Donc fin janvier 1963, je vais entrer dans une imprimerie liégoise "Vaillant-Carmanne" située à Liège, au bas de la rue Haute-Sauvenière, en tant que correcteur d'épreuves. Mon boulot consite à aller chercher chaque matin, des copies à corriger et de les ramener le lendemain matin, de préférence après les avoir corrigées ; ce système m'arrange d'autant mieux que j'ai repris mon deuxième doctorat, décidé à psser les examens de juin, sans aller aux cours. Céline qui arrêté de travailler dans son hôpital de vieux "Le Valdor", va m'aider aux corrections de publications universitaires en tous genres.
Et donc, nous nous mettons en quête d'un appartement, car le bébé est attendu pour le mois de juillet et au printemps 1963, nous le dénichons au 99 de la rue Hocheporte, à l'orée des rues Xhovémont et Naimette, a dix minutes du centre ville, dans un quartier encore agréable à l'époque, pas encore perforé par les bretelles de l'autoroute. Deuxième étage, pas de jardin, mais un balcon à rue.
Et dans le living, je vais mettre tous mes aquariums, une demi-douzaine, car je me suis remis, comme jadis, aux poissons exotiques, surtout des Gupis et des Danio Rerio de l'Océan Indien (le poisson pyjama) et je fais de la reproduction ovipare et vivipare. Retour au monde de l'eau et du poisson. Aquariums de toutes tailles avec chauffages et filtres. Je possède toujours le plus grand de ces aquariums, qui, par la suite, est devenu une oeuvre "L'Aquarium forestier" exposé une seule fois à Bruxelles , au 340, en 1985 lors de l'exposition "Animal-Végétal. Accroché par Wodek Majewski, le polonais, président-concierge du 340, dans une cour à ciel-ouvert, il se remplira de pluie, deux jours avant le vernissage, pluie qui y restera jusqu'à ce qu'évaporation s'ensuive, l'aquarium retrouvant sa destination première.La preuve que je n'(étais vraiment pas fait pour exposer en galerie
En Juin 1963, miracle, je réussis mon deuxième doctorat, donc ma quatrième année de droit et Céline est à deux doigts de la "délivrance". Le 13 juillet, en nous couchant, nous nous disons que ce serait tout de même comique que le bébé naisse le 14 juillet. Eh bien si ! A une heure du matin, les contractions commencent et nous appelons un taxi, direction Clinique Sainte Rosalie, rue des Wallons.
Valérie, puisque c'est une fille, on n'avait pas de préférence, est née vers onze heures du matin et j'ai assisté à l'accouchement, ce qui, à l'époque, était encore assez rare. C'est une sacrée expérience; c'est dur de voir souffrir quelqu'un qu'on aime, même si, de cette souffrance, surgit un bébé, car même le bébé surgissnt, tout rouge et hurlant d'angoisse et de terreur après le passage oppressant du col de l'utérus (ça vaut l'Alpe d'Huez) n'est pas

vraiment un régal pour les yeux.
Hélas, Céline a préféré qu'on baptise Valérie, pour que plus tard, elle ne vive pas la même quarantaine qu'elle, la non baptisée et ceci en dépit du fait qu'elle ne se soit pas fait baptiser elle-même comme le voulait ma mère. C'est la logique féminine. Et je laisse faire. Un peu d'eau sur le front, ça ne peut pas faire de mal. Mais celà va à nouveau permettre à ma mère de faire son cirque.
Nous avons décidé que le parrain serait Lucien Brunin, le juge gantois qui a épousé la soeur de mon père, Tante Ginette et que la marraine serait ma tante Edmée, la femme de mon Oncle Jean-Pierre Duesberg, dermatologue et frère de ma mère, ainsi tout le monde sera content... sauf ma mère qui fait opposition du fait que mon oncle est franc-maçon.
Nouvel exemple d'intolérance intolérable. Je balaie d'un revers de la main. "Basta mama, tu vas te coucher maintenant !. " Le baptême a donc lieu dans la chapelle de la clinique. Edmée a un immense chapeau et Valérie hurle mais c'est trop tard ma fille. Te voilà Catho à vi
e!
vie. Voici donc deux photos du petit machin, qui aujourd'hui fait une mètre septante quatre. On remarquera sur la photo de droite qu'elle fait juste la taille de mon avant-bras. On remarquera aussi la chemise blanche et la cravate de cuir, inusable, que j'ai portée pendant des années. et aussi la tête du papa, très fier de sa création, même si c'est la maman qui a presque tout fait.
Voici donc ma fille VALERIE, cet enfant que je n'aurais jamais osé avoir, tant je craignais d'engendrer une catastrophe, étant donné mon contexte familial.
Et c'est le retour à trois, rue Hocheporte; à quatre en fait car la soeur de Céline, Marie-Henriette, vit avec nous, en sous-locataire, et elle dort dans le living. En effet elle fait un régendat en Education physique et en Biologie, aux Rivageois à Liège et ses parents habitent toujours à Spa. Cette solution arrange donc tout le monde
Pas de vacances cette année-là. Valérie est "au sein" comme on dit. Et moi je continue à faire mes corrections. Et bien sûr, j'ai décidé d'essayer de terminer mon Droit, il ne me reste qu'un an, qu'on en finisse ! Mais voilà, la dernière année est aussi celle du diplôme et il y a, à cette époque un professeur de Droit International Privé, Graulich, qui buse tous les élèves irréguliers à son cours en leur posant des questions-piège, ne figurant pas dans son cours écrit mais simplement exposées dans son cour oral

