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LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


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Site traduit en Allemand :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/de/index.html

 

Site traduit en Anglais :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/en/index.html


Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
  • Contact

Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Jetez un oeil dans mes LIENS sur Richard OLIVIER, BIG MEMORY, mon ami Richard, Cinéaste belge, étant sur un gigantesque projet: Filmer tous les CINEASTES BELGES, morts ou vifs. Enfin, un artiste qui s'intéresse à ses pairs !http://www.bigmemory.be

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Je suis sur les blogs pro-tibétains:

www.candle4tibet.org
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VENEZ M'Y REJOINDRE !

Christian VANCAU

9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 06:34

BIO 43  La Rhétorique

 

Ci-dessous, mes collègues les plus proches lors d'une réunion chez mes parents à Liège, fin 1956. Assis à l'avant-plan de gauche à droite, Philippe Nonet, Christian Vancau et Paul Gielen. Derrière Philippe Nonet, André Pirard S.J.  Il y en a trois qui n'ont pas de cravate, moi inclus, évidemment! (aussi Michel Mersch, futur avocat et Pierre Verlaine futur toubib, debout à droite) Philippe Nonet a terminé son Droit avec la plus grande distinction, puis est parti enseigner en Californie
 

Me voici donc au seuil de la Rhétorique. Et là, le professeur, une sorte de Jésuite Janséniste, coupé au couteau, m'agresse; il m'a tout de suite repéré. Un vrai paumé celui-là, un Torquemada du 20 e siècle. C'est à ce moment que j'arrête définitivement, messe, communion, confession et autres conneries, mais sans oser encore l'assumer ouvertement. Je me promène donc sur les hauteurs de la rue Chauve-souris et du Boulevard Kleyer, dans la nature, avec Liège à mes pieds et la Meuse qui coule entre les prés.
 

A la même époque, je vais découvrir dans le grenier de notre maison, au fond de caisses appartenant à l'adolescence de mon père, des livres que l'on n'a pas mis dans la bibliothèque parmi les livres du Chanoine Moeller, du R.P Sertillanges, d'Henri Simon et autres " Revues de l'Anneau d'Or "
 

Je me mets à fouiller et je tombe sur André GIDE. Oh oui, je sais qu'il est à l'Index, puisque mon ami Alex Klimov a été renvoyé du collège, pour avoir osé le lire (en même temps que Sartre). Mais pour qui se prend-elle cette Eglise, pour décider de ce que les gens peuvent ou ne peuvent pas lire?? Quelle prétention et quel abus de pouvoir. Moi " à l'index ", ça m'excite et je retire de la caisse, mon premier Gide "Si le Grain ne meurt", sous forme d'un opuscule maigrelet, orné d'une couverture illustrée. Et je l'emmène et le dévore dans ma nouvelle chambre, (puisque nous venons d'emménager dans notre nouvelle maison au 123 de la Rue du Snapeux). je lis ce fruit défendu, sur un Secrétaire Louis XIII de ma mère, truffé de tiroirs secrets, ça tombe bien. De retour au grenier, je ramène "La Porte étroite" et puis un troisième livre, de Céline cette fois, dont je n'ai jamais entendu parler par contre. C'est "D'un château l'autre", l' histoire de sa fuite vers Sigmaringen. Je le lis, persuadé qu'il est l'oeuvre d'un inconnu, inconnu que je vais réellement découvrir 10 ans plus tard. Très symptomatiques  que ces livres de mon père refoulés au grenier, des livres lus par son milieu libéral gantois à mille lieues de toute ces censures de curés malades, et puis ces livres de ma mère, aux couvertures reliées d'encens, exposés à tous les regards. Grand témoignage du respect de ma mère pour mon père et de la soumission de celui-ci à son épouse et à sa  foi catholique (les deux étant liés). Mon père va jusqu'à abdiquer sa jeunesse. Il est consentant. Hors de ma mère, point de salut. C'est la Vierge qui lui a apporté la lumière, l'Immaculée Conception. Disons que c'est ainsi qu'il veut la voir, car la réalité est toute autre et moi je le sais. Donc ces trois livres, deux Gide et un Céline, je les lis, en les cachant sous mes cours de réthorique et je les enfourne dans un des tiroirs secrets du "secrétaire", "ce qui tient secret ". Des tiroirs qui s'ouvrent avec l'index !
 

Donc la rhéto, ça démarre mal. Le poids d'un censeur-inquisiteur, l'arrêt de la messe  et de ses sacrements (et je suis le seul de la classe), le seul aussi à lire Gide, depuis le départ de mon ami Klimov, lui aussi issu d'un milieu intellectuel, libre-penseur et russe de surcroît. Ajoutons à celà, que fin Juin 1955, nous avons eu une retraite à Xhovémont provoquant des vocations miraculeuses de certains élèves et parmi eux mes amis les plus proches. Alors que moi, j'ai refermé ma porte au nez du prédicateur, venu le dernier jour dans ma chambre, pour "enlever le morceau", tel un agent d'assurances et l'ai bouté hors, en lui disant "Non merci j'ai déjà donné" Je ne crois pas qu'il ait compris, mais il a fait demi-tour devant ce rhétoricien satanique, rétif à toute forme de rhétorique
 

Sur ce notre professeur puritain disparaît du jour au lendemain. On doit l'avoir enfermé et un autre professeur jésuite apparaît, un ami de mes parents, tout comme son frère, jésuite lui aussi. C'est le Père Delepierre qui, j'ignore pourquoi, me prend en sympathie, peut-être parce que son frère fréquente mes parents (enfin surtout ma mère) depuis longtemps. Bien sûr, en effet, c'est toujours Suzanne, ma mère qui amène les curés à la maison. Elle les invite à souper ( comme on dit en Belgique pour le dîner du soir, celui où l'on s'assoupit ), pas à coucher, ça ne se fait pas, mais des corbeaux en jupe, ça doit l'exciter quelque part. Ce n'est pas dangereux un homme en jupe, surtout quand, en plus, il a promis à Dieu, de faire un noeud dans sa queue. Plus il y a de castrés, mieux c'est. N'est-ce pas maman, qui êtes aux cieux ?

In fine la rue Chauve-Souris reliant le Boulevard Kleyer au Quartier du Laveu
In fine la rue Chauve-Souris reliant le Boulevard Kleyer au Quartier du Laveu
In fine la rue Chauve-Souris reliant le Boulevard Kleyer au Quartier du Laveu
In fine la rue Chauve-Souris reliant le Boulevard Kleyer au Quartier du Laveu
In fine la rue Chauve-Souris reliant le Boulevard Kleyer au Quartier du Laveu

In fine la rue Chauve-Souris reliant le Boulevard Kleyer au Quartier du Laveu

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9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 06:23

BIO 42 1955

 

Et à la maison que se passe-t'il ? Je ne m'en soucie guère. Je mène ma barque. Mon frère Etienne a 9 ans. L'autre, Marc, (Un martyr et un évangéliste sans oublier, moi, le Christ) 5ans, on peut dire que pour lui les jeux sont faits. Il ne parle pas, il rugit et se frappe la tête contre les murs ou mieux encore, nous prend le poing à chacun, pour que nous le frappions sur la tête ( De quoi s'auto-punit-il, là est la vraie question! )
 

 Quant à l'autre frère, celui qui est normal, il s'entend merveilleusement avec mon père qui a reporté toute son affection sur lui. En effet, mon père n'a pas retrouvé sa fille en rentrant d'Angleterre et son fils aîné le boude. Et puis 1946, la naissance d'Etienne, c'est la libération, la liesse, on repart à zéro, la guerre est finie !

Oui, je l'avoue, je n'en veux pas de mon père, je ne le sens pas. Il est arrivé trop tard sans doute et il n'est pas le père que j'aurais voulu avoir. Je ne le trouve pas viril, il ne fait pas de sport, il met un temps fou pour entrer dans la mer et il attend 5 heures après le repas avant d'oser entrer dans l'eau??? Phobie de la congestion. Pour le faire chier, moi j'entre dans l'eau, deux heures après le repas et au lieu d'avancer à petits pas en m'aspergeant frileusement de gouttes à gouttes, je plonge ou m'élance en flèche. Je trouve aussi que mon père n'a pas de muscles, j'en ai plus que lui. Je montre mes biceps à mon frère et puis lui fais palper ceux de mon père, qui sont inexistants ! Oh la vache !. En plus, sur les plages, mon père attrape des coups de soleil car il a une peau de roux. Il s'enveloppe les jambes dans des journaux et porte un chapeau de paille sur la tête. Pire que le Professeur Achenbach dans Mort à Venise. C'est un peureux et je suis un casse-cou, ceci expliquant peut-être ceaà. Il a la peau blanche, et je ferai tout pour être un basané; long travail car si je n'ai pas une peau de roux comme mon père, je suis tout de même un blond aux yeux bleus. Basané en outre, celà veut dire aussi devenir l'Indien que je suis intérieurement et le refus d'être un blanc. C'est le choix de Zorino contre Tintin !
 

Alors voilà, mon père va à la messe tous les matins, à l'Eglise Saint-gilles, via la rue Saint-Nicolas tandis que moi je commence à penser à d'autre seins. Et mon frère Etienne l'accompagne. Ils se tiennent par la main jusqu'au seuil de l'église. Moi par contre, je cesse d'aller à la messe le dimanche, c'est un péché mortel et je le sais; c'est justement ce qui m'excite. Mais je suis encore obligé de faire semblant. je vais donc me promener boulevard Kleyer dans les environs de la rue Chauve-souris. Et je regarde partir le père et le frère (la mère dort), unis en la Sainte-Eglise, rentrant de concert dans son sein. Je regarde ces deux hommes qui ne sortiront jamais des griffes de ma mère. Roger, mon père, le "converti". Ma mère qui, elle, ne va à la messe que le dimanche et beaucoup plus tard dans la matinée, car elle ne dort pas la nuit. Bourrée de somnifères, elle hante les corridors et fait ses lessives dans le garage; elle se lave, en somme. La culpabilité pour elle est nocturne, mais elle ne le sait même pas.

 Bien sûr elle a fréquenté des psychanalystes, juste un peu, car elle n'en a pas besoin, ce sont nous les hommes qui sommes malades. Ma mère fait une séance de temps en temps, pour avoir des renseignements sur notre "guérison", celle de mon père, de mon frère Etienne et la mienne. Mais j'y reviendrai, car "en psychanalyse", je ne suis pas encore entré.  Donc pour moi, l'image de ce père et de ce frère qui en 1955, vont à la messe, main dans la main, c'est l'image d'une soumission masochiste à la mère; deux petits malheureux, complètement coincés, qui s'appuient l'un sur l'autre. Un côté "Cour des Miracles", mais attention ! En même temps, une parfaite assurance d'être dans La Vérité ! Hors de l'Eglise, point de salut ! Et je sais que je ne suis pas comme eux, parce que moi, je résiste à la mère, parce que moi, je veux être moi !

Notre nouvelle maison et in fine, la rue Chauve-Souris à Liège, reliant le Boulevard Kleyer au Quartier du laveuà la rue du Laveux
Notre nouvelle maison et in fine, la rue Chauve-Souris à Liège, reliant le Boulevard Kleyer au Quartier du laveuà la rue du Laveux
Notre nouvelle maison et in fine, la rue Chauve-Souris à Liège, reliant le Boulevard Kleyer au Quartier du laveuà la rue du Laveux
Notre nouvelle maison et in fine, la rue Chauve-Souris à Liège, reliant le Boulevard Kleyer au Quartier du laveuà la rue du Laveux
Notre nouvelle maison et in fine, la rue Chauve-Souris à Liège, reliant le Boulevard Kleyer au Quartier du laveuà la rue du Laveux

Notre nouvelle maison et in fine, la rue Chauve-Souris à Liège, reliant le Boulevard Kleyer au Quartier du laveuà la rue du Laveux

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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 06:42

Bio 41  Mes séjours à la Côte belge. Petit retour en arrière

Ceci m’amène à ouvrir une parenthèse sur mes séjours à la côte belge. Ma mère nous y entraîne deux fois par an, à Pâques et en septembre. Elle loue des villas à Duinbergen, de préférence. La première fois c’est en 1945, au Coq-sur-Mer, en attendant que mon père soit démobilisé de l’armée anglaise, qui le tient caserné à Bayeux en Normandie.

 

J’étais déjà allé à Coxyde et à Saint-Idesbald, comme bébé, avant la guerre. M’y voici dans les  bras de mon grand-père Jules Duesberg

 

Donc la mer du Nord deux fois par an, ça va marquer mon enfance et mon adolescence. La mer du Nord dans mes souvenirs, c’est d’abord la mer grise ou vert de gris, avec l’écume des vagues sur les brise-lames et l’odeur des étoiles de mer, la cueillette des coquillages (les couteaux). Ce sont aussi les dunes à perte de vue. Elle sont moches les dunes après le débarquement, truffée de Bunkers abandonnés par les allemands et entourés de fils de fer barbelés. Nous, les gosses, on y refait la guerre, celle des « Mouches » de Golding (Lord of the Flies -  Le Seigneur des Mouches ). On galope dans les couloirs sombres de la mort, on se faufile entre les mines, on trébuche et parfois on découvre des armes ou autres accessoires militaires, périscopes longues vues, casques, jumelles et on les ramène et les collectionne. Nous sommes fous car certains de ces terrains sont encore minés et nous, on court, on se bagarre, on roule à terre comme des petits cons. On vient de vivre la guerre mais on n’a rien compris. A croire que ça nous a excités, à croire que l’on regrette ces cinq années exaltantes

 

C'est une chasse aux trésors que nous effectuons, aux trésors de guerre. Quand nous trouvons un casque ou une ceinture à cartouchières, nous jouons au "boche" ou à " l'amerloque", c'est selon, mais ce sont, tout de même ces grands bambins d'américains, qui nous ont délivré de ces sales gueules de schleus, flics blonds aryens, nasillards et gueulards ! Achtung !
 

Duinbergen, Knokke, Le Zoute en 1955-56, ce sont aussi mes premières « boums ». Je suis nul, je ne sais pas danser, les filles m'ignorent. Je fais donc tapisserie sur la musique des Platters (Only You) et deux autres tubes dont je me souviens, des slows crapuleux. The Unchained Melody et Greenfield. J 'ai oublié les noms des deux groupes. Des copains de mon âge se débrouillent bien mieux que moi. Ils "emballent" comme on dit. Moi je me sens lourd et engoncé

 

Mais à Pâques 1955, malgré ma timidité, je m’inscris à un crochet au Casino de Duinbergen. Quatre cent personnes dans la salle et je gagne le deuxième prix avec » ça va »  « Un jour le diable vint sur terre »de Jacques Brel. Le gagnant a chanté Elvis en Play Back. Je suis célèbre pour 24 heures et signe des autographes
 

Mais revenons au Collège à Liège. Les filles justement. Et bien là c'est catastrophique. On n'ose pas. Personne n'a de petite amie (à 17 ans???). Moi j'en rêve beaucoup. C'est l'époque où je dessine en classe, sur de petits bouts de papier (de chez Regine), des couples, avec des filles à la BB naturellement, queues chevalines et robes Vichy ( la France a dejà oublié qu'elle vient de vivre sous le régime Vichiste), des filles donc, se faisant surprendre par des garçons surgissant dans leurs dos, en pleine forêt, des "Jane" quoi, c'est mon côté Tarzan qui resurgit. Je me souviens qu'un de ces dessins s'appelait "Le Piège". Mais un élève me fauche mes dessins, on ne peut plus innocents, ils font le tour de la classe et me reviennent. C'est à ce moment-là que mon destin se "dessine" (c'est le cas de le dire !). Je suis intéressé par les femmes ( Ne faudrait-il pas m'interner ?) alors que plus de 30% des élèves de ma classe (ils sont onze), se prépare doucement à entrer dans l'un ou l'autre ordre religieux castrateur, ce qui leur évite de se poser des questions sur ce sujet brûlant qu'est "LE SEXE". Bref, cela pose le décor: Je dessine des couples de notre âge, on ne peut plus romantiques, c'est presque du Peynet, et déjà je passe pour le débauché de la classe, alors que je n'ai jamais touché une fille! Je me souviens aussi d'un séjour à la mer, où un après-midi, je suis seul comme toujours, je vois arriver dans la salle de ping-pong, deux ou trois couples de mon âge, à moto, des rockeurs, des "Johnny" en veste de cuir, avec 3 B.B, blondes à queues de cheval, et je te pingue et je te pongue , et je te bécote grave.  J'étais fasciné et je me disais 'Va falloir tout de même que tu t'y mettes, mais comment s'y prendre ?")
 

Alors je vais essayer timidement et vais être le premier de la classe (pour une fois) à avoir une petite amie, une cousine éloignée, surnommée Souquinette, un simple amour platonique avec de petits bisous sur la joue et dans les cheveux, mais elle vient me chercher au collège et on va au café avec mes condisciples (en un mot svp, quoique...?). je suis en fait le seul à "sortir avec" une fille ou du moins à le faire croire. Pour eux, commencer à sortir dans des cafés est déjà une suprême audace et c'est une toute petite minorité qui le fait. Et nous avons dix-sept ans, tenez-vous bien. On peut dire que nous sommes gratinés. Mais attention nous connaissons le Grec ancien et le Latin, ce qui est très utile pour demander par exemple une fourchette dans un restaurant en Italie ou en Grèce. On peut dire que nous sommes vachement "chebrans" et armés pour la vie

Ma Biographie 41   Flash back sur la côte belge
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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 06:53

 

BIO 40  1954-1955. Deuxième Latine

A quelques uns dans la classe, nous allons former une troupe de théâtre et jouer des pièces écrites par l'un d'entre nous, Jean-Pierre Willemaers, mon ami le plus proche à cette époque. Et nous jouerons notamment "Il n'y a pas d'enfer au Pays du bon dieu ", pièce que je mets en scène et dans laquelle je joue deux rôles(oui, moi le timide car je le suis horriblement, c'est donc une première victoire ) dont celui de Judas. C'est notre deuxième spectacle et il aura lieu dans ma future maison, sur la dalle de béton du rez-de-chaussée de la construcrion en cours. Les spectateurs, des parents principalement, sont dans le jardin, assis sur des poutrelles. Nous nous éclairons à la torche.
 

 Nous avions été initiés au théâtre, par un comédien-peintre, plus âgé que nous et n'ayant rien à voir avec le Collège, ni l'enseignement catholique. Il s'appelait René Lambert et habitait à 50 mètres de chez moi, rue des Peupliers. Entre futurs artistes en herbe  et je n'en ai plus jamais entendu parler, nous nous étions tout de suite "reconnus". Par la suite il est devenu un peintre assez connu à Liège, faisant aussi des décors de théâtre. Je crois qu'il habite Bruxelles. Je ne l'ai jamais revu ! Et je n'en ai plus jamais entendu parler en tant que peintre, même après que je le sois devenu moi-même, des années après lui (1967 ). Je vais lancer un avis de recherche.

 

Dans notre troupe, il y avait Philippe Nonet, Michel Mersch, Guy Philippart, Emmanuel Mahy, outre Jean-Pierre W. et moi-même. Que sont mes amis devenus ??? En fait, ils seront quatre à "rentrer dans les Ordres", comme on disait, pour en sortir ensuite plus ou moins rapidement selon les cas.
 

Avec Willemaers , nous nous réunissons parfois chez Alex Klimov, un russe émigré de notre classe dont la mère est peintre sous le nom de Valentine Klimov's (Noblesse russe oblige). Ils habitent rue Xhovémont, sur les hauteurs de Liège. Un milieu beaucoup plus évolué et libre que celui de nos milieux familiaux catholiques. Là au moins on respire autre chose que de l'encens. Là, à nous trois nous écoutons Ferré, Greco, Brel, Mouloudji, Brassens qui vient d'apparaître avec "sa mauvaise réputation" et son "petit cheval ". Et ce n'est pas du tout bon genre d'écouter ce genre de choses, ce qui rend nos réunions d'autant plus excitantes. Nous sommes trois à le faire, sur une classe de 25 élèves environ. Nous sommes , je le rappelle, en 1955 et Alex Klimov se fera virer pour faute grave; il lit Gide et Sartre, qui sont tous les deux à l'INDEX, ce qui me poussera évidemment à lire Gide à mon tour, fin 1955.

Je le trouve dans les caisses d'adolescent de mon père, caisses qui sont au grenier, ma mère ayant converti mon père et s'étant refusée à accueillir dans sa bibliothèque catholique ces livres monstrueux. Je découvre d'abord et lis sous le manteau, dans ma chambre "Si le Grain ne meurt " et ensuite "La Porte étroite" d'André Gide. Et je suis séduit. Et puis rien de plus jouissif que ces lectures interdites. Alex Klimov, fera ses études de philosophie à Liège avec une thèse sur Berndjaeff et, parti pour le Québec, deviendra Directeur de l'Institut des Philosophies et Religions Orientales, à Trois-Rivières-Québec. Je l'ai revu à Liège, à la fin des années 60, alors que je m'apprêtais à partit définitivement pour le Québec, à mon tour! Bien plus tard via Facebook, j’entrerai en contact avec sa fille et sa femme au Québec et apprendrai le décès récent d’Alex, par sa fille Patricia avec qui je deviens ami sur Facebook
 

Grande année donc que cette année 1955. Nous rêvons de filles mais nous n'en avons pas, excepté  Klimov, évidemment, un grand timide pourtant, que je surprends, main dans la main, avec une superbe Nana, en faisant la file, devant le théâtre du Gymnase. Quant à moi, j'ai les photos de BB, je suis en plein virtuel, pourtant j'en crève d'envie d'avoir une fille, mais comment faire ???. Mes condisciples, eux ne rêvent de rien du tout, sinon de leur futur noviciat. Eux, ils veulent entrer dans le Sacré Coeur de Jesus et moi je préfère les tabernacles entr'ouverts, si vous voyez ce que je veux dire. (Oh propos sacrilèges. Mon frére m'a écrit il y a un mois, pour que je retire, encore la censure, certains propos, qui insultent sa FOI et portent atteinte à la réputation de nos parents. Bien entendu, je n'ai rien retiré et ne lui ai même pas répondu. Il finira pas se noyer dans son bénitier. J'écris ce que je veux. Je suis devenu un homme libre et personne ne m'empêchera de parler ! )
 

Et en attendant, je vais m'acheter ma première guitare (pour plaire aux filles évidemment et puis une guitare, ça a un corps de femme). Mon ami Willemaers joue un peu. Il va m'accompagner chez Frambach, le magasin de Musique situé dans les escalers qui montent de la Place Saint-Lambert, vers la rue Saint-Hubert. Et j'achète une guitare de Jazz; ce n'est pas du tout ce qu'il me faut, pour apprendre, mais je vais faire avec. Willemaers m'apprend mes premiers accords et je m'entraîne avec Marie-José Neuville et ses tresses, grande star de l'époque. Mais très vite je vais glisser sur Brassens et sa "Mauvaise Réputation", chanson qui me fascine, depuis quelques mois. Ce n'est pas un hasard, si je vais m'employer pendant des années à acquérir une mauvaise réputation, dans mon milieu catholico-bourgeois-liégeois, afin de me libérer définitivement de son carcan
 

En partant du dessus je suis au 2e rang, le deuxième en partant de la droite

Ma Biographie 40  1954-1955   Deuxième latine
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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 10:22

BIO 39  1954  Opération des amygdales et Lettre de Brigitte Bardot

On m’enlève les amygdales. Je resterai une bonne semaine à la Clinique Sainte-Rosalie, la clinique préférée de ma mère, qui s'y connait. J'ai mal à la gorge, la cicatrisation est très lente. Ma mère  qui adore lire à haute voix, me lit "Le Bossu" de Paul Féval. Cela fait aussi partie de ses mythologies à la con "Si tu ne vas pas à Lagardère, Lagardère iratatoi", et je me souviens avoir écouté aussi mais ça m'intéressait nettement plus, les trois volumes de  Flika, l'histoire d'une jument, gros succès de librairie de l'époque, écrit par une certaine Mary o' Hara, si ma mémoire est bonne. Mais ma mère avait censuré certains chapitres, probablement tout ce qui concernait la saillie et les accouchements de cette jument célèbre, à laquelle peut-être, elle s'identifiait inconsciemment. Même les animaux, je ne pouvais pas savoir ce qu'ils faisaient pour avoir des jeunes. Mais je préférais nettement ces histoires de bêtes à celle des mousquetaires de la garde de la Reine. Je pense que le troisième volume devait s'appeler "L'herbe verte du Wyoming" et les deux autres, ça me revient "Mon amie Flika" et " Le fils de Flika".
 

En 1954, il y a aussi l'épisode Brigitte Bardot. On joue au cinéma " Le portrait de son père" un film de Bertomieu avec Jean Richard et j'ignore pourquoi, nous sommes nombreux dans la classe à aller voir ce navet, qui est un des premiers rôles de BB, dont personne ne parle encore, à cette époque. Et tous, nous avons le coup de foudre pour cette petite bourgeoise et collégienne de Neuilly. Mais je suis le seul à lui écrire via "Ciné-Revue". Et miracle, trois semaines plus tard, BB me répond. L'exhibition de cette lettre dans la cour de récréation, fait un tabac ! La voici ci-dessous
 

Ma Biographie 39  1954   Opération des amygdales - Lettre de B.B
Ma Biographie 39  1954   Opération des amygdales - Lettre de B.B
Ma Biographie 39  1954   Opération des amygdales - Lettre de B.B
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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 09:55

Bio 38 Saint-Moritz 3

II y a un dortoir. je me souviens d'un grand con, à côté de mon lit, exhibant généreusement, chaque matin, sa pine en "berne" . Je n'avais jamais vu ça et j'étais d'autant plus effaré que j'étais toujours impubère à quinze ans. Il y avait aussi un garçon timide qui se prénommait Denis. C'était le souffre-douleurs. La nuit, les plus âgés se levaient pour lui tremper la main dans un bol d'eau, pendant son sommeil et le faire pisser tout son saoûl.  Qui a inventé ce jeu stupide? Mais je vous jure que ça marchait et que le gars se réveillait trempé le lendemain. Pipi  au lit !  Marqué à jamais ! 

Mieux que cela, un jour il  répond grossièrement à la professeur d'anglais, le pied-bot. Et le soir dans la salle de récréation, Denis a dû baisser son pantalon devant Directrice, professeurs et élèves et le pied-bot lui a administré une raclée "fesses nues". Voici pour l’éducation sexuelle dans un collège anglais à Saint-Moritz en 1953 !
 

Heureusement qu'il y avait la glisse quotidienne, dans une neige souvent poudreuse, avec au soleil, des scintillements de pierres fines. Ce n'était tout de même pas le Sana, ni celui de  "La Montagne magique " de Mann, ni celui du "Siloë" de Paul Gadenne !
 

Alors, il y a eu les vacances de Pâques et tout le monde est rentré dans sa famille, sauf moi. Je me suis retrouvé seul, une fois de plus, à échanger quelques rares phrases avec John Bird, beau grand jeune-homme classieux, comme dirait Ginsbar, inséparable de sa mère, l'incontournable Mrs.Bird. Et je me suis promené dans les montagnes de printemps, à la recherche des chevreuils, avec mon appareil photo de l'époque, un Agfa Box.
 

Parfois je prenais le bus, pour descendre dans la vallée de l'Engadine, à 1800 mètres. Des noms sonnent encore à mon oreille, comme des clochettes de traîneaux: Campfer, Silvaplana, Pontresina, Sils-Maria, Piz Nair, Piz Maloya, Muotas Muragle, Diavolezza. Sur les lacs glaçés, les anglais jouent au "Curling". La population locale parle le Romanche, un dialecte alémanique. Il y a un côté carte postale "Merry Christmas", traîneaux à la Jivago, Santa Klaus de rigueur, pralines aux étalages kitsch des "Conditorei". Bref, très schleu finalement, les Grisons!
 

Ce qui me frappait, c'était l'ombre précoce dans la vallée de l'Engadine, dés quinze ou seize heures, provoquée par les montagnes saillantes environnantes. Je n'aimais pas ce soleil court dans le fond de la vallée. Alors je remontais vers mon collège-villa, pour m'y dorer en terrasse au soleil couchant !
 

Et puis, il y a eu une visite de ma mère pendant ces vacances de Pâques, une véritable catastrophe, qui a duré trois jours. Trois jours de bagarres ! A l'origine, une anecdote qui peut paraître stupide. Elle m'avait tricoté un pull en grosse laine, d'un bleu électrique pètant,  absolument difforme, manches trop longues, épaules tombantes, dont la base m'arrivait presqu'aux genoux. Bref inmettable et j'ai donc refusé de le porter. Ma mère l'a très mal pris. Elle avait passé des journées à me tricoter ce sac à pommes de terre et je refusais d'être transformé en topinambour. Obstinément. Ma mère, en effet, tricotait des pulls déformés à ses hommes (mon père et les trois garçons car nous étions trois, mes deux frères étant nés en 1946 et 1950 ), nous achetait des chemises à pointes de cols tordues et des pantalons difformes, qu'elle nous avait appris à repasser, en nous les faisant allonger, bien pliés, sous nos matelas, le soir, avant de nous coucher; une corvée ménagère en moins pour elle . Bref elle nous rendait "laids". Mon père lui, s'en foutait complètement. Pourtant il n'était pas laid du tout (comment dire le contraire alors que tout le monde a toujours affirmé que je lui ressemblais) mais habillé par ma mère, on aurait pu le planter au milieu d'un champ de blé, en guise d'épouvantail à moineaux. D'autant plus étrange comme attitude maternelle, que ses frères s'habillaient très anglais, très "chic", très"smart", très "Oxford", comme ils disaient ces cons. Et pourtant c'était tout de même mon père et non pas eux, qui avait passé cinq ans en Angleterre. Allez comprendre ? Je me souviens très bien de mon père, le veston de travers, le pantalon froissé avec "de l'eau dans les caves ", la cravate mal nouée, le noeud en oblique et surtout, toujours, au moins une des pointes du col de sa chemise débordant sur le revers de son veston

Ma Biographie 38     Saint-Moritz  3
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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 09:33

Bio 37  Institut Montalia.

Saint-Moritz, 2000 mètres d'altitude. Je vais y vivre  pendant une année scolaire 1952-1953. J'arrive donc là-bas, un soir de septembre 1952, dans l'obscurité. Il faut imaginer ces deux photos avec d'énormes masses neigeuses, car elles ont été prises au printemps 1953 et l'effet est tout différent. Le lendemain  de mon arrivée, je réaliserai que je suis sur le toit du monde et qu'il n'y a aucune autre habitation aux alentours. C'est un peu la demeure du "Psychose" d'Hitchcock. J'arrive donc un soir dans une salle où je suis accueilli par élèves et professeurs. Je me souviens d'un liégeois très chaleureux (comme tous les liégeois) qui s'appelait Ricardo des Mezières (Franco-Espagnol) . Il y a une majorité de belges, mais aussi un anglais et un italien. Parmi les belges, je me souviens de Frédéric de Limelette et de Patrick Dumont de Chassart. Rien que du beau linge,une fois de plus.

La Directrice, Mrs Bird est anglaise

A six heures du matin, on se retrouve tous en training, pour faire notre gymnastique dans la neige. On se croirait à la Starac. A 7 heures nous sommes en classe et les  3 professeurs défilent toute le matinée. Comment font-ils pour donner le même cours à des élèves de différentes classes d'Humanités ? Je n'ai toujours pas compris ! Après le repas de midi, il y a une sieste d'une heure et puis on skie jusqu'à 17 heures ! Alors là, c'est le pied ! Je n'ai plus skié depuis 7 ans, à Morzine, mais ça revient très vite, car dés le premier WE, je suis embarqué avec la troupe et je me tape le glacier de la Diavolezza, en peau de phoque, les skieurs me comprendront et je le redescends en glisse, avec les autres. Je porte des lunettes de glaciers, le soleil tape dur et le soir, lorsque je les enlève, j'ai des yeux de hibou (chouette alors). Visage brûlé et deux cercles blancs à la place des lunettes.
 

A 17h00, il y a étude jusqu'au souper. Comme à midi, on mange tous à la même table familiale- tous à savoir cinq adultes et quinze élèves, table où trône majestueusement notre directrice anglaise, la" grande mère". Quand l'un de nous a terminé son repas et veut quitter la table, il doit prononcer une phrase rituelle " Puis-je disposer, Mrs Bird ? " et attendre l'autorisation, qui parfois se fait attendre et il faut recommencer plusieurs fois, en criant de plus en plus fort. Dire une telle phrase, avec une violence menaçante, ce n'est pas évident. Essayez et vous verrez! C'est donc dans ce décor que je vais fêter mes quinze ans le 1er Novembre 1952!

 

In fine le Glacier de la Diavolezza
In fine le Glacier de la Diavolezza
In fine le Glacier de la Diavolezza
In fine le Glacier de la Diavolezza
In fine le Glacier de la Diavolezza
In fine le Glacier de la Diavolezza
In fine le Glacier de la Diavolezza
In fine le Glacier de la Diavolezza
In fine le Glacier de la Diavolezza
In fine le Glacier de la Diavolezza
In fine le Glacier de la Diavolezza
In fine le Glacier de la Diavolezza

In fine le Glacier de la Diavolezza

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 09:24

BIO 36 1953 Saint-Moritz

Eh bien oui, fin septembre 52, nous les collégiens, passons à la "Cuti". La cuti réaction, j'ignore si cela existe toujours, mais le but en  était de détecter une tuberculose éventuelle. Et je suis "positif"; je fais ce qu'on appelle une primo-infection tuberculeuse. Enfin, il paraît, je n'y ai jamais cru et n'en ai jamais rien ressenti. 

Et on m'envoie faire ma 4e latine à Saint-Moritz dans un établissement bien connu des jésuites de Saint-Servais, l'Institut Montalia, situé à 2000 mètres d'altitude, soit à 200 mètres au-dessus de la vallée de l'Engadine, en fait, une grande villa, complètement isolée dans la montagne. Une directrice anglaise, Mrs Bird, 3 professeurs:  Mr Julmy, un Suisse, Mr.Cattaneo un Italien et une dame dont j'ai oublié le nom et qui avait un pied bot (ça par contre je m'en souviens)
 

Tout cela, pour une quinzaine d'élèves de toutes nationalités, dont l'âge oscillait entre 12 et 18 ans. On pourrait dire, des gosses de riches dont les parents n'avaient pas le temps de s'occuper, ils avaient juste l'argent pour ne pas devoir s'en occuper.

 

 Bref un soir de septembre 1952, me voilà embarqué à la Gare des Guillemins à Liège dans le train de nuit pour Bâle. Je me souviens de ce réveil au petit matin avec les premières montagnes neigeuses. On n'y croit pas parce qu'on a dormi et on n'a rien vu arriver.
 

A Bâle, changement de train pour Chur (Choir) dans les Grisons, je traverse la Suisse d'Ouest en Est et à Choir, nouveau train pour St Moritz, direction Sud où je vais arriver vers les 17 heures. On vient me chercher à la Gare et on grimpe, on grimpe. Voici sur la photo du bas, St Moritz vu du haut avec un des lacs de l'Engadine, lacs bordés par d'autres petits villages, Campfer, Silvaplana, et enfin  Pontresina, et Sils-Maria où je vais rencontrer Nietzsche, 52 ans après sa mort
 

 

En 3 la maison de Nietzsche à Sils Maria
En 3 la maison de Nietzsche à Sils Maria
En 3 la maison de Nietzsche à Sils Maria
En 3 la maison de Nietzsche à Sils Maria
En 3 la maison de Nietzsche à Sils Maria
En 3 la maison de Nietzsche à Sils Maria
En 3 la maison de Nietzsche à Sils Maria
En 3 la maison de Nietzsche à Sils Maria

En 3 la maison de Nietzsche à Sils Maria

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 09:14

BIO 35-1952. Quatrième Latine

Sur la photo ci-dessous, je suis à la deuxième rangée, en partant du bas, l'avant-dernier sur la droite, à côté de mon ami Paul Gielen, le premier de la classe avec de Lamotte. Notre professeur, nous l'appelons Portos et j'ai oublié son vrai nom.

Un des trois mousquetaires, mais j'ignore l'origine de ce surnom. Il était bien gentil mais il devait avoir un problème. Comme j'étais souvent avec mon ami Paul G., dans les rangs, dans la cour et à la Chapelle, il n'arrêtait pas de nous séparer en nous faisant changer de place. Personne ne comprenait pourquoi. Il avait dû lire Gide, nous pas encore. Bref c'est cela, l'éducation. Projeter ses manques sur les gosses en les culpabilisant.
 

Quand je me regarde, je me dis que je devenais complètement difforme et bouffi, adipeux, boulot.  A la rangée du bas, le deuxième, en partant de la gauche, il y a un phénomène dont je me souviendrai toujours, Justin Furnelle, le clown de la classe, prestidigitateur et capable d'improviser à tout moment. Par exemple, en se confectionnant une sorte de béret avec 2 pinces à linge, et en empoignant une chaise à barreaux qu'il renversait sous son bras pour en faire une cornemuse dont il reproduisait le son, de sa voix nasillarde, avec un réalisme surprenant. Chaque fois qu'en classe ou à l'étude, il y avait un changement de professeur ou de pion, il empoignait sa chaise et traversait la classe en cornemusant.

Ceci dit, il ne fallait pas l'emmerder car il faisait du Judo. J'aimais beaucoup ce mec-là!

A ce propos,  c'était aussi l'époque des combats de boxe, organisés par notre professeur de gym, Monsieur Alain, qui était un ami d'une vedette de l'époque, le celèbre Kid Dussart (le Cerdan wallon). je me suis donc retrouvé deux fois sur le ring opposé à un collègue, Guy Philippart, qui tenait absolument à me casser la gueule, je n'ai jamais su pourquoi. Il a remporté le 1er match et nous avons fait match nul au second. Ce garçon est devenu Jésuite, comme beaucoup d'autres et en est sorti comme presqu’autant d'autres. De tout cela, je reparlerai plus tard. Cette classe, je ne l'ai vécue qu'en septembre 1952, avant mon départ en Suisse, et ne l'ai retrouvée qu'en Juin 1953, date de la photo, juste avant les vacances  

In fine, moi et mon frère Marc, né en 1950-Autiste
In fine, moi et mon frère Marc, né en 1950-Autiste
In fine, moi et mon frère Marc, né en 1950-Autiste

In fine, moi et mon frère Marc, né en 1950-Autiste

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 07:40
Ma biographie 34   Jamboree en Autriche  1951

BIO 34    JAMBOREE en Autriche 1951.

J'ai oublié de dire qu'en Eté 1951, j'ai  la chance d'être sélectionné alors que je n'ai pas l'âge requis de 15 ans, à un Jamboree Scout qui se déroule à Bad-Ischl, en Autriche, non loin de Salzbourg. une immense plaine entre deux chaines de montagnes, avec des milliers de tentes et des scouts de tous les pays, des noirs, des rouges, des jaunes. Souvenir fort, mais assez brumeux. J'ai 13 ans et ne suis pas bien dans ma peau; je vis tout au travers d'une vitre. J'ignore même que je suis à deux pas de la ferme de Thomas Bernhard, 'Gmunden)qui, probablement ne s'y trouve pas encore. un des plus grands écrivains autrichiens (oh si peu) contemporains, que je ne découvrirai que dans les années 1990, soit 40 ans plus tard. J'ai bien fait d'attendre.

 Oui bien sûr, c'était aussi le festival de Salzbourg et nous sommes allés entendre Amadeus. J'ignorais que 33 ans plus tard, un certain Milosz Forman...mais on n'en finirait plus...
Voici le gamin en 1951, à droite, j'ai en fait, treize ans et demi, les jambes ont poussé mais pas le reste

Et je viens de faire ma promesse de Scout et me suis fait totémiser "Ecureui réservé"

Il y a aussi les inévitables séjours à la Côte belge, deux fois par an, à Pâques et en septembre, à Duinbergen principalement. Voir ci-dessous une photo de 1951, dans les dunes et sur la digue avec mes deux frères, nés en 1946 et 1950 . Etienne et Marc

 

Ma biographie 34   Jamboree en Autriche  1951
Ma biographie 34   Jamboree en Autriche  1951
Ma biographie 34   Jamboree en Autriche  1951
Ma biographie 34   Jamboree en Autriche  1951
Ma biographie 34   Jamboree en Autriche  1951
Ma biographie 34   Jamboree en Autriche  1951
Ma biographie 34   Jamboree en Autriche  1951
Ma biographie 34   Jamboree en Autriche  1951
Ma biographie 34   Jamboree en Autriche  1951
Ma biographie 34   Jamboree en Autriche  1951
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