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LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


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Site traduit en Allemand :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/de/index.html

 

Site traduit en Anglais :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/en/index.html


Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
  • Contact

Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
.

Archives

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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Jetez un oeil dans mes LIENS sur Richard OLIVIER, BIG MEMORY, mon ami Richard, Cinéaste belge, étant sur un gigantesque projet: Filmer tous les CINEASTES BELGES, morts ou vifs. Enfin, un artiste qui s'intéresse à ses pairs !http://www.bigmemory.be

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COHEN Eveybody Knows
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Je suis sur les blogs pro-tibétains:

www.candle4tibet.org
www.ning.com

VENEZ M'Y REJOINDRE !

Christian VANCAU

21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 09:18

BON ANNIVERSAIRE CHARLYNE !!!

Avec Charlyne Berg, Hugo Horiot et Christian VancauToujours ce 27 octobre 2011, après avoir quitté Françoise Lefèvre, Charlyne, Hugo et moi, décidons d'aller prendre un verre au célèbre " Train Bleu", ce qui me permet de retrouver l'ancienne Gare de Lyon de mon adolescence, vitrée et charpentée d'acier, comme la Tour Eifel, les anciennes Halles, le Pont de Bir-Hakheim ou l'ancienne Gare d'OrsayLa Gare de Lyon P1070801P1070805P1070806Et voici Hugo CABRET et en-dessous à droite Hugo HORIOT.P1070808.JPG

Le Train Bleu, anciennement "Le Buffet de la gare de Lyon" a été construit en 1900, à l'occasion de l'Exposition Universelle. Il a été dénommé "Train bleu" en 1963 en hommage au myrhique Paris-Vintimille (celui que je prenais dans les années cinquante).Le train Paris-Vintimille

Quarante et une peintures ornent murs et plafonds du restaurant, représentant les paysages traversés par le train.

Parmi les clients fidèles de tous temps: Coco Chanel, Brigitte Bardot, Jean Cocteau, Salvador Dali, Jean Gabin, Charlyne Gerard...

Le Bar s'appelle "Le Big Ben Bar" (on reconnaîtra Henri Miller qui ne serait pas mort du tout m'a t'il dit dans l'oreille..) ainsi que Hugo Horiot et Christian VancauLe Big Ben Bar du Train bleu P1070834
P1070837
Luc Besson a immortalisé ce restaurant dans son film NIKITA

 

Nous montons le grand escaler du Train BleuP1070811
Princesse Charlyne et Prince Hugo saluant la fouleP1070813P1070814Le couple princier s'affale et s'affole sur le grand sofa du Salon et Charlyne fait la folleAu Train belu-Gare de Lyon P1070818P1070819P1070820P1070828P1070832Enfin en allant faire la vidange de mes cocktails, j'ai photographié la gare de Lyon par la lucarne horizontale des Toilettes du Train Bleu.P1070822P1070823

En réalité Charlyne fête ses 21 printemps au jourd'hui et nous enfilons moultes cocktails délicieux aux prix nettement moins délicieux.

Nous décidons de continuer la fête dans un restaurant Corse "Le Temple", situé avenue deTurbigo, plus Kitsch que cela tu meurs. Voici la patronneP1070840P1070843P1070841

Et nous retrouvons notre couple princier, bien content de pouvoir s'encanailler en toute intimité. Fi de tous ces palacesP1070846P1070844P1070842Charlyne et Marilyn

 

C'est l'histoire de trois amis

Christian Vancau, Hugo Horiot et Charlyne Berg

 

Une sorte de "JULES et JIM".....

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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 07:06

Cet article est reposté depuis Nicolas Bedos.

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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 09:49
Nicolas dans son atelier, sa maison à Antibes où il s'est suicide, le château de Ménerbes qu'il a acheté pour se rapprocher de Jeanne Mathieu et qu'il a peint
Nicolas dans son atelier, sa maison à Antibes où il s'est suicide, le château de Ménerbes qu'il a acheté pour se rapprocher de Jeanne Mathieu et qu'il a peint
Nicolas dans son atelier, sa maison à Antibes où il s'est suicide, le château de Ménerbes qu'il a acheté pour se rapprocher de Jeanne Mathieu et qu'il a peint
Nicolas dans son atelier, sa maison à Antibes où il s'est suicide, le château de Ménerbes qu'il a acheté pour se rapprocher de Jeanne Mathieu et qu'il a peint
Nicolas dans son atelier, sa maison à Antibes où il s'est suicide, le château de Ménerbes qu'il a acheté pour se rapprocher de Jeanne Mathieu et qu'il a peint
Nicolas dans son atelier, sa maison à Antibes où il s'est suicide, le château de Ménerbes qu'il a acheté pour se rapprocher de Jeanne Mathieu et qu'il a peint
Nicolas dans son atelier, sa maison à Antibes où il s'est suicide, le château de Ménerbes qu'il a acheté pour se rapprocher de Jeanne Mathieu et qu'il a peint
Nicolas dans son atelier, sa maison à Antibes où il s'est suicide, le château de Ménerbes qu'il a acheté pour se rapprocher de Jeanne Mathieu et qu'il a peint
Nicolas dans son atelier, sa maison à Antibes où il s'est suicide, le château de Ménerbes qu'il a acheté pour se rapprocher de Jeanne Mathieu et qu'il a peint
Nicolas dans son atelier, sa maison à Antibes où il s'est suicide, le château de Ménerbes qu'il a acheté pour se rapprocher de Jeanne Mathieu et qu'il a peint

Nicolas dans son atelier, sa maison à Antibes où il s'est suicide, le château de Ménerbes qu'il a acheté pour se rapprocher de Jeanne Mathieu et qu'il a peint

(Frédéric Lewing et Gwendoline Dos Santos - Le Point.)
16 mars 1955. Un amour qui se refuse pousse le peintre Nicolas de Staël à se suicider. Gâchis.

Le Point.fr - Publié le 16/03/2012 à 00:00 - Modifié le 16/03/2014 à 00:01

Repoussé par une femme aimée, effrayé par le succès, le peintre russe saute dans le vide depuis sa terrasse d'Antibes.

1955 Une passante remonte la minuscule rue du Revely, derrière le port d'Antibes. Elle distingue une masse sombre sur le trottoir. En s'approchant, elle découvre avec horreur le cadavre d'un homme vêtu d'une chemise, d'une veste et d'un pantalon bleu. Aux pieds, il porte une paire d'espadrilles. Elle s'affole, appelle à l'aide. Il semble avoir été la victime d'une chute. On lève la tête. On aperçoit une terrasse. Il a dû sauter de là. Cet homme doit être le peintre qui s'est installé dans la maison en octobre dernier. Effectivement, cet homme mort, c'est Nicolas de Staël, 41 ans.

Le peintre a choisi de mourir parce qu'une femme désirée se refuse à lui, parce qu'une gloire non désirée s'offre à lui. On l'aura compris, le père Nicolas n'est pas le plus simple des hommes. Orphelin et exilé, le prince russe possède une âme tourmentée, dépressive. Il peint avec frénésie. Il détruit avec frénésie. Depuis deux ans, il connaît enfin le succès. Les collectionneurs s'arrachent ses toiles. Mais cela ne l'enthousiasme guère. Pourquoi l'aime-t-on seulement maintenant, et pas avant ? Ne recherche-t-on pas ses oeuvres d'abord par esprit de spéculation, sans les apprécier ?

 
 

Depuis deux ans, Nicolas de Staël est éperdument amoureux d'une jeune femme nommée Jeanne Mathieu. Il la rencontre durant l'été 1953 lorsqu'il passe ses vacances en famille dans une magnanerie (ancienne ferme qui pratiquait l'élevage de vers à soie) louée à la famille Mathieu, près d'Apt. C'est son ami le poète René Char qui lui a donné l'adresse. Les Mathieu, c'est une grande famille composée des parents et de quatre enfants, dont Jeanne, mariée et mère elle-même de deux enfants. Brune, mais solaire, elle rayonne. Elle n'est pas farouche non plus, car René Char a probablement eu une rapide aventure avec elle. Dès qu'il la voit, de Staël, lui, est foudroyé. Jeanne lui rappelle Jeanine, sa première femme adorée, morte quelques années auparavant.

"Vous avez gagné"

Il écrit à Char : "Jeanne est venue vers nous avec des qualités d'harmonie d'une telle vigueur que nous en sommes encore tout éblouis. Quelle fille, la terre en tremble d'émoi ! Quelle cadence unique dans l'ordre souverain... Quel lieu, quelle fille !" Cette rencontre déclenche une tempête dans le crâne de l'artiste. Elle l'obsède. Au moment de partir pour l'Italie avec son épouse Françoise et ses deux enfants afin d'y poursuivre ses vacances, il ne peut se résoudre à quitter Jeanne. Alors, il la convainc de les accompagner dans la camionnette familiale. Une mauvaise idée : l'épopée tourne au cauchemar. La proximité de la jeune femme le rend fou. Quand ils reviennent à Lou Roucas, de Staël renvoie brutalement sa famille à Paris pour rester seul avec Jeanne. Il la peint, il lui fait l'amour. Il lui offre le mariage, car un prince russe est respectable. Elle a peur de cet amour trop fort. Elle se lasse. Elle le lui fait savoir. Il souffre. Il se désespère. Il injecte sa colère dans ses tableaux. Il pense au suicide.

Au début du mois de mars 1955, le peintre est à Antibes dans l'appartement qu'il loue pour peindre seul, sans sa famille. Le 5, il décide de monter à Paris en voiture pour assister à plusieurs concerts au théâtre Marigny. Il en profite pour rendre visite à Jean-François Jaeger, le directeur de la galerie Jeanne-Bucher qui l'a sous contrat. Il lui confie : "Je suis perdu... Peut-être ai-je assez peint." Il repart pour Antibes. Le 14 mars, il brûle de nombreux documents personnels, sauf les lettres de Jeanne. Il saute dans sa voiture pour aller les lui remettre. Comme elle refuse de lui ouvrir la porte, il les donne au mari présent en lui murmurant : "Vous avez gagné." Désespéré, il retourne à Antibes où il passe sa rage sur une toile de quatre mètres sur six. Durant trois jours, il se bat avec le rouge, le noir. Il peint un piano noir et massif faisant face à une contrebasse lumineuse, sur un fond rouge. C'est violent, c'est tragique. Le soir du troisième jour, c'est-à-dire le 16 mars 1955, il monte sur la terrasse, prêt à en finir. Quelques minutes plus tard, Nicolaï Vladimirovitch Staël von Holstein s'est débarrassé de sa "carcasse d'homme".

Grand Nu Orange (modèle Jeanne Mathieu) Encore elle dans "Le Nu couché"
Grand Nu Orange (modèle Jeanne Mathieu) Encore elle dans "Le Nu couché"
Grand Nu Orange (modèle Jeanne Mathieu) Encore elle dans "Le Nu couché"

Grand Nu Orange (modèle Jeanne Mathieu) Encore elle dans "Le Nu couché"

"Grand nu orange" de Nathalie Chaix
Publié le 29 octobre 2012 par Francisrichard

Grand_nu_orange.jpgGrand nu orange, "L'Olympia du XXe siècle" selon le critique Dorval, est le nom d'un tableau de Nicolas de Staël que lui a inspiré son amante Jeanne Mathieu. Sous ce titre Nathalie Chaix, elle, s'est inspirée librement de l'histoire de l'amour impossible entre le peintre et son modèle.

Ce roman ne prétend donc pas à la fidélité historique mais il respecte les noms des personnes, les événements, la chronologie de cet amour adultère, et, certainement, l'esprit dans lequel les deux amants se sont trouvés, pris, dépris, repris, dépris...

L'histoire commence à l'été 1953. Nicolas de Staël et René Char sont amis. Ils sont tous deux des géants, physiquement, et des artistes, géants. L'un est peintre, l'autre poète.

René parle beaucoup à Nicolas, qui est parisien d'adoption, du Sud de la France, dont il est originaire et où sa peinture devrait pouvoir puiser de l'inspiration comme sa poésie à lui s'y est nourrie.

René, qui vit à l'Isle-sur-la-Sorgue, trouve à Lagnes, grâce à ses amis Mathieu, du Lubéron, un lieu de villégiature pour Nicolas et sa famille. Car Nicolas est marié à Françoise et a trois enfants, Anne, d'un premier lit, Laurence et Jérôme, du second. Et Françoise est, à l'époque, enceinte d'un troisième, qui s'appellera Gustave.

La  magnanerie, Lou Roucas, dans laquelle les Staël s'établissent, appartient à Marcelle et Fernand Marthinieu, qui habitent le voisinage, aux Camphoux, avec leurs trois fils Henri, Jean et Lucien. Le Rébanqué, une bergerie rustique, est le repaire de René dans le coin. C'est là que Nicolas rencontre Jeanne pour la première fois.

Comme tous les artistes-peintres, Nicolas a bientôt envie d'un voyage plus au Sud, en Italie. Il emmène avec lui, dans sa camionnette Citroën, ses deux derniers et trois femmes: Françoise et deux amies de René, Ciska que ce dernier a connu pendant la Résistance et Jeanne, mariée à Urbain Mathieu, mère de deux enfants, Jules et Gaspard.

Sans avoir besoin de se dire quoi que ce soit, Nicolas et Jeanne tombent amoureux l'un de l'autre. D'ailleurs ils ne se disent rien au début. Nicolas fait comme si Jeanne n'existait pas. Jeanne fait semblant de rien, mais il lui plaît exactement. Elle jalouse Françoise et son ventre rond, qui lui donne des envies de meurtre. Elle fait alors le premier pas à Fiesole où ils se sont rendus seuls et c'est pour eux deux une "union minérale, florale, animale".

Nicolas renvoie Françoise et ses enfants à Paris. Il veut rester seul pour peindre, en fait pour être près de Jeanne, qui accepte d'être son modèle. Ces amours déplaisent à un René (Char) jaloux. Jeanne est la cause de la fin de l'amitié entre les deux géants. Elle est bien consciente que "cet homme, c'est une folie", mais il lui donne de l'égarement qu'elle est venue chercher auprès de lui:

"L'amour emporte tout, balaie les serments, les conventions, les religions."

Aussi Jeanne passe-t-elle par tous les états d'âme:

"Après. Le doute. La peur. Le remords.

Plaisir. Repentir."

Jusqu'au jour où elle se reprend:

"J'ai dit non. Je ne serai pas sa prisonnière,

sa princesse enfermée dans une tour."

Parce qu'il veut qu'elle quitte sa famille pour être entièrement, exclusivement à lui, comme lui quitte la sienne:

"Je ne suis pas à lui. Je ne suis à personne."

Il ne pense qu'à elle. Elle l'obsède. Son amour pour elle le mine. Il se vide sans elle:

"Il s'en veut de n'avoir pas assez de fierté pour mettre un terme à cette aliénation, pour cesser de l'attendre, définitivement."

Pourtant, curieusement, dans le même temps, cet amour l'aiguillonne, décuple ses forces créatrices.

Tout cela ne peut que mal finir. Et cela finit mal.

Dans ce roman à deux voix, celle du récit anonyme et celle, en contrepoint, de Jeanne, que seule une femme du même âge qu'elle pouvait incarner, avec ses mots, avec sa sensibilité, Nathalie Chaix nous raconte une histoire tragique dont l'issue est connue d'avance. Aussi l'intérêt de ce roman ne se trouve-t-il pas dans l'histoire elle-même mais dans la façon aiguisée, très économe de mots, avec laquelle l'auteur décrit les êtres et les choses.

Ainsi un autre nu de Nicolas, que celui du titre, parmi bien d'autres nus qui représentent Jeanne, s'intitule-t-il Nu couché bleu. Pour qui connaît l'oeuvre, ce tableau est résumé avec concision et justesse par Nathalie Chaix en ces termes:

"Cuisses ouvertes. Bras fermés.

Ce qui se donne et ce qui se refuse."

Si René Char disparaît très vite de l'histoire, l'auteur ADOPTE un ton poétique à de nombreuses reprises, que le poète provençal n'aurait pas désapprouvé. Car Nathalie Chaix assemble les mots comme les notes d'une musique évocatrice pour rendre compte de cette tragédie.

La fin elle-même est un long poème, qui se passe de ponctuation, et de commentaires, et qui se termine par ces vers libres, comme les propos de l'auteur tout au long du livre, pour décrire le plongeon du 16 mars 1955:

"Son du corps qui percute l'asphalte

arrêt de la respiration

fin du souffle

murmure du sang qui se disperse - luisant - sur la pierre grise

froide."   

Francis Richard

Grand nu orange, Nathalie Chaix, 216 pages, Bernard Campiche Editeur


En savoir plus sur http://www.paperblog.fr/5882209/grand-nu-orange-de-nathalie-chaix/#3QIiykjASCpeu4AG.99

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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 07:42
Nicolas de Staël9782918320111
La figuration-abstraction 1952-1955
Les années explosives : 1952-1953
400px-Menerbes_in_autumn_by_JM_Rosier.JP
magnify-clip.png Ménerbes où Staël a acheté une maison en 1953, au fond : le Luberon.

Ce sont les années où Staël a effectué le plus grand renouvellement continu selon l'expression de Dobbels. L'année 1952 est riche en création, elle voit naître plus de 240 tableaux de l'artiste, grands et petits formats dont Mantes-la-Jolie, actuellement conservé au Musée des beaux-arts de Dijon. Staël passe de la nature morte aux paysages de l'Île-de-France, aux scènes de football et aux paysages du Midi de la France. Pourtant cette année foisonnante commence par une déception avec une exposition à Londres à la Matthiesen Gallery. Cette ville enthousiasmait l'artiste en 1950. Mais à son retour, en 1952, il dit à sa fille Anne : « Londres, c'est les égouts de Paris en plein ciel avec la majeure partie des maisons construites en poussière marine, pierres à coquillages, noires près de la terre et blanches là où le vent de la mer les lave suffisamment. » En février-mars, 26 tableaux sont présentés. Le vernissage est mondain mais n'a aucun succès. La critique ne comprend pas Staël à l'exception du critique d'art John Russell qui voit dans le peintre un novateur irremplaçable et de Dennis Sutton qui écrit dans la préface du catalogue : « Staël a établi sa foi dans une œuvre intangible, nourrie par la lumière (…) Ce sont des peintures qui élèvent l'esprit. »

Staël est un peu ébranlé, il se lance dans des paysages sur carton de petits formats dans les tond gris bleu et vert (Mantes, Chevreuse, Fontenay-aux-Roses) qu'il distribue à ses amis, notamment à René Char<. Il fait don des Toits (200 x 150 cm, tableau d'abord intitulé Le ciel de Dieppe) au Musée d'art moderne de Paris. Londres l'a fait douter.Dieppe 52083

Mais bientôt un évènement va faire exploser son enthousiasme. Le 26 mars 1952 a lieu au Parc des Princes le match de football France-Suède auquel Staël assiste avec sa femme. Le peintre ressort du Parc transformé, habité par les couleurs qu'il veut immédiatement porter sur la toile. Il y passe la nuit, commençant une série de petites ébauches qui vont devenir Les Footballeurs, sujet qu'il traite avec de très vives couleurs dans plus d'une dizaine de tableaux qui vont du petit au grand format, des huiles sur toile ou huiles sur carton dont un exemplaire se trouve à laFondation Gianadda, un plus grand nombre au Musée des beaux-arts de Dijon, un exemplaire au Musée d'art contemporain de Los Angeles et beaucoup dans des collections privées. Staël se livre tout entier à sa passion des couleurs et du mouvement. Le clou de ce travail, sur lequel il passe la nuit entière pour les ébauches des footballeurs, apparaît au bout d'une semaine : Le Parc des Princes, une toile tendue sur châssis de 200 x 350 cm (7 m2). Il utilise des spatules très larges pour étaler la peinture et un morceau de tôle de 50 cm qui lui sert à maçonner les couleurs .Footballers parc princes nicolas de stael.1280230887

Lorsqu'il expose son Parc des Princes au Salon de mai de la même année, le tableau est ressenti comme une insulte tant par ses confrères que par la critique. Le Parc apparaît comme un manifeste du figuratif qui a contre lui tous les partisans de l'abstraction. Comme Jean Arp ou Jean Hélion, Staël est déclaré coupable d'avoir abandonné ses recherches abstraites, il est traité decontrevenant politique selon l'expression d'André Lhote.Les Footballers 19520881952 Joueurs de footNature morte avec une bouteille112

À tout ce bouillonnement autour de deux mots, Staël répond dans un questionnaire que Julien Alvard, Léon Degand, et Roger van Gindertael ont donné à plusieurs peintres : « Je n'oppose pas la peinture abstraite à la peinture figurative. Une peinture devrait être à la fois abstraite et figurative. Abstraite en tant que mur, figurative en tant que représentation d'un espace. »

André Breton déclare que « le novateur authentique, à qui marchands et critiques défendent aujourd'hui, pour des raisons de vogue, toute autre voie que celle du non-figuratif n'a pas grande chance de s'imposer. ». Ce en quoi il se trompe. Le galeriste new yorkais Paul Rosenberg, très attiré par cette toile, va imposer Staël aux États-Unis dès l'année suivante et lui proposer un contrat d'exclusivité après avoir vu l'exposition du 10 au 28 mars 1953 à New York chez Knoedler, où Staël a connu un succès retentissant Paul Rosenberg est un galeriste de référence auxquels les amateurs font confiance. Il vend les grands maîtres : Théodore Géricault, Henri Matisse, Eugène Delacroix, Georges Braque. Nicolas de Staël est heureux de se retrouver en si bonne compagnie.

Pots rouges 1952Pot rouge 1952082Les Bouteilles 1952Bouteilles 1952081

Mais la vie à New York lui paraît difficile. Le 13 mars, il revient à Paris, au moment où paraît le livre de Pierre Lecuire, Voir Nicolas de Staël, avec une lithographie en couverture et deux gravures de Staël.

Quelques mois plus tard, Staël trouve une nouvelle source d'inspiration dans la musique. Alors qu'il est invité le 5 mai à un concert chez Suzanne Tézenas, à la fois héritière et mondaine, le peintre découvre les "couleurs des sons" : après avoir entendu Pierre Boulez, Olivier Messiaen, Isaac Albéniz, il s'intéresse à la musique contemporaine et au jazz. En particulier à Sidney Bechet auquel il rend hommage avec deux toiles : Les Musiciens, souvenir de Sidney Bechet dont une version se trouve au Centre Pompidou, à Paris, l'autre version, intitulée Les Musiciens (Street Musicians), à la Phillips Collection de Washington. De cette période d'inspiration musicale naîtront également L'Orchestre. Il envisage même un ballet avec René Char : L'Abominable des neiges, ainsi qu'une toile inspirée par la reprise à l'Opéra de Paris de l'opéra-ballet de Jean-Philippe Rameau Les Indes galantes que le peintre intitulera aussi Les Indes galantes, une huile sur toile de 161 x 114 cm (collection particulière) peinte en 1952- 1953.

La Lune 1953La lune 1953090Nature morte aux bocaux 1953Nature morte aux Bocaux 195307356459b0e-540e-11de-a619-9bd384adb8b6Nature morte en gris 1953Nature morte en gris 1954071

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Le village de Lagnes où Staël a résidé.

Mais il lui manque toujours les couleurs du Midi. Il loue pendant un mois une magnanerie près d'Avignon, à Lagnes, où les couleurs de sa palette vont devenir éclatantes. Puis il met toute sa famille dans sa camionnette et il l'emmène en Italie puis en Sicile où il admire la Toscane, Agrigente, sujet de ses plus célèbres toiles<

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Agrigenteagrigente-nds 753Agrigente078Agrigente079La route d'UzèsLa Route d'Uzès 1954085La Seine à Paris 1954La Seine à Paris 1954084Les Martigues 1954Les Martigues 1954

Peu après, Staël achète une maison dans le Luberon, à Ménerbes, le Castelet. Il y peint entre autres plusieurs toiles intitulées Ménerbes dont une version d'un format de 60 x 81 cm se trouve au musée Fabre de Montpellier. Il continue à fournir inlassablement Rosenberg qui explique dans un journal américain qu'il considère Staël comme une des valeurs les plus sûres de son époque, le marchand d'art prépare une exposition : Recent Paintings by Nicolas de Staël qui aura lieu dans sa galerie en 1954Ménerbes.

L'exposition du 8 février 1954 chez Paul Rosenberg va se révéler un très grand succès commercial.

Les couleurs du Midi : 1954 - 1955
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Le Lavandou, un des lieux où Staël a peint des paysages méditerranéens.

Exilé aux États-Unis depuis la Guerre, Rosenberg, qui avait une galerie au 26 rue La Boétie à Paris, et une succursale à Londres, a déjà vendu les plus grands peintres dans les années trente : Picasso, Braque, Léger, Matisse. Plus qu'un marchand, c'est un "seigneur" qui dit par provocation : « Pour moi, un tableau est beau quand il se vend. » Et précisément, il vend énormément de Staël. La majorité des œuvres de la période 1953-1955 ont été vendues à New York, principalement par Rosenberg, (ainsi que par Schempp), comme on peut le vérifier dans le catalogue raisonné établi par Françoise de Staël et la liste des œuvres actuellement visibles dans les musées américains.

Pour l'exposition du 8 février 1954, le peintre lui fournit tous les tableaux qu'il a peints à Ménerbes, en souvenir de son voyage en Sicile, en Italie.

FiesoleIci Fiesole en haut et Paysages siciliens en basSicile 1954068-copie-1Temple sicilienTemple sicilien 1953069

Il propose toutes les couleurs du Midi, des fleurs, des natures mortes, des paysages. À Lagnes, Staël a travaillé avec une telle énergie et a produit tant de toiles que Rosenberg est obligé de le freiner en lui expliquant que les clients risquent d'être effrayés par une trop grande rapidité de production. Agacé, Staël répond qu'il fait ce qu'il veut, et que peindre est pour lui une nécessité, exposition ou pas. Il demande même que le marchand lui renvoie une Nature morte aux bouteilles (1952) que Rosenberg trouve trop lourde, et dont une version de 64 7 × 81 cm se trouve au musée Boijmans van Beuningen deRotterdam.1952 Nature morte avec une bouteille111

À New York, les tableaux de Staël reçoivent un accueil favorable de la part des collectionneurs américains qui achètent très rapidement, certains d'entre eux en feront don à des musées, ce qui explique l'énorme proportion de tableaux de Staël actuellement visibles aux États-Unis. Lors du vernissage, il y a, dans l'assemblée, un jeune diplomate français qui est bouleversé par cette peinture. C'est Romain Gary. Il écrit à Staël, rue Gauguet : « Vous êtes le seul peintre moderne qui donne du génie au spectateur. »

Le 3 avril, Françoise donne naissance à un fils, Gustave, dont le peintre dit que c'est « son portrait en miniature, un objet très vivant . »

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Antibes vue des remparts sur lesquels Staël avait son atelier en 1954.

Au mois de juin, chez Jacques Dubourg, une nouvelle exposition de Staël montre une douzaine de peintures parmi lesquels Marseille (vue de Marseille), huile sur toile de 64 7 × 81 cm actuellement visible au Los Angeles County Museum of Art, L'Étang de Berre, La Route d'Uzès,LxLa Route d'Uzès 1954087 tableaux qui font sensation. Mais certains critiques s'en prennent au nouveau style du peintre. Notamment Léon Degand qui écrit que ces belles couleurs et ce brio « s'avèrent insuffisants au bout de cinq minutes, pour qui cherche un peu plus que des qualités purement extérieures. » Staël a aussi des défenseurs qui soulignent le talent du peintre dans le concret et dans la couleur, notamment Alain Berne-Jouffroy dans La Nouvelle Revue Française.

À Paris, pendant l'été, Staël peint une série de natures mortes, de paysages et de bouquets de fleurs : La Seine (89,2 × 130,2 cm), achetée par Joseph H. Hirshhorn qui en a fait don à Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, Washington). Le peintre fait plusieurs séjours dans la Manche ou près de la mer du Nord d'où il ramène le sujet de toiles aux tonalités douces : Cap Gris-Nez, Cap Blanc-Nez. Les toiles de cette période ont rapidement trouvé acquéreur et elles sont pour la plupart dans des collections privées.

Mais Nicolas de Staël a changé. Littéralement envoûté par Suzanne Tézenas, dont le salon parisien rivalise avec ceux de Louise de Vilmorin ou deFlorence Gould, il est pris d'une passion fiévreuse pour celle qui est la mécène de Pierre Boulez après avoir été l'amie très chère de Pierre Drieu La Rochelle .

En 1954, Staël s'entiche d'une autre femme : Jeanne Mathieu. Pour être près de celle qu'il aime, et qui réside près de Nice, le peintre achète d'abord un château "Le Castellet" à Ménerbes (je l'ai visité)...le voici...de-Stael1---Menerbes-1 de-Stael2---Menerbes-1puis loue un appartement à Antibes où il vit seul, sans sa famille et où il installe son atelier. « Pour la première fois de sa vie, Staël aime plus qu'il n'est aimé. Sa passion pour Jeanne le submerge. » C'est elle qu'il campe de mémoire dans : Jeanne (nu debout) (146×97 cm), Nu couché0741953, tableau postdaté et intitulé en 1954 Nu Jeanne, une silhouette vaporeuse, émergeant d'une brume de couleurs tendres. C'est également Jeanne Mathieu qui a servi de modèle au Nu couché, tableau qui a été vendu en décembre 2011 pour la somme de 7.03 millions d'euros.Nu-couche2-copie-1.jpg

Travaillant de nouveau comme un fou, il n'utilise plus la même technique. Maintenant, au lieu de peindre en pâtes épaisses, il dilue les couleurs. Les marines deviennent son thème privilégié. Le fils de Paul Rosenberg lui écrit : « Il y a des gens pour regretter vos empâtements, trouvant la matière lisse du dernier lot moins frappante. » Le peintre use maintenant de matériaux différents, il abandonne le couteau et les spatules pour du coton ou des tampons de gaze avec lesquels il étale la couleur. Les grands formats l'intimident désormais, mais il continue à en réalise.

Un voyage en Espagne et la visite des salles Vélasquez au musée du Prado lui font un temps oublier Jeanne. Mais bien vite, il retourne à Antibes car la passion le dévore. À l'automne, il se sépare définitivement de Françoise. À la fin de l'année, il se retrouve seul et abattu. Mais il a plusieurs projets d'expositions dont une au musée Grimaldi, et la frénésie le reprend. Il travaille sur plusieurs toiles à la fois : dans le dernier mois de sa vie, il réalise plus de 350 peintures. Mais il a besoin d'avis. Il en demande d'abord à Douglas Cooper, un collectionneur d'art, qui se montre très sceptique sur le style décoratif de ces dernières œuvres. D'après John Richardson, Cooper était d'une humeur grincheuse. Cooper est insensible auxMouettes (195 × 130).1955 Les Mouettes108 Fin janvier, Staël écrit à Cooper pour expliquer son évolution et défendre son point de vue, mais il est très atteint par la réserve de Cooper bien qu'il fasse mine de la rejeter. Il rejette également les remarques de Pierre Lecuire, mais les critiques le blessent. Mais, bien que très inquiet sur la qualité de son travail, il continue d'expédier des toiles à New York et à Paris.

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Maison d'Antibes où Staël a vécu de 1954 à 1955.

Il écrit à Suzanne Tézenas : « Je suis inquiet pour la différence de lumière, lumière d'Antibes à Paris. Il se pourrait que les tableaux n'aient pas à Paris la résonance qu'ils ont dans mon atelier d'Antibes. C'est une angoisse. ». Le 5 mars, il se rend à Paris où il retrouve finalement l'inspiration. Il assiste à deux concerts au Théâtre Marigny, il suit une conférence de Pierre Boulez, il rencontre des amis avec lesquels il forme des projets et, de retour à Antibes, il peint ses impressions musicales. Sur un châssis de 6 mètres de haut il entreprend Le Concert et il trouve chez des amis violonistes des matériaux pour exécuter des esquisses. La peinture provoque chez lui une extrême tension. Le malaise de Nicolas est d'autant plus grand que Jeanne Mathieu se montre très distante, et ne vient pas à leur dernier rendez-vous.1955 stael concert 1955

Le 16 mars, Staël se jette par la fenêtre de son atelier, après avoir tenté la veille d'ingurgiter des barbituriques.

Selon Jean-Louis Prat, commissaire de l'exposition Nicolas de Staël en 1995 à la Fondation Gianadda : « Entre une abstraction qui n'a pour elle que le nom et une figuration qui n'illustre qu'imparfaitement le réel, Nicolas de Staël a exploré jusqu'à l'épuisement le vrai domaine de la peinture dans son essence et son esprit. »

C'est aux États-Unis que les amateurs de Staël ont été les plus nombreux. Dans l'année qui a suivi sa mort, les tableaux du peintre n'ont été exposés que dans des musées américains. Les œuvres de Staël sont revenues en Europe l'année suivante122.

Expositions personnelles en 1955-1956

La dernière rétrospective de l'œuvre de Nicolas de Staël a eu lieu à la Fondation Gianadda de Martigny, en Suisse, du 18 juin au 21 novembre 2010 : Nicolas de Staël, 1945-1955.

Sélection d'œuvres[modifier]

Entre les tableaux, les collages et les dessins, ce sont au total plus de mille pièces (compositions abstraites, nus, natures mortes) qui sont dans les musées et dans les collections particulières.

Cote
  • Nature morte au poêlon, 1955, huile sur toile, 65×81 cm, adjugée 625 232 euros en octobre 2007.
  • Nu couché, 1954, 97 x 146 cm, adjugée 7,03 millions d'euros en décembre 2011 à Paris.

Bibliographie]

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Tombe de Nicolas de Staël et Jeannine Guillou au cimetière de Montrouge.
Correspondance[modifier]
Essais et biographies
  • André Chastel, Françoise de Staël et Jacques Dubourg, Staël, lettres et catalogue raisonné de ses peintures 1934-1955, Paris, Le Temps, 1968, 407 p.Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Jean-Pierre Jouffroy, La Mesure de Nicolas de Staël, Neuchâtel, Ides et Calendes, 1981 (ISBN 2-8258-0001-5) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Françoise de Staël, Nicolas de Staël, catalogue raisonné de l'œuvre peint, Neuchâtel, Ides et Calendes, 1997, 1267 p. (ISBN 2-82558-0054-6) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
    Françoise de Staël, née Françoise Chapouton, est la veuve de Nicolas de Staël décédée le 29 mars 2012.
  • Jean-Paul Ameline, Alfred Pacquement et Bénédicte Ajac, Nicolas de Staël, catalogue de l'exposition du 12 mars au 18 juin 2003, t. pages totales= 251, Paris, éditions du Centre Pompidou, 2003 (ISBN 2-84426-158-2)Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Jean-Louis Andral (sous la dir.), Nicolas de Staël, un automne, un hiver, catalogue de l'exposition du musée Picasso à Antibes, éd. Hazan, Paris, 2005
  • Alain Madeleine-Perdrillat, Staël, les mots de la peinture, Paris, Hazan, 2003, 128 p. (ISBN 2-85025-861-X)
Filmographie
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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 10:18

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Cette peinture à l'Huile a été réalisée par mon amie belge BRUXELLO.(Voir Bruxello se déchaîne sur Facebook)

 

Bruxello-Rimbaud 574736683 834236683 2088671 5088429 nhSa maison natale, l'actuelle Librairie Rimbaud Rue Thiers et Grande RueRue Thiers-Librairie Rimbaud

Le Quai Rimbaud face au Musée RimbaudCharleville Quai Rimbaud

Charleville Le Musée Rimbaud2Charleville Le Musée Rimbaud-copie-1La Place DucaleCharleville Place Ducale

Place-Ducale.jpgRimbaud Dernière photoCi-dessus, dernière photo découverte de Rimbaud

Ci-dessous le cimetière de Charleville, avec, à droite, la tombe d'Arthur, décédé en 1891  et à gauche celle de sa soeur Vitalie, décédée à 17 ans et en dessous, celle d'Isabelle, son autre soeurTombe Rimbaud  tombe 400

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 07:21
Il lit Baudelaire à 14 ans et prend de l'opium à vingt-trois. Fait de la fuguration et des dépressions. Se brouille avec Dullin, Breton, Paulhan. Ecrit, crie, manifeste, invente, aime. S'évade au Mexique et en Irlande. Puis meurt misérable à l'asile d'Ivry.

Voici quelques photos de lui dans le cours de sa vie...douloureuse.

 Antonin ARTAUD, écrivain français, (acteur et comédien ) , né à Marseille le 4 septembre 1896. Décédé à Ivry-sur-Seine, le 4 mars 1948, à 51 ans.
Voici Artaud photographié par Man Ray (Revue Obliques)Photos d'Antonin ARTAUDArtaud à Marseille à 18 ans, en Juillet 1914 . ARTAUD à 18 ans-MarseilleARTAUD 4
En 1926 dans Le Juif errant de Luitz-MoratnARTAUD dans 1926ARTAUD dans Jeanne d'Arc-1928ARTAUD 10Portrait par Man RayARTAUD 15ARTAUD 12Artaud à l'Asile d'Ivry-sur-Seine et à RodezARTAUD à Rodez1ARTAUD 9ARTAUD 14ARTAUD 7ARTAUD 8ARTAUD 6
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5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 10:59

Mon journal a été commencé fin 1980. Il a donc ce 5 octobre 2014, 34 ans mais contient des écrits-souvenirs, documents et  photos qui remontent à 1937, année de ma naissance. On peut donc dire qu'il couvre 77 ans soit plus de trois-quart de siècle

 

A ce jour il compte 178 tomes pour un total de 53.170 pages avec des milliers de photos

 

Son Format = 21 cms sur 16,5

 

Il compte 288 pages par volume

 

Sa couverture et rouge et noire

 

La page de gauche est "écriture" et celle de droite recueille documents, photos et courriers-mails avec de nombreuses personnes

 

C'est évidemment aussi un journal de voyages puisqu'il parle de mon quotidien

 

Voici quelques pages relatant mon dernier voyage en Bourgogne

 

Je cherche une institution à qui je pourrais le léguer après ma mort. Je vais avoir 77 ans

Le Journal de Christian Vancau
Le Journal de Christian Vancau
Le Journal de Christian Vancau
Le Journal de Christian Vancau
Le Journal de Christian Vancau
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Le Journal de Christian Vancau
Le Journal de Christian Vancau
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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 15:02
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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 13:47
Christian Vancau added a new photo.
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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 11:08

Ce texte m'a été envoyé par Marie-Claudine VINCENOT après notre rencontre de ce mardi 2 septembre 2014 à La Peurrie, elle et son frère Denis ayant bien voulu se déplacer de Dijon pour me permettre de photographier ces lieux secrets et de les ajouter sur mon Blog en annexe à un premier article, déjà publié il y a peu sur son père Henri Vincenot

Visite où j'étais acompagné de ma compagne Danielle et qui fut très émouvante

Chrisian Vancau

 

LA VILLE ENGLOUTIE et son HEROS SALVATEUR.(  REDEMPTEUR)

                  

   Ainsi, en est-il de l’histoire de cette Belle Endormie, au titre de légende : « résurrection », d’un hameau perdu dont mon père écrivit que ce fut  « la folie de (sa) vie jusqu’à la mort »(note 1 : « Prélude à l’aventure », 1941)

    

  En relisant les romans publiés et en découvrant les textes inédits, je  suis très vite parvenue à me demander si mon père n’avait pas écrit pour toujours conter de mille façons différentes l’histoire de cette Belle au Bois dormant qu’il s’est juré, à 17 ans, de délivrer et de posséder. Ce véritable fantasme d’adolescent, un rêve de Robinson Crusoë, en quelque sorte, Henri le sublima en le vivant comme une épreuve initiatique sur son chemin de vie, véritable obsession jusqu’à son décès puisque c’est là qu’il goûte au repos éternel, comme il l’avait désiré.

       

Cette « légende » que lui, Vincenot, va vivre « pour de vrai », comme disent les enfants, nourrira donc toute sa vie mais aussi celle de la famille qu’il va fonder.

      Légende dans laquelle il est à la fois le héros salvateur, voire rédempteur(car on peut songer à la Ville d’Ys dont il entendit conter l’histoire en Bretagne, nous y reviendrons), puis le héros fondateur.

 

       Voilà donc le sens du titre choisi pour cette rencontre avec vous .

     

  En 1929,- Henri a dix-sept ans-, se produit un évènement essentiel : la découverte d’un hameau en ruine, perdu dans la forêt bourguignonne

     C’est à cet instant que le rêve bourguignon va supplanter le rêve breton : le paradis perdu et retrouvé, se transforme en paradis à conquérir.

    Voici l’histoire :

     Après une petite enfance partagée entre Dijon, où demeurent ses parents, et Commarin, le village de sa famille maternelle où il passe toutes ses vacances, Henri s’alite , terrassé par une pneumonie : les antibiotiques n’étant pas encore connus, l’enfant échappe de peu à la mort. Très affaibli, il part en Bretagne avec ses parents pour « respirer l’iode marin », souverain, disait-on, pour les convalescents.

      Dans « L’œuvre de chair », il raconte avec émotion sa découverte d’une terre de légendes au langage mystérieux : 

    

 « A Rennes commença l’envoûtement ; dès Vitré, le paysage breton avait fait son apparition : bocage morcelé, coupé de murs de terre, sarrasins fleuris, arbres en quenouilles(…) mais après Rennes, je sentis comme une main dans ma main, et, en moi-même, ce fut comme une hypnose; j’entrai en féérie ».

      

Tout enfant, Henri avait manifesté cette  propension aux rêveries et à cette intuition qu’il existait un monde parallèle, celui de l’imagination. La piété, déjà, qui lui avait été inculquée par les aïeules de sa famille maternelle, puis sa formation en école chrétienne avaient éveillé son attirance pour l’invisible et le merveilleux, son sens de la transcendance et son désir de dépassement de soi-même afin d’atteindre Pureté et Perfection. Sa « passion » pour la figure christique ne le quittera jamais .Il nous parlait, dans notre enfance, de ce « type formidable » qu’était Jésus et dont le message lui importait plus que tout : « Amour, pardon, partage ».On retrouvera cette admiration permanente pour la figure christique, dans sa peinture et sa sculpture essentiellement.

  

    En Bretagne ,donc, les veillées dans la pénombre fantastique des jeux du feu autour l’âtre où crépitent des brassées de genêts, la ronde d’auditeurs aux ombres et lumières d’un La Tour, buvant les parolesd’une vieille conteuse étrange qui sait les mots mettant en état d’hypnose l’assistance émerveillée, l’entraînent plus encore dans ses fantasmagories adolescentes :

  

 «  J’attendais ce moment avec impatience car il me semblait être plongé dans un monde très ancien, certes, mais qu’il me semblait avoir connu ; je comprenais pourtant très mal( …) mais je me laissais bercer par cette langue harmonieuse, souple, très musicale, quoique rude et si audacieuse( …) C’était, me semble-t-il , une langue supérieure à notre français ; un vrai trésor perdu. C’est ainsi que je le ressentais alors ». (note :biographie page )

    

  En relisant ces lignes, je ne puis oublier les rêves de Nerval, contés dans « Aurélia », ce Nerval  que d’aucuns, dont mon père, nommaient « le grand Celte ».

  

 Henri, enfant imaginatif et rêveur, voit donc s’ouvrir en Bretagne un champ de rêveries nouvelles où son mysticisme, qui est, étymologique ment, « l’intuition des choses secrètes », va peu à peu, au fil des ans, sortir des sentiers battus du catholicisme très saint-sulpicien de son enfance et s’enrichir, en s’engageant dans des voies plus secrètes de ce qu’on n’appelle pas encore « le celtisme ».

    

Ce « rêve perdu », qu’il vient d’évoquer, Henri, à son retour de Bretagne,  va tenter de lui donner vie  en Bourgogne profonde, celle qu’il connaît si bien, celle des friches et des bois.

 

Mais comment, me demandez-vous ?

Ainsi que je l’ai rapidement évoqué tout à l’heure, c’est en 1929 que se produit le… « miracle » !

      Cet hiver-là, lors d’une battue au sanglier avec son grand-père et les chasseurs du village,  Henri s’éloigne de la chasse. Il va « à la billebaude » comme il aime tant le faire, mais finit par s’égarer. Le jour baissant très vite en hiver, le jeune homme cherche alors un chemin pour rentrer à Commarin au plus court. Débouchant du bois, il tombe en arrêt, sidéré, sur un hameau en ruine à l’orée d’une combe, tapi sur l’adret en plein soleil du sud, à l’abri des vents d’est et du nord .Il observe la configuration des lieux couronné de bois épais : la seule issue apparente est un goulet d’étranglement, en contrebas, verrouillé par des bâtiments d’une ferme qu’il ne connaît pas. Cela le surprend car il fréquente métairies et fermages des alentours avec son grand-père, Compagnon sellier-bourrelier, qui l’emmène avec lui lorsqu’il y est appelé à entretenir les attelages.

    

 Ainsi, la combe apparaît close, en forme d’utérus (ce mot me valut des remarques… « freudiennes » mais c’est à dessein que je l’emploie et vous comprendrez pourquoi.).Et, ô merveille, en son point le plus élevé jaillit une source s’écoulant en un minuscule ruisseau limpide : un « p’tiot riot », un « peût riot », comme on dit en patois ; c’est de cela que le lieu tient son nom : la Peurrye, que des cartographes « ignorants » écriront « Pourrie ».

 

        Dans un recueil de feuilles volantes que mon père intitula « Idées sur tout », il nous dit :

     «Il y aurait un livre à écrire sur les énormes bêtises faites par les spécialistes qui ont réalisé le nivellement général de la France, des bêtises capitales qu’on s’explique difficilement parce que ceux qui les ont commises étaient tout de même de savants ingénieurs ; mais il est vrai que l’on peut être savant et sstupide ; souvent même science nuit à connaissance. Lorsque ces messieurs sont arrivés avec leur goniomètre et leur théodolite, ils ont entendu « la pourrie » ; en réalité, l’homme disait « ç’ast lai peu rie », le petiot ruisseau, mais pas putride !( …)Les géomètres ont massacré toute la poésie de nos toponymes »

    

En effet, c’est dommage et bien immérité car l’endroit, tout de friches, de bois, d’odeurs sèches et craquantes, est d’une vitalité étonnante : on y sent passer un grand souffle sauvage qui transporte l’esprit. Un souffle où palpitent d’invisibles présences…

    

  Mais il y a une autre explication à ce nom, explication  farfelue, sans doute, mais qui nous séduisit d’emblée : en allant peindre le dimanche matin dans Paris, pendant les années 45-55, Henri Vincenot faisait toujours des rencontres extraordinaires : Gary Cooper, par exemple, Louis-Ferdinand Céline, des clochards philosophes, des émigrés russes et, un beau jour, celui qu’on appela le Yogi. Un grand Jésus, beau et diaphane, vêtu de lin blanc et se réclamant du brahmanisme. Il avait table ouverte chez nous et, lors d’un dîner où nous étions fascinés, nous les enfants, par son aura de mystère et d’évanescence, il nous expliqua qu’en sanscrit, « atma pouri » signifiait « ville de l’âme ». Nous fûmes confortés dans la certitude que nous étions les pionniers prédestinés d’un lieu magique. Nous ne nous sommes pas souciés de vérifier. Et c’est là, en effet, que mes parents ont mis toute leur âme et nous avec eux.

 

     Il n’est pas indifférent que, pour aller dans ce lieu à la configuration féminoïde,-voilà pourquoi j’ai parlé d’utérus »- il faille monter : géographiquement, la combe est une sorte de val perché qui conjoint dépression et altitude. Symboliquement, elle est profondeur et hauteur : elle offre à la fois le bien-être du sein maternel et la possibilité d’exercer une toute-puissance de chef de tribu. A la Peurrye, on peut se blottir, se cacher, mais on domine la situation et l’on peut, sans être vu, voir « l’étranger » qui arrive !.                                                                                                                                                                 CLa Peurrie était, on le sent encore aujourd’hui, un lieu de prédilection pour les défricheurs et les découvreurs d’un monde nouveau, un lieu à la Maria Chapdelaine et à la Jack London, livres d’aventures qui, choisis par nos parents,  enchantèrent notre enfance. N’oublions pas que la Résistance y avait installé, lors de la dernière guerre, l’un de ses campements : le maquis du Malgache ; c’est pour cela, entre autres causes, qu’ Henri Vincenot fut arrêté par la Gestapo…mais ceci est encore une autre histoire !

( En note infra-paginale :la combe et le hameau sont décrits avec exactitude dans les premières pages de « Les yeux en face des trous » 1959 Denoêl, 2000 A.Carrière. et , surtout, dans « Le Pape des escargots »Denoël 1969)

 

.        Ce lieu fut sans doute habité dès la préhistoire, dans ce que les géologues nomment le « système de pied de corniche » : calcaires bathoniens, apparaissant parfois en petites falaises, sur  marnes bajociennes . A la jonction de ces deux couches géologiques, les eaux infiltrées dans le calcaire rejaillissent en sources, souvent tuffeuses, pour s’écouler sur les marnes en « p’tiots riots » !  Le  tuf de la source nommée « la Grand’fontaine », à quelques centaines de mètres de la Peurrye,  fut utilisé dans la reconstruction intérieure de certains éléments de notre maison actuelle, notamment par Jean-Pierre, l’aîné des quatre enfants (en note : Sourd de naissance et sorti major de l’école Boulle).                                                                                                   ,   

Bien plus tard, mais cela concerne notre histoire, le site fut investi au douzième siècle par les moines cisterciens de Labussière (note :cette aventure est contée dans «  Les étoiles de Compostelle »): ils avaient piqué  là une poignée de granges qui leur servaient de centre de défrichage de la forêt gauloise au temps des grands essartages médiévaux, granges hébergeant moines et parsonniers .

     

Depuis, l’endroit avait toujours été  habité, exploité, cultivé par quelques familles vivant en autarcie, loin de tout commerce humain, jusqu’à l’ère industrielle où d’autres sirènes les attirèrent en d’autres lieux .

      

Lorsqu’il le découvre, Henri est fasciné par ce lieu perdu dont il pense qu’il n’appartient à personne et qu’il en est le découvreur, voire même l’inventeur ; cette première impression est si forte qu’elle ne le lâchera jamais. A 29 ans, il le répètera à l’envi dans son « Prélude à l’aventure » :  

 

         « La Peuriotte m’apparut à travers les branchages, blottie sur son avers, tout illuminée par le faible soleil qui s’était mis à briller ; on entendait seulement le glou-glou de la source qui culbutait dans le lavoir ; je m’approchai sur la pointe des pieds, Prince Charmant soucieux de ne pas éveiller trop tôt la Belle ; je lui murmurai, comme dans la berceuse de Jocelyn : « Ah ne t’éveille pas encore !je reviendrai, je reviendrai te prendre un jour, mais pas tout de suite ( … ) peut-être faudra-t-il même que je te fasse attendre un peu    le temps de gagner la somme nécessaire pour te posséder mais je reviendrai, je te le jure »

 

     Petit à petit, l’Idéal, rêvé puis nourri au fil de sa  toute jeunesse,  s’élargit jusqu’au mythe : véritable héros salvateur, le jeune homme fait le serment de délivrer la Belle au Bois Dormant que le destin a placé sur le chemin de la quête ; il espère ardemment l’arracher à l’oubli et la sortir de sa dormition ; son désir de puissance héroïque va bientôt lui insuffler le besoin incoercible de reconstruire le hameau, de fonder là sa propre famille puis d’y mourir un jour.

   

A dix- sept ans, il ressent donc très fortement cette double fonction symbolique de la terre-mère : berceau et sépulture ; plus que le chrétien ; « tu es poussière et tu retourneras en poussière », on peut lire dans l’intime conviction du jeune homme son adhésion au thème de l’Eternel Retour : « Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme » et…aussi, cette conjonction de l’alpha et de l’oméga que l’on peut lire sur le tympan de nombreuses églises romanes .

 

 

     A partir de cette découverte éblouissante, le hameau perdu devient la seule obsession du jeune Vincenot : dans la marge des cahiers de l’Ecole Supérieure de Commerce de Dijon, où il rencontra sa future épouse-, Andrée BAROIN, dans l’amphithéâtre de H.E.C., entre les cours et les portraits caricaturaux des professeurs, dans les carnets journaliers-ses « diaires », comme il les appelait-dans ses premiers écrits, la préoccupation essentielle, le thème récurrent, c’est la résurrection du hameau en ruine sous les ronces. Plans de reconstruction, d’extension, de mise en culture, budgets prévisionnels : on trouve là l’organisation complète d’un phalanstère familial, cher au fouriérisme dont lui avait parlé son grand-père forgeron Compagnon du devoir, puis mécanicien de locomotive à vapeur.

     

 En fait, Henri pense plutôt à une Communauté familiale élargie, telle celle qu’il évoque dans « les Etoiles de Compostelle ».  Enfant unique, fils d’enfants uniques, Henri avait la nostalgie d’une vaste vie en fraternité : il la  découvrira  en pays  berbère lors de son service militaire au Maroc. Dans les villages de l’Atlas, il retrouvera avec émotion ces petits douars  rudimentaires en pierres brutes où la vie communautaire  est rustique  et sereine. Si proche du bonheur rêvé d’un paradis de l’Origine des Temps.

        

C’est d’ailleurs  l’avènement de cette vie nouvelle et harmonieuse qui conclut deux des premiers romans : « A rebrousse-poil » et « Les yeux en face des trous »

La maison d'Henri Vincenot à Commarin
La maison d'Henri Vincenot à Commarin
La maison d'Henri Vincenot à Commarin
La maison d'Henri Vincenot à Commarin
La maison d'Henri Vincenot à Commarin

La maison d'Henri Vincenot à Commarin

B- HEROS FONDATEUR

 

    Bien vite, Henri comprend qu’il ne peut conquérir seul cet objet idéal du désir : il lui manque sa « moitié », son double, la complétude de lui-même. Lors de son séjour parisien à HEC, il écrit : 

      « Je revis la combe morte, ses maisons, son lavoir, et, tout à coup, j’eus l’idée que cette joie n’’était pas complète. Oui, il manquait quelque chose…

…ou plutôt, il manquait quelqu’un à mes côtés. Il manquait une fille, LA FILLE. La seule, l’unique pour laquelle j’avais, dans ma chambre d’étudiant du square d’Anvers, écrit en grosses lettres sur le mur, cette phrase lue dans la Divine Comédie du Dante :

                  « TU  VERRAS  BEATRICE »

 

      J’aimerais faire ici une petite digression qui peut être intéressante : Vincenot ne connaissait pas la psychologie jungienne….et se méfiait même un peu de tout ce qui était « psy ». Or Jung, lorsqu’il évoque « l’anima », ces tendances féminines de la psyché, la fait évoluer, je dirais « grandir », en quatre étapes, représentées par quatre archétypes féminins :

 Eve ( aux tendances purement instinctuelles et biologiques),

 

Hélène , (qui personnifie le niveau esthétique et romantique),  

 

Marie (figure dans laquelle l’Eros atteint à l’altitude de la dévotion spirituelle)

 

 et Béatrice, qui transcende même la sainteté et la pureté et représente la Sagesse.

      Or ces quatre prénoms sont ceux de quatre héroïnes essentielles  de l’œuvre de  Vincenot : Eve, dans « Le pape des escargots », », Hélène dans « Rempart de la miséricorde » , Marie dans « l’Oeuvre de chair » et, enfin, Béatrice dans « la Billebaude ».

        Béatrice, dans la psychologie jungienne, est le guide, le médiateur. Dans la vie, Béatrice ce fut maman. C’est tout dire sur cette femme d’exception à laquelle Papa ne put survivre. On ne parle pas assez des femmes- ou des maris- d’artistes. Si mon père avait épousé « une petite femme ordinaire » comme il disait,, la Peurrye serait rayée des cartes.

      « Je m’endormis en pensant qu’elle viendrait, que je la rencontrerais, au bon moment, et qu’avec elle j’irais à la Combe Morte, et que je lui ferais découvrir la source et le verger, les seuils déserts. Je compris que je choisirais ainsi celle qui serait mon épouse : ce serait celle qui, devant ce spectacle insolite dirait (…)Que c’est beau ! C’est là que je voudrais vivre ! »

 

       La découverte de la belle Endormie était donc l’épreuve  dont la fiancée devait sortir victorieuse pour devenir « la Femme de sa vie ». Les choses se sont passées exactement comme elles sont relatées dans « La Billebaude » : Andrée, ma mère, fut émerveillée en découvrant ce lieu où il nous a toujours semblé que soufflait l’Esprit…et ils décidèrent tous deux de posséder le hameau.

 

     Il fallut alors s’enquérir du propriétaire de l’endroit : la sagesse d’Andrée-Béatrice ayant fait comprendre à son fiancé enthousiaste et rêveur, qu’il fallait « commencer par là » !  Sans se décourager, mes jeunes parents allèrent à bicyclette de mairie en mairie : la combe était morcelée en dizaines de parcelles cadastrales, parfois de quelques ares seulement. Mais là encore leur désir était de remembrer le corps morcelé, de reconstituer l’Unité Perdue et, pour cela, leurs forces étaient décuplées

      Avec l’aide de son grand-père, entreprenant et aventurier lui aussi, tel le Tremblot de « La Billebaude », Henri racheta quelques parcelles, dont les cinq maisons en ruine, Au début de la guerre, Henri et Andrée s’y rendaient à vélo , à quarante kilomètres de Dijon, pour défricher et ainsi, en ces temps de guerre, rapporter le bois de chauffage pour la maisonnée. Puis, après avoir labouré une parcelle défrichée, ils  plantèrent des pommes de terre, précieuses en cette époque où l’on mangeait plus souvent des topinambours et des rutabagas… !

      Campant sur place, le jeune couple mit tout en œuvre pour réaliser cette aventure digne de pionniers du nouveau monde – Henri, je l’ai dit, rêva longtemps de Maria Chapdelaine et de François Paradis, le bien nommé- , à la manière d’un Giono dans sa ferme abandonnée du Contadour, qu’il admirait sans limites et défendit dans l’un de ses écrits .

      Mais alors, il nous fallut , comme on l’a vu, quitter la Bourgogne : Jean-Pierre, l’aîné, était sourd-muet. Nous nous installâmes à Paris afin que l’enfant  fût rééduqué à l’Institut spécialisé rue St Jacques.

Cette vie parisienne d’après-guerre, dans deux pièces sans confort au cinquième étage d’un immeuble sans ascenseur, avec vue sur le canal St Martin malgré tout, contribua à ancrer définitivement en nous la Peurrye comme archétype du Paradis Perdu qu’il fallait à tout prix reconquérir et sauvegarder.

        Grâce à l’à-valoir du premier roman chez Denoël et la vente de quelques tableaux, la « résurrection » proprement dite put enfin commencer.

      Les quatre enfants avaient grandi : nous avions entre quatre et douze ans. Les parents décidèrent que nous passerions deux mois et demi d’été « là-haut ». Mon père et les trois aînés parcouraient  à bicyclette les trente-cinq kilomètres qui séparaient Dijon de Labussière-sur-Ouche. Nous transportions les bagages et les provisions dans une petite remorque. Notre mère arrivait par le bus avec Denis, le dernier : ils montaient à pied, en quarante minutes, de l’abbaye au hameau de la Peurrye où nous les attendions.

     Mon père avait acheté du matériel de camping aux surplus américains : une grande tente Wall et des sacs de couchage en drap kaki de l’armée, rude, la nuit, aux jambes égratignées et aux torses enfiévrés !!! Le fermier nous apportait  de la paille que nous étalions sur le tapis de sol et nous passions ainsi des heures nocturnes  de courbatures fébriles-« C’est le métier qui rentre ! riaient les parents : »-, épuisés mais émerveillés : glissements prudents des chevreuils descendant à la source, frôlement musqué des renards qui inspectaient cette chose étrange qu’était notre campement, hululement des chouettes et vol lourd des grands ducs dans les ruines encore enfouies sous un édredon de ronces et de taillis.

       Le père et les garçons libérèrent les ruines des broussailles avec serpe, vouge et hache. A chaque arbuste abattu, à toutes  broussailles enchevêtrées que l’on arrachait, la Belle nous découvrait  un pan de mur, une porte, une cheminée à encorbellements sur le point de défaillir…et c’était du délire ! Je ne résiste pas au plaisir de vous donner à lire quelques phrases d’un récit de jeunesse « Il se croit grand mais il est petit ! » :

   « On aurait pu croire qu’il rêvait aux étoiles mais on ne rêve pas lorsqu’on ressuscite un domaine comme Christ ressuscitant Lazare !(…) « Dans deux ans , cria-t-il, afin que nul chat sauvage n’en ignore, dans deux ans, tout sera réalisé et je serai un citoyen du monde » Les arbres se le répétèrent de feuille en feuille ainsi qu’ils le font pour annoncer l’avènement du printemps. »

 

     La mère, elle aussi s’« attela »au défrichage avec ardeur tandis que la fille s’était fixé le déblaiement de dix brouettées de pierraille quotidiennes.

    Ces deux femmes, Maman et moi, faisaient des fagots avec des branches d’élagage, entretenaient le feu pour cuire les aliments, lavaient le linge au lavoir et puisaient l’eau à la source pour les besoins domestiques. Et tout cela dans l’effort du corps et la gaîté des cœurs.

Belle sauvagerie domestiquée par les parents, à mes yeux sorte de demi-dieux illuminés par leur volonté de reconquête !

 

 

        Peu à peu, la première maison fut habitable. Pendant son mois de congé, mon père initiait ses fils à  la maçonnerie, à la charpente, au bûcheronnage. Nous n’avions ni moteur, ni essence, ni électricité, ni robinet (….mais une source d’une incroyable pureté : mon père la nommait « notre sainte petite eau ! »). Les travaux avançaient donc lentement mais tout était fait à la main et par nous-mêmes. C’était essentiel aux yeux de mes parents. Dans l’éducation qu’ils nous ont donnée, ils ont su utiliser le sens caché de la légende de la  Belle Endormie : en nous intéressant à la résurrection du hameau, ils voulaient nous aider à maîtriser notre adolescence dans la lutte difficile pour la maturité. Par l’effort physique sans concession pour  réaliser notre bel idéal !

 

       Ainsi, pendant deux mois d’été, nous vivions, nous les enfants, pieds nus. Nous ramassions escargots, champignons, mûres et cornouilles. Maman acceptait avec enthousiasme d’être seule avec nous quatre dans des conditions matérielles très précaires nécessitant inventivité, bon sens et courage. Toutes belles choses que ma mère possédait à foison !

       Mon père revenait de Paris chaque fin de semaine. Il écrit à ce sujet :  « Je partais le vendredi soir dans des zones ineffables pour me colleter avec deux cents mille tonnes de nobles ruines, aggravées d’un maquis tenace, au milieu des friches et des bois » (L’Equipe, inédit)

        Cette aventure de défrichage, de reconstruction, de réclusion, de recueillement, même, au fond des bois, paraissait démentielle à la grande majorité des gens. Dans la région, mon père était surnommé « le Fou de la Peurrye ». Nous quatre, les enfants, étions très fiers d’être les enfants de cet homme-là, et de sa femme, tout aussi « folle » dans cette mission commune du dépassement perpétuel de soi.

 

 

Voici dons la visite que nous avons effectuée avec Claudine et Denis Vincenot

La maison de La Peurrie, la source, les 3 tombes d'Andre Baroin, d'Henri Vincenot (décédé en 1985),et de leur Fils François. Trois croix celtiques et les alentoursles alentours
La maison de La Peurrie, la source, les 3 tombes d'Andre Baroin, d'Henri Vincenot (décédé en 1985),et de leur Fils François. Trois croix celtiques et les alentoursles alentours
La maison de La Peurrie, la source, les 3 tombes d'Andre Baroin, d'Henri Vincenot (décédé en 1985),et de leur Fils François. Trois croix celtiques et les alentoursles alentours
La maison de La Peurrie, la source, les 3 tombes d'Andre Baroin, d'Henri Vincenot (décédé en 1985),et de leur Fils François. Trois croix celtiques et les alentoursles alentours
La maison de La Peurrie, la source, les 3 tombes d'Andre Baroin, d'Henri Vincenot (décédé en 1985),et de leur Fils François. Trois croix celtiques et les alentoursles alentours
La maison de La Peurrie, la source, les 3 tombes d'Andre Baroin, d'Henri Vincenot (décédé en 1985),et de leur Fils François. Trois croix celtiques et les alentoursles alentours
La maison de La Peurrie, la source, les 3 tombes d'Andre Baroin, d'Henri Vincenot (décédé en 1985),et de leur Fils François. Trois croix celtiques et les alentoursles alentours
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La maison de La Peurrie, la source, les 3 tombes d'Andre Baroin, d'Henri Vincenot (décédé en 1985),et de leur Fils François. Trois croix celtiques et les alentoursles alentours
La maison de La Peurrie, la source, les 3 tombes d'Andre Baroin, d'Henri Vincenot (décédé en 1985),et de leur Fils François. Trois croix celtiques et les alentoursles alentours
La maison de La Peurrie, la source, les 3 tombes d'Andre Baroin, d'Henri Vincenot (décédé en 1985),et de leur Fils François. Trois croix celtiques et les alentoursles alentours
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La maison de La Peurrie, la source, les 3 tombes d'Andre Baroin, d'Henri Vincenot (décédé en 1985),et de leur Fils François. Trois croix celtiques et les alentoursles alentours
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La maison de La Peurrie, la source, les 3 tombes d'Andre Baroin, d'Henri Vincenot (décédé en 1985),et de leur Fils François. Trois croix celtiques et les alentoursles alentours
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La maison de La Peurrie, la source, les 3 tombes d'Andre Baroin, d'Henri Vincenot (décédé en 1985),et de leur Fils François. Trois croix celtiques et les alentoursles alentours
La maison de La Peurrie, la source, les 3 tombes d'Andre Baroin, d'Henri Vincenot (décédé en 1985),et de leur Fils François. Trois croix celtiques et les alentoursles alentours
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La maison de La Peurrie, la source, les 3 tombes d'Andre Baroin, d'Henri Vincenot (décédé en 1985),et de leur Fils François. Trois croix celtiques et les alentoursles alentours
La maison de La Peurrie, la source, les 3 tombes d'Andre Baroin, d'Henri Vincenot (décédé en 1985),et de leur Fils François. Trois croix celtiques et les alentoursles alentours

La maison de La Peurrie, la source, les 3 tombes d'Andre Baroin, d'Henri Vincenot (décédé en 1985),et de leur Fils François. Trois croix celtiques et les alentoursles alentours

En vous  racontant cette aventure éminemment concrète, dans ce contact avec la rudesse de la matière, -l’ eau, le bois, la pierre-, j’ai voulu vous dire comment un rêve trouve vie dans cette rudesse même, dans les difficultés à survivre dans une nature insensible, indifférente et qui va sa vie sans se soucier de l’homme, tant qu’il ne la gêne pas, qu’il ne l’exploite pas, qu’il ne la détruit pas. Vivre en harmonie avec elle .

Les parents étaient des êtres d’Harmonie

 : dans  

        l’ontogenèse -évolution de chacun d’entre nous- ,

        dans la phylogenèse -perpétuation et protection de l’espèce-, et,  enfin,

        dans la cosmogenèse : une harmonie fragile maintenue par la réunification de ce qui est apparemment contraire :l’homme et la femme,  les diverses tendances psychiques à l’intérieur de chacun, le rêve et la réalité, hauteurs célestes et profondeurs chthoniennes, contrainte et bonheur, travail sur soi et joie de la conquête,  tout cela pour réintégrer un paradis perdu en reconstituant l’Unité Primordiale.

    Cette dernière se lit également dans les croix celtes qui marquent les tombes de ma mère, de mon père et de l’un de mes frères, François : en inscrivant la croix- temps linéaire et messianique- dans le cercle -symbole du temps circulaire qui toujours recommence en répétitions infinies et semblables, en conjoignant l’alpha et l’oméga chrétiens. A sa façon, à lui, à nous, Henri Vincenot inscrivait ainsi le christianisme dans le celtisme. Là encore, se lit le désir de concorde, cette harmonie des cœurs sans laquelle le bonheur n’existe pas. 

      Mes parents étaient dans cette démarche implicite d’union des contraires, de réunion des complémentaires,  sans grandiloquence ni vains mots mais dans la joie de l’effort consenti, dans la volonté de vivre ensemble et avec le bon sens d’une vie aux tout simples principes.

 

      Ce qui m’interroge et me bouleverse, maintenant que je suis…plus âgée que mes parents lorsqu’ils s’en allèrent, c’est leur force à croire en un rêve et leur capacité à le réaliser et à nous le faire partager. C’était un défi difficile, voire impensable en des temps où nous n’avions ni argent ni moyens techniques  à notre service. Nous y avons tous cru. Nous avons fait revivre une légende, un mythe dans son intégralité. Sans le savoir, sinon par leur intuition remarquable, nos parents qui n’avaient pas de notions théoriques de psychologie, d’analyse des rêves ou d’explication des mythes fondateurs, ont su par leur intuition mystique, par ce pouvoir mystérieux qui les habitait, à consacrer leur vie « à cette obsession, folie de ma vie jusqu’à ma mort »

 

      Et ici encore, devant vous, je veux leur dire, pour tout cela :

                    « Merci,  parents très aimés et trop tôt disparus ! »

 

Marie-Claudine VINCENOT

Andrée Baroin épouse Henri Vincenot, Henri à la Peurrie, la salle commune, la maison en restauration       , Carte de La Peurrie, au-dessus de La Bussière-sur-Ouche et faussement indiquée comme " La Pourrie". La Peurrie veut dire "le petit ruisseau"
Andrée Baroin épouse Henri Vincenot, Henri à la Peurrie, la salle commune, la maison en restauration       , Carte de La Peurrie, au-dessus de La Bussière-sur-Ouche et faussement indiquée comme " La Pourrie". La Peurrie veut dire "le petit ruisseau"
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Andrée Baroin épouse Henri Vincenot, Henri à la Peurrie, la salle commune, la maison en restauration , Carte de La Peurrie, au-dessus de La Bussière-sur-Ouche et faussement indiquée comme " La Pourrie". La Peurrie veut dire "le petit ruisseau"

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