Il est très pudique Jean-Marie, tout en retenue, on pourrait dire "froid" carrément. Et je ne me rends pas compte que je deviens peu à peu, un ami pour lui, car il ne le montre pas; il ne le montrera que lorsqu'il sera revenu en France, j'y reviendrai.
Il y a aussi une autre parisienne, Aline Jaumin, amie de Cécile. Elle habite Neuilly et bien entendu adore les chevaux. C'est chez elle que je vais me retrouver deux mois plus tard, en bordure de l'hippodrome de Longchamps, invité à un dejeûner très chic avec un père très "Jacques Monod" ( l'acteur français ), présidant la table avec ses bottes d'équitation brun foncé. Ce jour-là, je me retrouve dans la bonne société de Neuilly, ce qu'on fait de plus chic en France, dans le style snobinard ! Je suis très mal à l'aise. Aline est gentille mais assez con et devinez,, je vous le donne en mille, elle a une culotte de cheval, une vraie, vu ses cuisses arquées. Elle aurait pu aller à cheval, sans culotte, comme Lady Godiva ou comme la Taylor dans le film de Huston "Reflets dans un oeil d'Or" (avec Brando et d'après le livrre de Carson Mc Cullers).
Le soir nous irons voir un spectacle branché, mais pas con (ça doit être un accident) .
On donne "La Mouette" deTchékov, avec Delphine Seyrig et Sacha Pitoëff. Magnifique. La "Delphine" est alors en pleine percée grâce à "L'année dernière à Marienbad " d'Alain Resnais. Femme ethérée, avec son petit " seveu" (et non pas seval) sur la langue. Delphine "Férig" est maigre comme un clou, bref vraiment pas mon genre. Mais ce soir-là, je fais tout de même la connaissance deTchekov.
Mais retournons à Oxford, deux mois en arrière. Cécile la parisienne et moi, nous nous entendons bien, mais il ne s'est rien passé entre nous. En effet mon coeur est toujours "embrigitté". je lui ai écrit plusieurs fois à Brigitte mais elle ne m'a pas répondu si ce n'est une miniscule lettre très froide. J'ai mal. Je me souviens, c'est le dernier jour, Cécile et moi sommes dans un parc oxfordien, au pied d'un arbre colossal, nous savons que nous allons nous quitter, c'est notre dernière promenade anglaise et au moment où je me penche vers elle, je sens qu'elle et prête pour un baiser d'amour et conard je l'embrasse sur la joue et me recule aussitôt. Nous nous regardons longuement, sans dire un seul mot, sous un grand tilleul, Adam et Eve revus par Cranach et elle comprend. je ne peux pas, j'aime Brigitte. Brigitte qui ne répond pas à mes lettres. Elle le sait, je lui ai tout raconté. Adieu petite Cécile. On s'est écrit plusieurs fois, mais tu n'étais pas là lors de mon séjour chez ton amie Aline à Paris en Octobre. Par la suite quelques années après, tu m'as annoncé ton mariage avec un certain Thomas Ferenczi. Je me suis demandé si c'était un descendant du grand ami et disciple de Freud. il reste de nous deux cette photo au pied de la Tour de Londres (voir photo page précédente). C'est la seule trace de nos destins croisés on pourrait dire de nos "coeurs croisés" (de Playtex bien entendu)
C'est donc le retour à Liège fin septembre; tout est nébuleux pour moi, aujourd'hui encore. Brigitte m'annonce par téléphone, car je ne l'ai même pas revue seul à seule, qu'elle a organisé une soirée chez elle pour son anniversaire (et je suis même invité, quel honneur !). C'est une catastrophe. Brigitte est froide et absente dés mon arrivée. Je me mets à picoler. Je voudrais bien qu'on m'explique. Et je me laisse draguer par une amie de Brigitte, Madeleine, une femme mariée, couple libre, qui me lorgne depuis quelque temps déjà, et qui, ce soir-là, sent la faille, à moins qu'elle ne soit au courant de quelquechose et comme Madeleine elle aime tant ça, on s'embrasse à bouche que veux-tu avec ostentation; pour moi ce n'est q'une vengeance par rapport à l'indifférence de Brigitte et à son silence pendant tout mon séjour en Angleterre. Et je suis loin de me douter de ce qui se passe en réalité, sinon je l'aurais couchée à même le carrelage, en pleine surboum," la Madeleine elle aime tant ça"
J'apprendrai les jours suivants que Brigitte a pleuré. Ele est choquée. Quelle merveilleuse occasion pourtant de pouvoir retourner la situation à son avantage. Au fait quelle situation???
Quelques jours plus tard, Philippe Witmeur, celui de Florence et de Saint-Tropez, me téléphone pour me dire que pendant mon séjour en Angleterre, il a participé à une soirée où Brigitte et Alex, mon meilleur ami, donc l'amante et l'ami, flirtaient ostensiblement. Coup de massue ! Avec Alex, Philippe et un certain François Weerts, nous formons un groupe d'amis, surnommé" la bande des quatre". Sur la photo du bas, nous voici de gauche à droite, François, Philippe, moi et Alex, à l'extrême droite, photo prise lors d'une boum. Sur la photo du haut dans ma chambre chez mes parents à Liège, Philippe et Alex lors d'une soirée bien arrosée
Coup de massue ah mais bon sang mais c'est bien sûr, tout s'e
xplique, enfin !! Je
télephone direct à Alex et lui donne rendez-vous dans un café de la Rue Saint-Gilles. Il accepte immédiatement et sans commentaires. Je me revois descendant la rue Saint-Gilles; je viens de chez mes parents, oui je marine toujours chez mes harengs, mais plus pour longtemps. J'aperçois de loin la silhouette d'Alex qui, lui, vient du boulevard d'Avroy. Nous marchons à la rencontre l'un de l'autre. La rue Saint-Gilles est déserte, ça doit être un dimanche, sinon c'est impensable une rue Saint-Gilles déserte. Nous sommes dans une scène de "Western Spaghetti", musique de Morricone "Il était une fois dansl'Ouest"; Nous

Nous avons nos colts à la ceinture. Qui va dégaîner le premier ???....




