78Little Sheila -Tommy ROE
Le 19 Janvier 1963, j'accepte de subir une vague cérémonie religieuse, sans messe, à la Chapelle Walter Dewez, au Thier à Liège, pour apaiser mes parents et faire plaisir aux bourgeois-cathos. Céline n'étant toujours pas baptisée, elle ne le sera jamais, c'est un mariage religieux bidon, pour la forme, pour les évaporés d'eau bénite. Ridicule petit monde. Je n'étais hélas pas encore assez fort pour refuser leur mascarade religieuse, dans le style: " Vous n'êtes pas venus au mariage civil, vous n'avez pas respecté les convictions d'un couple de votre âge (mes beaux-parents) pour lequel seul le mariage civil avait une signification, eh bien je vous prive de céremonie religieuse" C'eût été la moindre des choses pourtant. Et donc ils l'ont eue leur cérémonie à la con ! 
Une tempête de neige s'abat sur Liège. très peu de monde. Et des amis nous lançant, non, des confettis, mais des boules de neige à la sortie de la chapelle. un truc très simple et très court. Mais après, il a fallu se taper un apero chez mes parents, avec toute la clique des cheftaines de ma mère, les mêmes que celles de ma communinon privée de 1943 "Eh non Monsieur ces gens-là ne meurent pas ", plus tous les notaires non chevelus, juges, procureurs, avocats et professeurs d'université, toutes "chaires" réunies. Nous avons reçu une tonne de vaisselles, des crucifix, des bénitiers sans grenouilles, un Prie-Dieu sait qui. Non là tout de même ils n'ont pas osé.
Et puis en route pour la Maison Havart dite "Le vieux Liège", en bord de Meuse, pour le "très chic" repas de mariage, chic et emmerdant comme tous les trucs chics, avec les parents Nassogne, ne sachant où se mettre, dans tout ce faste
A la fin du repas, mon père m'appelle et me donne une aumône, pour nous permettre de partir 48 heures à la frontière allemande tout près de Liège. Avec un tel pécule, on n'a pas beaucoup le choix. Mais on peut comprendre qu'un chirurgien n'ait pas beaucoup de moyens. Bien sûr je n'avais pas été sage, je n'avais pas écouté ma mère, j'étais puni, c'était de bonne guerre. La rébellion, ça se paie. Faut pas se plaindre. Sur la photo ci-dessus, une photo de l'apéro chez mes parents, avec notre témoin féminin, Miss Rutten (Pinpin) et deux amis de l'époque, Paul Desmarets et François Weerts. Avec mes cheveux coupés au rasoir, j'ai l'air d'un petit bagarreur. Les femmes rient et les hommes pas.
Et bien entendu c'est moi qui parle, comme d'habitude!
On ne partira que le lend emain, car le soir, rue des Dominicains, dans ma chambre mansardée, j'ai invité tous mes amis et amies. C'est le délire et bien sûr parents interdits. une opérette finale derrière l'Opéra de Wallonie
Et ce sera le départ pour Montjoie, Mönschau, en Allemagne, sous la neige. C'est pas la joie, la ville est déserte, mais on est amoureux, Céline et moi, on n'a besoin de rien et d'ailleurs on n'a rien et on fait avec. Au Juke box de notre hôtel, ce soir-là nous avons mis le tube du moment "Little Sheila" par Tommy Roe 

