A la guitare, je vais me produire en public, pour la première fois,
en1955, chez mes parents, devant les parents des élèves de ma classe. J'ai surtout travaillé Brassens (J'ai tout appris en écoutant Brassens, d'oreille, sans jamais utiliser de partition, sans
même connaître le nom des accords que je faisais ) et donc, je chante entre autres," Une jolie fleur dans une peau de Vache " et c'est un petit scandale !!! Incroyable, mas vrai. Et si j'avais
chanté "Gare au Gorille" ??? Une assistance perplexe et figée, quelques applaudissements vite réprimés et le lendemain des coups de téléphone indignés de certains parents à mes parents ! je n'ai
déjà plus ma place dans ce petit monde ridicule !
Mon plus grand ami de cette époque est Jean-Pierre Willemaers (voir à ce
nom sur Google), le poète, le fou de théatre, qui écrit ses premières pièces. Il habite au Mont Saint-Martin à Liège. Une famille nombreuse et sympathique. le père est gendarme. Le frère aîné
fait l'Ecole Royale Militaire, il fallait bien un poète pour compenser. Nous remontons ensemble du collège par la rue Monulphe et nous déconnons à plein tubes (surtout lui). Nos retours d'école
n'en finissent pas. je revois Jean-Pierre, à quatre pattes, Place Saint-Laurent, en train d'aboyer derrière les passants. Garçon ultra-sensible et assez masochiste. Il me proposera de jouer à
nouveau dans sa troisième pièce "Les dix-sept Jésus ", le rôle principal et je refuserai après avoit lu le manuscrit. J'ai déjà un père qui assume le rôle du Christ souffrant, je n'ai pas envie
d'en remettre.. Voici sa première pièce qui sera jouée en juin 1955 sur la dalle de la maison en construction de mes parents. Je suis metteur en scène et joue trois rôles.Terrible épreuve car je
sors à peine de mon mutisme autiste. Le THEATRE aura joué pour moi un rôle capital dans ma re-naissance

Jean-Pierre Willemaers au-dessus à gauche et René Lambert en -dessous, le 2e en partant de la droite. Aussi devenu un peintre légeois par
la suite et un déorateur de théâtre. Il habitait à quelques maisons de chez moi
Pendant les vacances de Pâques 1955, je participe à un "crochet, à
Duinbergen-sur-Mer, avec ma guitare, au casino. Là, ça devient du sérieux pour le timide que je suis encore, 400 personnes dans la salle. Et je chante "Ca Va" de Jacques Brel et fais un triomphe.
Je remporte le deuxième prix, le premier prix échoit à un grand mince blond "sans chausssure noire, qui chante Elvis Presley (qui arrive seulement sur notre continent). Bien sûr, il y a déjà eu
le film "Blackboard Jungle-Graine de violence" avec le fameux "Rock around the clock" de Bill Haley and hi sComets, qui a annoncé la couleur et qui va provoquer un terrible déferlement, bien plus
redoutable que les plus grandes lames de fond de la Mer du Nord. C'est donc Elvis qui m'arrache la première place avec mon Brel, et en plus ce salaud chante en Play Back. Je suis loin d'imaginer
que je vais rencontrer Brel, 3 ans plus tard. Mais ce nouveau défi sur une scène, avec une guitare cette fois, m'aidera lui aussi à me reconstruire; Et Brel, lui aussi m'aidera à me
trouver....
Ceci m'amène à ouvrir une parenthèse, sur nos séjours à la Côte belge (et donc à effectuer un
flash-back). Ma mère nous y entraîne deux fois par an, à Pâques et en septembre. La première fois , c'estt au Coq-sur-Mer, en 1945, pour nous rapprocher de mon père, qui étant dans l'armée
anglaise, n'est toujours pas démobilisé et est caserné à Bayeux en Normandie, où il fait "tapisserie.. Bébé, j'étais déjà allé à Saint-Idesbal et à Coxyde mais je ne m'en souviens pas. me voici
en 1938 à Saint-Idesbald dans les bras de mon papa et ensuite en 1945 au Coq-sur-Mer. A cette époque, mon père revenu sous l'uniforme de l'armée anglaise était caserné en Normandie à
Bailleux depuis le débarquement

Donc la Mer du Nord, deux fois par an, va marquer mon enfance et mon
adolescence. Cette "Mer du Nord" dans mes souvenirs, c'est d'abord le mer grise ou vert de gris, avec l'écume sur les vagues et sur les brise-lames. Ce sont aussi des dunes à perte de vue.
Elles sont moches les dunes après la guerre, truffées de fortins allemands ( Les Bunkers )abandonnés et entourés de fils de fer barbelés. Nous, les gosses (jai 8 ans), on y refait la guerre,
celle des "Mouches"(pas les mouches de Sartre mais celles de Golding dans "The Lord of the Flies"). Nous galopons dans les couloirs sombres de la mort, ceux de "l'Armée des Ombres" de Melville,
on se faufile entre les mines, on trébuche, et, on découvre des armes, des munitions et df'autres accessoires militaires, périscopes, longues vues, boussoles, casques et jumelles. Et nous
montons nos propres musées de l'Armée. A Aywaille, mes cousins Duesberg ont chez eux un véritable arsenal. Nous sommes cinglés, car certains de ces territoires sont encore minés; en principe le
nettoyage a été effectué, mais il suffit d'une mine oubliée, et nous, on court, on se bagarre, on se roule par terre comme des petits cons. On vient de vivre la guerre, mais on en n'a pas assez.
A croire que celà nous a excités, à croire que l'on regrette ces cinq années exaltantes.
Voici une série de photos
prises dans les années cinquante et fin des années quarante. Les bris=lames, les dunes, la plage, Le ZWIJN, Réserve naturelle



Et puis quelques photos de moi, là-bas, à
Duinbergen. Ci-dessous je dois avoir entre 10 et 12 ans, fin des années 50. Oui j'ai été placé à plusieurs reprises, j'ignore pourquoi, ma mère avant disparu. A l'époque nous habitions Bruxelles.
Ici je semble être avec des enfants gitans ou sud-américains et avec une monitrice, je ne me rappelle pas bien (photo suivante). J'ai une coiffure d'arsouille. Fils de bourgeois, moi???De
bourgeois mal éclairés alors. Je suis une arsouille, un poil de carotte, ,une racine de gingembre ou de mandragore. Je n'ai pas changé...à 74 ans...
Ici en quistax avec mon copain Michel Lemaire
Et avec sa cousine Sabine, ma première vraie histoire
d'amour. Je dois avoir aux environs de douze ans. une belle petite brunette, à la peau matte, et pleine de vie
Et puis ici avec ma mère et mes deux frères, Etienne né en 1946, et Marc, en 1950. Marc est autiste
Et puis ici, ado, entouré de gosses, avec à ma gauche, mon cousin germain Jean-Marie Fischer, le fins de ma tante Madeleine, soeur de ma mère. Je
m'entendais bien avec lui
Et Duinbergen, c'est aussi les interminables parties
de tennis, au Casino de Duinbergen, à la Réserve à Knokke et au Zoute.
Et enfin
mes premières boums. A voir dans l'article suivant

