Voici une ANALYSE GRAPHOLOGIQUE de l'écriture de ma mère, par une personne qui ne la connaissait en aucune façon. C'est redoutable de vérité, je veux dire que celà la décrit très exactement, à se demander comment c'est possible. Cette analyse me semble importante à ce moment de ma biographie. Quand on est élévé sans père, avec une soeur enfermée, par une mère aussi "grave", il faut s'accrocher. Je n'ai aucune rancoeur. Ma mère était la préférée de son père qui n'aimait que les filles. Et revoilà Oedipe une fois de plus et celà d'autant plus que mon grand-père et ses 200 cms de hauteur, était un géant mythique. Un Oedipe que j'ai dû encaisser seul pendant toute mon enfance. Ce n'est pas moi qu'elle a fait enfermer, c'est ma soeur, car ma mère n'aimait que les garçons comme son père n'aimait que les filles.
Et moi qui ai eu la chance de survivre à tout celà, je me dois de chercher la ou les vérités car tout le monde a menti ou s'est menti à soi-même dans cette histoire, pour préserver le secret des familles et leur soi-disant honorabilté. Je subis actuellement des pressions visant à me faire supprimer certains passages de ma biographie. Qu'il soit bien clair que personne ne m'amènera à censurer quoi que ce

soit. Donc en 1972, je n'ai plus de contacts avec mes parents en dehors de l'une ou autre lettre assassine de ma mère qui n'a toujours pas renoncé à son projet "d'avoir ma peau" la pauvre, que voulez-vous, elle n'a rien d'autre à faire. Si, bien sûr, elle s'occupe de mon frère Marc, autiste et handicapé physique, que mes parents, curieusement n'ont pas placé et qui a, maintenant, 22 ans. Marc, énorme gaillard qui lors d'un goûter à la maison auquel j'avais consenti exceptionnellement et avec des pieds de plomb, avait mis ses grandes mains autour du cou de Valérie et avait commencé à serrer. C'est très fort un autiste mais moi je vous garantis que je les ai vite désserrées ses grandes pattes. Il était jaloux le pauvre grand dadais, si gentil par ailleurs.
Alors vous comprendrez peut-être pourquoi j'avais arrêté ces goûters à la con, les goûters de bourgeois. Les bourgeois, je ne sais pas si vous avez remarqué, ça n'arrête pas de goûter, que c'est à vous en dégoûter, "encore une tasse de thé et un petit four dans le cornet"
Et puis avant mon départ, j'avais accepté d'essayer de dialoguer avec mon père et on s'est vu quelquefois dans un café à Cointe sur les hauteurs de Liège. Et j'ai essayé de lui raconter la façon dont moi j'avais vécu mon enfance et donc que ma mère avait une lourde responsabilité. J'ai vite compris que ma mère était une sainte, intouchable, que je devais me réconcilier avec elle, et en outre j'ai très vite compris qu'il avait rapporté mes propos à ma mère. Il a raté ce jour-là toute chance d'établir un rapport avec un fils adulte, qui, lui, se tapait une psychanalyse, qui était devenu lucide et qui se retrouvait une fois de plus devant un père démissonnaire, incapable de s'assumer face à sa femme (et donc face à son fils), une véritable ogresse devant l'éternel. Il a trahi notre tentative de dialogue. Enorme connerie mais cet homme avait un tel problème face à la femme (à savoir sa propre mère) qu'il ne pouvait pas devenir autre.
Les hommes et leur mère c'est, et celà reste, effarant. Beaucoup de mères engendrent et empêchent leurs fils (et parfois leurs filles), de devenir adultes, ce que, elles-mêmes ne sont pas arrivées à faire non plus d'ailleurs. C'est un des grands mystères de cette civilisation déconnante qu'est la nôtre. Les familles sont des assemblées de gens qui ne parviennent pas à couper leurs cordons ombilicaux et qui n'arrêtent pas de se réunir pour se rassurer (ah les anniversaires, ah la Noël, ah les Cloches, ah la Toussaint, ah la Saint-Nicolas, ah les petits enfants et on n'en finit plus, mais derrière toutes ces singeries, que de haines mal refoulées ) et c'est pour celà que j'adhère totalement à la définition du petit dictionnaire de Louis Calaferte, oui c'est un écrivain français qu'il est plus que temps de découvrir:
Familles = Associations d'étrangleurs


