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LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


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Site traduit en Allemand :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/de/index.html

 

Site traduit en Anglais :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/en/index.html


Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
  • Contact

Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
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Archives

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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Jetez un oeil dans mes LIENS sur Richard OLIVIER, BIG MEMORY, mon ami Richard, Cinéaste belge, étant sur un gigantesque projet: Filmer tous les CINEASTES BELGES, morts ou vifs. Enfin, un artiste qui s'intéresse à ses pairs !http://www.bigmemory.be

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COHEN Eveybody Knows
Tibetan Song

Je suis sur les blogs pro-tibétains:

www.candle4tibet.org
www.ning.com

VENEZ M'Y REJOINDRE !

Christian VANCAU

23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 07:23

Après Genève et Dijon et la fin de cette aventure du Mouvement Planète, nous repartons une dernière fois pour la Yougoslavie et cette fois uniquement sur la côte dalmate entre Zadar et Split, avec une destination terminale sur l'île de Brac, dans le village de Supetar, situé sur l'île, juste en face de Split. Voir la flèche sur la carte ci-dessous Après nous être arrêtés à notre camping habituel de Starigrad-Paklenica, le temps de prendre une photo de ma fille Valérie, 7 ans,

devant les Monts Velebit, nous poursuivons vers le sud et faisons d'abord escale à Pakostane, puis à Primosten que voici. Il existe toute une série de petits villages de ce style, le long de la côte Dalmate, mi-italiens, mi-autrichiens, Sibenik, Troguir, Pakostane, Primosten avec en regard des centaines d''îles Brac, Hvar, Korcula, Peljesac, Mijet.
 

De la plage, du repos et il fait superbe, la preuve ci-dessous avec ma petite sauvageonne, une indienne blonde comme son papa. Nous allons passer une huitaine de jours à jouer les plagistes, avant de partir à Split afin de nous embarquer pour l'île de Brac et Supetar. Nous devons y retrouver notre ami  Marcel Reynders, sa femme et sa fille Martine qui est amie avec Valérie, ainsi que des amis à eux que nous ne connaissons pas . Je ne suis pas trop pour, n'étant pas un homme de groupe et en plus sortant d'en prendre. C'est le phénomène des trentenaires, qui se sont mariés et qui se réunissent en couples pour des balades ou des vacances, parce qu'ils n'ont pas grand'chose d'autre à faire et puis ils ont des marmots, donc il faut que tout celà se gère et se digère avec cette langueur qui m'a  toujours rappelé Anna Karina scandant dans Pierrot le Fou, "Qu'est-ce que je vais faire, y a rien à faire, qu'est-ce..." Heureusement qu'il y a mon ami Marcel avec lequel je puis parler en dehors de l'anecdote ou de " tu connais la dernière, c'est l'histoire d'un mec qui..." et mon ami Jean-Pierre Michaux, autre "Planétaire" qui est venu nous rejoindre avec sa femme. Eh bien m'y voici sur l'île de Brac, une île parmi les îles comme on peut le deviner sur cette photoDalmatie 1970-Ile de Brac-Supetar-Yougotour

"Vancau dit l'Albanais, condamné à mort par contumace, recherché par toutes les polices de France et de Navarre, cent mille dollars de récompense". C'est vrai que j'ai l'air d'un bandit de grand chemin. Remarquez la sécheresse de la végétation, c'est la garrigue ou le Djebel ou le Reg, pas de verdure en dehors des pins

Et puis il y a de l'arnaque dans l'air. Mes amis se sont adressés à une agence de voyage,( ce que je n'ai jamais fait de ma vie, ni avant, ni après, je voyage comme je l'entends et n'ai besoin de personne en Harley-Davidson ) " l'agence Yougotour" et c'est la catastrophe. Travaux bruyants dès 6h00 du mat, au pied de notre immeuble, des tas de promesses non-tenues. Nous avons une animatrice yougoslave et je la harcèle jusqu'à ce qu'elle fasse venir une inspection de Yougotour et ce harcèlement,  que je contiuerai à mon retour, et je suis le seul à le faire, "J'aime pas qu'on se foute de ma gueule, et quoi, qu'est-ce qu'elle a ma gueule?", aura pour résultat que chacun d'entre nous, à savoir une quinzaine de participants, sera remboursé de la moitié du voyage après notre retour en Belgique. Du coup, on a dû me trouver bien sympathique mais c'était trop tard. Bien sûr, on a eu de bons moments, comme le prouve la photo ci-dessous, avec des barriques de vin dans les arbres et là encore on retrouve Vancau l'Albanais à la pompe, mais nous avons été plusieurs fois au bord du gouffre comme le prouve cette expérience de suicide collectif au-dessus d'une falaise inquiétante. On se croirait dans un film d'Hitchcock. Qui va sauter le premier?? Ce n'était pas évident du tout et à force de réfléchir, on y a tous renoncé, même moi, mais j'ai une excuse, j'avais trois jolies femmes autour de moi, en ce compris Marylin Monroe à ma droite  sur la photo, qui n'avait pas envie de remettre ça (A moins que ce ne soit Kim Novak dans "Vertigo-Sueurs froides")Et puis comment résister au plaisir

de vous montrer ma petite crevette blanche sur les bords de l'Adriatique. Et voici le tube de l'été 1970 : PERCY SLEDGE

 

PERCY SLEDGE  When a man loves a woman

 

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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 06:00

Louis Pauwels, sachant mon intérêt pour Henry MILLER m'a fait à l'époque lire une lettre de lui,qu'il avait reçue en 1968. Elle est tellement d'actualité et proche de ce que je ressens aujourd'hui, que je ne résiste pas au plaisir de la partager (Miller a 76 ans en 68 et j'en ai 71, à ce jour). Voici donc ce que Miller écrit à Pauwels, sur la Liberté, le 28 mars 1968 :      
Henry Miller-1968-Lettre à Louis Pauwels

 

Cher Louis Pauwels

Quoique je sois d'accord avec vous sur l'effrayante condition du monde, je ne suis pas aussi certain que vous semblez l'être sur la façon de redresser les choses.
Comme vous le savez je n'ai jamais appartenu à aucun groupe politique, religieux ou social: je me suis contenté d'écrire et de peindre. En vieillissant, je m'interroge sur la force du mot écrit. Lorsque j'étais plus jeune, je lisais tous les révolutionnaires enflammés, les libertaires, les sages, les saints, et dans mon oeuvre je me suis efforcé de faire jaillir chez le lecteur, l'étincelle qui l'encouragerait à changer sa façon de vivre. Mais quand je vois ce qui se passe ici, là, partout, je me demande si mes mots ont eu le plus léger effet. Aucun doute le monde présent est bien pire que celui où je suis né (Que dirait-il aujourd'hui???)

 

Ce que j'essaie de dire, mon cher Pauwels, est que, si les mots des plus grands esprits tout au long de la civilisation n'ont eu aucun effet sur la masse du public, ne serait-ce pas qu'il y a quelquechose de vicié dans cette méthode de régénération? Les grandes vérités sur la vie ont été rabachées des milliers de fois, mais une poignée d'individus seulement ont su en profiter. De grands exemplaires ont apparu, mais leurs disciples n'en sont que les caricatures. Hors les chefs spiriruels connus, il y a et il y a toujours eu de grands maîtres qui restent cachés du monde et qui ne font aucun effort pour atteindre les foules.
 

Quand je pense à ces grandes figures, connues ou inconnues, le mot liberté ne me semble pas convenir tout à fait. Je dirais plutôt émancipation, réalisation de soi, accomplissement, service. ou pour être plus précis, liberté de servir l'humanité. Pour ce but, il faut se libérer non seulement des liens de la société, maiss aussi de sa propre ignorance

 

Une réalité d'un ordre différent

 

Une autre idée me vient à l'esprit. Quelle et la vraie nature des problèmes qui nous assaillent ? Peut-on les résoudre par une pensée juste, un comportement juste, un front uni, ou font-ils partie de l'esprit du temps, de la destinée humaine? Les problèmes doivent-ils être résolus, ou ne sont-ils là que pour nous mettre à l'épreuve? Les sages, nous l'observons, ne semblent pas du tout s'en préoccuper- pour eux, ils sont illusoires. L'être vraiment intégré les accepte comme faisant partie de l'ordre de la vie et ce faisant, s'immunise.
 

La question que je me pose est: les choses peuvent-elles être réellement changées en un paradis sur terre, ou une utopie, en supposant qu'un tel état soit définissable, ou ce que nous nommons nos problèmes disparaîtraient-ils automatiquement dans une vision exaltée de la vie? Bref avançons-nous aux pas lents et pénibles de ce que nous appelons "progrès" ou par des bonds inattendus, produits par des évènements imprévisibles et quasi miraculeux? Nous savons que des découvertes et de grandes inventions ont introduit de profondes innovations dans la société. Nous savons que l'apparition d'individus extraordinaires, bons et mauvais, ont amené de grands changements. Il nous reste à savoir quels changements incalculables entraînerait l'exploration de l'espace. La possibilité d'entrer en contact avec des êtres supérieurs d'autres planètes porte en elle des révolutions imprévisibles dans la vie de cette terre. Toute notre conception de paradis sur terre peut sembler naïve ou puérile si nous entrons un jour en contact avec de tels êtres.

 

La symphonie de l'Homme

Je ne prétends pas que la voie du sage ou du Maître soit celle qui convienne à chacun de nous; son rôle comme le nôtre est sans doure provisoire. Il n'est pas plus à même de choisir un autre genre de vie que nous, qui sommes assassins, menteurs, voleurs, tricheurs et le reste. Tous ensemble, saints et pêcheurs, nous composons la symphonie (ou la cacophonie ?) de l'homme au stade présent de l'évolution. Le problème pourtant est qu'il y a symphonie et symphonie. La nôtre n'est pas la première, ne sera pas la dernière. Mais, et voici le point crucial, selon moi - sommes-nous capables d'orchestrer les notes de la prochaine symphonie, ou nous contenterons nous de jouer notre partie lorsqu'elle viendra ?

J'allais dire quand elle éclatera car les "éclatements" font partie de cette chose obscure, nommée création. Si nous ne pouvons régir la conduite de notre propre vie, nous ne pouvons certainement pas diriger l'ensemble. Malgré nos plans et nos prévisions, des choses arrivent qui échappent totalement à notre contrôle. Nous n'avons aucune part à notre naissance, nous n'en avons pas non plus, ou très peu, à notre mort. Nous pouvons au plus accepter ce qui nous arrive. la manière dont chaque individu agit ou réagit est inscrite dans son destin intime. Le héros ne mérite pas plus de louanges que le lâche d'ignominies. Le grand péché est l'igorance. Mais comment rendre un fou, sage, en un tournemain ?

J'ai été évidemment influencé par les grands libertaires, les grands sages, les grands maîtres spirituels d'hier et d'aujourd'hui; mais peut-être ai-je eu de la chance, d'avoir été ouvert à de telles influences. Je dois admettre que les idiots, les crétins, les crédules, les charlatans m'ont aussi influencé. Tous ont joué leur rôle. je ne connais aucun précepte qui nous permette de bien choisir.

 

A chacun sa voie.

Je ne sais pas mon cher Pauwels si cela répond à vos questions. Probablement pas ! Mais
parfois une question en fait surgir une autre. Je ne suis même pas sûr de partager votre intense souci pour l'état présent du monde. Il me semble qu'il y a deux manières de considérer les maux qui nous affligent. La première est de se ruer pour faire quelquechose, intelligemment ou non. Mai j'ai toujours pensé qu'il fallait d'abord découvrir ce qui n'allait pas en nous et si c'est possible ce qui allait. C'est une tâche qui peut prendre toute une vie. Avec la compréhension, viennent le pardon et l'acceptation, non seulement des autres mais de nous-mêmes
Il y a des gens qui ont trouvé leur salut derrière des barreaux de prison. Il y a des hommes, de grands hommes qui ont choisi de mendier. II y a des hommes qui ont choisi de mourir plutôt que de prendre les armes pour leur foi. Il y en a qui ont choisi de rejeter le Nirvana et de reprendre la ronde de la vie jusqu'à ce que le dernier homme ait trouvé sa voie vers l'accomplissement. A chacun sa voie; à chacun son dû.
Je veux bien que les mots aient un  pouvoir, mais leur puissance demeure pour moi, une grave question. Ecoutons-les tous, car parfois même le fou ( je dirais surtout le fou)dit des paroles de sagesseSincèrement vôtre
Heny Miler

 

Lettre d'Henry Miller à Christian Vancau. 1er Mai 1975Henri Miller


 

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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 05:47

 

Dès le mois de janvier 1970, je me rends à Paris. Nous avons nos réunions avenue Alphand et je loge à Saint-Cloud chez Jacques Rialland et Suzanne Bregeon, dans la chambre du fils Pauwels François qui doit avoir une vingtaine d'années. Et puis, il y a des soirées à l'extérieur. Je rencontre René Barjavel et j'ai des amitiés qui se nouent. Avec un couple Jacques et Moune Heris et leur amie Gisèle Bélanger qui travaille aux Editions Albin Michel. Il me faudrait un livre pour écrire tout ce que j'ai vécu là-bas.

Ma tâche d'administrateur est bien définie. Grâce à ma connaissance des langues, j'ai réçu le porte-feuille des " Affaires étrangères". je m'occupe donc des ateliers qui se forment à l'étranger, surtout en Italie, où ils sont nombreux à fleurir. Aussi au Maroc. En avril j'insiste pour que mon ami Collignon qui n'est jamais allé à Paris me remplace à une réunion et j'ai de grosses difficultés à faire admettre ce changement par mes amis français, mais je tiens bon. je trouve qu'il n' y a aucune raison pour que je sois le seul à avoir ce privilège. Pour moi ce partage fait partie de l'esprit de 68. Et jean-Pierre vivra une expérience magnifique et logera dans "ma"chambre
 

Je me méfie en effet de l'élitisme ambiant. Je me pose des questions sur le rôle de Pauwels dans tout celà. Je ne le vois qu'une fois par mois, juste pour le boulot. Pauwels est né à Gand comme moi, mais 17 ans avant moi. C'est donc un belge d'origine. C'est un ancien du Journal "Combat" qu'il a dirigé en 1949. Il a épousé en secondes noces, une actrice, Elina Labourdette, l'héroïne du film de Bresson " Les Dames du Bois de Boulogne ". Il a écrit 2 romans "L'amour monstre" et "Saint Quelqu'un" que j'ai lus et il continue d'écrire, notamment un livre sur Monsieur Gurdjeff. En 1961 il a réalisé une interview célebre de Louis-Ferdinand Céline. Il est aussi l'auteur avec Jacques Bergier d'un prodigieux best seller "Le Matin des Magiciens" et il a de fréquents entretiens à Port Ligat avec Salvador Dali.
 

 Disons que j'observe et que je suis sur mes gardes, car Pauwels est un homme de droite et la question est de savoir comment il va évoluer avec 68. Et je vais très vite être fixé.Un nouveau Congrès est organisé à Genève en mai 1970. ateliers Planète-Paris-Geneve-Dijon-1970Avec Jean-Perre Michaux, nous partons en train jusque Paris, retrouver les partenaires du"premier mariage Planète". Lui c'est Jean-Paul Muichkine et elle c'est Micheline Pluvinage (sur la photo ci-dessus au Col de la Faucille, entre moi et Jean-Pierre.) En Suisse, nous serons hébergés par un planétaire, dans la campagne de Lausanne. Je me souviens d'une promenade au bord du lac Leman avec Gisèle et Moune. Je réalise vaguement que je suis l'objet d'une rivalité amoureuse entre ces deux femmes. Gisèle s'éclipse en faveur de son amie que je retrouve le soir dans mes bras dans un dancing de Genève, sans avoir compris grand'chose. Je ne suis pas du tout preneur, Moune est mariée et je suis ami avec elle et son mari. Assez tard dans la nuit, je la mets dans un taxi et regagne Lausanne. Le lendemain grand repas de midi et je me retrouve à côté de Gisèle qui est administratrice comme moi. Ateliers Planère-Genève-Dijon-1970Jacques Samain qui est à notre table et assez porté sur la chose, a deviné et la défie de m'embrasser sur la bouche, ce qu'elle fait, en pleine table. Et moi je commence seulement à comprendre. Elle avait laissé la place à son amie, mais apprenant que celà n'avait pas marché la veille....La voici Gisèle, à ma droite sur les deux photos ( Moune est à une autre table, il y a comme une gêne, évidemment). Je ne puis oublier la façon dont cette femme s'est jetée sur moi à corps perdu, en dansant. Je ne m'y attendais pas du tout. J'ai su qu'elle était morte d'un cancer quelques années après). A ma gauche le Docteur Aubrion de Caen, nouveau-venu et sa jolie épouse et puis Jacques Rialland et Suzanne Bregeon, ex-madame Pauwels et enfin Jeanine de Bakker, notre secrétaire belge. Genève c'est un tournant. Nous faisons une très belle visite de l'accélérateur de particules au CERN où un membre de planète, Robert Gouiran, est physicien atomiste. Mais le mouvement est en train de virer à l'ésotérisme, sous l'impulsion du Suisse Jean-Charles Burky qui trouve une oreille attentive chez Pauwels; ça sent la franc-maçonnerie et celà va se confirmer un mois plus tard à Dijon et moi la franc ma connerie, ça n'a jamais été mon truc. En fait, il n'est plus guère question de 1969. De mon côté à Liège, dans mon atelier, j'ai de gros problèmes. J'ai renoncé à mon poste d'animateur. Je suis plus âgé que les autres et j'encaisse des projections paternelles et ça me fatigue, j'ai autre chose à foutre. Alors à Dijon, nous sommes le 13 Juin, je monte sur la scène, comme à Orléans et dis tous mes doutes sur l'évolution du Mouvement. Mes amis du Conseil d'administration sont consternés. "Je suis un défaitiste. je trahis le mouvement ". On me demande de rester mais au mois de septembre, à la rentrée, je remettrai ma démission. L'aventure est terminée en ce qui me concerne. Notre atelier disparaîtra rapidement dans les mois qui suivent de même que la plupart des ateliers en Europe et en Afrique du Nord. Ce mouvement a été une fusée d'après 68, un dernier spasme, un feu de paille, mais j'en garde un très beau souvenir.

Louis Pauwels a quitté le mouvement lui aussi, en 1970. Il écrit beaucoup . Il fondera en 1977 le Figaro Magazine dont il prendra la tête jusqu'en 1993. Journal considéré comme une des tribunes de la "Nouvelle Droite". J'avais eu raison de me tirer. Ses éditoriaux, toujours d'une grande qualité, mais très marqués à droite et parfois brutaux lui attirent plusieurs inimitiés. L'attentat du 3 octobre 1980, devant une synagogue rue Copernic à Paris fait éclater une polémique visà vis de Louis Pauwels, qui, bien qu'il n'ait jamais écrit ou parlé dans ce sens, fut taxé d'antisémitisme au sujet de la critique d'une chanson de Serge Gainsbourg et accusé d'avoir, par ses éditoriaux, excité les extrêmistes qui avaient commis cet attentat. L'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, renforce l'engagement en politique de Louis Pauwels, jusqu'à son fameux éditorial de 1986 où il dénonce le "Sida mental" dont il pense, atteinte, la jeunesse. On comprendra pourquoi, je n'ai plus jamais eu de contact avec lui
 

Louis Pauwels, revenu à la religion catholique, meurt le 28 janvier 1997, à l'âge de 76 ans, suite à deux accidents vasculaires cérébraux

 

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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 19:48
 

Dès mon retour en Belgique, fin Juillet 69, je suis absorbé par les Ateliers. L'atelier Pulsar loue un local en ville, à Liège et c'est une étape car nous avons désormais un lieuAteliers Planète Belgique 1969-Louis Pauwels

D'autres ateliers poussent un peu partout, à L!ège, à Bruxelles et à Anvers et celà suscite des rencontres inter-ateliers. En voici une à Bruxelles chez le peintre Jean-Marc Satim von Lilienfeld. Rédaction définitive des statuts et soirée délirante ensuite. Au fond de cette photo, durant la séance de travail, José Bedeur aux noires lunettes avec Josette R. et au centre, Ransonnet-Guevara, eh oui il y a aussi Guevera en arrière-plan (assassiné le 9 octobre 1967, en Bolivie, tandis que Regis Debré est emprisonné à vie dans le même pays, mais sera libéré en 1971), et Jean-Marc Satim, notre hôte. Nous sommes le 25 Octobre 1969
Sur la photo suivante, Jean-Pierre Collignon, à l'époque dessinateur publicitaire et Le Che, Jean-Pierre Ransonnet, peintre et vendeur à la Librairie Halbart à Liège, où il se liera d'amitié avec un autre vendeur André Leto, devenu par après, un  libraire renommé à Mons, des libraires, des vrais comme on n'en fait plus beaucoup. J'exposerai chez lui, à la Librairie Leto en 1981. Ensuite une photo de Jean-Pierre Collignon, à la guitare avec un
Marcel Reynders, forban déchaîné. Les bruxellois et les Anversois sont un peu interloqués mais il est bien connu que pour la fête, de tous les peuples de la Gaule, les liégeois sont les plus braves (Jules César- César contemporain bien entendu ). Et enfin, une photo de notre nouveau local, en Neuvice, ce même mois d'Octobre. L'homme à droite, un certain Guy d'Artait, est simplement passé nou voir. Nous ne l'avons jamais revu. Beau garçon, ceci dit. Et tout doucement nous nous approchons des Grands Etats Généraux de Planète, prévus pour décembre 1969, à Orleans, ou nous allons enfin rencontrer nos amis français, assez surpris du succès du Mouvement en Belgique. Peut-être n'avaient-ils pas encore tout à fait compris que les belges n'étaient pas que des mangeurs de frites.
 

 Il y a encore un autre arrière-plan à tout ceci, c'est évidemment Woodstock, festival  mythique, organisé à Bethel-USA du 15 au 17 août 1969

Joe Cocker à Woodstock
The WHO à Woodstock- See me- Roger Daltrey
Richie HAVENS
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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 09:52

 

Nous quittons Mostar pour prendre la route de Sarajevo que nous ne connaissons pas encore et qui est située à une centaine de Kms au Nord de Mostar. Et me voici devant le fameux pont où l'archiduc François-Joseph d'Autriche, héritier du trône de l'Empire austro-hongrois, a été assasiné par un serbe de19 ans, Gavrilo Princip, le 22 Juin 1914, ce qui a provoqué (et non causé) le premier grand charnier du 20e siècle, excusez du peu .

Je viens d'aller voir les traces de pas de Princip, fixées dans le béton, sur le pont au moment où il a tiré au pistolet sur l'archiduc et sur son épouse tchèque. Je suis en pleine histoire contemporaine. Suite à celà, l'Autriche, pays à la décidément très sombre histoire, déclenchera la Première guerre mondiale, elle n'attendait que celà. Après celà, quelques brochettes, dans ce restaurant de Sarajevo, qui surplombe la ville, avec ma fillette Valérie, à qui j'ai raconté ce merveilleux morceau, je devrais dire lambeau, d'humanité. Nous sommes évidemment loin de nous douter des surprises que nous prépare encore Sarajevo. les Balkans ont toujours été une poudrière. Princip qui n'avait pas 20 ans, n'a pas été exécuté ; on l'a laissé mourir dans la prison de Therezin  en 1918,
l'âge de 23 ans. Ce matin-là nous avons aussi parcouru le Marché de Sarajevo, pas de doute - nous sommes bel et bien en Orient avec les Mosquées  et tous les accessoires de rigueur. Bien sympa, par ailleurs. Il faut photographier, j'allais dire dégaîner très vite, car les musulmans n'aiment pas qu'on les prenne en photos
 

Le grand mot que l'on entend partout c'est Billig ou Billiger, le mot allemand qui signifie " bon marché". Nous sommes tous les trois, blonds aux yeux bleus, donc blonds aryens, c'est peut-être celà. Pas seulement, car il y a l'ancien royaume d'Autriche là--derrière et aussi beaucoup de touristes germaniques, criant toujours beaucoup plus fort que tout le monde, s'imaginant sans doute que le monde entier continue de leur appartenir. Dans n'importe quel pays, dés qu'il y a deux touristes allemands, vous êtes tout de suite au courant, surtout si ces deux touristes sont en groupe. Je me suis affronté avec eux à plus d'une reprise et dans leur langue "Schweigen, bitte, sie sprechen zu laute, Oberstürmen Führer" Sous-entendu "On a déjà donné"
 

Ceci dit le marché est très "couleur locale". Population rurale et artisanale, très loin d'avoir atteint la prospérité promise par les plans quinquennaux, comme on pourra en juger par les images qui suivent
 

Et ensuite nous remonterons en Belgique par Banja Luka, dernier village de Bosnie, afin de vivre de nouvelles aventures


 

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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 09:43

 

Après neuf jours de pluie, on en a ras-le-bol et nous décidons de descendre vers le Sud comme nous l'avions déjà fait en 1967. Et du coup, il fait plus beau.

Nous repassons à Split, puis peu avant Dubrovnik, nous prenons à gauche et remontons la vallée de la Neretva en direction de Mostar et nous allons vite réaliser que nous nous retrouvons en pleine athmosphère turque, disons musulmane, dés notre arrivée à Mostar.

La vallée de la Neretva est une vraie merveille, que nous allons longer pendant près de 50 Kms, avant d'arriver dans cette superbe petite ville de Mostar (Stari Most ce qui signifie "Vieux Pont") et de son pont étonnant, détruit hélas en 1993, par les Croates. Mostar est toujours partagée par deux ethnies rivales, les Croates à l'Ouest et les Bosniaques à l'Est. Eternelle stupidité des hommes. Ce pont en "arche en dos d'âne" avait été construit en 1566 sous le règne de Soliman le Magnifique. Quand nous l'avons traversé, on y jetait des pièces dans la Néretva et des garçons plongeaient du pont pour aller les chercher (20 mètres de haut) au fond du fleuveMostar- Neretva-Vieux Pont-1968

Patrimoine mondial de l'Unesco, il a été reconstruit de 2001 à 2004, avec les pierres des carrières environnantes, mais ll n'a plus le même charme que sur cette photo prise en 1969.
 Nous allons déjeûner la-bas à l'ombre d'un soleil de plomb.

Et voici très exactement l'ambiance de cette longue rue de Mostar qui borde le Neretva et le vieux pont. Valèrie ne semble guère rassurée, pourtant il est gentil le monsieur, mais voilà c'est sa première tête de Turc (il y en aura bien d'autres par la suite...Valérie, si tu me lis sur mon blog, avoue que je ne dis que la stricte vérité)
 

Village très calme, pas de voitures. Nous avons dégusté une savoureuse goulash dans un plat en étain; que j'ai toujours dans mon coin de feu en bas
 

Je rappelle que cette petite ville a été construite au 15e siècle, a fait partie de l'Empire Ottoman jusqu'en 1878, date à laquelle elle est passée sous la domination de l'Empire austro-hongrois et en 1918, avec toute la Bosnie est devenue partie constituante de la future Yougoslavie.

 

Suivent des images du pont détruit  par les Croates en 1993, du nouveau pont, inauguré en 2004 et des photos de l'ensemble du village Mostar-Pont détruit en 1993 par les Croates






























Mostar-Pont reconstruit en 2004
















































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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 09:36

Cette fois nous voici partis le 2 Juillet 1969, pour l'Istrie,

Cette péninsule yougoslave située entre Rijeka et Trieste-Venise, monde tout à fait à part, presqu'une île, emplie de mémoire romaine (les arênes de Pula) Nous allons planter notre tente à RABAC, côté Est de la péninsule et nous aurons  la pluie pendant 9 jours.

Epouvantable ! Nous visiterons toute la presqu'île et ferons un bond jusqu'à Venise, pour la première fois. j'en serai fortement impressionné. Et à Venise, en plus, pas de pluie. Cette visite va avoir une influence sur ma création future, au travers des bites d'amarrage bariolées des gondoles (futurs Totems) et aussi  bien entendu au travers de l'omniprésence de l'eau et de son effet-miroir, que l'on retrouve dans mon territoire actuel. Venise est à l'extrême gauche de cette carte. Dans le fond les Alpes bavaroises qu'il nous faut franchir en train. Pour la lisibilité des lieux, regardez la petite carte jaune. Venise est à gauche de Tr

Trieste et notre camping à Rabac est à droite Rabac en Istrie-Juillet 1969

de la presqu'île et au milieu. Nous visiterons principalement Labin, Pula, Rovinje et Porec, ainsi que Rijeka, Trieste et Venise
 

Ci-dessous une vue de notre camping à Rabac. Une baie complètement isolée au bord de la mer. Le rêve, hélas.. la pluie. Notre tente verte était dans les bosquets près de la caravane orange
 

Chaque jour on se disait, peut-être demain, oui sûrement, on est en juillet, on est dans le sud, ce n'est pas possible. Nous nous sommes un peu liés à un couple de Mulhouse et nos voisins venaient de hongrie mais ne parlaient que le Hongrois. Pas de regrets. On a vu Trieste, qui est loin de valoir Venise.

On est aussi allés voir les fameuses cascades de Plitvice. Plitvice le mini-Niagara, un parc naturel classé dans le patrimoine international de l'Unesco, extraordinaire avec ses16 lacs aux eaux bleu-turquoise, coulant en cascades à travers de la roche calcaire. Les différents barrages des lacs ont été formés par des dépôts calcaires de travertines. Plitvice c'est aussi le paradis des Libellules et celui des Ours, des Loups et des Lynx. Sur les photos du bas, Céline, et Valérie ( 6ans ), dont c'est le premier grand voyage
 

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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 07:40

 

Le 26 Mai 1969, nous avons les premiers Etats Généraux de Planète-Belgique à Villers-la-Ville et je suis élu vice-coordinateur des Ateliers Planète Belgique, le responsable principal étant le Bruxellois Robert Scheiber, travaillant aux Communautés européennes. Voici le comité directeur se promenant le long de l'Abbaye de Villers-la-Ville,' à savoir de droite à gauche, Jeanine de Bakker, secrétaire belge du mouvement et travaillant aux Editions Dupuis, Christian Vancau déguisé en banquier, Robert Scheiber, Claude Klein, secrétaire-coordinateur, et le couple "Roger Decamp", le juriste qui va s'occuper des statuts
Et précisément voici la réunion du 15 Juin, chez moi à Liège, rue Fond Pirette où nous avons rédigé les statuts de Planète-Belgique Asbl, avec le couple Decamp, Claude Klein et Jeanine de Bakker, tous venus de Bruxelles. Il fait chaud et nous sommes dans la cour basse de notre jardin étagé. C'est très barbant les statuts.

 

Nous avons cette année postposé nos vacances de mai-juin, car nous attendons la visite de notre ami David Hoffman, le Californien de Yougoslavie qui revient du Népal. Nous partirons en Yougoslavie en juillet.David Lee Hoffman-Liège-Belgique-Eté 1969

David arrive le 20 Juin er nous organisons une réunion Planète le 21 Juin en soirée. En effet David Lee Hoffman a ramené du Népal, du hash d'excellente qualité et  nous allons pour la première fois, expérimenter la drogue, ce qui nous paraît très excitant. Voici donc les préparatifs éxécutés par David. Nous allons planer (planèter) un peu ce soir-là, mais en ce qui me concerne, beaucoup trop peu. Mais bref c'est une initiation qui restera pour la plupart d'entre nous, sans lendemain. Sur la photo du bas, côte à côte, Jean-Pierre Michaux et Jean-Pierre Ransonnet qui commencent à léviter tout doucement. Nous allons entrer dans une sorte de léthargie méditative mais nous sommes guidés par David qui sait très bien utiliser la drogue à des fins métaphysiques. Il est de plus en plus orienté "Bouddhisme tantrique tibétain" et ses voyages ont désormais une destination unique qui est, Nord-Est de l'Inde et Népal, au sein des monastères bouddhistes. Il ne restera chez nous que du 20 au 23 Juin et reviendra en 1972, après notre emménagement dans les Ardennes en 1971. Ci-dessus une photo historique avec de gauche à droite, Jean-Pierre Collignon, Jean-Pierre Ransonnet, David Hoffman et Marcel Reynders. Un seul d'entre nous, David a disparu. il est devenu Lama en Californie à Oakland. Je le recherche en vain depuis des années. Ca ne m'étonnerait pas qu'il soit allé vivre à Daramsala, parmi ses frères métaphysiques, bien loin des senteurs nauséabondes  de l'Amérique de Bush

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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 07:39

 

Dès octobre 68, j'écris à Paris et rédige une  lettre ouverte que je glisse dans tous les numéros de la Revue "Le Nouveau Planète, dans toutes les librairies liégeoises et tout de suite, j'ai un courrier abondant en retour. Dés octobre je rentre en contact avec José Bedeur, un Hutois, professeur de langues et c'est à nous deux que nous allons jeter les bases du futur atelier. José Bedeur qui deviendra un grand jazzman belge, par la suite. Et donc en Janvier 1969

j'organise une pré-réunion des gens intéressés, chez moi, rue Fond Pirette à Liège. Voici les photos de mon living ce soir-là. Les artistes liégeois reconnaîtront, face à face, les peintres Jean Hick (à gauche)et Jacques Luinyst à droite (Jacques-Louis Nyst)
A droite en bas et sur la droite de la photo, Jeannette, l'épouse du peintre Armand Silvestre, née Jeannette Caron, fille du peintre Caron et derrière à-demi caché,

Armand Silvestre, souriant avec ma belle-soeur, à côté de lui. Dans le fond ma première guitare. Cette réunion n'aura pas de suite effective. On ne peut pas encore parler d'une structuration d'Atelier. Nous tâtonnons. Je me souviens qu'il y avait pas mal de gens de la région de Huy, d'Amay et de Tihange, très motivés par la Centrale nucléaire de Tihange installée près de chez eux
 

Ce ne sera que le 23 Mars 1969, que je serai convoqué à Bruxelles pour rencontrer les collaborateurs du mouvement Planète de Paris. J'irai avec mon ami et collaborateur professionnel à la banque, Jean-Pierre Michaux et avec une amie liégoise, artiste, Denyse W.
 

Les contacts continuent de s'intensifier mais ce n'est qu'au mois de Mai 69, que notre atelier va réellement naître et devenir effectif et que nous allons avoir à Bruxelles, la première rencontre des Ateliers belges.
 

  Notre atelier s'appellera Pulsar, nouvelle planète repérée dans l'Univers à cette époque. Si notre première réunion effective a lieu chez Ransonnet, mon beau-frère, rue des Anglais, c'est le 31 mai 1969 que nous aurons notre premier WE Planète-Pulsar, à On, chez mes beaux-parents absents. Une vingtaine de personnes, enfants compris. (Je suis le président-formateur de cet atelier, mais nous ne voulons pas de cette appellation de "Président" et je suis donc "Coordinateur")

suis donc "coordinateur". Ci-dessous, Jean-Pierre Collignon sur les marches de la maison de ON. Il a lu ma lettre, il est venu. Quarante ans plus tard nous sommes toujours amis. Ensuite voici une partie du groupe de ce premier WE "Planète"Des noms disparus résonnent encore à mon oreille. Pepin et Dupont, les deux "Rose-Croix",
 

Van Gerven, l'homme qui racontait des blagues, les 3 enfants à l'avant-plan c'est de gauche à droite, Martine Reynders, Ma fille Valérie, et Fabrice Collignon, fils de Jean-Pierre. Ici à droite au 2e rang, il y a Marcel Reynders et ma belle-soeur, Céline au bras de Jean-Pierre Ransonnet, Jacqueline et Jean-Pierre Michaux (mon collègue à la Banque) et Josette Reynders et Jean-Pierre Collignon au fond du premier rang.

Quarante ans après, je suis encore en contact avec 6 des personnes de cette photo, plus José Bedeur qui n'a fait que passer ce we-là, plus d'autres personnes qui arriveront dans l'atelier plus tard, à la rentrée (Le couple Rikkers par exemple). Il y a aussi un absent de jour-là, c'est Raoul Crahay, le décorateur rencontré pendant mon service militaire et avec lequel je suis toujours en contact aussi. A noter que parmi ceux qui sont restés en contact, tous  les couples se sont séparés y compris le mien

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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 07:37

Voici une photo du Nouvel-An 68-69, lors du réveillon passé avec la collègue de Céline chez Butch Couture, Marie-France, qui sort avec un turc d'Istanbul (Usküdar),Savaç Manço (pron. Manccho). Pure coïncidence après notre séjour à Istanbul ! Une de mes constantes est d'avoir toujours eu des amis étrangers. J'ignore pourquoi, je constate ! Savaç est à gauche, coupé en deux. Il est officier de la Marine marchande belge.

Ce réveillon clôture une année 1968, bien remplie. Je continue de fréquenter mon psychanalyste, Robert G., membre de l'Association Internationale de Psychologie Analytique de Zürich (Fondateur C.G. Jung) et membre de l'Institut International de Psychologie et de Psychothérapie de de Genève (Fondateur Charles Baudouin)Le Nouveau Planète-Sep/oct 1968- Création des Ateliers Planète-Louis Pauwels

 

En outre, en septembre-octobre 1968, le numéro 1 de la Revue "Le nouveau Planète"(successeur de la Revue Planète publiée depuis 1961), vient de paraître et a lancé un appel aux lecteurs, suite aux évènements de mai 68.
 

Louis Pauwels, écrivain et journaliste français, auteur de plusieurs romans, dont "Saint Quelqu'un et" L'Amour monstre", cité par Gainsbourg dans une de ses chansons et classé second du prix Goncourt 1954, auteur en 1961, du Matin des Magiciens avec Jacques Bergier, de "Monsieur Gurdjeff", fondateur de la Revue Planète en 1961, cent mille lecteurs en quelques mois, lance "Le Nouveau Planète" dont voici la couverture ci-dessus et propose de créer des Ateliers Planète en France et à l'Etranger, dans une lettre ouverte figurant dans ce premier numéro. Cette lettre m'emballe, j'écris à Paris, et j'attends une réponse qui ne va pas tarder.

La revue Planète en 1966 s'est employée avec Gérard Blitz, à donner un contenu culturel aux villages du Club Méditerranée et a tenté de mettre sur pied une "Université parallèle " en étant présente à la Sorbonne et en organisant des évènement mémorables à Paris (le Vaudou sous une tente à Puteaux, les derviches dans un hôtel particulier, les chanteurs noirs de la révolte dans une salle de judo, la première de la Neuvième Symphonie de Béjart au Palais des Sports...)
 

Louis Pauwels écrit donc dans ce premier numero " Nous recommençons à zéro car nous avons manqué être défigurés et consentir à l'être dans la seule mesure où nous n'avons pas été assez avec vous. Dans la mesure où nous avons consenti aux rapports traditionnels entre "le lecteur", finalement considéré comme "client" et les animateurs, finalement assimilés par le système et par d'insidieux délabrements de leur propre conceince, à des "marchands". Et à la notion de public, encore faut-il substituer la notion de famille d'esprits. En même temps qu'une nouvelle revue, nous allons créer des ATELIERS PLANETE ! Qu'y fera t'on ? Modestement, mais sérieusement, on y expérimentera la "puissance d'ouverture" de l'esprit libre, nécessaire à l'élaboration du monde de demain. On y traitera de tout: arts, sciences, politique, philosophie, religion, économie, affaires sociales, pédagogie etc.... Et ceci dans l'esprit de tolérance et de liberté, cherchant bien plutôt ce qui unit les hommes que ce qui les divise.
 

Si vous êtes décidés à participer à leur création, ou simplement tentés, ou simplement curieux, écrivez-nous d'urgence. Nous n'avons aucune idée préconcue sur la structure de ces ateliers. Mais ce sera nécessairement une structure ouverte, puisqu'il s'agira de centres de travail, de dialogues pour tous ceux qui éprouvent douloureusement la sclérose des organismes constitués"
 

J'ai donc réagi immédiatement..

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