Et le docteur, il en bave, parce qu'avant de monter sur le ring pour se faire amocher le portrait, il doit se taper une heure et demie de gymnastique abdominale intensive, en ce compris du saut à la corde, du punching ball, de l'entraînement hors ring, et seulement en fin de course, un mini-combat de 3 x 3 minutes.
Il faut dire qu'après mon mariage, je suis passé de 65 Kgs (pour 1m80) à 78 Kgs, record absolu de ma longue vie (à 70 ans j'en pèse 70). Treize kilos en quelques mois c'est abominable. Un homme marié, heureux et donc replet. "Il engraisse bien" tout le monde est content sauf moi. Donc j'en bave mais je m'accroche et je découvre en sus que je suis doué pour ce sport. Je suis extrêmement rapide et surtout j'ai du punch. Quand ma droite s'allonge, mon adversaire se retrouve allongé, même que ça me fait paniquer, c'est arrivé plusieurs fois. Moi je regarde mon poing, puis le type immobile sur le plancher et je me dis c'est toi qui a fait ça? J'ignore totalement d'où me vient cette force. Tout à coup mon bras droit part en flèche comme un éclair, ça frappe dur et ça fait mouche. et je dois dire que je n'aime pas du tout ça "étendre un type". En fait je me fais peur
Mais sur le plan du style, là on est dans la belle boxe, la boxe escrime, celle de l'esquive. j'apprends beaucoup, avec un coach, qui est champion de France amateur. Ce gars-là quand je l'ai devant moi, je ne parviens pas à le toucher. Il a de ces rotations du tronc et à tous les coups, je frappe dans le vide, tandis que lui me cueille comme une pêche mûre. Et tiens prends celle-là Docteur ...et encore celle-là !. Quelle école, je n'oublierai jamais. J'y resterai plusieurs mois, même pendant mon service militaire qui me laissera finalement libre tous les soirs vers dix-huit heures (vu mon statut d'homme marié et père d' un enfant)
Eh bien nous y voilà au service militaire, le 2 novembre 1964, lendemain de mes 27 ans, à la Caserne Marie-Henriette à Namur, pour une instruction d'un mois. La grande cour en plein brumaire et nous les "Bleus" tout de Kaki vêtus.
Dès mon arrivée,je passe devant un sous-officier de carrière que j'ai déjà croisé à Liège à l''époque, un sorteur lui aussi mais pas du même monde, plutôt le milieu "Roger Claessen" (Roger Claessen fut le Centre-avant du club de football" Le Standard de Liège", une véritable star, incarnant a fond l'esprit liégeois, à savoir, un guindailleur, un rebelle et surtout "Un buteur", mais j'y reviendrai). Il est tout petit le Charlot ( toujours se méfier des petits napoleons ou autres hitlers ou mussolinis-berlusconis-sarkozys, car ils ont un furieux besoin de compenser leur petite taille-Voir Le Dictateur" de Chaplin ) et il me dit " Comment, vous êtes avocat et vous n'êtes pas candidat-Officier???" Non dis-je, ça ne m'intéresse pas. " Mais vous pourriez encore choisir d'être candidat sous-officier" me rétorque ce gentil jeune-homme, qui ne peut imaginer une telle réaction; Et moi "Non, non, je préfère être simple soldat !" Consternation ! Et je continue à remonter le file (nous allons chercher notre uniforme), abandonnant lâchement le jeune sergent Charlot, complètement décontenancé.
Je dois préciser, en effet, que je me suis inscrit au barreau de Liège, sans avoir aucunement l'intention de devenir avocat, à simple fin d'avoir des facilités de sortie (pour aller plaider), pendant mon service militaire. Je trouve donc un patron de stage, Maître Collignon et celui-ci m'introduit en Cour d'Appel où je prête serment devant le ¨Président de la Cour d'Appel Lambinet (d'où les lenteurs de la Justice ) qui n'est autre que le Père d'une amie avec qui je me suis lié d'amitié, à la fin de mon droit, Françoise que voici

ci-dessous. Au mois de septembre, en effet, nous avons eu avec nous à la côte belge cette étudiante, qui est venue s'occuper de Valérie (ägée de deux mois), regardez comme elle est belle, Françoise, sur la plage de Duinbergen, et avec laquelle nous avons beaucoup dialogué. Elle allait par la suite être engagée à l'Institut de sociologie, par le professeur Clemens. A l'époque, elle pensait entrer au couvent. Au lieu de celà, elle est partie en Afrique pendant vingt ans et y a attrapé "le virus africain".
Bref je me retrouve face à son père un mois plus tard et je jure de dire toute la vérité, comme si les avocats disaient la vérité ! Du coup, je suis inscrit à l'ordre des avocats et suis susceptible, à tout moment d'être désigné comme avocat "gratis pro deo" (gratuit), dans des affaires dont personne ne veut, les clients de ces "affaires" n'ayant pas les moyens de se payer un avocat.

