Donc une semaine avant et une semaine après Noël 1961, beaucoup de gens vont transiter par cet apart, véritable aubaine. On y danse le TWIST car on est en plein boum de twist cet hiver-là
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: Chubby Checker, Joe Dee et le Bus Palladium de New-York, Richard Anthony. Tout cet hiver 1961-1962, nous danserons le twist (to twist = se tordre ) et encore au printemps 62. A l'époque j'écoute "Luxembourg anglais et j'enregistre les tubes du moment, car mes parents ont un enregistreur "Philips " et à Liège je fais venir des copains et dans la grande pièce du bas, nous dansons le twist frénétiquement. C'est une invasion déferlante obsessionnelle pareille à celle du Rock mais qui sera beaucoup plus brève.
Ces deux semaines à Paris, nous allons vivre une fête sans fin. Mon histoire d'amour avec Cécile D. que pourtant je n'ai plus vue depuis un an, est sur le point de se dénouer. Elle est à Paris à l'Hôtel avec deux amies et je sens qu'elle est toujours amoureuse; Moi pas. Il y a Anne D. avec laquelle je suis "sorti" et aussi Monique V. que je connais, qui est assistante en Philo à l'Université de Liège et vient de quitter son mari. Bref un soir je vais les chercher toutes les trois, dans leur chambre d'hôtel, pour sortir twister en boite. J'assiste à leurs préparatifs de soirée, derrière un pan de rideau dans cette chambre exiguë.Trois universitaires intellos assez dingues.Je les emmène en boite. Les autres liégeois nous y rejoignent. Et là entre les twists il y a des slows et Monique V.tombe dans mes bras (et de trois). On flirte à mort sur la piste. Cecile va prendre la chose très mal mais je n'en suis pas conscient, puisque nous ne sommes plus ensemble depuis un an. Je me retrouve avec Monique la nuit dans le quartier Saint-Germain et Monique me raconte sa nouvelle vie (elle vit à Paris). Elle vit avec un type qui a un bras handicapé. Et ce type elle l'aime. Elle a envie de moi, ça je le sais après des heures de corps à corps, mais elle ne veut pas le tromper. Il est en voyage, il revient demain. Je la reconduis chez elle, Boulevard Saint-Germain. L'ascenseur, le pas de porte. J'entre ou j'entre pas? Non je respecte. Elle est prise c'est tant pis. dernière étreinte folle. On aurait pu ! Hé conard, pourquoi penses-tu qu'elle t'a fait monter? Et je rentre dans l'ascenseur et de derrière les moucharabiehs, je la regarde sur le pas de sa porte, les yeux dans les yeux "Oh toi que j'eusse aimée, oh toi qui le savais ". L'ascenseur démarre et je disparais lentement sous le palier. Je ne l'ai jamais revue; elle doit m'avoir écrit un jour, elle était dans la dèche. J'ai essayé de l'introduire au Seuil. Jean-Marie l'a reçue mais ça n'a pas marché
Voici la porte d'entrée du n°8 rue Mabillon, au bout de la passerelle


