Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
 


LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


POUR TRADUIRE MON TEXTE DN ALLEMAND OU EN ANGLAIS CLIQUEZ CI-DESSOUS

 

Site traduit en Allemand :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/de/index.html

 

Site traduit en Anglais :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/en/index.html


Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
  • Contact

Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

<a href=

Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
.

Archives

<a href=

  

J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

Articles Récents

  • Bio 311 - Août 2005 - Portes ouvertes à Moircy Fondation Vancau
    Quelques photos de l'Inauguration de la Fondation Vancau, à Moircy (Belgique), en juin 2005
  • Je termine "L'Ombre de la Bête" de Patrick...
    Je termine "L'Ombre de la Bête" de Patrick GRAINVILLE. Livre remarquable. Un livre qui me concerne profondément. Un… https://t.co/C104t2zpz9 Christian Vancau (@VancauChristian) November 18, 2018 Je termine "L'Ombre de la Bête" de Patrick GRAINVILLE. Livre...
  • Extrait de ma bio 1985.
    Extrait de ma bio 1985. Jean DUBUFFET est mort. C'est intolérable. La nouvelle tombe ce mercredi 15 mai mais il est… https://t.co/qGjtC2a6oe Christian Vancau (@VancauChristian) November 18, 2018 Extrait de ma bio 1985. Jean DUBUFFET est mort. C'est intolérable....
  • Deux grenouilles mâles (plus petits que les...
    Deux grenouilles mâles (plus petits que les femelles) sur le dos d'une femelle l'étreignent dans un combat furieux,… https://t.co/b7UWPmaubF Christian Vancau (@VancauChristian) November 18, 2018 Deux grenouilles mâles (plus petits que les femelles) sur...
  • Henri Michon mon ami bourguignon, celui qui m'a...
    Henri Michon mon ami bourguignon, celui qui m'a amené Christian Bobin à Libramont en 1976, m'envoie une analyse gra… https://t.co/smBKKB8MGB Christian Vancau (@VancauChristian) November 18, 2018 Henri Michon mon ami bourguignon, celui qui m'a amené Christian...
  • A Anvers ces 21 et 22 mars 1985, en stage...
    A Anvers ces 21 et 22 mars 1985, en stage informatique au Centre Ordinateur de ma banque Ippa. Tout un parc indusri… https://t.co/HbDhrrVvhw Christian Vancau (@VancauChristian) November 18, 2018 A Anvers ces 21 et 22 mars 1985, en stage informatique au...
  • Je reçois une lettre de ma mère, pour la...
    Je reçois une lettre de ma mère, pour la première fois depuis 4 ou 5 ans. Ma mère vient d'avoir 71 ans. On dirait q… https://t.co/XZnwmSfi3h Christian Vancau (@VancauChristian) November 18, 2018 Je reçois une lettre de ma mère, pour la première fois depuis...
  • Extrait de mon journal 1985
    Extrait de mon journal 1985 "A 2 Kms de Buzenol, en pleine forêt, ce jeudi 28 février à 12h00, avec mes tartines e… https://t.co/wDClG9OTHJ Christian Vancau (@VancauChristian) November 18, 2018 Extrait de mon journal 1985 "A 2 Kms de Buzenol, en pleine...
  • Extrait de ma bio 1985.
    Extrait de ma bio 1985. Jean-Luc Godard à la Télé à propos de la sortie de son dernier film "Je vous salue Marie" q… https://t.co/kWvID4Ny9E Christian Vancau (@VancauChristian) November 18, 2018 Extrait de ma bio 1985. Jean-Luc Godard à la Télé à propos...
  • Extrait de ma biographie-1985.
    Extrait de ma biographie-1985. Il fait soleil, les glaces dégèlent tout doucement en cette fin février, mais on ne… https://t.co/a8QjtQCsVl Christian Vancau (@VancauChristian) November 18, 2018 Extrait de ma biographie-1985. Il fait soleil, les glaces...

Texte Libre


-->
<

Texte Libre

Texte Libre


Jetez un oeil dans mes LIENS sur Richard OLIVIER, BIG MEMORY, mon ami Richard, Cinéaste belge, étant sur un gigantesque projet: Filmer tous les CINEASTES BELGES, morts ou vifs. Enfin, un artiste qui s'intéresse à ses pairs !http://www.bigmemory.be

Texte Libre

COHEN Eveybody Knows
Tibetan Song

Je suis sur les blogs pro-tibétains:

www.candle4tibet.org
www.ning.com

VENEZ M'Y REJOINDRE !

Christian VANCAU

22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 14:51

  Celine-Le-Figaro014-copie-1.jpg

 

Louis-Ferdinand Céline

Description de cette image, également commentée ci-après

Louis-Ferdinand Céline. CELINE.Carte d'identité

 

Données clés

Nom de naissance Louis Ferdinand Destouches1
Autres noms Céline
Activités romancier, essayiste, médecin
Naissance 27 mai 1894
Courbevoie, France
Décès 1er juillet 1961   (à 67 ans)
Meudon,  France
Langue d'écriture Français
Genres roman, essai
Distinctions Prix Renaudot 1932
 

 

Louis Ferdinand Destouches, né le 27 mai 1894  à Courbevoie, département de la Seine, et mort le 1er juillet 1961 à Meudon, plus connu sous son nom de plume Louis-Ferdinand Céline (prénom de sa grand-mère et l'un des prénoms de sa mère), généralement abrégé en Céline, est un médecin et écrivain français, le plus traduit et diffusé dans le monde parmi ceux du XXe siècle après Marcel Proust.

Sa pensée pessimiste est teintée de nihilisme. Controversé en raison de ses pamphlets antisémites, c'est un « écrivain engagé »2, d'une proximité coupable avec les collaborationnistes3. Il est cependant, en tant qu'écrivain, considéré comme l'un des plus grands novateurs de la littérature française du XXe siècle, introduisant un style elliptique personnel et très travaillé qui emprunte à l'argot et tend à s'approcher de l'émotion immédiate du langage parlé.Un Rabelais de l'Ere atomique

 

Biographie

Jeunesse en région parisienne

 

Louis Ferdinand Auguste Destouches naît à Courbevoie, au 11, rampe du Pont-de-Neuilly (aujourd'hui chaussée du Président-Paul-Doumer). Il est le fils de Fernand Destouches (Le Havre 1865 - Paris 1932), issu du côté paternel d'une famille de petits commerçants et d'enseignants d'origine normande installés au Havre et bretonne du côté maternel, et de Marguerite Guillou (Paris 1868 - Paris 1945), propriétaire d'un magasin de mode, issue d'une famille bretonne venue s'installer en région parisienne pour travailler comme artisans, et de petits commerçants. Il est baptisé le 28 mai 1894 avant d'être confié à une nourrice. Son père est employé d'assurances et « correspondancier » selon les propres mots de l'écrivain et a des prétentions nobiliaires (parenté revendiquée plus tard par son fils avec le chevalier Destouches, immortalisé par Jules Barbey d'Aurevilly), et sa mère est commerçante en dentelles dans une petite boutique du Passage Choiseul, dont j'ai ramené les images suivantes en 2010.Choiseul10Passage Choiseul OldP1020119

Choiseul4
  Choiseul283333-copie-1220px-64%2C_passage_Choiseul_%C3%A9tages
Le no 64 du passage Choiseul où vécut Louis Destouches enfant.CELINE2

Ses parents déménagent en 1897 et s'installent à Paris, d'abord rue de Babylone puis, un an plus tard, rue Ganneron et enfin, durant l'été 1899, passage Choiseul, dans le quartier de l'Opéra, où Céline passe toute son enfance dans ce qu'il appelle sa « cloche à gaz » en référence à l'éclairage de la galerie par la multitude de becs à gaz au début du XXe siècle.

En 1900, il entre à l'école communale du square Louvois. Après cinq ans, il intègre une école catholique durant une année avant de revenir à un enseignement public. Il reçoit une instruction assez sommaire, malgré deux séjours linguistiques en Allemagne d'abord, à Diepholz pendant un an puis à Karlsruhe, et en Angleterre ensuite. Il occupe de petits emplois durant son adolescence, notamment dans des bijouteries, et s'engage dans l'armée française en 1912, à 18 ans, par devancement d'appel.

Première Guerre mondiale et Afrique

Il rejoint le 12e régiment de cuirassiers à Rambouillet. Il utilisera ses souvenirs d'enfance dans Mort à crédit Mort à Crédit251et ses souvenirs d'incorporation dans Voyage au bout de la nuit ou encore dans Casse-pipe (1949). Il est promu brigadier en 1913, puis maréchal des logis le 5 mai 1914.Le Cuirassier Destouches Quelques semaines avant son vingtième anniversaire, il est ainsi sous-officier.

Trois mois plus tard, son régiment participe aux premiers combats de la Première Guerre mondiale en Flandre-Occidentale. Pour avoir accompli une liaison risquée dans le secteur de Poelkapelle au cours de laquelle il est grièvement blessé à l'épaule droite – et non à la tête, contrairement à une légende tenace qu'il avait lui-même répandue, affirmant avoir été trépané6 –, et dès l'automne 1914 avoir eu le tympan abîmé7, il sera décoré de la Croix de guerre avec étoile d'argent, et de la Médaille militaire, le 24 novembre 1914. Ce fait d'armes sera relaté dans L'Illustré national.

 

Réopéré en janvier 1915, il est déclaré inapte au combat, et est affecté comme auxiliaire au service des visas du consulat français à Londres (dirigé par l'armée en raison de l'état de siège), puis réformé après avoir été déclaré handicapé à 70 % en raison des séquelles de sa blessure. L'expérience de la guerre jouera un rôle décisif dans la formation de son pacifisme et de son pessimisme. Il se marie, à Londres, avec Suzanne Nebout, le 19 janvier 1916, puis contracte un engagement avec une compagnie de traite qui l'envoie au Cameroun, où il part surveiller des plantations. Malade, il rentre en France en 19175.

Rencontre importante qui complète sa formation intellectuelle : il travaille en 1917-1918 auprès du savant-inventeur-journaliste-conférencier Henry de Graffigny. Embauchés ensemble par la mission Rockefeller, ils parcourent la Bretagne en 1918 pour une campagne de prévention de la tuberculose.

La formation du médecinCELINE à 21 ans (1915)

Après la guerre, Louis-Ferdinand Destouches se fixe à Rennes. Il épouse Édith Follet, la fille du directeur de l'école de médecine de Rennes, le 10 août 1919 à Quintin (Côtes-du-Nord). Celle-ci donne naissance à son unique fille, Colette Destouches, le 15 juin 1920. Il prépare alors le baccalauréat, qu'il obtiendra en 1919, puis poursuit des études de médecine de 1920 à 1924 en bénéficiant des programmes allégés réservés aux anciens combattants. Sa thèse de doctorat de médecine, « La vie et l'œuvre de Philippe Ignace Semmelweis » (soutenue en 1924), sera plus tard considérée comme sa première œuvre littéraire.

 

Il publie La Quinine en thérapeutique (1925). Après son doctorat, il est embauché à Genève par la fondation Rockefeller qui subventionne un poste de l'Institut d'hygiène de la SDN, fondé et dirigé par le Dr Rajchman. Sa famille ne l'accompagne pas. Il effectue plusieurs voyages en Afrique et en Amérique avec des médecins. Cela l'amène notamment à visiter les usines Ford au cours d'un séjour à Détroit qui dure un peu moins de 36 heures, le temps pour lui d'être vivement impressionné par le fordisme et plus largement par l'industrialisation. Contrairement à la légende souvent reprise, il n'a jamais été conseiller médical de la société des automobiles Ford à Détroit.

 

Son contrat à la SDN n'ayant pas été renouvelé, il est engagé, après avoir envisagé d'acheter une clinique en banlieue parisienne et un essai d'exercice libéral de la médecine, par le dispensaire de Bezons (1940-1944) où il effectue quatre vacations de deux heures par semaine pour lesquelles il est payé 2 000 F par mois. Il y rencontre Albert Sérouille et lui fera même une fameuse préface à son livre Bezons à travers les âges. Pour compléter ses revenus, il occupera un poste polyvalent de concepteur de documents publicitaires, de spécialités pharmaceutiques et même de visiteur médical dans trois laboratoires pharmaceutiques.

Elizabeth Craig 

 

En 1926, il rencontre à Genève Elizabeth Craig (1902-1989), une danseuse américaine, qui sera la plus grande passion de sa vie. C'est à elle, qu'il surnommera « l'Impératrice », qu'il dédiera Voyage au bout de la nuit. Elle le suit à Paris, rue Lepic, mais le quitte en 1933, peu après la publication du Voyage. Le VOYAGE 001Il partira à sa recherche en Californie, mais ce sera pour apprendre qu'elle a épousé Ben Tankel qui se trouve être Juif ; après quoi on n'entendra plus parler d'elle jusqu'en 1988, date à laquelle l'universitaire américain Alphonse Juilland la retrouvera, quelques jours avant Jean Monnier, qui était sur sa trace également. Elle affirmera alors dans une interview qu'elle craignait qu'en perdant sa beauté avec l'âge, elle finisse par ne plus rien représenter pour lui.

La formation de l'écrivain]

 

Comme beaucoup d'écrivains, Céline a su habilement bâtir toute une série de mythes sur sa personnalité. En même temps que Voyage au bout de la nuit, Céline écrivait des articles pour une revue médicale (La Presse médicale) qui ne correspondent pas à l'image de libertaire qu'on s'est faite de lui. Dans le premier des deux articles publiés dans cette revue en mai 1928, Céline vante les méthodes de l'industriel américain Henry Ford, méthodes consistant à embaucher de préférence « les ouvriers tarés physiquement et mentalement » et que Céline appelle aussi « les déchus de l'existence ». Cette sorte d'ouvriers, remarque Céline, « dépourvus de sens critique et même de vanité élémentaire », forme « une main-d’œuvre stable et qui se résigne mieux qu'une autre ». Céline déplore qu'il n'existe rien encore de semblable en Europe, « sous des prétextes plus ou moins traditionnels, littéraires, toujours futiles et pratiquement désastreux ».

 

Dans le deuxième article, publié en novembre 1928, Céline propose de créer des médecins-policiers d'entreprise, « vaste police médicale et sanitaire » chargée de convaincre les ouvriers « que la plupart des malades peuvent travailler » et que « l'assuré doit travailler le plus possible avec le moins d'interruption possible pour cause de maladie ». Il s'agit, affirme Céline, d'« une entreprise patiente de correction et de rectification intellectuelle » tout à fait réalisable pourtant car « Le public ne demande pas à comprendre, il demande à croire. » Céline conclut sans équivoque : « L'intérêt populaire ? C'est une substance bien infidèle, impulsive et vague. Nous y renonçons volontiers. Ce qui nous paraît beaucoup plus sérieux, c'est l'intérêt patronal et son intérêt économique, point sentimental. » On peut toutefois s'interroger sur la correspondance entre ces écrits et les réels sentiments de Céline, sur le degré d'ironie de ces commentaires « médicaux » (ou sur une éventuelle évolution) car, quelques années plus tard, plusieurs passages de Voyage au bout de la nuit dénonceront clairement l'inhumanité du système capitaliste en général et fordiste en particulier.

 

C'est toute cette partie de sa vie qu'il relate à travers les aventures de son antihéros Ferdinand Bardamu, dans son roman le plus connu, le premier, Voyage au bout de la nuit (1932), pour lequel il reçoit le prix Renaudot, après avoir manqué de peu le prix Goncourt (ce qui provoquera la démission de Lucien Descaves du jury du Goncourt).

 

Son éditeur esi le belge Robert DENOEL qui sera assassiné après la guerreRobert DENOEL


Robert Denoël commence son activité éditoriale en juillet 1928 en s’associant à l'Américain Bernard Steele pour fonder à Paris les « éditions Denoël et Steele ». Durant les années 1930, il se fait connaître comme un éditeur de grand talent publiant des textes d'Antonin ArtaudRoger VitracLouis AragonElsa TrioletJean GenetNathalie SarrauteCharles BraibantPaul VialarSigmund FreudRené AllendyOtto Rank... et particulièrement Louis-Ferdinand Céline et divers auteurs d'extrême droite comme Lucien RebatetRobert Brasillach ou Adolf Hitler. Il dirige également de 1934 à 1939 la maison d'édition La Bourdonnais qui fera paraître une cinquantaine de titres. À partir de 1937, Steele, qui craint la montée de l'antisémitisme en France, part pour les États-Unis dans sa famille très aisée. Denoël poursuit sous le nom les éditions Denoël.

 Grand admirateur de Céline, il fait l'éloge, dans le cahier jaune, en novembre 1941, de la noblesse de la haine propre à l'auteur de Bagatelle pour un massacre1. Denoël est tué à la Libération, le 2 décembre 1945, dans des conditions troubles. Il est touché par une balle de revolver, au sortir de sa voiture garée à l'angle du boulevard des Invalides et de la rue de Grenelle à Paris. Des papiers importants - tel un dossier établissant le comportement collaborationniste de tous les éditeurs parisiens pendant la guerre, rédigé pour préparer sa défense dans un procès intenté à sa maison d'édition - et une valise contenant des pièces et des lingots d'or disparaissent de sa voiture. Il est accompagné de Jeanne Loviton. Ils vont au théâtre. Un pneu crève. Jeanne va chercher du secours. Quand elle revient, Denoël est mort..... et voyez ci-dessous

 

Zones d'ombre autour de l'assassinat de Robert Denoël

 Sa maison d'édition est devenue la propriété de Jeanne Loviton, qui après avoir été l'épouse de Pierre Frondaie puis la maîtresse de Paul Valéry, était devenue la sienne. Cette dernière, moins d'un an après l'assassinat de Denoël, a revendu 90 % des parts à Gaston Gallimard, l'adversaire acharné de Denoël. Au cours des nombreux procès autour de l'assassinat et la succession de Denoël sont apparus les noms de personnalités entendues comme témoins tels l'avocat Pierre Roland-Lévy, proche du Parti communiste français, alors chef de cabinet du ministre du Travail,Ambroise Croizat, et qui a été promu en 1947 membre du Conseil supérieur de la magistrature ; Guillaume Hanoteau, avocat radié du Barreau de Paris, qui devint ensuite dramaturge puis journaliste à Paris-Match en 1952; Jeanne Loviton, écrivain sous le pseudonyme de Jean Voilier. Celle-ci est morte en 1996. Cécile Denoël, l'épouse est morte dans le Midi de la France en 1980. Son fils, Robert Denoël Jr, épousa Arlette Aubinière qui lui donna deux fils, Patrice et Olivier4.

 

Le 1er octobre 1933, Céline prononce à Médan, sur l'invitation de Lucien Descaves, un discours intitulé « Hommage à Zola » lors de la commémoration annuelle de la mort de l'écrivain, qui demeure la seule allocution publique littéraire de sa carrière. À cette époque, en raison de la publication du Voyage, Céline est particulièrement apprécié des milieux de gauche qui voient en lui un porte-parole des milieux populaires et un militant anti-militariste.

L'époque des pamphlets antisémites

 

À la fin des années 1930, alors qu'il est en contact avec Arthur Pfannstiel, un critique d'art et traducteur travaillant pour le Welt-Dienst (service mondial de propagande nazi anti-maçonnique et antisémite), organe auprès duquel il se renseigne, Céline publie deux pamphlets fortement marqués par un antisémitisme virulent9 : Bagatelles pour un massacre (1937) et L'École des cadavres (1938).Bagatelle pour un massare

CELINE6-1936.jpg

Il présente lui-même ces ouvrages ainsi :

« Je viens de publier un livre abominablement antisémite, je vous l'envoie. Je suis l'ennemi n° 1 des juifs ».

Dès la fin des années 1930, Céline se rapproche des milieux d'extrême droite français pro-nazis, en particulier de l'équipe du journal de Louis Darquier de Pellepoix, La France enchaînée.    

L'Occupation]

Sous l'Occupation, Céline envoie des lettres aux journaux collaborationnistes, certaines y sont publiées. Il y fait preuve d'un antisémitisme violent. Par exemple, le 4 septembre 1941, le journal collaborateur Notre combat pour la nouvelle France socialiste publie un article intitulé « Céline nous parle des Juifs » : Céline y déclare

« Pleurer, c'est le triomphe des Juifs ! Réussit admirablement ! Le monde à nous par les larmes ! 20 millions de martyrs bien entrainés c'est une force ! Les persécutés surgissent, hâves, blêmis, de la nuit des temps, des siècles de torture... »

Visitant l'exposition « Le Juif et la France », Céline reproche à Sézille d'avoir éliminé de la librairie de l'exposition Bagatelles pour un massacre et L'École des cadavres. Ces ouvrages sont controversés jusque Bagatelle6568412094chez les nazis : si Karl Epting, directeur de l'Institut allemand de Paris décrit Céline comme « un de ces Français qui ont une relation profonde avec les sources de l'esprit européen », Bernard Payr, qui travaille au service de propagande en France occupée se plaint du fait que Céline « gâcherait » son antisémitisme par des « obscénités » et des « cris d'hystérique ».

Durant cette période, Céline exprime ouvertement son soutien à l'Allemagne nazie. Lorsque celle-ci entre en guerre contre l'Union soviétique, en juin 1941, il déclare :

« pour devenir collaborationniste, j’ai pas attendu que la Kommandantur pavoise au Crillon… On n’y pense pas assez à cette protection de la race blanche. C’est maintenant qu’il faut agir, parce que demain il sera trop tard. […] Doriot s’est comporté comme il l’a toujours fait. C’est un homme… il faut travailler, militer avec Doriot. […] Cette légion (la L.V.F.) si calomniée, si critiquée, c'est la preuve de la vie. […] Moi, je vous le dis, la Légion, c'est très bien, c'est tout ce qu'il y a de bien. ».

Il publie alors Les Beaux Draps, son troisième et dernier pamphlet antisémite (Nouvelles éditions françaises, 1941), dans lequel il exprime clairement sa sympathie pour l'occupant :

« C’est la présence des Allemands qu’est insupportable. Ils sont bien polis, bien convenables. Ils se tiennent comme des boys scouts. Pourtant on peut pas les piffer… Pourquoi je vous demande ? Ils ont humilié personne… Ils ont repoussé l’armée française qui ne demandait qu’à foutre le camp. Ah, si c’était une armée juive alors comment on l’adulerait ! »

En 1943 Hans Grimm membre du SD à Rennes fournira à Louis Ferdinand Céline une autorisation pour se rendre en villégiature à Saint-Malo (zone d'accès limité à cette période du conflit). L’auteur lui offrira un exemplaire d'une première édition d'un de ses romans.

L'exil : Sigmaringen, puis le Danemark 

D-un-Chateau-l-Autre249.jpg

 

Après le débarquement du 6 juin 1944, Céline, craignant pour sa vie, quitte la France le 14 juin 1944 et se retrouve d'abord à Baden-Baden, en Allemagne, avant de partir pour Berlin, puis pour Kraenzlin (le Zornhof de Nord), d'où il ne peut rejoindre le Danemark... Apprenant que le gouvernement français se forme à Sigmaringen, Céline propose alors à Fernand de Brinon, le représentant de Vichy pour la France occupée, d'y exercer la médecine ; celui-ci accepte. Céline gagne par le train Sigmaringen, voyage qu'il relate dans Rigodon ; là-bas, il côtoie le dernier carré des pétainistes et des dignitaires du régime de Vichy (D'un château l'autre)

 Ci-dessous le château de Sigmaringen où Céline fut emprisonné dès novembre 1944.Sigmaringen013 C'est seulement après, le 22 mars 1945, qu'il quitte Sigmaringen pour le Danemark, occupé par les Allemands, afin de récupérer son or, qui y est conservé.

Chronologiquement, la « trilogie » allemande commence par D'un château l'autre, se continue par Nord NORD246

et finit par le livre posthume Rigodon. Céline, dans Nord, fait plusieurs allusions à D'un château l'autre. Il atteint enfin le Danemark pour y vivre en captivité : près d'une année et demie de prison, et plus de quatre ans dans une maison au confort rudimentaire près de la mer Baltique.

Il vit dans un taudis qu'il ne peut chauffer, et est boycotté par le monde littéraire. En 1950, dans le cadre de l'Épuration, il est condamné, pour collaboration, à une année d'emprisonnement (qu'il a déjà effectuée au Danemark), à 50 000 francs d'amende, à la confiscation de la moitié de ses biens et à l'indignité nationale. Raoul Nordling, consul général de Suède à Paris, serait intervenu en sa faveur auprès de Gustav Rasmussen, ministre danois des affaires étrangères, pour retarder son extradition et aurait écrit en sa faveur au président de la Cour de justice qui le jugeait par contumace

Retour en France 

 

En avril 1951, Tixier-Vignancour son avocat depuis 1948, obtient l'amnistie de Céline au titre de « grand invalide de guerre » (depuis 1914) en présentant son dossier sous le nom de Louis-Ferdinand Destouches sans qu'aucun magistrat ne fasse le rapprochement. De retour de Copenhague l'été suivant, Céline et son épouse - ils sont mariés depuis 1943- Lucette (née Almanzor, le 20 juillet 1912 à Paris) s'installent chez des amis à Nice en juillet 1951. Son éditeur Robert Denoël ayant été assassiné en 1945, il signe le même mois un contrat de cinq millions de francs avec Gaston Gallimard pour la publication de Féerie pour une autre fois, la réédition de Voyage au bout de la nuit, de Mort à crédit et d'autres ouvrages.

CELINE Meudon 1959CELINE

En octobre de la même année le couple s'installe dans un pavillon vétuste, route des Gardes, à Meudon, dans les Hauts-de-Seine (à l'époque, département de la Seine-et-Oise). Inscrit à l'Ordre des médecins, le Docteur L.-F. Destouches, docteur en médecine de la Faculté de Paris accroche une plaque professionnelle au grillage qui enclot la propriété, ainsi qu'une plaque pour Lucette Almanzor qui annonce les cours de danse classique et de caractère que son épouse donne dans le pavillon.Celine1266CELINE Meudon 1957Celine 2267c Il vit pendant plusieurs années des avances de Gallimard jusqu'à ce qu'il renoue avec le succès, à partir de 1957, grâce à sa « Trilogie allemande », dans laquelle il romance son exil.CELINE 1955CELINE en 1960 (66 ans.Un an avant sa Mort)

  CELINE Meudon 1959
La tombe de Céline au cimetière de Meudon. Il voulait être jeté dans la fosse publique mais sa femme Lucette n'en a pas eu le couragetombe63593472

tombe63593472

Publiés successivement et séparément, D'un château l'autre (1957), Nord (1960) et Rigodon (1969) forment en réalité trois volets d'un seul roman. Céline s'y met personnellement en scène comme personnage et comme narrateur.

 

Louis-Ferdinand Destouches décède à son domicile de Meudon, le 1er juillet 1961, vraisemblablement des suites d'une artériosclérose cérébrale - bien que d'autres pathologies soient parfois évoquées - laissant veuve Lucette Destouches. Il est enterré au cimetière des Longs Réages, à Meudon ; le pavillon qu'il occupait brûlera en mai 1968, détruisant alors ses lettres et manuscrits.

Le style Céline]

 

Le style littéraire de Louis-Ferdinand Céline est souvent décrit comme ayant représenté une « révolution littéraire ». Il renouvelle en son temps le récit romanesque traditionnel, jouant avec les rythmes et les sonorités, dans ce qu'il appelle sa « petite musique ». Le vocabulaire à la fois argotique et scientifique, familier et recherché, est au service d'une terrible lucidité, oscillant entre désespoir et humour, violence et tendresse. Révolution stylistique et réelle révolte (le critique littéraire

Actualité > Bibliobs > Documents > Un témoignage inédit sur l'enterrement de Céline
Un témoignage inédit sur l'enterrement de Céline

PAR ROGER GRENIER. C'était il y a exactement cinquante ans. Début juillet 1961, ils étaient une poignée aux obsèques de Céline. Parmi eux se trouvait l'écrivain Roger Grenier, qui se souvient du Bas-Meudon, de Lucien Rebatet, de la pluie fine et du corbillard qui avance dans le petit matin.

Mort le 1er juillet 1961, Louis-Ferdinand Céline fut enterré trois jours plus tard, dans la discrétion, à Meudon. La photographie qui le montre ici chez lui avait été prise l'été précédent, en juillet 1960, par Pierre Duverger. © collection Pierre DUVERGER / Fonds Louis-Ferdinand Celine / IMEC ImagesMort le 1er juillet 1961, Louis-Ferdinand Céline fut enterré trois jours plus tard, dans la discrétion, à Meudon. La photographie qui le montre ici chez lui avait été prise l'été précédent, en juillet 1960, par Pierre Duverger. © collection Pierre DUVERGER / Fonds Louis-Ferdinand Celine / IMEC Images

D'UN ENTERREMENT L'AUTRE

Quand André Gide est mort, en 1951, le seul journaliste disponible à «France-Soir» était un spécialiste du fait divers, d'ailleurs excellent. On l'expédia rue Vaneau. Il ne rappela que le soir:«Aucun intérêt, c'est une mort naturelle.» C'est sans doute pour éviter un tel malentendu que, pour l'enterrement de Céline, comme j'étais catalogué littéraire, c'est moi qui fus envoyé.

Céline est mort le samedi 1er juillet 1961.Ses voisins ne l'ont su que lorsqu'ils ont vu apporter son cercueil. Lucette Almanzor aurait voulu un enterrement le plus intime possible, sans journalistes. Mais il a dû y avoir une fuite. Je pense que Roger Nimier a prévenu Pierre Lazareff. Bref, avec mon ami André Halphen, de «Paris-Presse», nous n'étions que deux reporters.

Je revois le Bas-Meudon, sous une petite pluie, tôt le matin. Sortant de la villa Maïtou, pavillon vieillot, 23 ter route des Gardes, descendant le jardin banlieusard pour rejoindre le corbillard, le cercueil était suivi d'un tout petit nombre de personnes: la fille de Céline, née d'un premier mariage, Roger Nimier, Marcel Aymé, Claude Gallimard, Max Revol, Jean-Roger Caussimon et la comédienne Renée Cosima, qui était la femme de Gwenn-Aël Bolloré. J'ai reconnu aussi Lucien Rebatet. En novembre 1946, j'avais assisté au procès de «Je suis partout» et je l'avais vu condamner à mort.

31 12 09 roger grenier camus
Né en 1919, écrivain et éditeur chez Gallimard, Roger Grenier a été journaliste à "France-Soir" après avoir fait ses débuts, au côté d'Albert Camus, à "Combat". (DR)

Suivi de quelques voitures, le corbillard entama la montée, à travers les rues de Meudon, vers le cimetière des Longs-Réages. Il continuait à pleuvoir. Le convoi n'est pas passé par l'église, et il n'y a pas eu de discours. A peine au cimetière, le cercueil a été glissé dans la fosse. Quelques fleurs et c'en fut fini à jamais du docteur Destouches, alias Louis-Ferdinand Céline, dont la vie fut si longtemps pleine de bruit et de fureur. Il était à peine 9 heures du matin. Dans mon reportage de «France-Soir», je m'étais permis d'écrire: «Il est toujours triste d'être obligé d'avoir honte d'un grand écrivain.»

L'après-midi de ce mardi 4 juillet, je suis allé interviewer, dans un hôtel parisien, Karen Blixen, qui, dans son grand âge, ressemblait à la momie de Ramsès II.

Céline est mort à Meudon le 1er juillet. Le 2, à Ketchum (Idaho), Ernest Hemingway mettait fin à ses jours. Une semaine après avoir assuré le reportage de l'enterrement de Céline, j'étais à Pampelune en train d'enregistrer pour la radio une messe que le matador Antonio Ordoñez faisait célébrer, dans la chapelle San Fermin de l'église San Lorenzo, à la mémoire de son célèbre afcionado. Orson Welles était là, ainsi que quelques vedettes du cinéma et de la littérature qui semblaient s'être donné le mot pour se retrouver à la Feria de Pampelune, en souvenir d'Ernesto.

Roger Grenier

Dernier livre paru: «le Palais des livres» 

Partager cet article
Repost0
22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 08:08

 

Toujours pendant le tournage DU FILM "Homme de Boue"au mois de juin 2011et cette fois de tous gros plans impitoyables sur un vieux CheyenneMG 4213MG 4216MG 4218MG 4222MG 4225
MG 4256MG 4253MG 4257MG 4258MG 4322MG 4310-copie-1MG 4263MG 4305

Partager cet article
Repost0
18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 10:44
&quot;The Last Resort-Le Dernier Recours-Lagunitas (C.A) David Lee Hoffman
&quot;The Last Resort-Le Dernier Recours-Lagunitas (C.A) David Lee Hoffman

A propos de «  THE LAST RESORT » Le Lien:   www.thelastresortlagunitas.org

La maison de mon ami David Lee Hoffman, . Terrain acheté en 1973 et maisons en constructions successives depuis lors

THE LAST RESORT- LE DERNIER RECOURS Traduction française réalisée par Christian Vancau

 

La mission de Last Resort in Lagunitas, Californie, est de découvrir et de perfectionner des solutions d'environnement soutenables  pour l'aménagement de l'espace, la réutilisation de l’eau et la sanité de la nourriture

 

THE LAST RESORT(Le DERNIER RECOURS) est un ensemble architectural étonnant, un amalgame de plus de 25 stuctures originales reconnues pour leur beauté et pour leur fonctionnalité. Depuis plus de 40 ans, David Lee Hoffman a construit et dessiné une série de structures manuelles, utilisant une grande quantité de matériaux recyclés. Son territoire paisible, est le reflet d'un monde naturel et est bâti pour pouvoir durer pendant des siècles. ll a incorporé dans sa construction l'utilisation de la pierre, de la maçonnerie, du bois, du bambou  et de la terre ainsi que des influences qui lui ont été apportées par des années de voyage à travers le monde.C'est un important et signifiant exemple d'Art Folk Est-Ouest, en concordance  avec les idées de l'architecte Sim Van der Rijn, qui est appointé comme architecte de l'Etat de Californie par le Gouverneur Jerry Brown, et qui est à la base de l'architecture de le l'Université de Berkley-Californie. Beaucoup de gens considèrent que ce travail est un témoignage essentiel du "Faites-le par vous-même", du retour à la terre et du respect de la Mère Terre, éthiques mises en pratique dès le début des années  soixante

 

Dans l'esprit de "gaspiller n'est pas gaspillé jusqu'à ce que ce soit gaspillé, « The Last Resort » est un modèle d'environnement et de mode de vie harmonieuse. Il essaie d'assimiler à la fois les méthodes naturelles du passé et du savoir- faire  moderne afin de créer un système de vie qui effectivement démontre les possibiltés de faire pousser de la végétation dans un environnement sain et non pollué. Sa mission est de découvrir et perfectionner des structures à bas prix, pour l'aménagement du gaspillage, le réutilisation de l'eau et la sanité de la nourriture.

 

A cette fin, un système de bio-organisation intégré a été installé avec succès. Une utilisation visionnaire de la vermiculture, du compostage et de la saine eau grise a produit un efficace fertilisant pour créer un sol et des germes de nourritures organiques  de haut niveau. Beaucoup de découvertes et de perspectives qui s'avèrent pouvoir être très utiles dans notre défi de changer le monde ont émergé tout au long de cette recherche

 

Le système de l'eau grise.Tout commence et finit dans la cuisine.Le voyage commence à l'évier de la cuisine. Toutes les eaux d'évacuation, tous les déchets de nourriture, entrent dans LE PALAIS des VERS,(Lombrics rubellus,  Vers de terre, Eisenia fetida et toutes sortes d’autres micro ou macro-organismes) qui se chargent de les transformer en compost. Les eaux qui vont dans un bassin supérieur sont filtrées et fertilisées, ce que prouve la richesse de la  flore qui pousse directement au sein des bassins en question ainsi que celle de la faune qui y vit (serpents, grenouilles, salamandres, scarabées d'eau, libellules, oiseaux...).

 

L'eau quitte alors le fossé supérieur et à  travers une terre bio humide, accède à un bassin inférieur. Du côté opposé au bassin inférieur, se trouve la Tour de la Douche à la puissance solaire où l'eau de la douche est filtrée à travers une autre terre humide bio et remonte vers l'évier de la cuisine. Il y a en outre un grand réservoir d'eau filtrée qui se remplit et qui alimente le potager, les arbres fruitiers et les poules. Et le cycle est achevé, en récoltant la délicieuse nourriture nutritive ainsi que les œufs aux fins de les préparer dans la cuisine. Tout ceci est accompli sans utiliser d’électricité et en plus l’environnement physique célèbre la beauté et le respect de la vie donneuse de vie

 

Le Dernier Recours et l’explication de sa démarche ont paru dans de nombreuses publications, y compris dans le New-Tork Times et dans le NBC News. Le Dernier Recours a attiré des visiteurs du monde entier et les a inspirés pour aller de l’avant avec un nouvel espoir de participer à la création de solutions environnementales positives

 

En savoir plus sur : http://thelastresortlagunitas.org

 

Partager cet article
Repost0
17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 12:16
   
About THE LAST RESORT         Le Lien:   www.thelastresortlagunitas.org
La maison de mon ami David Lee Hoffman, . Terrain acheté en 1973 et maisons en constructions successives depuis lors

 

  David Home 1973David HomeSituation de ce territoireLagunitas 2

Lagunitas 1 001

The mission of THE LAST RESORT in Lagunitas, California, is to discover and perfect sustainable environmental solutions for waste management, water reuse, and food security.

La mission de Last Resort in Lagunitas, Californie, est de découvrir et de perfectionner des solutions d'environnement soutenables  pour l'aménagement de l'espace, la réutilisation de l'eau et la protection sanitaire de la nourriture                

THE LAST RESORT is a unique architectural wonder – a self-sustaining amalgam of over 25 highly original structures known for their beauty and functionality. For over 40 years, David Lee Hoffman has built and designed a series of handcrafted structures utilizing high quality recycled materials. His peaceful village-like compound reflects the natural world and is ‘built to last for centuries’. He has incorporated the use of stone, masonry, wood, bamboo, and earth in his construction that has been influenced by years of traveling the world. “It’s an important and significant example of east-west Folk Art” according to sustainable architect Sim Van der Ryn, who was appointed California State Architect by California Governor Jerry Brown, and is on the architecture faculty at the University of California Berkeley. Many consider this work to be a one of a kind quintessential ‘living history’ – a testimony to the do-it-yourself, back to the land, respect Mother Earth ethos of the 1960′s put into practice.David Home 6

David Home 2P9280157P9260019THE LAST RESORT(Le DERNIER RECOURS) est un ensemble architectural étonnant, un amalgame de plus de 25 stuctures originales reconnues pour leur beauté et pour leur fonctionnalité. Depuis plus de 40 ans, David Lee Hoffman a construit et dessiné une série de structures manuelles, utilisant une grande quantité de matériaux recyclés. Son territoire paisible, est le reflet d'un monde naturel et est bâti pour pouvoir durer pendant des siècles. ll a incorporé dans sa construction l'utilisation de la pierre, de la maçonnerie, du bois, du bambou  et de la terre ainsi que des influences qui lui ont été apportées par des années de voyage à travers le monde.

C'est un important et signifiant exemple d'Art Folk Est-Ouest, en concordance avec les idées de l'architecte Sim Van der Rijn, qui est appointé comme architecte de l'Etat de Californie par le Gouverneur Jerry Brown, et qui est à la base de l'architecture de le l'Université de Berkley-Californie. Beaucoup de gens considèrent que ce travail est un témoignage essentiel du "Faites-le par vous-même", du retour à la terre et du respect de l'éthique de notre univers, entrés dans la pratique dès les années soixante                                   David2-copie-1

you-cant-knock-the-viewIn the spirit of “waste is not waste until it’s wasted”, THE LAST RESORT is an environmental model of sustainable and harmonious living. It attempts to assimilate both natural methods from the past with modern know-how to create a living system that effectively demonstrates possibilities of thriving in a non-polluting healthy environment. Its mission is to discover and perfect practical low-cost sustainable methods for waste management, water re-use, and food security.

Dans l'esprit de "gaspiller n'est pas gaspillé jusqu'à ce que ce soit gaspillé, The Last Resort est un modèle d'environnement et de mode de vie harmonieuse. Il essaie d'assimiler à la fois les méthodes naturelles du passé et du savoir faire  moderne afin de créer un système de vie qui effectivement démontre les possibiltés de fira pousser de la végétation dans un environnement sain, non pollué. Sa mission est de découvrir et perfectionner des structures à bas prix, pour l'aménagement du gaspillage, le réutilisation de l'eau et la sécurité de la nourriturebweb

To this end, a unique INTEGRATED BIO-MANAGEMENT SYSTEM has been successfully developed. Visionary use of vermiculture, composting, and healthy grey water systems have produced a valuable fertilizer to create superior soil and grow high grade organic food. Many useful discoveries and insights have emerged along the way that indeed may prove very beneficial in our challenged changing world.tweb

A cette fin, un système de bio-organisation intégré a été installé avec succès. Une utilisation visionnaire de la vermiculture, du compostage et de la saine eau grise a produit un efficace fertilisant pour créer un sol et des germes de nourriture organique de haut niveau. Beaucoup de découvertes utiles et de perspectives qui s'avèrent pouvoir être très utiles dans notre défi de changer le monde ont émergé tout au long de cette recherchedavid4-copie-1

 

HOW IT WORKS: Comment cela fonctionne P9260034

David Home 7David Home 4The Grey Water System - It all starts and ends in the kitchen. The journey begins at the kitchen sink. All wash/waste water, and small food scraps go down the drain and, by gravity, enter THE WORM PALACE —a continuous feeding system for vermicompostitng and bio-filtration of household organic waste and recycling. The “PALACE” itself is a small self- contained environment which contains a rich community of life (emphasis on earthworms Eisenia foetida and Lumbricus rubellus and a host of other micro- and macro- organisms) designed to bio-digest the solid food and filter the ‘waste’ water. What results is the creation of ‘nature’s finest fertilizer’– i.e. wormcasts, as well as healthy nutritious life-giving water. The water that comes out and goes into the upper moat is now chock full of life giving nutrients. This is evidenced by the richness of the flora growing directly out of the water in the moat, even without the presence of soil, as well as the myriad of critters that live and thrive in this environment (frogs, salamanders, snakes,water beetles, dragonflies, birds, etc).

Le système de l'eau grise.Tout commence et finit dans la cuisine.Le voyage commence à l'évier de la cuisine. Toutes les eaux d'évacuation, tous les déchets de nourriture, entrent dans LE PALAIS des VERS,(Lombrics et autres) qui se chargent de les transformer en compost. Les eaux qui vont dans un bassin supérieur sont filtrées et fertilisées, ce que prouve la richesse de la  flore qui pousse directement au sein des bassins en question ainsi que de la faune qui y vit (serpents, grenouilles, salamandres, scarabées d'eau, libellules, oiseaux...). Tea and worms

The water then leaves the upper moat through a micro- wetland into the lower moat system. At the opposite end of the lower moat is the Solar Power Shower Tower where the shower water filters through another bio-wetland filter and ultimately merges with the kitchen sink water. Finally it enters a large holding tank, after passing through, yet another bio-filter, where the water is stored until needed for garden use, fruit tree irrigation, and for the chickens. And the cycle is completed by harvesting the delicious nutritious food and eggs to be prepared in the kitchen! All this is accomplished without the use of electricity plus the physical environment celebrates beauty and a reverence for life giving life. And it’s a joy

L'eau quitte alors le bassin supérieur et à travers une terre bio humide, et accède à un bassin inférieur. Du côté opposé au bassin intérieur, se trouve la Tour de la Douche sous puissance solaire où l'eau de la douche est filtrée à travers une autre terre humide bio et remonte vers l'évier de la cuisine. Il y a en outre un grand réservoir d'eau filtrée qui se remplit et qui alimente le potager, les arbres fruitiers et les poulesDavid Home 2

10David home 5P9260042

P9270059vP9260041David-Lee-Hoffman 0333David et Renata-copie-1Ci-dessus David et Renata

David et son épouse BEAweb5

THE LAST RESORT has been written about in many publications including the New York Times and NBC News. THE LAST RESORT has inspired visitors from all over the world to go forth with new hope and to participate in creating positive environmental solutions.

The Last Resort a été propagé dans de nombreux articles, en ce compris le New-York Times et les nouvelles de la NBC. The Last Resort a inspiré des visiteurs du monde entier pour les pousser vers l'avant avec l'espérance de participer à la création d'un environnement positif

 

Photo by Suzie Lewitan

 

 

 
David Lee Hoffman

 

David Lee Hoffman

 

 


 
David Lee Hoffman is an American tea guru, inventor, educator, architect, ecologist, and world traveler who founded and directs The Last Resort, an ecology research center, and The Phoenix Collection, an archive of fine teas. David-Lee-Hoffman-0385-copie-1

 

Hoffman is known in the tea world for introducing and popularizing fine handcrafted artisanal teas to the West. He began importing pu’erh teas from Nepal in the early 1970s, and eventually ventured into remote regions in China to seek out the world’s finest rare organic and wild pure leaf teas.Tea 3 Hoffman’s teas eventually gained wide popularity in the US, the Americas, and Europe. He became known in China as the “the American Pu-erh Tea King”, and is considered a leading authority on pu-erh’s. Hoffman has named several fine teas including Drum Mountain Clouds and Mist, Tongyu Mountain Green, and Camel’s Breath. He also was the first importer of flowering (“blossoming”) tea from China. He is the subject of filmmaker Les Blank and Gina Leibrecht’s 2007 documentary All In This Tea.

Hoffman est connu dans le monde du Thé pour avoir introduit et popularisé des thés artisanaux excellents, dans le monde occidental. Il a commencé par importer des thés pu'erh au départ du Nepal dans les années 70, pour s'aventurer ensuite dans des régions éloignées de Chine pour y chercher des feuilles de thé organiques, rares et sauvages. Les thés d'Hoffman ont gagné en popularité aux USA, en  Amérique latine et en Europe. ll est devenu connu en Chine comme "Le thé royal américain Pu-erh, dont il est le leader. il est le héros du  film du réalisateur LES BLANK et de Gina LEIBRECHT'S, ALL IN THIS TEA, de 2007
http://youtu.be/nNw1PwlNRWk

allinthistea

Les Blank IMG 0453TeasRealisator LES BLANK

all in this tea

David-Lee-Hoffman 0343

David2David Lee Hoffman and Les Blank

 

Hoffman sold his Silk Road Tea company in 2004 and now runs The Phoenix Collection.

Hoffman developed his interest in teas during his extensive world travels to over 100 countries. He was amongst the first Americans to visit the remote Tibetan kingdom of Dolpo. In the early 1960s, Hoffman befriended the Dalai Lama while living in Dharamshala, India. Several Tibetan monks have contributed to the construction and creation of Hoffman’s eastern-inspired sustainable research center THE LAST RESORT, in Lagunitas, California.

Prior to entering the tea world, Hoffman invented a unique sonic cleaning system for the cleaning of precious ancient textiles, fine art, and artifacts, and had several important clients including the New York’s Metropolitan Museum, the Textile Museum in Washington DC, the Asian Art Museum, San Francisco, and the Smithsonian.

Hoffman a vendu sa compagnie de "Thé de la Route de la Soie" et dirige maintenant "The Phoenix Collection". Il a développé son intérêt pour le thé pendant ses voyages répétés dans près de 100 pays. Il est une des premiers américains à avoir visité le royaume lointain tibétain de Dolpo. Dans les année soixante, Hoffman est devenu ami avec le Dalaï lama  vivant à Dharamsala, en Inde. Plusieurs moines tibétains ont contribué à la conception et à la création de son insatallation, en CalifornieAvec le DalaÏ Lama

Il a en outre inventé un système de nettoyage des textiles anciens et précieux et a des clients importants dont le Musée métropolitain de New-York, le Musée du textile à Washington etc...

 
2
0Au pied de sa colline, la plage de Point Reyes sur le Pacifique
 
0 

P9270091JIKjn9AAXyCPs9xdxLP9270064P9270086P9270098P9270094P9270084pt65303P9270068

 
0 0 1 3
Partager cet article
Repost0
15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 07:34
Maison d'enfance d'André Dhôtel, détruite pendant la guerre 14-18 - Sa maison d'adulte (3 photos)- Sa région (Mazagrna est le village des frères Goncourt
Maison d'enfance d'André Dhôtel, détruite pendant la guerre 14-18 - Sa maison d'adulte (3 photos)- Sa région (Mazagrna est le village des frères Goncourt
Maison d'enfance d'André Dhôtel, détruite pendant la guerre 14-18 - Sa maison d'adulte (3 photos)- Sa région (Mazagrna est le village des frères Goncourt
Maison d'enfance d'André Dhôtel, détruite pendant la guerre 14-18 - Sa maison d'adulte (3 photos)- Sa région (Mazagrna est le village des frères Goncourt
Maison d'enfance d'André Dhôtel, détruite pendant la guerre 14-18 - Sa maison d'adulte (3 photos)- Sa région (Mazagrna est le village des frères Goncourt
Maison d'enfance d'André Dhôtel, détruite pendant la guerre 14-18 - Sa maison d'adulte (3 photos)- Sa région (Mazagrna est le village des frères Goncourt
Maison d'enfance d'André Dhôtel, détruite pendant la guerre 14-18 - Sa maison d'adulte (3 photos)- Sa région (Mazagrna est le village des frères Goncourt
Maison d'enfance d'André Dhôtel, détruite pendant la guerre 14-18 - Sa maison d'adulte (3 photos)- Sa région (Mazagrna est le village des frères Goncourt
Maison d'enfance d'André Dhôtel, détruite pendant la guerre 14-18 - Sa maison d'adulte (3 photos)- Sa région (Mazagrna est le village des frères Goncourt
Maison d'enfance d'André Dhôtel, détruite pendant la guerre 14-18 - Sa maison d'adulte (3 photos)- Sa région (Mazagrna est le village des frères Goncourt

Maison d'enfance d'André Dhôtel, détruite pendant la guerre 14-18 - Sa maison d'adulte (3 photos)- Sa région (Mazagrna est le village des frères Goncourt

André Dhôtel, né le 1er septembre 1900 à Attigny (Ardennes) et mort le 22 juillet 1991 à Paris, est un écrivain français, à la fois romancier, conteur et poète, ainsi qu'un scénariste.

Connu du grand public par le roman Le Pays où l'on n'arrive jamais, prix Femina 1955, il est l'auteur d'une œuvre abondante et singulière, où s'exprime un merveilleux proche du quotidien, dans lequel le rapport à la nature joue un grand rôle. Il figure encore aujourd'hui parmi les auteurs français au programme de lettres françaises contemporaines du collège, sous forme de courts extraits.

 

 

Biographie

  L'emplacement de la maison (détruite en 1914-18) à Attigny où habitait le jeune André Dhôtel.

 

C'est dans son village natal d'Attigny qu'André Dhôtel passe ses six premières années. Il écrit les souvenirs de cette époque au voisinage du gué de l'Aisne dans Un jour viendra, en 1972. Le père d'André Dhôtel est nommé en 1907 commissaire-priseur à Autun, et la famille le suit. Mais André reviendra pour les vacances dans ses Ardennes natales, à Saint-Lambert où vivaient ses grands-parents. Il pratique alors l'école buissonnière et parcourt la région d'Autun, découvrant la nature, mais regrettant sans cesse les premiers paysages ardennais. D'Autun, il poursuit sa scolarité au lycée Sainte-Barbe à Paris.

 

Nommé surveillant dès novembre 1918 à Sainte-Barbe, en compagnie du futur chansonnier Raymond Souplex, il prépare en même temps une licence de philosophie. André Dhôtel effectue son service militaire de 1920 à 1923, avec les écrivains Georges Limbour, Roger Vitrac et Marcel Arland. Il fonde avec ce dernier la revue Aventure en 1921, et publie également l'unique numéro de la revue Dès.

 

Bénéficiant des lacunes d'effectifs dues à la Grande Guerre, il est nommé professeur à l'Institut supérieur d’études françaises d’Athènes en 1924, il découvre ainsi la Grèce et ses îles pendant ses quatre années à l'Institut français d'Athènes. Il n'est pas rare de trouver des personnages grecs ou des expressions hellénophiles dans ses romans. Sur le monde hellénique, il a écrit notamment quatre romans :

  • Ce lieu deshérité, paru à la nrf Gallimard en 1949,
  • Ma chère âme, nrf Gallimard en 1961,
  • L'île de la Croix d'Or, paru en 1979,
  • Lorsque tu reviendras, Phébus, 1986.

 

Rentré en France, il est nommé au collège de Béthune en 1928 et publie ses premiers textes poétiques. Nommé ensuite à Provins, il publie en 1930 Campements, son premier roman, et s'y marie en 1932 avec la fille d'un négociant en vins, Suzanne Laurent. Leur fils François naît en 1933.

 

Toutefois, en marge d'une vie de famille sereine et heureuse, sa carrière littéraire stagne. De 1930 à 1940, l'écrivain est refusé par les principaux éditeurs.

 

De 1935 à 1938, il est en poste à Charolles. Déçu, puisqu'il souhaite ardemment être nommé à Paris ou dans sa banlieue voisine, il sombre dans une profonde dépression nerveuse et doit être momentanément interné. Le professeur dépressif est malgré ses demandes nommé à Valognes en Normandie en 1938 où il rechute mentalement quelques mois. Rétabli, il est mobilisé quelque temps en 1940.

 

C'est finalement grâce à son ami Jean Paulhan qu'il retrouve le chemin de la publication et de l'enseignement apaisé. Ce dernier fait accepter son roman Le village pathétique à la NRF et use de ses relations avec les services académiques pour le faire nommer professeur à Coulommiers en 1943, là où il finira sa carrière professionnelle en 1961. Il y publie presque chaque année un roman et crée la revue 84, en compagnie de Marcel Bisiaux, Jacques Brenner, Alfred Kern, Armen Lubin et Henri Thomas. Son roman David, publié en 1947 aux Éditions de Minuit, reçoit le prix Sainte-Beuve.

 

En juillet-août 1947 Jean Dubuffet peint son portrait, qu'il intitule Dhôtel nuancé d'abricot. Il fait la connaissance en 1949 de Jean Follain, avec qui il restera ami jusqu'à la mort de ce dernier en 1971.

 

C'est la consécration avec le prix Femina attribué en 1955 pour Le Pays où l'on n'arrive jamais, le Grand prix de littérature pour les Jeunes en 1960, le Grand prix de littérature de l'Académie française en 1974 et le Grand prix national des Lettres pour le roman Les Disparus en 1975.

 

Après sa retraite de l'enseignement, il va enfin habiter à Paris et se construit une maison de vacances à Mont-de-Jeux, à quelques kilomètres de sa ville natale Attigny.

Cette dernière l'honore en 1984 de son vivant avec le titre de « citoyen d'honneur », et Mont-de-Jeux après sa mort, en baptisant la rue principale « rue André-Dhôtel ».

Il meurt en 1991, un an jour pour jour après son épouse, et est inhumé au cimetière de Provins.

L'écrivain

André Dhôtel est un écrivain du merveilleux quotidien, comme le démontre son roman intimiste Bonne nuit, Barbara (1979). Il montre, au-delà des fantaisies propres à chaque personnage, un goût pour la vie des choses, la terre et sa végétation, notamment les milieux ouverts comme la prairie, les champs, les clairières forestières, les vallées observées d'un promontoire ou plus prosaïquement les fleurs, les graminées, les espèces prairiales et leurs hôtes. Du coup, il s'inscrit dans la grande tradition ou lignée européenne des romantiques allemands. Les thèmes d'aventures fantastiques ou de confrontations au monde mystérieux, par exemple propre à cette tradition, sont présents dans les romans suivants :

  • Les voyages fantastiques de Julien Grainebis, 1958
  • Le neveu de Parencloud, 1959/1960.

L'exploration des souvenirs est également calquée sur cette tradition littéraire :

  • Vaux étranges, 1986
  • Terres de mémoire, 1979
  • Lointaines Ardennes, 1979.

 

Publications

D'André Dhôtel
Romans
  • Campements, Gallimard, 1930, 1987
  • Le Village pathétique, Gallimard, 1943 ; Folio , 1975
  • Nulle part, Gallimard, 1943 ; Pierre Horay, 1956, 1977 ; Rombaldi, 1979
  • Les Rues dans l’aurore, Gallimard, 1945
  • Le Plateau de Mazagran, Ed. de Minuit, 1947 ; Guilde du livre, 1960 ; Marabout, 1977
  • David, Ed. de Minuit, 1948, Marabout, 1979 [roman écrit dans las années 1930]
  • Ce lieu déshérité, Gallimard, 1949 ; 1997
  • Les Chemins du long voyage, Gallimard, 1949 ; Folio , 1984
  • L’Homme de la scierie, Gallimard, 1950
  • Bernard le paresseux, Gallimard, 1952 ; L’Imaginaire , 1984
  • Les Premiers Temps, Gallimard 1953, 1987
  • Le Maître de pension, Grasset, 1954
  • Mémoires de Sébastien, Grasset, Les cahiers verts , 1955
  • Le Pays où l’on n’arrive jamais, P. Horay, 1955 ; J’ai lu , 1960 ; Gallimard, 1975
  • Le Ciel du Faubourg, Grasset 1956 ; Les Cahiers rouges , 1984
  • Dans la vallée du chemin de fer, P. Horay, 1957
  • Le Neveu de Parencloud, Grasset, 1960 ; Mame, 1960
  • Ma chère âme, Gallimard, 1961 ; Phébus, Libretto , 2003
  • Les Mystères de Charlieu-sur-Bar, Gallimard, 1962 ; Rombaldi, 1979
  • La Tribu Bécaille, Gallimard, 1963, 1977
  • Le Mont Damion, Gallimard, 1964
  • Pays natal, Gallimard, 1966, Phébus Libretto , 2003
  • Lumineux rentre chez lui, Gallimard, 1967, Phébus, Libretto , 2003
  • L’Azur, Gallimard, 1968 ; Folio , 2003
  • L’Enfant qui disait n’importe quoi, Gallimard, 1968 ; Folio Junior , 1978
  • Un jour viendra, Gallimard, 1970, Phébus, Libretto , 2003
  • La Maison du bout du monde, P. Horay, 1970
  • L’Honorable Monsieur Jacques, Gallimard, 1972
  • Le Soleil du désert, Gallimard, 1973, 1997
  • Le Couvent des pinsons, Gallimard, 1974
  • Le Train du matin, Gallimard, 1975
  • Les Disparus, Gallimard, 1976
  • Bonne nuit Barbara, Gallimard, 1978
  • L’Île de la croix d’or, Gallimard, 1000 soleils , 1978
  • La Route inconnue, Phébus, 1980
  • Des trottoirs et des fleurs, Gallimard, 1981
  • Je ne suis pas d’ici, Gallimard, 1982
  • Histoire d’un fonctionnaire, Gallimard, 1984
  • Vaux étranges, Gallimard, 1986
  • Lorsque tu reviendras, Phébus, 1986
Nouvelles, récits et contes
  • Du Pirée à Rhodes, Le Rouge et le noir, 1928 ; Séquences, 1996 (suivi de Printemps grec).
  • Ce jour-là, Gallimard, 1947
  • La Chronique fabuleuse, Ed. de Minuit, 1955 ; Mercure de France (éd. augmentée), 1960 ; 2000
  • L’Île aux oiseaux de fer, coll. « Libelles », Fasquelle, 1956 ; coll. « Cahiers rouges », Grasset, 2002
  • Nulle part, édition Pierre Horay, 1957.
  • Les Voyages fantastiques de Julien Grainebis, P. Horay, 1958
  • Idylles, Gallimard, 1961 ; Folio , 2003
  • La Plus belle main du monde, Casterman, Plaisir des contes , 1962
  • Le Robinson de la rivière, Casterman, Plaisir des contes , 1962
  • Les Lumières de la forêt, Fernand Nathan, 1964
  • Un soir, Gallimard, 1977
  • La Merveilleuse Bille de verre, Robert Laffont, 1980
  • Comment Fabien regarda l’aurore, Clancier-Guénaud, Les Premiers temps, 1982
  • La Princesse et la lune rouge, Casterman, 1982
  • Le Bois enchanté et autres contes, Hachette, 1983
  • Rhétorique fabuleuse, Garnier, 1983. (Rééd. Le temps qu'il fait, 1990)
  • La Nouvelle Chronique fabuleuse, P.Horay, 1984
  • Pierre Marceau (Mesures, no 2, 15 avril 1940), Mont Analogue, 1993
  • Un adieu, mille adieux, La bibliothèque Gallimard , 2003
  • D’un monde inconnu, ill. de Daniel Nadaud, Fata Morgana, 2012
Poèmes
  • Le Petit Livre clair, Le Rouge et le noir, 1928 ; Deyrolle & Théodore Balmoral, 1997
  • La Chronique fabuleuse et ses avatars cités plus haut peuvent être lus comme des recueils de prose poètique.
  • La Vie passagère, Phébus, 1978
  • Poèmes comme ça, Le Temps qu’il fait, 2000 (préface de Jean-Claude Pirotte)
Essais
  • L'œuvre logique de Rimbaud, 1933.
  • Rimbaud et la révolte moderne, nrf Gallimard, 1951.
  • Saint Benoit-Joseph Labre, aux éditions Plon, 1957.
  • Le Roman de Jean-Jacques, Éditions du Sud, Paris, 1962.
  • La vie de Rimbaud, Éditions du Sud, Paris, 1965.
  • Nord-Flandre Artiois-Picardie, texte par André Dhôtel, photographies par Jacques Fronval, Christian de Rudder, Alain Perceval, Jacques Verroust, série Tourisme en France nr 17, Éditions SUN, Paris, 1971.
  • Jean Follain, série Poètes d'aujourd'hui nr 49, éditions Pierre Seghers, 1972.
Préfaces/ postfaces
  • Edmond Dauchot, Ardenne bien aimée, préface d'André Dhôtel, Paris-Gembloux, J. Duculot, 1976.
  • René Hénoumont, Edmond Dauchot : le photographe de l'Ardenne d'autrefois, introduction de Georges Vercheval, avec un témoignage de René Henoumont et une postface d'André Dhôtel, Tournai, La Renaissance du Livre, 2000, (ISBN 2-8046-0423-3).
Bibliophilie
Scénariste
Sur André Dhôtel
  • Yves Leclair, Premier inventaire de la valise, Prendre l'air, Mercure de France, 2001
  • Christine Dupouy, André Dhôtel. Histoire d'un fonctionnaire, éditions Aden, coll. Le cercle des poètes disparus, 2008
  • Laurence Motoret, « Le Temps du Dhôtella
LES ROMANS
LES ROMANS
LES ROMANS
LES ROMANS
LES ROMANS
LES ROMANS
LES ROMANS
LES ROMANS
LES ROMANS
LES ROMANS
LES ROMANS
LES ROMANS
LES ROMANS
LES ROMANS
LES ROMANS
LES ROMANS
LES ROMANS
LES ROMANS
LES ROMANS
LES ROMANS
LES ROMANS
LES ROMANS
LES ROMANS
LES ROMANS
LES ROMANS
LES ROMANS

LES ROMANS

NOUVELLES-RECITS et CONTES
NOUVELLES-RECITS et CONTES
NOUVELLES-RECITS et CONTES
NOUVELLES-RECITS et CONTES
NOUVELLES-RECITS et CONTES
NOUVELLES-RECITS et CONTES
NOUVELLES-RECITS et CONTES
NOUVELLES-RECITS et CONTES
NOUVELLES-RECITS et CONTES
NOUVELLES-RECITS et CONTES

NOUVELLES-RECITS et CONTES

POEMES
POEMES
POEMES
POEMES

POEMES

ESSAIS
ESSAIS
ESSAIS
ESSAIS
ESSAIS

ESSAIS

Partager cet article
Repost0
13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 09:09
WC Handy-Blind Blake-BB King-John Lee Hooker-Robert Johnson-Blind Lennon Jefferson-Lonnie John-Tommy Johnson-Othar Turnerson-Tommy Johnson     son
WC Handy-Blind Blake-BB King-John Lee Hooker-Robert Johnson-Blind Lennon Jefferson-Lonnie John-Tommy Johnson-Othar Turnerson-Tommy Johnson     son
WC Handy-Blind Blake-BB King-John Lee Hooker-Robert Johnson-Blind Lennon Jefferson-Lonnie John-Tommy Johnson-Othar Turnerson-Tommy Johnson     son
WC Handy-Blind Blake-BB King-John Lee Hooker-Robert Johnson-Blind Lennon Jefferson-Lonnie John-Tommy Johnson-Othar Turnerson-Tommy Johnson     son
WC Handy-Blind Blake-BB King-John Lee Hooker-Robert Johnson-Blind Lennon Jefferson-Lonnie John-Tommy Johnson-Othar Turnerson-Tommy Johnson     son
WC Handy-Blind Blake-BB King-John Lee Hooker-Robert Johnson-Blind Lennon Jefferson-Lonnie John-Tommy Johnson-Othar Turnerson-Tommy Johnson     son
WC Handy-Blind Blake-BB King-John Lee Hooker-Robert Johnson-Blind Lennon Jefferson-Lonnie John-Tommy Johnson-Othar Turnerson-Tommy Johnson     son
WC Handy-Blind Blake-BB King-John Lee Hooker-Robert Johnson-Blind Lennon Jefferson-Lonnie John-Tommy Johnson-Othar Turnerson-Tommy Johnson     son
WC Handy-Blind Blake-BB King-John Lee Hooker-Robert Johnson-Blind Lennon Jefferson-Lonnie John-Tommy Johnson-Othar Turnerson-Tommy Johnson     son

WC Handy-Blind Blake-BB King-John Lee Hooker-Robert Johnson-Blind Lennon Jefferson-Lonnie John-Tommy Johnson-Othar Turnerson-Tommy Johnson son

LE BLUES

 

Le blues est un genre musical vocal et instrumental, dérivé des chants de travail des populations afro-américaines apparues au Mexique et aux États-Unis au courant du XIXe siècle ainsi que des immigrés anglais, irlandais, écossais, espagnols, français, polonais et d'indiens Cherokee, gens de pauvres conditions qui exprimaient eux aussi leurs peines dans un genre de musique comparable. C'est un genre où le chanteur exprime sa tristesse et ses déboires (d'où l'expression « avoir le blues »). Le blues a eu une influence majeure sur la musique populaire américaine, puisqu'il est à la source du jazz, du R'n'B et du rock 'n' roll entre autres.

 

 

Étymologie

 

Le terme blues vient de l'abréviation de l'expression anglaise blue devils (« diables bleus »), qui signifie « idées noires ».

 

Le terme blue d'où le blues est aussi dérivé de l'ancien français et signifie « l'histoire personnelle » (il reste dans la langue française actuelle le terme bluette, qui est, pour tous les bluesmen, la signification du blues, une chanson à la première personne du singulier). La note bleue - en fait la gamme pentatonique mineure couramment utilisée dans la musique asiatique, à laquelle on ajoute une note dissonante - donne une sonorité particulière caractéristique du blues. L'utilisation de cette "blue note" est l'essence musicale du blues qui a de nombreuses origines (africaines, asiatiques via les Amérindiens, irlandaises, etc.)

 

L'utilisation de l'expression dans la musique noire américaine remonte au début du XXe siècle dans le Music Hall Américain (vaudeville) et était couramment employée dès le XIXe siècle dans les pièces de théâtre traitant des Noirs du Sud des États-Unis (cf dans Americana, chez Fayard). W.C. Handy l'a en quelque sorte officialisée dans son Memphis Blues en 1905.

Histoire du blues

 Origines du blues.

Les plus anciennes formes de blues proviennent du Sud des États-Unis, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Ces formes étaient le plus souvent orales, accompagnées parfois par un rythme donné par des instruments rudimentaires. C'est principalement dans les champs de coton de la région du delta du Mississippi (entre Senatobia et Clarksdale) que ces formes prennent des tours plus complexes.

L'une des formes antérieures au blues est le Fife and Drums joué dans la région Hill Country du Mississippi (il s'agit d'un ensemble de percussions guidé par un fifre en bambou, instrument que jouait le maître en la matière, Othar Turner).

 

Il y eut d'autres formes de blues avec des instruments rudimentaires, le diddley bow, une corde fixée sur une planche, le jug, cruchon en terre dans lequel on soufflait. Puis le blues a évolué avec des instruments simples, tels que la guitare acoustique, le piano et l'harmonica. La légende raconte que l'un des guitaristes bluesmen, Robert Johnson, aurait signé un pacte avec le diable ce qui lui aurait permis de devenir un virtuose du blues (blue devils : c'est une musique liée aux forces maléfiques qui était fuie et rejetée par beaucoup de personnes aux États-Unis). Cependant, Robert Johnson ne serait pas le premier à avoir raconté cette histoire, c'est un autre bluesman, auteur du morceau Canned heat Tommy Johnson, qui en serait à l'origine.

 

W. C. Handy fut l'un des premiers musiciens à reprendre des airs de blues, à les arranger et les faire interpréter par des chanteurs avec orchestres. Il fut également l'auteur de morceaux parmi les plus célèbres, tel le fameux Saint Louis Blues.

 

Du point de vue des textes, les premiers blues consistaient souvent à répéter un même vers quatre fois. Au début du XXe siècle, la structure s'est standardisée sous sa forme la plus commune : "AAB". Dans cette structure, un vers est chanté sur les quatre premières mesures ("A"), puis répété sur les quatre suivantes ("A"), enfin, un second vers est chanté sur les quatre dernières mesures ("B"), comme dans l'exemple suivant : « Woke up this morning with the Blues down in my soul / Woke up this morning with the Blues down in my soul / My baby gone and left me, got a heart as black as coal ».

 

Les années 1920 et 1930 virent l'apparition de l'industrie du disque, et donc l'accroissement de la popularité de chanteurs et guitaristes tels que Blind Lemon Jefferson et Blind Blake qui enregistrèrent chez Paramount Records, ou Lonnie Johnson chez Okeh Records. Ces enregistrements furent connus sous le terme de race records (musique raciale), car ils étaient destinés exclusivement au public afro-américain. Mais les années 1920 connurent également des chanteuses de classic blues extrêmement populaires, telles que Gertrude « Ma » Rainey, Bessie Smith, Ida Cox et Victoria Spivey.

Blues urbain d'après guerre
 
Concert de Blues à Chicago, 2007.

 

Après la Seconde Guerre mondiale, l'urbanisation croissante et l'utilisation des amplificateurs pour la guitare et l'harmonica menèrent à un  blues plus électrique tel que le Chicago blues), avec des artistes comme Howlin' Wolf et Muddy Waters qui influencère le célèbre Jack Mawell quand il écrivit Black days. C'est ce blues électrique qui influencera, plus tard, une partie du rock 'n' roll.

 

Vers la fin des années 1940 et pendant les années 1950, les Noirs américains ont migré vers les villes industrialisées du Nord comme Chicago et Détroit, pour y trouver du travail. Dans les villes comme Chicago, Détroit et Kansas City, un nouveau style de blues « électrique » apparut. Il utilisait la voix, la guitare électrique, la basse électrique, la batterie et l'harmonica amplifié avec un micro et un ampli. J. T. Brown, qui jouait avec les groupes d'Elmore James et J.B. Lenoir a également utilisé le saxophone, plutôt comme instrument d'accompagnement qu'instrument soliste.

 

Le style de blues urbain de Chicago fut bien influencé par le blues du Mississippi, d'où sont venus des musiciens comme Howlin' Wolf, Muddy Waters, Willie Dixon, et Jimmy Reed. Les harmonicistes comme Little Walter et Sonny Boy Williamson (Rice Miller) étaient bien connus dans les clubs de blues à Chicago. Les autres joueurs d'harmonica, comme Big Walter Horton, Snooky Pryor et Sonny Boy Williamson, avaient aussi beaucoup d'influence. Muddy Waters, Elmore James et Homesick James jouaient de la guitare électrique avec un « slide » ou « bottle neck » ; l'exercice consiste à jouer les notes sur le manche en posant un bout de métal ou un goulot de bouteille sur les cordes. B. B. King et Freddie King n'ont pas utilisé le « slide ». Les chanteurs Howlin' Wolf et Muddy Waters marquèrent le blues de leurs voix rauques et fortes.

 

Le contrebassiste, compositeur, chercheur de talents Willie Dixon a eu un grand impact sur l'environnement musical de Chicago. Des chansons comme Hoochie Coochie Man, I Just Want to Make Love to You (écrite pour Muddy Waters), Wang Dang Doodle (pour Koko Taylor), et Back Door Man (pour Howlin' Wolf) sont devenus des « standards » de blues. Nombres d'artistes de Chicago Blues enregistrèrent leurs disques sur le label Chess Records ou d'autres labels importants tels Vee Jay et Cobra.

 

Le style de blues urbain des années 1950 a eu un grand impact sur la musique populaire des musiciens comme Bo Diddley et Chuck Berry. Aussi, le style de blues urbain des années 1950 a influencé le style de musique de Louisiane de zydeco, surtout Clifton Chenier. Les musiciens comme T-Bone Walker (de Dallas) étaient plus associés au style de blues de la Californie, plus policé et sophistiqué que le style de blues de Chicago, les Charles Brown's Three Blazers étant le combo qui illustrera le mieux cette tendance au milieu des années 1940.

 

Les blues de John Lee Hooker étaient plus individuels que le style de blues de Chicago. À la fin des années 1950, le swamp blues s'est développé près de Bâton-Rouge avec des artistes comme Slim Harpo, Lazy Lester, Sam Myers et Jerry McCain. Le swamp blues était plus lent, avec un style d'harmonica moins complexe que dans le Chicago Blues. Les chansons du style les plus connues sont Scratch my Back, She's Tough et King Bee.

 

Le jump blues était un autre développement du blues de cette période qui a influencé la musique populaire. Le jump blues était un hybride populaire du swing et du blues, mettant en vedette des chansons "up-tempo" orchestrées pour des big bands. Le musicien de ce genre qui a le plus influencé la musique populaire était Big Joe Turner, qui a enregistré la version originale de "Shake, Rattle, and Roll". Pensons aussi à Tiny Grimes, Ruth Brown, et LaVern Baker ("Tweedle Dee").

Années 1960 et 1970
 
Bob Dylan, 1963.

 

Lors des années 1960, les genres de musique influencés ou créés par les noirs américains, comme le rhythm and blues et la musique soul sont devenus populaires. Les musiciens blancs ont popularisé beaucoup de styles des américains noirs aux États-Unis et au Royaume-Uni. Le Rock'n'roll a souvent été qualifié de mélange des musiques Noires et Blanches bien que ce mélange remonte aux années 1930 avec certains genres de la Country Music comme le Western Swing ou le Country boogie dont le Rock'n'roll n'apparaît souvent que comme un prolongement.

 

Dans les années 1960, une nouvelle génération d'enthousiastes du blues apparaît en Europe et en particulier en Angleterre. Les principaux acteurs de ce que l'on appelle alors le British blues boom sont les Yardbirds, les Bluesbreakers menés par John Mayall ou encore les Animals, Fleetwood Mac (1re période avec Peter Green), Chicken Shack, et incluent de nombreuses stars de la pop et du rock à venir Jimmy Page, Eric Clapton ou Jeff Beck (tous trois membres successivement des Yardbirds) qui intègrent à leur musique des influences psychédéliques et pop.

 

À la fin des années 1960, le style West Side Blues fut créé à Chicago par des artistes comme Magic Sam, Magic Slim, Junior Wells, Earl Hooker et Otis Rush. Le West Side Blues de Magic Sam, Otis Rush, Buddy Guy et Luther Allison était caractérisé par une guitare électrique suramplifiée.

 

Aux États-Unis, les guitaristes et chanteurs B. B. King, John Lee Hooker, et Muddy Waters ont inspiré une nouvelle génération de musiciens, comme le New-Yorkais Taj Mahal. L'ère des « Civil Rights » a augmenté l'auditoire des blues traditionnels, et des festivals tels que le Newport Folk Festival ont programmé des prestations de « grands » comme Son House, Mississippi John Hurt, Skip James, Big Joe Williams ou le Reverend Gary Davis. J.B. Lenoir a enregistré des chansons qui touchaient aux thèmes du racisme ou de la guerre du Viêt Nam.

 

Des artistes américains comme Bob Dylan, Janis Joplin ou Jimi Hendrix, tous influencés à la fois par le blues traditionnel et le blues électrique, firent découvrir cette musique au jeune public de l'époque. L'interprétation que les artistes de cette génération donnèrent au blues aura plus tard une influence très forte sur le développement de la musique rock proprement dite.

Années 1980-présent
 
Taj Mahal au Festival de Glastonbury en 2005.

 

Pendant les années 1980 et jusqu'à nos jours le blues a continué d'évoluer à travers le travail de Stevie Ray Vaughan, Robert Cray, Bonnie Raitt, Taj Mahal, Ry Cooder, Albert Collins, Keb 'Mo', Alvin Youngblood, Corey Harris, Jessie Mae Hemphill, R. L. Burnside, Junior Kimbrough, Kim Wilson, James Harman et ses deux guitaristes Hollywood Fats mann et David "kid" Ramos, Ali Farka Touré et bien d'autres.

 

Le style de blues « Texas rock-Blues » a été créé dans les années 1980, et utilise les guitares solo et d'accompagnement en même temps. Le style Texas a été fortement influencé par le Blues-rock d'Angleterre (comme John Mayall). Les artistes importants du style Texas blues étaient Stevie Ray Vaughan qui révolutionna le style dans les années 1980, The Fabulous Thunderbirds et ZZ Top.

 

À la même époque, John Lee Hooker a retrouvé sa popularité, grâce à ses collaborations avec Carlos Santana (Cd The Healer), Miles Davis, Robert Cray et Bonnie Raitt. Eric Clapton (anciennement des Bluesbreakers et du groupe Cream) est redevenu populaire dans les années 1990 avec son album pour MTV Unplugged, où il joue quelques chansons traditionnelles, entre autres succès, sur une guitare acoustique.

Blues traditionnel

Delta Blues

Kansas City Blues

Chicago blues

Memphis Blues

 

Texas blues

Calvin Russell

New York blues

Blues moderne (après 1950)

Funk Blues

Nu Blues et blues électro

British blues

 

Blues français et francophone

Blues cadien

Blues d'autres pays

  • Bonny B. : harmoniciste-chanteur de blues et gospel
  • Monney B.  : Guitariste et chanteur frontman des Hell's KItchen (CH)

Camerounais:Roland Tchakounte

Karim Alberkook et Amar Sandy (Algérie)

  • Pappo : guitariste et chanteur, blues et blues rock

Pendant les années 1980 et 1990, des « Blues scenes » furent créés partout aux États-Unis, au Canada, et en Europe. Ces « Blues scenes » comprenaient des revues de Blues (par exemple : Living Blues et Blues Revue), les sociétés de blues, des festivals de blues, et des clubs où est joué du blues.

Structures musicales du blues

D'un point de vue technique, le blues repose sur trois éléments : un rythme souvent ternaire syncopé, l'harmonie en I-IV-V (c'est-à-dire les degrés principaux dans l'harmonie tonale), et la mélodie qui utilise la gamme blues et les notes bleues.

Le blues a eu une influence sur une très large variété de styles musicaux, qui intégrèrent dans des proportions variables l'un ou plusieurs de ces éléments. Si l'on ne peut alors plus parler de blues on utilise fréquemment le qualificatif bluesy pour indiquer cette coloration particulière. Au-delà de stricts canons techniques, le blues se caractérise souvent - mais pas toujours - par une humeur teintée d'une certaine langueur ou mélancolie.

Rythme

Le rythme le plus employé du blues repose sur une division ternaire de chaque noire (ou temps dans une mesure en 4/4) ou triolet de croches. Chaque temps est donc divisé en trois croches dont on ne marque que la première et la troisième. On crée ainsi une impression de décalage quant à l'emplacement "naturel" des notes. Le terme de shuffle est souvent employé pour désigner ce rythme. Le blues est souvent synonyme de tempo medium voire lent.

Harmonie

Initialement assez libre, la structure harmonique du blues se fixe progressivement pour aboutir à une forme de base articulée autour de trois accords, généralement sur 8, 12 ou 16 mesures. La forme en douze mesure est – de loin – la plus commune ; on parle de « 12 bar Blues » (Blues de 12 mesures). Ces trois accords, désignés par les chiffres romains I-IV-V, représentant les premier, quatrième et cinquième degrés (c.-à-d. tonique, sous-dominante et dominante) de la gamme majeure correspondant à la tonalité du morceau. ex. : Do/Fa/Sol ("Blues en Do"), Fa/Si bémol/Do ("Blues en Fa"), Mi bémol/La bémol/Si bémol ("Blues en Mi bémol"), etc. Les accords de base comportent le plus souvent la septième (mineure). Dans les formes plus élaborées, les musiciens recourent fréquemment à des accords de neuvième, ainsi qu'à différentes altérations. Dans le jazz, à partir des années 1940 (Bebop), des musiciens comme Charlie Parker ont poussé la sophistication harmonique (et mélodique) de la forme à un degré élevé, qui contraste avec les enchaînements rudimentaires du blues originel ("early blues"). Dans "Blues for Alice", Charlie Parker multiplie les accords de passage et altérations au point que, malgré les 12 mesures caractéristiques, il est parfois difficile pour des oreilles novices de "détecter" la forme (harmonique) du blues.

Suite d'accords de base (Blues en Fa) : Suite d'accords de "Blues for Alice" :
Fa7 Sib7 Fa7 Fa7
Sib7 Sib7 Fa7 Fa7
Do7 Sib7 Fa7 Do7
Fa7 Mim7b5 La7 Rém7 Sol7 Dom7 Fa7
Sib7 Sibm7 Mib7 Lam7 Ré7 Labm7 Réb7
Solm7 Do7 Fa7 Ré7 Solm7 Do7
Mélodie

La mélodie d'une gamme blues traditionnelle est simplement une gamme pentatonique mineure à laquelle on a ajouté une note. C'est cette dernière (la quarte augmentée) qui donne la couleur blues au morceau, d'où son nom de blue note (note bleue). Certains auteurs, notamment Le Roi Jones dans son livre Le Peuple Blues, avancent la théorie que ce serait là une tentative d'adaptation d'une gamme propre à la musique traditionnelle africaine. D'autres relient cela aux musiques amérindiennes, notamment Cherokees, qui proviennent très largement des musiques de l'Asie du Sud Est.

 

L'autre gamme fréquemment utilisée en Blues est la

Bill Wither- Etta James-Koko Taylor-Buddy Guy- Ida Cox-Miles Davis-Nina Simone-Bessie Smith-Hank Williams-Gertrud Mc Rainey-Howlin Wolf-JB Lenoir-The Blues Brothers
Bill Wither- Etta James-Koko Taylor-Buddy Guy- Ida Cox-Miles Davis-Nina Simone-Bessie Smith-Hank Williams-Gertrud Mc Rainey-Howlin Wolf-JB Lenoir-The Blues Brothers
Bill Wither- Etta James-Koko Taylor-Buddy Guy- Ida Cox-Miles Davis-Nina Simone-Bessie Smith-Hank Williams-Gertrud Mc Rainey-Howlin Wolf-JB Lenoir-The Blues Brothers
Bill Wither- Etta James-Koko Taylor-Buddy Guy- Ida Cox-Miles Davis-Nina Simone-Bessie Smith-Hank Williams-Gertrud Mc Rainey-Howlin Wolf-JB Lenoir-The Blues Brothers
Bill Wither- Etta James-Koko Taylor-Buddy Guy- Ida Cox-Miles Davis-Nina Simone-Bessie Smith-Hank Williams-Gertrud Mc Rainey-Howlin Wolf-JB Lenoir-The Blues Brothers
Bill Wither- Etta James-Koko Taylor-Buddy Guy- Ida Cox-Miles Davis-Nina Simone-Bessie Smith-Hank Williams-Gertrud Mc Rainey-Howlin Wolf-JB Lenoir-The Blues Brothers
Bill Wither- Etta James-Koko Taylor-Buddy Guy- Ida Cox-Miles Davis-Nina Simone-Bessie Smith-Hank Williams-Gertrud Mc Rainey-Howlin Wolf-JB Lenoir-The Blues Brothers
Bill Wither- Etta James-Koko Taylor-Buddy Guy- Ida Cox-Miles Davis-Nina Simone-Bessie Smith-Hank Williams-Gertrud Mc Rainey-Howlin Wolf-JB Lenoir-The Blues Brothers
Bill Wither- Etta James-Koko Taylor-Buddy Guy- Ida Cox-Miles Davis-Nina Simone-Bessie Smith-Hank Williams-Gertrud Mc Rainey-Howlin Wolf-JB Lenoir-The Blues Brothers
Bill Wither- Etta James-Koko Taylor-Buddy Guy- Ida Cox-Miles Davis-Nina Simone-Bessie Smith-Hank Williams-Gertrud Mc Rainey-Howlin Wolf-JB Lenoir-The Blues Brothers
Bill Wither- Etta James-Koko Taylor-Buddy Guy- Ida Cox-Miles Davis-Nina Simone-Bessie Smith-Hank Williams-Gertrud Mc Rainey-Howlin Wolf-JB Lenoir-The Blues Brothers
Bill Wither- Etta James-Koko Taylor-Buddy Guy- Ida Cox-Miles Davis-Nina Simone-Bessie Smith-Hank Williams-Gertrud Mc Rainey-Howlin Wolf-JB Lenoir-The Blues Brothers
Bill Wither- Etta James-Koko Taylor-Buddy Guy- Ida Cox-Miles Davis-Nina Simone-Bessie Smith-Hank Williams-Gertrud Mc Rainey-Howlin Wolf-JB Lenoir-The Blues Brothers

Bill Wither- Etta James-Koko Taylor-Buddy Guy- Ida Cox-Miles Davis-Nina Simone-Bessie Smith-Hank Williams-Gertrud Mc Rainey-Howlin Wolf-JB Lenoir-The Blues Brothers

Partager cet article
Repost0
11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 14:58

 

 

Mythologie grecque
 
 
Le buste de Zeus découvert à Otricoli, en Italie.

 

La mythologie grecque, c'est-à-dire l'ensemble organisé des mythes provenant de la Grèce antique, se développe au cours d'une très longue période allant de la civilisation mycénienne jusqu'à la domination romaine. La rencontre entre les Grecs et les Romains coïncide avec celle de la mythologie grecque et de la mythologie romaine : la première exerce une forte influence sur la seconde, qui ne s'y réduit pas pour autant. Longtemps après la disparition des religions grecque et romaine, la mythologie grecque est utilisée comme sujet d'inspiration par les artistes, et continue à l'être de nos jours.

 

La mythologie grecque nous est parvenue grâce à un vaste ensemble de textes dont les plus anciens sont les épopées d'Homère et les poèmes d'Hésiode, principalement la Théogonie, mais aussi par les arts picturaux comme la céramique. L'ensemble de ces sources présente des généalogies et des récits qui forment un système doté d'une cohérence limitée. Les mythes grecs témoignent de la représentation que les anciens Grecs se faisaient du monde. Néanmoins, le statut de la mythologie grecque est complexe, car la mythologie dépasse le cadre de la religion. Les personnages et les événements mythiques rapportés par la tradition étaient pour les Grecs, du moins dans leurs grandes lignes, des réalités historiques relevant d'un passé lointain, et servaient donc de base de travail aux historiens antiques. Dans le même temps, la mythologie fournit une ample source d'inspiration à la littérature et aux arts grecs antiques.

 

La mythologie dans la société grecque
Mythologie et religion
Article détaillé : Religion grecque antique.
 
Scène de libation entre Apollon et Niké au pied de l'omphalos de Delphes, copie romaine d'un original hellénistique de style archaïsant, musée du Louvre
 
Hermès conduisant une chèvre au sacrifice, cratère campanien de Paestum, 360350 av. J.-C., musée du Louvre

 

La religion grecque était fondée sur des rituels pratiqués en commun, mais ne reposait pas sur un texte sacré ou sur des dogmes, et il n'existait pas non plus de littérature proprement religieuse. Des textes comme la Théogonie d'Hésiode et les épopées d'Homère ne sont donc pas des textes sacrés : ce sont des œuvres littéraires proposant une vision parmi d'autres de la création du monde et des généalogies divines, mais elles ne se proposent pas de dicter ce qu'il faudrait obligatoirement croire. Le lien entre littérature et religion s'établit plutôt par la composition de textes destinés à être déclamés lors de cérémonies religieuses (par exemple les hymnes de Pindare, et, de façon plus indirecte, les textes des tragédies, comédies et drames satyriques, puisque les représentations théâtrales sont liées au culte de Dionysos). Les dieux et héros mythologiques pouvaient être évoqués dans des contextes non immédiatement liés au culte proprement dit. Mais il faut garder à l'esprit que la société grecque antique ne connaît aucune séparation entre un domaine propre à la religion et le reste de la société : au contraire, la religion est présente de manière diffuse dans tous les aspects de la vie sociale et politique.

 

L'absence de dogme ou de canon religieux n'est bien sûr pas synonyme d'absence de croyance. En Grèce antique, la piété (eusebeia), l'une des principales notions de la religion grecque antique, suppose de révérer les mêmes divinités que l'ensemble de la communauté : en introduire de nouvelles est un acte d'impiété, à moins que la cité ne les accepte officiellement, et il est tout aussi impie d'endommager les représentations des dieux ou leurs propriétés ou de parodier les rituels. Mais dans le même temps, plusieurs cosmogonies et théogonies coexistent sans que cela ne pose de problème (Homère présente dans l’Iliade Océan et Téthys comme le couple primordial, tandis que la Théogonie d'Hésiode place le Chaos, puis Éros et Gaia, aux origines du monde, et qu'une secte comme l'orphisme propose encore une autre interprétation). Et la comédie grecque antique de l'époque classique peut librement représenter dieux et héros sous des traits grotesques en leur prêtant un comportement bouffon.

 

Toutes les divinités ayant reçu un culte en Grèce antique n'ont pas fait l'objet de récits mythiques. Certaines, comme la déesse Hestia, en sont pratiquement absentes. De même, ni la place d'une divinité ou d'un héros dans la hiérarchie des puissances divines, ni l'abondance des récits qui lui sont consacrés, ne reflètent nécessairement l'importance réelle de son culte : ainsi Asclépios, quoique très inférieur à des divinités telles que son père Apollon, disposait d'un sanctuaire à Épidaure dont la renommée s'étendait à l'ensemble du monde grec. Enfin, alors que la différence de statut entre les dieux et les héros est assez appuyée dans les récits, les cultes rendus à des héros (les cultes héroïques) différaient assez peu, dans leurs modalités, de ceux rendus aux dieux.

Mythologie et littérature

 

 
Les premiers vers de l’Iliade d'Homère

À l'époque archaïque et encore à l'époque classique, la poésie est le domaine par excellence de l'évocation des mythes : au sein de la société grecque, les poètes restent les voix les mieux autorisées à relater les récits fondateurs de la mythologie. Lorsque l'historien Hérodote évoque les origines de la religion grecque dans son Enquête, c'est vers eux qu'il se tourne : « Quelle est l'origine de chacun de ces dieux ? Ont-ils toujours existé ? Quelles formes avaient-ils ? Voilà ce que les Grecs ignoraient hier encore, pour ainsi dire. Car Hésiode et Homère ont vécu, je pense, quatre cents ans tout au plus avant moi ; or ce sont leurs poèmes qui ont donné aux Grecs la généalogie des dieux et leurs appellations, distingué les fonctions et les honneurs qui appartiennent à chacun, et décrit leurs figures. » Les poètes comme Homère et Hésiode ont donc nettement influencé la représentation que les Grecs se faisaient de leurs dieux et des origines du monde, même s'ils ne remplissaient pas une charge à proprement parler religieuse. Mais les mythes sont présents de manière diffuse dans tous les genres littéraires : ils sont évoqués aussi bien par les dramaturges que par les orateurs, les historiens et les philosophes.

Dès Homère, chaque auteur évoque les mythes selon ses propres critères artistiques, le public auquel il s'adresse et le contexte dans lequel il s'inscrit, avec une très grande liberté d'invention et de remodelage. Dans l’Iliade, le précepteur d'Achille est un humain, Phénix, et non le centaure Chiron comme dans d'autres versions. Lorsqu'au chant XIX Phénix raconte à Achille le mythe de la chasse du sanglier de Calydon, il l'adapte afin de faire de Méléagre, le principal protagoniste de son récit, un anti-modèle victime de son tempérament colérique, afin de montrer à Achille qu'il a tort de persister dans sa propre colère en refusant de revenir au combat. La tragédie grecque représente souvent les héros de manière anachronique, car elle est un moyen pour la cité de réfléchir sur sa société et ses institutions. Ainsi, dans Les Euménides, Eschyle, en relatant la purification d'Oreste après le parricide qu'il a commis, l'utilise pour élaborer un récit étiologique expliquant les origines du tribunal de l'Aréopage athénien.

Mythologie et arts figurés
 
Dionysos et satyres. Intérieur d'une coupe attique à figures rouges, vers 480 av. J.-C.

 

Les textes sont loin d'être les seuls vecteurs de la mythologie grecque : celle-ci est également très présente dans les arts figurés tels que la céramique et la sculpture. À toutes les époques, les Grecs vivent entourés de représentations qui s'y rattachent, qu'il s'agisse des monuments et des statues de l'espace public, ou des objets de la vie quotidienne dans leur espace privé. Les représentations figurées mettant en scène des sujets mythologiques ne doivent pas être considérés comme de simples illustrations des textes : bien au contraire, elles adaptent leur sujet au contexte et au public auquel elles se destinent, et inventent souvent des variantes qui ne sont pas attestées par ailleurs dans les textes. Les vases destinés à recevoir le vin, par exemple, représentent eux-mêmes des banquets ou des scènes mythologiques liées à Dionysos, qui ne peuvent être comprises que si on les replace dans ce contexte du banquet grec ; ils mettent volontiers en scène des figures comme les satyres, qui sont assez peu présents par ailleurs dans les textes, mais qui apparaissent très souvent sur les vases dans des scènes typiques. Ainsi les arts figurés disposent eux aussi d'une grande liberté d'innovation ou de réinvention des mythes, et mettent en place leurs propres codes et conventions pour les représenter.

Mythologie et histoire

En Grèce antique, il n'y a pas de distinction tranchée entre les événements relevant du mythe (qui, pour l'historien contemporain, relèvent de la fiction) et les événements historiques (qui nous paraissent les seuls réels). La chronologie figurant sur la chronique de Paros, une inscription du IIIe siècle av. J.-C., fait se succéder dans une même continuité le règne de Cécrops, le premier roi légendaire d'Athènes, puis le déluge de Deucalion, la guerre de Troie, etc. et des événements historiques comme la bataille de Platées, en indiquant leurs dates dans le comput athénien. Les premiers historiens, les logographes, qui écrivent dès la fin de l'époque archaïque et le début de l'époque classique, comme Acousilaos par exemple, se contentent de rapporter les traditions et les généalogies locales des différentes cités dans le but de les faire connaître, sans en critiquer beaucoup le contenu. Les atthidographes, auteurs d'histoires de l'Attique, prennent davantage de distance et rationalisent parfois les éléments merveilleux des récits.

 

L'un des premiers historiens à opérer une véritable sélection critique des mythes est Hécatée de Milet, au début du Ve siècle av. J.-C. Il opère un choix parmi ce qu'a transmis la tradition et en donne un exposé systématique, cohérent, en prose, en enlevant les éléments qui lui paraissent invraisemblables : il réduit à vingt le nombre des filles de Danaos, qui en possède cinquante dans la tradition à laquelle il s'oppose, et il fait de Cerbère un simple serpent à la piqûre fatale, mais il conserve certains éléments merveilleux comme les unions entre dieux et mortelles. Hérodote, dans l’Enquête, rapporte les traditions dont il a entendu parler et fait état des différentes versions contradictoires, sans toujours se prononcer sur leur véracité. Mais lui aussi rapporte des versions rationalisées de certains récits : l'enlèvement d'Io qui ouvre l’Enquête, par exemple, est une anecdote historique où il n'y a ni interventions divines ni métamorphose. Thucydide évoque les actions des souverains mythiques tels que Minos, Pélops ou Agamemnon en les ramenant sur le même plan que les réalités historiques de son temps et en ignorant leurs aspects merveilleux, mais, pour lui, ces personnages sont aussi historiques que Périclès.

 

L'attitude des historiens demeure tout aussi prudente jusqu'à l'époque romaine. Au Ier siècle av. J.-C., Diodore de Sicile fait une plus grande place au légendaire et s'attache plutôt à rapporter les différentes traditions sans prétendre les rationaliser. Au IIe siècle, Plutarque, au début de la Vie de Thésée, l'une des rares Vies parallèles à traiter d'une figure légendaire, compare le passé lointain aux pays lointains arides et inaccessibles évoqués par les géographes, puis déclare : « je souhaite que la légende, épurée par la raison, se soumette à elle et prenne l'aspect de l'histoire. Mais si parfois, dans son orgueil, elle ne se soucie guère d'être crédible et refuse de s'accorder avec la vraisemblance, je solliciterai l'indulgence des lecteurs, et les prierai d'accueillir de bonne grâce ces vieux récits ». Cette volonté d'épurer le mythe par la raison (le logos) témoigne de l'influence de Platon ; mais la prudence de Plutarque envers les mythes n'est nullement le signe d'une méfiance envers la religion en général, puisqu'il fait preuve d'une foi profonde et exerce un temps la charge de prêtre d'Apollon à Delphes.

 

De manière générale, les historiens grecs conservent une attitude prudente en face des mythes, qu'il s'agisse d'y croire ou de ne pas y croire. Paul Veyne, qui s'intéresse au problème complexe de la croyance dans Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ?, rappelle toute la distance qui sépare les historiens antiques de l'histoire telle qu'elle s'élabore par la suite (fondée sur l'étude et la critique des sources) : « Il arrive parfois qu'un historien ancien signale que ses « autorités » présentent des divergences sur quelque point, ou même qu'il déclare renoncer à savoir quelle était la vérité sur ce point, tant les versions diffèrent. Mais ces manifestations d'esprit critique ne constituent pas un appareil de preuves et de variantes, qui sous-tendrait tout son texte, à la manière de l'appareil de références qui couvre le bas de toutes nos pages d'histoire : ce sont uniquement des endroits désespérés ou douteux, des détails suspects. L'historien ancien croit d'abord et ne doute que sur les détails où il ne peut plus croire. »

Mythologie et politique
 
Cécrops, le roi-serpent autochtone, fondateur mythique d'Athènes et ancêtre de la tribu attique des Cécropides. Illustration d'une céramique de Palerme

À toutes les époques, les mythes sont aussi un enjeu politique. Les orateurs attiques s'y réfèrent et les emploient comme des arguments dans leurs discours, en les choisissant ou en les adaptant selon les circonstances. Dans le Panégyrique, Isocrate évoque le mythe de l'autochtonie des Athéniens pour justifier leur prétention à la supériorité sur les autres cités, et, dans le Philippe, adressé à Philippe II de Macédoine, il rappelle la parenté entre les ancêtres du roi macédonien et les cités grecques pour le convaincre de leur venir en aide25. Les inscriptions consignant des décrets d'alliances entre cités témoignent du même genre de recours aux généalogies mythiques comme argument dans les accords diplomatiques entre deux cités.

Mythologie et philosophie

Dès l'époque archaïque, les philosophes s'écartent parfois beaucoup des récits les plus répandus, beaucoup parce qu'ils proposent leurs propres systèmes, eux-mêmes fortement imprégnés de religion : Pythagore est ainsi, au VIe siècle av. J.-C. le fondateur du pythagorisme. D'autres se montrent plus critiques et à la limite de l'impiété, tel Anaxagore poursuivi en justice à Athènes au Ve siècle av. J.-C. pour avoir affirmé que le soleil était une pierre incandescente. Platon oppose parfois le muthos comme récit mensonger et le discours rationnel (le logos) qui doit guider le philosophe ; mais cette opposition est loin d'être systématique et ne se retrouve pas dans tous ses dialogues. Platon lui-même, dont la pensée s'inscrit par ailleurs dans la continuité de la religion traditionnelle, ne rejette pas le concept de muthos conçu comme récit et ne s'interdit nullement d'y recourir. Loin de supprimer totalement les mythes de son œuvre, il en invente de nouveaux qui font partie intégrante de ses démonstrations philosophiques, et consistent soit en des allégories destinées à mieux faire comprendre une argumentation (comme l'allégorie de la caverne), soit en des récits élaborés sur le modèle des mythes anciens dont ils reprennent les thèmes et les fonctions, et qui permettent de rendre compte de la composante non rationnelle de certains sujets. C'est dans ce contexte que s'inscrivent par exemple le mythe d'Er au livre X de La République et les différents récits du Banquet, dont le mythe de l'androgynie placé dans la bouche d'Aristophane. Platon utilise aussi le mythe à des fins politiques, par exemple en élaborant le mythe de l'Atlantide qui met en scène une Athènes idéalisée, conforme aux vœux politiques de Platon, luttant victorieusement contre une Atlantide qui incarne tout ce que Platon réprouve dans la thalassocratie athénienne de son temps.

Typologie des principaux mythes grecs

Récits des origines
Cosmogonies : la création du monde
Article détaillé : Cosmogonie.

Les Grecs connaissaient plusieurs cosmogonies, c'est-à-dire des récits relatant la naissance et la mise en ordre progressive du cosmos, le monde organisé. Celle que nous connaissons le mieux, car elle nous est parvenue en entier, est celle que compose Hésiode dans la Théogonie et selon laquelle existe (ou apparaît) d'abord le Chaos, puis Éros et Gaïa (Terre), laquelle engendre Ouranos (Ciel), Pontos (Flot marin) et d'autres divinités tandis que Chaos en engendre d'autres, les différentes lignées donnant peu à peu naissance, au fil des générations, à toutes les divinités incarnant les aspects fondamentaux de la nature (Hélios, Séléné), aux divinités souveraines (Cronos puis Zeus), mais aussi à des êtres monstrueux qui sont ensuite éliminés ou enfermés par les dieux ou les héros (la plupart des enfants de Nyx, mais aussi Typhée et sa progéniture).

Mais nous connaissons aussi l'existence d'autres cosmogonies. Au chant XIV de l’Iliade, Héra feint de rendre visite à Océan et Téthys, qu'elle qualifie de « père et mère des dieux », ce qui peut constituer une allusion à une cosmogonie différenteOcéan et Téthys seraient les deux divinités originelles. L'orphisme, courant religieux qui se plaçait à l'écart des pratiques traditionnelles du culte et se plaçait sous le patronage du poète mythique Orphée, a développé, au moins à partir de l'époque classique, plusieurs cosmogonies propres à son système de pensée. Nous n'en avons qu'une connaissance lacunaire, mais nous savons qu'elles plaçaient à l'origine du monde la Nuit ou le Temps, qui engendre un œuf qui donne à son tour naissance à Phanès ou bien à Éros. L'orphisme accorde également une place beaucoup plus grande à Dionysos, qui est mis à mort, cuit et mangé par les Titans avant d'être ressuscité. On attribuait aussi une cosmogonie à Musée, un autre poète mythique souvent associé à Orphée. À l'époque archaïque, plusieurs poètes, comme le Crétois Épiménide, le Lacédémonien Alcman ou l'Argien Acousilaos, ainsi que des philosophes présocratiques comme Phérécyde de Syros, composent d'autres cosmogonies.

Anthropogonies : la création de l'humanité

Une anthropogonie (de anthrôpos, « homme », et gonos, « création ») est un récit de l'apparition de l'humanité. Tout comme les Grecs possédaient plusieurs cosmogonies, ils connaissaient plusieurs anthropogonies. Les poèmes mythologiques les mieux conservés restent relativement vagues sur ce sujet. Dans les épopées d'Homère, aucune indication n'est donnée sur les origines de l'humanité, et les dieux ne se sentent pas responsables de l'existence des mortels : ils se contentent de répondre aux manifestations de leur piété, tandis que Zeus exerce les fonctions de juge des mortels et de médiateur entre dieux et mortels. Hésiode, dans la Théogonie, n'explique pas la création des hommes : ils apparaissent dans son poème au moment du partage de Mékôné et de la ruse de Prométhée, récit qui explique surtout les modalités du sacrifice, l'une des pratiques cultuelles fondamentales de la religion grecque. Dans Les Travaux et les Jours, Hésiode relate le mythe des races décrivant plusieurs humanités (plusieurs genos) composées chacune d'un métal différent, la première, la race d'or, remontant au règne de Cronos ; mais son récit a moins pour objet la création de ces humanités que leurs vertus et la dégradation progressive de leurs conditions de vie, ce qui apparente plutôt ce récit aux origines du mythe de l'âge d'or. Il existait par ailleurs une tradition sur l'origine de l'humanité nommée le mythe de l'autochtonie, selon lequel les premiers hommes étaient directement sortis de la terre. Ce mythe était utilisé par les Athéniens, qui s'en servaient à l'époque classique pour justifier leur supériorité sur les autres cités, mais aucune source ne présente clairement de récit selon lequel ce serait toute l'humanité qui aurait été créée de cette façon.

 

Les sources de la mythologie restent donc obscures sur la création des tout premiers hommes, mais la plupart s'accordent sur les noms des ancêtres de l'humanité actuelle : Deucalion et Pyrrha, qui survivent au déluge et font renaître des humains à partir des pierres, comme le rapporte Pindare dans la neuvième Olympique. Mais il s'agit d'une renaissance de l'humanité plutôt que de ses origines premières, et la façon dont les hommes apparaissent avant le déluge de Deucalion est beaucoup moins claire.

 

Si nous ne possédons pas de récit bien conservé sur l'apparition des hommes, la création de la femme fait l'objet de son propre mythe, celui de Pandore, évoquée par Hésiode dans la Théogonie et Les Travaux et les jours. Dans la Théogonie, Pandore est créée par Zeus pour châtier les hommes après la ruse de Prométhée qui leur a donné le feu. Son nom grec, Pandora, signifie « don de tous les dieux » : Héphaïstos la façonne dans de la terre et chacun des dieux est invité à lui faire présent d'une qualité physique ou d'un vêtement. Mais Pandore est un piège, car, sous sa belle apparence, elle n'apporte que des soucis aux hommes ; dans Les Travaux et les jours, c'est elle qui soulève le couvercle de la jarre où sont gardés maux et maladies et devient responsable de leur propagation dans le monde entier, ce qui explique la condition misérable des hommes. Le mythe de Pandore véhicule l'idéologie misogyne qui était celle de la société grecque antique, mais il représente aussi un changement dans la condition humaine, car l'arrivée de Pandora coïncide avec l'apparition de l'obligation pour les humains de travailler pour vivre, travail et fécondité devenant les deux aspects principaux de la condition humaine contemporaine.

Géographie mythique

Les divinités et héros de la mythologie grecque évoluent dans le monde réel tel que se le représentaient les Grecs, mais aussi dans plusieurs lieux situés hors du monde ou aux limites du monde, qu'il s'agisse des résidences des divinités ou bien de l'au-delà.

Olympe

Les divinités grecques les plus importantes résident sur l'Olympe. Cette représentation de l'Olympe comme demeure des divinités olympiennes est déjà très présente dans les principales œuvres poétiques de l'époque archaïque : l’Iliade et l’Odyssée, puis les poèmes d'Hésiode et les Hymnes homériques, œuvres qui influencent durablement la représentation des dieux grecs. L'Olympe où résident les dieux chez Homère et Hésiode est à la fois un lieu réel, le mont Olympe en Grèce du nord, et une demeure céleste située très haut dans le ciel : ces deux représentations coexistent, non sans entraîner quelques hésitations et incohérences de détail, l'essentiel consistant à affirmer une séparation entre cette demeure des dieux et le reste du monde. Mais tous les dieux grecs ne résident pas sur l'Olympe, loin de là : un grand nombre divinités résident sur terre ou dans la mer.

Hadès, Tartare et autres conceptions de l'au-delà

Dès l'époque archaïque, la littérature grecque ancienne aborde la question de l'au-delà, et distingue plusieurs lieux susceptibles d'accueillir les âmes des défunts après la mort.

 

Les Enfers sont le principal au-delà en Grèce ancienne. Chez Homère, ils sont nommés « l'Hadès », du nom du dieu Hadès, qui y réside et y règne sur les morts en compagnie de son épouse Perséphone. L’Odyssée situe l'Hadès aux confins du monde, au-delà du fleuve Okéanos, près du pays des Cimmériens (nom d'un peuple réel). Ulysse, au chant XI, ne s'aventure qu'au seuil de l'Hadès et se contente de dialoguer avec les ombres qu'il fait venir en leur offrant un sacrifice. Dès Homère, les morts sont imaginés comme des ombres immatérielles et sans force qui errent dans l'Hadès pour l'éternité. Plusieurs passages de l’Iliade mentionnent l'existence d'un fleuve, le Styx, que l'âme du mort doit franchir avant de se mêler aux autres ombres, mais l’Odyssée et Hésiode ne parlent pas de cette condition. Plusieurs personnages assurent le rôle de passeur entre le monde des vivants et celui des morts. Au chant XXIV de l’Odyssée, c'est le dieu Hermès qui conduit aux Enfers les âmes des prétendants de Pénélope. L'autre passeur des morts le plus fréquent est le nocher Charon. Charon n'est pas mentionné dans la littérature archaïque, et apparaît pour la première fois sur une peinture de l'Hadès par Polygnote au Ve siècle av. J.-C. connue seulement par une description qu'en donne Pausanias. À partir de cette époque, il est représenté sous les traits d'un vieillard posté dans une barque, et qui fait franchir aux morts le fleuve qui coule à l'entrée des Enfers.

 

Un autre lieu de l'au-delà est le Tartare. L’Iliade situe le Tartare dans les profondeurs extrêmes de la terre, aussi loin sous l'Hadès que l'Hadès est loin du ciel ; le Tartare est fermé par un seuil de bronze et des portes de fer, et Zeus menace d'y enfermer les dieux qui s'opposeraient à lui. Dans la Théogonie d'Hésiode, les Titans, à l'issue de leur bataille contre les dieux, sont capturés par les Hécatonchires qui les enferment dans le Tartare et en deviennent les gardiens. La Théogonie contient, juste après, une description du Tartare dont la géographie est assez confuse : elle place le Tartare tantôt sous la terre, tantôt dans un endroit indéterminé aux limites du monde. Il semble que l'Hadès et le Tartare aient parfois été confondus dans certains textes par la suite.

 

En dehors des Enfers et du Tartare, la pensée grecque se représente aussi un au-delà heureux, qui apparaît sous plusieurs formes et sous plusieurs noms. Dans l’Odyssée, le dieu marin Protée prédit à Ménélas qu'il n'est pas destiné à mourir, mais à vivre éternellement dans les Champs élysées, où il n'y a ni neige, ni pluie. Un tel sort semble réservé à de très rares mortels. Dans une autre épopée du Cycle troyen, l’Éthiopide (connue seulement par le résumé qu'en donne Proclos), le héros Achille, après sa mort, est emmené par sa mère Thétis vers un endroit nommé l'Île blanche, qui apparaît ensuite comme un séjour heureux. Un autre endroit jouant le même rôle de séjour éternel agréable est les Îles des Bienheureux. Ces îles sont évoquées pour la première fois par Hésiode dans un passage de son mythe des races dans Les Travaux et les Jours, où il dit qu'au moins une partie de la race des héros y séjourne après la mort. Par la suite, la tradition littéraire tend à s'écarter d'Homère (chez qui tous les morts partagent le même sort dans l'Hadès, y compris les héros de la guerre de Troie) et à considérer que des héros comme Achille bénéficient d'une vie après la mort plus heureuse que celle du commun des mortels.

Panthéons et divinités
Caractéristiques des dieux grecs
 
Rituel religieux des Mystères d'Éleusis - Musée archéologique national, Athènes.

La caractéristique la plus visible des dieux tels que les Grecs se les représentaient est l'anthropomorphisme : l'apparence physique des dieux, leurs actions et leurs sentiments paraissent très proches de ceux des mortels. Hérodote emploie au sujet des dieux l'adjectif paradoxal anthropophues, « de nature humaine ». Cependant, cet anthropomorphisme et cette proximité entre les dieux et les hommes n'est qu'apparente : comme le montre Françoise Frontisi-Ducroux dans un article du recueil Corps des dieux, la religion grecque ne cesse de mettre en évidence l'écart qui sépare les dieux et les humains. Le corps des dieux est lui-même surhumain : lorsqu'ils sont évoqués dans l'épopée, ils ont une taille gigantesque, un poids colossal ou au contraire impossiblement léger. Dans leur corps coule non pas du sang mais de l'ichor, et les blessures ne mettent pas leur vie en péril puisqu'ils sont immortels (athanatoi). Les dieux ne consomment pas la même nourriture que les mortels : le nectar et l'ambroisie sont leur nourriture d'immortalité. Les épopées d'Homère évoquent aussi une langue des dieux différente de celles des mortels. Ce caractère surhumain est mis en valeur par les matières précieuses utilisées pour les statues, par exemple chryséléphantines.

 

Si les dieux les plus fameux, les divinités olympiennes, sont anthropomorphes, ce n'est pas le cas de toutes les divinités : les dieux fleuves grecs sont souvent représentés sous la forme de taureaux, et il existait de nombreuses idoles des dieux n'ayant pas l'apparence d'êtres vivants. L'apparence surhumaine des dieux est la manifestation de leur statut supérieur et de leur omnipotence : « les dieux peuvent tout ».

Généalogies des dieux grecs

Tout comme il existait plusieurs théogonies relatant leur naissance, il existait plusieurs généalogies des divinités grecques. Les manuels consacrés à la religion grecque antique et à la mythologie grecque ont fréquemment recours à la version présentée par la Théogonie d'Hésiode, la plus complète à nous être parvenue.

 
La Mutilation d'Ouranos par Cronos de Giorgio Vasari, Palazzo Vecchio (Florence).

Dans sa Théogonie, Hésiode décrit la naissance des dieux au fil de générations successives, dont il développe tour à tour les différentes branches en y intercalant des épisodes narratifs qui anticipent parfois sur la suite de son développement. Les tout premiers êtres qui forment l'univers ne sont pas issus d'une reproduction sexuée : Chaos, Éros et Gaïa (la Terre) apparaissent spontanément, et Gaïa engendre seule Ouranos (le Ciel). Gaïa et Ouranos s'unissent pour former le premier couple divin, et ils donnent naissance à douze Titans, six fils et six filles. Parmi ces titans, Cronos joue un rôle décisif dans la généalogie divine. Cronos prend le pouvoir en châtrant son père Ouranos, dont les organes génitaux, tombés dans l'océan, donnent notamment naissance à Aphrodite. Par la suite, Cronos s'unit à sa sœur Rhéa, qui donne naissance à Hestia, Déméter, Héra, Hadès, Poséidon et enfin Zeus, qui forment chez Hésiode la première génération des divinités olympiennes. Zeus prend le pouvoir à son tour, cette fois définitivement, et c'est lui qui, en s'unissant à plusieurs divinités, enfante la seconde génération des dieux de l'Olympe : Athéna (fille de Zeus seul : elle sort de son crâne après qu'il a avalé Métis), Apollon et Artémis (enfants de Zeus et de Léto), Arès (fils de Zeus et d'Héra), Hermès (fils de Zeus et de Maïa) et Dionysos (fils de Zeus et de la mortelle Sémélé). Héphaïstos est engendré par Héra seule par défi envers Zeus.

 

Homère, dans l’Iliade et l’Odyssée, diverge d'Hésiode sur plusieurs détails, qui ont aussi beaucoup influencé les représentations les plus courantes de la généalogie des dieux. Ainsi, dans l’Iliade, Zeus est l'aîné des dieux de l'Olympe, alors qu'il est le cadet des enfants de Cronos dans la Théogonie. Dans les épopées homériques, Aphrodite est elle aussi une fille de Zeus, et sa mère est Dioné.

Héros

La conception de l'histoire du monde des Grecs anciens plaçait, entre l'apparition de l'humanité et l'époque présente, un âge héroïque où avaient vécu des hommes mortels, mais plus grands, plus forts, et, de façon générale, dotés de qualités supérieures à celles des hommes du présent : c'étaient les héros, issus directement ou indirectement d'unions entre des divinités et des humains. L'âge héroïque était considéré comme ayant réellement existé ; il ne s'étendait pas sur une très longue période, seulement quelques générations, et n'était pas pensé comme très éloigné dans le passé86, puisque les héros étaient considérés comme les fondateurs des dynasties royales de nombreuses cités grecques87. Les héros sont conçus de différentes manières selon que l'on considère la façon dont ils étaient honorés dans le culte ou bien les différentes évocations littéraires dont ils font l'objet.

Cultes héroïques

Dans le culte, les héros font l'objet d'un culte héroïque : comme le culte des morts, ce culte se développe autour du tombeau du héros, mais, contrairement à un mort ordinaire, un héros est, de fait, honoré comme une puissance divine à part entière, qui peut rendre des oracles ou accorder protection ou guérison à qui vient le prier. À l'époque historique, certaines personnes réelles, distinguées de leur vivant par leurs exploits, font après leur mort l'objet d'un culte héroïque (c'est le cas par exemple du général Brasidas). Une grande partie des cultes héroïques se cantonnent à des localités précises (un village, une cité, une région), et sont inconnus ailleurs ; seuls quelques-uns sont connus dans toute la Grèce, le plus fameux de tous restant Héraclès.

Héros dans la littérature grecque

Dans la poésie archaïque, Hésiode, dans Les Travaux et les Jours, élabore un mythe des races où il intercale les héros comme une race à part entière de demi-dieux venue après les trois premières races métalliques (d'or, d'argent et de bronze) et avant l'humanité de l'époque présente, qu'il qualifie de race du fer ; il caractérise les héros par leur bravoure et leur justesse, et évoque leurs exploits pendant la guerre des sept chefs contre Thèbes et pendant la guerre de Troie. Le mythe hésiodique a fait l'objet de nombreuses études mythologiques.

 

Dans les épopées homériques, l’Iliade et l’Odyssée, les héros sont dépeints comme plus forts que les hommes du temps présent, mais inéluctablement mortels : Achille et Ulysse se voient prophétiser leur mort. L’Iliade et l’Odyssée présentent déjà deux conceptions différentes de l'héroïsme : Achille recherche la gloire et l'obtient par ses exploits militaires, tandis qu'Ulysse ne convoite que le retour dans son pays et recourt avant tout à la parole et à la ruse, la mètis, pour parvenir à ses fins91. Par ailleurs, chez Homère, le terme de héros est parfois employé de façon assez générale pour désigner des personnages nobles ou remarquables par leur talent.

 

À cette époque et aux époques postérieures, les différents genres littéraires s'approprient les figures de l'âge héroïque et en donnent de multiples interprétations. Ainsi la tragédie grecque athénienne de l'époque classique se concentre sur les malheurs des grandes lignées héroïques comme les Atrides et les Labdacides pour évoquer des problèmes religieux, politiques et philosophiques.

Cycles héroïques
Dynasties des cités

Les récits se rapportant aux héros trouvent souvent leur cohérence dans leur lien avec une cité, dont ils relatent la fondation et l'histoire de la dynastie royale. Les héros se répartissent ainsi en grandes familles, souvent nommées d'après le héros qui est à leur origine (Labdacos et les Labdacides, Pélops et les Pélopides, Cécrops et les Cécropides, etc.). Le destin de ces grandes lignées est plus ou moins étroitement lié à celui d'une ou plusieurs cités.

 

L'histoire de Thèbes a fait l'objet de plusieurs ensembles de récits sur lesquels nous sommes bien renseignés. Thèbes est fondée par un Phénicien, Cadmos ; une autre légende associée à sa fondation ou à sa refondation est celle des jumeaux Amphion et Zéthos, qui en élèvent les remparts. L'histoire de Thèbes est surtout indissociable de celle de Labdacos et des Labdacides, dont font partie Laïos et Jocaste et leur fils Œdipe, qui, à son insu, tue son père et épouse sa mère. Les enfants de l'inceste entre Œdipe et Jocaste interviennent dans d'autres récits, principalement celui de la querelle fratricide entre les deux fils, Étéocle et Polynice, qui est à l'origine de la guerre des sept chefs puis de l'expédition des Épigones. Dès l'époque archaïque, l'histoire des Labdacides était relatée par quatre épopées, aujourd'hui perdues, qui formaient le Cycle thébain.

 

La lignée de Tantale, roi d'Asie Mineure, est à l'origine de plusieurs familles héroïques importantes. Pélops, fils de Tantale, s'installe en Élide, dans le Péloponnèse, où il a de nombreux descendants, les Pélopides, qui règnent sur plusieurs cités du Péloponnèse. Parmi les enfants de Pélops figurent Atrée et Thyeste, ainsi que les descendants d'Atrée, les Atrides. Les deux fils d'Atrée, Agamemnon et Ménélas,

Partager cet article
Repost0
6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 08:25

Mondain certes, mais attentif aux affres d'une société qui le fascine par ses extrêmes, Rops compose de grands dessins à résonance sociale, tels que " La Buveuse d'Absinthe "  et  "La Dèche " (1882 )  (voir photos ci-jointes, de haut en bas). La peinture des bas-fonds le retient plus que jamais et de sa pérégrination aux antres malsains, il a ramené cette saisissante Buveuse d'Absinthe au regard dur enchassé dans un visage glacé; tout est exprimé en condensé: le regard dur et froid de la fille, un mur, l'attente et la quête du client comme seule action
"Je reviens de Paris, avec mes poches pleines de Parisiennes, des folles, des sombres, des étranges, des squelettables; je les ai fait poser, mais comme j'enrage de ne pas encore avoir assez de talent pour bien les rendre, ces terribles filles. Et c'est en 1969 qu'il expose au Salon de Bruxelles, sa Buveuse d'Absinthe, "une fille appelée Joliet qui arrivait tous les soirs, ivre au Bal Bullier et qui regardait avec des yeux de mourante galvanisée. Je l'ai fait poser et j'ai tâché de rendre ce que je voyais(...)la vie, tâcher de rendre la vie, et c'est assez rude " Plusieurs oeuvres (aussi " Le Gandin Ivre", "Le Bouge à matelots" et "L'attrapade"incarnent  cette froide désepérance du vice. Rops accède ici, à une dimension réaliste et sociale

 

 "La Dèche" (ci-contre) représente une prostituée devant l'affiche des tarifs. Celle-ci n'est éclairée que par un faible réverbère. Ce ne sont pas des femmes, ce sont des nuits, écrit Alfred Delvau en 1860 dans Les Dessous de Paris.

L'ambiance est celle de la rue, exprimée en condensé par le décor et l'attitude de la femme.
"Mais ce sont les jeunes femmes, écrit Rops à Poulet-Malassis, qui sont formidables ! En voilà qui ont laissé toute espérance; des fatiguées et des rassasiées, la vie leur a charrié de rudes émotions, tout celà a laissé sa trace sur les fronts et sur les bouches en rides et en maculatures sinistres, et ce splendide maquillage qui jette de chaudes lueurs sur tout celà, c'est réellement très beau à faire pour un peintre, mais il faut savoir un outil-comme Baudelaire-il a saisi, lui "


Ci-dessous "Le Bouge à Matelots"

 

Partager cet article
Repost0
6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 08:23

Pris dans la frénésie du salon de 1878 et de la grande exposition, Rops travaille avec acharnement. SPornocratès-Félicien Rops-1896on talent s'épanouit pleinement. Il cherche de nouvelles techniques en dessin, associe pastel, aquarelle, gouache, crayon de couleur. Il dessine "Pornocratès"(ci-contre) et "LaTentation dLa tentation de St Antoine-Rops- 1877e Saint-Antoine" ( ci-dessous). A la peinture réaliste des bas-fonds succède ainsi une vision allégorique et ironique de l'emprise du sexe sur la réalité humaine

 

La nudité ropsienne est née, "cette nudité ornée de notre époque". Rops la montre sous un jour" plus intense, dégageant un frisson inconnu qui doit exister dans le domaine de l'Art". Une femme puissante, souple, langoureuse. Beauté fatale qui lui sert à démasquer l'hypocrisie de la société bourgeoise à travers les moeurs du temps ou simplement à traduire le trouble du désir.

 

Rops est aussi très accaparé par la constitution d'un marché et d'un public. Très mondain, il "éventaillise" volontiers pour les dames, d'une façon personnelle et originale "une gouache sur simple toile grise, cela fait un effet charmant quand cela est traité haut le pinceau et que lon connait la fleur et les amours"
Il compose aussi des menus pour les repas donnés dans les milieux artistiques et littéraires
Rops n'a rien d'un ermite. Il se rend chez Victor Hugo, fréquente le café Gerbois cher à Manet, le café La Rochefoucauld àù il rencontre Degas, le Café Riche boulevard des Italiens...Sa conversation impressionne. Sa mémoire est prodigieuse; il donne l'impresssion d'avoir tout lu et virevolte de citations en références. On sait par Huysmans que le 16 avril 1877, il est du fameux diner chez Trapp, considéré comme le repas du baptême du naturalisme.

 

Néanmoins, malgré la fascination qu Paris exerce sur Rops, l'envie d'ailleurs se fait sans cesse sentir: "il faut traîter Paris comme une maîtresse ardente et aller de temps à autre se remettre au vert, en plein bois". Rops voyage, il a besoin de liberté. La nature lui apporte paix et sérénité; "la mer et les bois sont pour moi les grands consolateurs, les apaisants. Vis à vis d'eux l'on sent le côté transitoire, fugace et fragile de toutes les douleurs, et ils ont de mystérieuses paroles qui endorment et calment".

 

Cette soif d'évasion l'a déjà conduit à fréquenter les bords de la Meuse (Anseremme) et la Mer du Nord ( dès 1871). Il se lance ensuite dans les grands voyages qui font oublier le spleen parisien. Monte-Carlo (1874-1876-1877), " nid de fantaisistes dont les hantises sont chères aux Muses" où il séjourne chez son ami Camille Blanc, la Suède et Stockholm, la Hongrie (1879) qu'il sacrera terre de ses origines. La musique Tzigane l'ensorcèle "odieuse et adorable, folle...qui entre en vous, fouille dans les replis de votre être, en fait sortir les joies et les douleurs oubliées, et sous son étreinte, vous donne le pressentiment des angoisses futures et des bonheurs toujours espérés", l'Espagne (1880), Tolède, Séville "où il sent une plénitude de vie que l'on ne sent nulle part, on est plongé dans l'ivresse de la lumière et des fleurs, il a besoin de Grenade et surtout d'Alhambra "; la Hollande (1882)" un pays qui ressemble à un bain de pied dans lequel on a jeté des épinards, des populaces mornes et mélancoliques" les Etats-Unis (1887) où il accompagnera les soeurs Duluc parties présenter les modèles de leur maison de couture; l'Afrique du Nord et la Bretagne où il retrouve la mer

Partager cet article
Repost0
5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 08:54

C'est dans ce château situé à Mettet en Belgique (Province de Namur) que Félicien Rops revenait régulièrement auprès de son épouse. Charlotte de Favereau, à qui il appartenait. Il y peignait, gravait et était un passionné de jardinage. On peut dire que le jardin fait partie, luis aussi, de son oeuvre. Ce domaine est géré par le Fonds Rops qui a été créé il y a des années par mon ami cinéaste Thierry Zeno. Je m'y suis souvent rendu
   

Voir ma biographie de Félicien Rops ( 6 articles)

CET ENDROIT EST MAGIQUE......

 

IMGA0580.JPGIMGA0583.JPGIMGA0616-copie-1.JPGIMGA0592.JPGIMGA0622-copie-1.JPGIMGA0603.JPGIMGA0624.JPG

Partager cet article
Repost0