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LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


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Site traduit en Allemand :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/de/index.html

 

Site traduit en Anglais :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/en/index.html


Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
  • Contact

Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
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Archives

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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Jetez un oeil dans mes LIENS sur Richard OLIVIER, BIG MEMORY, mon ami Richard, Cinéaste belge, étant sur un gigantesque projet: Filmer tous les CINEASTES BELGES, morts ou vifs. Enfin, un artiste qui s'intéresse à ses pairs !http://www.bigmemory.be

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COHEN Eveybody Knows
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Je suis sur les blogs pro-tibétains:

www.candle4tibet.org
www.ning.com

VENEZ M'Y REJOINDRE !

Christian VANCAU

10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 10:16
Paul ANKA  Diana

C'est aussi lors de ma deuxième année de Droit qu'un jeune politicien de droite, va s 'intéresser à moi. Tout le monde le connait à Liège. A 25 ans,  il est attaché au cabinet d'un ministre liégeois qui heureusement le détache de temps en temps. Il a terminé son Droit à 21 ans et puis exempté de service militaire (moins de cinquante kilos). Il a ensuite été rapidement propulsé par le Parti Social Chrétien. Il est très populaire auprès des jeunes. Le samedi soir, il écume les soirées, en commençant par Liège, puis Bruxelles et enfin Knokke-le Zoute, le tout en une nuit. Il a une porsche au volant de laquelle, il me dit "Ce qui compte c'est le premier million, après ça va tout seul (sic)". Et un jour, il m'emmène avec ma guitare, dans une soirée princière, au Château de Grand Bigard (Bruxelles-Ouest de Koekelberg). La très riche famille Stuhlmeyer-Pellegrins reçoit. Et je me retrouve en plein délire. A l'entrée du château, on fait la file! Mais qu'est-ce qu'il se passe t'il, comme diraient Les Inconnus. Il faut aller baiser la main (faute de mieux) de Madame Stuhlmeyer, qui nous accueille sur un trône comme la Reine d'Angleterre. Et il faut y passer. Des larbins, à l'entrée du tapis rouge, nous demandent nos noms et titres. Puis ils nous annoncent à tue-tête, en hurlant à l'entrée d'une gigantesque salle, qu'il nous faut traverser sur un tapis non-roulant jusqu'au pied du trône. Je crois rêver et lorsque mon tour est venu et que le larbin se penche vers moi, je lui susurre à l'oreille: "Christian Du Mont des Corneilles" et je ne mens pas puisque c'est la traduction française de mon vrai nom flamand "Van Cauwenberghe" (beaucoup moins smart) ( En réalité c'est du Mont des Choucas mais je ne l'ai appris que plus tard et Choucas en tchèque se tradui par Kafka ). Bref celà sonne admirablement et fait tout à fait le poids, par rapport à tous ces noms à charnières qui m'entourent. Et le larbin en livrée, de proclamer bien haut "Monsieur Christian du Mont des Corneille", et moi de m'avancer sur ce chemin royal faisant allègrement ses cinquante mètres de long (qui m'en paraissent cent) et de scinder la foule des curieux, tous cons-centrés sur la grande allée. C'est Vienne, Moscou ou Saint-Petersbourg au siècle passé. Et je parviens à jouer le jeu jusqu'au bout et à réprimer mon fou-rire. En fin de cours je mets un genou en terre et baise la main de la grosse patate, que je ne connais ni des pommes, ni des dents,  dont la chair blanc-mauve, me paraît dans un éclair, plus qu'avancée. La Rolls Royce de Madame est avancée mais madame l'est tout autant. je viens d'avoir vingt ans et je me paie ce coup de bluff, dans une ambiance à la Sissi. Néanmoins je porte tout de même un smoking (non-fumeur), que j'ai dâ acheter, pour avoir le droit de participer aus soirées très "smart" organisées par les jeunes-filles de mon cours de danses "de salon" (on y apprend même le Rock de salon") chez les demoiselles Daems, Boulevard d'Avroy à Liège.Je suis donc en train de prendre ma revanche sur cette obligation de porter le smoking. Je joue encore certains jeux mais j'introduis le ver que je suis dans le fruit bourgeois qui m'enserre encore. Et c'est l'humour qui me sauve, un sens du gag et de l'improvisation qui surgit cahaque fois que je me retrouve coïncé à l'entrée d'une cage.800px-Grand-Bigard CH1bJPG

Heureusement cette performance accomplie, je me dirige vers une tour qui est au fond du parc. C'est là que je dois aller chanter avec ma guitare et c'est là que je rencontre un orchestre de jeunes"Les Sacachas", dans lequel jouent deux fils Grafé, de la maison de vins "Lecoq et Grafé", de Namur. Ils ont leur orchestre dansant et moi je joue pendant les interludes, principalement du Brassens, du Brel et du Ferré. Tour moyennageuse, salle bondée de jeunes snobs bruxellois, ayant laissé tomber  les noeuds papillons  et les vestes de smoking à revers noirs veloutés. Ca durera toute la nuit800px-Grand-Bigard CH1aJPG

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 10:12
LITTLE RICHARD Long Tall Sally
Lloyd PRICE  Personnality
LITTLE RICHARD Un de mes préférés

 

 

Voici  mon ecole à Londres, dans Oxford Street1956 LONDRES OO1

 

Lawrence OLIVER-Laurence OLIVIER, dans une pièce de John OSBORNE1956 LONDRES Laurence OLIVIER 002Et certains soirs, je sors avec mon ami Robert Jefford, qui n'est pas vraiment mon ami mais qui est très gentil avec moi..Laurence OLIVIER-Londres 1956-Old Vic Theatre-The entertainer-christian vancau. les Anglais savent accueillir. Il m'emmène dans une cave à la mode, où se produit un certain Chris Barber, tromboniste dixieland anglais, célèbre à l'époque, puis nous allons voir "West Side Story", qui est en train de remporter un succès phénoménal. Mais ce qui m'impressionnera le plus, c'est Lawrence Oliver que nous irons voir à l'Old Vic Theatre dans "The Entertainer " de John Osborne. Enthousiasmé et ayant acheté le livre tiré de la pièce, j'attendrai, après le spectacle, Laurence Olivier, que je vois de tout près, Jacques Lang aurait dit "Quel bel homme", en train de signer ce livre que je possède toujours, 51 ans plus tard, cette photo et cet autographe en sont la preuve.
Et c'est la rentrée d'Octobre 1957, à l'Université de Liège, deuxième candidature en Droit. Mon ami Jean-Pierre Willemaers, qui, lui, fait les Romanes, est amoureux d'une étudiante en Philo, Cécile, qui a des cours en commun avec nous dans cette immense salle godefroid Kurth. Jean-Pierre donc, fait une immense cour, à la manière d'un arlequin, à cette fille rousse, qui sans être vraiment très jolie, a du chien (je ne me rappelle plus quelle race) et un certain succès. Et cette Cécile va, début 1958, devenir mon premier grand amour. Amour? Disons ma première grande aventure. Celà va durer près de quatre ans. C'est avec elle que je fais ma première grande expérience de la femme. Comment l'oublier "la première fille qu'on a tenu dans ses bras" ?. Son père est mort, elle vit seule avec sa mère, près de la Place de Bronckart et a un frère Curé. Nos débuts sont assez laborieux et notre liaison va être difficile, pleine de ruptures, heurtée. Nous nous rencontrons dans des "surprises-parties" et à l'Université et je la reconduis chez elle, le long du Boulevard d'Avroy et je la séduis peu à peu. Je suis un petit bourgeois qui s'encanaille, en rupture de ban, et je ramène mes cheveux vers l'avant, sur mon front. On m'appelle "le Beat-Nik" (Retour à Kerouac qui sort son "On the Road" en 1957). Je porte des jeans, me laisse pousser un collier clairsemé, que, régulièrement je rase, car il est mal fourni et mon désir de virilité en souffre. Heureusement qu' en compensation, la barbe me pousse sur la poitrine, contre toute attente et pas un peu (ce qui n'est le cas ni de mon père...., ni de ma mère ). Aujoud'hui encore, il n'y a que sur la poitrine et sur le ventre que mon gazon pousse dru, bien des femmes vous le diront

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 10:11

Tout celà semble bien joyeux, pourtant ma vie ne l'est pas. Je dois, après Versailles, retrouver mes parents qui ont loué un chalet, à VERBIER en Suisse, et je n'en ai aucune envie.VERBIER 1958 Je décide donc de faire Versailles-Verbier en auto- stop, ce qui va me prendre quasiment trois jours. A l'époque les autoroutes, connais pas (et la télévison non plus soit dit en passant). Ca va me permettre de raccourcir mon séjour en famille et puis j'ai un désir de voyager à la Kerouac, avec presque pas d'argent et voir comment celà se passe. Et c'est très dur car le stop ne fonctionne pas du tout. Un routier finira par m'embarquer jusqu'à Dôle et me conseillera, puisque je n'ai pas de quoi me payer une nuit, d'aller me constituer prisonnier pour vagabondage à la Prison de Dôle. Je me rends donc au commissariat et là, pas de problème, deux flics m'emmènent dans une cellule grillagée d'où ils me vireront le lendemain à 6 heures du matin, Dôle s'éveille !dole14

DOLEfc%20jura%20doleDole1Je n'arriverai à Verbier que trente-six heures plus tard, beaucoup de marche à travers les montagnes et quasi pas de voiture. Là, je me trouve devant un joli chalet en bois, il ne manque que le coucou et aussi devant deux amis, invités par ma mère, et qui me permettront de tenir le coup. L'un d'entre eux est mon cousin germain, Jean-Marie Fischer, aussi perturbé que moi, mais plus sage, et l'autre est un ami récent, rencontré au Droit, Gustave Joassart, habitant la région de Visé (Sarolay-Argenteau), ami avec lequel je partage une passion pour la musique classique. Nous faisons à trois de grandes promenades le long des torrents de montagne que nous remontons. Des torrents à la Thomas Mann ou à la John Knittel, des cascades étroites en chute raide, dans lesquelles on peut saisir à la main des truites réfugiées sous les pierres bouillonnantes. Aujourd'hui, je rêve encore régulièrement de rivières très étroites et sauvages, avec des poissons de la taille d'un saumon.Happy-Wanderers-1.jpg
Et nous voici en septembre 1957. Mon père m'envoie en Angleterre pour la 1ère fois. Ca ne m'enchante pas trop; peut-être partce que celà vient de lui, de sa vie à lui pendant cinq ans en dehors de moi et aussi d'un enthousiasme débordant pour l'Angleterre et pour la période bénie qu'il y a vécue, sans nous. Je me dis souvent "Si c'était si bien que celà Papa, tu n'avais qu'à y rester ". En outre la façon "cosy" dont il m'en parle, ne m'excite pas. Petits cottages, petites pelouses, petits "Five o'clock ",  peits cakes, petites "cup of tea". Tout celà, ce n'est pas pour moi, le sauvage. Mais enfin bref quand on est fils de bourgeois, il faut bien apprendre l'anglais. Et donc j'y vais. Et je suis accueilli au Nord-Est de Londres, à Mill Hill East, par la famille du Dr Jefford, chirurgien et ancien collègue de mon père. Le toubib a un fils, un peu plus âgé que moi, Robert, un garçon très bien et très croyant et de surcroît, objecteur de conscience et qui va très gentiment s'occuper de mes loisirs.
C'est depuis l'Angleterre que j'ai arrêté les goûters et autres sucreries.
Le matin je vais à Londres. Une heure de metro. Mon école se situe à Oxford Street. Je découvre la foule des trottoirs de Londres. Il y a notamment un orchestre de rue, qui joue du "New Orleans", on dirait des matons ou des facteurs, avec leurs uniformes à casquettes. Leur nom "The Happy wanderers"car ils arpentent en jouant tous les quartiers de Londres. La photo ci-dessus, c'est la couverture du 33 Tours que je leur ai acheté. Je les entends de la salle de cours et n'ai qu'une idée, à midi, c'est d'aller les retrouver. Tous les après-midi, je vais explorer Londres dans tous ses cons et recoins. Je vais manger chez les dockers de la Tamise, m'enlise dans Soho, digère mal la monstrueuse cathédrale SaintPaul et sympathise avec les corbeaux de la tour de Londres. Ce qui est normal puisque mon véritable nom de famille flamand, Van Cauwenberghe se traduit en français, par "Du Mont des Choucas". 

Ci-dessous Oxford Street c'est là que je suivais mes cours d'anglais- Very crowded

oxford-streetoxford Street32-13

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 10:10
 
 
 

Chantier de Versailles"Mouvement Chrétien pour la Paix". Je suis le deuxième en partant de la gauche. Plus désossé que cela', tu meurs.1957 VERSAILLES Chantier M.C.P 0011957 VERSAILLES Chantier M.C.P 001

 

Alors avec le professeurJean Paulus, l'examen de psychologie, est une conversation, à bâtons rompus sur Moravia, dont j'ai lu "Le Mépris", "Les Indifférents" et "Le conformiste". Coup de bol !! Et apparemment cette conversation le passionne; il ne doit pas avoir l'occasion d'en parler souvent de Moravia dans son entourage et voici qu'un petit étudiant prend la balle au bond. Et alors il se passe ceci: J'ai fait un très mauvais examen de Philo. Matière: "De Thalès à Bergson". Pourtant j'aime la philo, mais pas ce cours rébarbatif du Professeur Devaux assorti d'une extension sur la Logique mathématique, à laquelle je ne comprends rien. Toujours ce blocage en maths, ce blocage au père. Je suis à la limite de la côte d'exclusion. Je le sais et pour moi, je suis recalé, sans aucun doute, car le tri est impitotable, en première session d'une première candi de Droit où il y a beaucoup trop de candidats. Et en effet lors de la délibération à laquelle j'assiste, 17 étudiants sur 120 réussissent et miracle, je fais partie du lot. J'apprendrai par la suite que Paulus m'a défendu à mort par rapport à ce prof.de Philo. Me voici donc sauvé par la psychologie (C'est prémonitoire, on le verra par la suite) et par Alberto Moravia.

 

VERSAILLES

 

   

Tout ceci nous amène à l'Eté 1957. Un été libre puisque j'ai réussi en première session. Sur les conseils de ma mère, je me suis inscrit au Mouvement Chrétien pour la Paix (chrétien donc rencontre entre catholiques et protestants de tous les pays ), qui organise un vaste chantier routier à Versailles (ma mère essaie de me faire rentrer par tous les moyens dans le giron de la foi chrétienne et surtout dans celui de l'Eglise, comme elle l'a fait avec mon père). Néanmoins, sur ce chantier, je vais prendre mon pied. Et déja, je vais apprendre le métier de terrassier, en construisant une route à Versailles, tous les jours de six à douze heures, pendant trois semaines.

 La photo du dessus montre toute l'équipe remontant du chantier pour le repas de midi, servi dans la "Galerie dégueulasse" du château. Je dois être le deuxième à partir de la gauche, maigre comme un clou.

Chaque soir nous repassions le long tu "Temple de l'Amour"Versailles Temple de l'amourIM1780-hr-copie-2
 

Il y a là, des garçons et des filles de tous les pays d'Europe, des catholiques et des protestants.

L'après-midi avant de nous rendre à Paris, nous discutons autour de la Bible. Mon chef de chambre est un hollandais, grand, blond-roux à lunettes, très sympa. On doit être à six dans chaque dortoir. Un jour je le fais rire aux larmes avec une blague de "Marie-Chantal", personnage snob très à la mode à l'époque. Elle avait des expresions bien à elle du style "C'est à s'tap". Le hollandais me demande ce que celà veut dire et je lui donne la traduction " C'est à se taper le derrière au plafond!". Et mon hollandais de se taper ventres et cuisses et derrière sur son lit, de jeter ses jambes au plafond et d'éclater de rire en cascades et ça va durer dix minutes. Jamais je n'avais eu un tel succès de rire. La preuve: je n'ai pas oublié l'anecdote. Malheureusement la blague n'était pas de moi
Je me lie aussi d'amitié avec un Suisse allemand, Aloïs Müller, aussi gentil que lourdaud. Je me souviens aussi d'une strasbourgeoise, Marie-Eve Hoffet. Et puis il y avait mon ami liégeois de fraîche date, Michel Rutten, étudiant en Médecine, très drôle et très croyant. Je l'avais rencontré dans ma paroisse Saint-Gilles, à des Ciné-Clubs, organisé par un vicaire d'avant-garde, l'abbé Van Bergen, un type remarquable, blanc et maigre comme un fromage, pétillant d'intelligence, ant-conformiste, féru de cinéma et de psychologie et qui disait continuellement "ce n'est pas grave" avec un de ces accents flamand de derrière les fagots (le "g "de grave on ne peut plus guttural et le "r", vachement bien roulé ).
Mais revenons à Versailles où le soir, on se retrouve autour d'un feu de camp et là, chaque soir, je remporte un franc succès vec mon inséparable guitare. je me souviens d'une petite allemande qui me demandait à tous les coups de lui jouer la même chanson de Brassens "Les sabots d'Hélène". Et puis je me suis offert une petite anglaise, pas très belle, Rosemary Miller. Elle était de Manchester, rose comme une anglaise avec des bouclettes "blond-paille". On se roulait des patins, à Versailles comme à Paris.
 Mon ami Michel et moi, on picolait pas mal au gros rouge. Je me souviens d'un retour de chantier, où nous avons disparu sous un cèdre géant, pour vider cul-sec, un litron de rouge avant de nous rendre au repas de midi. J'étais tellement pèté, qu'en servant une énorme louche de purée couronnée d'une saucisse attrayante à souhait, à la copine de Rosemary, anglaise elle aussi, j'ai tapé ma louche sur la table en bois, juste à côté de son assiette, sous le regard ahuri de la demoiselle qui avait de longs cheveux noirs, désormais pailletés de Kartoffeln Purée. Fameuse déclaration d'amour, la saucisse ayant rebondi dans son décolleté. Je revois Michel, tordu de rire sur son banc. Je suis sûr qu'il n'a pas oublié

Les autographes des participants, Notre chantier de route; Le maire de Versailles vient nous féliciter, je suis à sa gauche
Les autographes des participants, Notre chantier de route; Le maire de Versailles vient nous féliciter, je suis à sa gauche
Les autographes des participants, Notre chantier de route; Le maire de Versailles vient nous féliciter, je suis à sa gauche

Les autographes des participants, Notre chantier de route; Le maire de Versailles vient nous féliciter, je suis à sa gauche

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 10:07

Donc à Hamoir, j'y reviens après des années, en été 56, dans la villa Hanquet - Collard, surnommée "Les Brochets "- , sur la route de Filot, à flanc de côteau, surplombant l'Ourthe, étrange demeure un tantinet Hitchcockienne, que voici sur la photo, photo prise dans la neige une douzaine d'années plus tard. J'ai invité un nouvel ami, qui lui aussi sort de Rhétorique au Collège, mais de l'autre rhéto, la rétho B. Il s'appelle Alex Jacquemin et nous nous sommes côtoyés 6 ans dans la même cour de récréation sans jamais nous rencontrer. Et cet Alex m'a ébloui lors du tournoi d'éloquence de fin d'études. il n'a obtenu que le deuxième prix, je trouve que c'est injuste et je lui téléphone un soir et notre amitié commence là et va durer jusqu'en 1961 seulement, on verra pourquoi ! Alex est un littéraire, beau mec , brillant causeur et coureur de jupons. Il habite quai Mativa, comme moi pendant la guerre, son père est avocat et sa mère omni-présente. Alex lit "Les jeunes filles " de Montherlant, ça le fascine. Pourtant il est dur avec les femmes cet Henri de...mais à cette époque personne n'ose dire qu'il s'intéresse aux garçons, et que forcément son regard sur les femmes en prend un coup. De Montherlant nous ne connaissons au Collège que "Port Royal. " et "La Reine Morte" On nous en bassine même les oreilles, mais le reste de l'oeuvre est sous censure. De la même manière que dans les mêmes années, on nous parlait de "l'amitié" entre Rimbaud et Verlaine, en gommant leur homosexualité. Chez les Jésuites, la sexualité, on ne connaissait pas ! C'"est fou ça, non ?
Et donc Alex va faire le Droit comme moi. Et à Hamoir, nous draguons les filles. Je me souviens d'une certaine Jacqueline Polfliet, très sexy, dans le plus pur style BB, une liégeoise, qui ensuite est sortie avec mon amie Pol Scuvie (Voir mes années primaires au Collège dans cette biographie). Je les vois encore, elle et son amie, sur le pont et nous les deux 'jésuites" assez lourds, pas encore rôdés et à la fin du compte
un bide, après une promenade en barque.

 

Bref en septembre , pour la première fois de ma vie, je descends à la Côte d'Azur avec mes parents. Je découvre la Méditerranée dans l'Estérel, au Trayas. Entre les roches rouges, une eau verte. Il fait très chaud et il y a des nuées de moustiques. Nous sommes obligés de brûler de petites mini-torches fumigènes pour essayer de les éloigner.

Etape suivante Villefranche-sur-MerVillefranche-Sur-Mer 10Villefranchearton368-1



Heureusement nous descendrons sur Villefranche, un petit port de mer, au-delà de Nice, avec une rade, malheureusement occupée par un navire américain (que nous visiterons), occupé lui-même par des matelots vêtus de blanc et régulièrement gris ( l'un n'empêchant pas l'autre ) Dans notre hôtel, il y a deux filles d'un style plutôt "Putana". Et une nuit je m'éveille en sursaut ! La chambre des filles est au bout du couloir et il y a deux matelots  qui font un chahut infernal. Ils sont complètement givrés tous les quatre. Je sors dans le corridor, je fais "chuuut ", à plusieurs reprises. En vain ! Alors je retourne dans ma chambre, remplis un verre d'eau et vais frapper à la porte des filles, au bout du couloir. L'une d'entre elles m'ouvre et je lui envoie mon verre d'eau à la figure. Elle referme la porte en poussant un cri. Succès total, c'est le silence pour le restant de la nuit. Je retrouve ces filles le lendemain, en train de prendre leur petit-déjeûner et j'ai droit à deux regards foudroyants. Ci-dessus, photo prise à Villefranche avec moi debout et mon frère Etienne, 10 ans, sur les genoux de mon père (Septembre 1956).

Ceci dit Villefranche est un petit bijou, en 1956 du moinsVille7039906-1villefranche04-1
villefranche-sur-mer-2villefranche-sur-mer-02villefranche-sur-mer-11villefranche-sur-mer-15
La Chapelle décorée par Jean Cocteauvillefranche-sur-mer-21
Et quelle plage !!!Villlefthe-beach

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 10:05

9e75[1]Berthe Pirenne, une ex belle jeune dame, épouse de Joseph Duesberg,  ayant épousé par la suite, Paul Collard (qui me prêtera un jour, un livre dont le titre est, si je me souviens "Du Berger au Savant"). Berthe a une fille, Anne-Marie Collard, qui, plus tard occupera une villa 1920, située dans la même propriété, plus en hauteur mais toujours avec un accès sur l'Ourthe, et qui épousera un avocat liégeois, Yvon Hanquet. Elle est décédée en 2006 et possèdait un certain nombre d'oeuvres du peintre Maurice Pirenne, auquel elle est apparentée par sa mère. C'est donc dans sa maison que je passe mes vacances en 1956. Berthe Pirenne était la cousine germaine de Maurice Pirenne. Elle était la fille du photographe et peintre Emile Pirenne (1850-1920). Elle est décédée en 1955, à l'âge de 79 ansVieux LogisPeinture de Maurice Pirenne

Bref les vacances à Hamoir et il y en aura plusieurs, sont pour moi, un véritable paradis, tout comme le sont les vacances à Anseremme et dans ces deux lieux, comme par hasard, il y a des cours d'eau, l'Ourthe à Hamoir et La Meuse à Anseremme. C'est dans la Meuse que j'ai appris à nager avec mon Oncle Lucien Brunin, à huit ans, mais je préférais l'Ourthe, plus sauvage, tout comme je préférais le canoë d'Hamoir, à la barque lourde et un peu plate que je manipulais à Anseremme. Avec le canoë, je redevenais le Peau-Rouge que j'étais depuis toujours. Et dans ces deux maisons, je fus un pêcheur invétéré. La photo du bas (Prise par Emile Pirenne, le papa de Berthe) représente le lieu ou je passais des heures à pêcher le Barbeau sur uen plage de cailloux, en plein courant, ce qu'on appelait la pêche au toucher. On y voit mon oncle Joseph Duesberg et son épouse Berthe Pirenne à gauche de la photo, les pieds dans l'eau. Cette photo date de 1904( La photo du haut, c'est la maison de ma tante Berthe, peinte au pastel par mon grand-oncle Maurice Pirenne) L'Ourthe, c'était une grande étendue de cailloux blancs, avec le lit du fleuve, presqu'à sec en été par endroits, avec tout le courant bouillonnant, s'échappant par une bande étroite tourbillonnnante où je " ferrais" des barbeaux, poissons vifs comme l'éclair, costauds, barbus, casseurs de ligne, difficiles à sortir. Une sorte de pêche au saumon en miniature. Après quoi je leur rendais leur libertéHamoir L'Ourthe

 

NB. Les PIRENNE comme les DUESBERG et les HOUGET, faisaient partie des grandes familles de lainiers de VERVIERS. Ma mère était une Duesberg, et mon arrière grand-mère maternelle, une Houget

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 10:02


Image (2) (2)Quant à la Côte belge au plus j'approche de mes dix-huit ans, au plus ce que j'en vis dans mon petit milieu bourgeois me devient insupportable. Je parle ici de la jeunesse dorée des années cinquante. Tout le monde n'a pas attendu "les Golden Sixties" pour se dorer la pilule. Je suis parmi ces jeunes, un garçon à part, le tennis excepté. Je me promène souvent seul sur la plage et non sur la digue, face à la mer, sur les brise-lames, et je plonge régulièrement dans l'eau, soit tôt le matin, soit au crépuscule. La vivifiante flache du Nord, après dix minutes de résistance aux vagues divagantes, on en a plein la gueule et on en sort avec un corps bouillonnant, les vaisseaux-non fantômes, seulement sanguins-frappés de plein fouet et une brûlure immédiate ressentie  dés que l'on se retrouve sur le sable mouillé. UIne réaction de feu de bois, qui se met à crépiter et vous brûle tout le corps de part en part, de lame en brise-lames, de larmes en brise l'âme. Aucun rapport avec les eaux glauques, tièdes, transparentes, presque sans vagues de la Méditerranée, que j'aime pourtant tout autant, sinon plus. Car j'ai beau faire, je serai toujours à la fois du Sud et du Nord, avec tout de même un côté nettement plus solaire que glaciaire. J'aime bien Bergman mais ma peau est plus proche de celle de Fellini. Je n'aime pas le froid. Je l'affronte facilement, là n'est pas le problème. Le froid, Le Nord, pour moi, c'est la mort avant terme. C'est le cercueil anticipé. Mais le Sahara aussi c'est la mort. Trop de soleil tue. Moi je veux, pas mal de soleil et beaucoup de couleurs, et beaucoup de fleurs et je n'aime, dans les hivers, que la neige, rien que la neige, à cause de la lumière intense comme en montagne, la lumière mystique qui compense les feuilles mortes, comme le fait la lumière du Désert. Montagnes neigeuses d'extrême droite, déserts secs et pauvres d'extrême gauche. Extrême Nord, extrême Sud. Il y a un Sud de luxuriance et una autre Sud d'aride pauvreté.Image (6)

Donc oui, c'est cette mer du Nord-là que j'ai appréciée, celle des brise-lames, des crevettes roses ou grises, des étoiles de mer, des couteaux, des tourelles, des carabes aux pinces dehors, des grandes vagues claquantes, écumantes, de la bise iodée et des grains de sables de verre sur ma peau granulée et dorée de vent salé, plus que de soleil soufré.
 

 

Mais retour en Juin 1956. J'ai le grand diplôme, je puis donc tout entreprendre mais ne sais trop ce que je veux faire. Je pense au journalisme mais ma mère me dit "Fais d'abord le Droit, on verra après ". La médecine, je n'en veux pas, je suis saturé: avec un arrière grand-père, deux grands-pères, un père et un oncle médecin, j'ai mon compte. Pourquoi pas les romanes au fond? C'est sans doute moins chic que le droit pour un fils de bonne famille !

 

En été 1956, il y a d'abord des vacances sur l'Ourthe, à Hamoir dans la villa des Hanquet. En fait, j'ai une tante Berthe Pirenne, veuve de Joseph Duesberg, un demi-frère de mon grand-père Jules,9e75[1] qui possède le long de l'Ourthe, une immense propriété, qui commence près du Pont d'Hamoir et remonte vers le Château Rancelot. Ma tante Berthe habite une belle fermette en pierres du pays, avec un petit débarcadère et un canoë, qui me permet de remonter la rivière, en direction d'estuaires plus sauvages, tel Aguirre dans la colère de Dieu. Eh oui je suis le Kinski de l'Ourthe. La photo représente la maison de ma Tante Berthe, vue de face au-dessus (on aperçoit l'escalier- centre gauche-qui mène au débarcadère ) et de dos en-dessous1956 HAMOIR chez ma tante Berthe Duesberg-Pirenne-1Ma tante Berthe que j'aimais beaucoup
La fermette vue par mon oncle, le peintre Maurice Pirenne(Pastel-1931)Hamoir par Maurice Pirenne-1La famille un peu plus haut sur l'Ourthe. Nous sommes en 1904. De gauche à droite, Joseph, Berthe et Oierre DUESBERG, , Madeleine et Marie-Thérèse PIRENNE (Photo Jules-Emile Pirenne)Hamoir L'OurtheC'est exactement l'endroit où tous les jours j'allais en Canoë, pècher le Barbeau.

A HAMOIR j'étais comme un poisson dans l'eau

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 10:01

Quant au tennis, j'en joue, moi aussi. Je n'ai jamais pris de cours, ce qui restera pendant des années un handicap insurmontable, mais je suis volontaire et efficace. Je ne fais partie d'aucun club (déjà) mais je m'offre le plaisir de battre tous les fils de bonne famille, affiliés au Sart-Tilman ( The Club ), lors d'un grand tournoi scout, dont je remporte la finale. Je dois préciser néanmoins que je joue régulièrement lors de mes séjours à la Côte belge, surtout à Duinbergen, localité où je vais aussi devenir un des meilleurs champions de mini-golf, avec des scores inférieurs à 30 points (28 est mon record) pour 18 trous   le "bogey" , score idéal étant de 36 points, soit une moyenne  de deux essais par trou ). Mes performances sont régulièrement affichées aux vitres du petit chalet, où nous payons notre parcours, à l'entrée du Golf.

Aux scouts nous formons aussi une équipe de rugby et nous remporterons la finale de l'Inter-Troupes (cette expérience ne durera qu'un an. Je suis le capitaine de l'équipe et le marqueur numéro un. Quand je suis lançé, personne ne peut m'arrêter. Ca n'a pas changé d'ailleurs.
En foot je suis inexistant. je ne suis pas attiré par les sports d'équipe. je joue dans la cour du Collège, c'est tout !

Je pratique couramment le vélo et la natation ( la nage indienne mais je ne suis jamais parvenu à nager convenablement le crawl, comme Tarzan )et le ski occasionnellement

Je suis un pongiste passionné. je me souviens de parties spectaculaires, à Martelange, chez les Kuborn où je fais le spectacle en 1954, ainsi qu'au Casino de Duinbergen (A l'armée je serai néanmoins copieusement battu par le Champion de Belgique )

Et n'oublions pas les interminables parties de balle pelote dans la cour du Collège, sport très à la mode dans les années 5O. Et aussi le patin à roulettes que je pratique durant des années, notamment avec ma mère, sur la Place de l'Eglise à Duinbergen le soir. Ma mère comme moi était sportive et casse-cou. Nous étions complices à ce niveau. Et nous jouions aussi aux billes sur le tapis de l'appartement. On faisait des concours. Suzanne adorait organiser des jeux. Tout n'était donc pas  négatif avec elle. Loin de là. Mais à cette époque je ne réalisais pas bien ce qu'il se passait ou tout simplement je ne voulais pas voir.

Sans oublier le Ski évidemment...

Bref une jeunesse très sportive et ce n'est pas fini puisque je pratiquerai ensuite, la boxe à 25 ans et le Karaté à 40 !

Il est clair que ma révolte commence à sortir, avec un terrible besoin de m'affirmer et de vaincre. Je ne suis pas spécialement costaud mais j'ai une énergie intérieure crépitante. Je cours très vite et je suis souple. Quand des scouts me poursuivent en forêt, celà fait partie de nos jeux, je suis le Cerf et ils sont la meute ; c'est moi qui lance le défi; je pars un peu avant eux et ils doivent me rejoindre et me cerner de toutes parts; ils n'y arrivent jamais. Parfois je suis encerclé. et  je parviens toujours à me faufiler entre les arbres  et je disparais définitivement, sans que l'on puisse me retrouver. Je suis le gibier de leurs battues et je me défends à mort. Le sens d'une telle attitude me semble clair aujourd'hui "Personne ne m'aura jamais" (Jamais plus?)

Cette Rhétorique qui touche à sa fin, nous rassemble régulièrement, nous les grands jeunes hommes, qui sentons que nous allons être bientôt disséminés un peu partout. Plusieurs rencontres sont organisées dans la nouvelle maison de mes parents ( ma mère adore les jeunes ) que nous occupons depuis Février 1956. J'éprouve en cette fin d'études, le besoin de développer musculairement mon corps au niveau du torse et des bras. Je traîne  en effet un complexe depuis les primaires; je suis incapable à l'examen de gymnastique de réussir la moindre traction des bras, même pas un début d'arrachage à la pesanteur, alors que la majorité de mes amis en réussit au moins deux. Alors dans ce grand jardin de 50 ares, entre deux poiriers, j'ai installé une barre de fer et tous les jours, je m'entraîne à faire des tractions. Et un jour, alors que tous mes condisciples sont à la maison, je les  invite à un concours de tractions  à la barre fixe et je les bats à plate couture. J'en réalise une dizaine sous leurs regards ahuris. C'est d'ailleurs à cette époque que je vais m'abonner au cours par correspondance de Robert Duranton "Le plus bel athlète d'Europe" et queje vais recevoir de Monaco, un magnifique colis d'haltères, avec des planches d'exercices quotidiens et exigeants. Je m'appuierai trois mois d'affilée pour commencer et continuerai à m'entraîner pendant des années et même à faire de l'haltérophilie en salle, dés la fin 1958, mais pendant quelques mois, seulement !1956 Cours Robert Duranton

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 10:00

Juan-Manuel FANGIO et Paul GENDEBIEN, photographiés sur le podium de Francorchamps, avec mon petit appareil, Agfa  Box, dans les années 1953-54..

Voici donc ma classe de Rétho. Je suis au 2e rang debout, derrière le professeur. Jean-Pierre Willemaers est juste derrière moi avec un pull foncé
 

Donc il ne me dérange pas ce nouveau professeur, petit gros. Je lui offre même une dissertation philosophico-religieuse, à l'examen écrit de religion, un texte remarquable, paraît-il, à propos duquel, il est dythirambique devant toute la classe, classe dans laquelle je suis devenu parfaitement terne an niveau de mes résultats et pestiféré au niveau de mon refus d'entrer dans les ordres. Je suis un élève moyen qui essaie péniblement de s'en tirer au niveau des maths, de l'algèbre et de la trigono (par contre la géométrie ça marche), qui sont ses cauchemars depuis toujours (autre forme de refus du père), afin de pouvoir obtenir "Le grand Diplôme ", le "petit diplôme" ne donnant accès qu'aus études littéraires et au Droit. Le grand diplôpme par contre donnait accès à la Médecine, aux ingénieurs etc..., à condition que nous les "gréco-latins" fassions une année après la rhéto à savoir la Scientifique, qui elle, était la rhéto normale de ceux qui avaient fait leurs études modernes et qui n'en avaient rien à cirer des langues mortes. Au fait à quoi ça sert une langue morte au fait ???.

Mais ce même Père Delepierre nous tenait néanmoins des discours délirants destinés à canaliser notre puberté turgescente. Il nous donnait un cours de religion  sur le mariage. N. Notre mariage serait une répétition du mariage entre le Christ et sa Sainte Eglise, donc une grande histoire d'amour entre le message du Christ et une Eglise qui bien entendu, ne l'aurait en rien trahi. Il faut oser tout de même. Donc notre future femme serait comme une église. Tu parles d'un pied. Nous étions tous des "Christ "et notre future femme serait notre "Sainte-Mère l'Eglise, donc notre mère. La boucle est bouclée car si la femme n'est pas exclusivement une mère et une église, elle ne peut être qu'une salope. Notre mariage serait donc l'alliance du Christ et de l'Eglise et nous aurions beaucoup de petites grenouilles de bénitiers que nous vêtirions de soutanes noires. Je ne plaisante pas, il existait un cours écrit par lui et il doit en rester des traces. Et en plus celà ne concernait évidemment que les cinquante pour cent d'entre nous qui ne voulaient pas devenir "Curés"

Petit execice de mémoire en regardant la photo ci-dessus. De bas en haut et de gauche à droite: Paul Gielen, premier de classe, Alain Nondonfaz, Malmédy, Le Père Delepierre notre professeur, Walsch, Roger Le Bussy et Pierre Verlaine, grands amis.
Deuxième rang en montant: Manu Delamotte, autre premier de classe, Jeukens, Bormans, Pierre Smal, Moi (quelle coiffure zazou ou zazie comme dirait Johnny dans le Paris-Dakar à propos de Zidane) Campion, Michel Potelle, Pierre Couvreur et Devresse.
Troisième rang: Fanuel, Trousse, Albert Hemmerlin, Jean-Pierre Willemaers, mon ami poète, Philippe Nonet, grand ami aussi, Emmanuel Mahy
Quatrième rang, toujours de gauche à droite. Boxus, Guy Palmers, Cawez, Hardenne, Guy Philippart de Foy, Michel Mersch (autre grand ami)
Et les trois au-dessus: Brisbois, Georges Gevers et Alain Pirard S.J. C'est lui qui s'occupe de l'Association des anciens élèves. C'était mon second de patrouille aux Scouts
Eh bien finalement, 52 ans plus tard, je me souviens de tous les noms

Je dois aussi et encore parler du scoutisme, toujours présent, à la XXeme Saint-Hubert, troupe inter-paroissiale de gosses de riches et de nobilions, troupe évidemment catholique mais trop snob pour se mêler à la lie des paroisses de quartier. L'Ecureuil réservé (moi) est devenu second (sous-chef de bureau, pourrait-on dire ) de la patrouille des Spiroux, décidément les écureuils me poursuivent , puis chef de patrouille, après le départ d'Hubert Halkin. CP comme on disait. Fort taiseux, je n'ai pas d'autorité sur les autres, je suis trop "copain" avec eux. Les chefs hésitent à me donner cette responsabilité, mais il n'y a personne d'autre. Je suis en fait, nommé à l'ancienneté et m'efforcerai de prouver que je vaux bien n'importe qui. Mon second de patrouille est un élève de ma classe à Saint-Servais, André Pirard, totemisé Girafe car il est plus grand que tout le monde. Futur Jésuite et donc toujours à Saint-Servais, et responsable des Anciens. Salut André si tu m'écoutes ! (je sais que certains me lisent là-bas au Collège, quelques survivants) Et j'accomplis alors une sorte de carrière dans le Scoutisme. Je réussis mon Hike de première classe (On part dans la nature pendant trois jours, on repère ses itinéraires avec une carte et une boussole, on doit gagner son pain en travaillant dans les fermes et on dort dans les foins à l'intérieur des granges ). Ensuite je réussis à Bruxelles, successivement le Hike de la Couronne et le Wood-Badge. Je deviens ainsi Scout de la Couronne, une sorte de Légion d'honneur, en somme. Imaginez la fierté de ma mère, elle qui pleure encore l'abdication du Roi Leopold III en 19501957 SCOUTS- Woodbadge

D'ailleurs en 1951, à 14 ans (il en fallait quinze normalement), j'ai eu la chance d'être sélectionné pour participer à un Jamboree, grand rassemblement des scouts du monde entier. Je me suis retrouvé à Bad Ischl, en Autriche, dans la vallés de l'Inn, à 34 Kms de la maison de Thomas Bernhard à Gmünden (mais je ne le connaissais évidemment pas à l'époque ), non loin de Salzbourg. Immense plaine entre deux montagnes, avec des milliers de tentes et des scouts de toutes les couleurs. On se promenait les uns chez les autres, on s'échangeait des badges ( j'en ai encore), on assistait aux feux de camp des indiens Dakotas ou des Ethiopiens cuivrésImageJ2.jpg

J-1.jpgJamboree-3.jpg

Ma troupe est donc une troupe de nobles ou de semi-nobles, royalistes et catholiques. Beaucoup de parents ont de petits ou de grands châteaux dans la région liégeoise ( de Laminne de Bex, de Theux de Melan de Montjardin, Chevaliers du Saint-Empire, Henri de Frahan, de Pierpont, de Terwagne d'Hautricourt etc...) Tout ce petit monde doré, joue au tennis au Sart-Tilman, à Duinbergen et au Zoute, à savoir à la Côte belge et se passionne pour les courses de motos et de Formule Un, à Francorchamps. Etant affecté à l'affichage du nombre de tours accomplis à la Tribune d'honneur de Francorchamps sur la ligne d'arrivée, j'ai pu côtoyer les grandes vedettes de l'époque, Fangio, Stirling Moss et en moto le fameux Pasteur Anglais prénommé Duke qui gagnait sur Norton 350 et 500 et franchissait la ligne en solitaire en se couchant de tout son long sur sa moto ( voir photo en haut de page)

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 09:59

Tout d'abord notre nouvelle maison au 123 de la rue du Snapeux, dans la même rue qu'avant, une vraie maison de "Docteur".

Ensuite c'est moi, en train de remonter dans ma chambre (fenêtre de gauche) par le toit. Je m'accrochais au pilier de gauche (qui semble tordu en effet, c'est la première fois que je m'en aperçois et il y a 53 ans de celà. Dond quand je rentrais au petit matin, pour éviter les engueulades de ma mère, je me hissa! sur le sous-toit et m'infiltrais dans la fenêtre laissée entr'ouverte. Subterfuge rapidement découvert hélas. Dommage car celà me permettait de de  réponde à la question fatidique "A quelle heure es-tu rentré "un innocent et dégagé "oh vers minuit"
En-dessous efin, mes collègues les plus proches lors d'une réunion chez mes parents  fin 1956. Assis à l'avant-plan de gauche à droite, Philippe Nonet, Christian Vancau et Paul Gielen. Derrière Philippe Nonet, André Pirard S.J. Il y en a trois qui n'ont pas de cravate, moi inclus, évidemment! (aussi Michel Mersch, futur avocat et Pierre Verlaine futur toubib, debout à droite) Philippe Nonet a terminé son droit avec la plus grande distinction, puis est parti enseigner en Californie

Me voici donc au seuil de la Rhétorique. Et là, le Dès mon entrée en Rhéto, mon professeur, une sorte de Jésuite Janséniste, coupé au couteau, m'agresse; il m'a tout de suite repéré. Un vrai paumé celui-là, un Torquemada du 20e siècle. C'est à ce moment que j'arrête défitivement, messe, communion, confession et autres conneries, mais sans oser encore l'assumer ouvertement. Je me promène donc sur les hauteurs de la rue Chauve-souris et du Boulevard Kleyer, dans la nature, avec Liège à mes pieds et la meuse qui coule entre les prés.
A la même époque, je vais découvrir dans le grenier de notre maison, au fond de caisses appartenant à l'adolescence de mon père, des livres que l'on n'a pas mis dans la bibliothèque parmi les livres du Chanoine Moeller, du R.P Sertillanges, d'Henri Simon et autres " Revues de l'Anneau d'Or "
Je me mets à fouiller et je tombe sur André GIDE. Oh oui, je sais qu'il est à l'Index, puisque mon ami Alex Klimov a été renvoyé du collège, pour avoir osé le lire (en même temps que Sartre). Mais pour qui se prend-elle cette Eglise, pour décider de ce que les gens peuvent ou ne peuvent pas lire?? Quelle prétention et quel abus de pouvoir. Moi " à l'index, ça m'excite et je retire de la caisse, mon premier Gide "Si le Grain ne meurt", sous forme d'un opuscule maigrelet, orné d'une couverture illustrée. Et je l'emmène et le dévore dans ma nouvelle chambre, (puisque nous venons d'emménager dans notre nouvelle maison au 123 de la Rue du Snapeux). je lis ce fruit défendu, sur un Secrétaire Louis XIII de ma mère, truffé de tiroirs secrets, ça tombe bien. De retour au grenier, je ramène "La Porte étroite" et puis un troisième livre, de CELINE cette fois, dont je n'ai jamais entendu parler par contre. C'est "D'un château l'autre", l' histoire de sa fuite vers Sigmaringen, après la guerre. Je le lis, persuadé qu'il est l'oeuvre d'un inconnu, inconnu que je vais réellement découvrir 10 ans plus tard. Très symptômatiques  que ces livres de mon père refoulés au grenier, des livres lus par son milieu libéral gantois à mille lieues de toute ces censures de curés malades, et puis ces livres de ma mère, aux couvertures reliées d'encens, exposés à tous les regards. Grand témoignage du respect de ma mère pour mon père et de la soumission de celui-ci à son épouse et à sa  foi catholique (les deux étant liés). Mon père va jusqu'à abdiquer sa jeunesse. Il est consentant. Hors de ma mère, point de salut. C'est la Vierge qui lui a apporté la lumière, l'Immaculée Conception. Disons que c'est ainsi qu'il veut la voir, car la réalité est toute autre et moi je le sais. Donc ces trois livres, deux Gide et un Céline, je les lis, en les cachant sous mes cours de réthorique et je les enfourne dans un des tiroirs secrets du "secrétaire", "ce qui tient secret ". Des tiroirs qui s'ouvrent avec l'index!
Donc le rhétho, ça démarre mal. Le poids d'un censeur-inquisiteur, l'arrêt de la messe  et de ses sacrements (et je suis le seul de la classe), le seul aussi à lire Gide, depuis le départ de mon ami Klimov, lui aussi issu d'un milieu intellectuel, libre-penseur et russe de surcroît. Ajoutons à celà, que fin Juin 1955, nous avons eu une retraite de trois jours à Xhovémont et que sur les vingt-cinq élèves de ma classe, une bonne dizaine, a déclaré avoir la vocation religieuse, soit près de cinquante pour cent de l'effectif, une véritable pêche miraculeuse et parmi eux mes amis les plus proches. Alors que moi, j'ai refermé ma porte au nez du prédicateur, venu le dernier jour dans notre chambre, pour "enlever le morceau", tel un agent d'assurances et l'ai bouté hors en lui disant "Non merci j'ai déjà donné" Je ne crois pas qu'il ait compris, mais il a fait demi-tour devant ce rhétoricien satanique, rétif à toute forme de réthorique
Sur ce notre professeur puritain disparaît du jour au lendemain ; on doit l'avoir enfermé et un autre professeur jésuite apparaît, un ami de mes parents, tout comme son frère, jésuite lui aussi. C'est le Père Delepierre qui, j'ignore pourquoi, me prend en sympathie, peut-être parce que son frère fréquente mes parents (enfin surtout ma mère) depuis longtemps. Bien sûr, en effet, c'est toujours Suzanne, ma mère qui amène le curés à la maison. Elle les invite à souper ( comme on dit en Belgique pour le dîner du soir, celui où on s'assoupit ), pas à coucher, ça ne se fait pas, mais des corbeaux en jupe, ça doit l'exciter quelquepart. Ce n'est pas dangereux un homme en jupe, surtout quand, en plus, il a promis à Dieu, de faire un noeud dans sa queue. Plus il y a de castrés, mieux c'est. N'est-ce pas maman, qui êtes aux cieux ?

Sur cette photo, je suis debout, au deuxième rang, juste derrière le Père Delepierre s.J

Ma-Rh-to-1.jpg

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