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LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


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Site traduit en Allemand :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/de/index.html

 

Site traduit en Anglais :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/en/index.html


Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
  • Contact

Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
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Archives

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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Jetez un oeil dans mes LIENS sur Richard OLIVIER, BIG MEMORY, mon ami Richard, Cinéaste belge, étant sur un gigantesque projet: Filmer tous les CINEASTES BELGES, morts ou vifs. Enfin, un artiste qui s'intéresse à ses pairs !http://www.bigmemory.be

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Je suis sur les blogs pro-tibétains:

www.candle4tibet.org
www.ning.com

VENEZ M'Y REJOINDRE !

Christian VANCAU

10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 09:11
Le peintre Verviétois ( (1872-1968 ), frère de l'Historien Henri Pirenne, mort à 96 ans. C'était mon grand'Oncle, à savoir qu'il avait épousé, la soeur de mon grand-père Jules Duesberg, chez qui j'ai vécu pendant la guerre 40-45. Chaque année à la Noêl, il amenait sa femme au Quai Mativa, pour la grande réunion de famille mais il n'entrait pas dans la maison. En plein hiver, il allait s'installer avec ses tartines, sur un banc, au bord de la dérivation, si bien que je ne l'ai jamais vu. Mais j'aurais pu, car moi, irrité par ces réunions de famille, je sortais aussi sur ce quai, pour m'aérer. ( Lui ne rentrait pas, moi je sortais ) Maurice était autodidacte; il avait seulement pris des cours du soir à Gand, dans sa jeunesse. Je ne l'ai connu qu'en 1967, amené chez lui par le couple Vandeloise. André Blavier était chez lui et faisait son ménage, car Maurice était veuf et habitait une petite maison ouvrière, sur la route de Stembert. J'ai acheté, ce jour-là, une peinture magnifique, une huile "Bouteilles au couteau", datée de 1967, un an avant sa mort; il ne faisait plus que peindre l'intérieur de sa chambre. 1967, c'est l'année où j'ai commencé à peindre et j'ai apporté mes premières peintures à Maurice!

 

Pirenne disait "La peinture compte plus que le peintre, qu'on n'a nulle raison de faire connaître, contrairement à ce qui se passe de nos jours"! No comment !
Il a une tête de vieux sage chinois, une gueule terrible !Cundefinedundefined

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 08:19


En partant du bas, undefined je suis au 3e rang, à l'extrême droite, près du vase de Soissons. En bas, au centre, notre Professeur, le Père Jacquemin
Les noms qui me reviennent sur la photo, en commençant par la rangée du bas: Pierre Verlaine, Pierre Couvreur, Darimont, Jeukens, Witmeur, Gielen. Dans ma rangée, au centre, Robert Seghers et Michel Mersch. Au-dessus, Brisbois, Gevers, De Lamotte

Je repère encore, Malmédy et Hardenne, Noirhomme, Albert Hemmerlin, Brassine
J'en ai revu quelques uns aux 20 ans de Rhéto (Terminale) en 1976, pour la dernière fois.
Les autres je ne les ai jamais revus.
Et pourtant je suis à même de reconnaître et de nommer les deux-tiers d'entre eux.
C'est dire si ces années d'enfance et d'adolescence sont gravées dans notre mémoire, au-delà de toutes les autres! Alors qu'elles sont les plus anciennes. Et pourtant, contrairement à la plupart, j'ai quitté Liège et n'y retourne jamais

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 08:17
Ma mère s'occupait-elle de mes études? Et bien, oui, quand elle était là ! Dans quelles matières? En Histoire et en Géographie. L'Histoire d'abord, mais uniquement en ce qui concernait la France et un peu aussi la Belgique, tout de même! Quelle France, quelle Belgique? Mais celle des Rois et des Reines, bien entendu! Elle connaissait par coeur, toutes les dynasties des Rois de France: Capétiens, Valois, Bourbons etc... (Dans la vie de tous les jours, c'est très utile, vous savez!). Elle me les faisait réciter de mémoire, bien que cette matière ne fût en rien inscrite au programme. Sa Reine préférée, Marie-Antoinette, la "décapitée", la dernière Reine française, en fait!  D'ailleurs en 1945, notre première visite à Paris, a été pour la "Conciergerie", ses cachots, ses salles de torture, ses oubliettes et bien sûr,  le pied...sa guillottine. Après cinq ans de schleus, d'eau de Vichy et de pétarades tueuses, elle m'a emmené directement  là-bas, histoire de m'aérer un peu. Heureusement que nous étions tout de même en route pour les cîmes neigeuses de Haute-Savoie.

 

Et puis, il y avait ma mère et la géographie. Elle passait des heures à me recopier au papier-calque, des cartes géographiques. C'était obsessionnel chez elle. Et ça ne me servait à rien pour mes interros. Elle avait envie de dessiner des cartes,  point barre ! Peu importe que j'en aie besoin ou non !. En outre, de la sorte, elle donnait à tout le monde, l'image d' une mère exemplaire !

Mais très étrangement, il m'en est resté quelquechose de toutes ces cartes. On les retrouve dans certaines de mes peintures et j'ai toujours été féru d'atlas et de cartes routières ( Mais le scoutisme a aussi joué un rôle dans cette manie, car nous devions manipuler cartes et boussoles, à longueur de randonnées ! )                                                                                                                                                    Donc en septembre 1951, j'entre comme semi-interne, en 5e gréco-latine et je m'attaque au Grec. Empoisonnant Xenophon, ses marches forcées et des batailles. Assommant. Par contre je m'entends à nouveau bien avec le titulaire, le Père Conter s.j ( traduisez "de la société de Jesus" ), homme pudique et souffrant. Ses yeux sont blancs derrière ses lunettes un peu fumées, car il est myope. Et comme toujours, lorsqu'un contact s'établit avec un de mes professeurs (celà m'arrivera trois fois en six ans ) je me mets à bien travailler (remplacement du père??) Je suis doué pour les langues mortes, je me hisse dans le peloton de tête et fais trembler les premiers de classe (Hmmm.c'est bon, et ce sera d'ailleurs la seule fois) dans certaines matières, en faisant des résultats insolents, en versions latines et Grecques (Je ne suis pas un "Fort en Thème" ), en composition française et en religion. Sensation tout à fait nouvelle pour un élève, jusque là, très moyen. A telle enseigne que l'on me demande de m'occuper d'un élève laborieux, nouveau-venu au Collège, que j'ai un peu connu aux Scouts, et que je vais aider pendant un an à réussir son année! Peu doué, il terminera néanmoins ses humanités, et rentrera dans les pantoufles de son père, directeur d'une grande aciérie liégoise.
Contrairement aux prévisions de ma mère, ma seconde année d'Humanités, se déroule très bien. C'est probablement la seule année où je serai un "bon élève". Allez savoir pourquoi ? Une erreur de parcours? J'ai toujours préféré les cancres !
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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 08:15

 

Retour provisoire au Collège Saint-Servais, en sixième primaire, en 1950. Nous avons un professeur de religion, le Père Denis, complètement gâteux. Long et décharné comme un personnage du Gréco, un épouvantail croassant. Il ne supporte pas les garçons qui portent des chemises à manches courtes et à col ouvert. Voyez le malade et de quoi, je ne vous fait pas un dessin. Ce sont des gens comme ceux-là qui sont censés nous apprendre la vie. Son grand amusement sadique consiste, durant les cours, à s'approcher de l'un d'entre nous, dont la tenue est normale, enfin décente, pour l'engueuler copieusement, en prononçant finalement le nom de l'élève "impudique", qui, lui, se trouve de l'autre côté de la classe et auquel il tourne le dos. Et ça dure et c'est violent. Et ce vieux corbeau nous fait peur. Une bonne torgnole qu'il lui aurait fallu . "Oh, Gibets noirs, manchots éteintes, dansent, dansent les paladins, les maigres paladins du diable, les squelettes de Saladin (François Villon, faut-il le préciser)


"Je suis François dont il me poise
Né de Paris emprès Pontoise
Et de la corde d'une toise
Saura mon col, que mon cul poise"

Je termine donc mon cycle primaire en Juin 1950, et dés la rentrée scolaire, j'entre en sixième gréco-latine, toujours dans le même Collège Saint-Servais.6e-Latine.jpg Sur la photo, en partant du 1er rang en bas, je suis le garçon du 3e rang à droite.
Jusque là, j'ai eu des professeurs titulaires laïcs. L'heure est venue d'entrer dans les soutanes, dans l'espoir de pouvoir les enfiler six ans plus tard, car, bien sûr, nous serons travaillés au corps, enfin disons, à l'âme. Dés la rentrée, je me signale à l'attention de mon nouveau professeur, le père Jacquemin. Il a un problème, le bégaiement et pour en sortir, il prononce chaque mot en l'articulant exagérément. Il insiste donc sur l'importance du "bien articuler". Il nous demande  dés le premier jour de classe, si l'un d'entre nous estimerait qu'il n'articule pas bien. Oui, moi ! Et je lève le doigt. Surprise, il me félicite de ma franchise et je deviens son chouchou. A la cour de récréation, un petit con au sein du groupe, il s'appelle Darimont, me crie hargneusement "Chouchou, chouchou", suivi évidemment par le troupeau bêlant. je lui file une tarte sur la joue droite et il s'écroule. On parle de tympan perçé et les parents seront à deux doigts de porter plainte. Oh là là, mal barrées mes "gréco-latrines".  Mon ami Robert Seghers, le Tarzan colonial, intervient à nouveau contre la meute vociférante, prenant ma défense et disant que j'ai fait preuve de franchise et qu'il n'y a dans mon attitude aucun "manchabalisme". Et moi j'apprends que j'ai une force dangereuse en moi, qui me jouera des tours par la suite, à savoir que lorsque je frappe, je frappe fort et dur!

 

A la fin de l'année, j'obtiendrai soixante pour cent des points. Donc pas de problème !

 

Mais ma mère va voir mon professeur, le Père Jacquemin
" Christian ne devrait il pas doubler ou alors faire d'autres études?" Lui, interloqué ne comprend pas "Non pas du tout ", lui répond-il. Pour rappel. deux ans auparavant, elle est déjà parvenue à me faire redescendre de classe, mais apparemment celà ne lui suffit pas! Devant la réponse de mon professeur, elle n'ose insister et décide de  me metre en semi-internat pour ma cinquième latine. Celà va lui permettre de se tirer encore plus de chez elle et de ne plus faire à manger à midi (mon père mangeant à la Clinique)

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 08:10
Donc à douze ans, je suis réservé et timide, on pourrait même dire "muet", ce qui paraît invraisemblable, quand on me connait aujourd'hui. Je ressemble donc à mon père, pas du tout à ma mère qui, elle, parle sans arrêt et court chaque jour à travers la ville, pour bavarder avec ses amie cheftaines. Parfois elle reste à la maison, c'est rare, mais alors elle téléphone pendant des heures; elle a dû engloutir une fortune en conversations téléphoniques (et en taxis) Et quand elle n'est pas au téléphone, ele parle seule à mi-voix, pas seule mais avec des amies imaginaires ou non, mais absentes, qui sont censées lui donner la réplique, par la bouche de ma mère, bien sûr. Elle joue alternativement son rôle, puis celui de son amie, vis à vis de laquelle, elle essaie de justifier les actes de sa vie réelle, qui, forcément sont loin d'être clairs. Alors elle explique, se justifie, et en fin de compte, l'amie finit toujours par approuver sa conduite. Ca donne à peu près ceci: "Mais enfin Suzanne, c'est évident, tu as tout à fait raison " dit l'amie ! "Oui mais je me demande tout de même, si je n'aurais pas mieux fait de..." rétorque ma mère ( très honnête avec elle-même ) Et l'amie de s'exclamer: "Mais pas du tout au contraire"
Ce jeu à deux voies, je m'en suis rappelé en voyant Psychose d'Hitchcock, où Perkins, prend la voix de sa mère "morte". En attendant, l'oreille plaquée contre la porte, j'assiste au travail ténébreux de la culpabilisation, suivie d'une habile auto-absolution, au travers d'amies, qui n'étant pas réellement face à elle, l'approuvent à tous les coups, à force. C'est du grand art. Et moi j'assiste à ces faux dialogues, derrière les portes ou du dessus de la cage d'escalier. Un vrai spectacle psychotique (on pourrait dire Psy-Kotick, Kotick étant le totem de ma mère. Le Kotick est un curieux animal, mi-Loup, mi-Phoque ) En attendant ma mère se justifie sans arrêt; elle se sent donc coupable au fond d'elle-même et elle évacue cette culpabilité, non pas en changeant ses comportements, hélas, car elle n'a jamais écouté personne, mais en les accentuant, confortée en celà par ses interlocuteurs imaginaires. C'est très fort!

Les années cinquante marquent aussi l'apprition des premiers chats à la maison. Car, des animaux, j'en veux depuis toujours et n'en ai toujours pas. Combien de chiens abandonnés, ramenés à la maison car ils  me suivaient d'instinct, et impitoyablement laissés sur le seuil, interdits d'entrée par ma mère. Et voici que miracle, il y un chat tigré à la maison. L'expérience sera courte car très rapidement ma mère les fera embarquer par la SPA, sous prétexte qu'ils font des crasses et que je ne m'en occupe pas, ce qui est évidemment faux; "je fais rien d'autre que de m'en occuper", après douze ans de frustration. Elle enferme le chat, avec moi, dans la cave, puis elle quitte la maison. Pour moi on va simplement metrre le chat dans une famille; c'est déjà terrifiant en ce qui me concerne. Et voici l'homme avec son sac. Inquiet je lui demande ce qu'on va faire du chat. Il me répond en ricanant 'Ah, une balle dans la tête, bien entendu" Et voilà, il est beau le monde des adultes. les adultes qui font des enfants à tour de bras et prétendent les éduquer, alors qu'ils sont juste capables de les "cochonner". Mais donc voilà, c'est de ma faute, me répétera ma mère; l'essentiel est là; Il faut que ce soit de ma faute. le chat on s'en fout, il n'est qu'un instrument de castration; les démolisseurs sont à l'ouvrage. Je vais donc être traumatisé à mort (ça et la taque d'égoût, c'est pas mal tout de même, en peu de temps; on a construit des assassins pour moins que celà). Il me faudra vingt ans pour être à même d'accueillir un nouveau chat, ramené à l'essai par ma compagne, à Liège, en 1970. C'est une Siamoise. En rentrant du boulot, je m'exclame "Non pas de ça (de chat) ici!" "Ca," c'est une siamoise. je m'assieds, elle saute sur mes genoux, sachant très bien que c'est moi qu'elle doit séduire, et elle ronronne. et moi je craque. Nous l'appelerons Mistinguett, à cause de ses "bas noirs"de Siamoise. Le déblocage s'est opéré. D'un chat, nous passeron à deux, en quittant Liège pour Libramont, l'année suivante, nous aurons un bâtard de siamoise, une superbe panthère noire, que nous appellerons Figaro et nous finirons par avoir  jusquà sept chats simultanément. Ma première chienne n'apparaîtra qu'en 1985! J'en suis à ma troisième, en 2007. Toujours des femelles! Et la réapparition du chat, en début de cette année, une petite tigresse, apparue à l'aube, au mois d'avril, d'où son nom "Potron-Monette", une chatte perdue, abandonnée, surgie de la forêt toute proche et qui s'est installée d'emblée, sans me demander mon avis. Peut-être la chatte "assassinée" par la SPA, réincarnée, allez savoir !

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 08:05
Et un jour j'oublie de remettre la plaque de fonte sur l'égoût. Et il y a dans cette cour, pon adorable petit frère Etienne, 3 ans. Mes parents sont partis. J'en ai la garde. Mes parents reviennent. L'égoût est ouvert!! Ton petit frère??? Un acte manqué? C'est bien possible, après tout, mais comme le dirait mon inconscient, je ne l'ai pas fait exprès.
Alors j'ai dû me déshabiller. Tout sauf le slip. Ma mère orchestrait l'expédition punitive, comme de bien entendu. Jamais mon père n'aurait pensé à celà. Mais il a obéi comme toujours! Ils m'ont pris chacun par une cheville et m'ont laissé descendre (des cendres), lentement, tout à mon aise dans l'égoût. Mon visage se rapprochait peu à peu de la boue noire et épaisse. Et ils m'y ont plongé jusqu'à la ceinture, s'agenouillant même, en bons chrétiens, pour me laisser descendre plus bas. A ce niveau, pourquoi ne pas me lâcher tant qu'à faire? Moi le gamin de merde ! Ils m'ont remonté, noir, gluant, dégoulinant. Merci maman, merci papa. Pas étonnant que sur quatre enfants, vous en ayez fait trois, tarés ou presque. Vous auriez mieux fait de vous abstenir, mais voilà, à l'époque, les cathos n'avaient le droit de copuler, que sous peine de procréation. Ils copulaient sous les crucifix et éjaculaient dans leurs saintes vierges épouses, de l'eau bénite, à la consistance suspecte. Jamais en entrant dans les églises et en trempant ma main dans les éponges humides, je n'ai aperçu de sperme dans les bénitiers. Quel dommage! La même blancheur pourtant que les hosties dont nous étions gavés, comme les oies le sont, de foie gras
Pour faire dans le plus léger, car c'est lourd, je le sais mieux que personne, les années 1949-1950, il y a aussi les leçons de piano, dans le quartier Saint-Laurent, chez Madame Dehain-Delacroix. J'irai chaque semaine pendant un an, en apprenant des morceaux retranscrits dans des partitions simplifiées. "Tristesse" de Chopin, "La Sonate au Clair de Lune" de Beethoven, "le Beau Danube bleu" de Strauss et un morceau de Rimski Korsakov. Une méthode nouvelle qui comportait six ans d'études. Je passe mes deux premières années en une lors d'un concours à Bruxelles, en interprétant Chopin et puis j'abandonne, j'ignore pourquoi, mais celà aura suffi à me donner le sens des accords et à pouvoir rejouer d'oreille dès 1983. Mais je n'ai plus jamais fait de solfège! Et bien sûr, je joue très mal, mais je joue!
Souvenir aussi de vacances passées à Palogne. une ferme, à côté d'une rivière, la Logne, avec un bac pour passer la rivière. C'est moi qui finalement, vais jouer le rôle du passeur, les gens de la ferme, me faisant confiance. Il y a là dans ce gîte, un couple de fiancés, avec les parents de la fille. Bientôt le mariage et il y a de l'orage dans l'air, dans le ciel, mais aussi entre eux. Athmosphère lourde. Le tonnerre gronde. J'assiste alors à une bagarre violente et le fiancé se tire en m'emmenant avec lui. Nous allons nous baigner dans la rivière. L'homme est sympathique, une espèce d'aventurier mais je sens que c'est foutu avec sa fiancée et qu'il en souffre!
La ferme de Palogne est perpendiculaire à la rivière; il y a des tables dehors. Un jour, où mes parents sont attablés et alors que je joue avec des gosses de mon âge, je crie "couillon" à l'un d'entre eux. Mes parents m'appellent; ils sont horrifiés. Interdiction formelle de prononcer ce mot-là ! Pour moi, ça veut dire froussard et je ne comprends rien à cette interdiction. Plus tard, j'irai voir dans le dictionnaire et j'apprendrai que couillon au sens premier du mot veut dire "qui a de grosses couilles" Et depuis lors je me suis toujours demandé si tous les froussards avaient forcément de grosses couilles ! Heureusement que je ne suis pas froussard
!
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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 08:05
1949-Scoutisme-Berismenil.jpg1949-Scoutisme---Jamboree-en-Autriche-en-1951.jpg1949, c'est aussi mon entrée dans le Scoutisme à Liège. A la XXe Saint-Hubert, une troupe catholique mais inter-paroissiale, qui a son local à Cointe,  au  lieu-dit "Le petit Bourgogne", la troupe de la grande bourgeoisie liègeoise, de la noblesse aussi. Des noms à charnière, comme  de Laminne de Bex, Begasse de Dhaem, de Ville de Goyet, de Theux de Melan de Montjardin, chevaler du Saint-Empire ( oui ça existait encore; il se prénommait Louis et se présentait "Louis de Theux de Montjardin, Chevalier du Saint-Empire du même style de folie que celle de Jean-Edern Hallier, à qui il ressemblait d'ailleurs ), de Spirlet, de Pierpont et autres  Nagelmackers. Rien que du beau linge! Voici deus photos de mon premier camp en 1949 à Bérisménil. Photo du haut, le blondinet à droite sans chapeau, c'est moi. Le 2e, debout à gauche, c'est Vincent Halkin, futur Doc Gyneco et fils du Professeur d'Université Leon Halkin. Photo de bas, le petit chétif, debout à gauche, devant mon chef de patrouille, Jean-Pierre Paquot, futur toubib, c'est encore moi. A sa droite, mon cousin germain François Duesberg, de quatre ans mon aîné. Accroupi devant moi, Baudhuin Nagelmackers. Accroupi à l'extrême droite, Hervé de Borman (futur Notaire). Debout derrière lui le second de patrouille, Baudhuin Jamar de Bolzée.
Je vais sur mes 12 ans et je m'allonge, devenant presque chétif et courbé. Après mon entrée flamboyante au Collège Saint-Servais, il est en train de se passer quelquechose avec l'entrée dans le tunnel de l'adolescence, car aux scouts, je vais devenir un garçon timide, complètement recroquevillé sur lui-même, totalement silencieux (parmi ceux qui sont en train de me lire et qui me connaissent aujourd'hui, je devine beaucoup de regards incrédules). Eh bien non tous les scouts savent que je suis le garçon qui ne parle pas. La preuve: deux ans plus tard, on me totémisera Ecureuil Réservé. De cette torpeur, je ne me réveillerai que vers 17-18 ans!
Il n'empêche, le scoutisme m'a aidé. D'abord à avoir une famille. Ensuite à côtoyer la nature régulièrement, ce qui pour un enfant de villes est fondamental Mais des amitiés, je n'en ai gardé aucune car à 18 ans, j'ai quitté ce monde catholico-bourgeois, en dehors de quelques boums dans des familles très "chic" au cours desquelles j'ai foutu un tel bordel que très rapidement je n'ai plus été "prié" Et oui "Prié"c'est comme celà qu'on dsait! chez les cathos bourgeois. Il n'empêche que jusqu'à mes 18 ans, je vais faire une "brillante carrière" dans le scoutisme, passant une à une les épreuves initiatiques (Le Wood Badge notamment) qui vont m'amener à 18 ans, à être consacré Scout du Roi et Scout de la Couronne.( J'étais mal barré, là) A 18 ans, entré à l'Université, j'ai fait un dernier camp à Marcourt, comme assistant de Troupe et puis... terminé ! Je ne suis pas devenu routier, ni routier- maître comme la plupart des autres et n'ai jamais assiste à un banquet d'Unité. Comme autres faits marquants, il y aura un Jamborée en Autriche à Bas Ischl, en 1951, à deux pas de chez Thomas Bernhard, qui malheureusement n'était pas du tout scout, lui ;  Et puis un tournoi de tennis que j'ai remporté en battant tous mes amis qui, eux, étaient affiliés à un club chic, celui du Sart-Tilman, moi pas, et un tournoi de rugby où j'ai marqué de nombreux essais en finale contre une autre troupe liégeoise. Je n'étais pas spécialement baraqué mais je courais très vite et puis surtout, j'avais la rage ! Et puis j'avais 17 ans et je commencais à sortir de ma réserve. C'est cette même rage qui m'amènera sur les rings autour de mes 20 ans, à La Sauvenière, à Liège.


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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 08:00
    • Je puis donc dire que mon retour à Liège marque le début de ma révolte. A Bruxelles, j'ai été étouffé, inexistant. Liège c'est la lumière. A Liège aussi, nous habitons sur les hauteurs, nous surplombons la ville. A Bruxelles, au contraire, nous étions  enterrés dans un artère centrale et grise, en pleine ville, une rue sur laquelle il n'y a rien à raconter.  Rien, hormis un chow-chow noir; il déambulait librement entre les poubelles et on disait de lui qu'il avait mangé un enfant, ce qui je dois l'avouer, me plaisait assez. Car déjà, à cette époque, j'étais un fan du Jack London de "Croc blanc" et de "Barry Chien-Loup", fan des Castors de Grey Owl et du " Dernier des Mohicans "de Fennymore Cooper. Et à la fin dela guerre, je dévorais chez mes grands-parents maternels, qui avaient vécu aux Etats-Unis pendant 4 ans, d'énormes livres, rouges brochés or, avec de superbes gravures, représentant des Cheyennes, des Iroquois, des Delawares et des Hurons, débusqués par des anglos-belgo-franchouillards, conards porteurs de chrétienté et de culture bouillie blanche, ces blancs aux casques blancs, comme leurs spermes évangélisateurs, prenant leurs queues pour des goupillons, cracheurs de feu et de sermons, odeurs mêlées de poudre et d'encens. J'avais instinctivemenrchoisi mon camp au sein de ces livres, écrits, reliés et publiés par des blancs "lave bien plus blanc que blanc". Une fois pour toutes, les Indiens seraient mes frères. Le seul blanc auquel je m'identifiais était Tarzan, en bande dessinée "Tarzan des Singes" avec se muscles sailants, sa solitude et son choix de vivre avec les animaux et les indigènes de couleur. Tarzan, le seul homme blanc, digne de pardon.
    • Et tout celà pour dire que le Robert Seghers, qui vient se battre avec moi dans la cour de récréation est un basané, ayant vécu en afrique, ce n'est pas un blanc ou alors c'est un Tarzan, un sauvage irrécupérable ( Il partira se battre au Congo, lors des évènements de 1960). Bref il n'a rien d'un cow-boy. Car le cow-boy vit en groupe, il pue, il pète, il rote et il tue. Musiques de kermesses et vapeurs de frites molles. Il écrase et piétine toute la beauté qui l'entoure, chevaux, vachettes, bronzés analphabètes et femelles en goguette. Je déteste les cow-boys !
      Revenons au Snapeux. Dans le jardinet étroit de notre petite maison, tout au fond, j'essaie de construire un bassin (Déjà !) En effet comme en 1947, c'est la canicule durant cet été 1949. J'achète du ciment. Je ne me suis, jusque là, jamais servi de mes mains. Mon père, oui, mais uniquement dans le corps des malades. A part celà, le seul bricolage que je lui aie jamais vu faire, consistait à tendre des fils dans le salon, un peu comme s'il tissair sa toile. Sans doute tissait-il la toile de ma mère l'araignée 'L'universelle Aragne", la toile qui finira par l'étrangler.(lui, pas ma mère) Je n'ai jamais pu comprendre l'utilité de ces constructions de fils (les "installations" de l'art contemporain n'existaient pas encore) reliant murs, tables et fauteuils. Construction plus mentale que charnelle, peut-être les mêmes fils que ceux avec lesquels il recousait les malades. Quant aux talents de bricoleuse de ma mère n'en parlons pas; elle n'a même jamais pu s'occuper de ses jardins successifs.
      Il fallait donc que je sois motivé pour creuser ce trou d'un mètre carré et le cimenter. Résultat l'eau que j'y versais disparaissait après une heure de temps. mais ça ne m'empêchait pas de m'y baigner, si on peut dire!.
      Mais dans la cour surplombant le jardin, il y avait un autre trou d'eau, celui de l'égoût. Une plaque carrée en fonte, et un mètre plus bas, la merde noire (Plus tard en 1968,  j'ai rencontré la "Mer Noire"eh ben c'est pas mieux et depuis lors je l'appelle "La Merde Noire") La merde adore les trous et ceux-ci le lui rendent bien (Non ce n'est pas de Céline, c'est de moi, mais il a bel et bien écrit "Un chou-fleur vaut dix cabinets, même s'ils débordent") Et dans ce trou, ça vaut bien les ficelles de mon père, je pêchais à la ligne. Avec une vraie canne à pêche et un flotteur rouge et j'attendais, plein d'espoir, que le flotteur s'enfonce, on ne sait jamais ?

 

 
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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 06:10

 

Revenons  dans la cour du Collège Saint-Servais, Deux jours après cette première bagarre je suis provoqué en duel par le deuxième caïd de la cour. un fils de colonial, une tête basanée aux cheveux blonds coiffés en arrière. Johnny Weissmueller et son corps tarzanique, déjà trapézique.C'était une merveille de le voir coulisser son crawl dans la piscine. Il s'appelle Robert Seghers, comme l'éditeur. Deuxième arène, mais cette fois il s'agit de lutte et non plus de boxe. C'est du corps à corps, des bras qui se nouent, des prises de tête. C'est de nouveau la foule autour de nous et je ne suis bien sûr, pas le favori. Mais je résiste à ce bull-dozer, il ne parvient pas à me terrasser...et c'est la cloche qui retentit. Matche nul ! déclare la foule! Il ne faut pas se leurrer, je fais mon entrée dans un monde qui ne m'a pas attendu pour fonctionner et établir sa hiérarchie, une hiérarchie avant tout physique et pré-sexuelle ou pré-pubertienne. Priorités de mâles. Nous sommes en plein "Lord of the Flies" (Le seigneur des Mouches ). En effet, je suis arrivé en janvier dans une école qui fonctionne depuis le mois de septembre précédent, j'ai un an de plus que ceux de ma classe et je viens de Bruxelles dans un milieu liégeois. Je suis doncl'étranger, il faut me mettre au pas tout de suite. Et c'est raté !. Moi qui, jusque là, ai été un garçon solitaire et quasi"hors scolarité", je me retrouve dans un groupe et heureusement pour moi quei j'ai des couilles. Ca veut dire simplement qu'il n'est pas question que l'on m'enterre. C'est l'enfant sauvage qui résiste. Pour la première fois l'enfant sauvage, rencontre la tibu des hommes et il refuse de se soumettre aux lois du clan.
 
Avec le recul, je suis effaré de constater comme tout est déjà dit chez les jeunes garçons. La force physique comme valeur suprême, consacrée aussi par les compétitions sportives, les hiérarchies se constituant rapidement pour permettre aux plus forts de dominer les plus faibles, les chefs de clan et sans arrêt les petites guerres, faux fusils, faux revolvers (en attendant les vrais) cris de mitraillettes et de balles sifflantes, tout est déjà mis en place. Aussi l'immense importance du football et du marquage de buts. Sacrée symbolique sexuelle. L'homme doit marquer des buts, il doit tirer son coup (Quant à la femme, elle est ou n'est pas "un bon coup". La femme est là pour se faire tirer par l'homme) Plus tard, il ira à la chasse, puis à la guerre et de retour, il battra sa femme, "entre les coups". L'homme a le phallus assassin.                          
 
Et de ces deux combats, je vais émerger, déguisé en petit voyou, chef de bande, comme mes deux mouveaux amis et m'opposant néanmoins au pouvoir officiel, celui des Jésuites qui nous entourent. Lors de l'excursion de fin d'année 49, j'organise une fugue, avec mes deux amis, loin des entiers battus, loin des pions qui nous encerclent. (Voir photo ci-dessus. Je suis debout au 2e rang, marqué par une flèche noire). C'est à Profondeville. Nous quittons les rangs, entrons dans la forêt. Nous, enfants des villes, nous taillons notre jungle imaginaire à coups de machettes et nous nous perdons dans les gorges profondes du barrage(pas encore dans celles des femmes). Nous allons marcher pendant huit heures, totalement égarés, mais nullement effrayés. Tout le "collège excursionniste" est à notre recherche. Nous apprenons qu'on nous a vus "morts" au fond d'un ravin, qu'aucun de ces couillons n'a osé dévaler pour confirmer le sinistre diagnostic. Nous finissons enfin par retrouver notre chemin à travers la brousse, jusqu'à notre point de départ. la nuit est tombée (et nous la ramassons). Il n'y a plus personne, excepté le petit pion corbeau blanc-blond qui vient à notre rencontre, en écumant. Nous rentrons avec lui en taxi dans un silence de mort. Nous sommes les héros de l'Equateur liégeois. Nous devenons "mythiques" et le lendemain, nous passons notre journée, à genoux sur l'estrade, à genoux, détail non-négligeagle, sur une régle à quatre faces, de quoi nous dégoûter à tout jamais de toute forme de "règles"; c'est une vraie torture. On n'a pas encore inventé la "gégène" mais l'Algérie n'est pas loin. Mon entrée dans le monde se fait de cette manière. mais j'apprends déjà que je ne suis pas de ce monde et que mon parcours sera difficile
 
 Légende de la Photo: L'excursion de fin d'année. 1949. Le petit voyou Vancau c'est celui, au 2e rang, à droite du milieu de la photo, qui pose une bouteille (déjà) sur la tête de son camarade assis, (qui ressemble à Francis Blanche)
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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 05:08
1949-LIEGE-Rue-du-Snapeux-1449.jpgVoici notre maison de la Rue du Snapeux à Liège où nous avons vécu de 1949 à 1955-,56. Ma chambre est au-dessus à droite. Dans le fond la fameuse propriété arborée. Au fond  de la rue, à droite, on aperçoit en retrait, la maison que mes parents ont fait construire en 1954-55, sur un terrain de 50 ares. Dans cette maison, cette villa très "Le Zoute" devrais-je dire, je vais vivre de 1955 à 1962, date à laquelle je quitte mes parents et vais vivre en ville, dans un taudis ou presque, puisque je ne paierai même pas de loyer. Mais la maison du fond, restera la maison de ma folle jeunesse, de la fin de mes humanités et du début de mes études de Droit à l'Université.
 
Mais revenons en 1949. Au fond de la rue à gauche, dans la maison du coin, j'ai une galante; c'est "ma crapaude", comme on dit à Liège, mon deuxième amour, après Morzine. Elle s'appelle Liliane Mathieu (Non ce n'est pas la soeur de Mireille !) Voici, en bas de page, la photo de Liliane devant sa maison du coin. A gauche, c'est moi, en Scout, à ma droite Aline China, une autre voisine; la petite basanée avec des tresses ramenées au sommet de sa tête, c'est Liliane, elle était jolie, et à l'extrême droite, c'est Jules China, un petit rouquin avec lequel je m'entendais très bien. Le père China était gardien de prison à Saint-Léonard. La mère de Liliane était veuve. Que sont nos amours devenues? J'avais une furieuse tendance à "jouer sur la rue" avec les enfants du quartier. Pas si facile, parce que j'étais le" fils du docteur", dans un quartier assez populaire et que les gens gardaient leurs distances. Heureusement j'étais loin d'être "fier"et ça plaidait en ma faveur. Il y avait même une bande de petits voyoux, la bande des frères Cabay, qui faisaient la loi. Un jour, une voisine bien intentionnée, Madame Lambert, a téléphoné à mes parents, pour signaler que je jouais au foot dans la rue avec les frères Cabay. Et mon père est venu me chercher en pleine savane Kenyane, sans un mot et m'a fait rentrer à la maison. Et voilà. Le clivage socia brutal ! Il aurait pu penser que si je jouais "sur la rue", c'est que peut-être je n'étais pas bien chez moi. Mais je suis persuadé que mon père  agit sur ordre de ma mère, car il n'est pas du tout comme celà. Mon père, à la clinique ne dialogue qu'avec les malades, les infirmiers et les infirmières. Il fuit ses collègues médecins, refuse tout jeu de pouvoir. Et c'est cet homme-là qui, comme un toutou, obéit aux ordres de Suzanne la snob.
Donc terminé de jouer "sur la rue" avec des gosses "de condition inférieure". Suzanne est issue d'une grande famille, elle ! Son fils aîné ne doit pas se salir avec des bouseux. Elle est la seule à pouvoir le cochonner, foi de "Folcoche".  Ceci dit, j'ai tout de même continué à jouer "sur la rue". J'ai toujours joué où je voulais.
Cette page est une parenthèse dans mon récit et je vais donc revenir au Collège Saint-Servais, à la page suivante
1949-Li--ge-Snapeux.-Les-China--Liliane-athieu-et-moi.jpg
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