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LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


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Site traduit en Allemand :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/de/index.html

 

Site traduit en Anglais :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/en/index.html


Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
  • Contact

Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
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Archives

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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Jetez un oeil dans mes LIENS sur Richard OLIVIER, BIG MEMORY, mon ami Richard, Cinéaste belge, étant sur un gigantesque projet: Filmer tous les CINEASTES BELGES, morts ou vifs. Enfin, un artiste qui s'intéresse à ses pairs !http://www.bigmemory.be

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COHEN Eveybody Knows
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Je suis sur les blogs pro-tibétains:

www.candle4tibet.org
www.ning.com

VENEZ M'Y REJOINDRE !

Christian VANCAU

10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 10:07

Donc à Hamoir, j'y reviens après des années, en été 56, dans la villa Hanquet - Collard, surnommée "Les Brochets "- , sur la route de Filot, à flanc de côteau, surplombant l'Ourthe, étrange demeure un tantinet Hitchcockienne, que voici sur la photo, photo prise dans la neige une douzaine d'années plus tard. J'ai invité un nouvel ami, qui lui aussi sort de Rhétorique au Collège, mais de l'autre rhéto, la rétho B. Il s'appelle Alex Jacquemin et nous nous sommes côtoyés 6 ans dans la même cour de récréation sans jamais nous rencontrer. Et cet Alex m'a ébloui lors du tournoi d'éloquence de fin d'études. il n'a obtenu que le deuxième prix, je trouve que c'est injuste et je lui téléphone un soir et notre amitié commence là et va durer jusqu'en 1961 seulement, on verra pourquoi ! Alex est un littéraire, beau mec , brillant causeur et coureur de jupons. Il habite quai Mativa, comme moi pendant la guerre, son père est avocat et sa mère omni-présente. Alex lit "Les jeunes filles " de Montherlant, ça le fascine. Pourtant il est dur avec les femmes cet Henri de...mais à cette époque personne n'ose dire qu'il s'intéresse aux garçons, et que forcément son regard sur les femmes en prend un coup. De Montherlant nous ne connaissons au Collège que "Port Royal. " et "La Reine Morte" On nous en bassine même les oreilles, mais le reste de l'oeuvre est sous censure. De la même manière que dans les mêmes années, on nous parlait de "l'amitié" entre Rimbaud et Verlaine, en gommant leur homosexualité. Chez les Jésuites, la sexualité, on ne connaissait pas ! C'"est fou ça, non ?
Et donc Alex va faire le Droit comme moi. Et à Hamoir, nous draguons les filles. Je me souviens d'une certaine Jacqueline Polfliet, très sexy, dans le plus pur style BB, une liégeoise, qui ensuite est sortie avec mon amie Pol Scuvie (Voir mes années primaires au Collège dans cette biographie). Je les vois encore, elle et son amie, sur le pont et nous les deux 'jésuites" assez lourds, pas encore rôdés et à la fin du compte
un bide, après une promenade en barque.

 

Bref en septembre , pour la première fois de ma vie, je descends à la Côte d'Azur avec mes parents. Je découvre la Méditerranée dans l'Estérel, au Trayas. Entre les roches rouges, une eau verte. Il fait très chaud et il y a des nuées de moustiques. Nous sommes obligés de brûler de petites mini-torches fumigènes pour essayer de les éloigner.

Etape suivante Villefranche-sur-MerVillefranche-Sur-Mer 10Villefranchearton368-1



Heureusement nous descendrons sur Villefranche, un petit port de mer, au-delà de Nice, avec une rade, malheureusement occupée par un navire américain (que nous visiterons), occupé lui-même par des matelots vêtus de blanc et régulièrement gris ( l'un n'empêchant pas l'autre ) Dans notre hôtel, il y a deux filles d'un style plutôt "Putana". Et une nuit je m'éveille en sursaut ! La chambre des filles est au bout du couloir et il y a deux matelots  qui font un chahut infernal. Ils sont complètement givrés tous les quatre. Je sors dans le corridor, je fais "chuuut ", à plusieurs reprises. En vain ! Alors je retourne dans ma chambre, remplis un verre d'eau et vais frapper à la porte des filles, au bout du couloir. L'une d'entre elles m'ouvre et je lui envoie mon verre d'eau à la figure. Elle referme la porte en poussant un cri. Succès total, c'est le silence pour le restant de la nuit. Je retrouve ces filles le lendemain, en train de prendre leur petit-déjeûner et j'ai droit à deux regards foudroyants. Ci-dessus, photo prise à Villefranche avec moi debout et mon frère Etienne, 10 ans, sur les genoux de mon père (Septembre 1956).

Ceci dit Villefranche est un petit bijou, en 1956 du moinsVille7039906-1villefranche04-1
villefranche-sur-mer-2villefranche-sur-mer-02villefranche-sur-mer-11villefranche-sur-mer-15
La Chapelle décorée par Jean Cocteauvillefranche-sur-mer-21
Et quelle plage !!!Villlefthe-beach

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 10:05

9e75[1]Berthe Pirenne, une ex belle jeune dame, épouse de Joseph Duesberg,  ayant épousé par la suite, Paul Collard (qui me prêtera un jour, un livre dont le titre est, si je me souviens "Du Berger au Savant"). Berthe a une fille, Anne-Marie Collard, qui, plus tard occupera une villa 1920, située dans la même propriété, plus en hauteur mais toujours avec un accès sur l'Ourthe, et qui épousera un avocat liégeois, Yvon Hanquet. Elle est décédée en 2006 et possèdait un certain nombre d'oeuvres du peintre Maurice Pirenne, auquel elle est apparentée par sa mère. C'est donc dans sa maison que je passe mes vacances en 1956. Berthe Pirenne était la cousine germaine de Maurice Pirenne. Elle était la fille du photographe et peintre Emile Pirenne (1850-1920). Elle est décédée en 1955, à l'âge de 79 ansVieux LogisPeinture de Maurice Pirenne

Bref les vacances à Hamoir et il y en aura plusieurs, sont pour moi, un véritable paradis, tout comme le sont les vacances à Anseremme et dans ces deux lieux, comme par hasard, il y a des cours d'eau, l'Ourthe à Hamoir et La Meuse à Anseremme. C'est dans la Meuse que j'ai appris à nager avec mon Oncle Lucien Brunin, à huit ans, mais je préférais l'Ourthe, plus sauvage, tout comme je préférais le canoë d'Hamoir, à la barque lourde et un peu plate que je manipulais à Anseremme. Avec le canoë, je redevenais le Peau-Rouge que j'étais depuis toujours. Et dans ces deux maisons, je fus un pêcheur invétéré. La photo du bas (Prise par Emile Pirenne, le papa de Berthe) représente le lieu ou je passais des heures à pêcher le Barbeau sur uen plage de cailloux, en plein courant, ce qu'on appelait la pêche au toucher. On y voit mon oncle Joseph Duesberg et son épouse Berthe Pirenne à gauche de la photo, les pieds dans l'eau. Cette photo date de 1904( La photo du haut, c'est la maison de ma tante Berthe, peinte au pastel par mon grand-oncle Maurice Pirenne) L'Ourthe, c'était une grande étendue de cailloux blancs, avec le lit du fleuve, presqu'à sec en été par endroits, avec tout le courant bouillonnant, s'échappant par une bande étroite tourbillonnnante où je " ferrais" des barbeaux, poissons vifs comme l'éclair, costauds, barbus, casseurs de ligne, difficiles à sortir. Une sorte de pêche au saumon en miniature. Après quoi je leur rendais leur libertéHamoir L'Ourthe

 

NB. Les PIRENNE comme les DUESBERG et les HOUGET, faisaient partie des grandes familles de lainiers de VERVIERS. Ma mère était une Duesberg, et mon arrière grand-mère maternelle, une Houget

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 10:02


Image (2) (2)Quant à la Côte belge au plus j'approche de mes dix-huit ans, au plus ce que j'en vis dans mon petit milieu bourgeois me devient insupportable. Je parle ici de la jeunesse dorée des années cinquante. Tout le monde n'a pas attendu "les Golden Sixties" pour se dorer la pilule. Je suis parmi ces jeunes, un garçon à part, le tennis excepté. Je me promène souvent seul sur la plage et non sur la digue, face à la mer, sur les brise-lames, et je plonge régulièrement dans l'eau, soit tôt le matin, soit au crépuscule. La vivifiante flache du Nord, après dix minutes de résistance aux vagues divagantes, on en a plein la gueule et on en sort avec un corps bouillonnant, les vaisseaux-non fantômes, seulement sanguins-frappés de plein fouet et une brûlure immédiate ressentie  dés que l'on se retrouve sur le sable mouillé. UIne réaction de feu de bois, qui se met à crépiter et vous brûle tout le corps de part en part, de lame en brise-lames, de larmes en brise l'âme. Aucun rapport avec les eaux glauques, tièdes, transparentes, presque sans vagues de la Méditerranée, que j'aime pourtant tout autant, sinon plus. Car j'ai beau faire, je serai toujours à la fois du Sud et du Nord, avec tout de même un côté nettement plus solaire que glaciaire. J'aime bien Bergman mais ma peau est plus proche de celle de Fellini. Je n'aime pas le froid. Je l'affronte facilement, là n'est pas le problème. Le froid, Le Nord, pour moi, c'est la mort avant terme. C'est le cercueil anticipé. Mais le Sahara aussi c'est la mort. Trop de soleil tue. Moi je veux, pas mal de soleil et beaucoup de couleurs, et beaucoup de fleurs et je n'aime, dans les hivers, que la neige, rien que la neige, à cause de la lumière intense comme en montagne, la lumière mystique qui compense les feuilles mortes, comme le fait la lumière du Désert. Montagnes neigeuses d'extrême droite, déserts secs et pauvres d'extrême gauche. Extrême Nord, extrême Sud. Il y a un Sud de luxuriance et una autre Sud d'aride pauvreté.Image (6)

Donc oui, c'est cette mer du Nord-là que j'ai appréciée, celle des brise-lames, des crevettes roses ou grises, des étoiles de mer, des couteaux, des tourelles, des carabes aux pinces dehors, des grandes vagues claquantes, écumantes, de la bise iodée et des grains de sables de verre sur ma peau granulée et dorée de vent salé, plus que de soleil soufré.
 

 

Mais retour en Juin 1956. J'ai le grand diplôme, je puis donc tout entreprendre mais ne sais trop ce que je veux faire. Je pense au journalisme mais ma mère me dit "Fais d'abord le Droit, on verra après ". La médecine, je n'en veux pas, je suis saturé: avec un arrière grand-père, deux grands-pères, un père et un oncle médecin, j'ai mon compte. Pourquoi pas les romanes au fond? C'est sans doute moins chic que le droit pour un fils de bonne famille !

 

En été 1956, il y a d'abord des vacances sur l'Ourthe, à Hamoir dans la villa des Hanquet. En fait, j'ai une tante Berthe Pirenne, veuve de Joseph Duesberg, un demi-frère de mon grand-père Jules,9e75[1] qui possède le long de l'Ourthe, une immense propriété, qui commence près du Pont d'Hamoir et remonte vers le Château Rancelot. Ma tante Berthe habite une belle fermette en pierres du pays, avec un petit débarcadère et un canoë, qui me permet de remonter la rivière, en direction d'estuaires plus sauvages, tel Aguirre dans la colère de Dieu. Eh oui je suis le Kinski de l'Ourthe. La photo représente la maison de ma Tante Berthe, vue de face au-dessus (on aperçoit l'escalier- centre gauche-qui mène au débarcadère ) et de dos en-dessous1956 HAMOIR chez ma tante Berthe Duesberg-Pirenne-1Ma tante Berthe que j'aimais beaucoup
La fermette vue par mon oncle, le peintre Maurice Pirenne(Pastel-1931)Hamoir par Maurice Pirenne-1La famille un peu plus haut sur l'Ourthe. Nous sommes en 1904. De gauche à droite, Joseph, Berthe et Oierre DUESBERG, , Madeleine et Marie-Thérèse PIRENNE (Photo Jules-Emile Pirenne)Hamoir L'OurtheC'est exactement l'endroit où tous les jours j'allais en Canoë, pècher le Barbeau.

A HAMOIR j'étais comme un poisson dans l'eau

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 10:01

Quant au tennis, j'en joue, moi aussi. Je n'ai jamais pris de cours, ce qui restera pendant des années un handicap insurmontable, mais je suis volontaire et efficace. Je ne fais partie d'aucun club (déjà) mais je m'offre le plaisir de battre tous les fils de bonne famille, affiliés au Sart-Tilman ( The Club ), lors d'un grand tournoi scout, dont je remporte la finale. Je dois préciser néanmoins que je joue régulièrement lors de mes séjours à la Côte belge, surtout à Duinbergen, localité où je vais aussi devenir un des meilleurs champions de mini-golf, avec des scores inférieurs à 30 points (28 est mon record) pour 18 trous   le "bogey" , score idéal étant de 36 points, soit une moyenne  de deux essais par trou ). Mes performances sont régulièrement affichées aux vitres du petit chalet, où nous payons notre parcours, à l'entrée du Golf.

Aux scouts nous formons aussi une équipe de rugby et nous remporterons la finale de l'Inter-Troupes (cette expérience ne durera qu'un an. Je suis le capitaine de l'équipe et le marqueur numéro un. Quand je suis lançé, personne ne peut m'arrêter. Ca n'a pas changé d'ailleurs.
En foot je suis inexistant. je ne suis pas attiré par les sports d'équipe. je joue dans la cour du Collège, c'est tout !

Je pratique couramment le vélo et la natation ( la nage indienne mais je ne suis jamais parvenu à nager convenablement le crawl, comme Tarzan )et le ski occasionnellement

Je suis un pongiste passionné. je me souviens de parties spectaculaires, à Martelange, chez les Kuborn où je fais le spectacle en 1954, ainsi qu'au Casino de Duinbergen (A l'armée je serai néanmoins copieusement battu par le Champion de Belgique )

Et n'oublions pas les interminables parties de balle pelote dans la cour du Collège, sport très à la mode dans les années 5O. Et aussi le patin à roulettes que je pratique durant des années, notamment avec ma mère, sur la Place de l'Eglise à Duinbergen le soir. Ma mère comme moi était sportive et casse-cou. Nous étions complices à ce niveau. Et nous jouions aussi aux billes sur le tapis de l'appartement. On faisait des concours. Suzanne adorait organiser des jeux. Tout n'était donc pas  négatif avec elle. Loin de là. Mais à cette époque je ne réalisais pas bien ce qu'il se passait ou tout simplement je ne voulais pas voir.

Sans oublier le Ski évidemment...

Bref une jeunesse très sportive et ce n'est pas fini puisque je pratiquerai ensuite, la boxe à 25 ans et le Karaté à 40 !

Il est clair que ma révolte commence à sortir, avec un terrible besoin de m'affirmer et de vaincre. Je ne suis pas spécialement costaud mais j'ai une énergie intérieure crépitante. Je cours très vite et je suis souple. Quand des scouts me poursuivent en forêt, celà fait partie de nos jeux, je suis le Cerf et ils sont la meute ; c'est moi qui lance le défi; je pars un peu avant eux et ils doivent me rejoindre et me cerner de toutes parts; ils n'y arrivent jamais. Parfois je suis encerclé. et  je parviens toujours à me faufiler entre les arbres  et je disparais définitivement, sans que l'on puisse me retrouver. Je suis le gibier de leurs battues et je me défends à mort. Le sens d'une telle attitude me semble clair aujourd'hui "Personne ne m'aura jamais" (Jamais plus?)

Cette Rhétorique qui touche à sa fin, nous rassemble régulièrement, nous les grands jeunes hommes, qui sentons que nous allons être bientôt disséminés un peu partout. Plusieurs rencontres sont organisées dans la nouvelle maison de mes parents ( ma mère adore les jeunes ) que nous occupons depuis Février 1956. J'éprouve en cette fin d'études, le besoin de développer musculairement mon corps au niveau du torse et des bras. Je traîne  en effet un complexe depuis les primaires; je suis incapable à l'examen de gymnastique de réussir la moindre traction des bras, même pas un début d'arrachage à la pesanteur, alors que la majorité de mes amis en réussit au moins deux. Alors dans ce grand jardin de 50 ares, entre deux poiriers, j'ai installé une barre de fer et tous les jours, je m'entraîne à faire des tractions. Et un jour, alors que tous mes condisciples sont à la maison, je les  invite à un concours de tractions  à la barre fixe et je les bats à plate couture. J'en réalise une dizaine sous leurs regards ahuris. C'est d'ailleurs à cette époque que je vais m'abonner au cours par correspondance de Robert Duranton "Le plus bel athlète d'Europe" et queje vais recevoir de Monaco, un magnifique colis d'haltères, avec des planches d'exercices quotidiens et exigeants. Je m'appuierai trois mois d'affilée pour commencer et continuerai à m'entraîner pendant des années et même à faire de l'haltérophilie en salle, dés la fin 1958, mais pendant quelques mois, seulement !1956 Cours Robert Duranton

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 10:00

Juan-Manuel FANGIO et Paul GENDEBIEN, photographiés sur le podium de Francorchamps, avec mon petit appareil, Agfa  Box, dans les années 1953-54..

Voici donc ma classe de Rétho. Je suis au 2e rang debout, derrière le professeur. Jean-Pierre Willemaers est juste derrière moi avec un pull foncé
 

Donc il ne me dérange pas ce nouveau professeur, petit gros. Je lui offre même une dissertation philosophico-religieuse, à l'examen écrit de religion, un texte remarquable, paraît-il, à propos duquel, il est dythirambique devant toute la classe, classe dans laquelle je suis devenu parfaitement terne an niveau de mes résultats et pestiféré au niveau de mon refus d'entrer dans les ordres. Je suis un élève moyen qui essaie péniblement de s'en tirer au niveau des maths, de l'algèbre et de la trigono (par contre la géométrie ça marche), qui sont ses cauchemars depuis toujours (autre forme de refus du père), afin de pouvoir obtenir "Le grand Diplôme ", le "petit diplôme" ne donnant accès qu'aus études littéraires et au Droit. Le grand diplôpme par contre donnait accès à la Médecine, aux ingénieurs etc..., à condition que nous les "gréco-latins" fassions une année après la rhéto à savoir la Scientifique, qui elle, était la rhéto normale de ceux qui avaient fait leurs études modernes et qui n'en avaient rien à cirer des langues mortes. Au fait à quoi ça sert une langue morte au fait ???.

Mais ce même Père Delepierre nous tenait néanmoins des discours délirants destinés à canaliser notre puberté turgescente. Il nous donnait un cours de religion  sur le mariage. N. Notre mariage serait une répétition du mariage entre le Christ et sa Sainte Eglise, donc une grande histoire d'amour entre le message du Christ et une Eglise qui bien entendu, ne l'aurait en rien trahi. Il faut oser tout de même. Donc notre future femme serait comme une église. Tu parles d'un pied. Nous étions tous des "Christ "et notre future femme serait notre "Sainte-Mère l'Eglise, donc notre mère. La boucle est bouclée car si la femme n'est pas exclusivement une mère et une église, elle ne peut être qu'une salope. Notre mariage serait donc l'alliance du Christ et de l'Eglise et nous aurions beaucoup de petites grenouilles de bénitiers que nous vêtirions de soutanes noires. Je ne plaisante pas, il existait un cours écrit par lui et il doit en rester des traces. Et en plus celà ne concernait évidemment que les cinquante pour cent d'entre nous qui ne voulaient pas devenir "Curés"

Petit execice de mémoire en regardant la photo ci-dessus. De bas en haut et de gauche à droite: Paul Gielen, premier de classe, Alain Nondonfaz, Malmédy, Le Père Delepierre notre professeur, Walsch, Roger Le Bussy et Pierre Verlaine, grands amis.
Deuxième rang en montant: Manu Delamotte, autre premier de classe, Jeukens, Bormans, Pierre Smal, Moi (quelle coiffure zazou ou zazie comme dirait Johnny dans le Paris-Dakar à propos de Zidane) Campion, Michel Potelle, Pierre Couvreur et Devresse.
Troisième rang: Fanuel, Trousse, Albert Hemmerlin, Jean-Pierre Willemaers, mon ami poète, Philippe Nonet, grand ami aussi, Emmanuel Mahy
Quatrième rang, toujours de gauche à droite. Boxus, Guy Palmers, Cawez, Hardenne, Guy Philippart de Foy, Michel Mersch (autre grand ami)
Et les trois au-dessus: Brisbois, Georges Gevers et Alain Pirard S.J. C'est lui qui s'occupe de l'Association des anciens élèves. C'était mon second de patrouille aux Scouts
Eh bien finalement, 52 ans plus tard, je me souviens de tous les noms

Je dois aussi et encore parler du scoutisme, toujours présent, à la XXeme Saint-Hubert, troupe inter-paroissiale de gosses de riches et de nobilions, troupe évidemment catholique mais trop snob pour se mêler à la lie des paroisses de quartier. L'Ecureuil réservé (moi) est devenu second (sous-chef de bureau, pourrait-on dire ) de la patrouille des Spiroux, décidément les écureuils me poursuivent , puis chef de patrouille, après le départ d'Hubert Halkin. CP comme on disait. Fort taiseux, je n'ai pas d'autorité sur les autres, je suis trop "copain" avec eux. Les chefs hésitent à me donner cette responsabilité, mais il n'y a personne d'autre. Je suis en fait, nommé à l'ancienneté et m'efforcerai de prouver que je vaux bien n'importe qui. Mon second de patrouille est un élève de ma classe à Saint-Servais, André Pirard, totemisé Girafe car il est plus grand que tout le monde. Futur Jésuite et donc toujours à Saint-Servais, et responsable des Anciens. Salut André si tu m'écoutes ! (je sais que certains me lisent là-bas au Collège, quelques survivants) Et j'accomplis alors une sorte de carrière dans le Scoutisme. Je réussis mon Hike de première classe (On part dans la nature pendant trois jours, on repère ses itinéraires avec une carte et une boussole, on doit gagner son pain en travaillant dans les fermes et on dort dans les foins à l'intérieur des granges ). Ensuite je réussis à Bruxelles, successivement le Hike de la Couronne et le Wood-Badge. Je deviens ainsi Scout de la Couronne, une sorte de Légion d'honneur, en somme. Imaginez la fierté de ma mère, elle qui pleure encore l'abdication du Roi Leopold III en 19501957 SCOUTS- Woodbadge

D'ailleurs en 1951, à 14 ans (il en fallait quinze normalement), j'ai eu la chance d'être sélectionné pour participer à un Jamboree, grand rassemblement des scouts du monde entier. Je me suis retrouvé à Bad Ischl, en Autriche, dans la vallés de l'Inn, à 34 Kms de la maison de Thomas Bernhard à Gmünden (mais je ne le connaissais évidemment pas à l'époque ), non loin de Salzbourg. Immense plaine entre deux montagnes, avec des milliers de tentes et des scouts de toutes les couleurs. On se promenait les uns chez les autres, on s'échangeait des badges ( j'en ai encore), on assistait aux feux de camp des indiens Dakotas ou des Ethiopiens cuivrésImageJ2.jpg

J-1.jpgJamboree-3.jpg

Ma troupe est donc une troupe de nobles ou de semi-nobles, royalistes et catholiques. Beaucoup de parents ont de petits ou de grands châteaux dans la région liégeoise ( de Laminne de Bex, de Theux de Melan de Montjardin, Chevaliers du Saint-Empire, Henri de Frahan, de Pierpont, de Terwagne d'Hautricourt etc...) Tout ce petit monde doré, joue au tennis au Sart-Tilman, à Duinbergen et au Zoute, à savoir à la Côte belge et se passionne pour les courses de motos et de Formule Un, à Francorchamps. Etant affecté à l'affichage du nombre de tours accomplis à la Tribune d'honneur de Francorchamps sur la ligne d'arrivée, j'ai pu côtoyer les grandes vedettes de l'époque, Fangio, Stirling Moss et en moto le fameux Pasteur Anglais prénommé Duke qui gagnait sur Norton 350 et 500 et franchissait la ligne en solitaire en se couchant de tout son long sur sa moto ( voir photo en haut de page)

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 09:59

Tout d'abord notre nouvelle maison au 123 de la rue du Snapeux, dans la même rue qu'avant, une vraie maison de "Docteur".

Ensuite c'est moi, en train de remonter dans ma chambre (fenêtre de gauche) par le toit. Je m'accrochais au pilier de gauche (qui semble tordu en effet, c'est la première fois que je m'en aperçois et il y a 53 ans de celà. Dond quand je rentrais au petit matin, pour éviter les engueulades de ma mère, je me hissa! sur le sous-toit et m'infiltrais dans la fenêtre laissée entr'ouverte. Subterfuge rapidement découvert hélas. Dommage car celà me permettait de de  réponde à la question fatidique "A quelle heure es-tu rentré "un innocent et dégagé "oh vers minuit"
En-dessous efin, mes collègues les plus proches lors d'une réunion chez mes parents  fin 1956. Assis à l'avant-plan de gauche à droite, Philippe Nonet, Christian Vancau et Paul Gielen. Derrière Philippe Nonet, André Pirard S.J. Il y en a trois qui n'ont pas de cravate, moi inclus, évidemment! (aussi Michel Mersch, futur avocat et Pierre Verlaine futur toubib, debout à droite) Philippe Nonet a terminé son droit avec la plus grande distinction, puis est parti enseigner en Californie

Me voici donc au seuil de la Rhétorique. Et là, le Dès mon entrée en Rhéto, mon professeur, une sorte de Jésuite Janséniste, coupé au couteau, m'agresse; il m'a tout de suite repéré. Un vrai paumé celui-là, un Torquemada du 20e siècle. C'est à ce moment que j'arrête défitivement, messe, communion, confession et autres conneries, mais sans oser encore l'assumer ouvertement. Je me promène donc sur les hauteurs de la rue Chauve-souris et du Boulevard Kleyer, dans la nature, avec Liège à mes pieds et la meuse qui coule entre les prés.
A la même époque, je vais découvrir dans le grenier de notre maison, au fond de caisses appartenant à l'adolescence de mon père, des livres que l'on n'a pas mis dans la bibliothèque parmi les livres du Chanoine Moeller, du R.P Sertillanges, d'Henri Simon et autres " Revues de l'Anneau d'Or "
Je me mets à fouiller et je tombe sur André GIDE. Oh oui, je sais qu'il est à l'Index, puisque mon ami Alex Klimov a été renvoyé du collège, pour avoir osé le lire (en même temps que Sartre). Mais pour qui se prend-elle cette Eglise, pour décider de ce que les gens peuvent ou ne peuvent pas lire?? Quelle prétention et quel abus de pouvoir. Moi " à l'index, ça m'excite et je retire de la caisse, mon premier Gide "Si le Grain ne meurt", sous forme d'un opuscule maigrelet, orné d'une couverture illustrée. Et je l'emmène et le dévore dans ma nouvelle chambre, (puisque nous venons d'emménager dans notre nouvelle maison au 123 de la Rue du Snapeux). je lis ce fruit défendu, sur un Secrétaire Louis XIII de ma mère, truffé de tiroirs secrets, ça tombe bien. De retour au grenier, je ramène "La Porte étroite" et puis un troisième livre, de CELINE cette fois, dont je n'ai jamais entendu parler par contre. C'est "D'un château l'autre", l' histoire de sa fuite vers Sigmaringen, après la guerre. Je le lis, persuadé qu'il est l'oeuvre d'un inconnu, inconnu que je vais réellement découvrir 10 ans plus tard. Très symptômatiques  que ces livres de mon père refoulés au grenier, des livres lus par son milieu libéral gantois à mille lieues de toute ces censures de curés malades, et puis ces livres de ma mère, aux couvertures reliées d'encens, exposés à tous les regards. Grand témoignage du respect de ma mère pour mon père et de la soumission de celui-ci à son épouse et à sa  foi catholique (les deux étant liés). Mon père va jusqu'à abdiquer sa jeunesse. Il est consentant. Hors de ma mère, point de salut. C'est la Vierge qui lui a apporté la lumière, l'Immaculée Conception. Disons que c'est ainsi qu'il veut la voir, car la réalité est toute autre et moi je le sais. Donc ces trois livres, deux Gide et un Céline, je les lis, en les cachant sous mes cours de réthorique et je les enfourne dans un des tiroirs secrets du "secrétaire", "ce qui tient secret ". Des tiroirs qui s'ouvrent avec l'index!
Donc le rhétho, ça démarre mal. Le poids d'un censeur-inquisiteur, l'arrêt de la messe  et de ses sacrements (et je suis le seul de la classe), le seul aussi à lire Gide, depuis le départ de mon ami Klimov, lui aussi issu d'un milieu intellectuel, libre-penseur et russe de surcroît. Ajoutons à celà, que fin Juin 1955, nous avons eu une retraite de trois jours à Xhovémont et que sur les vingt-cinq élèves de ma classe, une bonne dizaine, a déclaré avoir la vocation religieuse, soit près de cinquante pour cent de l'effectif, une véritable pêche miraculeuse et parmi eux mes amis les plus proches. Alors que moi, j'ai refermé ma porte au nez du prédicateur, venu le dernier jour dans notre chambre, pour "enlever le morceau", tel un agent d'assurances et l'ai bouté hors en lui disant "Non merci j'ai déjà donné" Je ne crois pas qu'il ait compris, mais il a fait demi-tour devant ce rhétoricien satanique, rétif à toute forme de réthorique
Sur ce notre professeur puritain disparaît du jour au lendemain ; on doit l'avoir enfermé et un autre professeur jésuite apparaît, un ami de mes parents, tout comme son frère, jésuite lui aussi. C'est le Père Delepierre qui, j'ignore pourquoi, me prend en sympathie, peut-être parce que son frère fréquente mes parents (enfin surtout ma mère) depuis longtemps. Bien sûr, en effet, c'est toujours Suzanne, ma mère qui amène le curés à la maison. Elle les invite à souper ( comme on dit en Belgique pour le dîner du soir, celui où on s'assoupit ), pas à coucher, ça ne se fait pas, mais des corbeaux en jupe, ça doit l'exciter quelquepart. Ce n'est pas dangereux un homme en jupe, surtout quand, en plus, il a promis à Dieu, de faire un noeud dans sa queue. Plus il y a de castrés, mieux c'est. N'est-ce pas maman, qui êtes aux cieux ?

Sur cette photo, je suis debout, au deuxième rang, juste derrière le Père Delepierre s.J

Ma-Rh-to-1.jpg

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 09:54

Et à la maison que se passe-t'il? Je ne m'en soucie guère. Je mène ma barque. Mon frère Etienne a 9ans. L'autre, Marc, (Un martyr et un évangeliste sans oublier, moi, le Christ) 5ans, on peut dire que pour lui les jeux sont faits. Il ne parle pas, il rugit et se frappe la tête contre les murs ou mieux encore, nous prend le poing à chacun, pour que nous le frappions sur la tête ( De quoi s'auto-punit-il, là est la vraie question! )Image (2)
 

Quant à l'autre frère, Etienne, celui qui est normal, il s'entend merveilleusement avec mon père qui a reporté toute son affection sur lui. En effet, il n'a pas retrouvé sa fille en rentrant d'Angleterre et son fils aîné le boude. Et puis 1946, la naissance d'Etienne, c'est la libération, la liesse, on repart à Zéro, la guerre est finie ! Oui, je l'avoue, je n'en veux pas de mon père, je ne le sens pas. Il est arrivé trop tard sans doute et il n'est pas le père que j'aurais voulu avoir. Je ne le trouve pas viril, il ne fait pas de sport, il met un temps fou pour entrer dans la mer et il attend 5 heures après le repas avant d'oser entrer dans l'eau??? Phobie de la congestion. Pour le faire chier, moi j'entre dans l'eau, deux heures après le repas et au lieu d'avancer à petits pas en m'aspergeant frileusement de gouttes à gouttes, je plonge ou m'élance en flèche. Je trouve aussi que mon père n'a pas de muscles, j'en ai plus que lui. Je montre mes biceps à mon frère et puis lui fais palper ceux de mon père, qui sont inexistants ! Oh la vache !. En plus, sur les plages, mon père attrape des coups de soleil car il a une peau de roux. Il s'enveloppe les jambes dans des journaux et porte un chapeau de paille sur la tête. Pire que le Professeur Achenbach dans Mort à Venise. C'est un peureux et je suis un casse-cou, ceci expliquant peut-être celà. Il a la peau blanche, et je ferai tout pour être un basané; long travail car si je n'ai pas une peau de roux comme mon père, je suis tout de même un blond aux yeux bleus. Basané en outre, celà veut dire aussi devenir l'Indien que je suis intérieurement et le refus d'être un blanc. C'est le choix de Zorino contre Tintin !
Alors voilà, mon père va à la messe tous les matins, à l'Eglise Saint-Gilles, via la rue Saint-Nicolas ou le haut de la Rue St Gilles (sur les photos c-dessous L'Eglise saint-Gilles  t le haut de la rue St Gilles où nous faisons nos courses)L'Eglise St Gilles-copie-1rue st-gilles 2006-copie-2Le haut de la Rue St Gilles en 1930rue st-gilles 30

...tandis que moi je commence à penser à d'autre seins. Et mon frère Etienne l'accompagne. Ils se tiennent par la main jusqu'au seuil de l'église. Moi par contre, je cesse d'aller à la messe le dimanche, c'est un péché mortel et je le sais; c'est justement ce qui m'excite. Mais je suis encore obligé de faire semblant. je vais donc me promener le dimanche matin, boulevard Kleyer, à l'heure de la messeBoulevard Kleyer-copie-1Boulevard Kleyer et dans les environs de la rue Chauve-souris. un coupe-gorge en escaliers, taillé dans la futaie et qui relie l'Eglise Saint-Gilles et Le Boulevard Kleyer, au Quartier du LaveuRue Chauve-Souris Rue Chauve-Souris2Le bas de la rue Chauve-Souris près du Laveu.Chauve Souris1619465865 Et je regarde partir le père et le frère (la mère dort), unis en la Sainte-Eglise, rentrant de concert dans son sein. Je regarde ces deux hommes qui ne sortiront jamais des griffes de ma mère. Roger, mon père, le "converti". Ma mère qui, elle, ne va à la messe que le dimanche et beaucoup plus tard dans la matinée, car elle ne dort pas la nuit. Bourrée de somnifères, elle hante les corridors et fait ses lessives dans le garage; elle se lave, en somme. La culpabilité pour elle est nocturne, mais elle ne le sait même pas. Bien sûr elle a fréquenté des psychanalystes, juste un peu, car elle n'en a pas besoin, ce sont nous les hommes qui sommes malades. Ma mère fait une séance de temps en temps, pour avoir des renseignements sur notre "guérison", celle de mon père, de mon frère Etienne et la mienne. Mais j'y reviendrai, car "en psychanalyse", je ne suis pas encore entré.  Donc pour moi, l'image de ce père et de ce frère qui en 1955, vont à la messe, main dans la main, puis qui reviennent après avoir acheté des "pistolets" à la Boulangerie Couline,que ma mère dégustera quand elle se lèvera beaucoup plus tard, c'est l'image d'une soumission masochiste à la mère; deux petits malheureux, complètement coïncés, qui s'appuient l'un sur l'autre. Un côté "Cour des Miracles", mais attention ! En même temps, une parfaite assurance d'être dans La Vérité ! Hors de l'Eglise, point de salut ! Et je sais que je ne suis pas comme eux, parce que moi, je résiste à la mère, parce que moi, je veux être moi, enfin je veux ETRE tout simplement !

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 09:53
The Brothers Four-Greenfields
Unchained Melody-Un slow crapuleux

C'est une chasse aux trésors que nous effectuons, aux trésors de guerre. Quand nous trouvons un casque ou une ceinture à cartouchières, nous jouons au "boche" ou à " l'amerloque", c'est selon, mais ce sont, tout de même ces grads bambins d'américains, qui nous ont délivré de ces sales gueules de schleus, flics blonds aryens, nasillards et gueulards ! Achtung !
Duinbergen, Knokke, Le Zoute en 1955-56, ce sont aussi mes premières boums. Je suis nul, je ne sais pas danser, les filles m'ignorent. Je fais donc tapisserie sur la musique des Platters (Only You) et deux autres tubes dont je me souviens, des slows crapuleux. The Unchained Melody et Greenfield. J 'ai oublié les noms des deux groupes. Des copains de mon âge se débrouiillent bien mieux que moi. Ils "emballent" comme on dit. Moi je me sens lourd et engonçé.A l'extrême gauche sur la photo... avec un boudin. On se croirait dans un film de Chabrol (je pense aux "Cousins")1955 Mes 1ères Boums à DuinbergenImage
Mais revenons au Collège à Liège. Les filles justement. Ben là c'est catastrophique. On n'ose pas. Personne n'a de petite amie (à 17 ans???). Moi j'en rêve beaucoup. C'est l'époque où je dessine en classe, sur de petites bouts de papier (de chez Regine), des couples, avec des filles à la BB naturellement, queues chevalines et robes Vichy ( la France a dejà oublié qu'elle vient de vivre sous le régime Vichiste), des filles donc, se faisant surprendre par des garçons surgissant dans leurs dos, en pleine forêt, des "Jane" quoi, c'est mon côté Tarzan qui resurgit. Je me souviens qu'un de ces dessins s'appelait "Le Piège". Mais un élève me fauche mes dessins, on ne peut plus innocents, ils font le tour de la classe et me reviennent. C'est à ce moment-là que mon destin se "dessine" (c'est le cas de le dire !). je suis intéressé par les femmes ( Ne faudrait-il pas m'interner ?) alors que plus de 30% des élèves de ma classe (ils sont onze), se prépare doucement à entrer dans l'un ou l'autre ordre religieux castrateur, ce qui leur évite de se poser des questions sur ce sujet brûlant qu'est "LE Sexe". Bref, celà pose le décor: Je dessine des couples de notre âge, on ne peut plus romantiques, c'est presque du Peynet, et déjà je passe pour le débauché de la classe, alors que je n'ai jamais touché une fille! Je me souviens aussi d'un séjour à la mer, où un après-midi, je suis seul comme toujours, je vois arriver dans la salle de ping-pong, deux ou trois couples de mon âge, à moto, des rockeurs, des "Johnny" en veste de cuir, avec 3 B.B, blondes à queues de cheval, et je te pingue et je te pongue , et je te bécotte grave.  J'étais fasciné et je me disais 'Va falloir tout de même que tu t'y mettes, mais comment s'y prendre ?")Johnny et SylvieJMP05117 034 galleryphoto paysage std
Alors je vais essayer timidement et vais être le premier de la classe (pour une fois) à avoir une petite amie, une cousine éloignée, surnommée Souquinette, un simple amour platonique avec de petits bisous sur la joue et dans les cheveux, mais elle vient me chercher au collège et on va au café avec mes condiscipies (en un mot svp, quoique...?). je suis en fait le seul à "sortir avec" une fille ou du moins à le faire croire. Pour eux, commencer à sortir dans des cafés est déjà une suprême audace et c'est une toute petite minorité qui le fait. Et nous avons dix-sept ans, tenez-vous bien. On peut dire que nous sommes gratinés. Mais attention nous connaissons le Grec ancien et le Latin, ce qui est très utile pour demander par exemple une fourchette dans un restaurant en Italie ou en Grèce. On peut dire que nous sommes vâchement chebrans et armés pour la vie.

Et en septembre 1956, c'est l'entrée en terminale, ce que nous appelons la Rhétorique, dernière étape avant l'Université. En Belgique le BAC, connais pas???

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 09:52

A la guitare, je vais me produire en public, pour la première fois, en1955, chez mes parents, devant les parents des élèves de ma classe. J'ai surtout travaillé Brassens (J'ai tout appris en écoutant Brassens, d'oreille, sans jamais utiliser de partition, sans même connaître le nom des accords que je faisais ) et donc, je chante entre autres," Une jolie fleur dans une peau de Vache " et c'est un petit scandale !!! Incroyable, mas vrai. Et si j'avais chanté "Gare au Gorille" ??? Une assistance perplexe et figée, quelques applaudissements vite réprimés et le lendemain des coups de téléphone indignés de certains parents à mes parents ! je n'ai déjà plus ma place dans ce petit monde ridicule !Brassens-la-mauvaise-rputation
Mon plus grand ami de cette époque est Jean-Pierre Willemaers (voir à ce nom sur Google), le poète, le fou de théatre, qui écrit ses premières pièces. Il habite au Mont Saint-Martin à Liège. Une famille nombreuse et sympathique. le père est gendarme. Le frère aîné fait l'Ecole Royale Militaire, il fallait bien un poète pour compenser. Nous remontons ensemble du collège par la rue Monulphe et nous déconnons à plein tubes (surtout lui). Nos retours d'école n'en finissent pas. je revois Jean-Pierre, à quatre pattes, Place Saint-Laurent, en train d'aboyer derrière les passants. Garçon ultra-sensible et assez masochiste. Il me proposera de jouer à nouveau dans sa troisième pièce "Les dix-sept Jésus ", le rôle principal et je refuserai après avoit lu le manuscrit. J'ai déjà un père qui assume le rôle du Christ souffrant, je n'ai pas envie d'en remettre.. Voici sa première pièce qui sera jouée en juin 1955 sur la dalle de la maison en construction de mes parents. Je suis metteur en scène et joue trois rôles.Terrible épreuve car je sors à peine de mon mutisme autiste. Le THEATRE aura joué pour moi un rôle capital dans ma re-naissance1955 THEATRE au Collège-copie-1Theatre-1955-copie-1.jpg
Jean-Pierre Willemaers au-dessus à gauche et René Lambert en -dessous, le 2e en partant de la droite. Aussi devenu un peintre légeois par la suite et un déorateur de théâtre. Il habitait à quelques maisons de chez moi

Pendant les vacances de Pâques 1955, je participe à un "crochet, à Duinbergen-sur-Mer, avec ma guitare, au casino. Là, ça devient du sérieux pour le timide que je suis encore, 400 personnes dans la salle. Et je chante "Ca Va" de Jacques Brel et fais un triomphe. Je remporte le deuxième prix, le premier prix échoit à un grand mince blond "sans chausssure noire, qui chante Elvis Presley (qui arrive seulement sur notre continent). Bien sûr, il y a déjà eu le film "Blackboard Jungle-Graine de violence" avec le fameux "Rock around the clock" de Bill Haley and hi sComets, qui a annoncé la couleur et qui va provoquer un terrible déferlement, bien plus redoutable que les plus grandes lames de fond de la Mer du Nord. C'est donc Elvis qui m'arrache la première place avec mon Brel, et en plus ce salaud chante en Play Back. Je suis loin d'imaginer que je vais rencontrer Brel, 3 ans plus tard. Mais ce nouveau défi sur une scène, avec une guitare cette fois, m'aidera lui aussi à me reconstruire; Et Brel, lui aussi m'aidera à me trouver....jacques-brel
Ceci m'amène à ouvrir une parenthèse, sur nos séjours à la Côte belge (et donc à effectuer un flash-back). Ma mère nous y entraîne deux fois par an, à Pâques et en septembre. La première fois , c'estt au Coq-sur-Mer, en 1945, pour nous rapprocher de mon père, qui étant dans l'armée anglaise, n'est toujours pas démobilisé et est caserné à Bayeux en Normandie, où il fait "tapisserie.. Bébé, j'étais déjà allé à Saint-Idesbal et à Coxyde mais je ne m'en souviens pas. me voici en 1938 à Saint-Idesbald dans les bras de mon papa et ensuite en 1945 au Coq-sur-Mer. A cette époque, mon père revenu sous l'uniforme de l'armée anglaise  était caserné en Normandie à Bailleux depuis le débarquement1939-Mon-p--re-et-moi-n--2-1-copie-1.jpgLe Coq 1945
Donc la Mer du Nord, deux fois par an, va marquer mon enfance et mon adolescence. Cette "Mer du Nord" dans mes souvenirs, c'est d'abord le mer grise ou vert de gris, avec l'écume sur les vagues et sur les brise-lames. Ce sont aussi des dunes à perte de vue. Elles sont moches les dunes après la guerre, truffées de fortins allemands ( Les Bunkers )abandonnés et entourés de fils de fer barbelés. Nous, les gosses (jai 8 ans), on y refait la guerre, celle des "Mouches"(pas les mouches de Sartre mais celles de Golding dans "The Lord of the Flies"). Nous galopons dans les couloirs sombres de la mort, ceux de "l'Armée des Ombres" de Melville, on se faufile entre les mines, on trébuche, et, on découvre des armes, des munitions et df'autres accessoires militaires, périscopes, longues vues, boussoles, casques et  jumelles. Et nous montons nos propres musées de l'Armée. A Aywaille, mes cousins Duesberg ont chez eux un véritable arsenal. Nous sommes cinglés, car certains de ces territoires sont encore minés; en principe le nettoyage a été effectué, mais il suffit d'une mine oubliée, et nous, on court, on se bagarre, on se roule par terre comme des petits cons. On vient de vivre la guerre, mais on en n'a pas assez. A croire que celà nous a excités, à croire que l'on regrette ces cinq années exaltantes.

Voici une série de photos prises dans les années cinquante et fin des années quarante. Les bris=lames, les dunes, la plage, Le ZWIJN, Réserve naturelleImage (4)Image (3)Image (5)Image (6)Image (2) (2)Et puis quelques photos de moi, là-bas, à Duinbergen. Ci-dessous je dois avoir entre 10 et 12 ans, fin des années 50. Oui j'ai été placé à plusieurs reprises, j'ignore pourquoi, ma mère avant disparu. A l'époque nous habitions Bruxelles. Ici je semble être avec des enfants gitans ou sud-américains et avec une monitrice, je ne me rappelle pas bien (photo suivante). J'ai une coiffure d'arsouille. Fils de bourgeois, moi???De bourgeois mal éclairés alors. Je suis une arsouille, un poil de carotte, ,une racine de gingembre ou de mandragore. Je n'ai pas changé...à 74 ans...Imag(3)Imag(6)Ici en quistax avec mon copain Michel LemaireImag(5)Et avec sa cousine Sabine, ma première vraie histoire d'amour. Je dois avoir aux environs de douze ans. une belle petite brunette, à la peau matte, et pleine de vieImag(7)Et puis ici avec ma mère et mes deux frères, Etienne né en 1946, et Marc, en 1950. Marc est autisteImage (2)Et puis ici, ado, entouré de gosses, avec à ma gauche, mon cousin germain Jean-Marie Fischer, le fins de ma tante Madeleine, soeur de ma mère. Je m'entendais bien avec luiImag(4) Et Duinbergen, c'est aussi les interminables parties de tennis, au Casino de Duinbergen, à la Réserve à Knokke et au Zoute.

Et enfin mes premières boums. A voir dans l'article suivant

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 09:50
Fats Domino - Blueberry Hill
La Mauvaise Réputation-BRASSENS
A quelques uns dans la classe, nous allons former une troupe de théâtre et jouer des pièces écrites par l'un d'entre nous, Jean-Pierre Willemaers, mon ami le plus proche à cette époque. Et nous jouerons notamment "Il n'y a pas d'enfer au Pays du bon dieu ", pièce que je mets en scène et dans laquelle je joue deux rôles(oui, moi le timide car je le suis horriblement, c'est donc une première victoire ) dont celui de Judas. C'est notre deuxième spectacle et il aura lieu dans ma future maison, sur la dalle de béton du rez-de-chaussée de la construction en cours. Les spectateurs, des parents principalement, sont dans le jardin, assis sur des poutrelles. Nous nous éclairons à la torche.

 

Nous avions été initiés au théâtre, par un comédien-peintre, plus âgé que nous et n'ayant à voir avec le Collège, ni l'enseignement catholique. Il s'appelait René Lambert et habitait à 50 mètres de chez moi. Entre futurs artistes en herbe Et n'en ai plus jamais entendu parler, nous nous étions tout de suite "reconnus". Par la suite il est devenu un peintre assez connu à Liège, faisant aussi des décors de théâtre. Je crois qu'il habite Bruxelles. Je ne l'ai jamais revu ! Et je n'en ai plus jamais entendu parler en tant que peintre, même après que je le sois devenu moi-même, des années après lui (1967 ). Je vais lancer un avis de recherche. Dans notre troupe, il y avait Philippe Nonet, Michel Mersch, Guy Philippart, Emmanuel Mahy, outre Jean-Pierre W. et moi-même. Que sont mes amis devenus ??? En fait, ils seront quatre à "rentrer dans les Ordres", comme on disait, pour en resortir ensuite plus ou moins rapidement selon les cas.

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Avec Willemaers , nous nous réunissons parfois chez Alex Klimov (Tout au-dessus à gauche sur cette photo de1954, avec un veston noir et uen chemide ouverte), un russe émigré de notre classe dont la mère est peintre sous le nom de Valentine Klimov's (Noblesse russe oblige). Ils habitent rue Xhovémont, sur les hauteurs de LiègeUn milieu beaucoup plud évolué et libre que celui de nos milieux familiaux. Là au moins on respire autre chose que de l'encens. Là, à nous trois nous écoutons Ferré, Greco, Brel, Mouloudji, Brassens qui vient d'apparaître avec "sa mauvaise réputation" et son "petit cheval ". Et ce n'est pas du tout bon genre d'écouter ce genre de choses, ce qui rend nos réunions d'autant plus excitantes. Nous sommes trois à le faire, sur une classe de 25 élèves environ. Nous sommes , je le rappelle, en 1955. Alex Klimov se fera virer pour faute grave; il lit Gide et Sartre, qui sont tous les deux à l'INDEX, ce qui me poussera évidemment à lire Gide à mon tour, fin 1955. Je le trouve au grenier dans les caisses d'adolescent de mon père, caisses qui sont au grenier, ma mère ayant converti mon père et s'étant refusée à accueillir dans sa bibliothèque catholique ces libres monstrueux. Je découvre d'abord et lis sous le manteau, dans ma chambre "Si le Grain ne meurt " et ensuite "La Porte étroite". Et je suis séduit. Et puis rien de plus jouissif que ces lectures interdites. Alex Klimov, fera ses études de philosophie à Liège avec une thèse sur Berdjaeff et, parti pour le Québec, deviendra Directeur de l'Institut des Philosphies et Religions Orientales, à Trois-Rivières-Québec. Je l'ai revu à Liège, à la fin des années 60, alors que je m'apprêtais à partir définitivement pour le Québec, à mon tour !

Alex était né à Liège en 1937 comme moi,  est devenu un philosophe renommé (voir sur Google) et j'ai appris son décès survenu en 2006 à Trois-Rivières, par sa fille Patricia, peintre, devenue mon amie sur FB et dont je me sens très proche. La vie est étrange...Alexis Klimov Québec, Philosophe, poète


Grande année donc que cette année 1955. Nous rêvons de filles mais nous n'en avons pas, excepté Klimov, évidemment, un grand timide pourtant, que je surprends, main dans la main, avec une superbe Nana, en faisant la file, devant le théâtre du Gymnase. Quant à moi, j'ai les photos de BB, je suis en plein virtuel, pourtant j'en crève d'envie d'avoir une fille, mais comment faire ???. Mes condisciples, eux ne rêvent dà rien du tout, sinon de leur futur noviciat. Eux, ils veulent entrer dans le Sacré Coeur de Jesus et moi je préfère les tabernacles entr'ouverts, si vous voyez ce que je veux dire. (Oh propos sacrilèges. Mon frére m'a écrit il y a un mois, pour que je retire, encore la censure, certains propos, qui insultent sa FOI et portent atteinte à la réputation de nos parents. Bien entendu, je n'ai rien retiré et ne lui ai même pas répondu. Il finira pas se noyer dans son bénitier. J'écris ce que je veux; Je suis devenu un homme libre et personne ne m'empêchera de parler ! )

 

Et en attendant, je vais m'acheter ma première guitare (pour plaire aux filles évidemment et puis une guitare, ça a un corps de femme). Mon ami Willemaers joue un peu. Il va m'accompagner chez Frambach, le magasin de Musique situé dans les escalers qui montent de la Place Saint-Lambert, vers la rue Saint-Hubert. Et j'achète une guitare de Jazz; ce n'est pas du tout ce qu'il me faut, pour apprendre, mais je vais faire avec. Willemaers m'apprend mes premiers accords et je m'entraîne avec Marie-José Neuville et ses tresses, grande star de l'époque. Mais très vite je vais glisser sur Brassens et sa "Mauvaise Réputation", chanson qui me fascine, depuis quelques mois. Ce n'est pas un hasard, si je vais m'employer pendant des années à acquérir une mauvaise réputation, dans mon milieu catholico-bourgeois-liégeois, afin de me libérer définitivement de son carcan

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