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LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


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Site traduit en Allemand :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/de/index.html

 

Site traduit en Anglais :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/en/index.html


Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
  • Contact

Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
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Archives

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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Jetez un oeil dans mes LIENS sur Richard OLIVIER, BIG MEMORY, mon ami Richard, Cinéaste belge, étant sur un gigantesque projet: Filmer tous les CINEASTES BELGES, morts ou vifs. Enfin, un artiste qui s'intéresse à ses pairs !http://www.bigmemory.be

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Je suis sur les blogs pro-tibétains:

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VENEZ M'Y REJOINDRE !

Christian VANCAU

11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 12:16

9VIolette Gerard, ça devait être en 2009....

l'a choisie pour moi à Mac Leod Ganj, sur les hauteurs de Dharamsala, au pied de l'Himalaya et elle me l'a envoyée par la poste. Je l'ai remplie de mon Reiki en la mettant dans ma paume gauche et un apposant ma main droite à qques centimètres au-dessus de ma main gauche. Très vite une chaleur intense s'est installée au bord et au travers de la pierre.
 

Et puis j'ai eu l'idée de la replacer dans son décor. J'ai choisi des photos des pentes de l'Himalaya dans une revue et j'ai apposé la "Pierre de Violette" sur différentes photos que j'ai rephotographiées avec la pierre toujours au premier plan et sous des angles divers et je publie cette page pour dire merci à mon amie, un peu comme si je lui renvoyais sa pierre pour que nous la partagions51088-1Pierre de Violette 004Pierre de Violette 013Pierre de Violette 0086

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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 06:29
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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 07:03

 

Ils sont toujours en couples, parfois jusqu'à cinq couples sur le même étang. La femelle tachetée de brun et le mâle multicolore avec son "col" vert. Si je m'approche, ils senvolent à grand bruit. Parfois ils pondent au sol mais les oeufs risquent d'être gobés par les renards ou les fouines qui rôdent la nuit. Ici deux couplesEt voici les oeufs pondus en 2006, au pied d'un totem, au bord de l'érang. Le mâle n'était pas là. La femelle allait régulièrement chercher de la nourriture et moi je gardais les oeufs, les ayant protégés avec des branches et de mottes et puis un beau matin, plus rien que des débris de coquilles. Ils allaient arriver à terme. Il y en avait une douzaineEt voici l'envol d'un Colvert...Images surréalistes.L'oiseau de feu de Stravinski ou Colvert culturalisé

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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 06:42

Au deuxième étage sous le toit, elle donne sur le jardin et  ses étangs. Une chambre mansardée. silencieuse avec vue sur la forêt de Saint_Hubert. Il y fait bon lire, dormir et faire l'amour 

 

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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 06:52
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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 12:15

. Beck 1

Samuel Barclay Beckett (Foxrock, Dublin, 13 avril 1906 - Paris, 22 décembre 1989) est un écrivain, poète et dramaturge irlandais d'expression française et anglaise, prix Nobel de littérature.

  S'il est l'auteur de romans, tels que Molloy, Malone meurt et l'Innommable et de textes brefs en prose, son nom reste surtout associé au théâtre de l'absurde, dont sa pièce En attendant Godot (1952) est l'une des plus célèbres illustrations. Son œuvre est austère et minimaliste, ce qui est généralement interprété comme l'expression d'un profond pessimisme face à la condition humaine. Opposer ce pessimisme à l'humour omniprésent chez lui n'aurait guère de sens : il faut plutôt les voir comme étant au service l'un de l'autre, pris dans le cadre plus large d'une immense entreprise de dérision. Avec le temps, il traite ces thèmes dans un style de plus en plus lapidaire, tendant à rendre sa langue de plus en plus concise et sèche. En 1969, il reçoit le prix Nobel de littérature pour « son œuvre, qui à travers un renouvellement des formes du roman et du théâtre, prend toute son élévation dans la destitution de l'homme moderne »

Biographieimages

Samuel Barclay Beckett est né le 13 avril 1906  dans une famille bourgeoise irlandaise protestante : l'événement fut signalé dans la rubrique mondaine d'un journal irlandais (The Irish Times) daté du 16 avril. La demeure familiale, Cooldrinagh, située dans une banlieue aisée de Dublin, Foxrock, était une grande maison. La maison, le jardin, la campagne environnante où Samuel grandit, le champ de courses voisin de Leopardstown, la gare de Foxrock sont autant d'éléments qui participent du cadre de nombre de ses romans et pièces de théâtre. Il est le deuxième fils de William Frank Beckett, métreur et May Barclay Roe, infirmière. Beckett et son frère aîné Franck sont d'abord élèves à la Earlsford House School, dans le centre de Dublin, avant d'entrer à la Portora Royal School d'Enniskillen, dans le comté de Fermanagh – lycée qui avait auparavant été fréquenté par Oscar Wilde .ds

 

Beckett étudie ensuite le français, l'italien et l'anglais au Trinity College de Dublin, entre 1923 et 1927. Il suit notamment les cours de A. A. Luce, professeur de philosophie et spécialiste de Berkeley. Il obtient son Bachelor of Arts et, après avoir enseigné quelque temps au Campbell College de Belfast, est nommé au poste de lecteur d'anglais à l'École normale supérieure de Paris sur les recommandations de son professeur de lettres françaises et mentor Thomas Rudmose-Brown . C'est là qu'il est présenté à James Joyce par le poète Thomas MacGreevy, un de ses plus proches amis, qui y travaillait aussi depuis 1926 mais avait décidé de quitter son poste pour se consacrer entièrement à la littérature. Cette rencontre devait avoir une profonde influence sur Beckett, qui devint garçon de courses puis « secrétaire » de James Joyce qui souffrait des yeux, l'aidant notamment dans ses recherches pendant la rédaction de Finnegans Wake .

 

C'est en 1929 que Beckett publie son premier ouvrage, un essai critique intitulé Dante... Bruno. Vico.. Joyce., dans lequel il défend la méthode et l'œuvre de Joyce dont certains critiquent le style obscur. Les liens étroits entre les deux hommes se relâchèrent cependant lorsque Samuel repoussa les avances de Lucia, la fille de Joyce, dont il s'est rendu compte qu'elle était atteinte de schizophrénie, maladie que refusait de voir son père . C'est aussi au cours de cette période que la première nouvelle de Beckett, Assumption, fut publiée par l'influente revue littéraire parisienne d'Eugène Jolas, Transition. L'année suivante, il est le lauréat d'un petit prix littéraire pour son poème Whoroscope, composé à la hâte en 1929, et inspiré par une biographie de Descartes que Beckett lisait alors .

 

En 1930, il revient au Trinity College en tant que lecteur et écrit en 1931 un deuxième essai en anglais intitulé Proust. En 1932, pour la revue "This Quarter", il traduit un poème d'André Breton, Le Grand secours meurtrier, paru en France dans le recueil Le Revolver à cheveux blanc et ayant pour thèmes les convulsionnaires de Saint-Médard et Lautréamont . Il se lasse assez vite de la vie universitaire, et exprime ses désillusions d'une manière originale : il mystifie la Modern Language Society de Dublin en y portant un article érudit au sujet d'un auteur toulousain nommé Jean du Chas, fondateur d'un mouvement littéraire appelé concentrisme ; ni du Chas ni le concentrisme n'ont jamais existé, sinon dans l'imagination de Beckett, mais cela lui permet de se moquer du pédantisme littéraire. Pour marquer ce tournant important de sa vie, inspiré par la lecture des Années d'apprentissage de Wilhelm Meister, de Goethe, il écrit le poème Gnome, que publie le Dublin Magazine en 1934.

 

Après plusieurs voyages en Europe, notamment en Allemagne, il se fixe en janvier 1938 définitivement à Paris, rue des Favorites, dans le 15e arrondissement, peu avant la Seconde Guerre mondiale. Son premier roman, Murphy, fit l'objet de trente-six refus avant d'être finalement publié par Bordas en 1947.Murphy

 

Le 7 janvier 1938, Beckett est poignardé dans la poitrine par un proxénète  notoire dont il a refusé les sollicitations. Gravement blessé, il est transporté d'urgence à l''hôpital Broussais. La publicité entourant l'agression attire l'attention de Suzanne Dechevaux-Dumesnil  femme curieuse de théâtre et de littérature qui a rencontré Sam au cours d'une partie de tennis quelques mois auparavant. Il entame une liaison avec celle qui deviendra son épouse.

 

Lors de la déclaration de la guerre, il se trouve en Irlande. Il regagne alors précipitamment la France, préférant « la France en guerre à l'Irlande en paix ». Il participe activement à la résistance contre l'occupation nazie. Il est recruté au sein du réseau Gloria SMH par son ami, le normalien Alfred Péron. Quand le réseau est dénoncé, Samuel Beckett, prévenu par la femme de son ami Péron, échappe de peu à la police allemande. Il se réfugie d'abord dans la capitale chez l'écrivain Nathalie Sarraute, puis de 1942 à avril 1945 à Roussillon, dans le midi de la France. Beckett apprend en 1945 que Péron est mort après la libération du camp de Mauthausen. Le 30 mars 1945, il se voit décerner la Croix de Guerre avec étoile d'or.Selon son biographe James Knowlson, l'œuvre de l'écrivain est profondément marquée par les récits de déportation des camarades de Péron et par la guerre.Tombe de-Samuel Beckett Tombe-001

 
magnify-clip.png Tombe de Samuel Beckett au Cimetière du Montparnasse, à Paris.

 

Se consacrant entièrement à la littérature depuis les années 1930, il entre dans une période de créativité intense de 1945 à 1950, période qu'un critique a appelé « le siège dans la chambre » .

Au début des années 1950, Jérôme Lindon, directeur des Éditions de Minuit, publie la première trilogie beckettienne de romans à clef : Molloy, Malone meurt, L'Innommable.molloy couv508beckettl-innommable-46432-250-400

 

Les années 1960 représentent une période de profonds changements pour Beckett, dans sa vie personnelle comme dans sa vie d'écrivain. En 1961, au cours d'une cérémonie civile discrète en Angleterre, il épouse sa compagne Suzanne Déchevaux-Dumesnil, principalement pour des raisons liées aux lois successorales françaises. Le triomphe que rencontrent ses pièces l'amène à voyager dans le monde entier pour assister à de nombreuses représentations, mais aussi participer dans une large mesure à leur mise en scène. En 1956, la BBC lui propose de diffuser une pièce radiophonique : ce sera All That Fall (« Tous ceux qui tombent »).cvt Tous-ceux-qui-tombent 5142 Il continue à écrire de temps à autre pour la radio, mais aussi pour le cinéma (Film, avec Buster Keaton) et la télévision. Il recommence à écrire en anglais, sans abandonner pour autant le français.

 

Le prix Nobel de littérature lui est attribué en 1969 : il considère cela comme une « catastrophe »  ; en fait, il rejette par là une certaine industrie beckettienne, au sens où cette récompense accroît considérablement l'intérêt de la recherche universitaire pour son œuvre . D'autres écrivains s'intéressent à lui, et un flot constant de romanciers et de dramaturges, de critiques littéraires et de professeurs passent par Paris pour le rencontrer. Son désarroi de recevoir le prix Nobel s'explique aussi par son dégoût des mondanités et des devoirs qui y sont liés ; son éditeur Jérôme Lindon ira tout de même chercher le prix

Cioran, ami et admirateur de Beckett, écrira dans ses Cahiers : « Samuel Beckett. Prix Nobel. Quelle humiliation pour un homme si orgueilleux ! La tristesse d'être compris ! » .

 

Les années 1980 sont marquées par sa seconde trilogie : Compagnie (en), Mal vu mal dit, Cap au pire .cvt Cap-au-pire 5942

Suzanne Beckett, son épouse, décède le 17 juillet 1989. Beckett, atteint d'emphysème et de la maladie de Parkinson, part dans une modeste maison de retraite où il meurt le 22 décembre de la même année. Il est enterré le 26 décembre au cimetière du Montparnasse .

Analyse de l'œuvre 

 

Toute l'œuvre de Beckett est traversée par une appréhension aiguë de la tragédie qu'est la naissance : « Vous êtes sur terre, c'est sans remède ! » dit Hamm, le protagoniste principal de Fin de partie. Cette vie doit tout de même être vécue. Car, ainsi qu'il est écrit à la fin de L'Innommable, « il faut continuer, je ne peux pas continuer, je vais continuer ».

 

L'œuvre est un témoignage sur la fin d'un monde. Témoin perspicace de son époque, Samuel Beckett a annoncé la fin de l'art (En attendant Godot) et la fin d'une époque marquée par la prééminence, en Europe, de la culture française (Fin de partie), bien avant que ces thèmes ne deviennent à la mode. L'art ne peut plus chercher à embellir le monde comme dans le passé. Une certaine idée de l'art arrive à sa fin. Beckett souligne cette hypocrisie dans Oh les beaux jours. Winnie s'enchante d'un monde qui connaît chaque jour un « enrichissement du savoir », tandis que, dans sa main, son compagnon Willie tient une carte postale pornographique.

 

On peut grosso modo diviser la vie d'écrivain de Beckett en trois parties : la première, les premières œuvres, jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale ; la deuxième, de 1945 à 1960, au cours de laquelle il écrit ses pièces les plus connues ; et enfin, de 1960 à sa mort, période qui voit la fréquence de ses publications diminuer, et son style devenir de plus en plus minimaliste.

Premières œuvres 

 

Elles traduisent notamment l'influence capitale qu'à cette époque James Joyce a sur Beckett. Très érudites, elles relèvent en grande partie d'une volonté d'exhiber des connaissances et un savoir-faire d'auteur déjà indéniable. Cela les rend souvent difficilement accessibles. On peut citer, à titre d'exemple de son style d'alors, les premières lignes de More Pricks than Kicks (1934) :

« It was morning and Belacqua was stuck in the first of the canti in the moon. He was so bogged that he could move neither backward nor forward. Blissful Beatrice was there, Dante also, and she explained the spots on the moon to him. She shewed him in the first place where he was at fault, then she put up her own explanation. She had it from God, therefore he could rely on its being accurate in every particular »

— More Pricks than Kicks,51ugyggqqnL BO2,204,203,200 PIsitb-sticker-arrow-click,Top

   

Le passage fait abondamment référence à la Divine Comédie de Dante, ce qui déstabilise tout lecteur qui n'en aurait pas une connaissance approfondie. Cependant, on peut déjà y voir l'annonce de certaines caractéristiques futures de l'œuvre de Beckett : l'inaction de Belacqua, l'un des personnages du Purgatoire, récurrent dans toute l'œuvre de Beckett ; son immersion dans ses propres pensées ; l'irrévérence à visée comique de la dernière phrase.

 

Des éléments semblables sont présents dans le premier roman publié par Beckett, Murphy (1938) : il y explore le thème de la folie et celui des échecs, qui reviendront souvent par la suite. La première phrase du roman révèle le ton pessimiste et l'humour noir qui animent nombre de ses œuvres : « The sun shone, having no alternative, on the nothing new » Watt, écrit alors que Beckett se cachait à Roussillon, pendant la Seconde guerre mondiale, traite des mêmes thèmes, dans un style moins exubérant.imagesN167URKM

C'est aussi pendant cette période que Beckett se lance dans la création littéraire en langue française. À la fin des années 1930, il écrit un certain nombre de poèmes courts dans cette langue, ainsi que les Nouvelles et Textes pour rien; l'économie de moyens qui y est visible - surtout si on les compare aux poèmes en anglais qu'il compose à la même époque, dans le recueil Echo's Bones and Other Precipitates (1935) - semble prouver que le passage par une autre langue fut avant tout un procédé lui ayant permis de simplifier son style en le purifiant des automatismes de la langue maternelle ; évolution que vient confirmer quelques années plus tard Watt.WATT

L'œuvre bilingue 

 

À partir de 1944 et jusqu'à sa mort, Beckett écrira en fait une œuvre bilingue ; il ne s'agit pas d'un passage définitif au français mais à une coexistence assez équilibrée entre les deux langues, avec toutefois une certaine prédilection pour le français, en particulier jusqu'au milieu des années 1960. Une grande partie des textes sera traduite dans les deux sens par l'auteur lui-même, ou par Édith Fournier, pour la traduction de l'anglais ; la quasi-totalité de l'œuvre existait dans les deux langues avant la mort de l'auteur.

 

En raison notamment de la découverte du français comme ayant « the right weakening effect », la fin des années 1940 est une période d'intense activité, avant tout narrative (Mercier et Camier, Premier amour, les Nouvelles et Textes pour rien, la TrilogieMolloy, Malone meurt, L'Innommable) ; c'est aussi le moment de l'écriture d'En attendant Godot.

 

C'est en langue française que Samuel Beckett écrit ses œuvres les plus connues. En quinze ans, trois pièces de théâtre connaissent un grand succès : En attendant Godot (1948-1949), Fin de partie (1955-1957) et Oh les beaux jours (1960). Elles sont souvent considérées comme représentatives du « théâtre de l'absurde », terme rejeté par Beckett - qui ne souhaitait pas être assimilé aux fin-de-partie-2231352existentialistes - et sujet à débat. Ces pièces traitent du désespoir et de la volonté d'y survivre, tout en étant confronté à un monde incompréhensible. Incompréhensible aussi l'étrange similitude entre Beckett et Balzac. Et pourtant :

« ...qui dira le mystérieux pouvoir des syllabes qui, à plus de cent ans de distance, fait écrire à Samuel Beckett : En attendant Godot, et à Balzac sa pièce Le Faiseur, où, pendant cinq actes, on ne fait qu'attendre Godeau ? « Godeau ! ...Mais Godeau est un mythe ! ... Une fable ! ... Godeau, c'est un fantôme... Vous avez vu Godeau ? ... Allons voir Godeau ! (Balzac). Le Faiseur. »

— Félicien Marceau : Balzac et son monde .

 

C'est l'œuvre théâtrale qui aura donné la célébrité à l'écrivain : après bien des échecs auprès des éditeurs, c'est Suzanne qui, en 1953, apporte le manuscrit d'En attendant Godot à Roger Blin, qui le met en scène. La première a lieu à Paris la même année. Elle cause un véritable scandale, qu'il faut sans doute regarder comme une des causes inattendues du succès de Beckett.dfv-001

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Ces quatre grandes pièces connues masquent une autre réalité de l'œuvre de Beckett. Au théâtre, elle va plus loin encore, à partir des années 1960, dans de courtes pièces (les Dramaticules, Comédie et actes divers, par exemple) qui tiennent parfois plus de l'installation et de la chorégraphie que du théâtre traditionnel...

 

Mais il est encore une autre réalité : celle de l'œuvre « narrative », considérable, tout aussi expérimentale et toujours plus minimale au fil du temps : les excès formels, d'érudition ou d'obscurité, presque délirants dans More Pricks than Kicks (« Bande et Sarabande »)bande-et-sarabande couv ou Murphy, ont progressivement cédé la place à l'aride sobriété du Dépeupleur ou de Compagnie. Il s'agit toujours de textes qui examinent, d'une manière ou d'une autre, leurs propres conditions de possibilité et les mettent en crise, depuis les mécaniques habituelles de la narration, littéralement pulvérisées dans la « Trilogie», à la fin des années 1940, jusqu'à la possibilité même de « proférer », dans le dernier poème écrit en 1988, intitulé Comment dire.

Liste des œuvres 

Le premier livre de Samuel Beckett à être publié en français, Murphy a été publié par Bordas en 1947. Ensuite, les œuvres de Samuel Beckett sont publiées aux Éditions de Minuit. Elles sont publiées en anglais chez Faber & Faber (théâtre) ou chez Calder Publishing (en) (romans) et chez Grove Press aux États-Unis.

Œuvres en français 
Samuel  Beckett
SamuelBeckett
© d.r.

Chronologie

1906. Le 13 avril, naissance à Foxrock, au sud de Dublin, de Samuel Barclay Beckett, deuxième fils d'une famille protestante. Son père a fait des études d"ingénieur et exerce, dans le domaine de l'architecture, le métier de métreur-vérificateur.

 

1915. Entre à l'Earlsfort House School où l'on enseigne le français.
1920. Pensionnaire à la Portora Royal School, à Enniskillen, dans le comté de Fermanagh. Pratique de nombreux sports : natation, cricket, tennis...
 

 

1923. Entre à Trinity College. Son directeur d"études (Arthur Aston Luce) fait autorité sur l’œuvre de Berkeley et de Descartes. Rudmose-Brown, son professeur de français, lui fait découvrir Racine, Corneille, Ronsard et Scève mais aussi Viélé-Griffin, Le Cardonnel, Larbaud, Fargue et Jammes. Avec Bianca Esposito qui lui donne des leçons d’italien, découvre Pétrarque, l’Arioste et s’enthousiasme pour Dante. Fervent de théâtre, assiste aux représentations des pièces d’O’Casey à l’Abbey Theatre et fréquente le Queens Theatre.
 

 

1926. Brillant élève, doué pour les langues, obtient une bourse et Rudmose-Brown l’encourage à se rendre en France. L’été, part à Tours : randonnée à bicyclette dans la vallée de la Loire. Retour en septembre, rencontre le normalien Alfred Péron, alors lecteur de français à Trinity College. Est nommé bibliothécaire de la Société de langues vivantes.
 

 

1927. Voyage à Florence en été et rentre à Trinity College en automne. Bachelor of Arts en décembre.
 

 

1928. Enseigne le français à Belfast au Campbell College. Durant les vacances d’été, voyage en Allemagne. En octobre, se rend à Paris où il a été nommé, pour deux ans, lecteur d’anglais à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm. Rencontre son prédécesseur à ce poste, Thomas McGreevy, qui lui présente James Joyce. Devient intime de la famille Joyce.
 

 

1929. Travaille avec Joyce et, sur ses conseils, rédige un essai, Dante... Bruno. Vico... Joyce qui prendra place en tête de Our Exagmination Round his Factification for Incamination of Work in Progress. Cet essai et une nouvelle intitulée Assumption paraissent dans la revue transition d’Eugène et Maria Jolas. En décembre Joyce l’invite à collaborer à la traduction française d’Anna Livia Plurabelle, un passage de Work in Progress. Beckett et Péron travaillent ensemble à cette traduction.
1930. S’intéresse à la poésie et à la philosophie, étudie en particulier Descartes puis Geulincx. This Quarter publie trois de ses traductions de l’italien : « Landscape » de Raffaello Franchi, « The Homecoming » de Giovanni Comisso et « Delta » d’Eugenio Montale. Remporte avec Whoroscope le prix du meilleur poème sur le temps (publié par Nancy Cunard). Accepte la commande d’un essai sur Proust. En septembre, est nommé assistant de français à Trinity College. Novembre, première rencontre avec Jack B. Yeats.
 

 

1931. Écrit Le Kid, parodie du Cid pour le festival dramatique annuel du groupe français de la société de langues vivantes. La pièce (non publiée) est présentée au Peacock Theatre et Beckett y interprète le rôle de Don Diègue. Publication de Proust à Londres. Assiste à Paris à la séance consacrée à James Joyce organisée par Adrienne Monnier et à la lecture de la traduction d’Anna Livia Plurabelle. Ses poèmes Hell Crane to Starling, Casket of Pralinen for a Daughter of a Dissipated Mandarin, Text et Yoke of Liberty sont publiés dans The European Caravan, Return to the Vestry dans The New Review, et Alba dans Dublin Magazine. Décembre, est diplômé Master of Arts. Part pour Kassel et envoie sa démission de Trinity College.
 

 

1932. Retour à Paris. Fait partie des signataires du manifeste « Poetry Is Vertical » publié en mars dans Transition avec sa nouvelle Sedendo et Quiescendo qu’il réécrira pour l’inclure dans son roman Dream of Fair to Middling Women dont il achève l’écriture au cours de l’été mais qui ne sera publié que soixante ans plus tard. On trouve la première version de Dante and the Lobster dans la revue This Quarter de Titus. Traduit Le Bateau ivre de Rimbaud (traduction retrouvée quarante ans plus tard).
 

 

1933. Écrit les nouvelles qui constitueront le recueil More Pricks than Kicks. Mort de son père en juin.
 

 

1934. Parution de l’anthologie Negro de Nancy Cunard avec dix-neuf traductions établies par Beckett. Home Olga, acrostiche de dix vers sur les lettres du nom de Joyce, paraît dans la revue américaine Contempo. Publication à Londres de More Pricks than Kicks (Bande et sarabande) sans grand succès. Parution dans Dublin Magazine d’un quatrain intitulé Gnome. Sa nouvelle A Case in a Thousand paraît dans le numéro d’août de The Bookman
 

 

1935. Écrit en anglais le roman Murphy. Assiste à une conférence de Jung. Publication à Paris d’un recueil de poèmes en anglais, Echo’s Bones and Other Precipitates.
 

 

1936. Quitte Londres fin septembre et voyage en Allemagne. Dublin Magazine publie An imaginative Work, compte rendu de The Amaranthers de Jack B. Yeats, et son poème Cascando.
 

 

1937. Rentre à Foxrock. Octobre, décide de quitter l’Irlande et s’installe à Paris à l’hôtel Libéria. Écrit des poèmes en français qui ne seront publiés qu’en 1946 dans Les Temps Modernes. Rencontre les frères van Velde, Duchamp, Giacometti...
 

 

1938. Le soir du 7 janvier, est poignardé et transporté à l’hôpital Broussais. Revoit la pianiste Suzanne Deschevaux-Dumesnil. Son poème Ooftish est publié dans Transition. Depuis avril, vit au 6 rue des Favorites. Péron traduit Alba pour Soutes, la revue de Luc Decaunes. Murphy est publié à Londres.
 

 

1939. Se rend à Dublin en juillet où il se trouve au moment de la déclaration de guerre. Choisit de revenir en France. Est à Paris le 3 septembre.
 

 

1940. Part en juin à Vichy où résident les Joyce puis à Toulouse, Cahors et Arcachon. Fin octobre, rentre à Paris et est introduit dans la résistance naissante par Péron ; joue le rôle de boîte aux lettres et traduit les informations en anglais pour le réseau Gloria.
 

 

1941. Mort de Joyce à Zurich. Commence à écrire Watt.
 

 

1942. En août, Suzanne et lui échappent de peu à une arrestation par la Gestapo. Quittent la rue des Favorites, vont de cachette en cachette et s’installent finalement en novembre à Roussillon dans le Vaucluse.
 

 

1943. Dans une petite maison du village, poursuit la rédaction de Watt. Se lie avec le peintre Hayden avec qui il joue aux échecs. Travaille pour le maquis.
 

 

1944. Le 24 août, les premiers soldats américains arrivent à Roussillon.
 

 

1945. Le 30 mars, pour services rendus au réseau Gloria, reçoit la croix de guerre avec étoile d’or. En avril, retour à Paris, se rend en Irlande où il se porte volontaire dans la Croix-Rouge irlandaise (qui s’installera à Saint-Lô) en qualité d’économe-interprète. À Saint-Lô il écrit deux poèmes et Bosquets de Bondy, resté inachevé. Cahiers d’Art lui commande un essai critique sur la peinture de Bram et Geer van Velde. Rentre à Paris en octobre.
 

 

1946. Quitte son poste à l’hôpital de Saint-Lô. Son poème anglais Saint-Lô est publié dans l’Irish Times. Soumet à Jean-Paul Sartre, qu’il a rencontré lorsqu’il était lecteur à la rue d’Ulm, la nouvelle Suite qui paraît dans Les Temps Modernes et portera ensuite le titre La Fin. Commence en juillet Mercier et Camier, seconde version des Bosquets de Bondy et première tentative romanesque en français. Écrit en une semaine L’Expulsé que Max-Pol Fouchet publie dans Fontaine en décembre. Écrit Premier amour qui ne paraîtra qu’en 1970. Commence une nouvelle intitulée Le Calmant. En novembre, publication de douze poèmes dans Les Temps Modernes et de La Peinture des van Velde dans Cahiers d’Art.
 

 

1947. Termine Le Calmant et écrit Eleutheria, pièce en 3 actes. Commence Molloy en septembre. Publication française de Murphy chez Bordas.
 

 

1948. Maria Jolas vend Transition à Duthuit qui publie trois poèmes français de Beckett. Derrière le miroir lui commande un article sur les van Velde. Écrit Malone meurt. Entre octobre 1948 et fin janvier 1949, écrit En attendant Godot.
 

 

1949. Traduit un poème d’Henri Michaux « À hue et à dia » (« To right nor left ») pour la Review K. Traduit un poème de Gabriela Mistral qui paraît en janvier dans la revue Transition. Collabore régulièrement à cette revue qui réunit, entre autres, autour de Duthuit, de Staël, Riopelle, Bram van Velde, Breton, Éluard, Sartre, écrivains et artistes qui participent à des discussions animées. Évoque la quintessence de ses conversations avec Duthuit sur l’art de Pierre Tal Coat, André Masson, Bram van Velde, dans Three Dialogues qi paraît dans le numéro de décembre. Écrit L’Innommable.
 

 

1950. Rencontre Roger Blin qui s’est enthousiasmé pour son œuvre à la lecture du manuscrit d’En attendant Godot. Part pour Dublin. Sa mère meurt le 25 août. Traduit pour l’Unesco une centaine de poèmes mexicains réunis par Octavio Paz (publication en 1958). Novembre, Jérôme Lindon lit Malone meurt, L’Innommable et Molloy et décide de les publier aux Éditions de Minuit.
 

 

1951. Publication en français de Molloy et Malone meurt.
 

 

1952. Se fait construire une petite maison à Ussy-sur-Marne

Ussy est une commune française située dans le Département de Seine et Marne, Île de France. Située à 4 Kms de la-Ferté-sous-Jouarre, ses habitants, 979 en 2010 sont des Ussois. Voici quelques photos du village et de la maison de Beckett.Vue aérienne d'Ussy-sur-MarneLa Mairie d'Ussy

Mairie d'-Ussy-sur-Marne mairieLa maison de BeckettimagesZ8MF0732Ussy Maison de Beckett

  Il y vivra pendant près de quarante ans. L'Association pour la sauvegarde d'Ussy-sur-Marne a publié cette brochure en Mars 2001. Cette association est présidée par Paule SavaneBeckett à Ussy-sur-Marne007. La secrétaire en est sa fille Laurence Warot, journaliste et bibliothécaire. Paule Savane est la veuve de Joffre Dumazedier

Joffre Dumazedier, né en 1915 et mort en 2002, est un sociologue français.

Sociologue du loisir et de l'auto-formation

Joffre Dumazedier est considéré comme l'un des pionniers de la sociologie du loisir et l’auteur le plus éminent en la matière depuis son ouvrage paru en 1962 Vers une civilisation du loisir ?. Il est également un contributeur fécond dans le domaine de la formation par sa réflexion sur le secteur novateur de l'auto-formation . Après une longue expérimentation, après la seconde guerre mondiale, il inventera une méthode socio-pédagogique de simplification du travail intellectuel : l'Entraînement mental.

 

Voici la brochureBrochure Beckett à UssyBeckett à Ussy-sur-Marne002

Les photos qui suivent sont publiées tous droits réservés

D'abord la colline avec la maison de Samuel BeckettBeckett à Ussy-sur-Marne006L'emplacement, hors village et pas facile à découvrirBeckett à Ussy-sur-Marne003La "Petite maison" de Beckett , un pastel d'Evelyne NoviantBeckett à Ussy-sur-Marne004Et Samuel Beckett en personne devant son bureau à UssyBeckett à Ussy-sur-Marne005

 

Publication d’En attendant Godot. Commence à écrire certains des Textes pour rien.
 

 

1953. Première d’En attendant Godot au théâtre de Babylone. Jérôme Lindon édite L’Innommable. Watt paraît en anglais à Paris chez Olympia Press, interdit par la censure en Grande-Bretagne. Entreprend la traduction anglaise de ses textes écrits en français, notamment d’En attendant Godot.
 

 

1954. Parution de l’Hommage à Jack B. Yeats aux Lettres Nouvelles. Part en Irlande où il reste trois mois et demi près de son frère malade qui décède le 13 septembre. Retour à Paris. Waiting for Godot est publié à New York. Commence Fin de partie.
 

 

1955. Molloy paraît en anglais (interdit en Irlande). Représentation de Waiting for Godot à Londres à l’Arts Theatre Club. Le Calmant, La Fin et une nouvelle version de L’Expulsé sont publiés dans le volume Nouvelles et textes pour rien. Écrit From an Abandoned Work.
 

 

1956. Le 3 janvier, première de Waiting for Godot aux États-Unis (mise en scène Alan Schneider). Traduit Malone meurt en anglais et achève la première version de Fin de partie. Écrit Acte sans paroles. Compose All That Fall, sa première pièce radiophonique. Le journal des étudiants de Trinity Collège publie From an Abandoned Work (D’un ouvrage abandonné ). Malone Dies paraît à New York. Traduit Fin de partie en anglais.
 

 

1957. Publication à Paris de Fin de partie et de Acte sans paroles I. All That Fall est édité en anglais et diffusé sur la BBC. Les Lettres Nouvelles publient Tous ceux qui tombent dans la traduction de Robert Pinget. From an Abandoned Work est publié dans l’Evergreen Review. Traduit L’Innommable en anglais.
 

 

1958. The Unnamable et Krapp’s Last Tape (La Dernière bande) paraissent en anglais.
 

 

1959. Nommé Docteur ès lettres honoris causa par Trinity Collège. La Dernière bande paraît dans Les Lettres Nouvelles. La pièce radiophonique Embers (Cendres) est publiée en anglais et en français. La revue X édite L’Image, fragment d’un nouveau récit qui deviendra Comment c’est. Compose Acte sans paroles II.
 

 

1960. Achève Comment c’est. Rédige en anglais Happy Days (Oh les beaux jours). Publication bilingue de sa traduction en anglais de La Manivelle de Robert Pinget (The Old Tune).
 

 

1961. Mariage le 25 mars avec Suzanne à Londres. Partage avec Jorge Luis Borgès le Prix International des Éditeurs. Publication de Comment c’est (Minuit) et de Happy Days (Grove Press). Traduit Comment c’est en anglais et Happy Days en français.
 

 

1962. Publication de The Expelled (L’Expulsé) en janvier dans Evergreen Review. Écrit la pièce radiophonique Words and Music diffusée par le BBC et publiée dans Evergreen Review.
 

 

1963. Travaille à la traduction française et allemande de Play (Comédie / Spiel). Oh les beaux jours paraît en français.  Sa pièce radiophonique Cascando est diffusée par l’ORTF et est publiée. Madeleine Renaud joue Oh les beaux jours à l’Odéon puis à Venise. Happy Days est représentée à Dublin.
 

 

1964. Play (Comédie), créée à New York, est publiée en anglais et en français. Finit le scénario de Film. Sur le tournage, rencontre et travaille avec Buster Keaton.
 

 

1965. Assume la mise en scène de nombre de ses pièces. Séjour à Londres pour Godot. Termine Eh Joe, courte pièce pour la télévision à l’intention de Jack McGowran et Come and Go, sa propre traduction de Va-et-vient. Film est présenté dans les festivals et remporte une série de prix. Publication d’Imagination morte imaginez.
 

 

1966. Traduit Eh Joe et Words and music en français. La revue Arts publie Dis Joe. Publication de Assez, Bing et Va-et-vient.
 

 

1967. Publication de Come and Go et de Film à Londres, de Têtes-mortes à Paris. Écrit Le Dépeupleur (The Lost Ones).
 

 

1968. Publication en français de Watt, de L’Issue et de Poèmes. Écrit la pièce Breath (Souffle).
 

 

1969. Voyage en Tunisie. Reçoit le prix Nobel de littérature. Publication de Sans.
 

 

 

1970. Lessness, traduction de Sans, est publié à Londres. Premier amour, Mercier et Camier et Le Dépeupleur paraissent aux Éditions de Minuit.
 

 

1971. Dirige à Berlin Oh les beaux jours.
 

 

1972. Écrit Not I (pièce pour une bouche). The Lost Ones est publié à Londres et à New York.
 

 

1973. Premier amour et Not I sont publiés à Londres. La revue Minuit publie Foirades II et lll, inédits des années cinquante. Traduit Not I en français (Pas moi). Commence à traduire Mercier et Camier en anglais.
 

 

1974. Commence That Time. Écrit Footfalls (Pas).
 

 

1975. Met en scène Pas moi avec Madeleine Renaud au théâtre d’Orsay. Écrit Ghost Trio pour la télévision. Publication de Footfalls à Londres. Écrit deux textes courts l’un en anglais, l’autre en français La Falaise et neither.
 

 

1976. Publication en français de Pour finir encore et autres foirades, recueil de textes en prose des années soixante, et en anglais de Ghost Trio et ... but the clouds…
 

 

1977. Met en scène, en allemand, La Dernière bande à l’Akademie der Kunste. Diffusion à là BBC de Ghost Trio et ... but the clouds… avec Billie Whitelaw. Écrit Company.
 

 

1978. Publication en français de Pas, suivi de Quatre esquisses et de Poèmes suivi, de Mirlitonnades. Création en français de Pas.
 

 

1979. Company est édité à Londres. A Piece of monologue (Solo) qui paraît dans The Kenyon Review. Traduit Company en français.
 

 

1980. Publication de Compagnie. Écrit en anglais Quad, pièce pour la télévision.
 

 

1981. Jérôme Lindon édite Mal vu mal dit. Écrit Rockaby (Berceuse) et Ohio Impromptu à l’occasion du symposium Beckett à l’université d’Ohio. Ces pièces sont publiées dans Rockaby and Other Short Pieces par Grove Press. Écrit un texte court en anglais Ceiling.
 

 

1982. Écrit Catastrophe à l’intention de Vaclav Havel, emprisonné pour délit d’opinion. La pièce est publiée et créée en Avignon. Parution de Solo. Écrit en anglais et réalise Nacht und Traüme pour la Süddeutsche Rundfunk. Écrit Worstward Ho (Cap au pire).
1983. Diffusion à la télévision allemande de Nacht und Traüme. Création en français de Solo et Cette fois avec David Warrilow au théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis. Grove Press publie What Where (Quoi Où) et Worstward Ho.
 

 

1984. Supervise à Londres la mise en scène pour une tournée en Australie de Waiting for Godot, Endgame et Krapp’s Last Tape. Festival Beckett à Edimbourgh. Publication de Quad, Nacht und Traüme et de Catastrophe à Londres. Mort de Roger Blin.
 

 

1985. Festival Beckett à Madrid. Adapte Quoi où pour la télévision.
 

 

1986. Écrit Stirrings Still (Soubresauts).
 

 

1988. Publication de L’Image et de Stirrings Still. Crise d'aphasie. Il écrit un poème "COMMENT DIRE

Samuel Beckett Comment dire
 
   

Folie —
folie que de —
que de —

comment dire —
folie que de ce —
depuis —
folie depuis ce —
donné —
folie donné ce que de —
vu —
folie vu ce —

ce —
comment dire —
ceci —
ce ceci —
ceci-ci —
tout ce ceci-ci —
folie donné tout ce —
vu —

folie vu tout ce ceci-ci que de —
que de —
comment dire —
voir —
entrevoir —
croire entrevoir —
vouloir croire entrevoir —
folie que de vouloir croire entrevoir quoi —

quoi —
comment dire —
et où —
que de vouloir croire entrevoir quoi où —
où —
comment dire —
là —
là-bas —

loin —
loin là là-bas —
à peine —
loin là là-bas à peine quoi —
quoi —
comment dire —
vu tout ceci —
tout ce ceci-ci —

folie que de voir quoi —
entrevoir —
croire entrevoir —
vouloir croire entrevoir —
loin là là-bas à peine quoi —
folie que d’y vouloir croire entrevoir quoi —
quoi —
comment dire —
 

comment dire

 

© Minuit           

 

 

 

1989. Publication de Soubresauts et Le Monde et le pantalon, suivi de Peintres de l’empêchement. Mort de Suzanne Beckett le 17 juillet. 22 décembre, mort de Samuel Beckett qui repose au cimetière Montparnasse.

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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 19:06

HUY

HUY
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HUY
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HUY
HUY
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HUY sur la Meuse en Belgique
Une reconnaissance de le ville, ce samedi 25 octobre 2014

Huy (en néerlandais Hoei, en wallon Hu) est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne, chef-lieu d'arrondissement en province de Liège.

Huy est située sur la Meuse au confluent avec le Hoyoux à mi-chemin entre Namur et Liège.

Les habitants de Huy s'appellent les Hutois.

 

Sections de commune

Ben-Ahin, Huy, Tihange et Neuville-sous-Huy qui avait été rattachée à Tihange quelques années plus tôt. Statte est un faubourg de la ville de Huy.

Histoire

Aidée par un climat économique favorable, dû à sa situation de ville-étape de batellerie, Huy multiplie les corps de métiers. Nombreux étaient les étainiers, tanneurs, foulons, chaudronniers, menuisiers... Le corps de métier le plus puissant fut celui des orfèvres. La métallurgie hutoise remonte sans conteste très loin dans le passé (travail de l'étain depuis le VIIe siècle) et, favorisée par le Hoyoux, affluent de la Meuse, propice à l'établissement de roues hydrauliques, les forges et fourneaux connurent à Huy, dès le Moyen Âge, un âge d'or sans précédent. La technique du battage du cuivre, industrie florissante dans la cité hutoise, se répandit dans toute l'Europe dès le XIe siècle.

 

En 1066, l'évêque d'alors, Théoduin de Bavière, décide de reconstruire la collégiale Notre-Dame. Pour financer son projet, il demande aux Hutois la moitié de leurs biens meubles. En échange, il leur accorde la première charte de liberté d'Europe occidentale. Huy fut une des Bonnes Villes de la principauté de Liège de 985 à 1789.

 

La première croisade survient 30 ans plus tard (1096-1099) et l'on aurait vu arriver à Huy Pierre l'Ermite, fondateur selon la légende de l'abbaye du Neufmoustier en 1101.

 

Au XIIe siècle se détache la personnalité d'Ivette de Huy (ou Juette) (1158-1228), "féministe" avant l'heure  : contrainte d'épouser à 13 ans l'homme que lui avait choisi son père alors qu'elle voulait se consacrer à Dieu, elle en eut trois enfants dont un mourut au berceau. Veuve à 18 ans, défiant l'autorité paternelle, elle préféra se retirer dans un minuscule réduit accolé à l'église de Huy et se consacrer au soin des lépreux avant de se cloîtrer dans la léproserie.

 

Au XVe siècle, le château est peu à peu transformé en véritable forteresse. Bâti sur une colline surplombant la Meuse, il fera la fierté des hutois et deviendra l'emblème de la ville. Huy est alors une ville bourgeoise de plaisir où se plaît à séjourner la Cour de Bourgogne.

Malheureusement, du fait de sa position stratégique, Huy voit sa brillante destinée se ternir et subit de nombreuses attaques. La forteresse est attaquée douze fois en trente ans. La belle cité connaît trop souvent massacres, pillages et incendies.

En l'an 1717, la destruction du « Tchestia » (château en wallon) est décidée. La destinée hutoise va alors en être modifiée. Le château-citadelle sera démonté pierre par pierre, soustraites par les citadins.

 

Huy connait alors enfin l'essor que ce joyau mosan méritait et les activités se multiplient : papeterie, orfèvrerie, métallurgie, etc. Au XIXe siècle, l'industrialisation permit à plusieurs familles hutoises de connaitre la fortune (citons Nestor Martin, les Delloye, les Godin). La Ville de Huy fut alors surnommée « La Ville aux Millionnaires ».

7

En 1818, la construction du nouveau fort débute. Il ne servira jamais de position d'attaque, mais nombreux sont les civils à y avoir souffert durant les guerres de 1914-1918 et 1939-1945.

 

Pendant la Première Guerre mondiale, l'armée allemande pris possession du Fort et y établit un camp de discipline pour ses propres troupes, réfractaires ou déserteurs. Ceux-ci y étaient soumis par leurs gardes à un régime très strict. En novembre 1918, le fort servit de centre d'hébergement pour des prisonniers russes. En 1920 que l'École régimentaire du 14e de Ligne prit possession du bâtiment pour s'y installer jusque 1932. C'est alors que la Défense Nationale autorisa l'utilisation du plateau à des fins touristiques jusqu'en 1937 pour le réoccuper ensuite. Ce sont les Chasseurs Ardennais qui l'occuperont à cette époque jusqu'en 1940. Mais, dès que Liège fut prise, l'armée belge quitta le Fort de Huy, qui fut à nouveau occupé par l'armée allemande. Dès septembre 1940, le fort devint un camp de détention pour civils belges et étrangers et ensuite un bagne où séjournèrent plus de 7 000 opposants au régime de l'occupant, soit plus du double de détenus qu'à Breendonk. On y compte 1 240 français et de nombreuses autres nationalités. Il y eut également une centaine de femmes détenues dans le Fort. Les interrogatoires se passaient à la Kommandantur, dans le bâtiment actuellement occupé par l'Atelier Rock, quai Dautrebande. Les prisonniers réputés plus dangereux ou devant être soumis à un régime plus strict étaient enfermés à la prison de Huy, ce qui lui vaut aujourd'hui le nom de rue de la Résistance. Au Fort, on compte dix personnes qui y moururent de mauvais traitements et cinq y tombèrent sous les balles du peloton d'exécution. Le 5 septembre 1944, les détenus qui n'avaient pas été envoyés vers les camps de concentration en Allemagne furent libérés. La Résistance occupa le fort et, le 12 septembre 1944, le Ministère de la Justice y installa un centre d'internement pour inciviques et collaborateurs. Malgré ce rôle important que le Fort de Huy joua, il n'est toujours pas officiellement reconnu comme mémorial national, alors que Breendonk bénéficie de ce statut depuis 1947. Tous les partis démocratiques francophones ont déposé des propositions de loi en ce sens mais elles sont, jusqu'à présent, toujours à l'examen dans les commissions parlementaires de la Chambre et du Sénat. Depuis 2007, un nouvel espace détaille le parcours de vie des différentes catégories de détenus au Fort de Huy et présente des témoignages. En 2010, deux nouvelles salles seront inaugurées, l'une consacrée à Huy sous l'occupation et l'autre à la libération de la Ville dont on a fêté, en 2009, le 65e anniversaire.

 
Le fort hollandais (1818)

De 1983 à 2009, Anne-Marie Lizin est Bourgmestre de Huy. Sa gouvernance suscite de vives oppositions au cours des années 2000. Mise en minorité au sein de son parti, soupçonnée de malversations et en proie à des problèmes de santé, elle quitte ses fonctions en février 2009. Micheline Toussaint lui succède en mars de la même année. Elle choisit de laisser la place à Alexis Housiaux le 12 juillet 2010.

Jumelages

 
L'hôtel de ville (1766)
 
Petites filles jouant près du Bassinia

La ville de Huy est jumelée avec 2:

Pactes d'amitié

Personnages célèbres

En venant du Pontia(Pont), Li Tchestia (La Forteresse hollandaise), la Place saint-Severin, avec la fontine la Tour Colombes et la Collégiale Notre-Dame, la Grand Place avec l'Hôtel de Ville et le Café littéraire, la Place Verte acec l'Eglise Saint Mengold et toute le quartier des Frères Mineurs
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Les quatre merveilles de Huy
  • Li Bassinia, fontaine dont la partie la plus ancienne remonte au XVe siècle. Elle est située au centre de la Grand-Place (on peut y voir quatre personnages en bronze et l'aigle bicéphale autrichien).
  • Li Tchestia (le château-fort des princes-évêques, détruit en 1717 à la suite du Traité de la Barrière, est remplacé de 1818 à 1823 par les Hollandais qui construisent l'actuel fort sur son emplacement). Dominant la ville, le fort joua un rôle important au cours des deux guerres mondiales, particulièrement la guerre 1940-1945, en étant notamment un lieu de concentration où furent détenus plus de 7 000 prisonniers civils.
  • Li Rondia : la rosace, d'un diamètre de 9 mètres, de la Collégiale Notre-Dame récemment restaurée.
  • Li Pontia : l'ancien pont, détruit par la guerre qui est remplacé aujourd'hui par le pont Baudouin.
À voir aussi

Le musée communal, installé dans les bâtiments et le cloître de l'ancien couvent des Frères mineurs (XVIIe siècle), contient d'importantes collections illustrant l'histoire et le folklore local : intérieur régional orné d'une belle cheminée en grès de 1621, pièces archéologiques, estampes de la ville, céramiques fabriquées à Huy au XIXe siècle, étains, objets d'art religieux parmi lesquels on remarque le Christ du XIIIe siècle nommé « le beau Dieu de Huy ».

La maison Batta, située sur la rive gauche en face du fort de Huy, est un exemple du style renaissance mosan.

Plusieurs repères de crues ont été apposés dans la ville. Ils indiquent soit les crues de la Meuse de 1926 ou 1880, soit la crue du Hoyoux du 23 janvier 1893 (ces trois crues étant reconnues par la ville de Huy comme importantes car ayant atteint le Bassinia). Quelques emplacements de repères de crue à Huy :

  • Sur la taverne le Vieux Huy
  • Sur la maison Batta
  • De chaque côté d'une impasse rue l'Apleit
  • Sur la façade du l'église rue des Foulons
  • Au coins de la rue des Barreurs et rue des Sœurs Grises

Les Septennales

En 1656, une grave sécheresse met en péril les récoltes hutoises. Le 15 août, les habitants organisent alors une procession et descendent la Vierge de la Sarte avec une grande piété et la placent dans la Collégiale. Alors qu'on ramène la statue dans sa chapelle sur les hauteurs de la ville, la sécheresse prend fin. Les autorités décident alors, en remerciement, de rééditer la procession l'année suivante et ensuite tous les sept ans. Les fêtes septennales sont nées. Les dernières se sont déroulées le 15 août 2012.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la ville a subi de nombreux bombardements, mais lors des fêtes septennales et la descente de la Vierge, tous les bombardements se sont arrêtés et la ville a été libérée peu de temps après.

HUY
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23 octobre 2014 4 23 /10 /octobre /2014 16:23

Jean-Jacques Pauvert, né Jean-Albert Pauvert à Paris le 8 avril 1926 et mort le 27 septembre 2014 à Toulon1, est un éditeur et écrivain français, fondateur des éditions Pauvert.

 

Jean-Jacques Pauvert s'est fait connaître surtout par la réédition d'œuvres oubliées, proscrites ou considérées comme marginales. À près de vingt ans, il est le premier à publier Sade sous son nom d'éditeur2. Jusqu'alors, cette œuvre était diffusée sous le manteau.

 

Par ailleurs, il a fait appel à des maquettistes de talent, comme Jacques Darche ou Pierre Faucheux, lequel, dans les années 1960, a conçu pour les Éditions Jean-Jacques Pauvert l'identité graphique de la collection « Libertés » (format poche : 9 cm x 18 cm, couverture en papier kraft, gros caractères d'affiche noirs pour le titre, tranche noire)3, offrant ainsi une présentation originale tout en réduisant les coûts de fabrication.

Il a révélé des auteurs qui ont connu de grands succès de librairie, tels : Albertine Sarrazin, Michel Bernard, Jean Carrière, Hortense Dufour, Françoise Lefèvre, Brigitte Lozerec'h, Mario Mercier, etc.

ll a publié, de Françoise LEFEVRE

  • La Première Habitude, éd. Pauvert, 1974, rééditions J'ai Lu — Grand prix des lectrices de Elle, 1975
  • L'Or des chambres, J.-J. Pauvert, 1976, rééditions J'ai Lu
  • Le Bout du compte, J.-J. Pauvert, 1977, réédition J'ai Lu et d'autres (voir ci-dessous)
  • C'est lui qui a encouragé Françoise Lefèvre à écrire "La Première Habitude" et ce fut un succès immédiat

Biographie

Fils de Marcel Pauvert, journaliste, petit-neveu d'André Salmon par la branche maternelle, Jean-Jacques Pauvert passe son enfance à Sceaux et fait ses études primaires au lycée Lakanal, où il a pour professeur de français José Lupin, avant de passer brièvement par l'École alsacienne, où son grand-père paternel avait été professeur. Cancre incurable et chaque fois renvoyé de ses établissements scolaires, il se retrouve en 1942 vendeur à la librairie Gallimard, boulevard Raspail à Paris.

 

En 1945, sous le nom Éditions du Palimugre, il publie de courts textes de Sartre, Montherlant, Léautaud, Flaubert, puis, en 1947, une édition intégrale de l'Histoire de Juliette du marquis de Sade. Pour la première fois, Sade est officiellement publié sous une jaquette d'éditeur, Jean-Jacques Pauvert, ce qui lui vaudra plus de dix ans de poursuites judiciaires. Le dernier des dix volumes sortira en juillet 1949, avec une couverture en carton dont la maquette est signée Mario Prassinos.

 

En 1949, il fonde la première Librairie du Palimugre, rue de Vaugirard. En 1953-1954, Jean Paulhan (qui en rédige la préface) lui confie le manuscrit d'Histoire d'O d'une certaine Pauline Réage (on apprendra trente ans plus tard qu'il s'agissait de Dominique Aury). Pauvert le publie en 1954. En 1955, il reprend la revue Bizarre, créée par Éric Losfeld. En 1956, il est surveillé par la police. Un procès lui est intenté du 15 décembre au 12 mars 1958 par le Ministère public concernant la publication de certaines œuvres de Sade. Défendu par Maître Maurice Garçon, Pauvert gagne le procès.

 

Parmi les auteurs qu'il édite ou réédite figurent Georges Darien, Georges Bataille, Gilbert Lely, André Breton, Erckmann-Chatrian, Pierre Klossowski, Raymond Roussel, Charles Cros, Lewis Caroll, Albertine Sarrazin, la comtesse de Ségur, Oscar Panizza, Fulcanelli, Eugène Canseliet, Dalí, C. R. Maturin ou encore René de Solier. Mentionnons encore une édition des œuvres complètes de Victor Hugo en quatre volumes, ainsi que l’Histoire de l'art d'Élie Faure.

 

En 1967, il publie une biographie, rédigée par Jean Nohain, du "Pétomane" Joseph Pujol, artiste phénomène qui donnait des spectacles de pets fort prisés au début du siècle. Il fonde plusieurs collections, dont la « Bibliothèque internationale d'érotologie ». Il édite le Sexe de la femme du Docteur Gérard Zwang.

En 1968, il publie pour la première fois en français La désobéissance civile de Henri David Thoreau, paru aux États-Unis en 1849 et qui a inspiré Gandhi dans son action non-violente.

 

En 1972, l'un de ses auteurs, Jean Carrière, obtient le prix Goncourt pour son roman L'Épervier de Maheux. Il découvre Françoise Lefèvre, qu'il révèle en 1974 au public par son roman La Première habitude (Grand prix des lectrices de Elle 1975). En 1976, il publie les Mémoires d'un fasciste de Lucien Rebatet4.

 

Commence le temps où il mène de front son métier d'éditeur et celui d'auteur, car il a entamé l'immense travail de mise en perspective depuis les premiers signes de l'écriture jusqu'à nos jours d'une Anthologie historique des lectures érotiques, dont il fait précéder chaque extrait d'un texte de présentation historique. La publication des cinq volumes sera échelonnée de 1979 à 2001. Entre le pénultième et le dernier volume, il rédige la biographie du Marquis de Sade en trois volumes.

 

En 1982, il révèle Brigitte Lozerec'h en publiant son premier roman L'Intérimaire, en coédition avec Julliard. Ce livre connaît un immense succès et est traduit en plusieurs langues. En fin d'année, il entame une riche collaboration avec Annie Le Brun en publiant son mémorable essai sur la fascination pour le roman noir : Les châteaux de la subversion puis, plus tard, sous sa marque "Pauvert", une introduction d'Annie Le Brun aux œuvres complètes de Sade : Soudain un bloc d'abîme, Sade.

 

De 1981 à 1983, il publie deux romans de Françoise Sagan : Un orage immobile en coédition avec les Éditions Julliard, puis La femme fardée en coédition avec Ramsay. Ce dernier demeure le plus fourni, le plus épais de toute l’œuvre de Sagan avec ses 500 pages.

 

En 1991, Il dirige la réédition des œuvres de Guy Debord aux éditions Gallimard.

Il est le père de quatre enfants, dont Camille Deforges, fille de Régine Deforges, qu'il a reconnue quand elle a eu quarante ans.

Il a épousé Brigitte Lozerec'h le 25 avril 2014 à la mairie du Rayol-Canadel-sur-Mer, comme l'a révélé le quotidien Var-Matin du 26 avril 2014.

Œuvres

  • Anthologie historique des lectures érotiques, 5 volumes aux éditions Stock. Tome 5: De l'infini au zéro, 1985-2000, publié en 2001
  • Sade vivant, 3 volumes, éd. Robert Laffont, 1986-1990. Prix des Deux Magots, réédition, éd. Tripode, Octobre 2013
  • Nouveaux (et moins nouveaux) visages de la censure, suivi de l'Affaire Sade, éd. Les Belles Lettres, 1994
  • L'Amour à la française, ou l'Exception étrange, éd. du Rocher, 1997
  • Apollinaire et Monaco, éd. du Rocher, 1999
  • La Littérature érotique, éd. Flammarion/Dominos, 2000
  • La Traversée du livre, Tome 1, éd. Viviane Hamy, 2004
  • Métamorphose du sentiment érotique, éd. Jean-Claude Lattès, 2011
  • Mes lectures amoureuses, éd. La Musardine, 2011
  • Sade vivant réédition en un seul volume (1200 p.), éd. Tripode, 2013
Correspondance
  • Guy Debord, Correspondance, volume 7, Fayard, 2008.
    Les lettres de Guy Debord à Jean-Jacques Pauvert sont regroupées dans ce volume.

Références

  1. Alain Beuve-Méry, « Jean-Jacques Pauvert, éditeur légendaire et atypique, est mort » [archive], sur Le Monde,‎ 27 septembre 2014 (consulté le 28 septembre 2014)
  2. Signalons que les Éditions du Scorpion éditèrent Sade sous leur nom et de façon non clandestine en 1946.
  3. Jean-Jacques Pauvert, La Traversée du livre, Mémoires, Paris, Viviane Hamy, 2004, p. 390-392.
  4. Jacques Chardonne, Paul Morand, Lucien Rebatet, le retour des pestiférés [archive], Jérôme Dupuis, lexpress.fr, 15 février 2013
Jean-Jacques Pauvert, le franc-tireur
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JEAN-JACQUES PAUVERT [1926-2014] 
Ma vie en texte
Jean-Jacques Pauvert, le franc-tireur
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L’éditeur Jean-Jacques Pauvert est mort samedi à l’âge de 88 ans. Il fut le premier, en 1947, à oser publier intégralement Sade, mettant à l’époque son nom et son adresse sur les couvertures des livres. Il avait tout juste 21 ans, et débutait une carrière qui sera tumultueuse. Pauvert publiera aussi le roman érotique «Histoire d’O».

Le Tripode, la maison d’édition de «Sade vivant» de Pauvert, réédité l’an dernier, rend hommage ce dimanche à ce «grand éditeur». «Se moquant de la censure et des manuels de savoir-vivre, il a révolutionné le monde de l’édition par la force de ses choix, sa fidélité aux textes qu’il aimait et la beauté graphique de ses livres», écrit Le Tripode, qui  publie dans son communiqué un texte de Jean-Jacques Pauvert datant de 1947.

«A 20 ans, Jean-Jacques Pauvert écrivait un bref manifeste sur ce qu’il voulait vivre. Il y ajouta quelques mois après des commentaires ironiques sur la naïveté de la jeunesse et publia le tout sous forme de plaquette. Nous reproduisons l’essentiel de ces deux textes ci-dessous, en témoignant qu’il y aura été fidèle jusqu’au bout.»

«Ouvrir un lieu d’asile aux esprits singuliers»

Voilà ce qui s’est passé. On s’était battu pour la liberté d’expression, et puis quand on l’a eue, on n’en a pas profité. Ce n’est pas grave. C’est un oubli. Certains prétendaient qu’on avait seulement oublié de penser. C’est impossible. Des tonnes d’imprimés inondent chaque mois, chaque semaine, le monde des lettres. S’il n’y avait pas un gramme de pensée là-dedans, ça se saurait. Ce n’est pas le cas. Ces gens-là sont plein d’intelligence. Ils en débordent. Le monde des lettres étouffe sous l’intelligence. Il est aux mains des professeurs. L’époque est venue où, loin de contredire la sottise, il s’agit de contredire l’intelligence. C’est Jean Cocteau qui le dit. Et c’est exact. Les professeurs ont beaucoup d’idées. Mais la littérature se fait avec des mots. C’est pourquoi, malgré les apparences, il est si rarement question de littérature, maintenant, dans le monde des lettres françaises. Il y a là une lacune. Si je dis qu’il y a une lacune, évidemment je pense que nous allons la combler. Et réparer l’oubli dont je parlais. Car on s’occupe mal de l’art quand on n’a pas l’esprit libre.

Ne croyez pas que la liberté d’esprit suppose l’indifférence. Nous avons des convictions. Une en tout cas. Nous pensons qu’il n’est pas nécessaire d’être «engagé» pour s’occuper d’art. Entendons-nous bien. Nous ne voulons pas dire que l’artiste ne doit pas être engagé. Nous disons que son engagement nous est bien égal et qu’il n’entrera pas en ligne de compte quand nous jugerons l’œuvre. Bien sûr, la politique est importante. Mais nous nous occupons d’art. Ça n’a aucun rapport, évidemment.

(...)

Nous n’avons pas envie de nous engager. Nous n’avons pas l’esprit de sacrifice. Nous n’avons pas le sentiment du devoir. Nous n’avons pas le respect des cadavres. Nous voulons vivre. Est-ce si difficile ? Le monde sera bientôt aux mains des polices secrètes et des directeurs de conscience. Tout sera engagé. Tout servira. Mais nous ? Nous ne voulons servir à rien. Nous ne voulons pas que l’on nous utilise. Une pluie de cendres enfouit lentement la terre sous l’ennui et la contrainte. Les hommes, un à un, rejoignent leur affectation dans les troupeaux .Nous, nous sommes les innocents du village. Nous jouons avec les filles, le soleil ou la littérature. Avec notre vie aussi, à l’occasion. Nous en ferons n’importe quoi plutôt que de la porter aux grandes machines à tout utiliser. Il est dangereux d’enlever leur part de soleil aux innocents.

Vous avez cru que les hommes n’étaient plus bons qu’à choisir leur côté de la barricade et encore. Vous avez cru que tout était en place et qu’on pouvait commencer. Cherchez bien. Ne sentez-vous pas qu’il y a encore des êtres dont le bonheur n’est pas dans la servitude. Pour qui la poésie n’est pas encore une arme. Pour qui le merveilleux n’a pas quitté la terre. Les jours de notre vie, nous les sentons qui passent. Heure par heure. Pour toujours. Les jours de notre vie ne vous serviront pas. Avez-vous cru vraiment que tout était réglé ? Avez-vous cru vraiment pouvoir compte sur tout ?

Cette vie menacée, cette vie sans issue, nous sommes encore quelques-uns à en sentir le prix. La vie est trop précieuse pour être utilisée.

Je m’excuse. Je m’égarais. Mais il n’est jamais inutile de dire ce qu’on pense. Et ne croyez pas, à ce sujet, que je vienne de définir la tendance d’une équipe J’ai choqué profondément plusieurs de mes camarades. Ils vous le diront quelques pages plus loin. Si j’ai une conviction, ce n’est pas pour l’imposer. À l’heure où les deux camps battent le rassemblement derrière leurs murailles, j’ai voulu accueillir les esprits déserteurs. J’ai voulu accueillir les esprits libérés. Existe-t-il encore des journaux sans consignes ? Peut-on trouver encore des artistes sans haine, ou sans soumission ? Des créateurs solitaires, des poètes sans parti ? Il fallait bien leur donner refuge quelque part.

Ouvrir un lieu d’asile aux esprits singuliers.

(...)

Moi, dans vingt ans, j’en aurai quarante. J’aime bien aller jusqu’au bout de ce que je pense. ça m’a amené à avoir des principes. Bien sûr, Dieu n’existe pas. Évidemment, rien n’a de raison d’être. Alors il faut bien que je prenne tout ça en main. Je choisis de vivre. Je m’appelle Jean-Jacques Pauvert. Je vais construire ma vie sur mes idées. Sur le goût de l’élégance, de la civilité, de l’art. Sur le respect de la parole donnée. Sur le mépris de choses trop nombreuses pour que je les dise. Et je fais imprimer ceci pour que, quand j’aurai quarante ans, si je n’ai pas tenu, il y ait autour de moi pour se marrer beaucoup de petits camarades qui ne me vaudront pas.

Achevé d’imprimer en février 1947 sur les presses de l’imprimerie Van Daele à Paris.

LIBERATION Maison d'édition
 
Jean-Jacques Pauvert, mort d'un franc tireur de l'édition
 
Jean-Jacques Pauvert, le franc-tireur
Jean-Jacques Pauvert, le franc-tireur
Jean-Jacques Pauvert, le franc-tireur
Jean-Jacques Pauvert, le franc-tireur
Jean-Jacques Pauvert, le franc-tireur
Jean-Jacques Pauvert, le franc-tireur
Jean-Jacques Pauvert, le franc-tireur

Jean-Jacques Pauvert, qui fut le premier à oser publier intégralement Sade et Histoire d'O, est décédé à l'âge de 88 ans.

 

 

afp.com/Loic Venance

 

Il fut le premier à oser publier intégralement le marquis de Sade, fut l'éditeur d'Histoire d'O:

Jean-Jacques Pauvert est mort samedi, à 88 ans. 

Jean-Jacques Pauvert avait été victime d'un AVC, le troisième, en août dernier. 

Il s'est éteint dans un hôpital de Toulon. C'est Camille Deforges qui a annoncé la nouvelle. Sa mère, l'écrivaine et éditrice, elle aussi sulfureuse, Régine Deforges, est décédée en avril dernier

"Mon père était un très grand éditeur, un défenseur des libertés contre toute forme de censure. Comme ma mère, ils étaient des êtres libres", s'est-elle émue. 

La ministre de la Culture, Fleur Pellerin, a elle aussi rendu hommage à un "audacieux défenseur de la liberté, se défiant de toute censure". 

A 21 ans, pour la première fois dans l'histoire de l'édition, Jean-Jacques Pauvert avait publié intégralement le marquis de Sade, mettant son nom et son adresse sur les couvertures des livres, ce qui l'entraînera dans un procès de sept ans. Le début d'une carrière tumultueuse. 

Il est également connu pour avoir édité en 1954 l'iconique Histoire d'O, de Pauline Réage, la mystérieuse. On sait aujourd'hui que ce roman est l'oeuvre de Dominique Aury, qui fut secrétaire générale de la Nouvelle Revue française (NRF). 

Jean-Jacques Pauvert avait raconté ses nombreux faits d'armes éditoriaux dans ses Mémoires, dont le premier tome La traversée du livre, fut publié il y a 10 ans. Le second tome, en projet, est encore inédit. 

Son histoire est d'abord celle d'une précocité. Né en 1926, ce cancre entre en 1942 chez Gallimard, comme apprenti-vendeur.  

Engagé dans la Résistance, il fait, à 16 ans, de la prison en Allemagne. A 19 ans, il édite son premier livre, un texte de Jean-Paul Sartre. "Je crois que j'ai été le plus jeune éditeur de France", se félicitera-t-il. Puis, c'est l'aventure de Sade, sur lequel il écrira, longtemps après, plusieurs ouvrages. 

A la fin des années 60, il est patron d'une importante maison, puis d'une deuxième, puis d'une librairie qui vend par correspondance dans le monde entier. 

Jean-Jacques Pauvert a accumulé les procès

"JJP", moustache et lunettes, a notamment relancé la carrière d'un auteur qu'on ne lisait guère, Boris Vian, a ressuscité Raymond Roussel, édité Malraux, Aymé, Gide, Queneau, puis André Hardellet ou Albertine Sarrazin. Il a été le dernier éditeur d'André Breton et a sorti Georges Bataille de la clandestinité. 

Parallèlement, il a lancé de surprenantes maquettes de livres et une nouvelle édition du Littré. 

Privé de ses droits civiques, il a accumulé les procès contre "les lois absurdes qui, depuis 1945, font l'armature de la censure française". Un tiers du chapitre consacré à la censure dans l'ouvrage de référence, L'édition française depuis 1945, se rapporte à Jean-Jacques Pauvert. 

"Moi quand j'avais un procès ça me rendait plutôt combatif", s'amusait-il. 

Il a raconté dans ses mémoires le "silence assourdissant" qui a accueilli à sa sortie Histoire d'O. La première année est, pour la carrière du livre, une "catastrophe". Seuls les juges s'y intéressent. Albert Camus lui répète que "jamais une femme ne pourrait imaginer des choses pareilles!".  

Il avait récupéré le manuscrit auprès d'un autre éditeur contre un chèque sans provisions de 100 000 francs. 

"Je crois avoir été un bon commerçant, oui. Quelques fois avec un peu d'avance évidemment", se jugeait-il. 

Avec

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/culture/livre/jean-jacques-pauvert-mort-d-un-editeur-sulfureux_1579887.html#xIvBi7WH0g7S8m6J.99

      "La Traversée du livre", de Jean-Jacques Pauvert

La-Traversee-du-livre.jpg

 

PAUVERT (Jean-Jacques), La Traversée du livre, [s.l.], Viviane Hamy, 2004, 478 p. + XXXII p. de pl.

 

Où l’on poursuit les lectures « éditoriales », avec ce qui constituera sans doute ma dernière fiche de lecture, après La Sagesse de l’éditeur de Hubert Nyssen et Une histoire de la lecture d’Alberto Manguel (je vais être trop court pour le Gaston Gallimard. Un demi-siècle d’édition française de Pierre Assouline, ce qui ne m’empêchera pas d’en faire une lecture prioritaire). Cette fois, je m’attaque donc à La Traversée du livre de Jean-Jacques Pauvert, premier tome des mémoires de l’éditeur franc-tireur, couvrant une période allant en gros de son enfance à mai 68 (sa bibliographie en tête de volume indique bien un Mémoires II : 1968-2004, mais je n’en ai pas trouvé de trace ailleurs ; ou, plus exactement, d'après Wikipedouille, en juillet 2009, il était toujours en cours de rédaction, alors, bon…?).

 

Pourquoi Pauvert, me direz-vous ? Essentiellement parce que Sade. Voilà. Je ne connaissais l’éditeur que de réputation, mais je savais qu’il s’était fait un nom et une réputation en publiant l’impubliable, et notamment les œuvres complètes du Divin Marquis. Or le Donatien Alphonse François fait partie des écrivains qui ont compté pour moi, et la problématique de la censure, et plus largement des frictions entre la morale et le droit, m’a toujours très fortement intéressé. C’est très largement pour cette raison que je me suis intéressé à La Traversée du livre : je voulais en savoir plus sur le sulfureux éditeur, et sur ses autres sulfureuses éditions.

 

Le moins que l’on puisse dire est que je n’ai pas été déçu du voyage. Et que j’ai découvert dans ces passionnantes mémoires un portrait fascinant, souvent drôle, parfois attachant, parfois un brin agaçant aussi, assez souvent féroce également, d’un éditeur « malgré lui », mais d’un éditeur modèle. Du moins sur un versant utopique, dirons-nous ; puisqu’il s’agit clairement là d’un éditeur qui n’a jamais fait de concessions, et qui n’a publié que ce qu’il aimait, mais tout ce qu’il aimait, contre vents et marées.

 

« Ainsi, Monsieur, vous voulez donc travailler dans le livre… » Le Monsieur en question, c’est Jean-Jacques Pauvert, élève médiocre, à peine âgé de quinze ans. L’interlocuteur s’appelle Gaston Gallimard. Nous sommes en 1941, et le petit Jean-Jacques va trouver du travail à la librairie Gallimard. Premier contact avec le monde du livre, et bientôt avec les auteurs de la NRF. C’est l’Occupation. Le jeune homme, presque naïvement, fait de temps à autre le commis pour la Résistance. En essayant de passer en zone « libre », il est arrêté par les Allemands et fait un peu de prison. Il participe à peine à la Libération – à Toulouse, tiens.

 

Puis il reprend ses activités de libraire, mais plus ou moins à son compte. Il est assez connaisseur en matière de livres rares. Puis il est pris de l’envie de fonder une revue – Le Palimugre – et d’éditer quelques petits ouvrages, comme par exemple une Explication de L’Étranger de Camus par Sartre. Il édite aussi des lettres inédites de Flaubert… qui font jaser. C’est que le Gustave y parle crûment, pas comme dans la correspondance « amendée » (!) que l’on publiait jusqu’alors !

 

En attendant, Pauvert continue de se lier avec des auteurs – Jean Genet, notamment –, et germe en lui un projet ambitieux : éditer les œuvres complètes du marquis de Sade. Officiellement, et pas sous le manteau. Au début, on lui recommande d’y aller doucement : l’Idée sur les romans, préface aux Crimes de l’amour, par exemple, ça va, ça. Mais lui entend aller plus loin. Et c’est ce qu’il fait, en commençant par l’Histoire de Juliette. Ce qui ne tarde pas à lui valoir des ennuis avec la Mondaine, et une réputation de pornographe. Les livres se vendent mal, d’ailleurs, et à des clients pas toujours très au fait de ce que sont au juste les œuvres de Sade… Mais Pauvert persévère. Suivront La Nouvelle Justine, La Philosophie dans le boudoir et, bien sûr, Les 120 Journées de Sodome : bref, tous les écrits « ésotériques » de Sade, ses textes « pornographiques » à proprement parler. Ce qui débouchera sur « l’Affaire Sade », un procès retentissant, qui devient celui de la censure contre la liberté d’expression et d’impression, procès que perd Pauvert en première instance, mais qui devient une semi-victoire en appel (Pauvert bénéficiant du sursis, il poursuit l’impression… sans plus craindre ni amende ni destruction !).

 

Il faut dire que la réputation de Pauvert ne s’était pas arrangée, entre-temps, du fait d’une autre publication, contemporaine cette fois – et je passe outre certains textes de Bataille, de Genet ou d’Aragon assez salés… –, passée d’abord assez inaperçue, mais qui a fini par rencontrer un grand écho et par faire sacrément jaser, une fois de plus : Histoire d’O de Pauline Réage (de son vrai nom Dominique Aury, une amie de Pauvert) ; là aussi, on n’est pas passé loin du procès (la Commission du livre voulait poursuivre), même si on s’est finalement contenté des trois interdictions (vente aux mineurs, affichage, publicité). Un livre qui traîne depuis bien trop longtemps dans mon étagère de chevet, d’ailleurs ; je l’avance illico.

 

Mais Pauvert, ce n’est pas que « cette littérature-là », même si l’érotisme a toujours eu une certaine importance dans son catalogue. C’est aussi, par exemple, Le Voleur de Georges Darien, dont on m’a dit le plus grand bien (faudrait que j’arrive à mettre la main dessus…) ; la réédition du Littré ; les Œuvres poétiques complètes de Victor Hugo en un volume (!) ; de belles éditions des Liaisons dangereuses ou de L’Ève future, des manifestes surréalistes et dada, des romans de Boris Vian, d’Alice au pays des merveilles et De l’autre côté du miroir de Lewis Carroll, et de La Chasse au Snark du même, de Melmoth de Mathurin ; L’Histoire de l’art d’Élie Faure ; et aussi bien des traités d’alchimie que des pamphlets libéraux ou libertaires (sous des couvertures révolutionnaires), ou encore les dessins de Siné, de Wolinski, de Gébé, de Chaval, etc. (L’Enragé de mai 68 inclus).

 

Et Jean-Jacques Pauvert de raconter toute cette aventure éditoriale de sa plume incisive et mordante, avec un franc-parler qui n’épargne rien ni personne, pas même lui, d’ailleurs ; il ne gomme rien de son passé, quand bien même on peut sentir à l’occasion une certaine gêne, malgré tout (ainsi quand il évoque sa liaison, de toute façon connue, avec Régine Deforges).

 

Le résultat est un ouvrage passionnant de bout en bout, riche en passages savoureux et portraits croustillants, en anecdotes étonnantes et en réflexions pertinentes. On a pu dire de Jean-Jacques Pauvert qu’il avait « inventé les années 1960 ». C’est sans doute aller un peu loin… Mais on peut sans l’ombre d’un doute lui reconnaître un talent de visionnaire, un certain génie, même, qui en fait un des très grands éditeurs français du siècle. Certes, on est bien loin, avec lui, des tirages énormes des plus grandes maisons d’édition, ou des avalanches de prix littéraires des éditeurs les plus prestigieux ; mais rarement aura-t-on vu un éditeur aussi ancré dans son temps, et aussi lucide sur son époque et sur son milieu. D’où une infinité de polémiques, mais dont il est toujours sorti la tête haute…

 

 Aussi cet hypothétique deuxième tome de ses mémoires m’intrigue-t-il ; j’ai l’impression qu’il n’est toujours qu’à l’état de projet, et peut-être ne verra-t-il jamais le jour ; mais j’espère me tromper. Et, dans ce cas, j’ai hâte de le lire. Parce que je suis sûr d’une chose : c’est que cet homme-là a encore beaucoup de choses à dire.

Jean-Jacques Pauvert, le franc-tireur
Jean-Jacques Pauvert, le franc-tireur
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23 octobre 2014 4 23 /10 /octobre /2014 15:23

hubert,grooteclaes,léo,ferré-3583b923f474858f47b0c0b79467Il fut mon ami entre 1964 et 1971, date à laquelle j'ai quitté Liège pour Libramont... (Christian Vancau). Voir ma biographie 201-année 1987 http://www.christianvancautotems.org

 

Biographie.
 

par Marc Vausort
in « Hubert Grooteclaes. Un rêve prémédité »,
Charleroi, Musée de la Photographie, 1995 – pp. 127-135.

Texte reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur.


1927

Naissance, le 6 novembre d'Hubert Grooteclaes à Aubel (pays de Herve). Ses parents, Antoine Grooteclaes et Clémentine Laixhay, sont fromagers. Sa sœur Yvonne est née en 1925.
« Finalement, je crois que j'aurais voulu rester gosse. J'ai eu une enfance heureuse ». (¹)
Études classiques au Collège St Hadelin à Visé.
« Je n'ai pas terminé mes études, j'en avais horreur ». (²)

¹ .Émission de Paul Libens, texte dactylographié, non publié.
². Cité par Jacqueline Remits, in LeVif-L'Express, 11 juillet 1986

 

1933
Décès accidentel de son père.

 

1944
Quitte l'école. Il pense à une carrière artistique mais les difficultés de l'après-guerre contrarient ses projets. « Je suis resté à la maison à faire du fromage avec ma mère jusqu'à l'âge de 27 ans ». (3)
Après le travail, le soir, il colorie les portraits de célébrités du monde du spectacle.

3. Cité par Jacqueline Remits, in LeVif-L'Express, 11 juillet 1986

 

1947
Sa mère lui offre son premier appareil, un Zeiss Ikon 6x9 avec un télémètre. Il réalise en autodidacte ses premières photographies et manipulations: superposition de négatifs qu'il fait développer par un professionnel. « Faire ce que les autres ne faisaient pas était mon obsession. Je voulais sortir du lot. Je reconnais que ce n'est pas une qualité ».(4) Jusqu'en 1954, il pratique la photographie en amateur tout en continuant à travailler dans l'entreprise familiale.

4. Cité par Jacqueline Remits, in LeVif-L'Express, 11 juillet 1986

 

1951
Découvre sa vocation de portraitiste en photographiant Yves Deniaud, Raymond Pellegrin et Daniel Yvernel venus tourner près d'Aubel, sous la direction d'Henri Storck, « Le banquet des fraudeurs »(5).

http://www.fondshenristorck.be/index.php?page=shop.product_details&flypage=shop.flypage&product_id=6&category_id=1&manufacturer_id=0&option=com_virtuemart&Itemid=50&vmcchk=1&Itemid=50

5. Cité par Jean-Francis Dechesne, in Samedi, n° 879, 28 mars 1970

 

 

1953
Voyage à Barcelone

 

1954
Entre comme stagiaire chez le photographe portraitiste Werres, installé boulevard de la Sauvenière à Liège. L'enseignement de la photographie est alors inexistant en Belgique. « J'étais allé 6 mois chez un patron qui ne m'a rien appris, comme tous les patrons. Lorsque je suis entré chez lui, il s'est couché dans son lit qui, 6 mois plus tard devait être son lit de mort. Photographe commercial prospère, renommé pour ses portraits « flous » des enfants royaux, il employait en 1945 vingt-quatre personnes [...], le chiffre d'affaires était alors de 12 millions de fb. Il est évident qu'à cette cadence, la qualité! Les flous de bougé, les mauvaises mises au point, tout passait sur le compte du flou dit « artistique » [...], il n'était plus photographe, mais industriel ». (6)

6. Texte dactylographié, non daté.

 

1955

 

Ouvre un studio de portrait. Situé Galerie Cathédrale à Liège, le lieu est exigu (40 m²). Le laboratoire est aménagé en sous-sol. « En 1955, j'ai choisi un métier qui me mettait en contact avec quelque chose que je considérais comme important: à savoir la tête de l'homme. Pendant 18 ans, je me suis fait la main sur la gueule des gens, comme ça, quotidiennement. A défaut d'avoir acquis une technique certaine, j'avais au moins assimilé une certaine technique. J'ai fait grosso modo 70000 portraits ».(7) A cette époque, le portrait est la discipline photographique qu'il préfère, celle aussi qui lui coûte le moins d'efforts. N'étant pas « technicien »(8), il engage deux personnes précédemment employées par Werres. La première année est difficile, il perd 400.000 frs. Il apprend le métier sur le tas. «Je pensais qu'il était possible de faire de la bonne photo en tirant le meilleur parti des gens qui voulaient se faire photographier. Quand j'avais un client, une cliente, particulièrement photogéniques ou intéressants, je perdais vraiment de l'argent car je multipliais les poses, pour le plaisir. Il m'a fallu 10 ans pour comprendre que la grande majorité des gens ne cherchaient pas dans le portrait photographique autre chose qu'un banal reflet d'eux-mêmes»(9).

Parallèlement à ses activités professionnelles, trop souvent routinières, il se rend dans les coulisses du théâtre du Gymnase pour saisir le visage des comédiens français des Galas Karsenty. Il photographie ainsi, avec un spot et sa chambre de studio, pendant l'entracte et en quelques minutes, Romy Schneider, Yves Montand, Bernard Blier, Danièle Delorme, Louis de Funès... «Ces gens-là sont automatiquement photogéniques»(10). «En deux minutes, j'ai réussi à faire cinq plaques de Jean Marais; mon but n'était pas vraiment commercial, je voulais pouvoir étudier des visages expressifs, ceux des professionnels du spectacle»(11).grooteclaes hubert-portrait de jean marais ~300~10743 20111

7. Plaidoyer pour une école d'art photographique [texte dactylographié, non daté]
8. Hubert Grooteclaes a toujours été plus attentif au sujet qu'à la technique. Son matériel se composait des appareils Hasselblad (6x6), Bronica (6x6), Nikon (24x36), Linhof (4x5). Il travaillait avec un agrandisseur Durst.
9. Cité par Pierre Stiévenart et Claude Michaux, in Labo, n°4,juin-juillet 1977.
10. Ph. Lambert-Galliac, Télé-Moustique. 28 juin 1984, p.35.
11.Labo, n°4, juin-juillet 1977.

1958

Épouse Ninette (Renée Halbart), le 15 juillet. Voyage de noces à Paris.

 

1959hubert,grooteclaes,léo,ferré-d7a1195f2d5b9b2456ea8c4be49f
Rencontre Léo Ferré. La tête de Léo Ferré avait déjà fasciné Hubert Grooteclaes avant 1955 à Bruxelles, où un portrait du chanteur était exposé chez le photographe Cayet. «J'avais trouvé cette tête extraordinaire, je connaissais quelques-unes de ses chansons. Je me suis dit, si un jour je pouvais le rencontrer, ce serait formidable» (12). « Je l'ai connu en 1959 au Palais des Congrès de Liège, où il se produisait à l'occasion d'un bal des étudiants. [...] je l'ai photographié, je lui ai
envoyé les épreuves, et il m'a répondu: «Formidable. Venez à Paris». On est devenu amis. Pour moi, avoir rencontré Ferré, c'est mieux que la photo»(13). «Léo ferré a plus d'images dans ses textes que moi dans mon appareil». Hubert Grooteclaes partage avec Léo Ferré le même goût de l'anarchie, cette «négation de toute autorité d'où qu'elle vienne» (14)
. «Je pourrais faire cent clichés de Brassens, ils seraient tous les mêmes ou, plutôt, le centième ne m'en apprendrait pas plus sur lui que le premier. Brassens est monolithique. Par contre, je n'aurai jamais assez de pellicule pour exprimer les mille visages de Ferré. Il est comique, tragique, badin, il est féroce et un de ses traits se déplace-t-il d'une seule ride que tout est à revoir, à recommencer, à redécouvrir»(15).michel-galand_2323253_Hubert-copie-1.jpgimagew.php1452271 3343800hubert,grooteclaes,léo,ferré,pepée-91ebe0a5b02d-copie-14c7a62790274b

Les séjours de la famille Grooteclaes en Toscane, où Ferré s'installe en 1968, sont fréquents.tumblr ldadexKare1qcl8ymo1 500MMM ferre 40X60Leo-Ferre- c -H-Grooteclaes-light
Avec d'autres photographes, il est invité par le Palais Royal de Bruxelles à photographier le Roi Baudouin et la future Reine Fabiola à l'occasion de leurs fiançailles. Hubert Grooteclaes est également présent lors du mariage royal en 1960.grooteclaes-hubert024

Naissance de Marianne Grooteclaes, le 15 décembre.4cd098068e3a1

12. Vincent de Waleffe, Hubert Grooteclaes, Recherches graphiques, 1964-1972, Liège, 1981 [texte dactylographié, non publié].
13. Ph. Lambert-Galliac, op. Cit.
14. Ibid.
15. Pourquoi Pas?, n°2350, 13 décembre 1963.

 

1962
Naissance de Pascale Grooteclaes, le 4 juin.56309

 

1963-1973
À partir de 1963, crée ses premiers photographismes. Son studio de portrait, moins prospère, lui laisse du temps pour la recherche et l'expérimentation. «Être en recherche, c'est continuer à travailler. Essayer d'arriver à montrer ce qu'on ne voit pas, ce que les autres ne montrent pas. C'est cela que j'aime, parce que c'est très difficile»(16). Il réalise des sérigraphies, tirages au trait, déformations, trucages, effets de symétrie, reports sur toile utilisant des couleurs pures en aplats, «j'étais donc devenu un peintre, j'avais gagné mon pari secret de faire entrer la photographie dans les galeries de peinture»(17). «Un beau jour, j'ai eu l'idée de numéroter mes clichés pour leur classement. Arrivé au sept-centième, je me suis arrêté, horrifié par ce chiffre. Je venais de m'apercevoir que je ne faisais plus que des chiffres»(18). Je ne suis pas de chez vousgrooteclaes-collection

"Je ne suis pas de chez vous"

 

À cette époque, ses images sont abondamment publiées dans le monde, dans des revues et magazines. Elles seront aussi utilisées pour des affiches et des pochettes de disques (Léo Ferré, Jacques Brel, Charles Aznavour, Françoise Hardy, Sammy Davis Junior).Bobino090120044938336183022050

16. Cité par Pierre Bastin, in La Wallonie, 2 avril 1993.
17. H. Grooteclaes, Toulouse, Galerie Municipale du Château d'Eau, 1981.
18. Ibid.
1964Première publication dans Photography Annual

 

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1965
Première exposition de photographies au Show-Room Kodak, avenue de la Toison d'Or, à Bruxelles. Il accompagne Léo Ferré en tournée à Montréal durant une dizaine de jours et, au retour, s'arrête à New York. Il achète, pour l'offrir à Léo Ferré, le livre de William Klein sur New York.

Entre 1965 et 1979, il collabore occasionnellement à l'hebdomadaire bruxellois d'information Spécial. «J'ai fait quelques couvertures, mais je ne suis pas le reporter qu'on peut envoyer sur un fait et en rapporter rapidement une photo»(19).grooteclaes-hubert048

19. Vincent de Waleffe, op cit. p. 16.

1965-1970
Membre fondateur du groupe Photo-Graphie. Créé le 29 novembre 1965, le groupe se compose des photographes Yves Auquier (président), Pierre Cordier (vice-président), Gilbert De Keyser (secrétaire), Julien Coulommier, Hubert Grooteclaes (membres), du graphiste Roland Denaeyer, de René Léonard (à l'époque, conseiller adjoint au Ministère de la Culture) et du photographe et critique Jacques Meuris. L'ASBL, financée et patronnée par le Ministère de l'Éducation nationale et de la Culture, a pour objet la promotion de la photographie de qualité, tant en Belgique qu'à l'étranger. Constitué d'artistes et de personnalités aux points de vue souvent divergents, le groupe, relativement informel, se dissout en 1970. « II avait atteint ses objectifs: il fallait montrer la photographie, en parler «autrement»(20). Les membres du groupe sont liés par une même volonté de conquérir un statut d'auteur au même titre que les artistes plasticiens.

20. Gilbert De Keyser, in Gilbert De Keyser, Charleroi, Musée de la Photographie. 1993.hubert,grooteclaes,léo,ferré-d64de94b05e7d6406bdd5a7bf5ca

 

1966
Naissance de Madeleine Grooteclaes, le 25 septembre.4ca77e8372a8e

 

1968-1969
Premières projections de photographismes sur toiles et transposition au moyen de couleurs acryliques.

 

1971
Accepte un poste d'enseignant à l'Institut supérieur des Beaux-Arts, St-Luc à Liège. Il signe son contrat le 4 janvier 1971. L'enseignement, qu'il considère comme une «anti-référence face à la photographie»(21) n'a jamais été pour lui un idéal, encore moins une vocation. Obligatoire en Belgique pour accéder à la profession de photographe, l'école «[...] sert à aller plus vite, à faire moins de bêtises» (22). Hubert Grooteclaes occupe pendant plus de vingt ans un poste d'enseignant parce qu'il aime les jeunes et que pour eux, il va essayer de changer les choses  5706

«[...] car tout est à changer»(23).
«je voudrais que l'école soit un lieu où je pourrais motiver les motivables [...]. Un lieu où il n'est pas interdit de s'épanouir. Une rencontre où se faciliteraient les choses compliquées plutôt qu'une «statistique de la contrainte» et un endroit où se compliquent les choses simples. Mon cours est un travail, jamais terminé, à la recherche de l'homme et de son quotidien. [...] J'ai apporté l'inconfort à l'école pour faire changer les choses. Il faut ouvrir les yeux aux gens. Il faut ouvrir les yeux aux jeunes»(24). Dans son enseignement, Hubert Grooteclaes n'a rien du professeur directif. Il est hors convention, déteste les théories, les discours, les cotes chiffrées «[...] si tous les professeurs ne donnaient que ce qu'ils savent [...] et ne jugeaient que ce qu'ils sont en mesure de juger [...], l'école serait formidable»(25). Jean-Luc Deru, enseignant à St-Luc et qui fut son élève, raconte: «En début d'année scolaire, il commençait par tout critiquer, nous disait que l'on vivait dans un pays où on ne fait que de la merde. Pour illustrer son propos, il montrait des affiches régionales, des billets de banque et le plan de la ville de Bruxelles qu'il confrontait à celui d'Amsterdam et il nous disait «ça c'est autre chose quand même... ça c'est formidable!». Il nous répétait souvent: «je n'hésiterai jamais à foutre des complexes à ceux qui n'en ont pas et à essayer d'en enlever à ceux qui en ont» (26).

Après quelques semaines, les élèves se forgeaient une opinion. Certains le suivaient, d'autres pas. «Hubert a toujours travaillé avec ceux qui lui semblaient avoir une personnalité intéressante»(27). Il donnait des thèmes simples à traiter: murs, affiche, usine, école, foire... «Il n'avait qu'un mot à la bouche: «beau», il fallait que ce soit beau»(28). «Je ne demande que quelque chose de beau, pas de rentable, ni de vendable. Le beau au prix du laid»(29). L'Homme, la poésie ou le spectacle dans la rue étaient parmi les thèmes proposés. «On y mettait ce qu'on voulait»(30). Il commentait peu les travaux de ses étudiants. «On lui montrait, individuellement, les planches-contacts. Il ne disait pas grand chose, il pointait les photos qu'il aimait bien et on les tirait. Lorsqu'on parlait, c'était d'autre chose: la peinture, l'architecture, la chanson»(31).
Il disait à ses élèves: «II faut vider le paysage que vous photographiez [...]. je veux dire qu'il faut y aller plusieurs fois, le voir sous tous les angles. Il ne faut pas rester à la surface des choses, il faut entrer »(32). Il attendait de ses élèves qu'ils le surprennent. Il leur faisait faire ce qu'il aurait aimé faire lui-même. «Je suis toujours à la recherche, chez les autres, de la photographie qui me fera pleurer de joie»(33). Jamais pourtant il n'a imposé sa manière. Au contraire, passionné, enthousiaste, il révélait à beaucoup leur propre potentiel et encourageait la créativité de chacun.images

Ses élèves, Jean-Paul Brohez, Thomas Chable, Michel Cleeren, Jean-Luc Deru, Vincent de Waleffe, Bernard Gille, Pierre Houcmant, Damien Hustinx, Alain Janssens, Anne Karthaus, Alain Kazinierakis, Olivier Lefèbvre, Sam Mohdad, Dominique Monjoie, Lucia Radochonska, Jean-Louis Vanesch, pour n'en citer que quelques-uns, se sont engagés dans leur propre voie et ont développé un style personnel. On peut aujourd'hui, grâce à l'enseignement d'Hubert Grooteclaes, parler d'une école liégeoise de photographie.

21. H. Grooteclaes, Toulouse, Galerie Municipale du Château d'Eau, 1981.
22. Cité par Pierre Bastin. in La Wallonie, 4 février 1987.
23. Le Nouveau Photo-Cinéma n°68, mai 1978.
24. Cité par Jeanine Joris-Musialski, in Télé-Moustique, n°284, 10 juillet 1980.
25. Texte dactylographié, [1973].
26. Jean-Luc Deru, étudiant en première année en 1975. Entretien du 29 novembre 1994.
27. Ibid.
28. Ibid.
29. Texte dactylographié, [1977].
30. Jean-Luc Deru, op. cit.
31. Ibid.
32. Cité par Vincent de Waleffe, op. Cit.
33. H. Grooteclaes, Toulouse, Galerie Municipale du Château d'Eau, 1981.Jardin du Luxmbourg

Le Jardin du Luxembourg"

1973
Abandonne définitivement son studio pour se consacrer totalement à l'enseignement. Voyage à Tokyo où il expose ses photographismes à l'invitation de Goro Kuramochi(34), avec le soutien de l'Ambassade de Belgique au Japon.
Cette même année, il abandonne les aplats et le trait au profit du flou, un «saut de carpe vers une nouvelle démarche qui demandait autant de rigueur, sinon plus, que la précédente»(35).
Il avait reçu d'un vieux retoucheur, au début des années 60, une optique des années 20. «Je l'ai mise sur mon agrandisseur et j'ai fait des photos dont je n'étais pas vraiment satisfait. J'ai persévéré [...] Il n'y a pas de truc, tout simplement des années de travail» (36). «Quand il y a un truc, cela ne vaut rien»(37).

Techniquement, il part d'un négatif net qu'il tire au moyen d'une optique Voïgtlander de 1925. À pleine ouverture, l'image est floue, lorsqu'on diaphragme, elle est nette. Il obtient les résultats voulus en combinant les expositions pour le flou et pour le net. Virée dans des teintes bistres et sépias, l'image est ensuite coloriée au moyen de crayons à l'huile. «Avec quoi je les colorie? Avec difficulté, avec rage, avec amour. Et avec un tout petit peu de couleur»(38). «Il m'arrive de passer des heures sur un cliché, pour rien! Car ici, l'interprétation se révèle capitale : je ne tire jamais deux photos de la même façon» (39). En 1973, il commence à utiliser le miroir.

34. 1939-2006, Fondateur de l'agence G.I.P., organisateur d'expositions et éditeur.
35. H. Grooteclaes, Toulouse, Galerie Municipale du Château d'Eau, 1981.
36. Je vais construire, n°79, mars 1985.
37. Télé-Moustique, n°284, 10 juillet 1980.
38. Le Soir, 10 octobre 1984.
39. Cité par Ph. Lambert-Galliac, in Télé-Moustique, 28 juin 1984.

1978
Réalise un générique pour la RTBF (Radio Télévision Belge Francophone) Liège.
À cette époque, et pendant les années 80, il travaille également comme photographe de plateau pour des émissions de la chaîne liégeoise.

 

Les 3 filles d'Hubert, Marianne,  Pascale et Madeleineimg230

1979
Du 2 au 8 juillet, maître de stage à Arles, à l'invitation de Lucien Clergue, lors des Rencontres Internationales de la Photographie. La manipulation de la réalité est le thème de son atelier. Des stages sont également donnés par Jerry Uelsmann, Leslie Krims, Ralph Gibson, Eikoh Hosoe, Pierre Cordier, Jean-Pierre Sudre, Denis Brihat...
Hubert Grooteclaes propose un stage sur le graphisme en photographie: tirage au trait, déformation, symétrie et autres trucages permettant la création d'une nouvelle figuration, mise en couleur des photos...

 

1980
Dans le cadre d'un échange culturel entre la Belgique et la Martinique, il reçoit une commande à l'occasion du Festival de la Guitare à Liège. Hubert Grooteclaes, dont la mère vient de décéder, part sans grand enthousiasme pour un séjour d'une semaine en Martinique. «Fort-de-France: un bidonville! On avait prévu une exposition à mon retour, j'ai dû m'échiner à travailler sur un sujet que je n'aimais pas du tout. En fin de compte, j'ai obtenu trente photos qui me plaisent beaucoup» (40). Intéressé par cette nouvelle expérience, il est dorénavant tout à fait disposé à répondre à de nouvelles commandes. Invité à Arles pour y donner un stage de reportage du 20 au 26 juillet. Le programme propose de partir à la découverte des gens et des choses par une autre photographie. Chaque étudiant doit choisir un événement de la vie journalière arlésienne et en rapporter une vision personnelle: la ville, les gens, la rue, la lumière, l'anecdote.

Participe avec treize autres photographes belges francophones, à la mission La pierre wallonne dans la Belgique romane, une commande de la Communauté française de Belgique.

40. Cité par Ph. Lambert-Galliac, in Télé-Moustique, 28 juin 1984.

1983
Maître de stage, avec Bernard Faucon, Jean-Louis Lebrun, Michel Saint-Jean, Philippe Salaün et Christian Vogt lors du 5e Festival photographique du Trégor à Lannion (France). Il donne également des stages à la Quinzaine de la Photographie à Cholet (France) et à l'École Nationale de Photographie à Arles.

1984
Publication de L'Éternité de l'Instant, aux Éditions du Perron à Liège. L'ouvrage comprend seize photographies accompagnées de seize textes inédits de Léo Ferré, la mise en page est signée Roger Potier. Le portfolio est édité à l'initiative du Groupe de Réflexion permanent pour la Promotion de Liège.

Du 9 au 14 juillet, maître de stage aux XVe Rencontres Internationales de la Photographie à Arles. Il travaille sur le thème des manipulations graphiques en photographie.

1985
Expose à la Galerie St-Luc à Liège avec quatre de ses anciens élèves: Jean-Luc Deru, Pierre Houcmant, Damien Hustinx et Alain Janssens. Le titre de l'exposition Devoirs libres, libres de voir... est imaginé par Joseph Orban qui est également l'auteur des textes du catalogue. Organisée par Jean-Luc Deru, l'exposition est un hommage à Hubert Grooteclaes, un témoignage de reconnaissance et d'amitié de ses élèves. Après Liège, elle a été présentée dans les galeries FNAC en France.

1986
Donne un stage les 26 et 27 avril à la Fondation Nationale de la Photographie à Lyon.

1987
Participe, durant l'été, à la mission Les Quatre saisons du Territoire dans le cadre du projet Les 101 Communes de l'Ain. Le paysage photographique est l'un des trois volets d'une action artistique envisagée sur quatre ans, autour des communes du Territoire de Belfort. Dix photographes y participent: Werner Hannapel, Manolo Laguillo, Mikaël Levin, Marc Deneyer, Hubert Grooteclaes, Marc Tulane, John Davies, Claude Caroly, Christian Meynen et Gilbert Fastenaekens. L'objectif de la mission est de «[...] contribuer concrètement, par la production d'œuvres, à la réflexion sur le paysage photographique contemporain»(41).

Chaque artiste doit produire pour chaque saison au moins cinq photographies pour chacune de ses dix communes. Les photographies d'Hubert Grooteclaes, tirées floues, sont des créations tout à fait personnelles. Il ne sera pourtant plus sollicité pour les autres saisons...

Première exposition rétrospective ( 174 photographies), du 2 au 31 octobre, salle Saint-Georges à Liège dans le cadre du premier Mois de la Photo mis sur pied par Jean-Luc Deru et Bernadette Noël des ASBL Périscope et Les Chiroux. «Rétrospective ? Une façon agréable de sentir que l'on devient vieux» (42).

41. Alain Buttard, Les 4 saisons du territoire – L'été, Belfort, Éditions Granit-CAC, 1988, p. 4.
42. Cité par Philippe Lambert, in Le Soir Illustré, 1987.

 

1988
Hubert Grooteclaes expose à la Benteler-Morgan Galleries à l'occasion du FotoFest à Houston, Texas.

 

1989
Voyage à Rome et à Florence. Il utilise plus systématiquement le miroir.
Invité, aux côtés de Paul Caponigro, Lewis Baltz, Joshua Cooper, André Gelpke et John Batho, à Alden Biesen (B) en tant que professeur extraordinaire. La photographie de paysage est le thème général du stage qui se déroule du 16 au 2l juillet.

 

1990
À la demande de Charles-Henri Favrod du Musée de l'Elysée à Lausanne, il propose sa vision de la Suisse. Ce travail de commande est exposé en même temps que les œuvres d'une cinquantaine de photographes au Musée d'Art et d'Histoire de Fribourg à l'occasion du 700e anniversaire de la Confédération Helvétique.
L'interruption de la commercialisation du papier hongrois Forte marque la fin de sa période floue.

1991
Voyage aux États-Unis et exposition à Rutherford (New Jersey) à la Artwall + B Gallery. Cette galerie, dirigée par la Liégeoise Danièle Kurtz, est consacrée à l'art belge contemporain.
Invité avec dix-neuf autres photographes belges francophones, à participer à la mission Regards Croisés pour la Communauté française de Belgique à l'initiative de Jean-Pierre Vlasselaer. Les photographes sont «[...] conviés à émettre leur vision d'un lieu qu'ils n'habitent pas [...] à exprimer par l'image un dialogue avec les villes et leurs habitants» (43). Hubert Grooteclaes choisit Bruxelles et s'intéresse plus particulièrement aux statues dans les parcs. En 1991, il prend part, avec les Belges Geert Bisschop, Marc Pierret, Bernard Bay, Bernard Dewil, Alexandre Vanautgaerden, le Français Maurice Muller, le Hollandais Luuk Kramer, et six ateliers d'initiation à la photographie pour jeunes, à la mission Anderlecht-Paysages urbains-Paysages humains à l'initiative de la Mission locale d'Anderlecht. Dans leur travail, les photographes interrogent le territoire urbain «[...] marqué par les non-lieux et une identité mouvante» (44). Alors que certains s'attachent à la périphérie de la commune, Hubert Grooteclaes explore les vestiges de la campagne dans l'univers urbain en introduisant le miroir dans le champ de l'image.

43. Jean-Pierre Vlasselaer, Regards croisés, Bruxelles, Ministère de la Communauté française de Belgique, 1991.
44. Alain de Wasseige, Anderlecht-Paysages urbains-Paysages humains, Mission locale d'Anderlecht, La Papeterie, 1992.

Pascale Grooteclaesgroote pascale-italie1982Sa fille Pascale Grooteclaes

1992
Séjour de trois semaines au Chili. Il y accompagne une équipe de la RTBF (Radio Télévision Belge francophone) qui réalise un reportage sur une Chilienne exilée dix ans à Liège. L'émission, réalisée par André Romus, présente les photographies d'Hubert Grooteclaes. Découvre le papier anglais Kentmere et commence à tirer net. Sa carrière d'enseignant se termine officiellement en 1992, lorsqu'il atteint 65 ans, l'âge de la retraite. Jusqu'en septembre 1994, il vient encore à Saint Luc, deux après-midi par semaine.

1993
En février, expose à Tokyo à l'initiative de Goro Kuramochi.

Reçoit en mars le premier Prix SABAM (Société belge des auteurs, compositeurs et éditeurs) consacré à la photographie pour l'ensemble de son œuvre.

1994
Décès d'Hubert Grooteclaes, le dimanche 23 octobre dans sa maison d'Embourg, près de Liège.

Marc Vausortgrooteclaes-sabam

 

HUBERT GROOTECLAES (1927 - 1994)

HUBERT GROOTECLAES
Ayant reçu un Zeiss Ikon en 1947, il se passionne pour la photographie. En 1954, il renonce à la fromagerie familiale, et ouvre un studio en 1955 après un stage chez un portraitiste liégeois. À côté de cette activité de portrait alimentaire, il profite du Théâtre royal du Gymnase tout proche pour y photographier les artistes pendant les entr'actes. Il y noue des amitiés solides, en particulier avec Léo Ferré. Viennent ensuite ses "photographismes" (1963-1973), d'inspiration Op'art, mêlant sérigraphie, tirage au trait, symétries, et aplats de couleurs vives. Ils lui vaudront une reconnaissance internationale. De 1973 à 1990, il réinterprétera ses négatifs par des tirages flous, coloriés de teintes pastel et/ou virés qui semblent figer le temps. Professeur à l'institut supérieur des Beaux-Arts St Luc dès 1971, il y forme une série impressionnante de photographes talentueux, auxquels on réfère parfois comme une véritable "école liégeoise".

 
Citations

 

  • Je ne pense qu'à moi quand je réalise une photographie. Tant mieux si cela plaît à d'autres ensuite. – Interview, 5 novembre 1993
  •  
  • J'essaie humblement de "sublimer" l'ordinaire.
  •  
  • Être en recherche, c'est continuer à travailler. Essayer d'arriver à montrer ce qu'on ne voit pas, ce que les autres ne montrent pas. C'est cela que j'aime, parce que c'est très difficile.
    cité par Pierre Bastin, La Wallonie, 2 avril 1993
  • J'aime le flou, je suis myope. Quand je regarde en arrière, tout est flou. Mes photos aussi. Je leur donne ainsi une certaine nostalgie. Je ne supporte pas de faire comme les autres ! C'est pourquoi, je ne tire qu'en noir et blanc. Les couleurs que j'apporte parfois sont des couleurs à moi, ce sont celles qui sont restées dans ma mémoire. Si les gens rêvent en regardant mes photos, alors, c'est formidable, parce que faire rêver, c'est plus difficile que de faire penser.
  •  
  • Avec quoi je les colorie? Avec difficulté, avec rage, avec amour. Et avec un tout petit peu de couleur. – cité par Philippe Lambert-Galliac, in Télé-Moustique, 28 juin 1984
  •  
  • Je voudrais que l'école soit un lieu où je pourrais motiver les motivables [...]. Un lieu où il n'est pas interdit de s'épanouir. Une rencontre où se faciliteraient les choses compliquées [...] et où se compliquent les choses simples. Mon cours est un travail, jamais terminé, à la recherche de l'homme et de son quotidien [...]. J'ai apporté l'inconfort à l'école pour faire changer les choses.
    cité par Jeanine Joris-Musialski, in Télé-Moustique, 10 juillet 1980

 

Annonce: Rétrospective au Grand Curtius à Liège
annonce Talk 29
 
14/09/2014 - 13:29:02
 
 
Parution du livre "8 minutes et 19 secondes" aux Editions Pastel

 
18/08/2014 - 17:42:21
 
 
Rétrospective: 1° annonce
Il y a vingt ans survenait le décès de Hubert Grooteclaes. Pour commémorer son souvenir, une exposition rétrospective se tiendra au Grand Curtius à Liège, l'automne prochain, à partir du 23 octobre.
La première annonce est parue dans le numéro 1207 du 19-12-2013 du magazine Courrier International.
Annonce Courrier International

Ainsi que dans le magazine Liège Museum de décembre 2013, qui reprend le programme des expositions temporaires 2014:
Liège museum programme expos 2014 extrait

 
19/01/2014 - 17:16:35
 
 
Festival "Avec le temps" - Marseille mars 2013

Annonce expo Marseille mars 2013

 
30/01/2013 - 17:47:28
 
 
6 inédits

Mise en ligne dans la galerie Recherches graphiques de six images inédites retrouvées en Suisse, dans la famille d'un ancien technicien de la RTBF.

 
10/12/2012 - 18:12:03
 
 
24 èmes Journées du Patrimoine - septembre 2012

jourpat12

Ces grandes figures qui ont fait pétiller Chaudfontaine

L’ancienne gare de Chaudfontaine, édifiée en 1843, est un des derniers témoignages de la ligne de chemin de fer internationale reliant la Grande- Bretagne et la Prusse. Le bâtiment a été réaménagé en 1853 et 1891, date à laquelle ont été réalisés l’escalier d’accès et la marquise vitrée avec une charpente métallique. Construite en briques et pierre bleue sur deux niveaux, la façade est percée de baies cintrées au premier étage et rectangulaires au second. La baie centrale est divisée en trois parties et présente un petit fronton en son centre. Fermée aux usagers en 1954, une halte a fonctionné jusqu’au 1er avril 1986. Entièrement restaurée, elle accueille, au second étage, une salle d’exposition. Paul Delvaux l’a immortalisée dans son oeuvre intitulée « Le Voyage légendaire » en 1974. L’original de la peinture se trouve actuellement au casino de Knokke. D’autres personnalités seront également mises à l’honneur dans cette exposition. Qu’ils soient homme politique comme Jean Gol, photographe comme Hubert Grooteclaes, peintre comme Joseph Zabeau, historien comme Fernand Michel, géologue comme Paul Fourmarier, musicien comme Gustave de Bouharmont, sportif comme Régis Genaux ou simples ouvriers carriers ou cloutiers, tous ont, un jour ou l’autre, contribué à l’essor de Chaudfontaine.

 

Organisation: Foyer culturel de Chaudfontaine.
Ouverture: sam. et dim. 01/02 & 08/09-09-2012 de 14h à 18h.
Lieu: Chaudfontaine, Esplanade - ancienne gare,

 

 

 

 
09/09/2012 - 11:44:25
 
 
Rendez-vous photo du Richelieu (Québec) - du 29 septembre au 30 octobre 2011

Bandeau RVPRichelieu

http://www.rvpr.ca/photographes/volet-international.html

 
11/09/2011 - 15:08:36
 
 
Aubel - Abbaye du Val Dieu - du 09 au 25 septembre 2011

affiche expo Val Dieu 2011-09

http://www.aubel.be/index.php?option=com_content&task=view&id=615&Itemid=1

 
 
31/01/2011 - 20:39:35
 
 
Galerie Périscope du 19 novembre 2010 au 28 janvier 2011

Hubert GROOTECLAES à la galerie Périscope en 2010-2011

Hubert Grooteclaes " Le printemps des poètes"

Les dernières années « … depuis que ma jeunesse a décidé d'aller se faire teindre ailleurs… »

En 1990, le papier qu’il utilisait pour ses tirages flous cesse d’être fabriqué; hasard survenu au bon moment, où il commençait à douter du flou. Cela l’incite à revenir à plus de netteté et à retirer ses images, qui retrouvent sérénité et simplicité.

Affiche Périscope 95 Grooteclaes Le printemps des poètes

 
19/11/2010 - 00:14:27
 
 
Galerie Périscope du 10 septembre au 18 novembre 2010

Hubert GROOTECLAES à la galerie Périscope en 2010-2011

Hubert Grooteclaes " La nostalgie"

« La nostalgie », c’est le temps d’après « le saut de carpe vers une nouvelle démarche », la période floue (1973-1990). Il part à la redécouverte de ses négatifs, et leur donne une nouvelle vie en les chargeant de nostalgie, par des tirages flous et coloriés de teintes pastels.


 

 
02/10/2010 - 23:14:16
 
 
Galerie Périscope du 23 avril au 24 juin 2010

Hubert Grooteclaes "La vie d'artiste"
Entre le 23.04 et le 24.06, la première exposition, « La vie d’artiste », fut consacrée à ses débuts (1955-1970), quand Hubert Grooteclaes avait son studio de portrait Galerie Cathédrale, au centre de Liège. C’est l’époque de la
rencontre avec Léo Ferré et des portraits d’artistes de cinéma et de théâtre de passage à Liège.

affiche expo La vie d'artiste

 
02/10/2010 - 23:08:39
 
 
Galerie Périscope du 25 juin au 9 septembre 2010

Hubert GROOTECLAES à  la galerie Périscope en 2010-2011

Hubert GROOTECLAES «T'es rock, coco!»

« T’es rock, coco » s’attache à la période du photographisme (1964-1972), qui est née de ses expérimentations réalisées alors que le studio de portrait déclinait et lui laissait du temps libre. Ces travaux (sérigraphies, tirages au trait, symétries, aplats de couleurs vives), exposés dans les galeries de peinture, contribueront à l’époque à une certaine reconnaissance de l’art photographique

 
16/08/2010 - 19:24:43
 
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23 octobre 2014 4 23 /10 /octobre /2014 06:52

Jean Dubuffet, peintre et sculpteur français, né le 31 juillet 1901 au Havre et décédé le 12 mai 1985 à l'âge de 83 ans.

Livre qui m'a été offert en 1976 par le peintre belge Jean-Pierre Ransonne




"L'art ne vient pas coucher dans les lits qu'on fait pour lui; il se sauve aussitôt qu'on prononce son nom; ce qu'il aime c'est l'incognito. Ses meilleurs moments sont quand il oublie comment il s'appelle" (Jean Dubuffet)


Artiste iconoclaste, pourfendeur des institutions, Jean Dubuffet a produit une oeuvre abondante et variée, marquée par une remise en question constante. Artiste majeur du XXe siècle, sa vie est scindée en deux périodes distinctes; la première porte l'empreinte d'un héritage familial assumé tant bien que mal; la seconde qui se confond avec son oeuvre, débute lorsqu'à l'âge de 41 ans, il décide de se livrer exclusivement à sa vocation artistique. Issue d'une
famille normande de négociants en vin, Jean Dubuffet s'inscrit à l'école des Beaux-Arts du Havre, sa ville natale, en 1916. Après l'obtention du baccalareat, il suit quelque temps les cours de l'academie Julian à Paris. Il fréquente Suzanne Valadon, Max Jacob, André Masson, Fernand Léger et Juan Gris. Ctte vie de dilettante de promonge jusqu'à son service militaire qu'il effectue comme météorologiste à la Tour EiffelEn 1924, doutant des valeurs culturelles, il interrompt ses études et tous ses travaux afin "d'épouser la vie active". Il s'embarque pour Buenos Aires où il travaille dans un atelier de chauffagistes. De retour au Havre six mois plus tard, il prend des fonctions dans le commerce familial-dont il héritera à la mort de son père-et se marie.
En 1930, il s'installe définitivement à Paris avec sa femme et sa fille et fonde une entreprise de négoce de vins en gros à Bercy. Il se remet à peindre, confectionne des masques, fabrique des marionnettes et ralise des portraits d'Emilie Carlu, dite Lili, qui deviendra sa seconde femme en 1937. Ses affaires négligées, périclitent: il abandonne à nouveau la peinture. En 1939, il est mobilisé, puis muté piur indiscipline et évacué vers le sud. A son retour à Paris en septembre 1940, il reprend en main son affaire de vins, qui prospère, entre trafic et marché noirA partir de 1942, il décide de se consacrer exclusivement à l'art et crée des images primitives au dessin volontairement malhabile, proche de la caricature ou du graffiti. Dans un expressionnisme bariolé, il se met à peindre sa série "Vues de Paris", inspirée de dessins d'enfants
Les dessins des malades mentaux, découverts au cours d'un voyage à Heidelberg, l'intéressent aussi vivement.
Au printemps
1943, il produit quelques toiles sur le métro (un thème récurrent) et d'autres sur le JazzEn 1944, il crée ses premiers Graffitis, ses Messages à l'encre de Chine, gouaches et encres de couleur sur papiers journaux, ainsi que ses premières tables. Sa première exposition a lieu en octobre 1944 à la Galerie Drouin; il y présente sa série des Marionnettes de la ville et de la campagneEn 1946, il récidive avec Mirobolus, Macadam et Cie, Hautes Pâtes. La facture de ces tableaux fait scandale. Dubuffet se détourne de la peinture à l'huile traditionnelle pour de mélanges de sa confection: céruse, mastic liquide, sable, graviers, goudron, vernis, plâtre, pouddière de charbon, éclats de verre...Sur cette pâte, il incise, coupe, racle avec un grattoir, une cuiller et même ses doigts

http://www.youtube.com/watch?v=2uOOXaVSUPs

En 1946 il publie aussi ses premiers écrits chez Gallimard. Voici ci-dessous une édition originale de 1946, qui m'a été offerte par un libraire, amateur et collectionneur d'art, Monsieu Deom, lors d'une de mes expositions à Arlon en 1980. Un beau cadeauEt voici encore une oeuvre de 1946, "La Venus au Trottoir"

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