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LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


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Site traduit en Allemand :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/de/index.html

 

Site traduit en Anglais :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/en/index.html


Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
  • Contact

Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Jetez un oeil dans mes LIENS sur Richard OLIVIER, BIG MEMORY, mon ami Richard, Cinéaste belge, étant sur un gigantesque projet: Filmer tous les CINEASTES BELGES, morts ou vifs. Enfin, un artiste qui s'intéresse à ses pairs !http://www.bigmemory.be

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Je suis sur les blogs pro-tibétains:

www.candle4tibet.org
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VENEZ M'Y REJOINDRE !

Christian VANCAU

14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 06:49

Je me renseigne donc, sur ce fameux Jury Central dont tout le monde parle, auprès de quelques personnes qui ont tenté l'expérience et je commence à rassembler des cours de différents professeurs des universités de Louvain, Bruxelles et Liège, ceux qui ont, le plus souvent fait partie du Jury Gentral dans les dernières années, mais leur participation est sans garantie d'une année à l'autre. C'est une vraie loterie !
 

En plus Céline a arrêté de travailler depuis l'arrivée de notre fille. C'est donc de l'équilibrisme car, à l'mprimerie je suis payé à la page, sans aucune garantie ni contrat d'emploi. Mon père va me verser provisoirement une  pension alimentaire sur laquelle je serai taxé. Ca me dérange mais je n'ai pas le choix et lui, le fait, parce qu'il y a survenance d'enfant. Il réalise aussi que je fais ce que je peux, en travaillant et en me tapant en plus, l'obtention d'un diplôme, enfin en essayant de relever ce défi, assez insensé.
 

Je n'ai donc rien de spécial à raconter sur ce premier semestre 1964, si ce n'est que je me retouve un jour du mois de Juin, à Bruxelles, au Jury Central avec Céline qui va chez son frère à Schaerbeek pendant que je passe mes examens. Je vais donc m'enfiler comme dans un rêve, les écrits le matin et tous les oraux l'après-midi, de 14 à 16h00, un vrai  marathon, ( à l'Université il nous faut trois semaines pour passer tous nos examens ) et catastrophe, je suis accroché sérieusement dans un cours de Droit Fiscal, un certain Van Houtte, ancien ministre des finances, très influent, je n'aurais pas pu mieux faire. Je m'amène donc tremblant à la délibération à 17h00. Et là, on cite en premier les noms de ceux qui ont réussi (une dizaine) et je n'en fais pas partie et je sais que ceux que l'on ne cite pas (par pudeur), ont forcément raté, j' ai une solide expérience en la matière.

Je me dirige donc vers la sortie, penaud, la famille de ma femme est là et tout à coup je sursaute, le Président du Jury continue de parler. Qu'est-ce que c'est ??? " A réussi avec Distinction, Monsieur Christian Van Cauwenberghe" ! C'est incroyable, le rêve à l'état pur. Je titube, tout se brouille, les membres du jury sont devenus des mirages; ils sont embués. On va m'expliquer petit à petit, les professeurs, et notamment celui de Droit Civil, Monsieur Renard, qui est mon prof à Liège. Je suis le héros du jour. On n' a plus fait de distinction au Jury Central depuis vingt ans, m'explique t'on ! Mais alors cet examen raté ? Eh bien oui, mais en fait je devais avoir une grande distinction et c'est cet examen qui m'en a empêché.

Me voici donc devenu l'élève brillant que je n'ai jamais été pendant mes études (J'ai réussi  une seule première session en 1ère candi et toutes les autres années en troisième session). Et celà, en n'ayant jamais suivi de cours et en gagnant ma vie.
 

Ce jour-là, j'ai commencé à réaliser que tous mes échecs passés étaient dus à ma mère. J'ai quitté le domicile familial quinze mois plus tôt, et voilà que je réussis deux années coup sur coup, toute en gagnant ma vie. Ma mère qui est intervenue pour que je double ma cinquième primaire, pour que je double ma sixième latine, pour que j'arrête complètement mes humanités en troisième latine, s'est complètement fourvoyée. Facile à comprendre, une fois qu'on l'a démasquée. J'étais le seul non raté de  la famille. Il fallait donc qu'elle ait ma peau à tout prix.

Et là c'est l'échec total. J'ai fait ce que j'ai voulu, quitté la maison, épousé contre le gré de ma mère, la femme que j'aimais, je gagne ma vie et je triomphe dans mes études, quel  soufflet pour Suzanne- Folcoche. Elle en mord la poussière ! Et je sais désormais que je je dois continuer à n'en faire qu'à ma tête, en dépit des reproches constants, vomis, non par mes ennemis, mais par ceux qui se prétendent les plus proches et ne supportent tout simplement pas que j'aie plus de caractère qu'eux. Ces gens-là, Monsieur, vous disent; "Tiens un peu compte des autres, tu es un égoïste, as-tu pensé que tes pauvres parents...ta pauvre femme.. et patati et patata ". Ils s'y sont tous mis à cette époque et ça a continué par la suite. Celà a continué tant que j'ai eu la faiblesse d'être trop sincère et trop dialogant, avec trop de gens. Et ils se sont tous cassé la gueule par la suite.

Moi j'ai continué ma route comme un bull-dozer (Je suis Buffle dans l'astrologie chinoise), et à 70 ans, je m'applaudis des deux mains, d'avoir eu cette force. Car aujourd'hui, j'ai exactement la vie dont j'ai rêvé. je n'ai cessé de me battre contre tout le monde pour réaliser mes rêves, des rêves simples, pas des rêves de pouvoir car ces rêves-là ne vous remplissent jamais d'aucune sorte de beauté ni de jouissance.
 

A 17h30 donc, je signe mon diplôme de docteur en droit. C'est tellement incroyable qu'aujourd'hui, je rêve que je ne suis pas docteur en droit, même si on le croit autour de moi, que je dois encore passer mon troisième doctorat, examen que je postpose depuis des années; c'est un peu comme si j'étais un usurpateur à la Jean-Claude Roman. Ce rêve m'étonne car je suis le premier à dire que n'importe quel con peut devenir diplômé universitaire. J'en ai connu des futurs docteurs en droit. La plupart sont actullement, Juges, Avocats,"brillants", Bâtonniers, Procureurs de mes deux, Professeurs d'Université, Parlementaires et même Ministres Je les vois à la télévision.Je les ai revus quelquefois par hasard; ils m'ennuient profondément, ces petits bourgeois de province.

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14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 06:23

 

Ces mini-vacances se situent en sept.1963, après la réussite de mon deuxième doctorat (et non en sept. 1964 où nouis irons à la Côte belge avec Françoise Lambinet et Valérie). Nous partons en train, Céline, sa soeur et moi, pour Fréjus avec un passage à Paris, à l'Hôtel Saint-Severin, mon hôtel de l'époque, en plein quartier latin, sur le flan de cette magnifique eglise Saint-Séverin, ce magnifique paquebot, devrais-je dire. Un prix dérisoire à l'époque. On voit ci-dssous le square du Vert-Galand (et le Pont-Neuf) qui va devenir mythique en ce qui me conderne, à cause de ce que je vais y vivre en 1968, à cause aussi d'un pic-nique étonnant en 2001 avec ma compagne actuelle Nicole (voir Paris sur ce Blog) Et  puis ce Pont-Neuf n'est pas seulement celui de Ravaillac, mais aussi celui de Christo l'emballeur et  des "Amants du Pont Neuf" film-culte de Leo Carax (Tiens que devient-il?)
 

 

En retournant à deux pas de Juan-les-Pins, FREJUS, en l'occurence, nous voulons peut-être fêter nos amours clandestines, d'il y a deux ans. néanmoins la petite soeur est assez chiante, c'est encore une gamine et je ne garde pas un très bon souvenir de ce séjour d'une semaine, voire pas de souvenirs du tout en dehors de quelques photos.( A Fréjus je me souviens d'un cloître magnifique). Je n'avais pas encore perçu que le nombre trois est un nombre à éviter tout prix. Car Trois c'est toujours deux plus un, à savoir deux contre un.
 

Voici une photo des deux soeurettes prise au bord d'un puits lors d'une randonnée sauvage à l'intérieur de la Côte des Maures Marie-Henriette, à l'avant-plan a 19 ans et Céline en a 21. Marie-Henriette ne va pas tarder à rencontrer un certain Jean-Pierre Ransonnet, dont j'aurai l'occasion de reparler plus tard.
 

Comme on le voit sur la photo du dessous, nous avons surtout fait de la plage. C'est pas possible comme j'ai les cheveux courts . En fait depuis l'âge de

 

dix-huit ans, je ne vais plus chez le coiffeur, je me coupe les cheveux moi-même avec une espèce de peigne-rasoir apparu sur le marché à la fin des années 50. Je détestais les attentes chez le coiffeur, d'ailleurs je déteste toutes les attentes, aujourd'hui encore

Mais ce qui me marque surtout lors de ce séjour, c'est la perspective du service militaire; j'ai épuisé tous mes sursis et j'ai été convoqué à la caserne de Namur, pour le 2 Novembre 1963, lendemain de mon anniversaire. Et tenez-vous bien, cette caserne se prénomme Marie-Henriette comme ma belle-soeur. Bref je suis terrorisé par cette perspective. Non seulement je suis anti-militariste mais en plus je ne supporte ni l'autorité, ni l'enfermement
 

Alors dés mon retour à Liège, je continue provisoirement mon métier de correcteur et comme j'ai un peu de temps libre, au mois d'août, je m'inscris à des cours de boxe, à La Sauvenière. Il y a eu jadis des sessions pour universitaires et j'étais allé voir boxer mon ami Foulek Ringelheim. Ca m'avait plu alors pourquoi ne pas essayer ? Mais voilà quand j'arrive là-bas, pour m'inscrire, il n'y a plus de boxe universitaire. C'est plutôt l'ambiance "les routiers sont sympas", vachement populo de derrière les fagots. M'en fous je prends ! Après deux séances d'entrainement, quand j'arrive au cours, tout le monde m'appelle" Le Docteur". (ce surnom me restera collé à la peau lorsque je deviendrai champion d'Europe..... je blague bien sûr) Mais ça me fait rire quand je pense que je n'ai pas voulu faire la médecine comme la plupart de mes ascendants (à savoir mon père, son père et son grand-père, le père et le frère de ma mère ) et que me voilà affublé par ce vocable ridicule. Je ne suis que docteur en droit et non en médecine, mais pour eux, un docteur c'est un docteur et puis c'est tout, na !
 

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14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 06:07

Donc fin janvier 1963, je vais entrer dans une imprimerie liégoise "Vaillant-Carmanne" située à Liège, au bas de la rue Haute-Sauvenière, en tant que correcteur d'épreuves. Mon boulot consite à aller chercher chaque matin, des copies à corriger et de les ramener le lendemain matin, de préférence après les avoir corrigées ; ce système m'arrange d'autant mieux que j'ai repris mon deuxième doctorat, décidé à psser les examens de juin, sans aller aux cours. Céline qui arrêté de travailler dans son hôpital de vieux "Le Valdor", va m'aider aux corrections de publications universitaires en tous genres.

Et donc, nous nous mettons en quête d'un appartement, car le bébé est attendu pour le mois de juillet et au printemps 1963, nous le dénichons au 99 de la rue Hocheporte, à l'orée des rues Xhovémont et Naimette, a dix minutes du centre ville, dans un quartier encore agréable à l'époque, pas encore perforé par les bretelles de l'autoroute. Deuxième étage, pas de jardin, mais un balcon à rue.

Et dans le living, je vais mettre tous mes aquariums, une demi-douzaine, car je me suis remis, comme jadis, aux poissons exotiques, surtout des Gupis et des Danio Rerio de l'Océan Indien (le poisson pyjama) et je fais de la reproduction ovipare et vivipare. Retour au monde de l'eau et du poisson. Aquariums de toutes tailles avec chauffages et filtres. Je possède toujours le plus grand de ces aquariums, qui, par la suite, est devenu une oeuvre "L'Aquarium forestier" exposé une seule fois à Bruxelles , au 340, en 1985 lors de l'exposition "Animal-Végétal. Accroché par Wodek Majewski, le polonais, président-concierge du 340, dans une cour à ciel-ouvert, il se remplira de pluie, deux jours avant le vernissage, pluie qui y restera jusqu'à ce qu'évaporation s'ensuive, l'aquarium retrouvant sa destination première.La preuve que je n'(étais vraiment pas fait pour exposer en galerie
 

En Juin 1963, miracle, je réussis mon deuxième doctorat, donc ma quatrième année de droit et Céline est à deux doigts de la "délivrance". Le 13 juillet, en nous couchant, nous nous disons que ce serait tout de même comique que le bébé naisse le 14 juillet. Eh bien si ! A une heure du matin, les contractions commencent et nous appelons un taxi, direction Clinique Sainte Rosalie, rue des Wallons.
 

Valérie, puisque c'est une fille, on n'avait pas de préférence, est née vers onze heures du matin et j'ai assisté à l'accouchement, ce qui, à l'époque, était encore assez rare. C'est une sacrée expérience; c'est dur de voir souffrir quelqu'un qu'on aime, même si, de cette souffrance, surgit un bébé, car même le bébé surgissnt, tout rouge et hurlant d'angoisse et de terreur après le passage oppressant du col de l'utérus (ça vaut l'Alpe d'Huez) n'est pas


 

vraiment un régal pour les yeux.

Hélas, Céline a préféré qu'on baptise Valérie, pour que plus tard, elle ne vive pas la même quarantaine qu'elle, la non baptisée et ceci en dépit du fait qu'elle ne se soit pas fait baptiser elle-même comme le voulait ma mère. C'est la logique féminine. Et je laisse faire. Un peu d'eau sur le front, ça ne peut pas faire de mal. Mais celà va à nouveau permettre à ma mère de faire son cirque.

Nous avons décidé que le parrain serait Lucien Brunin, le juge gantois qui a épousé la soeur de mon père, Tante Ginette et que la marraine serait ma tante Edmée, la femme de mon Oncle Jean-Pierre Duesberg, dermatologue et frère de ma mère, ainsi tout le monde sera content... sauf ma mère qui fait opposition du fait que mon oncle est franc-maçon.

Nouvel exemple d'intolérance intolérable. Je balaie d'un revers de la main. "Basta mama, tu vas te coucher maintenant !. " Le baptême a donc lieu dans la chapelle de la clinique. Edmée a un immense chapeau et Valérie hurle mais c'est trop tard ma fille. Te voilà Catho à vie!
vie. Voici donc deux photos du petit machin, qui aujourd'hui fait une mètre septante quatre. On remarquera sur la photo de droite qu'elle fait juste la taille de mon avant-bras. On remarquera aussi la chemise blanche et la cravate de cuir, inusable, que j'ai portée pendant des années. et aussi la tête du papa, très fier de sa création, même si c'est la maman qui a presque tout fait.

 

Voici donc ma fille VALERIE, cet enfant que je n'aurais jamais osé avoir, tant je craignais d'engendrer une catastrophe, étant donné mon contexte familial.
 

Et c'est le retour à trois, rue Hocheporte; à quatre en fait car la soeur de Céline, Marie-Henriette, vit avec nous, en sous-locataire, et elle dort dans le living. En effet elle fait un régendat en Education physique et en Biologie, aux Rivageois à Liège et ses parents habitent toujours à Spa. Cette solution arrange donc tout le monde
 

Pas de vacances cette année-là. Valérie est "au sein" comme on dit. Et moi je continue à faire mes corrections. Et bien sûr, j'ai décidé d'essayer de terminer mon Droit, il ne me reste qu'un an, qu'on en finisse ! Mais voilà, la dernière année est aussi celle du diplôme et il y a, à cette époque un professeur de Droit International Privé, Graulich, qui buse tous les élèves irréguliers à son cours en leur posant des questions-piège, ne figurant pas dans son cours écrit mais simplement exposées dans son cour oral

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14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 05:52

 

CELINE - Hughes Auffray

Céline c'est moi qui l'ai "rebaptisée" (et non les Curés). un comble. Car lorsque je la rencontre, tout le monde l'appelle Linette et moi de l'interroger " Linette c'est un diminutif de quoi?" De Céline, me répond-elle. Pas vrai c'est trop beau ! Comme Louis-Ferdinand ! Et puis j'aime ce prénom de grand-mère rurale, très dix-neuvième et qui sonne comme "cristalline" avec en sus une chanson d'Hughes Auffray que l'on entend partout. Mais comment peut-on se laisser appeler Linette, quand on a un prénom pareil ! Linette, Myette (sa soeur), ça va pas la tête ? Tous ces diminutifs me font chier et je vais partir en croisade.

Je le dis à ses parents, à sa soeur, à son frère : "Mais appelez-la donc Céline !). Evidemment ma mère, ravie de ce diminutif continuera à l'appeler Linette, et mon père aussi. Et à tous les coups,je corrige. heureusement il y a tous mes amis et amies qui font sa connaissance et pour eux il n'y a pas de Linette. sa soeur qui se prénomme Marie-Henriette, on la réduit "en Miette" c'est le cas de le dire. Je refuse elle aussi de l'appeler ainsi. Mais qu'ont-ils tous ? Ils choisissent un prénom, puis ils le diminuent et ca dure toute la vie. On "diminue" par gâtisme, parce que les enfants sont petits, sont les miniatures des parents, des petites poupées bien gentilles et on refuse plus tard de voir que ces bébés sont devenus des femmes et des hommes et non plus des excroissances de leurs progéniteurs C'est le drame de l'Humanité (avec la surpopulation). Je leur explique aux filles qui ont tout de même 8 et 6 ans de moins que moi, que l'autonomie consiste d'abord à ne pas se laisser diminuer ou annexer par les autres
 

Je reviens donc à notre retour de Montjoie, fin janvier 1963. Je décide de quitter mon agence de voyages où je suis trop mal payé et au surplus, immobilisé huit heures par jour. Comment poursuivre des études dans ces conditions. J'ai pu au moins y pratiquer l'anglais et l'allemand (j'avais tout de même suivi, durant mes années de Droit, des cours du soir d'anglais et d'allemand pendant deux ans, plus mes séjours en Angleterre et de fréquentes incursions en Allemagne). J'ai aussi appris que j'étais incapable de rester vissé derrière un bureau. Quant à Céline, elle a trouvé une place de puéricultrice au Val d'Or, un mouroir pour vieillards (je veux redevenir un petit bébé) et ce n'est pas la joie
 

J'ouvre ici une parenthèse. C'est juste aux cours de Droit que je n'allais pas. je n'aimais pas le droit mais j'aimais les langues en bon " gemeaux-ascendant "que j'étais. Je rappelle que je n'avais accepté de faire mon droit que pour pouvoir ensuite faire du journalisme. un autre diktat de ma mère qui avant d'exiger que Céline ne soit baptisée, avait imposé à son futur mari, en 1936, de se convertir à la religion catholique, s'il voulait l'épouser, ce qu'il a fait. C'est dès ce moment que ma mère a commencé à imposer sa loi à tout le monde, après avoir réalisé que son fiancé ployait le cou et offrait son crâne docile et soumis.

Après cette première victoire, elle a su qu'elle pourrait enterrer tout le monde au sens figuré et au sens propre. Tout le monde sauf moi. Et c'est pour celà que je raconte ma vie, pour essayer de ressusciter les morts et les internés et non pour ressusciter DES morts, comme ils disent les cathos en regardant toutes ces images de cadavres qui surgissent de leurs tombes, le jour de  "La Résurrection de la Chair" autre connerie de leur cru. Mais où va t'on donc les mettre toutes ces chairs ressuscitées. Tu parles d'un surpopulation. Plus de trente mille ans de pourritures humaines. Va falloir organiser tout celà, construire des tours style "cage à poules" pour nous entasser en hauteur et à l'horizontale. J'a bien dit tuer tout le monde. Pour ma soeur c'est déjà fait. Le frère qui me suit et qui a donc 18 ans, fait de fréquentes crises, tout en réussissant ses études. Mais il fait des discours sur la montagne, ou plutôt sur des terrils, en rentrant du collège. Je le vois de loin, parlant tout seul, levant les bras, s'adressant à une foule imaginaire. Et je préfère remonter chez nous par un autre itinéraire. Ce frère s'apprête à faire un parcours terrifiant dont je parlerai plus tard, car ici on n'en est qu'aux premiers symptômes.
 

Et puis ce n'est pas tout. Mon frère Marc qui a treize ans est autiste tout simplement et tout le monde sait ce que c'est un autiste, surtout quand on le garde à la maison. Il sera interné bien plus tard, à Ottignies. Il est mort à 60 ans. Je ne l'ai jamais revu.  Sans parler de mon père qui a subi un martyr moral jusqu'à ce que mort s'ensuive. Il est mort seul (ma mère était en voyage comme d'habitude) en hôme avec un crucifix dans les mains et en disant au crucifié "je t'aime, je t'aime" c'est ma tante qui me l'a raconté. Mon père c'était le Christ en Croix. Il est décédé en 1989, à l'âge de 81 ans. Je ne le voyais plus depuis longtemps

 

 

 

 

 

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14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 05:44

78Little Sheila -Tommy ROE

 

Le 19 Janvier 1963, j'accepte de subir une vague cérémonie religieuse, sans messe, à la Chapelle Walter Dewez, au Thier à Liège, pour apaiser mes parents et faire plaisir aux bourgeois-cathos. Céline n'étant toujours pas baptisée, elle ne le sera jamais, c'est un mariage religieux bidon, pour la forme, pour les évaporés d'eau bénite. Ridicule petit monde. Je n'étais hélas pas encore assez fort pour refuser leur mascarade religieuse, dans le style: " Vous n'êtes pas venus au mariage civil, vous n'avez pas respecté les convictions d'un couple de votre âge (mes beaux-parents) pour lequel seul le mariage civil avait une signification, eh bien je vous prive de céremonie religieuse" C'eût été la moindre des choses pourtant. Et donc ils l'ont eue leur cérémonie à la con !

Une tempête de neige s'abat sur Liège. très peu de monde. Et des amis nous lançant, non, des confettis, mais des boules de neige à la sortie de la chapelle. un truc très simple et très court. Mais après, il a fallu se taper un apero chez mes parents, avec toute la clique des cheftaines de ma mère, les mêmes que celles de ma communinon privée de 1943 "Eh non Monsieur ces gens-là ne meurent pas ", plus tous les notaires non chevelus, juges, procureurs, avocats et professeurs d'université, toutes "chaires" réunies. Nous avons reçu une tonne de vaisselles, des crucifix, des bénitiers sans grenouilles, un Prie-Dieu sait qui. Non là tout de même ils n'ont pas osé.
 

Et puis en route pour la Maison Havart dite "Le vieux Liège", en bord de Meuse, pour le "très chic" repas de mariage, chic et emmerdant comme tous les trucs chics, avec les parents Nassogne, ne sachant où se mettre, dans tout ce faste
 

A la fin du repas, mon père m'appelle et me donne une aumône, pour nous permettre de partir 48 heures à la frontière allemande tout près de Liège. Avec un tel pécule, on n'a pas beaucoup le choix. Mais on peut comprendre qu'un chirurgien n'ait pas beaucoup de moyens. Bien sûr je n'avais pas été sage, je n'avais pas écouté ma mère, j'étais puni, c'était de bonne guerre. La rébellion, ça se paie. Faut pas se plaindre. Sur la photo ci-dessus, une photo de l'apéro chez mes parents, avec notre témoin féminin, Miss Rutten (Pinpin) et deux amis de l'époque, Paul Desmarets et François Weerts. Avec mes cheveux coupés au rasoir, j'ai l'air d'un petit bagarreur. Les femmes rient et les hommes pas.

Et bien entendu c'est moi qui parle, comme d'habitude!
On ne partira que le lend emain, car le soir, rue des Dominicains, dans ma chambre mansardée, j'ai invité tous mes amis et amies. C'est le délire et bien sûr parents interdits. une opérette finale derrière l'Opéra de Wallonie

 

Et ce sera le départ pour Montjoie, Mönschau, en Allemagne, sous la neige. C'est pas la joie, la ville est déserte, mais on est amoureux, Céline et moi, on n'a besoin de rien et d'ailleurs on n'a rien et on fait avec. Au Juke box de notre hôtel, ce soir-là nous avons mis le tube du moment "Little Sheila" par Tommy Roe                                                    

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14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 05:32

 Cliff RICHARD Living Doll

The SHADOWS - APACHE

Donc voilà, j'ai 25 ans. je gagne ma vie, mal, mais j'assume et je reprends mes études. Et tout porte à croire que je suis l'amant de la femme que je veux épouser. Amant, avant de l'épouser. J'ai brûlé les étapes. Ma mère risque de ne plus pouvoir me faire revenir en arrière et elle le sent. Partir pour les USA et pourquoi faire?
 

La discussion tourne court car Céline tombe enceinte. On ne l'a pas fait exprès, mais ça va tout précipiter. Arrête ton char, Mère ! Ma future "fiancée" est enceinte. Va falloir faire vite maintenant. Les States ce sera pour une autre fois ! Et nous, d'aller annoncer la nouvelle, dans le grand jardin de chez mes parents, rue du Snapeux. Théâtrale, Suzanne (ma mère) toujours soucieuse de paraître admirable en toutes circonstances (normal quand on est tout le contraire), prend Céline dans ses bras. Je ne suis pas dupe. Et en effet, dès le lendemain, la grosse artillerie va se mettre en branle. Ce mariage qu'il va bien falloir envisager, c'est très grave ! Pourquoi , Eh bien parce que Céline n'est pas baptisée ! Bon sang, mais c'est bien sûr !

Donc il faut un écolage catéchuménique et puis un baptême ( et elle est en état de péché mortel, puisque dépucelée avant le mariage. Mais que faire, c'est trop tard ! ), et puis ensuite le mariage. En attendant, il y a notre fille (nous ignorons que c'est une fille "en ce temps-là..." ), qui est en train de muer ses branchies dans le ventre de ma petite amie et de faire ses premières brasses dans le liquide amniotique. il est donc urgent de plonger sa mère dans l'eau bénite. Mais le pire est que Céline ne dit pas non. En effet, le fait d'être non-baptisée, dans son village, l'a toujours tenue à l'écart des autres, car dans nos villages, il y a d'abord le Curé et puis l'Instituteur
 

Alors ma mère mobilise son armada de curetons et notamment le Père Colleye, futur supérieur du Collège Saint-Servais à Liège, un type très bien, jeune, dynamique, ouvert, qui s'offre à catéchiser Céline. Quant à moi, ma mère fait pression pour que j'aille parler à mon psychiatre, disons à " son" psychiatre, car elle va le voir de temps en temps, non pour elle, qui n'en a pas besoin ( tu parles ! ), mais pour savoir ce que je lui ai raconté. Il faut que le docteur approuve ma décision de me marier. Le Docteur Dumont est un psychiatre célèbre, expert auprès de tribunaux, dirigeant une clinique psychiatrique à Bruxelles, une vraie star de la psychiatrie. Je suis allé chez lui quelques fois pour que ma mère me fiche la paix. Trois heures de trajet en train, une salle d'attente bourrée de monde, donc des heures d'attente pour passer un quart d'heure devant le psy et ne rien faire du tout. A propos de mon mariage, ma mère lui a déjà rendu visite et lui a tout expliqué. Elle manipule les psychiatres comme elle manipule les curés. Comme il y a des années que je m'extirpe péniblement de son pouvoir culpabilisateur, elle essaie de me regagner par la bande. Si d'autres personnes tiennent le même langage qu'elle, c'est qu'elle a raison.
 

Mon père la suit comme toujours. En septembre 1962, il m'écrit "Le Docteur Dumont peut te voir le vendredi 5 octobre à 10 heures du matin ou à 17 heures, au choix".

Je n'irai évidemment pas !
 

Les jours suivants, nous sommes, Céline et moi, bombardés de télégrammes et de lettres de ma mère. Heureusement nous n'avons pas le téléphone et nous ne répondons à rien. Et ma mère continue d'élucubrer. Sa solution: un mariage civil pour sauver la face vis à vis de la bonne société liégeoise à cause de l'enfant en gestation, et soi-disant pour rassurer les parents de Céline, qui ne demandent rien et nous font confiance; aucune panique chez ces gens-là, ça me change. Mariage civil mais sans cohabitation et puis mariage religieux lorsque Céline aura terminé son" catéchuménat" eh oui celà s'appelle comme celà, aura réussi son examen (sic) et se sera fait baptiser. Il est clair que nous avons affaire à une psychopathe.
 

Et donc je vais évidemment envoyer tous ses beaux projets en l'air, et vite encore. Nous allons nous marier le 20 décembre 1962, à l'Hôtel de Ville de LIège. Il faut dire qu'entretemps, ma mère est parvenue à faire revenir Céline  à la maison, rue du Snapeux pour un petit séjour. Moi je travaille et je ne puis tout contrôler. Mais Céline me téléphone et me demande de venir la rechercher car elle n'arrête pas d'être harcelée et je pars illico avec un ami Michel R. qui a une voiture. Je la ramène rue des Dominicains en l'absence de mes parents partis au cinéma et dés ce moment j'imposerai ma volonté, en faisant un minimum de concessions. Donc lors du mariage civil, ma mère décrète un empêchement de dernière minute et mon père suit comme toujours. Il y a donc les parents Nassogne, merci à mes parents, pour eux et nos témoins Michel R. et son épouse. Et puis c'est tout. Pour les parents de Céline comme pour nous, c'est notre vrai mariage, le seul légal d'ailleurs, mais mes parents n'y sont pas, au mépris de nos opinions. Charité chrétienne oblige !

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14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 05:22
Anthony J'entends siffler le train
Alain Barrière  Ma Vie
Anthony En twistant le ya ya
 

Bref dans notre grand taudis commun sous les combles et dans lequel nous sommes des rois, Jacques et moi recevons pas mal de monde er de filles bien entendu. Une des liaisons de J.est totalement discrète, car il s'agit d'une mineure d'âge. Je finis par apprendre quil s'agit de la soeur de Boris R., notre ami commun car J.me met dans le coup. Il veut que je regarde par la fenêtre, pour voir si pendant son tête à rête avec son tendron, que je ne verrai jamais, il n'y a pas de flics postés, au coin de la Place Cathédrale. Il a un côté parano accusé mais il semble que les parents soient aux abois. Je ferai leur connaissance quelques années plus tard, le tendron ayant fini par épouser un de mes amis peintre, un certain Guy V. que je vais rencontrer au cours de danse de Fanny Thibout, Cour Saint-Remy.
 

Donc Jacques et moi , nous préparons des bouffes l'un chez l'autre, à savoir des baguettes, du fromage, des pâtes et des boites de conseve. De temps en temps je me paie un bon "spiring" (côte de porc plus basse que basse) à la boucherie de la rue Saint-Paul. Et nous invitons des amis. C'est ainsi que je fais la connaissance d'un autre juif, un certain Guy L., qui fait ses romanes, est champion de belgique du 110 m.haies et du saut en longueur, et est, en plus, guitariste, voie qu'il finira par choisir; il deviendra un guitariste classique célèbre. Lui aussi est obdédé par les femmes. Il y a aussi un certain Francis P., un philosophe, qui deviendra assistant à l'université et a un tic repéré par tout le monde et qui consiste à faire continuellement bouger son front de bas en haut en le plissant.
Céline ma nouvelle amie, vient me voir de temps

Pascal Danel Les neiges du Kilimandjaro

en temps, mais elle est cloîtrée dans son couvent de puériculture, et les WE, elle rentre chez ses parents, à Spa. Elle n'a que18 ans
 

Et moi je sors tous les soirs, car c'est impossible de rester dans un lieu aussi lugubre, le soir. Pa même un fauteuil pour lire et un éclairage débile que je ne paie pas plus que je ne paie de loyers. Quant à l'eau courante, elle est sur le palier. Je signale que j'ai une tante bien aimée qui vient de temps en temps m'apporter des provisions
 

Tous les soirs, je suis en plein "Carré" (voir pages précédentes), je sors et côtoie une  faune de paumés et de paumées. Des filles "perdues avec de tout petits cerveaux. Des filles qui sortent mais qui n'aiment pas les hommes. Des allumeuses. Un soir cependant au Wild West, je flashe sur une fille, mais elle est avec un mec, un jeune bourgeois comme moi. Je la trouve superbe. C'est une peintre, ce que je ne suis pas encore ! La Juliette Greco du Carré. Un côté Saint-Germain de derrière les fagots ! Elle semble follement amoureuse de son mec, donc je ne me manifeste pas. Et quelle n'est pas ma surprise quelques jours plus tard de la retrouver assise sur le lit de mon ami Nekrassov et là je lui parle pour la première fois. (Je suis loin de me douter qu'elle va devenir mon amante, sept ans plus tard et encore vingt sept ans plus tard et encore trente et un an plus tard ). On se retrouvera peu après dans la rue; elle habite au Pont d'Avroy au-dessus du Cinéma Palace et j'irai une fois dans sa chambre. Mais elle flirte avec un petit français et son amie Anne-Laure attend vainement que je la prenne dans mes bras. Hélas elle ne me plaît pas...c'est Denyse que je veux et là...bernique !!! Et dans les dancings règnent en maîtres

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

les Richard Anthony, Alain Barrière et autres Pascal Danel sans oublier Hervé Vilard
Il y a aussi la fameuse Madeleine, le femme mariée avec qui j'ai flir
té chez Brigitte quelques mois auparavant, qui a  appris la rupture et qui vient me relancer dans ma piaule. Je l'éconduis car elle ne m'attire pas et puis je suis toujours amoureux de Brigitte.
Quant à Claudine, l'amie de Céline, je ne l'ai plus revue; elle ne m'en veut pas, nous n'étions pas amoureux l'un de l'autre!

 

Alors pourquoi Céline dans toute cette débauche? Et bien elle me plaît physiquement, c'est comme celà, bien plus que Brigitte, peu-être parce que c'est une blonde aux yeux bleus! Et puis elle est toute jeune, d'un milieu social modeste et non universitaire car j'en ai ras-le-bol des universitaires bourgeoises, compliquées et phalliques. Voici enfin une vraie femme! Elle est aussi moins dangereuse que les autres. Elle semble douce et moi, à vingt quatre ans, je commence à être fatigué de toutes ces aventures sans issues

Pascal Danel: Laissons la Plage aux Romantiques

 

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13 août 2016 6 13 /08 /août /2016 07:33

 

Hello Josephine
 
I'm ready

FATS DOMINO

Inutile de dire que je vais rater mon deuxième doctorat, caramba encore raté! D'ailleurs je ne vais plus aux cours, et dans mon taudis, je n'étudie guère.

 

Arrivent les vacances. Celine est prête à partir avec une amie et son mec, à Juan-les-Pins. L'occasion de partir avec elle sans que ses parents le sachent. Nous voici donc embarqués avec Josette M. et son ami Roger, plus con que ça tu meurs ("Roger si tu m'écoutes", comme dirait Drucker) le Roger, mais il a une voiture, lui. Camping à Juan-les-Pins. Pourquoi là je l'ignore, ce n'est pas moi qui décide mais je comprendrai vite que Juan, le Blankenberg de la Côte d'Azur, s'accorde parfaitement avec le style de nos amis. Sur le trajet, nous nous arrêtons à Paris où Roger nous entraîne un soir au Bois de Boulogne. Fascinant ! Et Juan, hormis le festival de Jazz, c'est la merde. Tout un village en carton pâte et des lambeaux de plages rationnés au centimètre carré. Heureusement j'emmènerai Celine à trois concerts en plein air: Fats Domino, Lionel Hampton, et Dizzy Gillespie. Pas trop mal comme brochette
 

Et Céline et moi nous deviendrons amants sous la tente ! Hugh ! Car contrairement aux petites bourgeoises, qui veulent protéger leur vertu, pour le futur bourgeois qui les prendra en charge pour la vie, Céline qui est vierge, me dit sans hésiter "Oui, entrez Monsieur...et j'entre...". Et ça aussi c'est clair, ça m'attache à elle ! Et puis nous sommes " un beau petit couple "! Non ? Nous sommes assortis! Un mâle et une femelle assortis, ça se voit tout de suite.Juan-les-Pins-1962-Hampton-Fats Domino-Gillespie-Festival de Jazz
 

Encore une anecdote, pour en terminer avec ce voyage à Juan, révélatrice du niveau culturel de nos deux compagnons de route (de déroute devrais-je dire) Roger c'est le style para, caporal-chef, petit moustachu populo (ou encore poustachu mopulo). Josette est blonde rose, bien en chair, gentille et douce. Traînante, langoureuse, pas laide, seulement lourde (ou palourde seulement laide, au choix). Mais voilà c'est l'amie préférée de Celine, alors on fait avec.

Donc un jour on se promène à Saint-Tropez (encore ! ) sur le port. C'est bourré de peintre paysagistes-chromos "spécial Touristes" et dans le fouillis de peintures, on en aperçoit une, juchée sur un chevalet, avec un écriteau "For sale". Ahurissement de Josette, venant vers nous pour nous dire qu'il y a deux fautes d'orthographe. Cela n'est pas grave mais pourquoi, nous demande t'elle, essayer de vendre des peintures, tout en mentionnant qu'elles sont fort sales ? Imaginez ma tête et mon fou-rire et d'essayer de lui expliquer qu'en Anglais "for sale" veut dire "à vendre". Ceci dit en passant, je crois bien que Céline a aussi appris quelque chose, ce jour-là

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13 août 2016 6 13 /08 /août /2016 07:12

 

 

Céline habite à Spa dans les Ardennes liégeoises, ville mondialement connue, pour ses thermes, son eau minérale, son "Pouhon". Victor Hugo y séjourna avec sa femme et en face de l'hôtel, sa maîtresse Juliette Drouet. Il y a une plaque commémorative derrière le Pouhon (Source à laquelle on puise son eau pure). Céline est née le 26 Ocrobre 1943, scorpion comme moi donc. Et 6ans de moins que moi, donc 18 ans. Dans le Parc de Cointe, je prends des photos d'elle et de nous, les voici ci-dessous. Et ces photos vont déclencher un drame. Ma mère, comme d'habitude me fait les poches. Horreur! Des photos d'une fille, en imper et en fichu, dans un parc. Qui est cette fille ? Et Christian n'a que vingt-quatre ans; "regardez comme il la tient sur la photo". Alerte! Elle convoque un de ses curetons, un jeune qui a la maladie bleue (curé et malade, c'est le pied pour ma mère ! ) 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

et qui adore Lenny Escudero. Le pauvre s'amène un matin, moi je ne sais rien. Il s'enferme avec moi dans la chambre d'amis, me parle des photos et me dit "Christian, ta mère m'a appelé et je ne sais que te dire ". Il suffit ! Je sors de la pièce et il se sauve. Bagarre avec ma mère. C'est intolérable. Je monte dans ma chambre, empoigne une valise, y mets quelques affaires et me tire malgré les supplications de ma mère. Elle est loin d'imaginer que je ne reviendrai jamais! Arrivé en ville, je téléphone à mon ami Boris R.le Bulgare qui est au Droit avec moi. Il a un ami qui occupe un étage , en plein centre ville, et gratuitement pour cause d'insalubrité. C'est Place Cathédrale, au-dessus de la Galerie Charles Magnette. Il y a une deuxième chambre libre à cet étage. J'y cours. J'ignore comment je me procure un matelas pour cette première nuit. La chambre est immense et elle donne sur les toits. Je vais y vivre quelques mois avec pour tout mobilier, le matelas à terre, une planche en contreplaqué posée sur deux valises pour pouvoir étudier, une table pour manger et un évier.
 

Sur le même palier, porte en face, un certain Jacques G., mon âge, juif,  son nom signifie couleur d'or, un vrai fou. Il ressemble à Stockhausen. Un malade des femmes. Teint jaune basané, cheveux noirs et lisses, peu abondants et coiffés sur le côté, fou de musique. Etudiant en Médecine et prenant parallèlement des cours d'art dramatique au Conservatoire de Liège. Je sens qu'on ne va pas s'ennuyer. Quand j'entre dans sa chambre, je le surprends devant un chevalet, avec une partition deBach, jouant les chefs d'orchestre, et interprétant la partition à la baguette dans un silence total. Manifestement il connait la musique. Un autre jour, j'entre alors qu'il est en train de jouer tout seul, une pièce de Sartre qu'il connait par coeur, en l'occurence "Nekrassov". Qui, aujourd'hui connait cette pièce de Sartre? Et si elle n'existait pas ? Il aurait pu l'inventer. Et si je vous dis que ce jeune-homme est devenu psychiatre, vous ne serez sûrement pas étonnés !!!

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13 août 2016 6 13 /08 /août /2016 06:59

Je me souviens d'une nuit d'ivresse avec Leon P.. Nous nous trouvons dans une propriété à Cointe, juste à côté de celle de Brigitte D et j'imagine Alex dormir dans mon ancienne chambre. Nous sortons d'une boum, complètement pétés et je me mets à lancer des cailloux tandis que Leon essaie de me calmer. Ceci en dit long sur ce que j'éprouve quelques mois après la rupture

 

Et puis le Père de Brigitte D. meurt d'une crise cardiaque en regardant un match du Standard à la Télévision. Le "tout Liège" est au courant. Je me précipite à Cointe avec Philippe W. qui est le cousin de Brigitte et vais embrasser le toubib sur son lit de mort, devant les familles réunies. Et puis j'aperçois dans la pénombre du lit, Brigitte et Alex et là je craque. J'éclate en sanglots et je sors de la pièce et de la maison, avec Philippe qui me soutient. Je n'oublierai jamais.
 

Nous sommes donc toujours au début de 1962 et de mon deuxième doctorat (il y en a trois) et nous terminons chaque dimanche matin dans la campagne liégeoise, à Tilff, chez Charlie, après le Wild West, le Saloon et l'Esquinade, (situés au "Carré" du centre ville". Chez Charlie c'est noir de monde. A l'étage je danse avec une belle rousse. Elle s'appelle Claudine van B.. Je lui file un rencard pour le lendemain et redescends auprès de mes potes. Ah la belle Claudine !!. Encore une, qui file son mètre septante comme Brigitte. A l'époque ce n'était pas tellemenr courant. C'est ma troisième  rousse mais cette fois carrément carotte. J'apprends le lendemain qu'elle est amoureuse d'un petit loubard de luxe, un claqueur de fric à papa, un certain Deur. Des fils à papa, il y en a une volée à l'époque. Le film "Les Tricheurs" de Marcel Carné a fait école avec son Jacques Charrier. Bref avec Claudine je n'arrive pas à grand'chose mais je m'en fous, je n'en suis pas amoureux et d'ailleurs je ne veux plus jamais être amoureux. Nous faisons des promenades dans les fagnes avec Philippe W. et sa future femme

Nadine B. Me voici avec Nadine la noire et Claudine la rousse, dans une partie de luge en forêt. Remarquez les coiffures des années soixante.
 

Mais voilà cette grande bringue est liégeoise et fait ses études de Puériculture, rue Hullos. Un jour je la rejoins dans un Café au Carré, au "Petit Seigneur"je pense. Il y a toute une bande de copines de Hullos, moi le seul mec et un coup de foudre immédiat pour une blondinette qui, tenez-vous bien va devenir ma femme. Elle est au bout de la table et c'est elle que je regarde et pas Claudine. Elle cherche du feu pour sa cigarette et j'élance mon briquet à la Humphrey Bogart, bref je lui offre "mon feu", et bref "je l'allume" Une blonde aux yeux bleus. Ah oui elle me plait ! Les jours suivants je me poste sur son itinéraire, celui qu'elle prend en revenant des Rivageois vers la rue Hullos, via la rue Wazon. Elle est avec une amie, elle parle, je me tiens à distance, je suis sûr qu'elle me voit et c'est ce que je veux! Ma position est difficile puisque je sors avec son amie, vieux salaud. J'hésite à lancer mon estocade! Je ne sais rien d'elle, même pas si je lui plais. Au café nous n'avons pas échangé une parole.
 

Début Mars 62, je lui écris à son école de Puériculture et lui donne un rendez-vous un 9 mars dans le café où l'on s'est rencontré. Le courrier est surveillé dans cette école de filles, donc au dos de l'enveloppe, j'inscris comme éxpéditeur "Christiane Tanischir" ( tanischir=anagramme de Christian). Elle y vient à ce rendez-vous folle créature (comme le dit Baudelaire dans "Le vin de l'Assassin" ), en plein après-midi: premiers baisers et on reprend  rendez-vous à Cointe, boulevard Kleyer

 

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