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LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


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Site traduit en Allemand :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/de/index.html

 

Site traduit en Anglais :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/en/index.html


Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
  • Contact

Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
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Archives

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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Jetez un oeil dans mes LIENS sur Richard OLIVIER, BIG MEMORY, mon ami Richard, Cinéaste belge, étant sur un gigantesque projet: Filmer tous les CINEASTES BELGES, morts ou vifs. Enfin, un artiste qui s'intéresse à ses pairs !http://www.bigmemory.be

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Je suis sur les blogs pro-tibétains:

www.candle4tibet.org
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VENEZ M'Y REJOINDRE !

Christian VANCAU

16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 04:57

 

. Nous sommes en décembre 1965 et voici Valérie, la petite demoiselle, et elle s'y croit. Elle a près de deux ans et demie et ça promet.
 

 Il me faut maintenant trouver du boulot et vite. Alors j'écris partout. je suis même introduit par Miche BREL, la femme de Jacques, comme chacun sait, auprès de la firme Esso à Vilvorde, mais ça ne marche pas. Des conseillers juridiques, chefs de personnel, on en demande très peu, un par entreprise et les places sont prises
 

En décembre, je suis engagé comme stagiaire très mal rémunéré à la FN (la Fabrique Nationale d'Armes de Guerre eh oui c'est un comble) à Herstal. J'entre donc dans un monde plus que particulier. Au réfectoire, je retrouve une équipe d'universitaires. Notamment, mon ami G.J qui travaille au service commercial; c'est lui qui conclut des "marchés ") en Afrique et en Arabie. Il voyage tout le temps. il y a aussi un ingénieur allemand, pilote d'avion, qui participe à la construction d'un moteur d'avion allemand et des tas d'autres ingénieurs. Moi je suis au service juridique
 

Pour entrer dans cette usine blindée, fondée en 1886, on doit franchir le corps de garde et se faire reconnaître. Ca ne me change guère de l'armée. La FN, connue dans le monde entier, c'est plus qu'une usine, c'est une ville qui à l'époque compte encore de 13.000 à 15.000 habitants, pardon, ouvriers et ouvrières. Cette ville, je vais la visiter de fond en comble, y compris le quartier des femmes à la Cartoucherie, rien que des femmes  qui vous

 

déshabillent de l'oeil ! Regards concupiscents ou haineux, les deux ensemble probablement, à l'égard de ces jeunes cadres dont je suis, sortis frais émoulus de leur attaché-case en croco, croco probablement tué par les magnifiques fusils de chasse de la FN dont ces dames fabriquent les cartouches et le cycle est bouclé.

Ce que j'ignore, c'est que ce femmes s'apprêtent à entamer une grève de trois mois en février 1966, pour obtenir l'égalité des salaires avec les hommes. Mais en février je serai parti car je ne resterai que 6 semaines dans cette usine de mort. L'armurerie aussi est réputée, on y fabrique des armes de collection; ensuite la fabrique des "Browning" revolvers anglais célèbres que l'on retrouve dans tous les anciens polars; la FN a un contrat avec cette firme anglaise et aussi avec Winchester et nous voici dans l'univers des westerns; Enfin à la FN, c'est bien simple, on trouve tout ce qui tue, c'est absolument merveilleux ! Et autour de la FN, il y a la ville d'Herstal, une ville qui pendant des décennies a vécu de cette usine d'armes. Tout le monde y travaillait. Herstal jouxte la ville de Liège, en direction de Maastricht et de la Hollande. La FN existe toujours mais n'emploie plus que 1500 personnes
 

Au service juridique, l'ambiance est agréable. On me fait réaliser un mémoire sur les armes de chasse susceptibles d'être classées armes de guerre et dès lors soumises à autorisation; ceci concernait tout paticulièrement la carabine vingt-deux longue, autre fleuron de la FN.
 

Dernière anecdote, un ami qui  a travaillé là-bas pendant des années m'a raconté qu'on avait convoqué le même jour deux catégories d'acheteurs, les uns venant d'Israël et les autres de Palestine et que des précautions avaient dû être prises pour que les deux délégations ne se retrouvent pas face à face ce jour-là. Le cynisme crapuleux des marchands d'armes. Et puis voilà, mon stage de six semaines se termine le 15 Janvier 1966 et je cherche une situation désespérément. Ci-dessous une photo de la ville dans la ville, alias la FN, mais à mon époque, les terrils n'étaient pas encore recouverts de verdureF.N-Armes.1966

 

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15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 08:01

Retour à la caserne  où je deviens copain avec un certain Nico Dewalque, un des footballeurs en pointe du moment, center-half du Standard et de l'Equipe nationale, celui qu'on appelle déjà le Beckenbauer liégeois. C'est un Limbourgeois de Zichen-Zussenbolder (région de Trongres), donc un Néerlandophone. C'est moi qui lui rédige ses demandes de permission de nuit et il m'en est reconnaissant. C'est un grand garçon timide et qui joue au football parce que c'est la volonté de son père, car lui s'en fout. Seulement voilà, il est superdoué et est pris dans l'engrenage. La meilleur c'est qu'on se fait des passes dans la chambre entre les lits et il me dit que je suis doué, alors que j'ai très peu pratiqué ce sport, uniquement dans la cour du collège. Et me voici reconnu par un grand joueur de l'équipe nationale belge. Encore une vocation ratée après celle d'acteur.

 

Nous irons, avec Céline, à son mariage, dans le Limbourg où nous passerons une soirée mémorable dans ce milieu du football belge, avec un Georges Heylens, grand joueur d'Andelecht, assez délirant. je n'ai jamais su pourquoi Nico s'était pris d'une telle amitié pour moi. Il semblait effectivement ne pas avoir d'amis alors qu'il était poursuivi pas les chasseurs d'autographes. Dur, dur d'être Nico. J'ignore totalement ce qu'il est devenu
A la fin de mon service, fin octobre, on va me proposer au grade de caporal et bien entendu je vais refuser à nouveau. Je resterai Plouc jusqu'au bout, non mais ça va pas la tête ? Avant de quitter la caserne, j'ai plaidé une troisième fois, encore pour un témoin de Jehovah, un certain Goedert d'Arlon
 

J'ai donc aussi accompli, en même temps que mon service militaire, ma première année de stage au barreau de Liège. Il m'en reste deux mais non merci, je me tire. Je n'aime pas les déguisements...

Bien maintenant que j'en ai fini avec cette connerie de service militaire, il est temps que je parle de ma fille que je n'ai presque pas vue et qui a 2 ans et trois mois, mine
de rien. Je vais donc faire un  petit flash-back photographique. Voici Valérie, pétrifiée dans les bras de son papa "Mais non , je ne suis pas Gérard Depardieu, ma chérie, je ne vais pas te manger ".
 

Valérie a presque 5 mois et ces deux premières photos sont prises rue Hocheporte à Liège.

Plus bas, elle a 9 mois, c'est à Duinbergen, à la côte belge, à Pâques 1964, elle se dresse mais ne marche pas encore, elle y arrivera en septembre, toujours à la Côte belge et sur les deux photos du bas,  ce sont les premiers pas, encore un peu titubants. C'est quoi ce petit crabe qui s'avance sur le sable fin ??
 




Je vais seulement entrer à l'armée, un mois plus tard
. Voici donc dans quel état je vais abandonner ma fille pour partir à la guerre, la fleur au canon et à la bouche, une chanson

Comme vous le voyez c'est une enfant toute mignonne, toujours de bonne humeur, nous n'avons vraiment aucun problème avec elle

Elle a des yeux très grands et de longs cils arachnéens. Je me demande si celà existe toujours, ces berceaux circulaires, entourés d'un filet à losanges

Voici un père très fier de sa progéniture. Plutôt dangereux de s'avenrurer  sur un brise-lames avec un bébé. Parfaitement inconscient le papa

Et voici les premiers pas, l'aventure va commencer et elle commence dans le sable et au bord de la mer du nord, très exactement à Duinbergen-sur-mer

 

Moi mes premiers pas, je les ai faits, soit à Gand, soit à un autre endroit de la côte, Saint-Idesbald en l'occurrence. Probablement au début de 1939. Ici nous sommes en avril ou en septembre 1964 et je vais bientôt avoir 27 ans






































 

Bio 91 - Fin du Service Militaire - Ma fille Valérie
Bio 91 - Fin du Service Militaire - Ma fille Valérie
Bio 91 - Fin du Service Militaire - Ma fille Valérie
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Bio 91 - Fin du Service Militaire - Ma fille Valérie
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15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 07:51

 

Une semaine de congé à l'armée en août 1965, deux mois avant ma démobilisation. Céline et moi décidons de retourner rue Mabillon-Saint-Germain des Prés, dans notre apart occasionnel à Paris et nous y emmenons mon copain de chambrée, Raoul Crahay et son épouse Jacqueline, hôtesse d'accueil au Grand Bazar de Liège (Raoul est décorateur d'intérieur dans le même grand magasin) Séjour assez délirant, soirées arrosées, enterrement de Suzanne Valadon ( Madame Utrillo ), à Montmartre. Et le lendemain d'une cuite, je me lève le premier comme toujours, je sors et je remonte  vers le jardin du Luxembourg par la rue Saint-Sulpice. Paris un dimanche matin, c'est évidemment le désert

 

et le jardin du Luxembourg tout autant. Le Sénat (photo) dort encore. Paris ne s'éveille pas!

Les oiseaux chantent et je suis dans les brumes de l'alcool. Je traverse une partie du parc et arrive à la grille qui donne sur la Place Saint-MIchel et cette place est noire de monde  ???. Au moment où je vais franchir la grille, deux gardiens de la paix viennent la fermer en me disant "dépêchez-vous, on va fermer"??? A ce moment je me dis que je suis en train de rêver dans mon lit, rue Mabillon, que je ne suis pas sorti du tout dans la rue.". J'entre sur la place et je n'y comprends rien. Une manif ? mais tout de même un dimanche à cette heure-ci ? Et puis les gens sont bizarrement habillés, comme pendant et avant la guerre 40 et aussi les coiffures des femmes et puis...ah voilà un char! Je le contourne et j'aperçois un panneau.

Tournage du film de René Clément "Paris brûle t'il ?"Ah bon mais c'est bien sûr. je me trouve en pleine figuration, sans avoir le droit d'y être; ni cachet, ni indemnité. Sans doute les flics qui m'ont laissé sortir du parc, ont-ils cru que j'étais un figurant qui étais allé pisser. Comment imaginer en effet  que je puisse être là par hasard, un dimanche à 6h00 du mat. Et je regarde cette place avec tous ces bistros ouverts et cette foule grouillante. C'est hallucinant. je me dirige vers un des bistros pour essayer de savoir ce que les gens font là et à ce moment un type s'amène avec une casquette et un porte-voix et nous dit, à moi et à ceux qui m'entourent, de rentrer dans le bistro pour recommencer la scene qu'on vient de tourner mais qui n'est pas au point, mais quelle scène ??? Et je suis happé à l'intérieur du  bistro, coÏncé comme une sardine par les figurants, en costumes de Parisiens "occupés par les Schleus", juste à la sortie, au coin du comptoir car il est impossible de s'enfoncer plus avant et puis le con au porte-voix , qui se profile à l'entrée du bar-tabac et qui hurle "Bon, on refait la même chose que tout à l'heure ". Il recule, donne un signal et je suis littéralement propulsé sur la place en première ligne et comme j'ignore ce qui se passe je regarde les autres qui pointent le ciel du doigt avec moultes exclamations. Oh oh, ah ah !Et je fais la même chose, faut bien, on tourne et en plus c'est une deuxième prise, mais que montrent-ils du doigt, je ne vois rien dans le ciel. et puis tout à coup l'illumination!!!. Des parachutistes, bien sûr, c'est la Libération de Paris, conard ! Et je reste là à pointer mon doigt mais maintenant au moins je sais pouquoi ! Mais il faut le baisser quand ce doigt ?
 

Ce sera mon premier et dernier film et la scène sera coupée; ils ont dû renoncer. Une carrière d'acteur qui eût pu s'avérer brillante, est brisée dans l'oeuf. J'ai  descendu le boul. Mich, la queue entre les jambes, fallait bien la mettre quelque part et tordu de rire et j'ai rejoint la rue Mabillon en me pinçant tous les dix mètres. J'ai réveillé tout le monde et j'ai raconté mon rêve éveillé. Pourquoi c'est toujours à moi que ces choses-là arrivent ??? C'est d'ailleurs ce que m'a dit, mon ami Raoul !
 

Un autre souvenir marquant sera une visite chez l'Editeur Eric Losfeld, avec l'arrivée en mobilette de l'écrivain belge Jacques Sternberg et son duffel-coat. Nous engageons la conversation. Sternberg et moi, nous promettons de nous revoir bientôt. Il est anversois d'origine et publie alors aux Editions de Minuit si ma mémoire est bonne. Et aussi, il "barre" à Trouville, car c'est un homme de le Mer
 

Rue Saint-Benoit, au "Petit Saint-Benoit", nous avons fait la connaissance d'un peintre et libraire italien, Elio Marinelli, qui travaille dans la Librairrie de sa tante, à la "Maison du Livre Italien"rue de Grenelle si je me souviens bien et habitait Boulevard Saint-Germain avec son ami Victor Obadia, un marocain. Nous les reverrons au cours d'autres séjours à Paris. Elio m'offrira une de ses peintures, ainsi qu'un livre "L'ennui" de Moravia. Il avait travaillé avec Vadim sur le scenario de Barbarella. Voici sur la photo de droite à gauche, Victor  Obadia et Elio Marinelli dans leur appartement du Boulevard Saint-Germain, à deux pas de la Brasserie Lipp

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15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 07:37

Et pourtant, je suis entré, en réprimant mon fou-rire, et me suis mis à plaider avec passion. Des amis avocats, venus me voir n'en revenaient pas. Comment plaider avec passion pour des causes perdues d'avance, qui, en outre ne me rapportaient pas un sou. En fait, un Conseil de guerre c'est presqu'aussi impressionnant qu'une Cour d'Assises, donc c'est très théâtral et j'avais l'impression d' y entrer comme on entre sur une scène de théâtre,  avec effets de manches, pivotages d'un demi-tour sur le tranchant du  talon, quelquechose de François Perier, dans sa plaidoirie de "Bobosse". Une chose est claire, c'est que j'imposais le silence total dans la salle (phénomène qui s'est reproduit par la suite, chaque fois que j'ai été amené à prendre la parole en public) Bref on m'écoutait et ça m'a plutôt renversé à l'époque. Je crois que ça tenait à la passion que j'avais (que j'ai toujours ) en moi et à ma voix grave aussi. Ma passion étant, au tribunal, de défendre des mecs qui disaient non à l'armée, non à la guerre, non à la connerie humaine.

 

Je pense que mon déserteur a été absous et réintégré dans sa caserne. Pendant ma plaidoirie, je m'étais bien évidemment adressé plus particulièrement à mon commandant de compagnie, président du Conseil de guerre, le Baron, car c'était un baron en plus, qui avait choisi la carrière des armes, enfin disons qui avait dû être nul pendant ses études; c'est courant chez ce gens-là, la consanguinité sans doute, mais souvent leur tête est moins bien remplie que leurs bottes, bottes de ploucs ou bottes de chasseurs, c'est du pareil au même ! J'ai eu peur qu'il ne me refuse  le renouvellement de ma permission de nuit mais il a été correct et n'en a rien fait. Faut dire que j'étais régulièrement consulté par les gradés de carrière, ben pardi, pour donner une consultation à l'oeil. Mais en fait je n'avais aucune pratique et j'essayais donc de m'esquiver adroitement, tout en paraissant maîtriser la matière. Et c'est souvent de divorce que ces gradés m'entretenaient. Etonnant n'est-il pas?

Me voici donc à nouveau parmi mes copains de chambrée (photo ci- dessus, mais à mon avis c'est à Namur pendant mon mois d'instruction (je suis le deuxième en partant de la droite, dans la rangée, du milieu, à côté de mon ami Servais, le Japonais-coiffeur, qui nous a déjà fait retourner nos bérets, plutôt à la Russe cette fois, ce type étant capable, avec un seul béret d'en confectionner une dizaine. C'est ça le talent )
 

Mon adjudant m'emmenait souvent avec lui au mess des officiers, à l'apéro de midi ou en fin d'après-midi et les officiers ne disaient rien. Ils discutaient avec moi et on picolait ferme. Un jour, lors d'une cuite mémorable, j'a sorti toute ma haine et ma dérision vis à vis de l'armée et les officiers m'écoutaient, et même avec un certain intérêt. Ensuite je me suis écroulé ivre-mort. C'est mon adjudant qui m'a ramené chez moi, devant mon épouse effarée. Je me suis réendormi lourdement et bien entendu je dormais toujours à quatre heures du matin. J'ai dû arriver à la caserne vers 9h30, pas fier et complètement embué. Au corps de garde on m'a dit que j'étais porté "Déserteur", n'ayant pas été présent à l'appel au lit. Toute la caserne était au courant. J'étais à la merci des gradés que j'avais invectivés la veille et je risquais le cachot (si pas le peloton d'exécution). Mes camarades me disaient "cette fois-ci, ton compte est bon". J'ai donc repris mon service en attendant des sanctions suprêmes. Elle ne sont jamais venues. Je pense que je l'ai dû à mon chef de service qui a dû prendre sur lui.
 

J'avais justement un copain réfractaire qui a passé l'essentiel de son service au cachot, William Ancion. J'allais le nourrir quand j'étais de garde. Je l'ai revu trente ans plus tard dans un reportage sur Seraing et les chômeurs de Cockerill, dont il était, un reportage tourné par la TV suisse romande. Je l'ai enregistré. Un garçon très chouette, lucide et intelligent. Sur la photo à droite, je monte la garde à l'entrée de la caserne, près du cachot. C'est ce qu'on appelait "être de piquet"
 

Vers la même époque j'ai aussi vécu la lâcheté des hommes. C'est le WE et on va tous partir en permission. On est rangés en rangs d'oignons dans la cour. Vérification de nos tenues de sortie. Bottines, ceinturons et boutons, reluisants-Coupe de cheveux, barbe rasée de près (on nous passait un morceau de ouate sur le visage pour voir si rien n'accrochait ). Le sergent s'amène. Catastrophe, quelqu'un a bouché les chiottes. Qui a fait ça ? Je n'en ai aucune idée. Si les coupables ne se désignent pas, tout le monde sera consigné ! Terminé le WE de permission ! Silence de mort. Ca me fait bouillonner. Alors je sors des rangs et dis au sergent et à voix haute pour que tout le monde m'entende ; " Ce n'est pas moi, mais il y a des lâches parmi nous et les autres n'y sont pour rien. Montrez-moi les toilettes bouchées et j'irai les déboucher". C'est osé mais nom de Dieu, ça marche. Et on m'emmène dans les couloirs vers les toilettes. je suis encadré par plusieurs sous-officiers et aussi par mes copains car tout le monde semble avoir été autorisé à assister à ce gigantesque show.

Et en effet, je me retrouve devant quelques cuvettes remplies de merde de plouc, jusqu'à ras-bord. Et moi je suis vert de râge dans mon uniforme "caca" de plouc et je plonge à mains nues dans la première cuvette et jusqu'au fond du pot et j'en ressors des lambeaux de tissus, morceaux de draps de lit et torchons - très drôle les gars - et la cuvette se débouche et se vide comme par miracle. Les lambeaux de tissus mêlés de merde, je les jette au fur et à mesure sur le carrelage, en éclaboussant bien entendu les chaussures des sous-off.. C'est vrai que j'écume littéralement.

Et je me tape une deuxième cuvette, et puis une troisème. comme on se tape des chopes (bières en belge) "Ti prinds eco une cuvette, vî cadet" (c'est du liégeois). Mais j'y prends goût nom de Dieu !!!. Résultat, tout le monde est rentré chez lui ce WE là. Et moi je suis devenu " l'avocat qui n'a pas peur de tremper ses mains dans la merde et j'ai souffleté le ou les lâches d'une manière magistrale. Ils n'ont jamais avoué et je n'ai jamais su qui c'était

 

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15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 07:18

 

Et donc lors du deuxième écolage, je me retrouve avec un mec qui vient d'arriver à la caserne et que je connais un peu. Il s'appelle Frédéric N.. Un play-Boy liégeois du Carré, qui, à l'époque s'enfilait le Pont d'Avroy, avec sa porsche à toit ouvert, embarquant de temps en temps des femelles assez vulgaires et bien enveloppées. Je l'avais un peu approché parce qu 'il était tombé amoureux d'une amie? Danielle F., une fille d'une cheftaine, amie de ma mère. Et les parents très septiques à l'égard de ce gigolo de province, avaient envoyé leur fille aux "States" pour un an, ce qui, apparemment s'était révélé efficace. En fait, le père de Frédéric, était le directeur des tramways liégeois, la STIL. Et ils habitaient une maison-château à Sprimont, située sur notre parcours d'écolage dei

camions. Vers midi, Frédéric et moi, sautions du camion en marche et allions manger au Château. (Voici entre parenthèses, une photo de la Chartreuse illustrant " La solitude du soldat de fond " Remarquez le pauvre arbuste survivant dans cette nature foisonnante")
 

Au château, il y a la mère N., imposante et omni-présente, et une immense bibliothèque, où je vais découvrir "L'Ecume des Jours" de Boris Vian et encore mieux "L'Automne à Pékin" du même auteur, ainsi que "La vie secrète de Salvador Dali" écrite par Dali soi-même et où il raconte son enfance. Son style est étonnant, c'est un écrivain doué.

Et puis, Frédéric a un frère peintre, Jacques Louis, qui, plus tard, se fera connaître sous le nom de Jacques Luinyst et sera en Belgique un des précurseurs de la video. Bref, une famille où il y a de la culture. Je passerai de bons moments avec Frédéric, même après le service, et avec Céline, nous irons chez lui à Liège, ferons la commaissance de sa femme Blanche Brajkovic, une Yougoslave et écouterons du Chostakovitch. En fait Frédéric est très "musique" et partira au Canada pour suivre des cours de chef d'Orchestre. Je le retrouverai des années plus trad dans le monde de la Musique contemporaine, au Palais abbatial de Saint-Hubert, aux côtés de la  pianiste, Marcelle Mercenier, alors que moi je me trouve dans la salle à côté, à un vernissage de peinture. Je lui apprendrai alors que je suis devenu peintre comme son frère Jacques, qu'il m'avait fait connaître à l'époque et que

 

j'avais fréquenté pendant quelques années, après le service militaire, y faisant notamment la connaissance du peintre liégeois Jacques Lizène. Ceci dit les frères Nyst sont tous les deux décédés et je les salue !
 

Je ne résiste pas au désir de vous montrer notre chambre 117 à la caserne. C'est de la poésie militaire. Et puisque  je suis de retour dans ce lieu magique, je pense à ce garçon qui travaillait avec moi à la section "Matériel". Un certain Poelaert, profondément perturbé, isolé, timide et silencieux. Un jour, il disparaît. Alerte, désertion, panique. Je me mets à sa recherche pendant des heures et finis par le retrouver au fond d'un fortin, au bord du suicide. Je lui parle longuement et parviens à le ramener à la caserne. Pour une fois quelqu'un s'est intéressé à lui. Ceci me vaudra par la suite, trois jours de congé pour "service exceptionnel"? On croit rêver
 

Autre chose. Dès le début 1965, je suis convoqué au Palais de Justice de Liège pour m'occuper de mon premier client en tant qu'avocat. ll s'appelle Alain Vilain et est Témoin de Jehovah. Or la nouvelle loi sur les Objecteurs de conscience vient d'être vôtée à l'initiative de mon cousin, le Sénateur Henri Rolin. Elle instaure la possibilité de faire son service dans la "Protection civile" à condition de prester deux années au lieu d"une.

Les Jehovah refusent cette porte de sortie et sont condamnés à 6 mois de prison ferme, puis à leur deuxième refus, à 18 mois, et à leur troisième, à 3 ans, autant dire condamnés à perpétuité. La défense d'une telle cause est donc parfaitement inutile, mais voilà, il faut un avocat, c'est la loi. Je vais le voir à la prison assez souvent cet Alain de 18 ans. Il me raconte sa vie. Je rencontre ses parents, sa fiancée et puis toute sa famille. Puis je reçois la visite d'un couple de témoins "hauts placés" dans la hiérarchie. Ils sont ravis de rencontrer un jeune avocat, sensible à leurs problèmes. Seulement j'ai lu leur journal "La Tour de Garde"et je suis septique, et puis je n'ai pas quitté le catholicisme pour devenir témoin de Jehovah. Je leur explique donc que c'est sur le plan humain que je les défends, mais que ça s'arrête là. Car en fait ils espèrent me convertir et il est temps que je sois très clair, alleluia !.

Mon client qui a déjà fait 6 mois de prison est condamné à 18 mois. Il y a foule au tribunal, toute la tribu des témoins. La fiancée d'Alain est là. Il l'embrasse, les menottes aux poings. Et en avant pour l'enfermement sans issue. Il n'a pas 19 ans; Le monde est délirant. Je me demande si mon cousin avait prévu les conséquences de sa nouvelle loi. (Le régime s'était en effet durci vis à vis de ceux qui refusaient de faire un service, même civil ).
 

Ensuite on va me coller un déserteur. Je vais le voir à la prison de Verviers. Et le matin de ma plaidoirie, j'apprends que mon Commandant de Compagnie, le Baron d'Huart, a été désigné comme président du conseil de guerre en cette affaire. En effet , je le vois quitter la caserne, un  peu plus tôt que moi; il traverse la cour, moi je  regarde derrière les barreaux de la caserne, ce bonhomme que je vois tous les jours et qui m'accorde mes permissions de nuit, comme il m'a accordé celle d'aller plaider. Moi le sous-fifre, le milicien  vancau, le troufion, je vais donc devoir défendre un déserteur devant mon propre Commandant de Compagnie.

J'arrive donc au Palais pour la deuxième fois et pour la deuxième fois, je vais enfiler la toge de mon ami et voisin, Maître Put, eh oui tel est son nom !!! On est en plein vaudeville. Je n'allais tout de même pas acheter une toge, uniquement pour mon service militaire. Je savais très bien que je ne continuerai pas ce métier, enfin ce cirque. Comment oublier ces vestiaires du Palais des Princes Evêques, l' entrée par la rue du Palais, celle des artistes, toutes ces armoires cadenassées TDS (Tôleries de Sclessin) et moi avec la clef de l'armoire à Put, occupé à déverrouiller la porte et à saisir cette minuscule robe noire qui m'arrivait aux genoux, faut dire que Raymond m'arrivait à l'épaule. En enfilant le couloir pour aller à la salle d'audience je suis secoué d'un fou-rire. Comment me prendre au sérieux dans ces conditions (déjà qu'en temps normal...) avec ma mini-robe de Put, il ne me manque que les bas nylons et les talons aiguille, comment pousser cette porte de tribunal derrière laquelle siège mon commandant, je n'y arriverai jamais et en plus être plouc et plaider pour un déserteur????Mais qu'est-ce qui m'arrive. C'est du Courteline ou du Feydeau !!!

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15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 07:06

 

Voici la cour intérieur de la caserne. C'est encore plus hideux qu'à la Starac !!! Laid, poussiéreux, mortuaire. Univers concentrationnaire. Les guerres et les armes tueuses ne peuvent engendrer que de la laideur. A droite, un vieux camion de la campagne de Lybie, fin des années 40. Ces bidules consomment 100 litres aux cent kilomètres. Je le sais, je les ai conduits pendant des mois. Mais pour faire la guerre il y a toujours de l'argent parce que la guerre rapporte de l'argent, ce n'est pas compliqué
 

Dès le début de mon séjour à La Chartreuse, j'ai obtenu une autorisation de quartier libre de nuit, renouvelable toutes les six semaines. Pour ce faire, il m'a fallu arguer de ma situation d'homme marié, et de père d'un enfant, en écrivant une superbe lettre dans le plus pur style militaire. Accrochez-vous : "Moi, soldat milicien Christian Van Cauwenberghe, n°63697 de la matricule, solicite de votre haute bienveillance, la faveur d'un quartier libre de nuit permanent etc...." Lettre adressée, la même toutes les six semaines, à mon commandant de Compagnie, le Baron d'Huart.
 

Je rentre donc chez moi tous les soirs. A condition d'être au pied du lit pour "l'appel au lit" chaque matin à cinq heures" Pais s'éveille" ! Je me lève tous les jours à quatre heures du matin, quittant la rue Hocheporte, pour prendre un bus, Place Saint-Lambert et traverser Outremeuse. Et à cinq heures, je suis au pied de mon lit, debout et forcément habillé. Le clairon de service entre et claironne à bouche écrasée, mes copains s'ébrouent, se mettent au pied du lit en pyjama, et le "claironiste" fait l'appel au lit, en fait, surtout pour savoir si je suis bien rentré, car je suis le seul dans la chambre à avoir cette permission ! Et toute cette effervecence pour ne rien faire toute la journée
 

En fait, ce que je vais pratiquer le plus à l'armée, c'est le métier de femme d'ouvrage. Le TTR ( Troupes de Transmissions ) a été surnommé, la "Troupe Torchon Raclette". On n'arrête pas de nettoyer, comme si on enlevait la boue et le sang des tranchées. On s'enfile au savon noir, non seulement le dortoir,

mais aussi des kilomètres de couloirs. Voici d'ailleurs mon ami Michel Hody en pleine action, car chaque milicien a son jour de nettoyage de la chambre
 

Mon chef direct, l'adjudant L . m'envoie souvent en mission pour porter du matériel dans d'autres casernes, comme convoyeur d'un chauffeur de Jeep ou de camion, le caporal  Fraikin; nous nous tapons les casernes de Bressoux, Vottem, Rocourt, Vielsalm (les

Chasseurs ardennais. Mon chauffeur est ce qu'on appelle un VC (pas un Vancau mais un Volontaire de carrière ). Il s'appelle Fraikin, ce qui à Liège et environs se prononce Frékay avec un "ay" traînant et prolongé. Vraiment un" braf' tèpe" Voici ma jeep sur la photo de droite
 

En outre on m'envoie, enfin je m'inscris, faut bien s'occuper, à l'écolage" des chauffeurs de poids lourds. Il ne me manquait plus que celle-là ! Attention, des camions datant, comme je l'ai écrit plus haut, de la campagne de Lybie, de la guerre quarante? Rommel Afrika Corps, pas mort. On est en plein "Renard du Désert". Ces énormes machines bâchées pèsent entre trois et cinq tonnes et picolent allègrement leurs cent litres aux cent kilomètres (ce qui est la consommation moyenne en alcool d'un volontaire de carrière), tout celà  pour la défense de la patrie en temps de paix. Un des moniteurs est un grand noir (pas noir "Noir" mais noir de poil), maigre-squelettique,  45 ans environ, le Caporal Stas ! Il y en aurait à écrire sur ces destins obscurs que nous avons croisés.

Nous devons être une dizaine de miliciens à l'intérieur du camion bâché et nous passons au volant " les uns après les autres", comme dans la chanson de Starmania, salut Maurane ! Nous roulons dans la campagne liégeoise, du côté de Remouchamps, Aywaille, Gomzée-Andoumont. On quitte la caserne tous les matins pour "L'Ecolage " et nous rentrons à la Caserne à 14h00. Pour moi, tous les moyens sont bons pour quitter la caserne. Donc au bout de la première session d'un mois, je sais conduire un 3/4/5 tonnes (ce qui explique que je posséde un permis "Poids Lourds) et je demande à Stas de me buser- recaler, afin de pouvoir renouveler cette partie de campagne; ca fait un mois à 6 semaines de gagnés. une deuxième session. J'ai toujours aimé les deuxièmes sessions, chez moi c'est devenu un tic. Et c'est reparti ! et je vais vivre quelques semaines inoubliables (car je me taperai encore une troisième session ). Parfois au retour, on traverse la ville du côté de Saint-Léonard et de la rue Hors-Château. C'est rempli d'écoles de filles, des lolitas déversées dans la rue, par tombereaux entiers. Et Stas et son grand nez, perché dans sa haute cabine, regarde avec ahurissement , ces troupeaux de femelles à la fleur de l'âge, et sa réflexion, inoubliable et toujours la même, et nous atteignons là un des sommets de la métaphysique, est "Mais qu'est-ce qui pète tot çoulà???" (traduction "mais qui est-ce qui saute tout celà?" ou "où sont les veinards qui se tapent toutes ces femelles "?)

Il faut dire que les miltaires de carrière, ils ne pètent rien du tout, car comme tous les petits fonctionnaires, ils rentrent à dix-huit heures chez Mémée. et quand il y a une virée, ils vont boire entre hommes et non pas baiser, ils vont boire dans les bordels de la route  Ans-Alleur, pour se donner l'illusion, et ils pelotent vaguement quelques boudins roseâtres, quelques blondasses décolorées, qui leur font boire du mousseux au prix du champagne et qui, pour rigoler, ah qu'est-ce qu'on se marre, leur coupent, après trois bouteilles de cidre, leur conne de petite cravate militaire, beige et tricotée par Mémée, en réalité vous coupent leur petite queue, qui, de toutes façons, ne sert plus à rien, au lieu de la leur sucer. Oui j'ai vécu une fois celà en fin de service. C'était à Rocourt. Grotesque !

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15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 06:32

Ceci dit, j'ai été affecté au Service QM, matériel de l'armée, matériel à ploucs, uniformes, armes, literie etc...En fait je suis magasinier et manutentionnaire, je range, je nettoie, je distribue. Quans je dis que le Droit mène à tout... Et mon chef, Louis L. de Villers  en Hesbaye, est un adjudant très particulier. Une espèce de terreur d'environ quarante-cinq ans, mais qui, j'ignore pourquoi, non seulement m'encaisse bien, mais va même me protéger vachement par la suite...Pourtant je le vois encore, lors d'un rappel, appeler Roger Claessen, le mythe footballistique légeois de l'époque, centre-avant du Standard et sélectionné dans l'Equipe Nationale belge, dont j'ai déjà parlé, une grande gueule qui se croit tout permis en raison de son statut de star et lui passer un de ces savons, que le bouillonnant Roger en reste tout pantois et pétrifié L'adjudant n'aimait pas les vedettes et puis il habitait près du stade de Rocour et était peut-être supporter du Footgalll Club liégeois, le club rival du Standard à l'époque, sacré tout de même par deux fois "Champion de Belgique".

 

 Nous sommes trois miliciens dans ce service où je suis de plus en plus planqué.

L'après-midi je fais ma sieste sur des matelas empilés et je lis "Sexus" d'Henri Miller; excellente manière d'apprendre la langue américaine, devenue très différente de l'anglais appris au Collège et en Angleterre. Pour pouvoir lire Miller et son vocabulaire souvent argotique, je dois acheter un dictionnaire Webster "of the american language" contenant 24.000 mots . Il faut lire Miller dans la langue, sans quoi il est impossible  de juger de son écriture et on n'enregistre que les anecdotes. Je suis donc motivé. En effet, à l'époque de mon mariage, j'ai découvert à la fois Lawrence Durrell, à travers "Le Quatuor d'Alexandrie " ( Justine, Balthazar, Mountolive et Clea ), et Miller, son ami, au travers d'un de ses Tropiques, qui m'a fait ensuite déboucher sur "La Crucifixion en Rose" en 3 volumes , .

Plexus, Sexus et Nexus. Parallèlement je découvre la "Correspondance entre Henri Miller et Lawrence Durrell ", et je la dévore. Ces deux hommes me fascinent ! L'Irlandais et l'Américain de Brooklyn, Brooklyn où je me rendrai 6 ans plus tard bien avant d'avoir découvert l'autre Seigneur de Brooklyn, Paul Auster. Et à la cantine, je vais découvrir deux miliciens nettement plus évolués, logeant dans d'autres chambres, Michel Hody et Johnny Colson. Enfin des intellos !. Je nous revois parler de Jean-Luc Godard sur nos lits de guerre. Je me souviens aussi de Michel et moi à Bourg-Leopold, jouant les cantinières au milieu des dunes et entourés de canons et d'auto-mitrailleuses, dégustant un soir dans notre camion, un cervelas génial agrémenté de frites à la sauce tartare, tout en discutant de la valeur éxégétique du substantif dans l'Oeuvre d'Heidegger, comparée à celle de Schopenhauer.
 

En fait j'ai oublié de dire que je suis exempt de service depuis que j'ai reçu sur le pied un énorme rouleau de plastique, ce qui m'a amené chez le Médecin de la caserne, un milicien C.O.R (Candidat Officier de Réserve), que je connais, un certain Lemaire, qui me met en invalidité partielle. Cette exemption de service sera renouvelée pendant tout mon service, me permettant en outre d'aller me faire soigner tous les jours à l'Hopital militaire  Saint-Laurent tout près de ma maison, rue Hocheporte, suivez mon regard. A l'hôpital je prépare moi-même mes "fangos", sorte d'argile noireâtre, que je fais réchauffer dans une grande marmite style "cannibale" avant d'y tremper mon pied pendant trois quart d'heure. En plus je me lie de sympathie avec la sentinelle qui est à l'entrée de l'hôpital et lorsque je sors à 10h00 du mat, ladite sentinelle indique 12h00 sur ma carte de sortie, ce qui me permet d'aller faire un tour à la maison avant de rentrer à la caserne. Ce pied atrophié qui se porte comme un charme, m'autorise à porter des sandales blanches, des "tennis" comme on dit, en permanence, ce qui fait un effet "boeuf", dans cette immense cour de la Chartreuse, lorsqu'il y rassemblement, accompagné de toutes les singeries du "Drill".

Claquements redoutables des lourdes bottines à lacets et au milieu, le minuscule ilôt neigeux de mes sandales blanches. Un jour d'ailleurs, un certain Colonel Derache, ex-héros de Corée et de Dien Bien Phu, venu en inspection, vient nous donner le drill et nous fait tourbillonner comme des toupies. En apercevant les deux taches blanches, il écume et m'appelle, me faisant sortir des rangs. Je traverse toute la cour dans un silence de mort, une cour gigantesque et hideuse, telle une usine désaffectée. Planté devant lui, j'entends le sympathique et tonitruant " Garde à vû-û-ûe" et il commence à m'engueuler. Alors je sors de ma poche, le papier du toubib. Il arrête d'éructer et je regagne ma place en retraversant la cour, toujours dans un silence de mort, mon grand problème étant de dissimuler mon fou-rire et celui de certains de mes copains. Cette vision des sandales blanches entourées de lourdes bottines cloutées est une superbe image anarchiste de résistance passive

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15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 06:10

 Fin Novembre 1964, j'apprends que je vais être envoyé à La Chartreuse à Liège. Ouf !. je suis transféré au 123 TTR (Troupes de Transmissions à savoir entretien et conduite des véhicules et transmisssions-radio). je suis donc transféré dans une Unité qui correspond totalement à mon signe Gémeaux ( Voyages et Communication)- qui est tout de même prédominant chez moi (Je me suis toujours senti plus Gemeaux que Scorpion (et plus Castor que Pollux, vu qu'il y a deux tendances chez les Gémeaux ) bien que j'aie un dard assez aiguisé et une continuelle angoisse de la mort.

 

Donc encnanté d'être à Liège, mais à peine suis-je arrivé à La Chartreuse, que l'on m'annonce que je suis envoyé en " détachement", au Camp d'Elsenborn, à la frontière allemande, autant dire, dans un campement de brousse. Je connais ce bled, depuis que j'y ai passé des vacances en 1948, dans un chalet de chasse, à Küschelscheid, près de Kalterherberg. Non, non je refuse d'y aller, je le dis tout net. Immédiatement je vais agir et faire intervenir mon cousin Henri Rolin, Sénateur, auprès du Chef de Corps et tout s'arrange. Si je n'avais pas été marié, ça ne m'aurait pas déplu d'être envoyé dans la brousse avec un autre milicien pour y faire des transmissions radio. En plus, l'envoi en détachement est une véritable planque; on y est tranquilles et on évite la plupart des corvées militaires.
 

Donc je reste à Liège et fais la connaissance des gars de ma chambre, la 117. Une vingtaine de miliciens, tous nettement plus jeunes que moi. Il y a un jeune patron d'entreprise familiale Jean Lefebvre, un coureur cycliste que nous appelons Rik Van Looy, un coiffeur

à moustaches, Christian Servais, extraordinaire d'intelligence et de drôlerie, son père dirige une petite compagnie théâtrale près de la Place Xavier Neujean et Christian y joue. Ce type nous a fait pleurer de rire pendant un an. Le voici déguisé en soldat japonais, il lui a suffi de retourner son béret belge et d'y croire, le tout scandé d'un Hoto-Hito perçant, c'est hallucinant. A d'autres moments il joue les miliciens, débiles mentaux entraînant les autres dans sa farce comme on le voit sur les photos qui suivent. j'ai souvent remarqué que dans tous les lieux où l'on traverse des situations d'enfermement et d'oppression, en groupe, il y a toujours un comique de service pour nous aider à rire tout de même et à tenir le coup.

 

Des clowns dont la fonction est catarthique par rapport au groupe, et cela, que l'on se trouve dans un collège, une clinique, une caserne ou une prison.Je me souviens aussi d'un de ses copains Jean Stals, qui soulevait des tables par son seul mgnétisme  ou du moins essayait de nous le faire croire.

Aussi un certain D. qui lisait "le Journal  Lui", considéré comme un sommet de la pornographie à l'époque, on y voyait des nanas aux seins nus à demi-voilés, et qui se masturbait dans les tiroirs du Service du personnel où il travaillait.

Et puis Raoul Crahay, un beau mec brun qui travaille à la Salle d'Information, plein d'humour et qui remplit les fiches pour les nouveaux. Je lis dans ses yeux que je l'intrigue( et lui aussi est à la chambre 117. Raoul avec qui je vais me lier d'amitié pendant des années et aussi un certain Tambour, fils de cultos hesbignons, qui est analphabète et à qui je vais

apprendre à lire, peu à peu. Bref une poignée de rigolos, de vrais déconnants, qui évidemment deviennent mes copains car je ne suis pas triste non plus dans le genre. Chaque soir, nous sommes morts de rire et ça soulage grave
 

En plus j'organise des cours de boxe  et un autre milicien est judoka. On jette quelques matelas par terre et au boulot. La boxe semble interpeller plus de monde, et moi ça me permet de coller avec tous ces gars. La boxe, le sport et l'humour. Un avocat de vingt-sept ans, dans une chambre de ploucs, a intérêt à combler son handicap très rapidement, sinon il est classé comme intellectuel, bourgeois et distant.
 

Disons cependant que nous sommes ici dans un milieu liégeois, au  tutoiement  facile et où l'humour caustique est de mise. Chaque fois qu'il y a des liégeois dans quelqu'endroit que ce soit, on les remarque immédiatement et ils forment une caste à part. Un liégeois c'est sympathique, marrant pour ne pas dire déconnant et guindailleur. C'est notre réputation en

Belgique car qu'est-ce que je fous dans cete galère, pour eux comme pour les militaires de carrière qui nous dirigent, c'est incompréhensible ?

J'aurais pu me planquer comme tous les universitaires en étant candidat-officer. Il n'y a pas d'autre avocat, simple soldat dans cette caserne de plusieurs centaines de conards feutrés à la Beuys. mais personne ne connait Beuys  en 1964-65 et encore moins dans une caserne belge. Un plouc artiste ?

Non je ne suis pas encore "Un  artiste". Simplement un avocat qui donne des cours de boxe et apprend à lire à un analphabète. Ce n'est évidemment pas chez mes amis de l'Université, tous candidats officiers que j'aurais pu apprendre à lire à un analphabète. Mes amis, eux sont officiers et deviendront officiers de réserve après leur service, ce qui permet d'être à la fois planqué en cas de guerre, (car ce sont les ploucs qu'on envoie dans les tranchées), et, en temps de paix, de porter son uniforme d'officier dans toutes les cérémonies officielles, à commencer lors de leur propre mariage, plutôt que de devoir acheter un habit ou un smoking (mais ils l'achètent tout de même car ils adorent toutes les cérémonies et tous les uniformes)

N'est-ce pas Monsieur Gustave J., futur marchand d'armes, vous aviez votre bel uniforme d'officier à votre mariage ! De toutes façons, si, par malheur, une guerre éclatait, on sait tout de même que ce sont les ploucs, les petits qu'on envoie en première ligne et que l'on pend aux crochets des abattoirs.

Tandis que les officiers de réserve, eux, sont mobilisés dans les bureaux pour signer de leurs mégas paraphes, les ordres de mission, envoyant les prolos, les sans-relations, se faire percuter le front" au Front", et puis, si la guerre est vraiment grave, s'il faut vraiment sauver l'honneur du Roi, du Pape et de la Patrie, ils devront eux aussi, peut-être un tout petit peu, quitter leur foyer (déchirant n'est-il pas ?) et s'envoyer un certain nombre de cocktails au Mess, pas des cocktails Molotov, non, non, rien que des cocktails d'officiers BCBG, toujours en arrière ligne, en épinglant aux revers de leurs vestes kaki- beiges, enfin jaunes caca d'oie (couleur" chiante "mais très" chic"), truffée de gros boutons dorés, en épinglant, disais-je, les décorations posthumes de tous ces "petits rien du tout", qui sont allés mourir à leur place, pour leur permettre à eux, les gros, les riches, les planqués, de continuer à porter leur lisse uniforme à la con dans toutes les cérémonies de temps de paix.

Paul Valery a dit: "La guerre, c'est le massacre des gens qui ne se connaissent pas au profit des gens qui se connaissent mais qui, eux, ne se massacrent pas "
 

 Ah oui sur la photo ci-dessous de cette fin de page, je suis debout au centre du groupe, jouant les Stallone-Rainbow avec ma mâchoire à la Cro-magnon

Bio 85 - 1965 - Service militaire - 3
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15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 06:01

Alors ce mois d'instruction, en novembre 1964 va être dur. Je sais qu'après, je ferai mon service (à savoir les onze mois restants) dans une autre caserne, mais j'ignore encore si ce sera à Liège ou pas. J'ai 27 ans et suis noyé parmi des ploucs de vingt ans. En plus un avocat de 27 ans, simple plouc, ça chiffonne ! En fait tout va très vite. je me laisse transformer en para-commando, avec "treillis", casque et mitraillette Fall. et je passe mes journées à ramper tous terrains, l

à Belgrade sur les hauteurs de Namur (50 ans plus tard ça aurait pu être l'autre Belgrade celui de Milosevic) Rergardez sur cette photo ce qu'on a fait de moi, c'est à peine croyable. je suis à l'exrême gauche ce qui est rare pour un soldat d'une armée légale ( j'ai bien dit légale car Che Guevara n'est pas loin, lui il rampe dans la jungle ) je suis des cours d'instruction militaire (comme si les miltaires avaient de l'instruction ??). Apprendre à démonter ses fusils et ses mitraillettes, au pied de son lit et puis les remonter à toute allure. Le Droit mène à tout. L'appel au lit à cinq heures du matin, cuivres des ceinturons blinquants de sidol, ah le sidol, je vais en bouffer pendanr un an. Nous étions sidolés comme des fridolins ! Et puis la graisse dans les canons et dans les percuteurs et donc évidemment partout autour.  Et puis encore les cheveux trops longs et la coupe au bol, évènement qui m'a rapproché très fort de Louis XVI. et les brimades des anciens, la cantine, le ramping en tenue de combat au milieu des grenades bien

mûres et enfin les épreuves sportives: 100 mètres, 1500 mètres, saut en hauteur, saut en longueur. Je réussis le certificat d'aptitudes physique(ci-dessus à droite) - et puis comme j'ai réussi de bonnes performances, on veut me faire passer des épreuves supérieures mais j'échoue de justesse à cause du 100

mètres; je n'ai jamais été bon dans cette discipline en dépit de mes longues jambes, justement beaucoup trop longues par rapport à mon buste, elles me font pédaler dans la purée. Déja au collège, j'étais bon dans les épreuves d'endurance et nul en vitesse; par contre ces mêmes guibolles me favorisent au saut en hauteur et en longueur. Me revoici sur la photo de droite, le deuxième en partant de la gauche. Comme on peut le voir, je semble bien intégré. le fait que je sois un bon sportif, bien que col blanc, va m'aider, au niveau de mes chefs surtout et il s'avèrera, je l'ignorais absolument, que je vais me révéler être un excellent tireur. Des mois plus tard, couché dans les dunes de Bourg Leopold, je vais au concours de tir, décrocher la deuxième place sur 180. Pour l'armée c'est vraiment très bon. on ne sait jamais si les boches revenaient ?
 

Il n'empêche que je vais être persécuté par le Sergent Chabot qui m'a pris en grippe. Je ne raconterai qu'une anecdote. Une seule fois sur vingt-huit jours, les épouses sont autorisées à venir nous voir. Toute une cérémonie est prévue dans la cour de la prison, euh pardon, de la caserne. Au réfectoire, le samedi midi, le Sergent me désigne avec trois autres miliciens, pour faire le salut au drapeau. Celà veut dire, mobilisation intégrale et impossibilité de voir Céline qui vient me rendre visite avec des oranges et que je n'ai plus vue, depuis quinze jours . Je râle sec et vers 14 heures, je suis appelé dans la chambre de Chabot qui, couché sur son lit, me fait répéter la parade, le drill, du Salut au Drapeau" Héy goche, goche; à drwète, drwète ". J'exécute tout l'exercice sans problèmes, ce qui est étonnant et voilà que mon chabot me déclare que c'est lamentable et que dans ces conditions, il est exclu que je participe au salut au drapeau. En fait, il me fait une fleur car il sait que ma femme va venir, mais il le fait en espérant m'humilier, dans sa petite tête de militaire de carrière

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14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 07:24
GIRL
HEY JUDE

Et le docteur, il en bave, parce qu'avant de monter sur le ring pour se faire amocher le portrait, il doit se taper une heure et demie de gymnastique abdominale intensive, en ce compris du saut à la corde, du punching ball, de l'entraînement hors ring, et seulement en fin de course, un mini-combat de 3 x 3 minutes.

Il faut dire qu'après mon mariage, je suis passé de 65 Kgs (pour 1m80) à 78 Kgs, record absolu de ma longue vie (à 70 ans j'en pèse 70). Treize kilos en quelques mois c'est abominable. Un homme marié, heureux et donc replet. "Il engraisse bien" tout le monde est content sauf moi. Donc j'en bave mais je m'accroche et je découvre en sus que je suis doué pour ce sport. Je suis extrêmement rapide et surtout j'ai du punch. Quand ma droite s'allonge, mon adversaire se retrouve allongé, même que ça me fait paniquer, c'est arrivé plusieurs fois. Moi je regarde mon poing, puis le type immobile sur le plancher et je me dis c'est toi qui a fait ça? J'ignore totalement d'où me vient cette force. Tout à coup mon bras droit part en flèche comme un éclair, ça frappe dur et ça fait mouche. et je dois dire que je n'aime pas du tout ça "étendre un type". En fait je me fais peur
 

Mais sur le plan du style, là on est dans la belle boxe, la boxe escrime, celle de l'esquive. j'apprends beaucoup, avec un coach, qui est champion de France amateur. Ce gars-là quand je l'ai devant moi, je ne parviens pas à le toucher. Il a de ces rotations du tronc et à tous les coups, je frappe dans le vide, tandis que lui me cueille comme une pêche mûre. Et tiens prends celle-là Docteur ...et encore celle-là !. Quelle école, je n'oublierai jamais. J'y resterai plusieurs mois, même pendant mon service militaire qui me laissera finalement libre tous les soirs vers dix-huit heures (vu mon statut d'homme marié et père d' un enfant)
 

Eh bien nous y voilà au service militaire, le 2 novembre 1964, lendemain de mes 27 ans, à la Caserne Marie-Henriette à Namur, pour une instruction d'un mois. La grande cour en plein brumaire et nous les "Bleus" tout de Kaki vêtus.

Dès mon arrivée,je passe devant un sous-officier de carrière que j'ai déjà croisé à Liège à l''époque, un sorteur lui aussi mais pas du même monde, plutôt le milieu "Roger Claessen" (Roger Claessen fut  le Centre-avant du club de football" Le Standard de Liège", une véritable star, incarnant a fond l'esprit liégeois, à savoir, un guindailleur, un rebelle et surtout "Un buteur", mais j'y reviendrai). Il est tout petit le Charlot ( toujours se méfier des petits napoleons ou autres hitlers ou mussolinis-berlusconis-sarkozys, car ils ont un furieux besoin de compenser leur petite taille-Voir Le Dictateur" de Chaplin ) et il me dit " Comment, vous êtes avocat et vous n'êtes pas candidat-Officier???" Non dis-je, ça ne m'intéresse pas. " Mais vous pourriez encore choisir d'être candidat sous-officier" me rétorque ce gentil jeune-homme, qui ne peut imaginer une telle réaction; Et moi "Non, non, je préfère être simple soldat !" Consternation ! Et je continue à remonter le file (nous allons chercher notre uniforme), abandonnant lâchement le jeune sergent Charlot, complètement décontenancé.
 

Je dois préciser, en effet, que je me suis inscrit au barreau de Liège, sans avoir aucunement l'intention de devenir avocat, à simple fin d'avoir des facilités de sortie (pour aller plaider), pendant mon service militaire. Je trouve donc un patron de stage, Maître Collignon et celui-ci m'introduit en Cour d'Appel où je prête serment devant le ¨Président de la Cour d'Appel Lambinet (d'où les lenteurs de la Justice ) qui n'est autre que le Père d'une amie avec qui je me suis lié d'amitié, à la fin de mon droit, Françoise que voici

ci-dessous. Au mois de septembre, en effet, nous avons eu avec nous à la côte belge cette étudiante, qui est venue s'occuper de Valérie (ägée de deux mois), regardez comme elle est belle, Françoise, sur la plage de Duinbergen, et avec laquelle nous avons  beaucoup dialogué. Elle allait par la suite être engagée à l'Institut de sociologie, par le professeur Clemens. A l'époque, elle pensait entrer au couvent. Au lieu de celà, elle est partie en Afrique pendant vingt ans et y a attrapé "le virus africain".

Bref je me retrouve face à son père un mois plus tard et je jure de dire toute la vérité, comme si les avocats disaient la vérité ! Du coup, je suis inscrit à l'ordre des avocats et suis susceptible, à tout moment d'être désigné comme avocat "gratis pro deo" (gratuit), dans des affaires dont personne ne veut, les clients de ces "affaires" n'ayant pas les moyens de se payer un avocat.

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