Et voilà le travail. Les deux petits cons. Je suis à droite sur la photo et on s'y croit tous les deux. BB a acheté La Madrague deux ans auparavant. Elle m'y avait invité et puis il y a eu son fils Nicolas et le tournage pénible dans "La Vérité" avec ce sadique de Clouzot, cet été 1960 et donc elle n'est pas là car elle tourne et elle est très mal. Elle fera une tentative de suicide le 22 septembre 1960 et je n'entendrai plus jamais parler d'elle. Voilà comment je ne suis jamais allé à la Madrague.
Saint Trop. bat son plein, Vachon, Sénéguier, boutiques branchées et Yachts étincelants dans le port. Terrasses bondées, chaleur tropicale, nous sommes en juillet et nous allons tous les soirs danser chez Palmyre.Je ne sais même plus où nous avions planté notre tente, nous avons si peu dormi.
Chez Palmyre, Philippe et moi, draguons la même fille, en l'invitant à danser tour à tour, une liégeoise inconnue, Roselyne, qui campe dans la caravane d'une famille de médecins liégeois, les Weeckers ( l'illustre Fafa, ce rouquin grand et mince) . Elle a quelquechose de Kim Novak, donc c'est pas un boudin et nous la baratinons à qui mieux mieux; j'apprends alors qu'elle est sortie avec mon meilleur ami Alex J.(dont je reparlerai), qui, lui aussi, fait son droit, mais m'a largué dés la deuxième année, en se payant une Grande Distinction, ce qu'il rééditera jusqu' à la fin de ses études. En fin de parcours le petite Roselyne (Elle s'appelle Desseir en plus, comment résister), me choisit en se laissant aller tout contre moi. Philippe est beau joueur. Il tente sa chance ailleurs, tandis que j'emmène ma nouvelle compagne, au clair de lune, dans les taillis de Saint-Tropez, face à la baie, dans cette chaude nuit d'été.
En fait mon ami Alex l'avait quittée pour une autre fille, Brigitte D. dont je ferai la connaissance plusieurs mois plus tard, à Unterwasser dans la Lichtenstein, aux Sports d'hiver.. Et voilà pour mon idylle Saint Tropézienne. Faute de BB, on mange des Roselynes. Je ne l'ai jamais revue, jamais plus entendu parler d'elle. Pourtant après les vacances nous sommes rentrés dans la même ville, Liège
De retour dans notre ville, Philippe viendra étudier sa deuxième session ches mes parents. Etudier en bronzant à savoir échouer tous les deux en deuxième session.
Me revoici donc à nouveau au 1er Doctorat, après une assez brève aventure avec une certaine Véronique S., fille d'un incivique belge notoire, fusillé à la Libération (José S. Voir le livre d'Assouline sur Hergé). Elle a une soeur Isabelle et un frère Dominique. Leur mère s'est remariée avec Franz, un infirmier hongrois, qui travaille à la Clinique de mon père. Elle est charmante Véronique et on s 'entend très bien mais elle me dit que je suis un séducteur et que je ne serai jamais fidèle à une femme. Mais où donc est-elle allé chercher celà??? Notre aventure aurait pu continuer. En plus nous habitions le même quartier. Un jour, je suis allé la revoir et je l'ai retrouvée, fiancée à un type de mon âge que je connaissais bien, un journaliste de la RTB, Michel F. et donc j'ai laissé tomber. Mais que sont donc, tous ces gens, devenus?
Et nous voici aux vacances de Noêl 1960. Je me laisse embarquer dans un groupe de liégeois, en partance pour les sports d'hiver. Les liégeois, je les connais. Les Herbier, frère et soeur, Alain Germeaux, Jean-Michel Paulus, le fils de mon prof de psycho, Christiane R. (L'ex-fiancée de JPG dont j'ai déjà parlé et Brigitte D. que je connais seulement de vue, une des plus jolies filles de Liège à l'époque, c'était du moins ce qu'on en disait; et côté bruxellois, les frères Vandemeersche (l'un d'entre eux est devenu plus tard un présentateur vedette du Journal Télévisé à la Télévision belge )
Destination: Unterwasser dans le Liechtenstein. un chalet à notre usage exclusif. Nous sommes dix-sept je crois. Des gens que je ne fréquente guère pendant l'année. Très sains et très sages. Je vais retrouver le ski, ce qui m'excite, car j'en suis privé depuis 1954 ( Saint-Moritz ). Je suis dans la même chambre que Jean-Michel P., un garçon très bien (et aussi hélas un grand moraliste. Dieu me préserve des moralistes; rien de plus chiant). Nous avons le même humour. Futur toubib, il partira aux USA et épousera une américaine.
Nous skions à longueur de journée. J'ai du mal à me ramasser car j'ai perdu le pied, enfin la main du pied. Mais je m'acharne comme toujours et ça revient peu à peu. Le stem, puis le christiania. Sur la photo, on nous voit, nous arnacher pour la grande descente(On s'arnache puis on s'acharne ...) Oui c'est moi au milieu et Brigitte à ma droite


