BIO 39 1954 Opération des amygdales et Lettre de Brigitte Bardot
On m’enlève les amygdales. Je resterai une bonne semaine à la Clinique Sainte-Rosalie, la clinique préférée de ma mère, qui s'y connait. J'ai mal à la gorge, la cicatrisation est très lente. Ma mère qui adore lire à haute voix, me lit "Le Bossu" de Paul Féval. Cela fait aussi partie de ses mythologies à la con "Si tu ne vas pas à Lagardère, Lagardère iratatoi", et je me souviens avoir écouté aussi mais ça m'intéressait nettement plus, les trois volumes de Flika, l'histoire d'une jument, gros succès de librairie de l'époque, écrit par une certaine Mary o' Hara, si ma mémoire est bonne. Mais ma mère avait censuré certains chapitres, probablement tout ce qui concernait la saillie et les accouchements de cette jument célèbre, à laquelle peut-être, elle s'identifiait inconsciemment. Même les animaux, je ne pouvais pas savoir ce qu'ils faisaient pour avoir des jeunes. Mais je préférais nettement ces histoires de bêtes à celle des mousquetaires de la garde de la Reine. Je pense que le troisième volume devait s'appeler "L'herbe verte du Wyoming" et les deux autres, ça me revient "Mon amie Flika" et " Le fils de Flika".
En 1954, il y a aussi l'épisode Brigitte Bardot. On joue au cinéma " Le portrait de son père" un film de Bertomieu avec Jean Richard et j'ignore pourquoi, nous sommes nombreux dans la classe à aller voir ce navet, qui est un des premiers rôles de BB, dont personne ne parle encore, à cette époque. Et tous, nous avons le coup de foudre pour cette petite bourgeoise et collégienne de Neuilly. Mais je suis le seul à lui écrire via "Ciné-Revue". Et miracle, trois semaines plus tard, BB me répond. L'exhibition de cette lettre dans la cour de récréation, fait un tabac ! La voici ci-dessous




