d'un entretien avec Nelly Kaprièlian pour Les Inrockuptibles, qu'il arrête l'écriture et que Némésis restera comme son dernier romanROTH Nemesis042ROTH Nemesis043

Œuvre

Thématiques

 

Comme celle de Thomas Wolfe, lecture qui le marqua quand il était adolescent, l'œuvre de Philip Roth forme une vaste fresque à la lisière de la fiction et de l'autobiographie, qui traite dans une prose aux qualités uniques d'ironie et de clairvoyance des thèmes aussi puissants que les tumultes de la sexualité et de la psychologie masculines, le poids de l'Histoire et de l'héritage, la hantise de la désagrégation du corps et de la mort, et la place du judaïsme et de la littérature dans la civilisation occidentale.

Notoriété et reconnaissance critique

 

Philip Roth accède à la reconnaissance internationale avec le recueil de nouvelles Goodbye, ColumbusROTH Good Bye038ROTH Good Bye039, qui remporte le National Book Award en 1960, et grâce à son best-seller Portnoy et son complexeimagesJYH3BY2S(Portnoy's Complaint), paru en 1969. Son œuvre est notamment dédiée à son personnage et alter ego Nathan ZuckermanROTH Zuckerman enchaîné050ROTH Zuckerman enchaîné051 (en), dont le cycle débute avec L'Écrivain des ombres (Ghost Writer, 1979)The Ghost writer et s'achève avec Exit le fantôme en 2007. Les romans de Zuckerman comptent neuf volumes, notamment les trois romans universellement célébrés de la « trilogie américaine » : Pastorale américaine (American Pastoral, 1997) qui remporte le prix PulitzerROTH Pastorale américaine046ROTH Pastorale américaine047 ; J'ai épousé un communiste (I Married a Communist, 1998ROTH J'ai épousé un Communiste044ROTH J'ai épousé un Communiste045; et La Tache (The Human Stain, 2000), couronné du PEN/Faulkner AwardROTH La Tache040ROTH La Tache041. Auteur de vingt-huit romans, Philip Roth a également été acclamé pour Opération Shylock (Operation Shylock, 1993)images46ZGN4SE et Le Complot contre l'Amérique (The Plot Against America, 2004).imagesLKCZG61Y

  Cité par le célèbre critique Harold Bloom parmi les quatre principaux auteurs américains vivants, avec Cormac McCarthy, Don DeLillo et Thomas Pynchon, il est avec ces deux derniers l'un des principaux représentants du courant postmoderne, mais son œuvre variée ne s'y résume pas. Adoptant un style satirique aussi bien que plus sérieux, mêlant souvent à ses romans des aspects autobiographiques, parfois même de façon avouée comme dans Tromperie (Deception, 1990) et Opération Shylock, Philip Roth est célébré comme l'un des grands auteurs juifs américains avec Saul Bellow et Bernard Malamud, identité qui nourrit souvent ses intrigues sur un ton humoristique (Portnoy et son complexe), et dans lequel évoluent le plus souvent ses personnages (à commencer par Nathan Zuckerman).

 

La réflexion de Roth sur l'identité américaine, notamment à travers l'histoire des années 1940 à 1960, nourrit ses œuvres les plus récentes (Pastorale américaine, Le Complot contre l'Amérique). Philip Roth est souvent cité parmi les favoris du prix Nobel de littérature, mais ne l'a pour l'instant pas reçu, fait qualifié d'anomalie par diverses autorités comme le New York Times ou encore Toni Morrison, dernier lauréat américain. Philip Roth est enfin le seul auteur américain vivant à voir son œuvre faire l'objet d'une édition par la Library of America imagesu , ce qui n'est arrivé que deux fois par le passé, avec Eudora Welty et Saul Bellow ; la publication des huit volumes devrait s'achever à l'occasion du quatre-vingtième anniversaire de l'écrivain, en 2013.

Prix et récompenses
Distinction

PublicationsEl animal moribundo

Cycle Nathan Zuckerman

Première apparition de Nathan Zuckerman dans My Life as a Man, 1974, trad. Georges Magnane Ma vie d'homme, 1976

  • The Ghost Writer, 1979The Ghost writer
    • trad. Henri Robillot : L'Écrivain des ombres, 1981 ; rééd. L'Écrivain fantôme in Zuckerman enchaîné, 1987
  • Zuckerman Unbound, 1981
  • The Anatomy Lesson, 1983
  • The Prague Orgy, 1985
    • trad. Henri Robillot et Jean-Pierre Carasso : L'Orgie de Prague in Zuckerman enchaîné, 1987

Les quatre romans ci-dessus sont réunis dans Zuckerman Bound (Zuckerman enchaîné), trilogie et épilogue.

Cycle David Kepesh
Cycle Nemesis
  • Everyman, 2006
  • Indignation, 2008Indignation
  • The Humbling, 2009
  • Nemesis, 2010 Ce sera son dernier roman
    • trad. Marie-Claire Pasquier : Némésis, 2012
Autres romans
Mémoires et essais
Recueil de nouvelles

Bibliographie critique

Wikipedia

En septembre 2012, Philip Roth écrit une lettre ouverte à Wikipedia (anglophone) après que lui a été refusé d'ajouter, à la notice le concernant, des informations pour lesquelles il n'existait pas de source publiée . Cette tribune constituant une source pour ses dires, ces derniers ont été reportés dans l'article à parution].

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Voici le dernier roman de Philippe ROTH, NEMESIS, Publié en français en 2012 par Gallimard. Voir ci-dessous

Philipp ROTH, le Zuckerman de Newark
Philipp ROTH, le Zuckerman de Newark
Philipp ROTH, le Zuckerman de Newark
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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 09:02
Bio 143 1972 - Libramont (suite)-Début de mon Journal
Bio 143 1972 - Libramont (suite)-Début de mon Journal
Bio 143 1972 - Libramont (suite)-Début de mon Journal

 

Nous allons donc aborder l'année 1972 à Libramont. J'ai terminé ma psychanalyse. Mon départ de Liège posait évidemment un problème mais mon psy m'a rassuré et m'a dit qu'après 5 ans et demi, j'avais fourbi mes armes et que j'étais désormais capable de me battre seul. Car une psychanalyse n'est jamais complètement terminée. On descend dans ses propres caves et dans celles de ses ascendants et puis il faut remonter. Une psychanalyse n'efface pas le passé, elle ne peut tout effacer. Mais elle donne des armes pour rendre ce passé constructif et nous rend aptes dès lors à affronter le présent et le futur. Néanmoins la lutte continue tous les jours.

Et puis, fait très important, la psychanalyse déculpabilise et donc nous libère peu à peu. Mais avant celà, on en prend plein la gueule, car il faut déconstruire avant de reconstruire et ça c'est une autre histoire. Enfin la psychanalyse élargit notre univers et nous donne une toute autre compréhension des choses et des gens. Un psychanalysé est une sorte d'Initié et dès lors est très souvent isolé des autres car son regard semble particulier, étonne, secoue, réveille, choque son entourage.

Et bien sûr, parallèlement j'ai beaucoup bouquiné, Freud, Adler, Ferenczi, Wilhelm Reich, l'Anti-Psychiatrie (Le Voyage à travers la folie de Mary Barnes) et surtout Jung dont j'achèterai et lirai quasi tout l'oeuvre. Tout ceci en aprofondissant aussi les religions orientales à travers des textes sacrés indiens et tibétains tels que le Bardo Thödol, les Védas et la lecture de Ramakrishna et de Krishnamurti. J'ai eu un moment la tentation de devenir psychanalyste, de m'inscrire dans une association, de faire une psychanalyse didactique. Les portes étaient ouvertes via mon psychanalyste. Mais j'ai renoncé. Je n'aurais pas eu la patience d'écouter les problématiques des gens, à longueur de journée

 

J'ai ausi commencé à m'initier à la Musique contemporaine et avant-gardiste, à savoir Boulez, Pierre Henry, Stockausen, Xenakis, Thomas Sherchen, Berio, Nono, Globokar et bien d'autres. Il m'a fallu pour celà comprendre la révolution opérée en début de siècle avec le Dodécaphonisme et et la musique sérielle qui en a découlé. Et pour comprendre celà, remonter à Debussy et Messiaen, mais aussi à l'Ecole de Vienne avec Berg, Schoenberg et Webern, sans oublier Bartok. Très long travail qui va me prendre des années.

Aux alentours de la guerre 14, il y a eu une déconstruction de la musique, le dodécaphonisme, comme il y  a eu une déconstruction de la peinture avec le cubisme. Dans les deux cas, une mutation complète et sans précédent de notre système éthique et esthétique. Avec le carnage des tranchées, tout a été mis sens dessus dessous et on ne peut pas plus ignorer ce fait qu'ignorer les charniers des tranchées ou le Génocide des années 43-45. La culture comme la psychanalyse, ça doit se retravailler tout le temps, sinon ce n'est pas la peine. On ne se cuiltive pas sans se mettre en danger, to jeopardize comme disent les américains. Le chemin vers la connaissance  ne se fait pas sans prise de risques.

La vraie culture n'a rien de confortable, ni de "joli". D'autres éléments sont intervenus dès le troisième quart du 19esiècle, telle que l'apparition de la photographie qui a changé la fonction de la peinture, l'amenant à s'occuper d'autre chose que de reproduire la réalité ce que la photo commençait peu à peu, à faire beaucoup mieux qu'elle.

 

Je suis aussi à la recherche de mon ami californien David Hoffman, qui a disparu dans l'Himalaya, très exactement dans le Mustang, où il est parti seul avec un Sherpa pour un 'trek" de quatre mois. J'écris à son père à Frisco. Il me dit qu'on a retrouvé David. Il est à  New Delhy et va aller à Bombay, en voiture. Je peux lui écrire au Consulat américain à Bombay

C'est à ce moment que je vais me blesser à l'oeil avec une pointe de roseau (un jonc épars). Cette lésion va provoquer un ulcère de Mouren me dit l'ophtalmologue Duby de Libramont. C'est grave mais cet ophtalmo me sauvera mon oeil en trois semaines de traitement. Je l'ai échappé belle

 

Et enfin j'ai commencé un embryon de journal, disons des notes dans un cahier, dès mon arrivée à Libramont et elles vont me servire d'aide-mémoire. Ces notes vont s'amplifier dès 1975 et je réaliserai 4 cahiers entre 1975 et 1980.(970 pages). Mais ce n'est qu'en fin 1980 que commencera mon véritable journal, celui qui compte à ce jour, 55.176 pages ,(en août 2016), soit un total de 56.146 pages et 188 volumes bourrés de documents

Voici donc un extrait de ce premier journal datant de 1972 et relatant mes premières impressions à Libramont et dans la Province :

 

"Mort vénusienne. Forêts mortes et noires. L'épicéa pue la mort. Tout est plat, froid. Je hais les plateaux quand ils ne sont pas entourés de montagnes.

Le pays est plat, les gens aussi. Le bois c'est ce qui sert à être scié. Des forêts entières d'épicéas, c'est plus rapidement rentable. Que celà pompe le sol et le rende acide et dépourvu de toute vie, c'est sans importance

La poésie du paysan est un mythe inventé par les citadins. La verdure est clôturée, les animaux sont parqués avant d'être massacrés. Des chasseurs en Mercédès et en Lodens verts viennent abattre  et récolter leur trophée, leur "massacre" (appellation de la ramure du Cerf après sa mort???). Tireurs d'élite qui abattent d'une seule balle et à un mètre de distance, un sanglier nourri qui vient à leur rencontre. Ensuite libations dans le sang et conversations sexuelles des plus vulgaires. une sacrée image de la femme, de la Biche étendue sur la table et que l'on découpe

 

Médiocrité des gens. Vie insipide. Matérialisme sordide des professions libérales. Manque total d'imagination. Du fric à ne savoir qu'en faire. Réceptions, toilettes à gogo, Service-Clubs, Ladies Nights, Remises de Chartes

 

L'Avenir du Luxembourg, le journal du Passé. Bals, Ateliers protégés (les bonnes oeuvres), Chasses, Défilés militaires. Remises de décorations-Jubilaires peu jubilants. Les vieilles pierres, surtout les romaines, la Famille Royale

nte, des professeurs (deux écoles totalisant plus de 2000 élèves) et des médecins (Il y a une Clinique). Nous ne sommes donc plus dans un village mais je préciserai que les produits d'importation ne sont pas plus évolués que les autochtones

Libramont c'est une contrée africaine avec beaucoup de colons. Il ne doit pas rester un tiers d'originaires de la région, à l'heure actuelle. Libramont est devenu un immense parc commercial, rural et forestier avec notamment sa Foire Agricole qui attire de 2 à 300.000 personnes à la fin Juillet. Et sa situation géographique au Centre de la Province fait de Libramont, un immense carrefou et une cité prospère

La Culture: Les peintres paysagistes, un peu de Bach, de Chopin et de Mozart, Le Juillet Musical, Le concours Reine Elisabeth, Le Théâtre National, les Chorales et j'oubliais la Messe. Dans ce pays, même la culture est morte. La moindre peinture non-figurative suscite l'inévitable "Et qu'est-ce que ça représente" ou encore "un enfant pourrait le faire..."ici seul le savoir-faire compte, nullement l'imagination, mise définitivement dans les  tiroirs

 

Traditionnalisme étouffant. Empreinte catholicolletmontée. Messe du Dimanche, Bénédiction de la maison par le Curé (nous avons refusé), réincarnation du Sorcier du village

 

Province complètement déconnectée par rapport à l'époque que nous vivons. Bocal de verdure morte "débranchée". On vit en dehors et en arrière; Je suis pour "L'homme des Bois"mais à condition qu'il ait choisi de l'être et qu'il respecte nature et animaux

 

Esprit de clocher accusé. enracinement vigoureux empêchant toute mobilité d'esprit, la vision du monde s'arrêtant à la limite de la Commune ou de la Province"

 

Relativement classique et naturel pour une région rurale et forestière. On trouve le même phénomène en France et partout. Notons néanmoins que Libramont au début des années septante est en pleine évolution et accueille une population étrangère(Bruxelloise, Liégeoise, Namuroise) de plus en plus importante

 

A signaler encore en décembre 1971, ma fille Valérie remporte encore un concours de dessin à Virton-Saint-Mard, petite ville de la Gaume, située à 50 Kms au Sud de Libramont et nous allons chercher son prix avec elle et faisons connaissance avec le Comité des Jeunes de Saint-Mard, très sympa et passons la soirée avec eux. Nous réalisons  que nous aurions nettement préféré habiter de ce côté ou les gens sont bien plus chaleureux et drôles. On est à deux pas de la France et on retrouve en Gaume, le même style direct et fêtard que celui vécu à Liège. A Libramont personne ne nous a encore adressé la parole tandis qu'ici, on est tout de suite adoptés. Voici le dessin de Valérie, exposé à Virton, très marqué par l'aventure New-Yorkaise. Derrière les gratte-ciels, on aperçoit l'East River et les arbres de Central Park

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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 08:00
Bio 142 Dans l'Ecriture de ma Mère.....

Voici une ANALYSE GRAPHOLOGIQUE de l'écriture de ma mère, par une personne qui ne la connaissait en aucune façon. C'est redoutable de vérité, je veux dire que celà la décrit très exactement, à se demander comment c'est possible. Cette  analyse me semble importante à ce moment de ma biographie. Quand on est élévé sans père, avec une soeur enfermée, par une mère aussi "grave", il faut s'accrocher. Je n'ai aucune rancoeur. Ma mère était la préférée de son père qui n'aimait que les filles. Et revoilà Oedipe une fois de plus et celà d'autant plus que mon grand-père et ses 200 cms de hauteur, était un géant mythique. Un Oedipe que j'ai dû encaisser seul pendant toute mon enfance. Ce n'est pas moi qu'elle a fait enfermer, c'est ma soeur, car ma mère n'aimait que les garçons comme son père n'aimait que les filles.

 

Et moi qui ai eu la chance de survivre à tout celà, je me dois de chercher la ou les vérités car tout le monde a menti ou s'est menti à soi-même dans cette histoire, pour préserver le secret des familles et leur soi-disant honorabilté. Je subis actuellement des pressions visant à me faire supprimer certains passages de ma biographie. Qu'il soit bien clair que personne ne m'amènera à censurer quoi que ce

soit. Donc en 1972, je n'ai plus de contacts avec mes parents en dehors de l'une ou autre lettre assassine de ma mère qui n'a toujours pas renoncé à son projet "d'avoir ma peau" la pauvre, que voulez-vous, elle n'a rien d'autre à faire. Si, bien sûr, elle s'occupe de mon frère Marc, autiste et handicapé physique, que mes parents, curieusement n'ont pas placé et qui a, maintenant, 22 ans. Marc, énorme gaillard qui lors d'un goûter à la maison auquel j'avais consenti exceptionnellement et avec des pieds de plomb, avait mis ses grandes mains autour du cou de Valérie et avait commencé à serrer. C'est très fort un autiste mais moi je vous garantis que je les ai vite désserrées ses grandes pattes. Il était jaloux le pauvre grand dadais, si gentil par ailleurs.

Alors vous comprendrez peut-être pourquoi j'avais arrêté ces goûters à la con, les goûters de bourgeois. Les bourgeois, je ne sais pas si vous avez remarqué, ça n'arrête pas de goûter, que c'est à vous en dégoûter, "encore une tasse de thé et un petit four dans le cornet"

Et puis avant mon départ, j'avais accepté d'essayer de dialoguer avec mon père et on s'est vu quelquefois dans un café à Cointe sur les hauteurs de Liège. Et j'ai essayé de lui raconter la façon dont moi j'avais vécu mon enfance et donc que ma mère avait une lourde responsabilité. J'ai vite compris que ma mère était une sainte, intouchable, que je devais me réconcilier avec elle, et en outre j'ai très vite compris qu'il avait rapporté mes propos à ma mère. Il a raté ce jour-là toute chance d'établir un rapport avec un fils adulte, qui, lui, se tapait une psychanalyse, qui était devenu lucide et qui se retrouvait une fois de plus devant un père démissonnaire, incapable de s'assumer face à sa femme (et donc face à son fils), une véritable ogresse devant l'éternel. Il a trahi notre tentative de dialogue. Enorme connerie mais cet homme avait un tel problème face à la femme (à savoir sa propre mère) qu'il ne pouvait pas devenir autre.

Les hommes et leur mère c'est, et celà reste, effarant. Beaucoup de mères engendrent et empêchent leurs  fils (et parfois leurs filles), de devenir adultes, ce que, elles-mêmes ne sont pas arrivées à faire non plus d'ailleurs. C'est un des grands mystères de cette civilisation déconnante qu'est la nôtre. Les familles sont des assemblées de gens qui ne parviennent pas à couper leurs cordons ombilicaux et qui n'arrêtent pas de se réunir pour se rassurer (ah les anniversaires, ah la Noël, ah les Cloches, ah la Toussaint, ah la Saint-Nicolas, ah les petits enfants et on n'en finit plus, mais derrière toutes ces singeries, que de haines mal refoulées ) et c'est pour celà que j'adhère totalement à la définition du petit dictionnaire de Louis Calaferte, oui c'est un écrivain français qu'il est plus que temps de découvrir:

Familles = Associations d'étrangleurs

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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 07:39
Bio 141 Mes Chats et Mes Chiens
Bio 141 Mes Chats et Mes Chiens
Bio 141 Mes Chats et Mes Chiens
Bio 141 Mes Chats et Mes Chiens
Bio 141 Mes Chats et Mes Chiens

A ce tableau je dois ajouter ma petite chatte tigrée venue s'installer d'autorité en avril 2007, à l'âge de quatre mois, chat abandonné. Son arrivée un jour à l'aube m'a amené à l'appeler Potron-Minette, qui a donc aujourd'hui, 1 an et onze mois. Elle s'entend à merveille avec ma chienne Canaille comme on peut le voir sur cette photo

Enfin il y a 4ans, j'ai eu chez moi un chien de Danielle nommé Benji et après sa mort notre chien actuel, Max dit Groucho qui est venu remplacer Canaille décédée en 2015Mes animaux et leurs photos vont suivre dans ma biographie au fur et à mesure de leur apparition

Ma mère m'a permis, sur mon insistance d'avoir, une seule fois, un chat que j'adorais. Enfin un animal !!!. Elle l'a fait liquider après deux mois, sous prétexte que je ne m'en occupais pas ( je devais avoir douze, treize ans). C'est l'acte d'une vraie sadique. Ma mère n'aimait pas les animaux. En fait, elle n'aimait personne ! Celà explique en partie mon rapport étroit avec les animaux que je préfère nettement aux humains

Bio 141 Mes Chats et Mes Chiens
Bio 141 Mes Chats et Mes Chiens
Bio 141 Mes Chats et Mes Chiens
Bio 141 Mes Chats et Mes Chiens
Bio 141 Mes Chats et Mes Chiens
Bio 141 Mes Chats et Mes Chiens
Bio 141 Mes Chats et Mes Chiens
Bio 141 Mes Chats et Mes Chiens
Bio 141 Mes Chats et Mes Chiens
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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 07:44

Commémoration"Nous écrivons tous en sachant que nous sommes battus avant le départ. Et lorsque toutes ces "créations" auront été finalement lues et digérées, les hommes continueront à s'étripailler comme par le passé. Nul auteur, fut-il le plus grand, n'a jamais pu échapper à ce fait".

Miller a 39 ans. physiquement il avait un type nettement mongol: au repos ses traits étaient ceux d'un mandarin. A part une frange de cheveux grisonnants qui lui faisaient une auréole, il était complètement chauve; son crâne brillait comme du mica. Ses yeux, deux fentes obliques, étaient parfaitement chinois. D'une couleur vert de mer, Ils vous transperçaient à travers de grosses lunettes d'écaille. Il avit un regrad où s'alliait une malice bienveillante et une sorte de bonté inhumaine. Maigre et noueux, il paraissait assez grand; il avait la démarche jeune et souple du dieu Pan

 Henry Miller parlui-même 2


 

 

Henry Miller à 8 ans et à 80 ans

Henry Miller à 8 ansA 80 ans-1

 

En 1891, il naît dans le quartier de Yorkville, à Manhattan, New-York, , au-dessus d'un bar, au 450 de la 85e rue, le 26 décembre (Capricorne), de parents américains, tous deux, les Miller et les Insel, d'ascendance allemande. Les deux grand-pères ayant émigré pour échapper au service militaire. Heinrich Müller était de Hanovre et américanisa son nom en Miller. Son épouse Barbara Kropf était originaire de Hesser-Darmstadt. Le père d'Henry est Tailleur. Déménagement et installation à Brooklyn la même année, au 662 de Driggs avenue, dans un quartier appelé Williamsburg. C'est donc là qu'Henry deviendra le légendaire gamin de Brooklyn.

Avant d'aller à l'école, Henry parlera exclusivement l'allemand.

Maison d'Henry Miller à BrooklynLa amison des Miller ne briques rouges, dominait les autres, plus basses, alignées de chaque côté de l'avenue. Lorsqu'on lui mettait son petit costume à la Lord Fauntleroy, un lacet autour du coui, il n'osait pas mettre le nez dehors. Il passait la plupart de son temps dans des pièces impeccablement propres et bien rangées

  La famille avec sa soeur Lauretta, née en 1895 (handicapée mentale)

Miller à Brooklyn Ses parents et sa soeur LaurettaHenry en classe terminale de l'Ecole de Brooklyn, le 3e en bas en commençant par la gauche(Fléché.

Il avait neuf ans, quand il prit conscience que Lauretta, sa petite soeur, était simple d'esprit. Sa premièrerébellion date de la même époque: il déclara à ses parents qu'il ne voulait pas être tailleur comme son père mis pilote fluvial;

Henry avait parfois un comportement d'une surprenante sauvagerie. En octobre 1902, il fut renvoyé de l'école primaire. Il n'avait que ouze ans. Motifs de l'expulsion; "élève incorrigible, n'assiste pas aux cours, se conduit comme un indien sauvage..." Il avait beau être le meilleur élève de sa classe, il exaspérait ses maîtres avec ses bouffonneries

en 3e année-copie-1

1907 Premier amour avec Cora Seward au Lycée du secteur Est, Brooklyn.Miller à Brooklyn 001-1

 

"Un jour, il rencontra  au Lycée une jeune-fille nommée Cora Seward qui semblait pouvoir satisfaire à merveille son besoin d'absolu. Elle avait un physique parfait: des seins sublimement accrochés, une bouche divinement sensuelle, des pommettes colorées. Mais en même temps aimer une femme parfaite était complètement paralysant. Elle était romantique, lointaine. Ses yeux bleus pareils à de la porcelaine faisaient penser à des icebergs caressés par la lumière du Grand Nord. En conséquence, il se bornait à l'adorer à distance, errant dans les rues de Greenpoint qu'elle fréquentait. Au cours du printemps  1909, il l'emmena plusieurs fois au théâtre. De temps en temps il la retrouvait dans une surprise-partie. Chaque fois qu'il l'invitait à danser, il avait les jambes en coton. Quand il se mettait au piano pour faire une démonstration, Cora n'était jamais dans le groupe des admiratrices qui se pressaient derrière lui Visiblement entre eux quelque chose ne collait pas..."(Jay Martin)

 

Broadway à l'époque de l'enfance de MillerBroadway2-1Jour de Marché dans la 5e avenueUn marché New-Yorkais

1909. Université municipale de New-York. Renonce au bout de deux mois, par révolte contre les méthodes pédagogiques. Entre à la Société des clients Atlas de Portland. Début d'une période de discipline athlétique rigoureuse, qui durera sept ans.

 

1910. Début d'une liaison avec sa première maîtresse Pauline Chouteau, de Phoebus (Virginie) "assez vieille pour être ma mère". Pauline fut pour lui à la fois une vraie mère et une parfaite maîtresse. Elle était toujours disposée à lui prodiger des caresses. Sa mère au contraire, n'avait jamais voulu l'aimer comme il était; son affection n'était jamais acquise: il devait toujours faire des efforts pour la mériter

 

1913. Voyage dans l'Ouest. Travaille dans un ranch pour tenter de rompre avec la vie citadine. A San Diego, rencontre la célèbre anarchiste Emma Goldmann-tournant capital de son existence. Elle a 45 ans. Née russe, cette femme remrquable avait émigré en 1886. C'est elle qui avait soutenu Alexandre Berkman dans sa tentative d'assassinat du magnat de l'acier" Frick". Grâce à ses écrits et ses harangues, par l'action de sa revue "Mother Earth", sa réputation s'était fortement établie parmi les milieux anarchistes américains. Niant toute autorité, suffragette et partisan du contrôle des naissances, réclamant l'abolition du service militaire, elle soulevait les auditoires de sa parole enflammée. Enfermée, pour pacifisme pendant la guerre, puis expulsée des Etats-Unis en 1919, on la retrouvera en Russie, puis en France où elle se réfugiera, car , déçue par le Paradis qu'elle avit cru découvrir  au Pays soviétique et l'ayant clamé hautement, elle devra fuir, désabusée.. Elle mourra en France en 1940, laissant un livre, "My Disillusionment in Russia" et le souvenir de sa forte personnalité.On comprend que Miller qui est alors âgé de vingt- et- un ans et qui a déjà fait la lourde expérience de la vie dans une ferme californienne comme ouvrier agricole, qui d'autre part veut pour la société une forme d'existence analogue à celle qu'il désire pour l'individu-une mystique aux couleurs de l'anarchie, se sente attiré par cette femme passionnée. Ellel'entretiet dans cette conviction déjà puisée chez Emerson, Thoreau et Whitman que seul compte l'individu et la recherhe de son moi

 

1914. De retour à New-York. Travaille dans la boutique de tailleur de son père; essaie de remettre l'affaire aux mains des employés. Fait la connaissance de Frank Harris : premiers rapports avec un grand écrivain.Harris habitait Washington Square.

"Et j'ai rencontré des gens célèbres, un qui m'a beaucoup encouragé. Un jour qui je vois entrer, à ma grande surprise? Frank Harris et il voulait des costumes. Mon père naturellement, n'avait jamais entendu parler de Frank Harris et j'étais fou de lui, mais moi j'avais dejà lu et j'étais fou de joie, voyez, de le rencontrer. Et mon  père...eh bien mon père, il n'avait rien à foutre des artistes. Il pensait qu'ils étaient tous cinglés et sans argent et tout. Frank Harris voulait un costume pour aller sur un Yacht. Un tissu léger, gai, et mon père lui montre du tissu avec de larges rayures comme en porterait un chanteur comique pour se déguiser en nègre. Fank Harris s'est mis à rire et mon père dit: "Vous êtes un écrivain, vous savez, vous êtes un bohême" Vous vous rendez compte..."

1917 Epouse Beatrice Sylvas Wickens, de Brooklyn. Pianiste.. Henry Miller jouait du piano depuis l'enfance mais il s'était remis à l'étudier et à le pratiquer sérieusement. En 1915, une rencontre avec une jeune et jolie pianiste de Brooklyn, Béatrice, détermina cette nouvelle vocation. Elle vivait dans la 9e rue, à l'orée du quartier chéri de son enfance; ce n'était peut-être pas une pianiste accomplie mais ses posibilités impressionnaient Miller. Sa technique était parfaite. Elle aimait jouer Liszt, Stravinsky et Schoenberg. Il l'épouse alors que les Etats-Uns entrent en guerre et reprend son métier de tailleur


Pendant la guerre, Miller sera successivement plongeur, vendeur de journaux, éboueur, conducteur de trolley-bus, groom, dactylographe, barman, opérateur de machine à calculer, docker, professeur d'éducation physique, rédacteur dans ue agence de publicité, éditeur, libraire, statisticien, garagiste, coursier d'assurance, pompiste

 

1919. Père d'une fille, Barbara Sylvas, aujour'hui Barbara Sandford.

 

1920. Après avoir été plusieurs mois porteur de télégrammes, devient chef de l'embauche et du personnel à la Western Union. New-York.

1922 Ecrit son premier livre Clipped Wings (Les ailes rognées) au cours de trois semaines de vacances.

1923. Tombe amoureux de June Edith  Smith, (La MONA  de le Crucifixion en rose) rencontrée au dancing Wilson de Brooklyn où elle travaille comme entraîneuse." Une entraîneuse divine, drapée comme une reine, fatale, mystérieuse, avec un visage lunaire digne des peintres Renoir ou Rouault. Quelle aisance, quel corps. C'était une créature à la fois onirique, opiacée et animale. Slave peut-être, ou Tzigane. D'une voix langoureuse, elle lui déclara qu'elle voulait faire sa connaissance depuis longtemps. Etait-il vrai qu'il aimait Strindberg?"(extrait du livre de Jay Martin "Toujours vif et joyeux La vie de Henri Miller chez Buchet-Chastel.)June Editg Smith, la Mona de MIller, celle des Tropiques et de la Crucufixion en RoseUNEMona-JuneGilles Plazy Mona, l'Ange noir de Henry MillerDe Gilles Plazy:"

Elle lui est apparue dans un dancing où elle était appointée pour entraîner les hommes à la danse. Elle était belle bien sûr, fascinante, parce que fragile et dangereuse.
Elle prenait apparemment la vie à la légère et, pourtant, la vivait gravement. Elle aimait comme lui, Dostoïevski, Strindberg et Knut Hamsun. Elle était convaincue qu'il serait, lui aussi, un grand écrivain. Pour cela, elle était prête à l'entretenir, quitte à faire quelques entorses à la morale et à la fidélité.
Miller a raconté cette histoire dans les trois volumes de la Crucifixion en rose (Sexus, Plexus et Nexus) Une histoire d'amour, de passion, de jalousie, de misère, de littérature, dans l'Amérique de la prohibition.

Elle c'était JUNE. Mais elle se faisait appeler MONA. Il lui a gardé ce nom pour en faire un des plus extraordinaires personnages de la littérature du XXe siècle. C'est ainsi qu'elle rayonne au coeur de son oeuvre, comme elle a flamboyé dans sa vie.
Dans toute la beauté  d'un ange noir, auquel il dut sa mort et sa résurrection. Car l'écrivain Henry Miller est né de cette formidable, douloureuse et lumineuse expérience

 
1924. Quitte la Western Union, résolu à ne plus jamais reprendre de situation et de consacrer toute son énergie à écrire. Divorce d'avec sa première femme pour épouser June.

1925. Commence pour de bon sa carrière d'écrivain, dans une extrême pauvreté. Fait du porte à porte pour vendre ses poèmes en prose, Mezzotints (Estampes).

1927. Ouvre un speak easy à Greenwich Village. Tout en travaillant au service des jardins publics du Queens, accumule des notes pour un cycle complet de romans autobiographiques, le tout en 24 heures. Expose des aquarelles à la Taverne Romaine de June Mansfield, Greenwich Village.

1928. Voyage en Europe avec June, grâce à l'argent d'un de ses admirateurs. Première viste de Miller à Paris

  "June connaissait Paris "Dans le taxi, au coin du Boulevard Saint-Germain et de la rue Bonaparte, il aperçut le Café des  Deux-Magots. Il eut tout à coup le sentiment que l'histoire de la Littérature contemporaine était à sa portée. leur destination: Hôtel de Paris, 224 rue Bonaparte" (Jay Martin). au mois de mai, unmois après leur arrivée à Paris, ils décident de faire une tournée en Europe: le Nord de la France, la Belgique, l'Allemagne, l'Autriche. Ils poussèrent jusqu'à Budapest et Czernowitz, d'où la famille de June était originaire. Refoulés à la frontière russe, ils regagnent Paris par la Tchécoslovaquie et la Bavière. Vienne totalement décevant pour Miller "la glorieuse Vienne d'antan, cité des rêves romantiques, n'existe plus...Vienne est une morgue..". Ils détestèrent la Pologne et la Tchécoslovaquie, à l'exclusion de Prague. Périple de deux mois. retour à Paris. Miller décide alors de faire un tour de France et d'Espagne à bicyclette. Et c'est Lyon, Vienne en Drôme, Avignon,Tarascon (Daudet), Arles (Van Gogh) Nîmes, Marseille. Ensuite direction Nice et Eze-sur-Mer où Nietzsche a écrit"Ainsi parlait Zarathoustra". Trois semaines à Nice.Voyage entrepris avec le peintre Zadkine. Retour à Paris. Embarquement pour Londres, après une soirée mémorable avec Zadkine

 

1929.Le 29 janvier, retour à New-York. Termine un roman "The Gentile World" (Ce monde païen).

1930, quitte New-York, seul avec 10 dollars en poche pour Londres, pour Paris(2e séjour). Séjourne chez Richard Osborn, rue Bartholdi.. Retrouve Alfred Perlès et fait la connaissance de Zadkine, BrassaÏ et Fraenkel.."Alfred Perlè lui présenta Brassaï, un photohraphe hongrois, qui devint aussitôt un ami et un nouveau guide parisien. Avec lui il découvrira le côté sordide de Pigalle, les maisons closes de la rue Blondel, Chez Jean,rue Victor Vasse, où avaient lieu des expositions de photographies spéciales, la sodomie vue sous tous les angles. Miller servira même de modèle qui se faisait de l'argent de poche en vendant des clichés pornographiques aux touristes. BrassaÏ était un compagnon chaleureux, cultivé, jovial, aimant la plaisanterie"(Jay Martin)

1931 "Rencontre d'Anaïs Nin (alias Anaïs Guiler dont le mari était vice-président  de la National City Bank) à Louveciennes (Ils vont devenir amants). Elle venait de réaliser sa monographie sur D-H Lawrence. Elle était la fille de Joachil Nin, un compositeu et pianiste espagnol qui avait épousé Rosa Culmelle, une chanteuse danoise. Ils s'étaient rencontrés à Cube et mariés aussitôt. Leur fille née à Neuilly en février 1903 fut appelée Joana Edelmira Antonina Rosa y Castellano, conformément à la tradition catholique espagnole. Pour des raisosn pratiques, ses parents l'appelaient Anaïs, un prénom d'origine grecque. Elle avait onze ans quand ses parents se séparèrent. Confiée à la garde de as mère, elle s'était installée à New-York....

Miller accepta non sans appréhension une invitation à dîner chez les Guiler. Ils vivaient à Louveciennes, à l'ouest de Paris. La demeure des Guiler était une annexe de la propriété de la légendaire Madame Dubarry. Devant la maison, un jardin partiellement laissé à l'état sauvage, très romantique,  semblait attester du conflit permanent entre la nature et la civilisation. La maîtresse de maison avait calculé avec soin tous les effets qu'elle voulait donner: dans l'entrée, un lampadaire en filigrane et  strucrure de bronze, de facture arabe, donnait un savant éclairage romantique, à dominante rose. La maison était meublée dans le style arabe: abricotiers et pêchers en fleurs, chartes astrologiques, tableaux représentant des scènes exotiques, plats en cuivre martelé-le tout baignant dans une lumière à dominante mauve. Sur des tables basses, des coupes remplies de pierres étranges. Une immense bibliothèque en bois sculpté dont les rayonnages peints en noir étaient garnis de volumes écrits en allemand, français, espagnol et anglais, notamment toute la littérature concernant William Blake, la psychanalyse, et de somptueux ouvrages d'art illustrés. Dans son ensemble, Miller trouva que la maison ressemblait à un immense coffret à bijoux..
Le mari était un homme tranquille, voire puéril sous certains aspects. Selon Miller il était dépourvu de toute vie intérieure" (Jay Martin)

Commence à écrire Tropique du Cancer. Correcteur au Chicago Tribune pour peu de temps. Devient répétiteur d'anglais au Lycée Carnot de Dijon, pendant l'hiver 1931-32Anaïs NIN 001-copie-1Anaïs Nin Ecrivain (Anaïs GUILER ) Le Journal d'Anaïs NINTropique du Cancer Folio

Anaïs NIN 002


Extraits du Journal d'Anaïs NIN:

 

Hiver 1931-32

"Quand j'ai vu Henry Miller s'approcher de la porte, j'ai fermé las yeux un instant pour le voir d'un oeil intérieur. Il était chaleureux, joyeux, détendu, naturel
Il passerait inaperçu dans la foule. Il est svelte, maigre, pas très grand. Il a un air de moine bouddhiste, un moine à la peau rose avec un crâne presque chauve auréolé de cheveux argentés, et des lèvres pleines et sensuelles Ses yeux bleus sont froids et inquisiteurs, mais sa bouche a quelquechose de vulnérable. Son rire est contagieux et sa voix caressante, chaude comme la voix d'un noir.

Je l'ai trouvé tellement différent de ses écrits violents, de ses caricatures, de ses farces rabelaisiennes, de tous ses emportements. Son sourire au coin de l'oeil a quelque chose de clowmesque. Les inflexions de sa voix font penser à un ronronnement de plaisir. C'est un homme intoxiqué par la vie, qui n'a nul besoin de boire, qui flotte dans une euphorie créée par lui-même

Février 1932; "Henry m'a dit qu'il était d'ascendance allemande. Moi je le vois comme un slave, ou est-ce l'influence de Dostoïevski? Il a la sentimentalité d'un allemand. Il passe de la sentimentalité à la dureté. Son imagination est germanique et son oeuvre me fait penser à George Grosz. Il a du goût pour la laideur. Il aime la vulgarité, l'argot, les quartiers apaches, la crasse, la bagarre, les bas-fonds de toute chose; il aime  les odeurs de choux, de ragoût, les relents de misère et de prostitution.
Les lettres d'Henry me donnent un sentiment de plénitude très rare. Elles sont extraordinaires. J'y réponds avec énormément de plaisir mais leur volume me submerge. J'ai à peine envoyé une réponse que la suivante arrive. Commentaires sur Proust, liste de livres, descriptions, humeurs, sa vie, sa sexualité infatiguable, la manière dont il se trouve mêlé sans cesse à un tas de choses et d'évènements. trop de choses à mon avis et mal digérées. Rien d'étonnant à ce que Proust l'émerveille. Rien d'étonnant à ce que je le regarde vivre en sachant que je ne pourrais vivre ainsi, car il me faut le temps de comprendre ce que je vis..."

 

Anaïs Nin, Henry Miller et Jean Varda

Henry Miller. Anaïs Nin et Jean Varda, l'oncle d'Agnès VardaJean  ou Yanco VARDA est l'oncle d'Agnés Varda qui a réalisé un film sur lui en 1967, "Oncle Yanko". Plasticien,né à Izmir en1893 et décédé en 1971. Quitte New-York pour Big Sur et devient le voisin de Miller. Après il emménagera à Monterey à 60 miles d'Henry Miller. Lié au jeune mouvement américain, il reçoit des hippes sur son bâteau-maison

1933 Partage un appartement avec Alfred Perlès à Clichy et viste le Luxembourg en sa compagnie.. Alfred Perlès qui est devenu le biographe de Miller, d'origine autrichienne deavit d'abord écrire en français deux romans "Sentiments limitrophes en 1935 et "Le Quatuor en Re majeur" en 1938Perlès 1Perlès 2

Epoque du "Printemps Noir", extrêmement fertile et joyeuse. Commence un livre sur D.H Lawrence, resté inachevé. Visite et bref séjour de June, qui repart en demandant le divorce.June a une liaison avec une certaine Jane, entre autresPrintemps Noir

LawrenceMiller avait une vraie passion pour D.H Lawrence, un de ses auteurs préférés avec Knut Hamsun, Joseph Conrad et Blaise Cendrars

1934. S'installe au 18 Villa Seurat,à Paris, le jour même où paraît Tropique du Cancer. Moment décisif. Le manuscrit original, réécrit trois fois, était trois fois plus long que l'oeuvre publiée. Divorce d'avec June prononcé à Mexico, par procuration. Première visite de Blaise Cendrars. Ci-dessous la VILLA SEURAT à Paris. Au centre la maison d'Henri Miller. Il quittera la Villa Seurat en juin 1939Villa Seurat1939. Au centre la maison de MillerRetour à la Villa SeuratPlus tard Miller reviendra à la villa SeuratVilla Seuat

1935. Publication d'Aller-Retour New-York.

De 1935 à 1938, Miller ne pensera qu'à une chose: écrire. Il se recroquevillera sur lui-même comme un être hibernant dans la grotte de son imaginaire. Sa vie extérieure, sociale était pratiquement inexistante. Le 20 décembre 1934, il divorçait d'avec June. Il était donc légalement en mesure d'épouser Anaïs Nin. D'autant plus qu'Anaïs semblait avoir touvé un moyen lui permettant de faire fortune. Elle avait travaillée avec Otto Rank, le psychanalyste autrichien, comme assistante, et parla d'ouvrir son propre cabinet. Rank et Allendy lui promirent de lui envoyer des patients. Cela faisait des années qu'elle était en anlyse. Elle connaissait les ficelles du métier. Son projet donna des idées à Miller. Il parlait non sans fierté de son aptitude à analyser les névroses d'autrui. Il avait rncontré Rank une seule fois. Il n'avait jamais entrepris lui-même de psychanalyse mais si Anaïs consentait à lui apprendre les techniques élémentaires, il se faisait fort de devenir un honnête psychanalyste. Leurs beaux projets s'écroulèrent comme un château de cartes lorsque Otto Rank décida subitement d'aller s'installer à New-York. Et il demanda à Anais de l'accompagner pour l'aider à s'installer outre-Attlantique. Anaïs qui devait beaucoiup à son psychanalyste n'osa pas refuser. Miller n'eût pas le temps de protester que Rank et Anaïs avainet mis le cap sur les Etats-Unis


1936 Janvier-avril: saut à New-York. Exerce la psychanalyse. Début de la correspondance avec Keyzerling, après avoir lu son journal. En Juin, publication du Printemps Noir (Black Spring). C'est alors qu'arrive de Corfou, Lawrence Durrell avec sa femme, Nancy. Nous avons vu que de nombreuses lettres avaient été échangées depuis le Tropique, aussi est-ce dans le climat d'une amitié déjà enracinée que les deux hommes se découvrent. "Un vrai coup de foudre à la russe", remarque Alfred Perlès. Durrell venait de terminer le "Black Book", cette chronique de la  mort anglaise, une oeuvre purgative, lyrique, diffuse, révoltée et touffue qui, tout en annonçant, malgré ses rugosités et scories, le futur "Quatuor c'Alexandrie" (quatre livres que j'ai lus avec fascination il y a près de 50 ans et qui continuent de me fasciner. Justine, Balthazar, Mountolive et Clea)

Miller jeune
Henri Miller devenat-il magnétique? Perlès s'installa impasse Rouet, à deux pas de la Villa Seurat. Hans Riechel un peintre allemand qui vivait dans la même rue lui donna des leçons de peinture. David Edgar, un jeune peintre américain qui ne peignait jamais devint son ami. Tourmenté, aimable, fortuné, Edgar se passionnait pour le Bouddhisme Zen, Rudolf Steiner, Madame Blavatsky et l'anthroposophie. Abraham Rattner, un peintre américain qui résidait occasionnellement à Paris, fit grande impression sur Miller. AnaÏs Nin continuait à l'entretenir et venait le voir au moins deux fois par semaine quand son mari allait prendre des leçons de dessin avec Riechel. Anaïs lui présenta Conrad Mohican, un astrologue suisse qui était un ami de Max Jacob.


Des artistes européens se mirent bientôt sur l'orbite de la planète "Villa Seurat": Raymond Queneau, Roger et Jacques Klein, Brassai, le photographe que Miller connaissait de longue date. Enfin sa voisine de palier, une certaine Betty Ryan, une artiste américaine pratiquant une peinture abstraite et qui était la petite fille de Thomas Fortune Ryan, qui était mort en laissant derrière lui une fortune de 160 millions de dollars

1937. Importante rencontre épistolaire avec Lawrence Durrell , écrivain britannique, avec lequel il va correspondre longuement avant de le rencontrer à Corfou.

Le Chicago Tribune ferme son agence parisienne et Miller se retrouve sans emploi. Alfred Perlès lui propose de fonder un magazine littéraire à la Villa Seurat. Ce sera "The Booster" (Le Voleur). Miller nommé rédacteur adjoint se fit fort de trouver des souscripteurs. Le 1er numéro paraît en septembre 1937. L'éditorial signé Henry Miller proclamait que le magazine était résolument "a-succès, apolitique et a-culturel". Les rédacteurs se déclaraient "pro-ripailles, pro-fadas et pro-épilectiques; par contre ils se déclaraient hostiles à la paix, à la modération, aux rhumatismes et autres "ismes" de cet acabit. Nancy Durrell (l'épouse de Lawrence) fit la couverture du premier numéro. AnaÏs Nin faisait partie du comité de rédaction. Miller avait pour titre: directeur artistique. Michel Fraenkel était le directeur du département métaphysique. William Saroyan entra également au comité de rédaction. Le magazine fit long feu et fut remplacé par "Delta" dirigé par Durrell, unique actionnaire

Miller devint également l'un des neuf rédacteurs d'une revue française, sérieuse, celle-ci: "Volontés. C'est Raymond Queneau qui l'avait mis en contact avec Georges Pelorson, le rédacteur en chef

Quelques semaines à Londres. Rencontre de T.S Eliot et de Dylan Thomas

 

LAWRENCE DURRELL, écrivain et voyageur britannique, né en 1912 à Jalandhar(Indes britanniquesà et mort en 1990 à Sommières (Gard-France. Entre Montpellier et Nîmes). De mère irlandaise. J'ai connu Miller en  lisant "Le Quatuor d 'Alexandrie"(Justine, Balthazar, Mountolive et Clea dans les années 60) Ecrivain remarquable. Il a écrit à Miller en 1934 après avoir lu son "Tropique du Cancer". Une amitié qui va durer 45 ans. Leur seconde  rencontre aura lieu en 1939 à Corfou chez Durrell , où viendra également Anaïs Nin. (Leur première rencontre a eu lieu, peu auparavant, à Paris à la villa Seurat.)Voici la maison qui existe toujours et est à louer pour les vacancesCorfou Miller Durrell Nin 1935
Une Correspondance lawrence Durrell et Henry MillerDurrell Buchet-Chastel 1963La correspondance s'ouvre, en août 1935, sur une lettre d'admirateur, envoyée par Durrel à Miller(de 22 ans plus âgé que lui) qui lui répond très vit. Tous deux découvrent bientôt qu'ils ont des manières de sentir et de penser vosines. Au début Durrell a 23 ans, Miller en a 45 et son premier livre important "Tropique du Cancer" n'a paru qu'un an plus tôt. Mais Miller a déjà une certaine réputation et il est occupé par toute une série de projets littéraires, concertés le plus souvent avec ses compagnons de la Villa Seurat, Allfred Perlès et Michael Fraenkel. Miller qui a toujours aimé écrire des lettres, publie pendant cette période "Aller-Retour New-York", une lettre de quatre-vingt pages, "compte rendu d'un voyage aller-retour à New-York, tel qu'il est consigné dans une lettre à Alfred Perlès, l'écrivain franco-viennois bien connu qui détient jusqu'à ce jour le record du monde de longueur épistolaire". Puis le 2 novembre 1935, Miller se lance dans sa correspondance avec Fraenkel sur Hamlet, qui doit durer 2 ans, il tente aussi de faire publier "Le Printemps Noir" et il travaille à une étude sur D.H Lawrence qu'il ne terminera jamais


Voici donc la première lettre de Durrell:(

("Août 1935)      Chez le Consul de Grande-Bretagne, villa Agazini, Perama, Corfou .

 

Cher Monsieur MIller,

 

Je viens de relire Tropique du Cancer et il faut absolument que je vous écrive un mot dessus. Pour moi c'est sans conteste le seul ouvrage digne de l'homme dont ce siècle puisse se vanter. J'ai envie de gueuler bravo! depuis la première ligne, et ça n'est pas seulement une grosse claque littéraire et artistique sur le ventre de toutunchacun, c'est un bouquin qui fixe sur papier le sang  et les tripes de notre époque. Je n'ai jamais rien lu d pareil. Je n'imaginai ps qu'on pût écrire un tel livre, et pourtant, chose curieuse, j'ai cru en le lisant, reonnaître une chose pour laquelle nous étions tous prêts. La voie était déblayée pour que Tropique du Cancer puisse s'avgancer. Ce livre tourne le coin de la rue et nous entraîne dans une vie nouvelle qui a retrouvé ses tripes. Deavnt votre livre, l'éloge devient platitude, ne m'en veuillez pas si cette lettre sonne à vos oreilles comme les bêlements d'un vieux critique ou si elle vous fait penser à une publicité de cold-cream. Dieu sait que je pèse mes mots de mon mieux, mais ce sacré bouquin a secoué mes balances comme un tremblement de terre et depuis, je ne m'y retrouve plus dans mes poids et mesures habituels. J'adore voir déboulonner les canons de l'émotion oblique et e la belle émotion littéraire, j'adore vous voir mettre du fumier, sous les caprices et les mièvreries de vos contemporain, d'Eliot à Joyce. Que Dieu nous donne à nous les jeunes le courage de planter des pâquerettes dessus pour achever votre tâche.




Durrell Ruprecht 1986Cefalu de Lawrence DurrellLawrence Durrell: Le quatuor d'Alexandrie 

(Aoüt 1935)1938. Début de sa collaboration avec la revue Volontés, dirigée par Georges Belmont. Publication de "Money and How It Gets That Way "(De l'argent et de ce qu'il en advient). Publication de "Max et les phagocytes".Max..Editions du Chêne 1947

1939 Publication de "Tropique du Capricorne".

Tropique du Capricorne-Chêne-1946Quitte la Villa Seurat en juin. Il y sera resté en tout quatre ans et neuf mois. Visite le Midi de la France. Part pour Athènes le 14 juillet, arrive en août chez Durrell à Corfou.Visite certaines îles grecques et le Péloponèse. Rencontre de George Katsimbalis (le Colosse), du poète George Seferiades, du peintre Ghika. Source de revenus réguliers, tarie net lors de la mort de son éditeur parisien, Jacques Kahane(Obelisk Press) le jour de la déclaration de la guerre

1940 Retour à New-York en février. Rencontre de Sherwood Anderson et John Dos Passos. Ecrit "Le Colosse de Maroussi, Le monde du Sexe, Jours tranquilles à Clichy et commence La crucifixion en rose".Le Colosse de Maroussi-Chêne-1948

1941 Visite les Etats-Unis, en partie en compagnie du peintre Abe Rattner. Rencontre d'Alfred Stieglitz et de Fernand Léger. Mort de son père pendant qu'il est dans le Mississipi. Retour à New-York. Juin 1942: départ pour la Calfornie; Est à la moitié de "La Crucifixion en rose"
  et au tiers de "Cauchemar climatrisé".

 

1943 Peint de deux à trois cents aquarelles. Les expose à Beverly Glen et à la Galerie Américaine Contemporaine de Hollywood avec succès.Aquarelle d'Henry Miller

 

1944. Randonnée avec Jean Varda sur la Côte Ouest

Mariage avec Janina Lepska en décembre à Denver(Colorado).

 

1945. Se retrouve à Big Sur en février.

Termine Sexus.SEXUS d'Henry Miller en anglais

Voici une séquence en anglais, de l'écriture réelle d'Henry Miller, saccadée, foisonnnante, terriblement Hard, pour l'époque du moins. Rien à voir avec les traductions françaises. Ce n'est pas de l'anglais , c'est du slang américain, débordant, juteux. En l'occurence son premier rapport sexuel avec Mona-June:

"There was a little puddle near her elbow and I was for taking it out again and moving over another inch or so, but when I tried to draw it out, she got frantic "Don't ever take it out again" she begged,"it drives me crazy. Fuck me, fuck me!". I held out on her along while. As before, she came again and again, squealing and grunting like a stug pig. Her mouth seem to have grown bigger, wider, utterly lascivious; her eyes were turning over, as if she were going into an epilectic fit. I took it out a moment to cool it of. She put her hand in the puddle beside her and sprinkled a few drops of water over it. That felt marvelous. The next moment she was on her hands and knees, begging me to give it to her assways. I got behind her on all fours; she reached her hand under and grabbling my cock, she slipped it in.; It went right in to the womb. She gave a lirrle groom of pain and pleasure mixed "It's gotten bigger" she said, squirming her ass around. "Put it again all the way...go ahead, I don't care if it hurts" and with that she backed up on me with a wild lurch. I had such a cold-blooded erection that I tought I'd never be able to come"

 

Commence la traduction d' "Une Saison en Enfer"

Naissance d'une fille Valentine

1946. En janvier, Miller s'installe dans une hutte construite autrefois par des forçats qui travaillaient sur la grande route littorale, à Anderson Creek. Rencontre d'Eve McClure.

 

1946. Jean Wharton lui prête une maison à Big Sur. Travaille à Plexus. Il la rachètera avec ses droits d'auteur.

Publie Plongée dans la vie nocturne précédée de La Boutique du Tailleur, 2 nouvelles issues du Printemps noirMiller Plongée dans la vie nocturne et La boutique du Tailleur1946 Black Spring

 

1948. Reçoit Cartier-Bresson. Naissance de son fils Tony. Ecrit "Le sourire au pied de léchelle"

 

1949. Termine" Plexus" et commence" Books of my Life"PLEXUX Correa Paris 1952

 

1951. Miller se sépare de Janina Lepska

 

1952. Commence Nexus. Tour d'Europe avec Eve McLureHenry-Miller-300x41Henry MILLER1-23kb-media-7017-media-1282

 

1953. Miller retrouve Paris et ses anciens amis dont Michel Simon, Brassaï, Georges Belmont.
Voyage en Belgique, puis en Dordogne. Séjour à Montpellier. Voyage en Espagne en compagnie de Joseph Delteil. Retrouve à Barcelone son ami Alfred Perlès, après 14 ans. En Angleterre, il visite John Cowper Powys. Retour en Californie fin août.

Il épouse Eve McClure en décembre. La voici, à Paris d'abord, puis sur la terrasse de Big Sur, réalisée par son ami, le peintre  Ephraïm Doner(photo du bas)Avec Eve McClure à Paris
Avec Eve McClure à Big Sur, sur laTerrasseLe peintre Ephraïm Doner-copie-1
Henry et Eve sur la falaise de Big Sur, surplombant le Pacifique. Photo géniale...Miller et Eve McClureBig Sur La CôteLe Pacifique à Big SurEt voici la maison de Big Sur, "Le crêt de Partington"La Maison du Crêt de Partington à Big Sur-copie-1



1954 Arrivée à Big Sur d'Alfred Perlès, pour écrire "My Friend Henry Miller". Exposition des gouaches de Miller au Japon. Il commence à écrire "Big Sur and the Oranges of Hieronymus Bosch".Nirvana needed

 

 

1957 Recommence "Quiet Days in Clichy" après la découverte du manuscrit égaré depuis quinze ans. Election à l'Institut National des arts et lettres. Première lettre à la Cour d'Oslo.Jours tranquilles à Clichy 2-copie-1Jours tranquilles à Clichy

 

1959 Publication d'une deuxième lettre à la Cour d'Oslo: "Defense of the freedom to read". Il termine Nexus en avril. Deuxième voyage en Europe avec Eve, et ses deux enfants, Val et Tony. Séjours à Paris, Copenhague et Montpellier. Revoit Joseph Delteil, et pour la première fois depuis 1940, Lawrence Durrell, installé à Sommières (Gard) en 1957. Il loue une maison à Sommières pour l'été. Retour à Big Sur à l'automne.

 

1960. Miller revient seul en France. Voyage en Allemagne pour visiter son éditeur. Rencontre de Georges Simenon.

 

1961. Séjour à Montpellier en avril et en juillet. Ensuite Allemagne puis au Portugal. Rentre à Big Sur. Rupture avec Eve.

1963. Série de procès aux Etats-Unis. S'installe à Pacific Palisades.Miller quitte Big Sur pouur Pacific Palisades

1965. Mort d'Eve

 

Miller en 1966 à Pacific PalisadesPortrait de MillerMILLER PARLE DE LA BELGIQUE.C'est à cette époque qu'Henri Miller dans la Revue Synthèses (février-mars 1967-commémoration de ses 65 ans), nous parle de son amitié avec le belge Pierre Lesdain :

"Je ne me souviens pas du temps où ma volumineuse correspondance avec Pierre Lesdain a commencé...Il me semble que nous communiquions ensemble, comme si nous nous étions connus de toute notre vie ou bien au cours d'une existence antérieure.

Quelques années plus tard, lorsque je me trouvai dans ce faubourg de Bruxelles, nommé Woluwe-Saint-Lambert, j'eus le sentiment d'être revenu à mes anciens repaires de Williamsburg-Brooklyn...Non il n'y a rien d'étonnant après tout que l'insigne honneur de  vouloir comémorer mon soixante-quinzième anniversaire me vienne d'un petit pays perdu comme la Belgique..

Ce fut en 1953, l'année de mon retour en Europe, après uen longue absence. J'y revenais avec une nouvelle épouse qui ne connaissait par l'Europe. Nous arrivâmes à Bruxelles, de Paris, je pense, ou était-ce d'Espagne? De Bruxelles nous comptions partir pur l'Angleterre afin d'y retrouver Alfred Perlès, le bien-aimé copain de mes années parisiennes. Nous avions l'intention de ne rester là-bas que peu de jours, mais ces jours se transformèrent en semaines grâce à l'hospitalité libérale, à la générosité de nos amis belges.
Lesdain et sa chère femme Hélène avaient insisté pour nous héberger dans leur modeste maison. Nous mangions ensemble chaque jour. Ce n'étaient pas des agapes auxquelles nous participions, mais la communion même. Chaque repas commençait par une courte prière et avec une gousse d'ail. La chère était arrosée de propos abondants, vivifiants,... Parffois nous partions pour la ville, à l'aventure, ou bien nous allions pique-niquer dans la nature. Lors d'une de ces excursions, nous visitâmes l'abbaye où vécut autre fois Ruysbroeck l'admirable. Je me souviens que nous avons marché à travers une forêt de hêtres pour atteindre l'endroit. Une fois de plus, comme à Big Sur, j'avais l'impression de rêver parmi la musique de Pelléas et Mélisande. Cela ne ressemblait à aucune forêt où j'avais pénétré  auparavant. C'était purement magique.
Certain jour, Lesdain nous présenta à son frère Maurice Lambilliotte et à Yvonne sa charmante femme. Avec Lambilliotte nous courûmes tout le pays, toujours à la dernière vitesse, toujours faisant s'évanouir les kilomètres en bavardages...La sérénité de Bach et de son "Clavier bien tempéré" s'était abandonnée au monde du Jazz, du jazz hot pour être plus précis. Mais du milieu de ce tourbillon jaillit de ma mémoire une brève visite à la cathédrale de Gand (Saint-Bavon, où je fus baptisé, soit dit en passant), où je contemplai avec un sentiment de révérence tel qu'aucune autre oeuvre d'art ne m'en a jamais inspiré, le tryptique des Van Eyck, l'Agneau mystique. Un second et mémorable évènement dont je garde  le souvenir intense, fut notre viste à Bruges, la Ville morte. Là, dans la paix et dans la solitude, dans sa beauté momifiée, se trouve l'endroit où, si j'étais né poète, j'aurais pu écrire mes plus belles oeuvres.Ici j'aurais pu être inspiré jusqu'au point de devenir le rival d'un Hölderlin ou d'un Pindare

 

1967. Représentation du "Sourire au pied de l'Echelle" à l'Opéra de Marseille.Le sourire au pied de l'Echelle Robert Snyder commence à tourner son film L'Odyssée d'Henry Miller.

Lune de miel à Paris avec sa nouvelle femme, la chanteuse japonaise Hoki TokudaHoki Tokuda-copie-1Avec sa femme Hoki et son amie Puko-copie-1

Ping PongLes Vieux et les FemmesSéjour à Montpellier. Exposition à Uppsala(Suède), Aquarelle 1967"Le sourire" est représenté à Trieste.

1979. Publication des Entretiens avec Georges Belmont. Emissions télévisées pour l'ORTF, réalisées aux Etats-Unis.

Reçoit Le grand Prix de Naples pour" Come il Colibri" (Stand still like the Hummingbird).

1971. Publication de "My Life and Times". Subit plusieurs opérations à  la suite d'une artérite. Sa vue s'affaiblit.

1975. Entretiens entre Henry Miller et Christian de Bartillat à Pacific Palaisades, publiés sous le titre de Flash- Back

Lawrence Durrell va en Californie retrouver son ami H.Miller.

1977 Perte d'un oeil. Voici la lettre qu'il m'envoie "I am now blind in one eye" (Ch.Van Cauwenberghe c'est bien moi) Henri Miller

 

Mort d'AnaÏs Nin. Anaïs NINEcrit en français "J'suis pas plus con qu'un autre" et "Book of friends"

Dessin de Miller1966

 

Le Livre des Amis1979 Ultimes entretiens avec le journaliste belge Pascal Vrebos, avec un CD incorporé au livreVrebos Ultimes Entretiens-copie-1

1980 Mort d'Henry Miller, à Pacific Palisades, à l'âge de 89 ans.

 

Henry Miller par le Sculpteur Marino Marini

Henry Miller par Marino Marini

 

 

 

Voici quelques un de ses écrivains de prédilection. L'oeuvre de Miller est aussi une bibliothèque de la littérature contemporaine

 

 

 

 

Henri-David ThoreauHenri David Thoreau-copie-1
ThoreauWalt WhitmanWalt Whitman 001Walt Whitman. Specimen Days-copie-1John Cowper PowysPowys800px-Powys2-copie-1

Céline et CendrarsLes 2 RévélateursJoseph ConradARTISTES 276Knut Hamsun ((La Faim)knut hamsun postwar cane

John Dos Passos (Manhattan Transfer)Dos Passosecyflihi6d1ucefd-copie-1

D.H LawrenceLawrence

 

Hommage de Georges SImenon :

" Henry Miller à mes yeux, est un personnage hors série comme il en faudrait quelques uns à chaque génération, pour rappeler aux hommes que le conformisme ne mène nulle part et que sans révolte contre la morale établie et confortable, il n'y aurait jamais eu de progrès.
Cela choquera sans doute certains si j'ajoute que je tiens Henry Miller pour une sorte de saint laïque. Pendant la plus grande partie de sa vie, il a accepté de vivre en marge, n'ayant de par le monde que quelques amis qui reconnaissaient son génie. Peu à peu, ces amis se sont multipliés, je devrais plutôt écrire ses adeptes.
Et soudain, voilà quelques années, Miller a rompu les digues, non seulement pour lui-même mais pour tout ceux qui mettent avant tout, la liberté de l'homme.
Miller est un poète. Son oeuvre est un tout, une sorte de chanson de geste, la chanson de geste de notre époque, et sans doute est-elle pour beaucoup dans la révolution qui se dessine un peu partout de par le monde. Je ne parle pas bien entendu, de révolution politique.
Voila ce que je pense d'un homme que je suis fier et heureux d'avoir pour ami "Simenon

 

Enfin, les Livres et Revues que j'ai utilisés pour rédiger cet article, et qui sont tous dans ma bibliothèque. En ce qui concerne les livres de Miller, je possède des éditions des années 1946-47 et 48.


Magazine Littéraire Nov 72Jay MartinMiller par lui-même
Ma Vie et MoiNorman MailerRevue PlanètePascal Vrebosn
Temps Livres Nov 1990bRevue L'ARCb

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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 06:50
Bio 140 - Fin 1971- Nos chats- Francis Bacon à Paris

 

La voici la chatte MISTINGUETT que nous avons adoptée en 1970 à Liège, quelques mois avant notre départ pour Libramont. Elle doit avoir un an et ce sera le 21 octobre 1971 qu'elle aura son premier chaton, un garçon, FIGARO, né de père inconnu libramontois.

Voici d'abord Valérie et Mistinguett, surnommée ainsi à cause de ses bas noirs et voilà la Panthère Noire, un splendide bâtard né de mère siamoise. C'est un chasseur et c'est le seul des 6 chats avec lesquels nous déménagerons en 1979, de Libramont à Moircy, qui refera les 10 Kms dans les sens contraire et à travers la forêt, pour revenir me chercher à mon bureau de la Banque à Libramont. Il lui faudra 8 jours et 8 nuits pour accomplir ce périple, s'introduire dans la banque par la chatière et venir gratter à la porte de mon bureau. Les jours précédents, j'étais parti en forêt à sa recherche en l'appelant mais en vain. Il a fallu qu'il revienne à son territoire, celui où il était né, près du chemin de fer de Libramont. A midi je l'ai embarqué dans ma voiture (en octobre 1979), l'ai ramené à la maison et nous l'avons tenu à l'intérieur pendant plusieurs jours, le temps pour lui de se constituer un nouveau territoire. Il n'est plus jamais partiCe n'est pas un chat, c'est un Lynx, c'est un Sphynx. Une beauté époustouflante comme le dirait le Benigni de "C'est la Vie"

En cette fin 1971, il y aura encore l'arrivée de ma secrétaire, mes premières recherches d'agents dans la province, mes premiers Crédits Hypothécaires

Mais il y aura surtout un voyage à Paris, à la Toussaint, avec les Ransonnet, pour aller voir la grande rétrospective BACON dont voici le catalogue en couverture. Un choc terrible. Je me suis mis à pleurer et j'ai dû sortir du Grand Palais. J'ai eu la même émotion dans une des salles de GOYA au Prado à Madrid, trois ans plus tard

La peinture ci-dessous fait partie d'un tryptique réalisé en 1970 et intitulé "Three studies of the male back". Quand ce genre de chose m'arrive, le grand frisson, puis les larmes qui jaillissent, il ne s'agit pas d'une émotion anecdotique mais bien d'une émotion esthétique et je puis donc la ressentir devant des peintures aussi abstraites que celles de Rothko

Chose étrange, je n'ai jamis reçu ce genre d'émotion devant une seule des peintures de Picasso

Bacon -Grand Palais- Rétrospective 1971
Et Bertolucci est en plein tournage du "Dernier Tango" à Bir Hakeim et nous allons prendre un verre au fameux café, avec lui et Brando. C'est faux mais on a bien failli !

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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 06:26
Bio 139 - Banquier à Libramont

.Voici la Banque du Crédit Foncier que je vais occuper avec mes deux vitrines et l'apartement privé au-dessus Tout au fond de la rue, on aperçoit la forêt.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons un passage latéral à gauche  de l'immeuble qui nous permet d'accéder directement à l'arrière et au jardin

Voici ensuite le bureau du "Directeur", à savoir le mien, celui dans lequel je ne serai pour ainsi dire jamais pendant 12 ans, car mon boulot consistera à me trouver sur les routes, ma secrétaire assurant la permanence et les tâches administratives. En fin, voici notre jardin à l'arrière. Dans le fond, le mur qui abrite le bowling du Café "La Tramontane". A l'horizon la forêt en direction de Saint-Hubert. A notre gauche, trois jardins qui mènent à la voie de chemin de fer Libramont-Bruxelles. Le jardin est très étroit. J'y ai planté quelques épicéas et des Thuyas et je ferai beaucoup mieux par la suite. Bref un ensemble plutôt lugubre. On pourrait se croire dans les Corons. J'achève aussi un stage entrepris à Bruxelles avant mon départ à New-York, afin de devenir creditman, octroyeur de crédits, métier que je n'ai jamais pratiqué jusque là, ne m'étant occupé que de récolter des fonds pour la Caisse d'Epargne du Crédit Foncier de Belgique. Curieux de constater que mon totem aux Scouts était Ecureuil et que j'en arrive finalement à travailler dans une Caisse d'Epargne. Donc stage à Bruxelles, navette tous les jours, et initiation par un jeune loup, qui essaiera de me saboter dès mes débuts à Libramont, en prétendant que je n'ai pas assimilé la matière des crédits, que je ne suis pas fait pour celà etc...Mais il ne sera pas suivi par la Direction

Et donc nous voici en septembre et avant d'avoir ma secrétaire, je me lance dans le bain. Il ne s'agit pas pour moi de faire de la clientèle sur le terrain. Heureusement, toutes les banques belges sont déjà installées et dirigées par des gérants natifs du coin. Là je n'aurais eu aucune chance. Il s'agit de partir dans les campagnes et dans les forêts, dénicher des hommes de confiance, bien vus dans leur patelin, et désireux de s'assurer des revenus complémentaires en devenant petits banquiers, après journée, dans leur village. Interdiction de recruter des fonctionnaires, des secrétaires communaux, des professeurs, des instituteurs. Uniquement des employés ou des agents ou courtiers d'assurances, mais là encore, les autres caisses d'épargne sont passées avant nous . Donc je m'empare de l'annuaire téléphonique, prends rendez-vous avec des bourgmestres ou des secrétaires communaux, vais chercher des listes électorales, et propose des noms sur lesquels ces autorités communales me donnent leur avis. Je vais voir les notaires aussi. Il faut trouver des gens populaires dans leur village, dignes de confiance, d'un minimum de capacité intellectuelle, les emballer sur le projet (et emballer leurs épouses dont les yeux luisent dès que je parle de "revenus supplémentaires"), proposer leur candidature à la Direction et celle-ci acceptée, commencer à les former sur le plan bancaire, les faire prospecter et les contrôler et ceci sur tout le territoire de la Province à savoir 4440 Kms2.

 

Si j'ai déjà réalisé cette performance dans la Province de Liège, cette fois le pari est beaucoup plus difficile, car je n'ai aucune sorte de relation dans cette contrée et m'amène en tant qu'étranger à part entière, dans des régions au surplus rurales, donc méfiantes par principe et ardennaises de surcroît. Des régions rudes avec des gens rudes. On ne m'a pas fait de cadeau. Et pourquoi c'est tombé sur moi, je me le suis longtemps demandé ??? On continue de m'employer  comme pionnier, défricheur, explorateur. En plus je pense qu'on a toujours voulu m'éloigner du centre névralgique, car j'étais un contestataire et avais un langage très gênant lors des réunions locales et nationales, mettant le doigt sur toutes les carences du système avec ce genre de franc-parler dont les gens en général préfèrent ne pas entendre parler. Je puis vous dire, j'avais la chant pourquoi il était là, se signaient en le croisant. il incarnait le Diable ! Dois-je p

trentaine et aujourdh'hui j'ai dépassé la septantaine, que je n'ai pas changé d'un poil. Et puis peu de mes collègues auraient accepté de tout quitter et d'aller s'expatrier dans la brousse. Pour mon épouse c'était tenable puisqu'elle était ardennaise et que ses parents habitaient à 40 Kms

Quant à Valérie, on est allés l'inscrire à l'Ecole de l'Etat à Libramont où nous avons rencontré un gars très bien , le directeur, Gustave Bernard, un homme de gauche, originaire de la région de Charleroi, venu à Libramont pour fonder une école laïque qui n'existait pas jusque là. Il me racontera plus tard qu'à son arrivée dans la bourgade, environ 5 ans avant nous, des gens sachant qu'il allait diriger un établisement non-religieux, faisaient le signe de croix en le croisant.

Inutile de préciser que cet homme va devenir un ami !

N'oublions pas dans tout celà, notre chatte Mistinguett que nous avons emmenée avec nous et qui ne va pas tarder à se reproduire

Et voici donc pour l'ambiance de départ

 

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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 06:10
Bio 138 Adieu Liège, Bonjour Libramont - Juillet 1971

A peine revenus de New-York et rentrés à Liège, nous déménageons à Libramont le 28 Juillet 1971. Alors première chose: C'est où Libramont ?. D'abord une carte destinée à mes amies et amis français.

Libramont est situé au coeur des Ardennes belges, dans la Province de Luxembourg, qui jouxte le Grand Duché de Luxembourg et la France au niveau de Longwy au Sud-Est, de Sedan et Charleville au Sud-Ouest.

Au-dessus et à droite de cette carte , j'ai mis une flèche noire qui indique Libramont, au Sud-Est de la Belgique. Bruxelles se trouve au centre de la carte à la limite de la Wallonie rouge et Liège toujours dans le rouge au-dessus à droite.

Une seconde carte ci-dessous, situe Libramont et mon village Moircy, dans le Sud-Est de la Belgique. En dessous à gauche c'est la frontière française avec Charleville et Sedan. En dessous à droite vous avez Luxembourg-ville et Longwy. Au-dessus de Moircy, qui est en haut de la carte, vous avez à gauche St Hubert, à 9 Kms de chez moi et à droite Bastogne à environ 30 Kms.

Mais en 1971 il n'est question que de LibramontLibramont 1971-Crédit Foncier de Belgique-Rue de Serpont car je n'habiterai Moircy qu'à partir de 1979. Libramont est une "ville" nouvelle de 3.000 habitants à l'époque, taillée dans la forêt et pas du tout belle esthétiquement. C'est sa gare( ligne Bruxelles-Luxembourg-Bâle ) et sa situation géographique au centre de la Province qui lui donne un certain intérêt et va en faire une ville-champignon et prospère dans les années qui vont suivre. 

La Province de Luxembourg en Belgique, fait 4.440 Km2 pour 264.000 habitants; à peu près l'importance du département des Ardennes françaises. Pour rappel, la Belgique est un petit pays de 30.500 Kms2 et de 10 millions d'habitants alors que le France compte 63 millions d'habitants sur 550.000 Kms2.

Liège et son agglomération que je quitte font 500.000 habitants. Bref le changement est radical. Le seul charme de Libramont étant d'être entouré de forêts, ce qui est loin de me déplaire. Ma banque est près du Pont de Chemin de fer, rue de Serpont. La maison est une espèce de cube construit après la guerre. En-dessous les bureaux qui ont été emménagés et au-dessus l'appartement de deux étages. Et heureusement un jardin étroit et profond, complètement dénudé. Je me souviens d'une promenade avec ma femme, le soir de notre arrivée dans ce bourg complètement désert, où nous ne connaissons personne (ni à Libramont, ni à 100 Kms à la ronde). Deux établissements commerciaux dans notre rue, un magasin de confection balzacien, style "Au Bonheur des Dames", la Maison Bossicart et en face la Boucherie Leitz

J'ai 33 ans et c'est un tournant dans ma vie car, de citadin, je vais devenir homme des bois. Il suffit de remonter la rue pendant dix minutes et je suis en pleine forêt. Libramont est à 500 mètres d'altitude. Ce qu'on appelle "le plateau ardennais". L'air est vif.

Je suis encore en vacances et le bureau est fermé. Il ne sera d'ailleurs jamais inauguré. Nous emménageons peu à peu dans notre appartement. Valérie est chez ses grands-parents à 40 Kms (On-Jemelle). Il va falloir l'inscrire dans une école. Elle a tout juste 8 ans. Il y a une Ecole d'Etat et une Ecole Catholique. Bref on se prépare pour la rentrée. Le Crédit Foncier m'a déniché une secrétaire à Longlier. Je vais la voir chez ses parents à Molainfaing. Elle s'appelle Liliane Maus. La pauvre va devoir me supporter pendant douze ans (1983 )

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