
Donc à Hamoir, j'y reviens après des années, en été 56, dans la villa Hanquet - Collard, surnommée "Les Brochets "- , sur la route de Filot, à
flanc de côteau, surplombant l'Ourthe, étrange demeure un tantinet Hitchcockienne, que voici sur la photo, photo prise dans la neige une douzaine d'années plus tard. J'ai invité un nouvel ami,
qui lui aussi sort de Rhétorique au Collège, mais de l'autre rhéto, la rétho B. Il s'appelle Alex Jacquemin et nous nous sommes côtoyés 6 ans dans la même cour de récréation sans jamais nous
rencontrer. Et cet Alex m'a ébloui lors du tournoi d'éloquence de fin d'études. il n'a obtenu que le deuxième prix, je trouve que c'est injuste et je lui téléphone un soir et notre amitié
commence là et va durer jusqu'en 1961 seulement, on verra pourquoi ! Alex est un littéraire, beau mec , brillant causeur et coureur de jupons. Il habite quai Mativa, comme moi pendant la guerre,
son père est avocat et sa mère omni-présente. Alex lit "Les jeunes filles " de Montherlant, ça le fascine. Pourtant il est dur avec les femmes cet Henri de...mais à cette époque personne n'ose
dire qu'il s'intéresse aux garçons, et que forcément son regard sur les femmes en prend un coup. De Montherlant nous ne connaissons au Collège que "Port Royal. " et "La Reine Morte" On nous en
bassine même les oreilles, mais le reste de l'oeuvre est sous censure. De la même manière que dans les mêmes années, on nous parlait de "l'amitié" entre Rimbaud et Verlaine, en gommant leur
homosexualité. Chez les Jésuites, la sexualité, on ne connaissait pas ! C'"est fou ça, non ?
Et donc Alex va faire le Droit comme moi. Et à Hamoir, nous draguons les filles. Je me souviens d'une certaine Jacqueline Polfliet, très sexy, dans le plus pur style BB, une liégeoise, qui
ensuite est sortie avec mon amie Pol Scuvie (Voir mes années primaires au Collège dans cette biographie). Je les vois encore, elle et son amie, sur le pont et nous les deux 'jésuites" assez
lourds, pas encore rôdés et à la fin du compte un bide, après une promenade en barque.
Bref en septembre , pour la première fois de ma vie, je descends à la Côte d'Azur avec mes parents. Je découvre la Méditerranée dans l'Estérel, au Trayas. Entre les roches rouges, une eau verte. Il fait très chaud et il y a des nuées de moustiques. Nous sommes obligés de brûler de petites mini-torches fumigènes pour essayer de les éloigner.
Etape suivante
Villefranche-sur-Mer

Heureusement nous descendrons sur Villefranche, un petit port de mer,
au-delà de Nice, avec une rade, malheureusement occupée par un navire américain (que nous visiterons), occupé lui-même par des matelots vêtus de blanc et régulièrement gris ( l'un n'empêchant pas
l'autre ) Dans notre hôtel, il y a deux filles d'un style plutôt "Putana". Et une nuit je m'éveille en sursaut ! La chambre des filles est au bout du couloir et il y a deux matelots qui
font un chahut infernal. Ils sont complètement givrés tous les quatre. Je sors dans le corridor, je fais "chuuut ", à plusieurs reprises. En vain ! Alors je retourne dans ma chambre, remplis un
verre d'eau et vais frapper à la porte des filles, au bout du couloir. L'une d'entre elles m'ouvre et je lui envoie mon verre d'eau à la figure. Elle referme la porte en poussant un cri. Succès
total, c'est le silence pour le restant de la nuit. Je retrouve ces filles le lendemain, en train de prendre leur petit-déjeûner et j'ai droit à deux regards foudroyants. Ci-dessus, photo prise à
Villefranche avec moi debout et mon frère Etienne, 10 ans, sur les genoux de mon père (Septembre 1956).
Ceci dit Villefranche est un petit bijou,
en 1956 du moins





La Chapelle décorée par Jean Cocteau
Et
quelle plage !!!

