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LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


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Site traduit en Allemand :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/de/index.html

 

Site traduit en Anglais :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/en/index.html


Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
  • Contact

Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
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Archives

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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Jetez un oeil dans mes LIENS sur Richard OLIVIER, BIG MEMORY, mon ami Richard, Cinéaste belge, étant sur un gigantesque projet: Filmer tous les CINEASTES BELGES, morts ou vifs. Enfin, un artiste qui s'intéresse à ses pairs !http://www.bigmemory.be

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Je suis sur les blogs pro-tibétains:

www.candle4tibet.org
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VENEZ M'Y REJOINDRE !

Christian VANCAU

12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 19:02

Ca va arriver autour de mon territoire, la forêt de Saint-Hubert est à 1000 mètres

Film court réalisé à l'occasion de la sortie du livre CD "La nuit du cerf", signé par le photographe Vincent Munier et l'audio-naturaliste Marc Namblard, paru aux éditions Kobalann.

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11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 19:36
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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 07:50
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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 07:44
Histoire de la Bourgogne
 
 
Palais des ducs de Bourgogne de nos jours
Le palais des Ducs et des États de Bourgogne de Dijon, lieu de résidence des ducs de Bourgogne.

 

Terre de passage, ouverte entre le Nord et le Sud, la région de Bourgogne et ses ressources naturelles ont très tôt induit une présence humaine. Depuis Homo erectus, la présence de l’homme a été continue en Bourgogne où il a laissé d'abondants vestiges de son séjour. Le vase de Vix, objet exceptionnel, témoigne notamment de la présence des tribus celtes sur le sol bourguignon. De Bibracte à Alésia, en passant par Autun, s'y relèvent les traces de la conquête de la Gaule par Jules César.

Le premier royaume portant le nom de « Bourgogne », regnum Burgundiæ en latin (« royaume de Burgondie »), est l'œuvre des Burgondes. Vaincu par les Francs, ce peuple laisse en héritage un ensemble territorial qui perpétue son nom. Tour à tour, pendant dix siècles, au milieu de luttes continuelles, les familles régnantes de l'histoire – MérovingiensCarolingiensCapétiensValoisBourbons – effacent et redessinent les frontières et le statut politique de ce territoire, donnant au vocable « Bourgogne » des acceptions différentes.

La Bourgogne du Moyen Âge voit naître avec les abbayes de Cluny et de Cîteaux les plus grands mouvements de la réforme monastique. Les deux célèbres abbayes furent pendant plusieurs siècles tout à la fois des foyers de science dogmatique, de pensée réformatrice, des centres d'activité économique et sociale, artistiques et même politiques de premier ordre pour toute l'Europe. Des édifices comme la basilique de Vézelay et l'abbaye de Fontenay témoignent encore de ce rayonnement.

Quelques siècles plus tard, l'entreprise des ducs Valois marque profondément son histoire. Philippe le HardiJean sans PeurPhilippe le BonCharles le Téméraire font de leur État une grande puissance européenne englobant la Belgique et la Hollande et rivale du royaume de France. Philippe le Bon, fondateur de l'ordre de la Toison d'or, fait rayonner sa cour et étend sa renommée jusqu'en Orient. Son fils Charles le Téméraire mate les révoltes de Gand en Flandre et de Liège. Il élève à son apogée l'État bourguignon, mais sa mort lors de la bataille de Nancy en 1477 fait rentrer définitivement la partie proprement bourguignonne du duché dans le domaine de la couronne. Cependant, la fille de Charles,Marie de Bourgogne sauve son pouvoir sur les états du nord, donnant naissance à une descendance qui aboutira à Charles V dit Charles Quint, né à Gand, qui revendiquera toujours la Bourgogne pour lui, source de conflits incessants avec la monarchie française.

Devenue royale sous Louis XI, la partie française de la Bourgogne gardera ses États et son Parlement, préservant ainsi son individualité jusqu'à la Révolution française. Durant des siècles, son histoire se compose de l’écho des grands événements, des transformations économiques générales et du contrecoup des révolutions parisiennes. Elle épouse le destin de la France et connaît les jours sombres des occupations. De grands noms comme ceux de BossuetRameau ou Buffon, pour ne citer que quelques-uns des plus illustres Bourguignons, continuent à l'illustrer dans le domaine des Arts, des Lettres et des Sciences.

Son histoire économique se fonde sur l'agriculture et la sylviculture. Terre d’élevage, la Bourgogne est réputée pour sa viande charolaise, ses volailles, son fromage mais aussi pour ses régions viticoles qui donnent naissance à des crus de légende. La sidérurgie avec ses maîtres de forges prend néanmoins, à partir du xviiie siècle, sa place dans son économie et conduit pour faciliter son développement à la constitution d'une solide infrastructure de voies de communication. Le complexe industriel du Creusot, entreprise familiale restée pendant cent vingt-quatre ans aux mains des Schneider, et de Montceau-les-Mines en Saône-et-Loire fait la gloire de l'industrie lourde en Bourgogne (charbon –sidérurgie) avant de décliner fortement à la fin du xxe siècle. D'autres industries animent la région, comme les industries chimiques (Autun - Chalon-sur-Saône) oupharmaceutiques (Dijon), avant de connaître, à leur tour, des temps difficiles.

Le château d'Ancy-le-Franc dans l'Yonne

 

 
 Palais ducal à Dijon-Palis ducal à Nevers-Ancy-le-Franc-Cormatin-Cartes de Bourgogne-Dijon vu de la tour Philippe le Bon - La tour de Bar au Palais ducal-
 Palais ducal à Dijon-Palis ducal à Nevers-Ancy-le-Franc-Cormatin-Cartes de Bourgogne-Dijon vu de la tour Philippe le Bon - La tour de Bar au Palais ducal-
 Palais ducal à Dijon-Palis ducal à Nevers-Ancy-le-Franc-Cormatin-Cartes de Bourgogne-Dijon vu de la tour Philippe le Bon - La tour de Bar au Palais ducal-
 Palais ducal à Dijon-Palis ducal à Nevers-Ancy-le-Franc-Cormatin-Cartes de Bourgogne-Dijon vu de la tour Philippe le Bon - La tour de Bar au Palais ducal-
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Palais ducal à Dijon-Palis ducal à Nevers-Ancy-le-Franc-Cormatin-Cartes de Bourgogne-Dijon vu de la tour Philippe le Bon - La tour de Bar au Palais ducal-

Préhistoire et Antiquité

Solutré-Trésor de Banot Dijon-Le bassin de Bibracte (Mont Beuvray)- Le Cratère de Vix
Solutré-Trésor de Banot Dijon-Le bassin de Bibracte (Mont Beuvray)- Le Cratère de Vix
Solutré-Trésor de Banot Dijon-Le bassin de Bibracte (Mont Beuvray)- Le Cratère de Vix
Solutré-Trésor de Banot Dijon-Le bassin de Bibracte (Mont Beuvray)- Le Cratère de Vix

Solutré-Trésor de Banot Dijon-Le bassin de Bibracte (Mont Beuvray)- Le Cratère de Vix

Les peuples gaulois en Bourgogne
Article détaillé : Peuples gaulois.
Statue de Vercingétorix

Le territoire de l'actuelle Bourgogne est occupé, du Hallstatt jusqu'à la Gaule romaine, par une grande diversité de peuples celtes. Ils se répartissent ou s'affrontent pour le contrôle des voies terrestres et fluviales d'un trafic qui s'écoule entre la Méditerranée et la Gaule septentrionale jusqu'à la Manche. Parmi les principaux figurent, au nord-ouest, les Sénons, dont la capitale est Agedincum (Sens) ;Andematunnum (Langres) est celle des Lingons, établis au nord-est ; le peuple des Mandubiens occupe la dépression centrale del'Auxois, autour d'Alésia ; la partie méridionale de la région et les monts du Morvan forment la contrée des Éduens dont Bibracte, au sommet du mont Beuvray, est le cœur défensif et administratif ; sur la rive gauche de la Saône commence le domaine des Séquanes qui s'étend vers l'est jusqu'à leur capitale Vesontio (Besançon), perchée sur un roc escarpé enserré dans un méandre du Doubs.

Les Éduens contrôlent des échanges commerciaux entre l'axe de communication Saône-Rhône et le bassin de la Loire. Ravitaillé par un réseau de routes qui rejoignent la Loire à Noviodunum (Nevers) et Decetia (Decize), la Saône à Cabillonum (Chalon) et Matisco (Mâcon),Bibracte« le plus grand et l'oppidum le mieux pourvu des Éduens » selon les mots de Jules César abrite l'activité de toute une population de forgerons, de fondeurs de cuivre et d'émailleurs. L'influence éduenne s'étend bien au-delà de leur territoire. Au nord, ils se sont associé les Mandubiens, rattachés auparavant aux Lingons. Au sud, dans la Dombe et le Bugey, ils ont pour alliés les Ségusiaves et les Ambarres et à l'ouest, les Bituriges, voisins de leurs adversaires les Arvernes. Ambivarètes et Blannovii se comptent aussi, selonCésar, au nombre des membres de la confédération qu'ils mènent. « Alliés et frères » du peuple romain depuis -120 environ, les Éduens ont acquis au -ier siècle une place prédominante au sein de la Gaule « chevelue ».

Les Lingons, établis sur les plateaux de Langres-Châtillonnais et leurs marges, entre le cours inférieur du Serein et le cours moyen de la Saône (en amont de sa confluence avec la Vouge), contrôlent les échanges commerciaux sur l'axe Meuse-Saône-Rhône, entre Europe septentrionale et Méditerranée.

Les Séquanes, dont le territoire s'étend des monts du Jura jusqu'à la Saône, rivalisent avec les Éduens pour la maîtrise de la rivière qui leur sert de frontière. Les trois peuples voisins, Éduens, Lingons et Séquanes, ont adopté dès -100 un système monétaire commun fondé sur l'étalon-argent. Leur monnaie, de valeur identique, représente la moitié du denier romain et circule alors sans difficulté sur le sol des cités, formant une union monétaire de fait, la «zone du Denier ».

La fin de l'indépendance gauloise
Article détaillé : Siège d'Alésia.

Vers -60, Éduens et Séquanes se disputent le contrôle de la Saône dont ils s'arrachent les points de passage. Après une première défaite, les Séquanes et leurs alliés arvernes font appel aux Germains d'Arioviste. Les Éduens sont vaincus sans que leurs « alliés et frères » romains ne viennent à leur secours. Mais deux ans plus tard, Jules César saisit le nouveau motif que lui offre la migration des Helvètes pour intervenir en Gaule En juin -58, il remporte sur ce peuple une victoire près de Bibracte. À la fin de la même année, le général romain défait Arioviste et l'oblige à repasser le Rhin. Le poids de la présence romaine s'appesantit sur les peuples de Gaule et des révoltes apparaissent. Les Éduens se rallient au mouvement de résistance auquel ils apportent leur puissance. Le bastion bourguignon devient le creuset où se nourrit la décision d'engager une vigoureuse lutte armée. La réunion militaire de Bibracte confirme le chef arverne Vercingétorix dans le commandement de l'armée fédérée gauloise. L'issue de la bataille livrée à Alésia est cependant fatale aux Gaulois. La reddition de Vercingétorix le 27 septembre 52 av. J.-C. met fin à l'indépendance gauloise et c'est de Bibracte, où il passe ses quartiers d'hiver, que César rédige son De Bello Gallico. L'imperator accorde également sa clémence aux vaincus : il donne aux Éduens le statut de civitas fœderata(« cité fédérée »).

La Bourgogne gallo-romaine
La paix romaine

La Bourgogne est organisée dès lors comme un système assujetti à Rome, mais elle connaît encore deux périodes de troubles et de violences, avec la révolte de l'Éduen Sacrovir, puis, en 70 ap. J.-C., lorsque les Éduens appuient la révolte gauloise menée par Julius Vindex. La reconquête de la Germanie sous l'empereur Vespasien a pour effet de multiplier le nombre et l'importance des bases militaires romaines. Des vestiges de camp romain ont en effet été découverts près de Mirebeau-sur-Bèze. Les dignitaires locaux acceptent la civilisation des vainqueurs et se romanisent peu à peu. La Bourgogne connaît alors la prospérité et ses bourgades, dans lesquelles se regroupe la population, connaissent un essor rapide. Mais Dijon, encore très loin de prétendre à la dignité de capitale, n'est encore que Divio, titre latin signifiant « aux deux rivières ». Elle n'est à cette époque qu'une petite agglomération, ou même un poste militaire installé au lieu-dit de « la Noue », près de Chenove.

Les bienfaits de la Pax Romana s'étendent jusqu'au iiie siècle. La Bourgogne est traversée par la Via Agrippavoie romaine qui part de lyon et sillonne les pays éduen, sénon et lingon, réunissant selon le Romain Strabon les villes d'Anse, de Mâcon, de Tournus, de Chalon, de Dijon puis de Langres. Elle bénéficie également de nombreuses voies navigables, dont la Saône avec sa corporation des nautes ararici est l'axe principal. Grâce à ces voies de communication, la Bourgogne est le point de passage obligé par lequel voyagent vin, produits agricoles, étain, métaux et huile. La densité des échanges assure la prospérité du pays. Les productions agricoles locales, comme l'écrit Strabon, sont nombreuses est variées. La vigne s'est installée sur la Côte bourguignonne et les Gaulois, bons tonneliers, ont substitué très tôt la barrique à l'amphore, trop lourde et trop fragile.

Cultes, divinités et premiers chrétiens
Article connexe : Mythologie celtique gauloise.
Statue de Rosmerta
La statue de Rosmerta conservée au musée d'Autun.

La vie religieuse est intense et les habitants vénèrent encore d'anciennes divinités gauloises telles : le dieu à andouillers Cernunnos, ou la déesse Rosmerta retrouvée sur le complexe thermal d'Escolives-Sainte-Camille, le « dieu au maillet » de Moux-en-Morvan Sucellus, appuyé sur un cep de vigne et visible au musée de Nuits-Saint-Georges. Mais ils adorent également des divinités romaines ; ainsi d'autres représentations de divinités montrent l'influence gréco-romaine : Apollon qui assimile BelenosBorvo ainsi que diverses autres divinités, Mercure, le dieu au pétase, dont César affirme qu'il est le plus vénéré en Gaule. On trouve aussi la preuve de l'implantation de cultes orientaux. Nombreux sont les sites en Bourgogne qui témoignent de cette intense vie religieuse : Alésia, les sources de la Seine, les Bolards (ancienne bourgade gallo-romaine près de Nuits-Saint-Georges) en font partie. Les sources de la Seine sont le lieu de célébration du culte de la divinité guérisseuse de Sequana.

De l'Orient arrive ensuite, peu à peu, le christianisme. Remontant l'axe du Rhône et de la Saône, les marchands et les soldats qui viennent d'Orient s'implantent à Augustodunum, future Autun et ville la plus prospère et brillante de la région, et, de là, diffusent la nouvelle religion. Une telle influence a également été retrouvée à Sedelocus (Saulieu). Elle pourrait avoir été diffusée par l'Église de Lyon, la plus vieille Église des Gaules, fondée au second siècle par Irénée. Les premiers noms de chrétiens sont en effet grecs : Pectorios, Symphorianos (Symphorien), Andochios (Andoche), Thyrsos (Thyrse). Parmi la population indigène, le cas le plus singulier fut celui desainte Reine, habitante de la bourgade d'Alésia au ive siècle. Elle aurait été martyrisée par Olibrius, un fonctionnaire impérial. D'après Charles Commeaux « il paraît certain que l'évangélisation de la Bourgogne n'est pas antérieure, au plus tôt à la fin du iie siècle ». En dehors des preuves indubitables laissées par ces découvertes, l'évangélisation de la Bourgogne est traditionnellement liée à des « souvenirs » des temps apostoliques et les villes bourguignonnes revendiquent leurs saints martyrs et fondateurs. Autun vénère ainsi Symphorien et Lazare ou « Ladre », patron de sa foire annuelle, Saulieu vénère Andoche et Thyrse, Tournus célèbre Valérien, Chalon Marcellus (Marcel), Dijon Bénigne alors qu'Auxerre célèbre Germain.

Alesia-Alise SteReine. St Andoche à Saulieu et le Taureau de Pompon-Autun
Alesia-Alise SteReine. St Andoche à Saulieu et le Taureau de Pompon-Autun
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Les invasions barbares
Article détaillé : Les invasions barbares.
Autun
Le temple de Janus

À partir du iiie siècle, le déferlement successif de vagues de barbares venus de l'est, s'ajoute à l'instabilité du pouvoir de l'Empire romain d'Occident, et met un terme à la période de prospérité en Bourgogne. Le premier raid des Alamans atteint la région vers 256-259 et y sème un peu partout la ruine. Ils réapparaissent en 275-276 et recommencent leurs ravages, qu'aggrave le péril nouveau des bagaudes, ces bandes de paysans chassés de leur terre qui pillent pour leur propre compte. Pour mieux se protéger les villes se resserrent, se contractent et se fortifient. C'est en effet sous le règne d'Aurélien, en plein péril alaman avec la grande invasion de 276, que l'enceinte de Dijon est fortifiée. La peur gagne ainsi les riches propriétaires. On a en effet découvert, dans toute la Gaule, un grand nombre de trésors enfouis, que les propriétaires n'ont pu récupérer.

Une période de calme réapparaît entre la fin du iiie siècle et le début du ive siècle, aux temps de Maximien et de Constance Chlore, lorsque ces empereurs parviennent à vaincre et à stopper les envahisseurs. Mais en 297, selon le tableau que dresse le rhéteur Eumène à Constance Chlore, la grande cité d'Augustodunum (la future Autun), n'évoque encore que ruines et désolations.

La pression de l'envahisseur persiste, et au milieu du ive siècle les dernières vagues submergent définitivement la région même si en 355, Autun, une nouvelle fois assaillie par les Alamans, est reconquise par Julien, le nouveau César installé par l'empereur Constance II.

Du haut Moyen Âge au duché capétien

Naissance de la Bourgogne : les Burgondes
Article détaillé : Les Burgondes.
Saint-Maurice d'Agaune (portail de l'abbaye)
Portail de l'abbaye territoriale de Saint-Maurice d'Agaune (canton du Valais, Suisse).

Après plusieurs étapes en Germanie, les Burgondes, venus des confins de la Baltique et peut-être de l'île de Bornholm, s'installent en 443 comme auxiliaires de l'armée romaine avec le statut de fédérés (du latin fœdus), sous l'autorité du patrice romain Ætius qui leur offre un territoire autour de Genève. Profitant de la faiblesse de l'Empire, ce peuple se construit, à partir de la seconde moitié du ve siècle, un vaste et puissant royaume qui, à son apogée, touche au nord la ligne des Vosges et la Durance au midi. D’orient en occident, le royaume burgonde s'étend de l’Aar à la Saône et de la Vallée d'Aoste à la Haute-Loire. Sur le territoire des futurs duché et comté de Bourgogne, les cités d'AuxerreLangresBesançonChalon-sur-Saône et Autun figurent dans ses possessions.

Les souverains burgondes se succèdent, élargissant à chaque règne les limites du royaume. Après GondicaireGondioc et Chilpéric Ier, les deux frères Godégisile et Gondebaud règnent d'abord ensemble, de 476 à 500. LangresBesançonChalon-sur-Saône et Autun échoient à Godégisèle avec le Valais et Genève, où il installe sa capitale, avant de s'allier aux Francs de Clovis Ier pour s'approprier la totalité du royaume. Gondebaud, surmontant une première défaite subie non loin du castrum de Dijon, contre-attaque, assiège Vienneoù s'est retranché Godégisèle et le tue. Après avoir cédé au roi franc, par un accord signé en 502 sur la Cure, la Champagne ainsi que l'Auxerrois amputé de la ville nouvelle de Nevers, il reste seul maître de l'ensemble du royaume burgonde. Gondebaud se fait même l'allié de Clovis, auquel il a donné en mariage sa nièce Clotilde, et c'est avec l'aide franque qu'il tente, mais en vain, d'annexer la Provence wisigothique lors du siège d'Arles, en 507 et 508. C'est à lui qu'on doit la promulgation de la législation qui porte son nom, la loi gombette, qui organise la coexistence des éléments burgondes et gallo-romains au sein de son royaume.

Après la mort de Gondebaud en 516, ses successeurs se heurtent aux visées des rois francs. Son fils Sigismond, qui lui succède, est tué en 523 par le roi d'OrléansClodomir. Le royaume échoit alors à son frère Godomar. Malgré une victoire sur les Francs de Clodomir à Vézeronce en 524, Godomar est vaincu en 534 par la coalition de Childebert IerClotaire Ier et Thibert Ier (ou Théodebert), qui se partagent son royaume. C'est Thibert qui reçoit les cités comprises dans la Bourgogne et la Franche-Comté d'aujourd'hui : Nevers, Autun, Chalon-sur-Saône, Dijon et Besançon. Malgré moins d'un siècle d'existence, le royaume burgonde a laissé à la postérité le nom de Burgundia1, « Bourgogne »5. L’État burgonde définitivement détruit tombe dans la mouvance franque mais une société bourguignonne subsiste, avec sa civilisation et son droit. Sous la domination franque la loi gombette reste en vigueur, précieux élément de cohésion permettant l’ébauche d’une individualité régionale.

La Bourgogne mérovingienne
Le royaume de Bourgogne en 443 et 476
Royaume de Gontran (567)
Le royaume des Francs en 567 après sa division en sous-royaumes. Le royaume de Gontran est en vert. En bleu l'Austrasie et le couloir austrasien en Provence, isolant Arles.
(Cliquez sur l'image pour agrandir la légende.)

En passant sous le sceptre mérovingien le regnum  Burgondiæ demeure, mais c’est une Bourgogne aux contours indécis et variables, limitée aux cités où l’élément burgonde domine et dont l’axe médian se situe maintenant le long de la vallée de la Saône3. À la mort de Thibert, en 548, les cités qu’il a reçues échoient à son fils Thibaut. La mort sans héritier de ce dernier, permet à Clotaire Ier, de réaliser à son profit l’unité de la monarchie franque en réunissant toutes les parties de l’ancien royaume bourguignon. À sa mort, en 561, l'ancienne Burgondie tout entière, (amputée toutefois de la Provence par le partage) renaît du partage de ses terres entre ses quatre fils. Gontran reçoit l’ancien royaume de Clodomir dont la capitale était Orléans et les cités burgondes. Le nouveau roi fixe sa résidence préférée en Burgondie, qui représente la plus importante part de son royaume. Il s’installe dans le castrum de Chalon-sur-Saône qui fait presque figure de capitale. Il rallie l’adhésion de ses sujets et assure une cohésion solide au royaume. Il y réunit des conciles et fait ériger en 577 à Saint-Marcel une basilique et un monastère. La Bourgogne recouvre son individualité. L’expression regnum Burgondiæ est alors acquise à la géographie historique et une noblesse propre à ce royaume et représentant l’esprit local va se former. Sans fils survivant, Gontran adopte son neveu Childebert II, fils unique de son frère le roi d'Austrasie Sigebert Ier et de la reine Brunehilde, et en fait son héritier.

Au décès de son père, le fils mineur de Childebert, Thierry II, recueille la Burgondie qui s'étendait alors du sud de la Champagne au nord, jusqu'à Arles au sud, et, à l'est, jusqu'au Val d'Aoste. La régence est exercée par sa grand-mère Brunehilde qui choisit Autun pour capitale. Elle y fonde l'abbaye de moniales de Saint-Jean-le-Grand et celle de Saint-Martin. Les historiens lui attribuent la remise en état du réseau des voies romaines bourguignonnes, les « chaussées Brunehilde », ainsi qu'une révision du cadastre, une réforme fiscale et la mise en place d'un service militaire. Elle exerce le pouvoir pendant une vingtaine d’années ne laissant à Thierry qu’un pouvoir nominal. À l'extérieur, les rapports avec la Neustrie sont marqués par la haine implacable que se vouent Brunehilde et Frédégonde, concubine puis épouse du roi Chilpéric Ier. À l'intérieur, s'appuyant sur l’aristocratie romaine pour gouverner, conduisant une politique de centralisation, cherchant à mater les grands d'Austrasie et de Burgondie, dits « leudes » ou « burgondofarons », ainsi que les évêques, elle s’attire leur hostilité. Finalement victime de la trahison des grands, à la tête desquels figure le maire du palais Warnachaire, la vieille reine est capturée dans sa fuite à Orbe et conduite à Renève avec les quatre fils de Thierry II devant Clotaire II, qui la fait supplicier. Ses restes mutilés sont déposés à l’abbaye de Saint-Martin d’Autun. La victoire de Clotaire II est celle de l’aristocratie sur la royauté. Les leudes ne se sont ralliés à Clotaire II qu’après avoir reçu l’engagement de ne jamais intervenir dans le choix des leudes.

Le regnum Burgondiæ est alors rattaché au royaume de Clotaire II, devenu en 613 l'unique roi des Francs. Mais tout en se plaçant sous la dépendance des rois merovingiens de la Neustrie franque, l’aristocratie bourguignonne conserve la réalité du pouvoir2 et parvient à se réserver les charges publiques. Dagobert Ier en lui succédant en 629 doit parcourir la Burgondie pour imposer son autorité. Sa mort, en 638, ouvre le début d’une réaction aristocratique et d’une anarchie qui dure presque un siècle. Ses successeurs, dans la période de 638 à 751, ne sont plus que des « rois fainéants » : neuf membres inconsistants de la famille mérovingienne qui confient, au détriment de la fonction royale, le pouvoir à des membres de la haute aristocratie qui se disputent la charge de maire du palais. Les querelles sont fréquentes entre les élites burgondes et les maires du palais. L’affrontement resté le plus célèbre est celui d'Ébroïn, maire du palais de Neustrie et de saint Léger d'Autun, aristocrate, riche propriétaire en Austrasie et en Bourgogne, porte-parole des intérêts de l'aristocratie bourguignonne et représentant éminent de l'esprit particulariste de l'ancien royaume de Bourgogne. Ébroïn, reprenant la politique de centralisation de Brunehaut travaille à unifier la Neustrie et la Burgondie en brisant la résistance de l'aristocratie, Léger est finalement assassiné par ordre d'Ébroïn en 677. Ébroïn est lui aussi assassiné, quelques années plus tard, en 680 ou 683.

La Bourgogne carolingienne
L'article Royaume de Bourgogne est un complément historique à ce sujet.
La Bourgogne dans le royaume des Francs[modifier | modifier le code]
Le royaume de Bourgogne au début du IXe siècle avant le Traité de Verdunde 843

Depuis la mort d’Ébroïn (entre 680 et 683), la Burgondie vit une période d’anarchie larvée nourrie des tendances autonomistes de ses leudes. À partir de 716 Charles Martel parvient à se rendre maître de l'Austrasie et de la Neustrie. La Bourgogne demeure insoumise. Les évêques gardent la pleine autorité sur leurs cités transformées en petites républiques aristocratiques. En 725 Les hordes d’envahisseurs vraisemblablement germaniques4, puis les Sarrasins en 731 qui ravagent par deux fois Autun, dévastent les monastères de Luxeuil et de Bèze, saccagent Langres ouvrent une grave crise politique et militaire. Charles Martel reproche aux notables burgondes leur passivité devant l'envahisseur et accuse même certains d'avoir pactisé avec les assaillants. Après sa victoire de Poitiers, en 732, il intervient militairement en Bourgogne. Le vaste territoire de l’ancien regnum Burgundiae est réparti en quatre commandements, ayant chacun un gouverneur : une Bourgogne d’Arles, une Bourgogne de Vienne, une Bourgogne alémanique et une Bourgogne franque.

En 736, Charles Martel entreprend en Burgondie une seconde campagne qui, d’après Maurice Chaume, « prend l’allure d’une exécution ». L'aristocratie locale doit s'incliner devant sa puissance et reconnaître son autorité. Commencent alors les représailles : exécutions, déportation de Burgondofarones, confiscations des biens et la noblesse locale est remplacée par les leudes austrasiens voire bavarois. Les dignitaires de l’Église ne sont pas épargnés : Haimer, évêque d’Auxerre, est arrêté et ses biens sont partagés entre six princes bavarois ; ceux de l’église de Langres passent à Rémy, un frère de Pépin le Bref. La Burgondie est colonisée par les Francs du royaume d’Austrasie. En 742, à sa mort, la garde de la Burgondie augmentée des terres actuelles d'Alsace et de Lorraine, de Provence et du Languedoc est confiée à son fils Pépin le Bref puis passe en 768 à Carloman Ier, fils de Pépin avec une nouvelle répartition territoriale. Les partages arbitraires des Carolingiens brise définitivement l'unité de l'ancien royaume burgonde. Les textes parlent bien encore de Burgundia ou de regnum Burgundiæ, mais ces mots n’ont plus qu'une valeur géographique. La Bourgogne devient une mosaïque de pagi. Le royaume de Bourgogne ne subsistera qu’outre-Saône.

Les pagi bourguignons, divisions administratives
Les pagi carolingiens en « Bourgogne franque » (ixe siècle)

Pour appuyer leur politique d'unification et de centralisation, les Carolingiens établissent le pagus, circonscription administrative au sein de laquelle le pouvoir central se fait représenter par un comte ou un évêque, fonctionnaire dépendant du Palais. Les pagi, dans leur tracé, laissent percevoir la continuité d’anciennes limites réadaptées, tout en différant des anciennes divisions gauloises dont ils ne représentent souvent qu'une fraction. Leur délimitation en « Bourgogne franque », telle que l'étude des chartes rurales et des subdivisions ecclésiastiques médiévales permet de la reconstituer, n'est pas uniforme : « En Bourgogne, les régions occidentales et méridionales gardent un cadre très proche des cadres romains, avec des ressorts centrés sur les grandes cités où siègent les évêques. Dans l’ancienne cité des Lingons, en revanche, la situation est beaucoup plus complexe et les pays nombreux »

Maurice Chaume a dressé une liste des pagi ou « pays » à partir desquels s'est constituée la Bourgogne ducale et comtale. On peut citer : à l’est de la Saône (« Outre-Saône ») l’Amous, l’Escuens, le Varais (pagus de Besançon) et, enjambant son cours supérieur, le Portois (dont le nom vient de Port-sur-Saône) ; sur sa rive droite le Bassigny, le Bolesmois, le Barrois, le Langrois (ou Langogne), le Lassois (situé aux environs de Châtillon, il tire son nom du très vieuxcastrum de Latisco, dont dépendait la nécropole de Vix), le Duesmois (ou pays de Duesme, alors importante forteresse), le Tonnerrois, l’Auxois, le Mémontois (qui recouvre le sud de la Montagne), le Dijonnais, l’Atuyer (pays des Attuariens), l’Oscheret (ou pays de l’Ouche) et aussi le Beaunois, le Chaunois et le Mâconnais ; l'Autunois et le Nivernais, traversés par la Loire ; l'Avallois, par la Cure ; l'Auxerrois et le Sénonnais, par l'Yonne ; plus au nord, le Troiesin et le Brenois auxquels on peut ajouter le modeste Blaisois.

Le démembrement de la Burgondie
Partage de l'Empire carolingien après le traité de Verdun en 843
Le partage de l’Empire carolingienau traité de Verdun en 843.

Charlemagne ayant unifié l’ensemble des territoires francs, le vieux royaume burgonde conserve son unité sous son règne. Mais de son vivant déjà, en organisant sa succession au profit de ses fils, dès 806, il le morcelle sans attacher la moindre importance à la tradition bourguignonne.

En 817, Louis le Pieux partage à nouveau les pagi qui composaient les territoires bourguignons. Avec la naissance du futur Charles II le Chauve, né d’un deuxième lit, et la volonté de Louis le Pieux de lui faire un royaume, les partages se succèdent. En 829, Louis le Pieux modifie les attributions des parts faites à chacun de ces trois fils au mépris des dispositions arrêtées en 817. Nouveaux partages en 831 puis en 837. En 839 ultime partage de Louis le Pieux. En trente-quatre ans, de 806 à 839, écrit M. Chaume, « la Burgondie subit jusqu'à six partages différents ». Les comtés sont attribués au gré des partages à l'un ou à l'autre des descendants de Charlemagne. Au lendemain de la mort de Louis le Pieux (840), une grave crise successorale secoue l’Empire. Une partie décisive de la lutte que se livrent les fils de Louis le Pieux se déroule à Fontenoy-en-Puisaye en 841. L'intervention du comteGuerin, l’homme fort de la Bourgogne du sud, le dux Burgundiae potentissimus comme le qualifient certains actes, à la tête de contingents toulousains provençaux et bourguignons, en faveur de Charles le Chauve et de Louis II de Germanie met finalement les armées de Lothaire en déroute. Lothaire se résigne à adresser des offres de paix à ses deux frères qui se concrétisent par la signature en 843 du traité de Verdun.

La nouvelle frontière, entre les possessions de Charles II le Chauve et celles de Lothaire, coïncide à peu près avec la Saône. À l’est de la rivière, les pagi bourguignons sont donnés à Lothaire alors que ceux situés à l’ouest de la Saône passent dans les possessions de Charles le Chauve. La division du vieux royaume Burgonde ainsi créée subsistera pendant des siècles.

Les textes feront désormais la distinction entre une « Bourgogne franque » appelée à devenir le duché de Bourgogne et composée de dix-neuf pagi situés à l'ouest de la Saône, et une « Bourgogne Jurane ou Impériale », celle de Lothaire, constituée de vingt-trois pagi, situés à l'est de la Saône2. Parmi les pagi situés à l'est de la Saône, les quatre pagi d'Amous, de Portois, d'Escuens et de Varais forment une l'entité territoriale qui donnera naissance au Comté de Bourgogne, l'actuelle Franche-Comté. Une période de démembrements successifs suit le partage de 843. En 855 par le Traité de Prüm (855)Lothaire Ier donne principalement le Lyonnais et la Provence à son fils Charles. Le territoire donné, qui forme le royaume de Provence, divise une fois de plus le vieux royaume burgonde. Charles étant trop jeune, c'est Gérard de Roussillon, le fondateur des abbayes de Vézelay et de Pothières, qui exerce la réalité du pouvoir. Les accords de 855 ne sont pas définitifs et lorsque la lignée de Lothaire s'éteint avec la mort de Louis II, Charles II le Chauve, par Traité de Meerssen conclut avec son frère Louis le Germanique, récupère avec le pagus du Portois ainsi que la ville épiscopale de Besançon, la plus grande part de l'ancienne Burgondie3.

Le royaume de Provence des bivinides
Article détaillé : Le roi Boson.
Les différentes Bourgognes
Les quatre Bourgognes : le duché de Bourgogne, le comté de Bourgogne, la Bourgogne transjurane, la Bourgogne cisjurane avec la Provence ; les trois dernières sont terres du Saint-Empire romain germanique à partir de 1032.

 

Le royaume de Provence des bivinides[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Le roi Boson.
Les différentes Bourgognes
Les quatre Bourgognes : le duché de Bourgogne, le comté de Bourgogne, la Bourgogne transjurane, la Bourgogne cisjurane avec la Provence ; les trois dernières sont terres du Saint-Empire romain germanique à partir de 1032.

Après la mort en 877 de Charles II le Chauve, le trône des Francs chancelle et les grands vassaux se montrent audacieux. Le sentiment du particularisme bourguignon n'a pas disparu. Grands et prélats de l'ancienne Burgondie venant de Besançon, du lyonnais de Tarentaise, d'Aix, d'Arles rassemblés le 15 octobre 879 à Mantaille offrent au bivinide Boson, comte de Vienne et d'Autun, beau-frère de Charles le Chauve, en possession de la Bourgogne du sud, du Lyonnais, du Viennois, de la Provence, une couronne royale qu'il accepte.

Il ne prend cependant pas le titre de roi de Bourgogne mais il s'intitule Boso Misericordia Dei Rex. Les provinces qui se rallient à lui débordent largement l'ancien royaume de Charles de Provence et correspondent à celles de l'ancien regnum Burgundiæ. Son royaume, plus grand que celui de Gondebaud, s’étend des rives du Doubs au nord, jusqu’aux rives de la Méditerranée au sud et déborde sur l’Helvétie et l’Italie. Sous sa couronne se trouvent réunis une partie de la Bourgogne, le Bugey, la Bresse, le Dauphiné, la Tarentaise, la Provence et une partie du Languedoc. Il prend Vienne pour capitale et se dote d’une chancellerie dirigée par Adalgaire, abbé deFlavigny7.

Mais le nouveau royaume, appelé aussi « royaume d’Arles » ou « royaume de Provence », réalise contre lui l’union des Carolingiens.Carloman, fiancé de sa fille, et Richard le Justicier, son propre frère, réagissent et marchent contre lui. Ils emportent d’assaut Mâcon en 880 puis prennent Vienne après un siège de deux ans. Boson parvient néanmoins à maintenir son autorité sur une partie de ses domaines. À sa mort en 887, il transmet la Provence  à Louis l’Aveugle son fils, reconnu comme « roi deProvence » à Valence en 890. Boson aura fondé le « royaume de Provence ». À la mort de Boson, le territoire de l'ancienne Burgondie est coupé en trois : une Bourgogne franque, une Bourgogne jurane et le royaume de Provence. Chacune de ces unités territoriales suit à partir de ce

Sarcophege de St Bénigne à Dijon-Abbaye de Fontenay-Abbaye de Vezelay-Autun Porte d'Arroux et Porte St André-Pyramidee funéraire
Sarcophege de St Bénigne à Dijon-Abbaye de Fontenay-Abbaye de Vezelay-Autun Porte d'Arroux et Porte St André-Pyramidee funéraire
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Philippe II le Hardy-Jean Sans Peur- Philippe le Bon-Charles le Téméraire-Grand armorial de la Toison d'Or-Dijon: eau de Jean sans Peur et Margueritede Flandre
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Philippe II le Hardy-Jean Sans Peur- Philippe le Bon-Charles le Téméraire-Grand armorial de la Toison d'Or-Dijon: eau de Jean sans Peur et Margueritede Flandre

La Bourgogne monarchique

L'occupation et le démembrement
Beaune, hôtel-Dieu
Beaune, L'hôtel-Dieu fondé parNicolas Rolin en 1443.

La mort de son père fait de Marie de Bourgogne « la plus grande héritière de la chrétienté. Louis XI agit avec duplicité et rapidité pour s'emparer de la Bourgogne. Il se donne comme protecteur de la duchesse, mais la dépouille en même temps. Dans les semaines qui suivent la mort du Téméraire, l’armée royale conduite par Jean IV de ChalonGeorges de la Trémoille et Charles d’Amboise occupe les deux Bourgognes. Malgré les protestations de Marie, les États de Bourgogne reconnaissent Louis XI comme souverain le29 janvier 1477. L’armée royale fait son entrée dans Dijon le 1er février 1477 et Louis XI promet solennellement de respecter « à toujours » franchises, privilèges et institutions. La Comté, pourtant terre d'’Empire, se soumet le 18 février 1477. Mais bientôt les Comtois se soulèvent et le duché, où la « foy de Bourgogne » couve sous l’apparente soumission, est rapidement gagné par la révolte. À Dijon la « Mutemaque » éclate le 17 juin 1477. En terre belge, Marie de Bourgogne rejette l'union que Louis XI lui propose avec le dauphin Charles et épouse le 18 août 1477 Maximilien d'Autriche, le futur empereur Maximilien Ier de Habsbourg, grand-père du futurCharles Quint, qui ne cesse de revendiquer la Bourgogne sans pouvoir concrétiser la reconstitution du rêve de son ancêtre Charles le Téméraire.

Pourtant dans le duché, l’ordre royal est rapidement rétabli et en 1478, les rébellions des villes de BeauneSemur-en-Auxois et Châtillon-sur-Seine sont étouffées. Après ces heures critiques, les armées royales reprennent l’offensive. Dole tombe le 25 avril 1479 après un terrible sac et la place forte d'Auxonne rentre dans l’obéissance au roi. Cependant, aussitôt arrivé le 31 juillet 1479, Louis XI confirme les privilèges de la ville de Dijon, par ses lettres patentes, dans la cathédrale Saint-Bénigne de Dijon. Par le traité d’Arras (1482) qui consacre la victoire du roi de France, Maximilien de Habsbourg consent à l’annexion royale et engage la main de sa fille Marguerite avec le dauphin Charles, le futur Charles VIII. Marguerite apporte en dot la Comté, le Mâconnais, l’AuxerroisBar-sur-Seine, le Charolais et l’Artois. Le duché se trouve alors incorporé définitivement au domaine royal ; l’ancien apanage est converti en province du royaume, tandis que le mariage de la duchesse avec Maximilien oriente les autres territoires bourguignons vers l’Empire où ils forment, à partir de la réforme impériale de 1512, le cercle de Bourgogne. Au début du siècle suivant, sous le règne d'Henri IV, le Traité de Lyon (1601) donne à la France et à la Bourgogne la Bresse, le Bugey, le Valromey et le pays de Gex. Quant au cercle de Bourgogne, amputé dès 1581 par la sécession des Provinces-Unies, il l'est à nouveau en 1678 de la Franche-Comté et se délite progressivement en Flandre, jusqu'à ce que l'expansion de la France révolutionnaire lui porte le coup de grâce.

La « querelle de Bourgogne »

Le mariage par procuration de Maximilien avec la duchesse Anne de Bretagne contraint Charles VIII à réagir. Il rompt avec Marguerite pour épouser l’héritière de Bretagne mais il doit renoncer à la dot promise. Par le traité de Senlis il rend la Bourgogne comtale aux héritiers de Marie de Bourgogne ainsi que l’Artois, le Charolais et d’autres acquisitions réalisées par les ducs. Le duché de Bourgogne devient une région frontière. Le descendant de Marie de Bourgogne, Charles V de Habsbourg, prète serment à Bruxelles et devient le comte régnant de Brabant, de Flandre, du Hainaut, de la Hollande, de la Zélande et d'autres terres au nord des Pays Bas; à l'héritage bourguignon s'ajoute lhéritage espagnol : les Espagnes et les colonies castillanes; il continue néanmoins à revendiquer l'héritage de la Bourgogne française. Élu empereur germanique à la diète de Francfort, ce qui fait de lui le plus puissant souverain du monde occidental, il entre en conflit avec la France. Déjà, en 1513, Maximilien avait menacé Dijon, obligeant Louis II de La Trémoilleà négocier. En 1522, un pacte de neutralité, accord d’intérêt entre duché de Bourgogne et Comté est signé le 8 juillet 1522 à Saint-Jean-de-Losne. Mais l’épineuse « querelle de Bourgogne » subsiste. Le traité de Madrid (1526), conséquence de la défaite française à Pavie livre la Bourgogne à Charles Quint. Les États de Bourgogne, réunis le 3 juin 1526, et les États particuliers refusent de ratifier le traité et affirment leur volonté de « demeurer perpétuellement soubz la très noble et très heureuse couronne de France » Il faut attendre les traités de Crépy (1544) et du Cateau-Cambrésis (1559), pour obtenir l'ultime renoncement de Charles Quint et de ses descendants à leurs droits sur le duché. Seul le Charolais reste à la maison de Habsbourg. C'est en 1678, à la signature traité de Nimègues qui consacre le rattachement définitif de la Franche-Comté à la France, que la Bourgogne cesse définitivement d’être une province frontière.

La Réforme, Mayenne et la Ligue
La Réforme en Bourgogne

Les germes de la Réforme protestante apparaissent en Bourgogne dès 1520. La foi luthérienne fait son apparition à Auxerre vers 1525, puis à Mâcon et Dijon. Immédiatement, la répression commence. Arrivant de Genève, le calvinisme commence à être prêché vers 1550. Les adhésions à la nouvelle doctrine se font nombreuses. Gens de robe, bourgeois, boutiquiers, artisans et même le clergé se divisent. À partir de 1561, les protestants de Bourgogne commencent à s’unir et se soulèvent ; le comte de Tavanes, Gaspard de Saulx, catholique intransigeant, conduit la répression catholique ; des réformés sont expulsés, les exécutions se multiplient. L’Édit de pacification d’Amboise suscite la résistance du Parlement de Dijon qui finit par l’enregistrer en présence de Charles IX et de Catherine de Médicis le 24 mai 1564. Une période d’accalmie s’installe pour trois ans. La lutte armée reprend en 1567 à Mâcon et en Auxerrois. Puis, après l’alliance conclue entre les réformés français, allemands et les révoltés de Belgique et des Pays Bas sous l'autorité de Guillaume le Taciturne, puis de son fils, les forces protestantes étrangères entrent en Bourgogne (c'est le « passage des reîtres »), où elles exercent leurs ravages : le ducWolfgang des Deux-Ponts en 1569, en 1570 à Arnay-le-Duc l’amiral de Coligny dont les soldats pillent les grandes abbayes. L'épisode de la Saint-Barthélemy épargne la Bourgogne grâce à Léonor Chabot dit « Chabot-Charny » et à Pierre Jeannin qui décident de surseoir à l’ordre exigeant le massacre, imités par Philibert de La Guiche, gouverneur du Mâconnais. Le protestantisme n'a pas réussi son implantation en Bourgogne. De religieuses, les guerres deviennent politiques

Le duc de Mayenne et la Ligue en Bourgogne

La Ligue ne rencontre’abord que peu de succès en Bourgogne. En 1585, gouverneur de Bourgogne, le duc de Mayenne tente de renforcer son emprise sur la province et occupe les citadelles de Beaune, d’Auxonne et de Dijon Il achève de « se rendre le maître » après son succès contre les reîtres en Châtillonais et devient, en 1588, le chef de l’opposition catholique au pouvoir royal. La Bourgogne rentre dans la Ligue et devient le « fief » propre de Mayenne. Mais la province se divise, les gentilshommes aussi. Au sein même de la famille Saulx-Tavannes, les frères Tavannes s'opposent. Jean de Saulx-Tavannes soutient Mayenne et les ligueurs tandis que son frèreGuillaume soutient la cause du parti royaliste. La guerre civile s’installe entre royalistes partisans d’Henri III, puis d’Henri IV et ligueurs partisans de Mayenne. Ces derniers contrôlent Beaune, Dijon, Auxonne et Châtillon et mettent en place des gouvernements insurrectionnels. Les royalistes mettent sur pied un contre-gouvernement à Flavigny puis à Semur-en-Auxois. Les coups de main sur les villes, les châteaux, les abbayes (Cîteaux est attaquée en 1589), menés par l’un ou l’autre des compétiteurs se révèlent tragiques pour les populations. En 1594 la révolte s’aggrave. En 1593 la conversion au catholicisme d’Henri de Navarre, ruine l’opposition ligueuse. La lassitude des villes pousse à la négociation et Mayenne commet l’imprudence de demander son appui direct à Philippe II d'Espagne. La Bourgogne abandonne donc Mayenne. Beaune, Autun et Nuits-Saint-Georges ouvrent leurs portes au maréchal Biron. Dijon tombe le 28 mai 1595 et Henri IV y fait son entrée le 4 juin 1595 dans l’allégresse populaire. Le lendemain, la victorieuse charge du roi Henri IV à Fontaine-Française, contre les troupes espagnoles appelées par Mayenne au secours du château de Dijon abat la Ligue en Bourgogne.

Les troubles sous Louis XIII
Louis de France (portrait)
Louis de France, fils du Grand Dauphin, duc de Bourgogne.
La révolte du Lanturelu à Dijon

En 1629, l’absolutisme de Richelieu et de Louis XIII se heurte à la volonté de la Bourgogne de défendre la liberté fondamentale, celle de discuter l’impôt. Aussi, lorsque l’édit de juin 1629 supprime les États de Bourgogne et divise la région en dix élections, celle-ci se redresse et refuse l’enregistrement. Élargissant son offensive, Richelieu impose les « aides », ces impôts perçus sur les boissons. Aussitôt la colère du peuple se manifeste par l’émeute dite du « Lanturelu » qui secoue Dijon en février et mars 1630. La répression est terrible, les remparts détruits. Le roi accorde solennellement son pardon le 28 avril mais proclame la fin des libertés municipales.

Gaston d'Orléans en Bourgogne

L’année suivante, Dijon se trouve au centre du complot de Gaston d’Orléans. Celui-ci bénéficie en Bourgogne de l’appui du gouverneur, leduc de Bellegarde. Dijon lui ayant fermé ses portes, il se réfugie à Bellegarde, nom que porte alors Seurre, puis gagne la Comté. Les Bourguignons, restés dans l’obéissance, retrouvent la faveur du roi et le Parlement de Bourgogne condamne à mort le gouverneur déchu. Remplacé par le prince Henri II de Bourbon-Condé, le duc rentre toutefois en possession de ses terres et de sa dignité quelques mois plus tard, ayant fait son « accomodement » avec le cardinal de Richelieu.

L'invasion de la Bourgogne par Matthias Gallas

Après ces troubles, prélude à ceux de la Fronde, la province devient le théâtre de l’invasion de Matthias Gallas. En 1636, Louis XIIIengagé contre l’Espagne envahit la Franche-Comté et met le siège devant Dole qui résiste aux assauts de Condé. L'envahissement de la France par la Picardie et la Champagne provoque l'abandon du siège de Dole. Les renforts impériaux commandés par Gallas rentrent en Bourgogne. Suit alors le lot d’atrocités : pillages, incendies, supplices, mises à sac, tueries pour les villages du Dijonnais et l’étonnante fermeté de petites places qui opposent des résistances désespérées. Mirebeau résiste ainsi vaillamment avant de succomber et Saint-Jean-de-Losne s’honore par l’épisode de la « Belle Défense ». Pendant dix ans encore, les régions frontalières de Bourgogne et Franche-Comté souffrent des exactions des gens de guerre.

La révolte des Principions

Louis II de Bourbon-Condé, mieux connu sous le nom de Grand Condé, qui succède à Roger de Bellegarde à la fonction de gouverneur en 1646, apporte avec lui les troubles de la Fronde. Le gouverneur jouit d'un grand prestige et se constitue facilement une clientèle, un parti. Dans sa lutte contre Mazarin, les robins s'abstiennent de prendre nettement position. Mais le 18 janvier 1650 son arrestation et son remplacement par César, duc de Vendôme, provoque la réaction de ses fidèles, appelés « Principions », qui soulèvent la province contre les « Mazarins », fidèles au gouvernement et au nouveau gouverneur. Les partisans de Condé s'emparent de villes bientôt reprises par leurs adversaires, sauf Bellegarde qui finit cependant par capituler le 11 avril 1650 devant le jeune Louis XIV en personne. La libération de Condé ranime l'agitation. Il échange son gouvernement contre celui de Guyenne tout en conservant les places fortes de Dijon, Chalon et Bellegarde et entretient une agitation latente. Le nouveau gouverneur Bernard d'Épernon fait échouer le soulèvement préparé par Condé et reprend le château de Dijon mais Bellegarde, ultime bastion des frondeurs, doit être à nouveau assiégée. Elle capitule une nouvelle fois en juin 1653. La place forte, redevenue Seurre, est démantelée dans l'année. La Bourgogne, ses villages mis en cendre, exsangue, retrouve enfin la paix. Condé fait sa soumission à Louis XIV en 1659, lors de la signature du traité des Pyrénées. Par celui-ci le roi revendique le titre de « duc de Bourgogne » porté par les Habsbourg d'Espagne. Ce titre ducal, honorifique, est donné à Louis de France, fils du Grand Dauphin. Le roi rétablit Condé dans « tous ses honneurs et dignités » et lui redonne le gouvernement de la Bourgogne, que ses descendants assurent jusqu’à la Révolution.

Les institutions et l'économie
Aloxe-Corton, vignoble
Vignoble en Côte-d'Or et château Corton-André, à Aloxe-Corton

Avec son statut de pays d'États qui la dote d'une particularité fiscale, la province a hérité de cinq bailliages (Dijon, Autun et Montcenis, Chalon, Auxois et la Montagne), qui se divisent en bailliages secondaires au xvie siècle. Elle conserve jusqu’à la Révolution ses cours souveraines. Le Parlement s'est assuré le premier rang des cours souveraines. Fixé à Dijon en 1480, il manifeste son indépendance vis-à-vis du pouvoir tout au long de son existence. Ainsi, pour avoir discuté les ordonnances, le président Brûlard est puni d’exil en 1658 parLouis XIV. Les États de Bourgogne réunis à Dijon tous les trois ans votent et répartissent les impôts et donnent à la province une marge d’autonomie. Ils jouent un rôle éminent au xviiie siècle dans le développement du réseau routier et des canaux. La Chambre des comptes puis, au xvie siècle, une Généralité de Bourgogne est créée.

Le personnage principal de la province est le gouverneur qui en est aussi le chef militaire, chargé de faire connaître la volonté du roi. De 1646 jusqu’à la Révolution, les princes de Condé recoivent ce gouvernement. Ils y exercent une influence considérable. La direction de la province se joue entre le gouverneur, les cours souveraines et l’intendant qui représente l’administration royale. L'intendant exerce son autorité au sein de la généralité qui comprend le « duché », les « comtés adjacents », (Auxonne, ou Outre-Saône, l'Auxerrois, le Mâconnais et le Charolais) et les « pays adjacents » (la Bresse, le Bugey et le pays de Gex). Quatorze intendants se succèdent ainsi de 1654 jusqu'à la Révolution. Le plus brillant d'entre eux, Claude Bouchu, titulaire de la fonction de 1654 à 1683, se fait l’applicateur zélé de l’absolutisme royal.

Le renouveau économique amorcé dès la fin du xve siècle s’interrompt avec la grande crise de 1629. La peste, déjà apparue de 1596 à 1597, fait son retour pendant la période allant de 1628 à 1637. Conjugué aux conditions climatiques rudes comme lors du grand hiver de 1709 et aux effets dévastateurs de la guerre de Dix Ans et de la Fronde, le fléau de la peste ruine et dépeuple les villages de la plaine dijonnaise. Le poids excessif de la fiscalité accable par ailleurs les villes et la liquidation de leur passif par l’intendant (deuxième moitié du xviie siècle) fait tomber les derniers vestiges du pouvoir municipal. Le colbertisme imprime sa marque sur la vie économique. S’implantent, à Auxerre, à Cravant (Yonne), à Seignelay (Yonne) dont Colbert est le marquis, à Noyers ou encore à Autun, des manufactures de toiles de lin, serge, dentelle et tricot. L’économie se revigore en effet à partir de 1720. Les productions agricoles se diversifient (maïs, pommes de terre), l’élevage s’étend en Charolais, en Brionnais et en Auxois, alors que le Morvan expédie ses bois par flottage sur Paris et que les grands crus s’exportent. La faïencerie implantée à Nevers par les Gonzague se développe à Dijon et Auxerre. L’industrie métallique s’implante en Châtillonnais et dans le sud-est du Charolais. L’exploitation du charbon commence à Épinac en 1744 et celui de Montcenis alimente, à partir de 1785, la fonderie royale du Creusot.

Buffon à Montbard (1797-1788)-Louis XI, roi de France-Louis XIII, Duc de Bourgogne-Les Forges de Buffon à Montbard
Buffon à Montbard (1797-1788)-Louis XI, roi de France-Louis XIII, Duc de Bourgogne-Les Forges de Buffon à Montbard
Buffon à Montbard (1797-1788)-Louis XI, roi de France-Louis XIII, Duc de Bourgogne-Les Forges de Buffon à Montbard
Buffon à Montbard (1797-1788)-Louis XI, roi de France-Louis XIII, Duc de Bourgogne-Les Forges de Buffon à Montbard

Buffon à Montbard (1797-1788)-Louis XI, roi de France-Louis XIII, Duc de Bourgogne-Les Forges de Buffon à Montbard

 

 

La vie religieuse et intellectuelle
Le Marteau Pilon du Creusot
Le Marteau Pilon du Creusot
Le Marteau Pilon du Creusot
Le Marteau Pilon du Creusot

Le Marteau Pilon du Creusot

GEOGRAPHIE

La Bourgogne historique, ancien royaume européen, fut partagée par les grandes puissances en deux Bourgognes :

Le Comté de Bourgogne ou Franche-Comté de Bourgogne (qui signifie "Comté libre de Bourgogne"), constitue la majeure partie de la Franche-Comté actuelle. Le Duché de Bourgogne correspond lui à peu près à l'actuelle région Bourgogne moins la Nièvre.

La région Bourgogne se situe dans le centre-est de la France. Elle est limitrophe de la Franche-Comté à l'est, de Rhône-Alpes au sud-est, de l'Auvergne au sud-ouest, du Centre à l'ouest, de la Champagne-Ardenne au nord et de l'Île-de-France au nord-ouest.

Au nord

La basse Bourgogne est une région de plaines sédimentaires : elle englobe le Sénonais agricole et le pays d'Othe forestier, qui domine les vallées de l'Yonne et de l'Armançon. On y trouve également la ville d'Auxerre.

  Auxerre.
À l'est

Les pays de la Saône correspondent à des plaines d'effondrement couvertes de grasses prairies et de champs (blé, maïs, oléoprotéagineux, maraîchage).

Au centre

Les plateaux bourguignons, calcaires, s'inclinent doucement vers le nord-ouest, mais s'abaissent brusquement vers le sud-est. Ils comprennent l'Auxerrois, plate-forme rocailleuse où s'est établie la vigne (Chablis), le Tonnerrois, d'altitude plus basse, le Châtillonais, région d'importants massifs forestiers, le carrefour dijonnais et la Côte-d'Or, dernier escarpement abrupt de la "Montagne", qui porte l'un des vignobles les plus fameux de France.

Le Morvan, massif ancien forestier, classé parc naturel régional, est entouré de plaines argileuses où l'on pratique l'élevage, incisé par la dépression houillère de la Dheune-Bourbince.

Au sud

Le Mâconnais, pays de polyculture, d'élevage et de vignoble, s'appuie sur les premiers contreforts du Massif central. Le Mâconnais constitue la partie la plus méridionale de la Bourgogne et offre une géographie particulière avec la plaine de Saône et un paysage plus vallonné culminant à 771 mètres (commune de Montmelard), 758 mètres (commune de Tramayes) et 746 mètres (commune de Pierreclos).

Le Mont Beuvray(Morvan)-Tonnerre: La fosse DionneTonnerre vue d'ensemble, puis l'ancien Hopital de Fontenille-Chatillon St Vorles
Le Mont Beuvray(Morvan)-Tonnerre: La fosse DionneTonnerre vue d'ensemble, puis l'ancien Hopital de Fontenille-Chatillon St Vorles
Le Mont Beuvray(Morvan)-Tonnerre: La fosse DionneTonnerre vue d'ensemble, puis l'ancien Hopital de Fontenille-Chatillon St Vorles
Le Mont Beuvray(Morvan)-Tonnerre: La fosse DionneTonnerre vue d'ensemble, puis l'ancien Hopital de Fontenille-Chatillon St Vorles
Le Mont Beuvray(Morvan)-Tonnerre: La fosse DionneTonnerre vue d'ensemble, puis l'ancien Hopital de Fontenille-Chatillon St Vorles
Le Mont Beuvray(Morvan)-Tonnerre: La fosse DionneTonnerre vue d'ensemble, puis l'ancien Hopital de Fontenille-Chatillon St Vorles

Le Mont Beuvray(Morvan)-Tonnerre: La fosse DionneTonnerre vue d'ensemble, puis l'ancien Hopital de Fontenille-Chatillon St Vorles

Économie

Article détaillé : Économie de la Bourgogne.

L'agriculture bourguignonne est dynamique, puissante et très spécialisée : céréales (blé et orge dans l'Yonne et la Côte-d'Or), oléagineux, élevage bovin (Charolais, Morvan, Nivernais), viticulture (Côtes de Beaune, Nuits, Hautes-Côtes, Côte Chalonnaise, Mâconnais, Beaujolais, Chablisien). L'agriculture emploie 5 % d'actifs. La surface agricole utilisée(SAU) représente près de 60 % de la superficie de la Bourgogne. Deuxième région productrice de bovins, derrière l'Auvergne, le territoire est surtout spécialisé dans les céréales, les oléagineux et bien sûr le vin, qui occupe près de 31 000 hectares, essentiellement plantés de pinot noir et de chardonnay.

Article détaillé : Vignoble de Bourgogne.

L'industrie, qui s'est développée dès le xixe siècle (charbon de Montceau-les-Mines, sidérurgie du Creusot, mines de La Machine), a connu un nouvel essor après 1945, particulièrement dans la vallée de la Saône (Mâcon, Chalon-sur-Saône), à Dijon et dans l'Yonne, mais n'a pas été épargnée par la crise. Parmi les entreprises internationales implantées en Bourgogne peuvent être citées Amora Maille (groupe Unilever), dont les usines d'Appoigny (Yonne) et de Dijon (Côte-d'Or) ont fermé fin août 2009, les laboratoires pharmaceutiques URGO à Dijon, l'usine Fulmen, plus gros employeur d'Auxerre (usine fermée), les Laboratoires Vendôme (Le petit Marseillais…) à Quetigny (Agglomération du Grand Dijon) et l'usine historique du groupe SEB à Selongey.

En revanche, le nord de la région, pauvre en grandes entreprises, a profité de l'installation d'industries moins lourdes, plus diversifiées : parachimie, industrie pharmaceutique, électronique, plasturgie, papeterie, industries mécaniques et automobiles, agroalimentaire.

Enfin, le tourisme avec la gastronomie, l'histoire, la culture et le tourisme vert avec les nombreuses bases de loisirs aventure implantées dans les villages de la vallée de l'Armançon et du parc naturel régional du Morvan fournissent à la région ses plus grosses ressources complémentaires.

Le commerce et les services tiennent une place importante en Bourgogne (Avallon est le siège du groupe de distribution Schiever). À titre d'exemple, Dijon est classée ville où les entreprises sont les plus compétitives de France.

Depuis 2005, la Bourgogne affiche la présence de deux pôles de compétitivité : le Pôle Nucléaire Bourgogne et Vitagora Goût-Nutrition-Santé (agroalimentaire).

La Bourgogne a créé la Super Cocotte Seb, les avions Jodel et les collants Dim dans les années 1950. Désormais, elle fabrique le coeur des centrales nucléaires, les bogies duTGV, les pansements Urgo et les cosmétiques des Laboratoires Vendôme.

Vignoble de Bourgogne
 
 
Bourgogne
Vignobles bourgogne-fr.svg
Les vignobles de Bourgogne (il y manque leChablisien).
Désignation(s) Bourgogne
Appellation(s) principale(s) bourgogne et 83 autres appellations
Type d'appellation(s) AOC régionalescommunales,premiers crus et grands crus
Reconnue depuis décret-loi du 30 juillet 1935
Pays Drapeau de la France France
Région parente Bourgogne
Sous-région(s) Basse-Bourgognecôte de Nuits,côte de Beaunecôte chalonnaise et Mâconnais
Localisation YonneCôte-d'Or et Saône-et-Loire
Saison l'hiver est assez froid. Le printemps et l'automne sont doux et légèrement pluvieux. L'été est assez chaud.
Climat tempéré océanique à tendancecontinentale
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
1 900 à 2 100 heures/an1
Sol argilo-calcaire
Superficie plantée 29 500 hectares en 2008, dont25 000 ha classés en AOC
Nombre de domaines viticoles 3 800 domaines, dont1 300 metteurs en bouteille, 250maisons de négoces et 23 caves coopératives
Cépages dominants pinot noir N, gamay N,
chardonnay B, aligoté B...
Vins produits 60,5 % de vins blancs, 31,5 % devins rouges et vins rosés et 8 % de crémant
Production 1 500 000 hectolitres en 2011
Rendement moyen à l'hectare Il varie selon les appellations. Lesrendements vont de 35 hl/ha (romanée-conti) à 90 hl/ha (crémant de Bourgogne)

Le vignoble de Bourgogne est un vignoble français situé en Bourgogne sur les départements de l'Yonne, de la Côte-d'Oret de la Saône-et-Loire. Il s’étend sur 250 km de longueur du nord de Chablis au sud du Mâconnais.

Le vignoble bourguignon comprend 84 appellations d'origine contrôlées (AOC) : appellations « régionales » et « sous-régionales », 41 appellations communales ou « villages » (avec 562 dénominations « premiers crus » sur ces appellations « village ») et 34 appellations « grands crus ».

La superficie de vignes représente 29 500 hectares, dont 25 000 hectares en AOC. La production de cette région viticole s'élève à 1 500 000 hectolitres de vin, pour environ 200 000 000 bouteilles commercialisées.

La région Bourgogne produit des vins rouges, à base des cépages pinot noir et gamay, et des vins blancs, à bases de cépages chardonnay et aligoté. Il est produit plus de vins blancs que de vins rouges, soit 60,5 % de vins blancs, 31,5 % de vins rouges et rosés et 8 % de crémant.

Fruits d'une longue histoire, la Bourgogne et ses vins sont réputés dans le monde entier. Avec un vignoble fortement morcelé et une qualité de vins assez hétérogène en fonction des appellations, des « climats » selon le terme local, mais aussi des domaines, des maisons de négoce et des caves coopératives, la Bourgogne n'en est pas moins confrontée au défi de lamondialisation.

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27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 11:28
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27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 07:23

En 1980, Serge July, rédacteur en chef de Libération offre à Marguerite Duras d'y tenir une chronique quotidienne et elle le fait pendant 3 mois, puis retombe en dépression et est transportée à l'Hôpital de Saint Germain en Laye  où elle reste 5 semaines. Ensuite abstinence et à nouveau dépression  mais cette fois elle la vit avec un certain Yann Lemée, un homosexuel de 27 ans qui lui a écrit plusieurs lettres et qu'elle invite à Trouville. Elle changera son nom en Yann Andrea et il lui restera dévoué jusqu'à la fin.

En 1981, elle voyage au Canada pour une série de conférences de presse à Montreal, publie des articles avec Yann Andrea. Elle réalise "Agatha ou les lectures illimitées" et "L'Homme atlantique"

Elle entre en cure de désintoxication à l'Hôpital américain de Neuilly en octobre 1982. La voici avec Yann AndreaYann Andrea publie M.D. Il témoigne dans son livre de leur relation décadente. Du matin au soir, ils boivent. C'est lui qui lui écrit ses textes car Duras tremble trop pour celà. Elle ne change plus de vêtements et marche difficilement , obligée de se tenir au mur pour ne pas chuter. Elle vomit les verres de vin du matin et reboit. Elle avoue être en dépression mais ne s'estime pas pour autant malade:" Vous dites ce n'est pas la peine de m'examiner, je ne suis pas malade, je suis simplement alcoolique, je le sais complètement...Vous dites: je ne supporte plus les médecins, personne ne peut rien faire pour moi. Je dois seule décider"
Elle publie" l'Homme atlantique" et "La Maladie de  la mort"

Elle accepte cependant de suivre une nouvelle cure de désintoxication le 18 octobre 1982 à l'hopital américain. Le traitement est le suivant: deux comprimés de Témesta et une piqûre de Tranxène pour dormir; Aldactone et Atrium, 3 fois par jour. La cure se passe bien, la cirrhose a été prise à temps. Mais à psteriori elle a très mal vécu sa cure: "Je vais faire un article, je dirai comment c'est effrayant une cure anti-alcoolique. Je regrette de l'avoir faite"

de Rome

Elle décroche le prix Goncourt pour "L'Amant" en 1984. Les perdants sont Bertrand Poirot-Delpech pour "L'été 36" et Bernard-Henri-Lévy pour " Le Diable en tête". L'amant est déjà sur toutes les listes des meilleures ventes depuis plusieurs semaines et atteindra les 450.000 exemplaires à la fin novembre, ce qui donnera lieu à une grande réception au Théatre de l'Odeon. "C'est un livre tellement dans la littérature qu'il en paraît sans littérature aucune
L'Amant obtient aussi le" Prix Ritz-Paris-Hemingway "meilleur roman de l'année, publié en Anglais. Après avoir obtenu le Goncourt elle fait une rechute violente, durant maquelle elle boit 6 à 8 litres de vib par jour

En 1985, elle publie "La Douleur" et prend position dans l'affaire Villemin
En 1986, Entretiens avec François Mitterrand.
En 1987, elle publie "Emily L" et "La vie matérielle" dans laquelle elle donne une explication d'ordre métaphysique à son alccolisme profond. " Dieu est mort, l'alcool est là comme substitut "
A la fin de 1988, elle doit être hospitalisée et reste dans le coma pendant plusieurs mois. Mais une fois de plus elle s'en remet

En 1989 Jean-Jacques Annaud part en repérage au Vietnam et en octobre il arrive à Neauphles avec des tas de photos des lieux de l'enfance de Marguerite. Elle téléphone à Claude Berri "Il est sympathique ce garçon. Et puis il parle très bien du film. Il en parle même comme si c'était son film". Leur lune de miel durera quelques semaines. Car Annaud écrit son scenario et rejette celui de Duras; il préfère s'inspirer directement du roman. Avant de rompre avec Annaud, elle lui dira "L'amant c'est de la merde. C'est un roman de gare. Je l'ai écrit quand j'étais saoûle"

En 1990 elle publie "La Pluie d'été".
Robert Antelme son premier mari meurt
Duras apprend que son amant chinois est mort depuis longtemps


En 1991, elle publie "L'Amant de la chine du Nord"
En 1992 "Yann Andréa Steiner"
En 1993 "Ecrire"

Ici avec Yann Andrea à TrouvilleAvec son fils Jean MascoloEn 1994 apparaissent ls premiers symptômes du déclin et on parle même d'Alzheimer. Les visiteurs sont refusés exceptés les fidèles comme son fils Jean, Yann Andrea, Dionys Mascolo et les deux soignantes

"C'est Tout" est publié en 1995. Il provoque de vives polémiques. Journal intime du dernier souffle. Dans ce dialogue Duras ne parle que de la mort. Après la mort il ne reste rien "...que les vivants qui se sourient, qui se soutiennent"
"Pourquoi le corps résiste-t-il alors que les mots ne peuvent plus se former?" La mère l'a fait rester en vie "J'aime toujours ma mère. Y a rien à faire, je l'aime toujours"  Elle résite à Yann qui lui, croit en Dieu. Le paradis ça la fait rigoler. Elle s'apprête à partir, yeux ouverts vers nulle part
A Yann la dernière phrase:
"Je vous aime
Au-revoir"

Marguerite meurt le 3 mars 1996, à son domicile parisien, au 5 de la rue Saint-Benoît, à l'âge de 82 ans. Elle sera enterrée au Cimetière de Montparnasse


Adieu Marguerite !

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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 17:43

Malgré son mépris pour les cerces littéraires officiels et les rapports ambigus qu'il entretient avec l'écriture, Dubuffet produit de nombreux textes critiques, mémoires sur ses travaux et essais polémiques, dans un style raffiné, sophostiqué: Notes pour les fins lettrés (1946), Prospectus aux amateurs en tous genres (1946), Positions anti-culturelles (1951)...En 1968, il publie "Asphyxiante Culture", un pamphlet dont la veine anarchiste du début du XXe siècle. Ses écrits réunis sous le titre Prospectus et tous écrits suivants (Gallimard 1967-1995) occupent quatre volumesDubuffet2.jpgEcritts de Jean Dubuffet-Céline-Gombrowicz
Il faut mentionner aussi son abondante correspondance, notamment avec Céline auquel il vouait un véritable culte mais aussi avec Gombrowicz, Paulhan, Breton, Queneau ;
Ainsi que celle avec Pierre Carbonel, qui a fait l'objet d'un livre publié en 1992 et intitulé "Lettres à un animateur de combats de densités liquides (Editions Hesse) (Pierre Carbonel, né en 1925, était un autodidacte méconnu, ayant découvert Dubuffet par la lecture du catalogue de son exposition au Pavillon de Marsan en 1960. Par une technique tout à fait personnelle-un mélange d'encres et d'autres liquides de densités différentes manoeuvrés sur de grands bristols, Carbonel fera naître, jusqu'en 1981, un monde étrange et primitif de masques, de totems et de personnages hiératiques et pierreux, oeuvres qui forcaient l'admiration de Jean DubuffetCorrespondance Dubuffet et Pierre Carbonel-Pierre Carbonel dont voici quelques extraits:

 "Je suis tout à fait convaincu que n'importe qui, sans aucune connaissance ni habiletés spéciales, sans surtout qu'il ait du tout à regarder à je ne sais quelles prétendues dispositions natives, peut s'adonner à l'art avec toutes chances de réussite. Il faudra seulement qu'il découvre les moyens de s'exprimer qui lui conviennent, qui lui permettent d'extérioriser ses humeurs sans en rien fausser ni rien perdre; c'est celà qui est difficile ! C'est celà qui nécessite, la plupart du temps, un long et patient travail d'expériences et de recherches "
(Pierre Carbonel est un créateur autodidacte méconnu. Par une technique tout à fait personnelle-un mélange d'encres et d'autres liquides de  de densités différentes, il fera naître, jusqu'en 1981-un monde étrange et primitif de masques-de totems et de personnages hiératiques et pierreux, oeuvres qui forçaient l'admiration de Jean Dubuffet)


"C'est que l'art est un language auquel il appartient de mettre en oeuvre, nos voix intérieures qui ne s'exercent pas d'habitude ou qui ne s'exercent que d'une façon sourde et étouffée. Il appartient à l'art en premier chef, de substituer de nouveaux yeux à nos yeux habituels, de rompre tout ce qui est habituel, de crever toutes les croûtes de l'habituel, d'éclater justement la coquille de l'homme social et policé et de débouchez les passages par où peuvent s'exprimer ses voix intérieures d'homme sauvage"

"Et si l'art n'aimait pas à coucher, comme parle Dubuffet, dans les lits qu'on lui faits, ni non plus habiter les demeures qu'on lui bâtit ou s'établir dans les enclos qu'on lui assigne? Le lieu que désignent et vers lequel convergent tous les écriteaux, flèches et panneaux que la culture dispose pour enfermer le créateur et le consommateur lui-même dans ses circuits, comment l'art pourrait-il accepter de s'y tenir, habitué qu'il est, à courir la prétentaine, battre en sauvage les buissons et dissimuler ses sentiers, à rompre tout itinéraire, sitôt celui-ci tracé et repéré" (Hubert Damish)
De Dubuffet à propos de Céline: " Il est à remarquer que l'hostilité dont fut l'objet Céline, se déclara bien avant qu'il ait manifesté ses vues sur aucun territoire politique
L'itelligentsia sentit là qu'on se mettait à détruquer, comme on démine. Tout le statut de l'Intelligentsia repose sur un système de vaste imposture, à postes et relais, si complexe et étendue que si l'un ou l'autre de ces postes, par accident, saute, il ne met pas l'ensemble en péril; mais quand apparaît le déterminé déboulonneur, celui qui s'attaque à la centrale, le grand saboteur, les tocsins sonnent et les sociétaires de tous grades, s'élancent aux remparts avec l'huile bouillante"

Une autre phrase qui ressemble étrangement à du Thomas Bernhard : "Les professeurs sont des écoliers prolongés qui, terminé leur temps de collège, sont sortis de l'école par une porte pour y rentrer  par l'autre, comme les militaires qui rengagent"Meubles et Objets  1952

A Pierre Carbonel : "Dans beaucoup de cas les oeuvres qui bénéficient d'une grande réussite sociale sont de très faible valeur créative tandis que les oeuvres d'une forte valeur créative ne bénéficient d'aucune réussite sociale "
"Vos dessins ne me semblent pas de ceux qui puissent toucher les débonnaires villageois tourangeaux. Mais une exposition a-t-elle jamais apporté à quiconque rien de bon?"

"Je ne saurais trop vous conseiller de vous en tenir strictement à la notion de création d'art faite pour votre seule délectation, sans que s'y mèle aucune visée à en tirer gloire et profit"

"Il faut faire l'art pour soi-même, comme d'autres font  la pêche, ou la marche à pied, et surtout pas pour en faire exhibition "

"Les promotions sociales sont satisfactions tout à fait obscures, les philosophes chinois ont très bien dit celà. La moindre arrière-pensée de promotion sociale empêche la mayonnaise de prendre, je parle de la mayonnaise de création d'art"
Et en 1981 "On dit que la sagesse vient avec l'âge. J'en ris. La notion de sagesse est fausse aussi. Le mieux est de se laisser porter comme bouchon sur l'eau. Le bouchon est sage"

Et lisez ce poème composé en 1959 et accompagnant  cette peinture "La Barbe des Combais" à une époque où Dubuffet est obsédé par les barbes"As-tu vieilli
La fleur de barbe
Sur la mi-côte
C'est le printemps et voici
Que la barbe reverdit
S'en tisse le fil du lundi
A la fin de la semaine
S'embarbe tout le pays "

Et puis il y a le numéro spécial de l'Arc, datant de 1990

qui contient quelques fleurons:

"Il en est de la culture comme de bien d'autres choses dont la vertu s'envole aussitôt leur nom prononcé. Au premier stade il y a l'art gaillard, gratuit et plein de sève. Au second, il y a l'invention du mot culture, qui met à l'art bon plomb dans l'aile. Au troisième il y a la culture de choc, la caporalisation de la culture, et plus d'art du tout "

"La production d'art est un champ donné à l'esprit de caprice. Rien n'et plus dommageable à l'esprit de caprice que son assujettisement à une raison d'Etat, son administration par la collectivité, qui implique son contrôle et son orientation"


Jean Dubuffet dans son atelier à Vence en 1959Dubuffet à Vence-1959Avec Dubuffet les relations sont contradictoires. Il y a d'une part, le volume de ses écrits-quatre tomes auxquels il faudrait encore ajouter la somme énorme des lettres échangées-et la qualité du style. Gombrowicz-un autre de ses correspondants-l'a défini: "une façon de dire  à la fois nonchalante, aisée et quand même violente et agressive qui permet de deviner toute une réalité intérieure extrêmement personnelle".
Et il y a d'autre aprt, le mépris des littérateurs et de tout ce qui serait tradition classique, la volonté de casser la grammaire et de brutaliser l'orthographe. Les portraits de 1947 sont des caricatures méchantes: expressions de stupidité, d'hystérie, de morgue ou d'ennui. Les ressemblances sont "cuites" ou "éclatées" jusqu'au grotesque. Non moins significative est l'amitié pour Céline et Gombrowicz, deux révoltés, deux sacrilèges. Dubuffet adore la littérature et veut lui faire la peau.



Portrait de Pierre Matisse "le frère de l'autre". 1947. "Pierre Matisse, portrait obscur"



Portrait de Pierre Matisse-Dubuffet-1947

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 07:43
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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 07:40
Charles de Beaumont, chevalier d'Éon
 
 
 

Charles de Beaumont

Description de l'image  D'Eon de Beaumont.jpg.
 
Naissance 5 octobre 1728
Tonnerre (France)
Décès 21 mai 1810 (à 81 ans)
Londres (Royaume-Uni)
Activité principale Auteur, diplomate et espion
Mademoiselle de Beaumont,
chevalier d'Éon
Charles-Geneviève-Louis-Auguste-André-Thimothée d'Éon de Beaumont

Charles-Geneviève-Louis-Auguste-André-Timothée d'Éon de Beaumont, dit le « chevalier d'Éon »(5 àctobre 1728 à l'hôtel d'Uzès, Tonnerre - 21 mai à Londres ) est un auteur, diplomate et espion français.

Il est resté célèbre pour son habillement qui le faisait passer pour une femme. À sa mort cependant, il fut reconnu par un concile de médecins comme de sexe masculin et parfaitement constitué.

 

Biographie

Il est le fils de Louis d'Éon de Beaumont, avocat au Parlement de Paris ayant fait FORTUNE dans le commerce du vin en étant directeur des domaines du roi, et de Françoise de Charanton, fille d'un Commissaire Général des Guerres aux armées d'Espagne et d'Italie[1]. D'Éon raconte dans son autobiographie Les Loisirs du chevalier d'Éon de Beaumont qu'il est "né coiffé », c'est-à-dire couvert de membranes fœtales, tête et sexe cachés et que le médecin de la ville a été incapable de déterminer son sexe].

Jeunesse

Il naît à Tonnerre où son père de petite noblesse est élu maire et y commence ses études, puis, en 1743, les poursuit à Paris chez son oncle, au collège Mazarin et obtient un diplôme en droit civil et en droit canon en 1749 à 21 ans. Dans la lignée de sa famille de nobless de robe, il s'inscrit comme avocat au Parlement de Paris le 22 août 1748. Il montre également des talents en équitation et en escrime. Il se met à écrire, publie en En En1753, il publie " Considérations historiques et politiques". L’ouvrage étant remarqué, le jeune homme se crée un réseau de relations, dont le prince de Contii, cousin du roi Louis XV qui le nomme censeur royal pour l'Histoire et les Belles-Lettres.

Carrière

Sollicité (selon la légende il aurait été remarqué par le roi lors d'un bal dans lequel le chevalier était costumé en femme), il est recruté dans le" Secret du Roi", cabinet noirr de Louis XV qui mène une politique en parallèle des conseils officiels (le prince de Conti, le maréchal de Noailles, Beaumarchais, M. de Tercier en font également partie). Il est aussitôt dépêché à la Cour de Russie comme secrétaire d'ambassade en juin 1756, alors que débute laguerre de Sept Ans pour obtenir de la tsarine Elisabeth une alliance avec la France. Il racontera plus tard, dans la publication romancée de ses Mémoires en 1836, y avoir été « lectrice » de la tsarine sous le nom de Lia de Beaumont. Celle-ci aurait percé à jour le déguisement et aurait tenté de consommer, mais il serait resté mou et aurait été traité de fou. En fait, le poste n'existait pas à la cour de Russie, et l'histoire n'apparaît qu'à l'époque où il est en Angleterre. À la cour russe, la tsarine donnant des bals costumés où l'on inversait les rôles (les hommes devaient être vêtus en femme et les femmes en homme), il prend sans doute plaisir à se travestir, sa faible corpulence lui permettant de mystifier tout le monde.

Il est de nouveau à Saint-Petersbourg comme secrétaire d'ambassade de 1758 à 1760. Il porte le texte du traité d'alliance au roi à Versailles où il arrive deux jours avant le courrier dépêché par la tsarine. Le roi le récompense en lui donnant un brevet de capitaine de dragons en 1760. Il participe aux dernières campagnes de la guerre de Sept Ans où il est blessé et quitte l'armée en 1762 pour redevenir agent secret.

Il est envoyé à Londres en 1762, où il collabore, en tant que « Secrétaire de l'Ambassade de France pour la conclusion de la paix générale » auprès de l’ambassadeur le duc de Nivernais, à la rédaction dutraité de paix de Paris qui sera signé le 10 février 1763. Sa grande habileté diplomatique et la subtilisation des documents préparatoires au traité, alors que la France est vaincue par l'Angleterre qui veut s'emparer de tout l'empire colonial français, lui vaut de recevoir une des plus rares distinctions du temps : l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis.

Parallèlement, il est chargé par le Secret du Roi de la composition d’un plan d’invasion sur la Grande-Bretagne, plus précisément d'un projet de descente sur l'Angleterre et le Pays de Galles dont il a reconnu les côtes avec le marquis Carlet de la Rosière. Il est nommé alors ambassadeur par intérim lorsque le duc de Nivernais malade retourne à Paris. Dans l'attente d'un nouvel ambassadeur, il mène grand train et le ministre des Affaires étrangères Etienne François, duc de Choiseul ne veut plus régler les dettes dues à ce train de vie fastueux. À l’arrivée du nouvel ambassadeur, ClaudeLouisFrançois Régnier, comte de Guerchy, il en devient le secrétaire en tant que ministre plénipotentiaire. Les deux hommes n’arrivent pas à s’entendre. Imbu de l’estime du Roi et redescendu secrétaire après avoir été ministre plénipotentiaire, d'Éon accepte difficilement les remarques de son supérieur qu'il juge incompétent. Une guerre ouverte s’installe alors à l’ambassade de France, deux camps se forment et une guerre de libelle voit le jour.

Le 4 novembre 1763, Louis XV demande l’extradition du chevalier mais la législation anglaise l’interdit. Redevenu simple particulier, il continue par provocation d’aller à l’ambassade de France et divulgue en 1764 des secrets d’État et une partie de sa correspondance personnelle, étant prêt à saborder sa carrière afin de discréditer Guerchy et de faire chanter le roi en révélant notamment l'ordre de mission du roi pour le débarquement. Le conflit est marqué par plusieurs procès devant la Cour de sa Majesté britannique. Lors d'un autre procès, un témoin surprise accuse l’ambassadeur de France d'avoir tenté d’empoisonner son ex-secrétaire lors d'un repas. Le dernier procès, en septembre 1767, donne raison au chevalier d’Éon qui poursuit alors son métier d'espion et reçoit à nouveau sa pension. Devant comparaître à l'un de ses nombreux procès mais n'ayant ni avocat, ni témoins, il préfère se dérober et se déguiser alors en femme et se réfugie chez un ami. En fait, disgracié et tombant dans l'oubli depuis qu'il a abandonné le chantage, il éprouve le besoin de provoquer en se travestissant en femme et de répandre la rumeur qu'il a toujours été une femme.

Sexe
Satire du duel d'escrime entre « Monsieur de Saint-George et Mademoiselle la chevalière d'Éon de Beaumont » à Carlton House le9 avril 1787. Gravure de Victor Marie Picot basée sur l'œuvre originale de Charles Jean Robineau

Sa prétendue folie alimente les arguments de Treyssac de Vergy et d’Ange Goudar, deux hommes de plume aux ordres de l’ambassadeur. La rumeur se fait persistante, alimentée par l’attitude équivoque, non-conformiste du chevalier. Son changement de sexe n’y est pas non plus étranger. De fou, on le prétend hermaphrodite, puis femme. Les Britanniques réalisent de nombreuses caricatures du chevalier qu'ils baptisent Épicène d'Éon. Ils vont même jusqu'à ouvrir des paris sur son sexe : un parieur traînant en justice un autre parieur, le tribunal, avec de faux-témoins et en l'absence d'Éon, le reconnaît comme femme. Ce changement de sexe et ce travestissement supportent plusieurs interprétations, interprétations freudiennes (névrose, délire narcissique, schizophrénie, etc.) comme des lectures purement politiques ou stratégiques.

À cette même époque, d'Éon est en liaison avec le libelliste français Charles Théveneau de Morande.

En 1775, Pierre-Augustin Caron de Beaumarchaiss est envoyé à Londres par le roi de France Louis XVI pour récupérer auprès du chevalier d'Éon la correspondance échangée avec le feu roi Louis XV (notamment ses projets de débarquement et les Mémoires de Mme du Barry écrites par Théveneau de Morande). Après maintes péripéties, une transaction de plus de vingt pages est conclue entre eux deux qui stipule notamment la remise intégrale des documents et que la chevalière ne quittera plus jamais ses vêtements féminins, se faisant désormais appeler Mademoiselle Éon. En échange de quoi la rente viagère lui était accordée. Les négociations ont duré quatorze mois.

D'Éon quitte Londres le &3 août 1777 et se présente à la Cour en capitaine de dragons. Une ordonnance est prise le27 août 1777 1777 par le roi Louis XVI qui, par vengeance ou parce qu'il croyait que c'était vraiment une femme, lui donne ordre « de quitter l'uniforme de dragons qu'elle continue à porter et de reprendre les habits de son sexe avec défense de paraître dans le royaume sous d'autres habillements que ceux convenables aux femmes » : habillé par Rose Bertin aux frais de Marie-Antoinette, il est présenté à la Cour en robe à panier et corset le 23 novembre 1777. Il devient la coqueluche de la capitale mais voulant participer à la guerre d'indépendance des Etats-Unis, il se rhabille en dragon. Arrêté le 20 mars 1779, il est exilé à Tonnerre en Bourgogne où il se résout à s'occuper de son domaine familial.

Fin de vie

En 1783, le roi le laisse revenir à Paris. En novembre 1785 muni d'un passeport, il regagne la Grande-Bretagne où le propriétaire londonien de son appartement lui réclame ses loyers alors qu'il ne bénéficie plus de sa rente. Bien qu'ayant accueilli favorablement la Révolution française et proposé à l'Assemblée nationale de conduire une unité d'Amazones, il perd en effet sa pension.

La déclaration de guerre du 1er février 1793 et de lourdes dettes le contraignent à demeurer sur le sol britannique. Il se retrouve dans une demi-misère, doit survivre par des duels en escrime et vendre sa bibliothèque en mai 1791. Il est finalement recueilli par une dame britannique de son âge, la veuve Mrs Mary Cole. Il continue de se battre en escrime, toujours en habits de femmes (gardant une agilité malgré une forte corpulence), jusqu'à l'âge de 68 ans. Il est gravement blessé lors d'un dernier duel en août 1796 : il est blessé par un fleuret qui casse et qui lui transperce le poumon.

 

En 1894, il est emprisonné pour dettes ; libéré, il signe un contrat pour publier une autobiographie mais est paralysé à la suite d'une chute due à une attaque vasculaire. Grabataire, il vivra encore quatre ans dans la misère, avant de mourir, à Londres, le 21 mai 1810 à l'âge de 82 ans.

En effectuant la dernière toilette de la défunte, on découvre avec stupéfaction que cette vieille dame… est un homme. Le chirurgien M. Copeland accompagné de dix-sept témoins, membres de la Faculté médicale de la Grande-Bretagne déclare dans un rapport médico-légal, le 23 mai 1810 : « Par la présente, je certifie que j'ai examiné et disséqué le corps du chevalier d'Éon en présence de M. Adair, de M. Wilson, du père Élysée et que j'ai trouvé sur ce corps les organes mâles de la génération parfaitement formés sous tous les rapports ».

Le chevalier d'Éon, habillé quarante-neuf ans en homme et trente-trois en femme, est enterré au cimetière de la paroisse Saint-Pancrace, dans le comté de Middlesex.

Postérité

Éonisme

L'éonisme désigne l'inversion esthético-sexuelle correspondant au besoin qu'éprouvent certains hommes d'adopter des comportements vestimentaires ou sociaux socialement considérés comme féminins. Deux approches de l'éonisme prévalent : le psychologue Havelock Ellis considère que l'éonisme serait la première étape de l'inversion sexuelle, celle-ci s'exprimant symboliquement sur un plan vestimentaire. Le psychiatre Angelo Hesnard pense que l'éonisme est un moyen d'appropriation de l'image de la femme par le travestisme et peut conduire à une forme de perversion sexuelle. Dans certaines pratiques sexuelles, notamment le fétichisme, l'éonisme est un stimulant puissant. À ce titre, le chevalier d'Éon est considéré par la communauté LGBT comme le « saint patron des travestis ».

Pour expliquer son ambiguïté sexuelle sont évoqués également les syndromes de Kallmann, d'insensibilité aux androgènes, de Klinefelter ou de transvestisme.

Toile
Portrait du chevalier d'Éon
par Thomas Stewart (1792)

En 2012, un portrait du chevalier d'Éon réalisé en 1792 par le peintre Thomas Stewart, perdu depuis 1926, est retrouvé dans une salle des ventes new-yorkaise par le vendeur et historien d'art Philip Mould

Le Chevalier d'EON et sa maison natale à TONNERRE (Bourgogne)
Le Chevalier d'EON et sa maison natale à TONNERRE (Bourgogne)
Le Chevalier d'EON et sa maison natale à TONNERRE (Bourgogne)
Le Chevalier d'EON et sa maison natale à TONNERRE (Bourgogne)
Le Chevalier d'EON et sa maison natale à TONNERRE (Bourgogne)

Le Chevalier d'EON et sa maison natale à TONNERRE (Bourgogne)

Le Chevalier d'Eon : homme ou femme ?
Pendant très longtemps, la Cour n'a jamais su affirmer avec certitude si le célèbre espion Charles de Beaumont, dit le Chevalier d'Eon, était un homme ou une femme.
 
 
 

"Un mouchoir au creux du pantalon je suis chevalier d'Eon..." chantait Mylène Farmer en 1987 dans Sans Contrefaçon. Il est né en 1728 sous le nom de Charles-Geneviève-Louis-Auguste-André-Thimothée d'Éon de Beaumont, soit trois prénoms masculins et trois prénoms féminins. Cette ambiguïté allait poursuivre toute sa vie Charles de Beaumont, dit le Chevalier d'Eon, durant toute sa carrière d'espion sous la solde de Louis XV et jusqu'à sa mort.

Guerre des sexes
Avocat dès ses 21 ans, Charles de Beaumont est vite remarqué par le roi qui le nomme Censeur royal, puis lui demande d'affilier "Le Secret du Roi", un service secret de renseignements. Sa première mission : approcher l'indisponible tsarine Elisabeth pour demander une alliance russe avec la France. Pour l'approcher, le Chevalier d'Eon devient Lya de Beaumont, et grâce à son intelligence il parvient à devenir sa lectrice. Il finit par influencer la tsarine en la faveur de Louis XV et mène à bien sa première mission. Sa carrière militaire ne cesse de prendre de l'ampleur jusqu'à ce qu'il devienne capitaine des dragons.

Le Chevalier
d'Eon

© University of Leeds

Pourtant, cette première mission réalisée très jeune finit par jeter l'opprobre sur le chevalier. En 1770, la rumeur se propage en Europe que le Chevalier d'Eon est vraiment une femme. La douceur de ses traits, la parfaite symétrie de ses prénoms (3 masculins, 3 féminins) ainsi que l'ambiguïté dont se joue le Chevalier à l'annonce de cette rumeur (il ne démentira jamais) ne font qu'amplifier les ragots. Les Anglais en viennent même à parier sur son sexe. Après la mort de Louis XV, Louis XVI, qui ne l'aimait pas beaucoup, fait récupérer certains documents secrets... et le condamne à porter à vie le vêtement féminin. Pour la Cour, cela ne fait plus aucun doute : le Chevalier d'Eon est une femme.

La chevalière continuera pendant plus de 30 ans à porter des vêtements de femme, notamment des toilettes fournies par Marie-Antoinette elle-même. Destituée de ses fonctions de capitaine des dragons, la chevalière finira sa vie dans la misère, s'exposant en tant que saltimbanque ou phénomène de foire. Deux jours après sa mort, la vieille femme est autopsiée. Coup de théâtre : le chirurgien chargé de l'autopsie déclare officiellement que le corps décédé comporte tout ce qu'il y avait de plus masculin. Le Chevalier d'Eon était bien un homme. Mais derrière cette affirmation se cache le mystère d'un homme qui, pendant plus de 30 ans, a vécu comme une femme. Un secret que seul Louis XVI pourrait résoudre...

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22 août 2014 5 22 /08 /août /2014 18:14
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