BIO 23 Louveteau en 1947
La musique, les deux chiens, les poissons, les deux paralytiques, voilà ce qui me permet d'émerger de ces deux années 1947 et 1948, lourdes et tristes
Pendant cette même période il y a les incontournables séjours à la Côte belge, à Pâques et en septembre. Un rite qui s'était déroulé à Saint-Idesbald et à Coxyde, avant la guerre, et qui se déroule après cette guerre, au Coq-sur-mer d'abord, puis à Duinbergen ensuite et celà jusqu'à mes 20 ans passés
Principales occupations: les baignades, la pêche aux moules et aux crevettes et le tennis que je commence à apprendre vers mes huit ans , tout comme j'ai appris à nager, à cet âge-là, avec mon oncle Lucien, mais à Anseremme cette fois, dans la Meuse et non dans la Mer. On flotte nettement mieux dans l'eau salée et la Mer du Nord ne manque pas de sel.
Une anecdote, à Duinbergen, m'est restée en mémoire. le fameux Charles F., celui qui me donnait des oranges au Conservatoire de Liège, pendant la guerre, refait son apparition, de temps en temps. Il faut dire que mon père ne nous rejoint que les WE, et encore. Et ma mère, décidément pas très claire comme dirait Bashung, fait souffrir son amoureux transi. Un jour, nous nous retrouvons à trois, dans une aubette d'autobus. Charles retourne à Liège. Ambiance de bagarre. Il pleure, c'est le drame. C'est alors que ma mère (Elle s'appelle Suzanne ma mère et son totem c'est Kotick, un phoque; c'est Loup-Phoque qu'on aurait dû la totémiser) me dit d'aller cacher la mallette de Charles, derrière l'aubette, au moment où le bus se pointe, et je le fais. Au moment où le pauvre Charles veut monter dans le bus, il se retourne et...plus de mallette ???. Résultat, il rate son bus. Nouvelles disputes et nouveaux pleurs. Dans quels jeux d'adultes suis-je à nouveau impliqué??. En tout cas l'anecdote est très révélatrice de l'attitude sadique de ma mère, à l'égard des hommes et donc de son goût prononcé pour les hommes masos. Mais Charles reviendra aussi à Bruxelles, rue Montoyer, pendant la journée. Je pense que mon père sait, mais qu'il fait confiance, c'est dans son style. Mais un jour, il perdra patience et mettra fin à cette histoire. Charles disparaîtra à jamais. C'est gênant car il est devenu le parrain de mon frère Etienne en 1946. Il se serait marié par la suite et aurait engendré un fils, bien connu dans le monde musical. Retour au Conservatoire de Liège!
Dans toute cette période de guerre et d'après-guerre, je dois aussi mentionner la présence permanente des amies de ma mère, qui sont toutes, des cheftaines de son Clan Reine Astrid, le clan qu'elle a fondé. J'ai donc des tas de tantes que j'appelle exclusivement par leurs totems. Tante Isard, tante Poulain, tante Chevreau, tante Girafe, tante Brontosaure etc...Une vraie ménagerie. Et on se demandera pourquoi par la suite je me suis mis à peindre des totems. D'ailleurs, j'entre chez les louveteaux à Liège puis à Bruxelles, puis aux Scouts, dés mon arrivée à Liège en 1949, et mon totem sera Ecureuil.
Et voilà c'et fini Bruxelles car mon père a trouvé une situation à Liège et nous allons nous y installer en Janvier 1949. Ma mère ne s'étant pas plue à Gand, ni à Bruxelles, nous devions irrémédiablement revenir dans le berceau maternel, à liège, ville-fleuve et donc ville amniotique. Les liégeois quittent très difficilement leur ville. On revoit les mêmes têtes en se promenant à Liège, cinquante ans plus tard. C'est très difficile de couper le cordon avec une ville-fleuve. Personnellement je quitte Bruxelles sans regrets si ce n'est celui de mes deux chiens, Néri et Cesar
Vancau louveteau en 1947, je n'ai pas encore 10 ans. Sur la photo du dessus, en 1946, lors d'un camp dans la campagne










































