BIO 36 1953 Saint-Moritz
Eh bien oui, fin septembre 52, nous les collégiens, passons à la "Cuti". La cuti réaction, j'ignore si cela existe toujours, mais le but en était de détecter une tuberculose éventuelle. Et je suis "positif"; je fais ce qu'on appelle une primo-infection tuberculeuse. Enfin, il paraît, je n'y ai jamais cru et n'en ai jamais rien ressenti.
Et on m'envoie faire ma 4e latine à Saint-Moritz dans un établissement bien connu des jésuites de Saint-Servais, l'Institut Montalia, situé à 2000 mètres d'altitude, soit à 200 mètres au-dessus de la vallée de l'Engadine, en fait, une grande villa, complètement isolée dans la montagne. Une directrice anglaise, Mrs Bird, 3 professeurs: Mr Julmy, un Suisse, Mr.Cattaneo un Italien et une dame dont j'ai oublié le nom et qui avait un pied bot (ça par contre je m'en souviens)
Tout cela, pour une quinzaine d'élèves de toutes nationalités, dont l'âge oscillait entre 12 et 18 ans. On pourrait dire, des gosses de riches dont les parents n'avaient pas le temps de s'occuper, ils avaient juste l'argent pour ne pas devoir s'en occuper.
Bref un soir de septembre 1952, me voilà embarqué à la Gare des Guillemins à Liège dans le train de nuit pour Bâle. Je me souviens de ce réveil au petit matin avec les premières montagnes neigeuses. On n'y croit pas parce qu'on a dormi et on n'a rien vu arriver.
A Bâle, changement de train pour Chur (Choir) dans les Grisons, je traverse la Suisse d'Ouest en Est et à Choir, nouveau train pour St Moritz, direction Sud où je vais arriver vers les 17 heures. On vient me chercher à la Gare et on grimpe, on grimpe. Voici sur la photo du bas, St Moritz vu du haut avec un des lacs de l'Engadine, lacs bordés par d'autres petits villages, Campfer, Silvaplana, et enfin Pontresina, et Sils-Maria où je vais rencontrer Nietzsche, 52 ans après sa mort









