FATS DOMINO
Inutile de dire que je vais rater mon deuxième doctorat, caramba encore raté! D'ailleurs je ne vais plus aux cours, et dans mon taudis, je n'étudie guère.
Arrivent les vacances. Celine est prête à partir avec une amie et son mec, à Juan-les-Pins. L'occasion de partir avec elle sans que ses parents le sachent. Nous voici donc embarqués avec Josette M. et son ami Roger, plus con que ça tu meurs ("Roger si tu m'écoutes", comme dirait Drucker) le Roger, mais il a une voiture, lui. Camping à Juan-les-Pins. Pourquoi là je l'ignore, ce n'est pas moi qui décide mais je comprendrai vite que Juan, le Blankenberg de la Côte d'Azur, s'accorde parfaitement avec le style de nos amis. Sur le trajet, nous nous arrêtons à Paris où Roger nous entraîne un soir au Bois de Boulogne. Fascinant ! Et Juan, hormis le festival de Jazz, c'est la merde. Tout un village en carton pâte et des lambeaux de plages rationnés au centimètre carré. Heureusement j'emmènerai Celine à trois concerts en plein air: Fats Domino, Lionel Hampton, et Dizzy Gillespie. Pas trop mal comme brochette
Et Céline et moi nous deviendrons amants sous la tente ! Hugh ! Car contrairement aux petites bourgeoises, qui veulent protéger leur vertu, pour le futur bourgeois qui les prendra en charge pour la vie, Céline qui est vierge, me dit sans hésiter "Oui, entrez Monsieur...et j'entre...". Et ça aussi c'est clair, ça m'attache à elle ! Et puis nous sommes " un beau petit couple "! Non ? Nous sommes assortis! Un mâle et une femelle assortis, ça se voit tout de suite.

Encore une anecdote, pour en terminer avec ce voyage à Juan, révélatrice du niveau culturel de nos deux compagnons de route (de déroute devrais-je dire) Roger c'est le style para, caporal-chef, petit moustachu populo (ou encore poustachu mopulo). Josette est blonde rose, bien en chair, gentille et douce. Traînante, langoureuse, pas laide, seulement lourde (ou palourde seulement laide, au choix). Mais voilà c'est l'amie préférée de Celine, alors on fait avec.
Donc un jour on se promène à Saint-Tropez (encore ! ) sur le port. C'est bourré de peintre paysagistes-chromos "spécial Touristes" et dans le fouillis de peintures, on en aperçoit une, juchée sur un chevalet, avec un écriteau "For sale". Ahurissement de Josette, venant vers nous pour nous dire qu'il y a deux fautes d'orthographe. Cela n'est pas grave mais pourquoi, nous demande t'elle, essayer de vendre des peintures, tout en mentionnant qu'elles sont fort sales ? Imaginez ma tête et mon fou-rire et d'essayer de lui expliquer qu'en Anglais "for sale" veut dire "à vendre". Ceci dit en passant, je crois bien que Céline a aussi appris quelque chose, ce jour-là

