Quant au tennis, j'en joue, moi aussi. Je n'ai jamais pris de cours, ce qui restera pendant des années un handicap insurmontable, mais je suis
volontaire et efficace. Je ne fais partie d'aucun club (déjà) mais je m'offre le plaisir de battre tous les fils de bonne famille, affiliés au Sart-Tilman ( The Club ), lors d'un grand tournoi
scout, dont je remporte la finale. Je dois préciser néanmoins que je joue régulièrement lors de mes séjours à la Côte belge, surtout à Duinbergen, localité où je vais aussi devenir un des
meilleurs champions de mini-golf, avec des scores inférieurs à 30 points (28 est mon record) pour 18 trous le "bogey" , score idéal étant de 36 points, soit une moyenne de deux
essais par trou ). Mes performances sont régulièrement affichées aux vitres du petit chalet, où nous payons notre parcours, à l'entrée du Golf.
Aux scouts nous formons aussi une équipe
de rugby et nous remporterons la finale de l'Inter-Troupes (cette expérience ne durera qu'un an. Je suis le capitaine de l'équipe
et le marqueur numéro un. Quand je suis lançé, personne ne peut m'arrêter. Ca n'a pas changé d'ailleurs.
En foot je suis inexistant. je ne suis pas attiré par les sports d'équipe. je joue dans la cour du Collège, c'est tout
!
Je pratique couramment le vélo et la natation ( la nage indienne mais je ne suis jamais parvenu à nager convenablement le crawl, comme Tarzan )et le ski
occasionnellement
Je suis un pongiste passionné. je me souviens de parties spectaculaires, à Martelange, chez les Kuborn où je fais le spectacle en 1954, ainsi qu'au Casino
de Duinbergen (A l'armée je serai néanmoins copieusement battu par le Champion de Belgique )
Et n'oublions pas les interminables parties de balle pelote dans la cour du Collège, sport très à la mode dans les années 5O. Et aussi le patin à roulettes que je pratique durant des années, notamment avec ma mère, sur la Place de l'Eglise à Duinbergen le soir. Ma mère comme moi était sportive et casse-cou. Nous étions complices à ce niveau. Et nous jouions aussi aux billes sur le tapis de l'appartement. On faisait des concours. Suzanne adorait organiser des jeux. Tout n'était donc pas négatif avec elle. Loin de là. Mais à cette époque je ne réalisais pas bien ce qu'il se passait ou tout simplement je ne voulais pas voir.
Sans oublier le Ski évidemment...
Bref une jeunesse très sportive et ce
n'est pas fini puisque je pratiquerai ensuite, la boxe à 25 ans et le Karaté à 40 !
Il est clair que ma révolte commence à
sortir, avec un terrible besoin de m'affirmer et de vaincre. Je ne suis pas spécialement costaud mais j'ai une énergie intérieure crépitante. Je cours très vite et je suis souple. Quand des
scouts me poursuivent en forêt, celà fait partie de nos jeux, je suis le Cerf et ils sont la meute ; c'est moi qui lance le défi; je pars un peu avant eux et ils doivent me rejoindre et me cerner
de toutes parts; ils n'y arrivent jamais. Parfois je suis encerclé. et je parviens toujours à me faufiler entre les arbres et je disparais définitivement, sans que l'on puisse me
retrouver. Je suis le gibier de leurs battues et je me défends à mort. Le sens d'une telle attitude me semble clair aujourd'hui "Personne ne m'aura jamais" (Jamais
plus?)
Cette Rhétorique qui touche à sa fin, nous rassemble
régulièrement, nous les grands jeunes hommes, qui sentons que nous allons être bientôt disséminés un peu partout. Plusieurs rencontres sont organisées dans la nouvelle maison de mes parents ( ma
mère adore les jeunes ) que nous occupons depuis Février 1956. J'éprouve en cette fin d'études, le besoin de développer musculairement mon corps au niveau du torse et des bras. Je traîne en
effet un complexe depuis les primaires; je suis incapable à l'examen de gymnastique de réussir la moindre traction des bras, même pas un début d'arrachage à la pesanteur, alors que la majorité de
mes amis en réussit au moins deux. Alors dans ce grand jardin de 50 ares, entre deux poiriers, j'ai installé une barre de fer et tous les jours, je m'entraîne à faire des tractions. Et un jour,
alors que tous mes condisciples sont à la maison, je les invite à un concours de tractions à la barre fixe et je les bats à plate couture. J'en réalise une dizaine sous leurs regards
ahuris. C'est d'ailleurs à cette époque que je vais m'abonner au cours par correspondance de Robert Duranton "Le plus bel athlète
d'Europe" et queje vais recevoir de Monaco, un magnifique colis d'haltères, avec des planches d'exercices quotidiens et exigeants. Je m'appuierai trois mois d'affilée pour commencer et
continuerai à m'entraîner pendant des années et même à faire de l'haltérophilie en salle, dés la fin 1958, mais pendant quelques mois, seulement !

