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LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


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Site traduit en Allemand :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/de/index.html

 

Site traduit en Anglais :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/en/index.html


Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
  • Contact

Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
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Archives

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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Jetez un oeil dans mes LIENS sur Richard OLIVIER, BIG MEMORY, mon ami Richard, Cinéaste belge, étant sur un gigantesque projet: Filmer tous les CINEASTES BELGES, morts ou vifs. Enfin, un artiste qui s'intéresse à ses pairs !http://www.bigmemory.be

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COHEN Eveybody Knows
Tibetan Song

Je suis sur les blogs pro-tibétains:

www.candle4tibet.org
www.ning.com

VENEZ M'Y REJOINDRE !

Christian VANCAU

13 août 2016 6 13 /08 /août /2016 06:46

Retour à Liège en effet après une année 1961 assez agitée puisqu'elle traverse le Lichtenstein, l'Allemagne, l'Autriche, la Slovénie, la Croatie, la Bosnie, la Macédoine yougoslave, le Montenegro, le Kosovo, la Serbie, la Grèce, l'Angleterre et Paris par deux  fois.
Voici maintenant une affiche électorale retrouvée dans mes archives. Elle date d'Octobre 1964 mais met en scène deux amis dont j'ai déjà

 

Jean-Pierre Grafé. Elections 1964-Alexis Jacquemin

parlé. D'une part Jean-Pierre Grafé, celui qui m'a fait connaître Jacques Brel et deviendra Ministre et Alex Jacquemin dont je viens de parler. Jean-Pierre vit toujours, il doit avoir dans les 80 ans aujourd'hui et milite toujours dans les rangs du Parti Social Chrétien. Alex est décédé, il y a plusieurs années de la maladie d'Alzheimer, à 66 ans  (1938-2004). Inimaginable lorsque l'on se souvient de la santé et de la vitalité de ce garçon, qui a abandonné la politique  rapidement, pour devenir un économiste réputé, conseiller de Jacques Delors et prof d'Université à Louvain-la-Neuve, auteurs de nombreux ouvrages d'Economie (Voir sur Google) et ayant obtenu le Prix FRANCQUI en 1983, comme le montre la photo ci-dessous avec son épouse Brigitte D.- eh oui c'est elle -, recevant ce prix de la main du Roi Baudhuin et de la Reine Fabiola. C'est hallucinant ce milieu dont je faisais partie et que je vais quitter à jamais.
 

Brigitte est venue me voir en 2005, passer la journée et la soirée avec moi. je ne l'avais plus vue depuis 44 ans et elle n'a guère changé. Terriblement affectée par la mort de son mari et de sa longue maladie. Ils ont quatre enfants. Je n'avais revu Alex qu'une seule fois en 1976, chez les Jésuites, au Collège Saint-Servais à Liège, pour le banquet des Réthoriciens de 1956. Dans des cas comme ceux-là, il vaut mieux tout couper mais c'est très dur. En 2005, en écoutant Brigitte et tout ce qu'avait été leur vie, je me suis rendu compte à quel point j'étais loin de leurs mythologies et de leurs choix de vieProf.Alexis Jacquemin-Prix Francqui-1983-Son épouse Brigitte Desaive-

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13 août 2016 6 13 /08 /août /2016 06:29
Bio 71 Paris fin 1961- Le Twist
Richard ANTHONY

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Donc une semaine avant et une semaine après Noël 1961, beaucoup de gens vont transiter par cet apart, véritable aubaine. On y danse le TWIST car on est en plein boum de twist cet hiver-là

 

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: Chubby Checker, Joe Dee et le Bus Palladium de New-York, Richard Anthony. Tout cet hiver 1961-1962, nous danserons le twist (to twist = se tordre ) et encore au printemps 62. A l'époque j'écoute "Luxembourg anglais et j'enregistre les tubes du moment, car mes parents ont un enregistreur "Philips " et à Liège je fais venir des copains et dans la grande pièce du bas, nous dansons le twist frénétiquement. C'est une invasion déferlante obsessionnelle pareille à celle du Rock mais qui sera beaucoup plus brève.
 

Ces deux semaines à Paris, nous allons vivre une fête sans fin. Mon histoire d'amour avec Cécile D. que pourtant je n'ai plus vue depuis un an, est sur le point de se dénouer. Elle est à Paris à l'Hôtel avec deux amies et je sens qu'elle est toujours amoureuse; Moi pas. Il y a Anne D. avec laquelle je suis "sorti" et aussi Monique V. que je connais, qui est assistante en Philo à l'Université de Liège et vient de quitter son mari. Bref un soir je vais les chercher toutes les trois, dans leur chambre d'hôtel, pour sortir twister en boite. J'assiste à leurs préparatifs de soirée, derrière un pan de rideau dans cette chambre exiguë.Trois universitaires intellos assez dingues.Je les emmène en boite. Les autres liégeois nous y rejoignent. Et là entre les twists il y a des slows et Monique V.tombe dans mes bras (et de trois). On flirte à mort sur la piste. Cecile va prendre la chose très mal mais je n'en suis pas conscient, puisque nous ne sommes plus ensemble depuis  un an. Je me retrouve avec Monique la nuit dans le quartier Saint-Germain et Monique me raconte sa nouvelle vie (elle vit à Paris). Elle vit avec un type qui a un bras handicapé. Et ce type elle l'aime. Elle a envie de moi, ça je le sais après des heures de corps à corps, mais elle ne veut pas le tromper. Il est en voyage, il revient demain. Je la reconduis chez elle, Boulevard Saint-Germain. L'ascenseur, le pas de porte. J'entre ou j'entre pas? Non je respecte. Elle est prise c'est tant pis. dernière étreinte folle. On aurait pu ! Hé conard, pourquoi  penses-tu qu'elle t'a fait monter? Et je rentre dans l'ascenseur et de derrière les moucharabiehs, je la regarde sur le pas de sa porte, les yeux dans les yeux "Oh toi que j'eusse aimée, oh toi qui le savais ". L'ascenseur démarre et je disparais lentement sous le palier. Je ne l'ai jamais revue; elle doit m'avoir écrit un jour, elle était dans la dèche. J'ai essayé de l'introduire au Seuil. Jean-Marie l'a reçue mais ça n'a pas marché
Voici la porte d'entrée du n°8 rue Mabillon, au bout de la passerelle

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12 août 2016 5 12 /08 /août /2016 06:38

 

 

Ensuite la fête continue. Imaginez:: "Hé, Vancau a un appartement à Paris !". Les nouvelles vont vite et les liégeois défilent à tours de bras. Arrive une certaine Nicole R.. Je la connais à peine. Beaucoup plus jeune que moi; elle est la petite soeur de mon grand ami de l'époque qui, lui, fait la médecine, Michel R. Elle ne fait pas partie de notre groupe à Liège et j'ignore comment elle surgit. La voici sur la photo du haut. Il y a aussi Paul D. qui fait le droit avec moi et queParis-Editions de Seuil-Jean-Marie Flamand-Rue Mabillon

l'on retrouve sur la photo de bas ainsi que François Weerts et Philippe Witmeur que vous connaissez déjà et bien sûr nous dansons le twist dans l'apart . Nicole R. est une fille à l'humour décapant et on rit beaucoup. Dans l'apart on loge tous dans la même pièce, sur le plancher  car il n'y a que deux lits-divans. Donc sacs de couchage et matelas pneumatiques en pagaille

Arrive le réveillon deNouvel-An. Alors là tout le monde part. Les cons ils retournent en Belgique. Et je me retrouve seul avec Nicole ! Aie, aie, aie !!!. On fait notre petit réveillon entre nous, en copains. Puis on se couche dans le living, elle dans un divan et moi dans l'autre, et on entend les bruits de la ville, des pétards et des coups de klaxons jusqu'aux Champs Elysées. Aucun de nous deux ne parvient à dormir et je dis à Nicole "On va voir" ?.On s'habille rapidement et on sort. Et nous allons marcher et marcher encore à travers Paris en délire. On se croirait à Londre, les rues sont bondées. Spectacle gèant sur les Champs Elysées. On rentrera vers quatre ou cinq heures du matin. Et là ou peut-être déjà dans la rue, nos bouches vont s'emmêler, et puis nos corps et nous rentrerons cette fois dans le même divan-lit.
Un vrai coup de folie ! Ca n'ira pas plus loin que ce flirt de réveillon. Pourtant cette fille habite à Liège, à cinq minutes de chez mes parents. Mais son frère, le futur toubib va me faire la morale: "Moi le vieux sorteur de 24 ans, je n'aurais pas dû " Je l'aimais bien cette fille-là et elle non plus je ne l'ai jamais revue ???

 

Donc Paris en Janvier 1962, ça se termine comme celà, à savoir bien. J'ai voulu vivre l'amour, j'ai été trompé par cet amour et par mon meilleur ami. Pour moi l'amour n'existe pas, c'est un leurre. Je vais donc m'envoyer  toutes les nanas que je croise et suis donc parti pour une brillante carrière "casanovienne".
 

Je reviens péniblement chez mes parents. Ben oui, il n'y a plus de famille D.. Volatilisée. Ce n'est pas une, mais huit personnes que j'ai perdues, plus mon ami Alex. Je suis donc en quatrième année de droit. Je fais semblant d'aller au cours et je me lie avec une bande de joyeux lurons, des fêtards de première, Leon, René son frère, Vivian et tous les autres, ils se reconnaîtront. Presque tous du Droit. Plus jeunes que moi car ils m'ont rattrapé, eux aussi. Une amitié se noue avec Leon P.. Grande famille cointoise. Sa manie, c'est de se foutre à poil n'importe où et n'importe quand. dans les soirées, dans la rue d'Amay, au Pont d'Avroy, au Sanglier à Spa et même carrément dans la luxueuse avenue Lippens au Zoute (Côte belge). A poil avec un chapeau boule et un parapluie. On dirait une toile de Paul Delvaux. Les autres de la bande ne se foutent pas à poil mais ils ont plus d'un gag dans leur sac. Le grand Vivian saute à pieds joints sur les comptoirs des bars. Fagot, le fils de la bijouterie de la place cathédrale, arrache en plein jour et en pleine rue, les calottes de curés, puis traverse la nef de la cathédrale en plein service religieux, fait un cumulet dans le Choeur et réenfile la nef vers la sortie, en saluant la foule de fidèles. Ou alors toute la bande transporte les bacs à fleurs de  la dite place, pour édifier un "massif central". C'est un peu Dada ressuscité ou encore Boris Vian  et "Le Major". Nous oscillons entre trois lieux privilégiés, le Carré à Liège, Spa, la ville d'Eau, et Knokke-le-Zoute. De boite de nuit en boite de nuit. Un côté Fitzgerald , Franz et Zelda (Franz Scotch Ritzgerald comme aimait à le dire Gainsbar )

En dansant le twist rue Mabillon

En dansant le twist rue Mabillon

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12 août 2016 5 12 /08 /août /2016 06:21
CHUBBY CHECKER

Après ce coup de jarnac (décisif mais peu loyal dit le dictionnaire), je pars quelques jour à Paris, en octobre 1961, et je retrouve mon ami Jean-Marie Flamand. Je lui dis que je cherche un hôtel sympa pour la Noël et coup de théâtre, il me propose son apart à Saint-Germain des Prés. Il est absent en fin d'année et je n'ai qu'à m'installer chez lui, pendant les vacances. je n'en reviens pas de cette confiance. En fait son apart, est censé être le service photographique des Editions du Seuil. C'est d'ailleurs inscrit sur la porte. Sa rue est la rue Mabillon,  à deux pas de la rue du Four et sa maison le n°8 fait face au Marché Saint-Germain. Elle est classée dans le guide vert avec le n°10. C'est un endroit de rêve. Une petite passerelle en fer au-dessus d'une fosse à ciel ouvert, l'ancien niveau de la rue, abritant des boutiques d'artisans. Immeuble à grands volets avec des arbres et de la verdure surgissant de la fosse. Je suis au premier étage

Sur la passerelle (voir photo du bas) il y a une tache bleue. L'apart est situé deux niveaux au-dessus à la droite du petit Kiosque enfoncé dans le rez-de-chaussée ( les 3 grandes fenêtres à croisillons ). Une seule restriction à ce cadeau : c'est un immeuble à usage de bureaux, on ne peut pas y loger et Jean-Marie me demande d'être discret. Mais il acceptera tout de même que j'y fasse venir amies et amis de confiance. A deux pas, il y a un restaurant universitaire et il me propose sa carte d'étudiant (en Droit), me donnant droit à des repas, à des prix dérisoires. Le tout en plein Saint Germain des Prés. Je rêve !  On se connait depuis deux mois et il me traite comme si nous étions amis depuis vingt ans (je vais avoir 24 ans, le premier novembre et il en a 22 ). L'appartement est superbe. Un immense living avec une baie et un vieux plancher, une petite cuisine, une salle de bains,une chambre et le télephone, le tout à moins de cinq minutes de l'Eglise Saint-Germain;
 

Sur la photo du bas la fameuse fosse, dans laquelle se trouve un restaurant, c'est l'ancien niveau de la rue et la petite passerelle qui aboutit à la porte d'entrée. Sur la droite, la rue Mabillon et dans le fond, la rue du Four. Juste en face de la maison, le Marché Saint-Germain

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12 août 2016 5 12 /08 /août /2016 06:10

La tension est immense lorsqu'Alex et moi entrons dans un café. Sans ambages, je lui dis ce que je sais. Il me répond franchement que c'est vrai et que Brigitte et lui se sont retrouvé pour toujours. Je le reçois en pleine gueule, reste vissé sur mon siège, puis quitte le café dans un brouillard épais. J'étais à mille lieues de m'attendre à celà. Je venais à propos d'un flirt et j'en ressortais banni à jamais. Je venais de perdre définitivement et la femme que j'aimais et mon meilleur ami. Je n'en voulais pas à Alex. C'est Brigitte qui s'était montrée trop lâche pour me dire la vérité et l'assumer. L'impression d'avoir été un jouet, une emplâtre provisoire de rupture sentimentale, que l'on jette après usage, le jour où l'aimé, le véritable aimé, revient. Et surtout le mensonge. Depuis quand??? Etait-ce la vraie raison du fameux " Je dois réfléchir ", proféré avant les vacances, la vraie raison de ces vacances séparées, de mes lettres d'Oxford, restées sans réponse ?
 

Je ne reverrai jamais Brigitte, sauf une fois dans le couloir de l'Université. Elle attend l'ascenseur. Je m'arrête et on se regarde les yeux dans le yeux, sans un mot. Son regard est plein de détresse. Pourquoi? Et la double porte de l'ascenseur se referme, me laissant seul sur le sol marbré. Que voulait dire ce regard, je ne le saurai jamais. Plus tard, me reviendra une déclaration de la mère de D, à une amie "C'est tout de même nettement plus stable avec Alex qu'avec le précédent " Bon sang mais c'est bien sûr ! Non seulement Alex a terminé son Droit, lui, mais en plus c'est un garçon brillant (trop brillant m'a dit un jour mon père, tu es plus intéressant que lui. Merci Papa ! ). Il est sûr de lui, séduisant, équilibré, rayonnant et au surplus catholique. Le beauf idéal ! Moi je suis un paria, avec des frères et soeur anormaux, tout le monde sait celà, à Liège !
 

Un autre évènement pourrait avoir joué. Quelques mois auparvant, ma mère a essayé d'accaparer Brigitte. Elle l'invite, lui parle, l'emmène visiter des "pauvres",  insinue certainement des choses sur mon compte, ( elle refera le coup avec ma future épouse ). Et le père de Brigitte va réagir très vite. Voici la lettre qu'il a écrite à ma mère, que Brigitte m'a montrée à l'époque et que j'ai recopiée in extenso :

" Madame

J'ai appris par ma femme, que vous avez demandé à ma fille Brigitte, de vous accompagner à Wandre, auprès d'un malheureux auquel vous vous intéressez.

 

Puis- je me permettre de vous prier de ne plus associer Brigitte à des visites de ce genre. J'éprouve une horreur instinctive à l'égard de ces formes de charité, pour des raisons profondes qui tiennent à mon métier et à la perception très personnelle que j'ai de ces choses. Brigitte est encore mineure et son caractère est loin d'être formé. Par surcroît, je l'aime plus que tout au monde et je crains beaucoup pour elle, du fait de son inexpérience de la vie, que j'ai cherché à lui rendre très douce;
 

J'ai d'autant plus de scrupules à vous demander de laisser Brigitte, en dehors de votre vie, que j'éprouve pour votre père et pour son souvenir, une profonde et définitive vénération. Mais il s'agit ici de ma fille et je suis sûr que vous comprendrez.
 

PS. La lettre que je vous ai adressée tout à l'heure, était écrite dans un climat d'irritation dont je dois m'avouer confus. En y pensant cette nuit, j'ai compris que je me devais de vous préciser ma pensée. Ce que je ne souhaite pas, c'est que Brigitte soit, dés maintenant "engagée" Je redoute pour elle l'influence que j'estime morbide, de visites à des gens atteints de misères diverses, dont elle comprend certes la douleur, mais qi représentent pour ceux qui désirent s'en occiuper, l'objet d'une philosophie, dont la pertinence est discutable et dont la compréhension active, exige une grande matutrité.
 

C'est dans cet esprit et dans ce seul esprit, que je vous ai priée, de ne pas associer Brigitte, avant que l'âge ne l'ait marquée de son sceau et ne lui ait donné la puissance critique nécessaire à cette" idéalisation du bienfait", telle que vous semblez la concevoir.
Je suis par éducation et par goût, libre-penseur et adversaire obstiné de toute "empreinte" au sens d'Estaunié. Vous me direz que c'est peut-être sur un plan négatif, en créer une, que d'en éviter une autre, mais très sincèrement, je préfère que Brigitte, pour l'instant, poursuive ses études, dans l'enthousiasme et dans l'allégresse. La vie est longue et elle a tout le temps de souffrir et de voir souffrir les autres, ce qui est plus grave encore.
Je vous demande de me pardonner d'avoir impulsivement apporté un trouble même temporaire, dans le déroulement déjà si lourdement chargé de votre vie intérieure "


Enorme témoignage d'un humaniste, maniant aussi bien la plume que le bistouri. Dommage qu'il se soit cru obligé de s'excuser de la première partie de sa lettre. Ma mère ne méritait certainement pas celà !

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12 août 2016 5 12 /08 /août /2016 06:08
Bio 67 - Oxford - Fin 1961
Bio 67 - Oxford - Fin 1961
Bio 67 - Oxford - Fin 1961

Il est très pudique Jean-Marie, tout en retenue, on pourrait dire "froid" carrément. Et je ne me rends pas compte que je deviens peu à peu, un ami pour lui, car il ne le montre pas; il ne le montrera que lorsqu'il sera revenu en France, j'y reviendrai.
 

Il y a aussi une autre parisienne, Aline Jaumin, amie de Cécile. Elle habite Neuilly et bien entendu adore les chevaux. C'est chez elle que je vais me retrouver deux mois plus tard, en bordure de l'hippodrome de Longchamps, invité à un dejeûner très chic avec un père très "Jacques Monod" ( l'acteur français ), présidant la table avec ses bottes d'équitation brun foncé. Ce jour-là, je me retrouve dans la bonne société de Neuilly, ce qu'on fait de plus chic en France, dans le style snobinard ! Je suis très mal à l'aise. Aline est gentille mais assez con et devinez,, je vous le donne en mille, elle a une culotte de cheval, une vraie, vu ses cuisses arquées. Elle aurait pu aller à cheval, sans culotte, comme Lady Godiva ou comme la Taylor dans le film de Huston "Reflets dans un oeil d'Or" (avec Brando et d'après le livrre de Carson Mc Cullers).
 

Le soir nous irons voir un spectacle branché, mais pas con (ça doit être un accident) .
 On donne "La Mouette" deTchékov, avec Delphine Seyrig et Sacha Pitoëff. Magnifique. La "Delphine" est alors en pleine percée grâce à "L'année dernière à Marienbad " d'Alain Resnais. Femme ethérée, avec son petit " seveu" (et non pas seval) sur la langue. Delphine "Férig" est maigre comme un clou, bref vraiment pas mon genre. Mais ce soir-là, je fais tout de même la connaissance deTchekov.

 

Mais retournons à Oxford, deux mois en arrière. Cécile la parisienne et moi, nous nous entendons bien, mais il ne s'est rien passé entre nous. En effet mon coeur est toujours "embrigitté". je lui ai écrit plusieurs fois à Brigitte mais elle ne m'a pas répondu si ce n'est une miniscule lettre très froide. J'ai mal. Je me souviens, c'est le dernier jour, Cécile et moi sommes dans un parc oxfordien, au pied d'un arbre colossal, nous savons que nous allons nous quitter, c'est notre dernière promenade anglaise et au moment où je me penche vers elle, je sens qu'elle et prête pour un baiser d'amour et conard je l'embrasse sur la joue et me recule aussitôt. Nous nous regardons longuement, sans dire un seul mot, sous un grand tilleul, Adam et Eve revus par Cranach et elle comprend. je ne peux pas, j'aime Brigitte. Brigitte qui ne répond pas à mes lettres. Elle le sait, je lui ai tout raconté. Adieu petite Cécile. On s'est écrit plusieurs fois, mais tu n'étais pas là lors de mon séjour chez ton amie Aline à Paris en Octobre. Par la suite quelques années après, tu m'as annoncé ton mariage avec un certain Thomas Ferenczi. Je me suis demandé si c'était un descendant du grand ami et disciple de Freud. il reste de nous deux cette photo au pied de la Tour de Londres (voir photo page précédente). C'est la seule trace de nos destins croisés on pourrait dire de nos "coeurs croisés"  (de Playtex bien entendu)
 

C'est donc le retour à Liège fin septembre; tout est nébuleux pour moi, aujourd'hui encore. Brigitte m'annonce par téléphone, car je ne l'ai même pas revue seul à seule, qu'elle a organisé une soirée chez elle pour son anniversaire (et je suis même invité, quel honneur !). C'est une catastrophe. Brigitte est froide et absente dés mon arrivée. Je me mets à picoler. Je voudrais bien qu'on m'explique. Et je me laisse draguer par une amie de Brigitte, Madeleine, une femme mariée, couple libre, qui me lorgne depuis quelque temps déjà, et qui, ce soir-là, sent la faille, à moins qu'elle ne soit au courant de quelquechose et comme Madeleine elle aime tant ça, on s'embrasse à bouche que veux-tu avec ostentation; pour moi ce n'est q'une vengeance par rapport à l'indifférence de Brigitte et à son silence pendant tout mon séjour en Angleterre. Et je suis loin de me douter de ce qui se passe en réalité, sinon je l'aurais couchée à même le carrelage, en pleine surboum," la Madeleine elle aime tant ça"
 

J'apprendrai les jours suivants que Brigitte a pleuré. Ele est choquée. Quelle merveilleuse occasion pourtant de pouvoir retourner la situation à son avantage. Au fait quelle situation???
 

Quelques jours plus tard, Philippe Witmeur, celui de Florence et de Saint-Tropez, me téléphone pour me dire que pendant mon séjour en Angleterre, il a participé à une soirée où Brigitte et Alex, mon meilleur ami, donc l'amante et l'ami, flirtaient ostensiblement. Coup de massue ! Avec Alex, Philippe et un certain François Weerts, nous formons un groupe d'amis, surnommé" la bande des quatre". Sur la photo du bas, nous voici de gauche à droite, François, Philippe, moi et Alex, à l'extrême droite, photo prise lors d'une boum. Sur la photo du haut dans ma chambre chez mes parents à Liège, Philippe et Alex lors d'une soirée bien arrosée

Coup de massue ah mais bon sang mais c'est bien sûr, tout s'e
Professeur Alexis Jacquemin à 22 ans-Christian vancau-Liege-Rue du Snapeux-1961xplique, enfin !! Je

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

télephone direct à Alex et lui donne rendez-vous dans un café de la Rue Saint-Gilles. Il accepte immédiatement et sans commentaires. Je me revois descendant la rue Saint-Gilles; je viens de chez mes parents, oui je marine toujours chez mes harengs, mais plus pour longtemps. J'aperçois de loin la silhouette d'Alex qui, lui, vient du boulevard d'Avroy. Nous marchons à la rencontre l'un de l'autre. La rue Saint-Gilles est déserte, ça doit être un dimanche, sinon c'est impensable une rue Saint-Gilles déserte. Nous sommes dans une scène de "Western Spaghetti", musique de Morricone "Il était une fois dansl'Ouest"; Nous

 

 

Nous avons nos colts à la ceinture. Qui va dégaîner le premier ???....

 

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12 août 2016 5 12 /08 /août /2016 06:01
RAY CHARLES

 

De retour en Belgique je repars directement en septembre à Oxford. Mon père, un fou d'Angleterre où il a vécu pendant 5 ans, m'a inscrit à des cours d'anglais à Oxford cette fois et non plus à Londres, comme en 1957. Je loge chez un chirurgien, ami de mon père. Je suis dans une grande tristesse car je l'aime vraiment Brigitte et ça ne m'arrange pas du tout de repartir, sans même l'avoir revue. Oxford va néanmoins me distraire car je vais tomber sur une bande de Parisiens et ça va laisser de fameuses traces dans ma vie. Tous les élèves de cette session de septembre sont répartis dans différentes universités disséminées dans un parc immense, toutes nationalités confondues, et selon leur état de connaissance de la langue. Dans ma classe, il y a une parisienne sur le même banc que moi et dés le premier jour, nous sommes pris de fou-rires inextinguibles, qui nous mettent les abdominaux en compote. Nous avons le même humour caustique et rien que d'entendre les Espagnols parler l'anglais, ça nous tue. On dirait qu'ils continuent à parler leur langue et on ne comprend rien du tout. Ma condisciple est une blonde toute fine, avec un visage à la Lucas Cranach (qu'on ne présente plus). Elle s'appelle Cécile Vidart. La voici avec moi lors d'une sortie à Londres où nous venons d'acheter le premier 45 tours de Ray Charles "What 'd'I say " qui fait fureur. Mais qu'est-ce que je fous en chemise et en cravate, moi??? C'est dingue, avec en plus mon trench sur le bras. Ben oui on est en Angleterre ! Et en plus la parisienne n'a rien trouvé de mieux que de porter une jupe écossaise
Donc ces espagnols. Remarquez les français ce n'est pas beaucoup plus brillant, eux aussi gardent leur accent quand ils parlent une langue étrangère mais je dois reconnaître que ma nouvelle French Girl, elle, par contre cause très bien le British avec un bon accent. Elle en est à son dixième séjour en Angleterre et en plus elle a l'oreille misicale (en forme de trombone)...

 

On ne va pas se quitter pendanr trois semaines. Après les cours du matin, on fait du stop dans la campagne anglaise et on va à Londres, une des villes les plus bruyantes que je connaisse. Et puis tous les jours on se retrouve à midi dans la petite ville d'Oxford, dans un resto chinois, avec tous les amis et amies de Cécile, tous parisiens. Chacun vit dans des tunes différentes, sauf moi qui vis chez le chirurgien et sa femme, une esoèce de jeune et gentille Queen Elisabeth, tout à fait inoffensive. Lui, par contre est assez drôle, fou de France, avec une bonne cave de vins français. Ont-ils des enfants? Je ne me souviens pas. En fait je suis juste chez eux pour loger. Et en plus, à Oxford, je suis invité partout parce que j'ai ma guitare avec moi. Si mes diners sont franco-anglais, mes soirées sont parisiennes.Et c'est ainsi que je rencontre au" Chinois" un charmant garçon de mon âge, que Cécile me présente. Il s'appelle Jean-Marie Flamand. Quant un gantois comme moi, donc flamand tombe sur un parisien "FOxford-1961-Editios du Seuil-Jean-Marie Flamandlamand" on est en droit de se poser des questions.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce garçon, très classe, a mon âge et j'apprends rapidement qu'il est le fils du directeur des Editions du Seuil, le fils aîné de surcroît, donc, destiné à reprendre les affaires de son père.. La littérature est de retour. Après la bibliothèque du Docteur D.à Liège quelques mois plus tôt, voici l'héritier du "Seuil" à Oxford, avec entre les deux un amour agonisant au pied du Parthénon
 

Nous voici d'ailleurs dans la chambre d'un anglais à Oxford. L'anglais et moi sommes à la guitare, et derrière nous, il y a Jean-Marie, tout de noir vêtu et Cécile. L'autre fille je ne me souviens plus. Nous devons sûrement jouer du Rock, je me vois mal jouer du Brassens avec un anglais.
 

Donc là au restaurant chinois, avec Jean-Marie, nous avons sympathisé tout de suite. Il fait son Droit comme moi et nous avons des discussions philosophiques et littéraires passionnées. Nous aimons Albert Camus tous les deux, et Vian, mais on parle aussi de Malraux. Lui, qui est dans la littérature jusqu'au cou depuis son enfance rencontre un interlocuteur de vingt-trois ans, un belge (qui normalement ne devrait s'intéresser qu'aux frites) avec lequel il peut parler romans et auteurs, chose rare quans je vois le peu de gens avec lesquels je puis aujourdhui parler " bouquins". Chez moi, à Moircy en Belgique, j'ai des livres dans toutes les pièces( plus de 2000) et il arrive rarement que des gens regardent mes bibliothèques, et s'ils regardent, la plupart du temps, ils n'ont pas lu les livres qui s'y trouvent. Notre vingt et unième siècle est d'une inculture rare et plus grave, sans cesse grandissante. J'en suis effaré !

 

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11 août 2016 4 11 /08 /août /2016 10:16

Etrange ahmosphère, dans cette yougoslavie du Sud. On y côtoie à la fois, Byzance et l'Islam. Il y a des minarets et des muezzins en chair et en os. C'est notre premier contact avec l'Orient et rien que de ce fait, c'est inoubliable. On loge sous tente ou même souvent à la belle étoile. Camping sauvage, il n'y en a pas d'autres
 

 Sur cette photo le village d'Andriyevitza, typique des villages que nous allons traverser avant de piquer sur la Grèce via Skoplje et Salonique
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et voici une partie de notreiitinéraire. Il faut signaler que rien que la côte Dalmate le long de l'Adriatique fait près de 1200 Kms

 

  En bas de page, on peut voir quelques  photos, celles du fascinant lac d'Okhrid, situé au Sud-Ouest de Skopje (Macédoine Yougoslave) et jouxtant la Grèce et l'Albanie. Les montagnes sont albanaises.

Et la voiture tient le coup et Pierre et moi brûlons de retrouver nos petites fiancées. Enfin moi je ne sais plus. J'attends toujours la réponse de Brigitte. Je sais qu'elle est à Hydra. Je suis troublé, inquiet, je ne comprends pas

 

Alors nous décidons de continuer et de traverser la Grèce de part en part. Les chemins rouges et poussiéreux de la Macédoine ne m'excitent pas particulièrement. Mais je me souviens de Salonique. Levé tôt comme toujours et un peu pèté de la veille, je me hasarde dans un monastère perché sur un piton rocheux et désertique et me retrouve entouré de popes et de fidèles en train de chanter des chants grégoriens. Je n' y comprends rien car nous sommes vraiment à l'aube. De nouveau en Grèce cette fois, je me retrouve aux Portes de l'Orient, entouré de ces voix graves et presque caverneuses qui me font penser à celle des moines tibétains. C'est un souvenir très prenant.
 

 Deux jours pour arriver à Athènes, qui me fait une sale impression: ville sale justement, un trafic épouvantable, ville laide finalement. Heureusement il y a les collines environnantes illuminées: Parthenon, Erechteyon e tutti quanti. Et c'est là que nous retrouvons nos compagnes. Mes souvenirs sont brouillés. Un après-midi au Cap Sounion sur la plage avec Brigitte et surtout une longue promenade, sur la colline boisée du Parthénon (enfin boisée c'est beaucoup dire), par une chaude nuit d'été; une promenade d'amoureux dans la Grece antique, sous les pieds noirs des cariatides, avec, dans mes tripes, une question sans réponse que je n'ose plus poser. Et c'est sans réponse que je vais remonter en Belgique via Skoplje, Belgrade et Zagreb
 

Adieu Athènes, vécu dans la souffrance, hélas. Voici deux vues du Cap Sounion. Le seul bain de mer pris avec Brigitte. Il n'y en aura jamais d'autre
Cap Sounion-Athenes 1961
Et Voici le lac d'OHRID en question (Pron.OKrid)On remarquera le Monastère Byzantin. Il y en a des tas dans la ré
gion

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11 août 2016 4 11 /08 /août /2016 09:52
 
TWIST à Saint-Tropez

Et voilà le travail. Les deux petits cons. Je suis à droite sur la photo et on s'y croit tous les deux. BB a acheté La Madrague deux ans auparavant. Elle m'y avait invité et puis il y a eu son fils Nicolas et le tournage pénible dans "La Vérité" avec ce sadique de Clouzot, cet été 1960 et donc elle n'est pas là car elle tourne et elle est très mal. Elle fera une tentative de suicide le 22 septembre 1960 et je n'entendrai plus jamais parler d'elle. Voilà comment je ne suis jamais allé à la Madrague.

Saint Trop. bat son plein, Vachon, Sénéguier, boutiques branchées et Yachts étincelants dans le port. Terrasses bondées, chaleur tropicale, nous sommes en juillet et nous allons tous les soirs danser chez Palmyre.Je ne sais même plus où nous avions planté notre tente, nous avons si peu dormi.

Chez Palmyre, Philippe et moi, draguons la même fille, en l'invitant à danser tour à tour, une liégeoise inconnue, Roselyne, qui campe dans la caravane d'une famille de médecins liégeois, les Weeckers ( l'illustre Fafa, ce rouquin grand et mince) . Elle a quelquechose de Kim Novak, donc c'est pas un boudin et nous la baratinons à qui mieux mieux; j'apprends alors qu'elle est sortie avec mon meilleur ami Alex J.(dont je reparlerai), qui, lui aussi, fait son droit, mais m'a largué dés la deuxième année, en se payant une Grande Distinction, ce qu'il rééditera jusqu' à la fin de ses études. En fin de parcours le petite Roselyne (Elle s'appelle Desseir en plus, comment résister), me choisit en se laissant aller tout  contre moi. Philippe est beau joueur. Il tente sa chance ailleurs, tandis que j'emmène ma nouvelle compagne, au clair de lune, dans les taillis de Saint-Tropez, face à la baie, dans cette chaude nuit d'été.

En fait mon ami Alex l'avait quittée pour une autre fille, Brigitte D. dont je ferai la connaissance plusieurs mois plus tard, à Unterwasser dans la Lichtenstein, aux Sports d'hiver.. Et voilà pour mon idylle Saint Tropézienne. Faute de BB, on mange des Roselynes. Je ne l'ai jamais revue, jamais plus entendu parler d'elle. Pourtant après les vacances nous sommes rentrés dans la même ville, Liège
De retour dans notre ville, Philippe viendra étudier sa deuxième session ches mes parents. Etudier en bronzant à savoir échouer tous les deux en deuxième session.

 

Me revoici donc à nouveau au 1er Doctorat, après une assez brève aventure avec une certaine Véronique S., fille d'un incivique belge notoire, fusillé à la Libération (José S. Voir le livre d'Assouline sur Hergé). Elle a une soeur Isabelle et un frère Dominique. Leur mère s'est remariée avec Franz, un infirmier hongrois, qui travaille à la Clinique de mon père. Elle est charmante Véronique et on s 'entend très bien mais elle me dit que je suis un séducteur et que je ne serai jamais fidèle à une femme. Mais où donc est-elle allé chercher celà??? Notre aventure aurait pu continuer. En plus nous habitions le même quartier. Un jour, je suis allé la revoir et je l'ai retrouvée, fiancée à un type de mon âge que je connaissais bien, un journaliste de la RTB, Michel F. et donc j'ai laissé tomber. Mais que sont donc, tous ces gens, devenus?
 

Et nous voici aux vacances de Noêl 1960. Je me laisse embarquer dans un groupe de liégeois, en partance pour les  sports d'hiver. Les liégeois, je les connais. Les Herbier, frère et soeur, Alain Germeaux, Jean-Michel Paulus, le fils de mon prof de psycho, Christiane R. (L'ex-fiancée de JPG dont j'ai déjà parlé et Brigitte D. que je connais seulement de vue, une des plus jolies filles de Liège à l'époque, c'était du moins ce qu'on en disait; et côté bruxellois, les frères Vandemeersche (l'un d'entre eux est devenu plus tard un présentateur vedette du Journal Télévisé à la Télévision belge )
 

Destination: Unterwasser dans le Liechtenstein. un chalet à notre usage exclusif. Nous sommes dix-sept je crois. Des gens que je ne fréquente guère pendant l'année. Très sains et très sages. Je vais retrouver le ski, ce qui m'excite, car j'en suis privé depuis 1954 ( Saint-Moritz ). Je suis dans la même chambre que Jean-Michel P., un garçon très bien (et aussi hélas un grand moraliste. Dieu me préserve des moralistes; rien de plus chiant). Nous avons le même humour. Futur toubib, il partira aux USA et épousera une américaine.
 

Nous skions à longueur de journée. J'ai du mal à me ramasser car j'ai perdu le pied, enfin la main du pied. Mais je m'acharne comme toujours et ça revient peu à peu. Le stem, puis le christiania. Sur la photo, on nous voit, nous arnacher pour la grande descente(On s'arnache puis on s'acharne ...) Oui c'est moi au milieu et Brigitte à ma droite

 

Unterwasser 1960-Ski-Bio de ChristianVancau

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11 août 2016 4 11 /08 /août /2016 08:48

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alors un soir du mois de Juin, par une belle nuit étoilée, à une terrasse donnant sur la Meuse, près du Palais des Congrès, je demande à Brigitte si elle veut m'épouser, pas dans l'immédiat bien sûr, mais disons s'y préparer à faire sa vie avec moi. Je suis sûr de son oui car notre entente est parfaite; je suis donc stupéfait lorsqu'elle me dit après un long silence interminable "Je dois encore réfléchir". Une onde de froid me parcourte l'échine. je ne comprends pas cette hésitation ou plutôt je la comprends trop bien, il y a un vrai problème quelquepart, mais lequel ? Effectivement ma demande a déjà enclenché le" début de la fin"
 

Voici donc les grandes vacances d'août. Avec Pierre, le frère de Brigitte, le futur journaliste et un ami commun Yves de Seny, nous avons programmé un voyage en Yougoslavie. C'est Pierre qui a tout organisé, son but principal étant de visiter les monastères byzantins et leurs "Pantocrators" (fresques représentant le Dieu tout-puissant, sous la figure du Christ car lui aussi s'intéresse à l'art comme sa soeur. Mais comme nous sommes tous deux de piètres conducuteurs, nous sollicitons Yves, pour piloter la vielle Ford Taunus 17 M que nous allons louer pour partir là-bas. Pierre est fiancé à une certaine Claudine. Et Claudine part avec Brigitte en Grèce, dans les îles (Hydra) , ce qui est tout à fait délirant. Pourquoi ne pas partir avec nos "fiancées". Qui a emmenché ce scénario? Car officiellement je suis toujours avec Brigitte, qui a simplement demandé à réfléchir. Nous avons néanmoins le vague projet, si nous arrivons jusque là avec notre tank, de les retrouver à Athènes.
 

Bref en août 1961, nous voici tous les trois sur les routes yougoslaves. L'autoroute allemand via Plitvitce, avant d'aborder la côte Dalmate en Croatie. On se croirait en Afrique car même sur la côte, il n'y a pas encore de route macadamisée entre Rijeka et Zadar. A l'époque, la route côtière est un chemin de terre et de pierres et quelles pierres. Après Zadar, ça va mieux mais il est clair que le tourisme n'est pas encore organisé dans la Yougoslavie de Tito. Nous découvrons Split, cette ville construite à l'intérieur d'un des palais de Dioclétien au bord de la mer. Nous sommes contactés discrètement la-bas par des étudiants croates, adversaires du régime de Tito et partisans de son ex- ami, emprisonné par ce mêmeTito, le fameux Milovran Djilaz, qui a écrit "La Nouvelle Classe dirigeante" critique acerbe du régime titiste.Ces étudiants cherchent à établir des contacts avec 'l'Occident" (sic) Puis nous piquons sur Dubrovnik, la Venise du Sud, l'ancienne Raguse, ensuite sur la Macédoine Yougoslave et le Montenegro (tzerna Gora en Serbo-croate= Montagne noire) en traversant au Sud de Dubrovnik, les fascinantes bouches du Kotor    pour nous retrouver au bors de cet immense lac d'Okhrid, ceinturé par trois pays, la Yougoslavie, la Grèce et l'Albanie. Nous sommes donc à la frontière albanaise, infranchissable, en pleine dictature d'Enver Hodja, Albanie envahie par les chinois à l'époque, car il y a des accords entre les deux pays. De là nous nous enfonçons dans les terres vierges, rouges et musulmanes du Montenegro et du Kosovo et arrivonsà Pec

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(prononcez Petch) et à son monastère. Nous sommes complètement dépaysés, entourés de Musulmans, dans une région aride, rurale et pauvre; c'est un saut dans le temps que nous faisons, le temps de la guerre des Balkans (1912-1913 ). Nous roulons sur des routes caillouteuses et poussièreuses à du 40 Kms/heure. Et nous entrons en plein Kosovo dans ce village de Petch avec son célèbre Monastère byzantin et une mini-mosquée. Nous sommes les seuls touristes et notre entrée dans chaque village provoque un émoi évident; notre voiture est rapidement recouverte de gosses et entourée d'adultes; Ils nous demandent des cigarettes, du chocolat, des dollars. le tout en Serbo-croate, langue que je n'apprendrai que plus tard à l'occasion de mes  nombreux voyages en Yougoslavie, fin des années soixante, car je vais véritablement m'attacher à ce pays, qui en fait en contient 6 d'où sa diversité. LaSlovénie et la Croatie de Zagreb, c'est l'Autriche. La côte Dalmate et L'Istrie, c'est l'Italie. En Serbie nous sommes en Russie, en Bosnie, au Montenegro et au Kosovo, nous sommes plongés dans l'Islam et on commence à sentit le souffre de l'Orient

Petch-Kosovo-1961-Okhrid-Bouches du Kotor

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