Alors ce mois d'instruction, en novembre 1964 va être dur. Je sais qu'après, je ferai mon service (à savoir les onze mois restants) dans une autre caserne, mais j'ignore encore si ce sera à Liège ou pas. J'ai 27 ans et suis noyé parmi des ploucs de vingt ans. En plus un avocat de 27 ans, simple plouc, ça chiffonne ! En fait tout va très vite. je me laisse transformer en para-commando, avec "treillis", casque et mitraillette Fall. et je passe mes journées à ramper tous terrains,
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à Belgrade sur les hauteurs de Namur (50 ans plus tard ça aurait pu être l'autre Belgrade celui de Milosevic) Rergardez sur cette photo ce qu'on a fait de moi, c'est à peine croyable. je suis à l'exrême gauche ce qui est rare pour un soldat d'une armée légale ( j'ai bien dit légale car Che Guevara n'est pas loin, lui il rampe dans la jungle ) je suis des cours d'instruction militaire (comme si les miltaires avaient de l'instruction ??). Apprendre à démonter ses fusils et ses mitraillettes, au pied de son lit et puis les remonter à toute allure. Le Droit mène à tout. L'appel au lit à cinq heures du matin, cuivres des ceinturons blinquants de sidol, ah le sidol, je vais en bouffer pendanr un an. Nous étions sidolés comme des fridolins ! Et puis la graisse dans les canons et dans les percuteurs et donc évidemment partout autour. Et puis encore les cheveux trops longs et la coupe au bol, évènement qui m'a rapproché très fort de Louis XVI. et les brimades des anciens, la cantine, le ramping en tenue de combat au milieu des grenades bien 
mûres et enfin les épreuves sportives: 100 mètres, 1500 mètres, saut en hauteur, saut en longueur. Je réussis le certificat d'aptitudes physique(ci-dessus à droite) - et puis comme j'ai réussi de bonnes performances, on veut me faire passer des épreuves supérieures mais j'échoue de justesse à cause du 100
mètres; je n'ai jamais été bon dans cette discipline en dépit de mes longues jambes, justement beaucoup trop longues par rapport à mon buste, elles me font pédaler dans la purée. Déja au collège, j'étais bon dans les épreuves d'endurance et nul en vitesse; par contre ces mêmes guibolles me favorisent au saut en hauteur et en longueur. Me revoici sur la photo de droite, le deuxième en partant de la gauche. Comme on peut le voir, je semble bien intégré. le fait que je sois un bon sportif, bien que col blanc, va m'aider, au niveau de mes chefs surtout et il s'avèrera, je l'ignorais absolument, que je vais me révéler être un excellent tireur. Des mois plus tard, couché dans les dunes de Bourg Leopold, je vais au concours de tir, décrocher la deuxième place sur 180. Pour l'armée c'est vraiment très bon. on ne sait jamais si les boches revenaient ?
Il n'empêche que je vais être persécuté par le Sergent Chabot qui m'a pris en grippe. Je ne raconterai qu'une anecdote. Une seule fois sur vingt-huit jours, les épouses sont autorisées à venir nous voir. Toute une cérémonie est prévue dans la cour de la prison, euh pardon, de la caserne. Au réfectoire, le samedi midi, le Sergent me désigne avec trois autres miliciens, pour faire le salut au drapeau. Celà veut dire, mobilisation intégrale et impossibilité de voir Céline qui vient me rendre visite avec des oranges et que je n'ai plus vue, depuis quinze jours . Je râle sec et vers 14 heures, je suis appelé dans la chambre de Chabot qui, couché sur son lit, me fait répéter la parade, le drill, du Salut au Drapeau" Héy goche, goche; à drwète, drwète ". J'exécute tout l'exercice sans problèmes, ce qui est étonnant et voilà que mon chabot me déclare que c'est lamentable et que dans ces conditions, il est exclu que je participe au salut au drapeau. En fait, il me fait une fleur car il sait que ma femme va venir, mais il le fait en espérant m'humilier, dans sa petite tête de militaire de carrière

