Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
 


LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


POUR TRADUIRE MON TEXTE DN ALLEMAND OU EN ANGLAIS CLIQUEZ CI-DESSOUS

 

Site traduit en Allemand :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/de/index.html

 

Site traduit en Anglais :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/en/index.html


Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
  • Contact

Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

<a href=

Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
.

Archives

<a href=

  

J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

Articles Récents

  • Bio 311 - Août 2005 - Portes ouvertes à Moircy Fondation Vancau
    Quelques photos de l'Inauguration de la Fondation Vancau, à Moircy (Belgique), en juin 2005
  • Je termine "L'Ombre de la Bête" de Patrick...
    Je termine "L'Ombre de la Bête" de Patrick GRAINVILLE. Livre remarquable. Un livre qui me concerne profondément. Un… https://t.co/C104t2zpz9 Christian Vancau (@VancauChristian) November 18, 2018 Je termine "L'Ombre de la Bête" de Patrick GRAINVILLE. Livre...
  • Extrait de ma bio 1985.
    Extrait de ma bio 1985. Jean DUBUFFET est mort. C'est intolérable. La nouvelle tombe ce mercredi 15 mai mais il est… https://t.co/qGjtC2a6oe Christian Vancau (@VancauChristian) November 18, 2018 Extrait de ma bio 1985. Jean DUBUFFET est mort. C'est intolérable....
  • Deux grenouilles mâles (plus petits que les...
    Deux grenouilles mâles (plus petits que les femelles) sur le dos d'une femelle l'étreignent dans un combat furieux,… https://t.co/b7UWPmaubF Christian Vancau (@VancauChristian) November 18, 2018 Deux grenouilles mâles (plus petits que les femelles) sur...
  • Henri Michon mon ami bourguignon, celui qui m'a...
    Henri Michon mon ami bourguignon, celui qui m'a amené Christian Bobin à Libramont en 1976, m'envoie une analyse gra… https://t.co/smBKKB8MGB Christian Vancau (@VancauChristian) November 18, 2018 Henri Michon mon ami bourguignon, celui qui m'a amené Christian...
  • A Anvers ces 21 et 22 mars 1985, en stage...
    A Anvers ces 21 et 22 mars 1985, en stage informatique au Centre Ordinateur de ma banque Ippa. Tout un parc indusri… https://t.co/HbDhrrVvhw Christian Vancau (@VancauChristian) November 18, 2018 A Anvers ces 21 et 22 mars 1985, en stage informatique au...
  • Je reçois une lettre de ma mère, pour la...
    Je reçois une lettre de ma mère, pour la première fois depuis 4 ou 5 ans. Ma mère vient d'avoir 71 ans. On dirait q… https://t.co/XZnwmSfi3h Christian Vancau (@VancauChristian) November 18, 2018 Je reçois une lettre de ma mère, pour la première fois depuis...
  • Extrait de mon journal 1985
    Extrait de mon journal 1985 "A 2 Kms de Buzenol, en pleine forêt, ce jeudi 28 février à 12h00, avec mes tartines e… https://t.co/wDClG9OTHJ Christian Vancau (@VancauChristian) November 18, 2018 Extrait de mon journal 1985 "A 2 Kms de Buzenol, en pleine...
  • Extrait de ma bio 1985.
    Extrait de ma bio 1985. Jean-Luc Godard à la Télé à propos de la sortie de son dernier film "Je vous salue Marie" q… https://t.co/kWvID4Ny9E Christian Vancau (@VancauChristian) November 18, 2018 Extrait de ma bio 1985. Jean-Luc Godard à la Télé à propos...
  • Extrait de ma biographie-1985.
    Extrait de ma biographie-1985. Il fait soleil, les glaces dégèlent tout doucement en cette fin février, mais on ne… https://t.co/a8QjtQCsVl Christian Vancau (@VancauChristian) November 18, 2018 Extrait de ma biographie-1985. Il fait soleil, les glaces...

Texte Libre


-->
<

Texte Libre

Texte Libre


Jetez un oeil dans mes LIENS sur Richard OLIVIER, BIG MEMORY, mon ami Richard, Cinéaste belge, étant sur un gigantesque projet: Filmer tous les CINEASTES BELGES, morts ou vifs. Enfin, un artiste qui s'intéresse à ses pairs !http://www.bigmemory.be

Texte Libre

COHEN Eveybody Knows
Tibetan Song

Je suis sur les blogs pro-tibétains:

www.candle4tibet.org
www.ning.com

VENEZ M'Y REJOINDRE !

Christian VANCAU

10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 08:05
Et un jour j'oublie de remettre la plaque de fonte sur l'égoût. Et il y a dans cette cour, pon adorable petit frère Etienne, 3 ans. Mes parents sont partis. J'en ai la garde. Mes parents reviennent. L'égoût est ouvert!! Ton petit frère??? Un acte manqué? C'est bien possible, après tout, mais comme le dirait mon inconscient, je ne l'ai pas fait exprès.
Alors j'ai dû me déshabiller. Tout sauf le slip. Ma mère orchestrait l'expédition punitive, comme de bien entendu. Jamais mon père n'aurait pensé à celà. Mais il a obéi comme toujours! Ils m'ont pris chacun par une cheville et m'ont laissé descendre (des cendres), lentement, tout à mon aise dans l'égoût. Mon visage se rapprochait peu à peu de la boue noire et épaisse. Et ils m'y ont plongé jusqu'à la ceinture, s'agenouillant même, en bons chrétiens, pour me laisser descendre plus bas. A ce niveau, pourquoi ne pas me lâcher tant qu'à faire? Moi le gamin de merde ! Ils m'ont remonté, noir, gluant, dégoulinant. Merci maman, merci papa. Pas étonnant que sur quatre enfants, vous en ayez fait trois, tarés ou presque. Vous auriez mieux fait de vous abstenir, mais voilà, à l'époque, les cathos n'avaient le droit de copuler, que sous peine de procréation. Ils copulaient sous les crucifix et éjaculaient dans leurs saintes vierges épouses, de l'eau bénite, à la consistance suspecte. Jamais en entrant dans les églises et en trempant ma main dans les éponges humides, je n'ai aperçu de sperme dans les bénitiers. Quel dommage! La même blancheur pourtant que les hosties dont nous étions gavés, comme les oies le sont, de foie gras
Pour faire dans le plus léger, car c'est lourd, je le sais mieux que personne, les années 1949-1950, il y a aussi les leçons de piano, dans le quartier Saint-Laurent, chez Madame Dehain-Delacroix. J'irai chaque semaine pendant un an, en apprenant des morceaux retranscrits dans des partitions simplifiées. "Tristesse" de Chopin, "La Sonate au Clair de Lune" de Beethoven, "le Beau Danube bleu" de Strauss et un morceau de Rimski Korsakov. Une méthode nouvelle qui comportait six ans d'études. Je passe mes deux premières années en une lors d'un concours à Bruxelles, en interprétant Chopin et puis j'abandonne, j'ignore pourquoi, mais celà aura suffi à me donner le sens des accords et à pouvoir rejouer d'oreille dès 1983. Mais je n'ai plus jamais fait de solfège! Et bien sûr, je joue très mal, mais je joue!
Souvenir aussi de vacances passées à Palogne. une ferme, à côté d'une rivière, la Logne, avec un bac pour passer la rivière. C'est moi qui finalement, vais jouer le rôle du passeur, les gens de la ferme, me faisant confiance. Il y a là dans ce gîte, un couple de fiancés, avec les parents de la fille. Bientôt le mariage et il y a de l'orage dans l'air, dans le ciel, mais aussi entre eux. Athmosphère lourde. Le tonnerre gronde. J'assiste alors à une bagarre violente et le fiancé se tire en m'emmenant avec lui. Nous allons nous baigner dans la rivière. L'homme est sympathique, une espèce d'aventurier mais je sens que c'est foutu avec sa fiancée et qu'il en souffre!
La ferme de Palogne est perpendiculaire à la rivière; il y a des tables dehors. Un jour, où mes parents sont attablés et alors que je joue avec des gosses de mon âge, je crie "couillon" à l'un d'entre eux. Mes parents m'appellent; ils sont horrifiés. Interdiction formelle de prononcer ce mot-là ! Pour moi, ça veut dire froussard et je ne comprends rien à cette interdiction. Plus tard, j'irai voir dans le dictionnaire et j'apprendrai que couillon au sens premier du mot veut dire "qui a de grosses couilles" Et depuis lors je me suis toujours demandé si tous les froussards avaient forcément de grosses couilles ! Heureusement que je ne suis pas froussard
!
Partager cet article
Repost0
10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 08:00
    • Je puis donc dire que mon retour à Liège marque le début de ma révolte. A Bruxelles, j'ai été étouffé, inexistant. Liège c'est la lumière. A Liège aussi, nous habitons sur les hauteurs, nous surplombons la ville. A Bruxelles, au contraire, nous étions  enterrés dans un artère centrale et grise, en pleine ville, une rue sur laquelle il n'y a rien à raconter.  Rien, hormis un chow-chow noir; il déambulait librement entre les poubelles et on disait de lui qu'il avait mangé un enfant, ce qui je dois l'avouer, me plaisait assez. Car déjà, à cette époque, j'étais un fan du Jack London de "Croc blanc" et de "Barry Chien-Loup", fan des Castors de Grey Owl et du " Dernier des Mohicans "de Fennymore Cooper. Et à la fin dela guerre, je dévorais chez mes grands-parents maternels, qui avaient vécu aux Etats-Unis pendant 4 ans, d'énormes livres, rouges brochés or, avec de superbes gravures, représentant des Cheyennes, des Iroquois, des Delawares et des Hurons, débusqués par des anglos-belgo-franchouillards, conards porteurs de chrétienté et de culture bouillie blanche, ces blancs aux casques blancs, comme leurs spermes évangélisateurs, prenant leurs queues pour des goupillons, cracheurs de feu et de sermons, odeurs mêlées de poudre et d'encens. J'avais instinctivemenrchoisi mon camp au sein de ces livres, écrits, reliés et publiés par des blancs "lave bien plus blanc que blanc". Une fois pour toutes, les Indiens seraient mes frères. Le seul blanc auquel je m'identifiais était Tarzan, en bande dessinée "Tarzan des Singes" avec se muscles sailants, sa solitude et son choix de vivre avec les animaux et les indigènes de couleur. Tarzan, le seul homme blanc, digne de pardon.
    • Et tout celà pour dire que le Robert Seghers, qui vient se battre avec moi dans la cour de récréation est un basané, ayant vécu en afrique, ce n'est pas un blanc ou alors c'est un Tarzan, un sauvage irrécupérable ( Il partira se battre au Congo, lors des évènements de 1960). Bref il n'a rien d'un cow-boy. Car le cow-boy vit en groupe, il pue, il pète, il rote et il tue. Musiques de kermesses et vapeurs de frites molles. Il écrase et piétine toute la beauté qui l'entoure, chevaux, vachettes, bronzés analphabètes et femelles en goguette. Je déteste les cow-boys !
      Revenons au Snapeux. Dans le jardinet étroit de notre petite maison, tout au fond, j'essaie de construire un bassin (Déjà !) En effet comme en 1947, c'est la canicule durant cet été 1949. J'achète du ciment. Je ne me suis, jusque là, jamais servi de mes mains. Mon père, oui, mais uniquement dans le corps des malades. A part celà, le seul bricolage que je lui aie jamais vu faire, consistait à tendre des fils dans le salon, un peu comme s'il tissair sa toile. Sans doute tissait-il la toile de ma mère l'araignée 'L'universelle Aragne", la toile qui finira par l'étrangler.(lui, pas ma mère) Je n'ai jamais pu comprendre l'utilité de ces constructions de fils (les "installations" de l'art contemporain n'existaient pas encore) reliant murs, tables et fauteuils. Construction plus mentale que charnelle, peut-être les mêmes fils que ceux avec lesquels il recousait les malades. Quant aux talents de bricoleuse de ma mère n'en parlons pas; elle n'a même jamais pu s'occuper de ses jardins successifs.
      Il fallait donc que je sois motivé pour creuser ce trou d'un mètre carré et le cimenter. Résultat l'eau que j'y versais disparaissait après une heure de temps. mais ça ne m'empêchait pas de m'y baigner, si on peut dire!.
      Mais dans la cour surplombant le jardin, il y avait un autre trou d'eau, celui de l'égoût. Une plaque carrée en fonte, et un mètre plus bas, la merde noire (Plus tard en 1968,  j'ai rencontré la "Mer Noire"eh ben c'est pas mieux et depuis lors je l'appelle "La Merde Noire") La merde adore les trous et ceux-ci le lui rendent bien (Non ce n'est pas de Céline, c'est de moi, mais il a bel et bien écrit "Un chou-fleur vaut dix cabinets, même s'ils débordent") Et dans ce trou, ça vaut bien les ficelles de mon père, je pêchais à la ligne. Avec une vraie canne à pêche et un flotteur rouge et j'attendais, plein d'espoir, que le flotteur s'enfonce, on ne sait jamais ?

 

 
Partager cet article
Repost0
10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 06:10

 

Revenons  dans la cour du Collège Saint-Servais, Deux jours après cette première bagarre je suis provoqué en duel par le deuxième caïd de la cour. un fils de colonial, une tête basanée aux cheveux blonds coiffés en arrière. Johnny Weissmueller et son corps tarzanique, déjà trapézique.C'était une merveille de le voir coulisser son crawl dans la piscine. Il s'appelle Robert Seghers, comme l'éditeur. Deuxième arène, mais cette fois il s'agit de lutte et non plus de boxe. C'est du corps à corps, des bras qui se nouent, des prises de tête. C'est de nouveau la foule autour de nous et je ne suis bien sûr, pas le favori. Mais je résiste à ce bull-dozer, il ne parvient pas à me terrasser...et c'est la cloche qui retentit. Matche nul ! déclare la foule! Il ne faut pas se leurrer, je fais mon entrée dans un monde qui ne m'a pas attendu pour fonctionner et établir sa hiérarchie, une hiérarchie avant tout physique et pré-sexuelle ou pré-pubertienne. Priorités de mâles. Nous sommes en plein "Lord of the Flies" (Le seigneur des Mouches ). En effet, je suis arrivé en janvier dans une école qui fonctionne depuis le mois de septembre précédent, j'ai un an de plus que ceux de ma classe et je viens de Bruxelles dans un milieu liégeois. Je suis doncl'étranger, il faut me mettre au pas tout de suite. Et c'est raté !. Moi qui, jusque là, ai été un garçon solitaire et quasi"hors scolarité", je me retrouve dans un groupe et heureusement pour moi quei j'ai des couilles. Ca veut dire simplement qu'il n'est pas question que l'on m'enterre. C'est l'enfant sauvage qui résiste. Pour la première fois l'enfant sauvage, rencontre la tibu des hommes et il refuse de se soumettre aux lois du clan.
 
Avec le recul, je suis effaré de constater comme tout est déjà dit chez les jeunes garçons. La force physique comme valeur suprême, consacrée aussi par les compétitions sportives, les hiérarchies se constituant rapidement pour permettre aux plus forts de dominer les plus faibles, les chefs de clan et sans arrêt les petites guerres, faux fusils, faux revolvers (en attendant les vrais) cris de mitraillettes et de balles sifflantes, tout est déjà mis en place. Aussi l'immense importance du football et du marquage de buts. Sacrée symbolique sexuelle. L'homme doit marquer des buts, il doit tirer son coup (Quant à la femme, elle est ou n'est pas "un bon coup". La femme est là pour se faire tirer par l'homme) Plus tard, il ira à la chasse, puis à la guerre et de retour, il battra sa femme, "entre les coups". L'homme a le phallus assassin.                          
 
Et de ces deux combats, je vais émerger, déguisé en petit voyou, chef de bande, comme mes deux mouveaux amis et m'opposant néanmoins au pouvoir officiel, celui des Jésuites qui nous entourent. Lors de l'excursion de fin d'année 49, j'organise une fugue, avec mes deux amis, loin des entiers battus, loin des pions qui nous encerclent. (Voir photo ci-dessus. Je suis debout au 2e rang, marqué par une flèche noire). C'est à Profondeville. Nous quittons les rangs, entrons dans la forêt. Nous, enfants des villes, nous taillons notre jungle imaginaire à coups de machettes et nous nous perdons dans les gorges profondes du barrage(pas encore dans celles des femmes). Nous allons marcher pendant huit heures, totalement égarés, mais nullement effrayés. Tout le "collège excursionniste" est à notre recherche. Nous apprenons qu'on nous a vus "morts" au fond d'un ravin, qu'aucun de ces couillons n'a osé dévaler pour confirmer le sinistre diagnostic. Nous finissons enfin par retrouver notre chemin à travers la brousse, jusqu'à notre point de départ. la nuit est tombée (et nous la ramassons). Il n'y a plus personne, excepté le petit pion corbeau blanc-blond qui vient à notre rencontre, en écumant. Nous rentrons avec lui en taxi dans un silence de mort. Nous sommes les héros de l'Equateur liégeois. Nous devenons "mythiques" et le lendemain, nous passons notre journée, à genoux sur l'estrade, à genoux, détail non-négligeagle, sur une régle à quatre faces, de quoi nous dégoûter à tout jamais de toute forme de "règles"; c'est une vraie torture. On n'a pas encore inventé la "gégène" mais l'Algérie n'est pas loin. Mon entrée dans le monde se fait de cette manière. mais j'apprends déjà que je ne suis pas de ce monde et que mon parcours sera difficile
 
 Légende de la Photo: L'excursion de fin d'année. 1949. Le petit voyou Vancau c'est celui, au 2e rang, à droite du milieu de la photo, qui pose une bouteille (déjà) sur la tête de son camarade assis, (qui ressemble à Francis Blanche)
Partager cet article
Repost0
10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 05:08
1949-LIEGE-Rue-du-Snapeux-1449.jpgVoici notre maison de la Rue du Snapeux à Liège où nous avons vécu de 1949 à 1955-,56. Ma chambre est au-dessus à droite. Dans le fond la fameuse propriété arborée. Au fond  de la rue, à droite, on aperçoit en retrait, la maison que mes parents ont fait construire en 1954-55, sur un terrain de 50 ares. Dans cette maison, cette villa très "Le Zoute" devrais-je dire, je vais vivre de 1955 à 1962, date à laquelle je quitte mes parents et vais vivre en ville, dans un taudis ou presque, puisque je ne paierai même pas de loyer. Mais la maison du fond, restera la maison de ma folle jeunesse, de la fin de mes humanités et du début de mes études de Droit à l'Université.
 
Mais revenons en 1949. Au fond de la rue à gauche, dans la maison du coin, j'ai une galante; c'est "ma crapaude", comme on dit à Liège, mon deuxième amour, après Morzine. Elle s'appelle Liliane Mathieu (Non ce n'est pas la soeur de Mireille !) Voici, en bas de page, la photo de Liliane devant sa maison du coin. A gauche, c'est moi, en Scout, à ma droite Aline China, une autre voisine; la petite basanée avec des tresses ramenées au sommet de sa tête, c'est Liliane, elle était jolie, et à l'extrême droite, c'est Jules China, un petit rouquin avec lequel je m'entendais très bien. Le père China était gardien de prison à Saint-Léonard. La mère de Liliane était veuve. Que sont nos amours devenues? J'avais une furieuse tendance à "jouer sur la rue" avec les enfants du quartier. Pas si facile, parce que j'étais le" fils du docteur", dans un quartier assez populaire et que les gens gardaient leurs distances. Heureusement j'étais loin d'être "fier"et ça plaidait en ma faveur. Il y avait même une bande de petits voyoux, la bande des frères Cabay, qui faisaient la loi. Un jour, une voisine bien intentionnée, Madame Lambert, a téléphoné à mes parents, pour signaler que je jouais au foot dans la rue avec les frères Cabay. Et mon père est venu me chercher en pleine savane Kenyane, sans un mot et m'a fait rentrer à la maison. Et voilà. Le clivage socia brutal ! Il aurait pu penser que si je jouais "sur la rue", c'est que peut-être je n'étais pas bien chez moi. Mais je suis persuadé que mon père  agit sur ordre de ma mère, car il n'est pas du tout comme celà. Mon père, à la clinique ne dialogue qu'avec les malades, les infirmiers et les infirmières. Il fuit ses collègues médecins, refuse tout jeu de pouvoir. Et c'est cet homme-là qui, comme un toutou, obéit aux ordres de Suzanne la snob.
Donc terminé de jouer "sur la rue" avec des gosses "de condition inférieure". Suzanne est issue d'une grande famille, elle ! Son fils aîné ne doit pas se salir avec des bouseux. Elle est la seule à pouvoir le cochonner, foi de "Folcoche".  Ceci dit, j'ai tout de même continué à jouer "sur la rue". J'ai toujours joué où je voulais.
Cette page est une parenthèse dans mon récit et je vais donc revenir au Collège Saint-Servais, à la page suivante
1949-Li--ge-Snapeux.-Les-China--Liliane-athieu-et-moi.jpg
Partager cet article
Repost0
10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 05:00
Voici le Collège Saint-Servais en Juin 1949. C'est la cinquième année primaire, la classe de Monsieur Dassy. Je suis à l'avant-dernière rangée sur le dessus de la photo et le cinquième en partant de la gauche. Derrière nous le Parc du collège, avec une piscine en plein air. Moi qui adore nager, quelle aubaine !
Je me souviens de la plupart des noms de mes condisciples. Dans l'immédiat, je me suis fait deux copains privilégiés, Pol Scuvie et Robert Seghers dit, l'Africain. Deux caîds auxquels on m'a confronté lors de  mon arrivée. Deux combats organisés dans la cour de récréation pour tester le nouveau en le confrontant aux deux chefs de bande, sous l'oeil indulgent des pions. Premier combat avec Paul Scuvie, des fonderies Scuvie, rue du Calvaire, près de chez moi; il me provoque en duel, au poing levé; pas de doute, son truc c'est la boxe (ce n'est pas encore le mien, hélas) Je relève le défi. Autour de nous, un immense cercle, cette cour fait bien deux terrains de foot et je me défends plus que bien, mais le mec, finalement m'envoie un direct au foie et foi de chrétien, je me plie en deux, et c'est le coup de gong, à savoir le coup de cloche de fin de récréation. Chacun regagne ses rangs. J'entends des commentaires: " t'as vu le nouveau, il a tenu tête à Scuvie. Ouais mais il a tout de même été battu " Moi qui croyais que le guerre était finie ! En fait la guerre des hommes c'est en cour de récréation qu'elle commence !  "Un nouveau ? Faut le mettre au pas. On va chercher le chef. Aïe, aïe, le nouveau résiste " Car Scuvie règne sur la cour, il a dû en abattre plus d'un, avant moi. Ce scenario-ci n'était pas prévu. la preuve que je lui aii résisté c'est que je vais devenir son meilleur ami de Scuvie. Si je m'étais écroulé dans la cour, je serais devenu un de ses sujets. Mais je me suis seulement plié en deux et j'ai été sauvé par la cloche, sinon pauvre de moi. Mais avant je l'avais fait vaciller à plusieurs reprises, moi l'étranger, venu de Bruxelles, et un doute s'était introduit dans la tête de ses fidèles vassaux. Scuvie ne serait pas invincible ? J'ai eu le temps d'entrevoir dans la foule qui nous encerclait, un jeune cadavre jésuitique, un jeune corbeau, le pion de service, maigre macchabée aux blonds cheveux; le spectacle semble le fasciner et ce n'est qu'au son de cloche qu'il bondit pour nous séparer. Il vient de projeter son homosexualité refoulée sur deux gladiateurs de onze ans
Partager cet article
Repost0
9 septembre 2008 2 09 /09 /septembre /2008 19:35
A Llège en 1949, j'ai 11 ans, nous emménageons sur les hauteurs de la ville, dans un quartier populaire, non loin de l'Eglise Saint Gilles, rue du Snapeux (Sinapisme= L'art du moutardier), nous devons donc nouc trouver au milieu d'anciens champs de moutarde.1949-LIEGE-Rue-du-Snapeux-1449.jpg Mon père est à quinze minutes à pied de son travail. La Clinique de l'Espérance est d'abord une clinique de charbonnage, le Charbonnage "Espérance et Bonne fortune" situé à Montegnée (Espérance et Bonne fortune, pour qui ?). Quant à moi, je suis à une demi-heure du centre- ville; il me suffit d'enfiler l'interminable rue Saint-Gilles pour me retrouver dans mon nouveau collège. jésuitique, le Collège Saint-Servais
Toujours à pied puisque pas de voiture à la maison. A la fin de mes humanités, en 1956, j'aurai totalisé plus de 40.000 Kms à pied, soit le tour de la terre. Rimbaud peut repasser !
Le quartier n'est pas désagréable car nous avons en face de chez nous une immense propriété arborée, qui deviendra nôtre en 1955-56. Quant à mon père il va commencer à réparer les os brisés des mineurs, mais aussi ceux des accidentés en tous genres car la clinique à commencé à se diversifier, pressentant peut-être la fin des charbonnages. Pour rappel, mon père est chirurgien mais a fait en plus une spécialisation dans tout ce qui touche au redressement ou au recollage des os brisés (broches etc...) Mon père devrait donc être  riche mais il ne l'est pas encore et il a 41 ans. Je me souviens d'une scène de ménage, en plein repas. Ma mère réclame de l'argent à mon père (elle le fera jusqu'au bout.) Mon père d'habitude calme et réservé, se met en colère. Il dit "Je gagne onze mille francs par mois ! " ( je me souviens que le sachet de frites était à cinq francs plus deux francs de Tartare). Il vient de toucher son salaire (car il est appointé comme "fulltime" par la Clinique ); il tire les onze billets de mille et les jette sur la table
A Liège, tout comme ma mère, je me retrouve dans mon élément. C'est tout de même la ville de mon enfance. Notre maison est modeste avec tout de même un petit jardin, qui sent un peu la campagne, car comme je l'ai dit, il y encore de la verdure rue du Snapeux à l'époque (aujoud'hui c'est la sortie de l'Autoroute, la sortie Burenville près du Boulevard Sainte-Beuve, la "sainte patronne" de notre quartier) Et là, il y a une énorme propriété en friche, peut-être les anciens champs de moutarde, à l'état sauvage, entourée d'un mur de pierres. Il y a de grands arbres et on entend les oiseaux, ça me change de Bruxelles. Ma chambre est à rue, au deuxième étage, mais la rue est calme. De temps en temps une marchande ambulante, poussant sa charrette et criant "Quite Peu-er", ce qui en wallon légeois, veut dire "Poire cuite";
J'ai donc un peu plus de onze ans lorsque ma mère, en cours d'année scolaire, puisque nous sommes en janvier, va m'inscrire chez les Jésuites. J'ai un long entretien avec le recteur du Collège, le Père Crèvecoeur. Un nom lourd de promesses et de béatitudes. Il teste mes connaissances qui sont plutôt  faibles, avec les études chahutées que j'ai menées jusque là. Résultat, on me fait redescendre de classe et je vais entrer en cinquième année, alors que j'avais commencé ma sixième année à Bruxelles (Je parle des années primaires et non des humanités). Processus assez particulier puisque j'avais réussi ma cinqième année à Bruxelles (J'étais monté de classe comme on disait ). Me voilà donc redescendu. J'ai appris plus tard que me mère avait fortement poussé à la charette (comme on disait aussi, en tout cas à Liège, Liège étant un peu le Québec de la Belgique, si vous voyez ce que je veux dire ! ). Il ne faut jamais oublier que Liège a été une ville française de 1815 à 1830. On peut même dire d'elle qu'à l'époque, elle ressemblait à une ville du Sud de la France
Partager cet article
Repost0
9 septembre 2008 2 09 /09 /septembre /2008 17:02
La musique, les deux chiens, les poissons, les deux paralytiques, voilà ce qui me permet d'émerger de ces deux années1947 et 1948, lourdes et tristes
 
Pendant cette même période, il y a les incontournables séjours à la Côte belge, à Pâques et en septembre. Un rite qui s'etait déroulé à Saint-Idesbald et à Coxyde, avant la guerre, et qui se déroule après cette guerre, au Coq-sur-mer d'abord, puis à Duinbergen ensuite et celà jusqu'à mes 20 ans passés
Principales occupations: les baignades, la pêche aux moules et aux crevettes et le tennis que je commence à apprendre vers mes huit ans , tout comme j'ai appris à nager, à cet âge-là, avec mon oncle Lucien, mais à Anseremme cette fois, dans la Meuse et non dans la Mer. On flotte nettement mieux dans l'eau salée et la Mer du Nord ne manque pas de sel.
 
Une anecdote, à Duinbergen, m'est restée en mémoire. le fameux Charles F., celui qui me donnait des oranges au Conservatoire de Liège, pendant la guerre, refait son apparition, de temps en temps. Il faut dire que mon père ne nous rejoint que les WE, et encore. Et ma mère, décidément pas très claire comme dirait Bashung, fait souffrir son amoureux transi. Un jour, nous nous retrouvons à trois, dans une aubette d'autobus. Charles retourne à Liège; ambiance de bagarre. Il pleure, c'est le drame. C'est alors que ma mère ( Elle s'appelle Suzanne ma mère et son totem c'est Kotick, un phoque; c'est Loup-Phoque qu'on aurait dû la totémiser) me dit d'aller cacher la serviette de Charles, derrière l'aubette, au moment où le bus se pointe, et je le fais. Au moment où le pauvre Charles veut monter dans le bus, il se retourne et...plus de serviette ???. Résultat, il rate son bus. Nouvelles disputes et nouveaux pleurs. Dans quels jeux d'adultes suis-je à nouveau impliqué. En tout cas l'anecdote est très révélatrice de l'attitude sadique de ma mère, à l'égard des hommes et donc de son goût prononcé pour les hommes masos. Mais Charles reviendra aussi à Bruxelles, rue Montoyer, pendant la journée. Je pense que mon père sait, mais qu'il fait confiance, c'est dans son style. Mais un jour, il perdra patience et mettra fin à cette histoire. Charles disparaîtra à jamais; c'est gênant car il est devenu le parrain de mon frère Etienne en 1946. Il se serait marié par la suite et a engendré un fils, bien connu dans le monde musical. Retour au Conservatoire de Liège!
 
Dans toute cette période de guerre et d'après-guerre, je dois aussi mentionner la présence permanente des amies de ma mère, qui sont toutes, des cheftaines de son Clan Reine Astrid, le clan qu'elle a fondé. J'ai donc des tas de tantes que j'appelle exclusivement par leurs totems. Tante Isard, tante Poulain, tante Chevreau, tante Girafe, tante Brontosaure etc...Une vraie ménagerie. Et on se demandera  pourquoi par la suite je me suis mis à peindre des totems. D'ailleurs, j'entre chez les louveteaux à Liège, puis à Bruxelles, puis aux Scouts, dés mon arrivée à Liège en 1949, et mon totem sera Ecureuil.
 
Et voilà c'et fini Bruxelles car mon père a trouvé une situation à Liège et nous allons nous y installer en Janvier 1949. Ma mère ne s'étant pas plue à Gand, ni à Bruxelles, nous devions irrémédiablement revenir dans le berceau maternel, à liège, ville-fleuve et donc ville amniotique. Les liégeois quittent très difficilement leur ville. On revoit les mêmes têtes en se promenant à Liège, cinquante ans plus tard. C'est très difficile de couper le cordon avec une ville-fleuve.
 
Personnellement je quitte Bruxelles sans regrets si ce n'est celui de mes deux chiens, Néri et  Cesar
 
 
 
 
 
  Vancau louveteau en 1947, je n'ai pas encore 10 ans. Sur la photo du dessus, en 1946, lors d'un camp dans la campagne liégeoise, on dirait que je sors d'un autre camp, un camp de concentration
Partager cet article
Repost0
9 septembre 2008 2 09 /09 /septembre /2008 10:50
1947-Bruxelles-.-NERI--Le-chien-de-ma-voisine.jpgDans cette clinique de Neerijse, il y avait aussi "Mademoiselle Hadji", une hongroise, l'Infirmière en chef, le  véritable chef de la Clinique, baraquée comme un poids lourd. un jour de fièvre (de croissance), je la vois encore ma planter le thermomètre dans le derrière et décréter en me dégoupillant..."37°5  Recta " ( me dire celà à moi qui pensais faire 37°2 le matin, bonjour Monsieur Beneix ! ) 
J'allais aussi jouer tous les jours dans la salle commune, avec mes deux amis, Hugo et Eric. Comment les oublier ! L'un, noir de cheveux et peau basanée, sûrement italien calabrais, et l'autre tout blond. Age: dix ans comme moi et tous deux "polios". Ils se pendaient aux barreaux de leur lit et essayaient de se redresser sur leurs petites jambes tordues, arborant des sourires radieux, chaque fois que j'arrivais dans la salle; c'était leur récréation de la journée. Deux fois deux mois de vacances, j'ai passé avec eux. On riait beaucoup!

 

 

Eux deux et mon étang, des allers et retours perpétuels. L'étang d'un hectare et ses bois tout autour. J'étais un petit Tarzan, perdu dans la brousse non hospitalière d'un établissement  hospitalier, a moins que ce ne soit le contraire. Ne pouvant amener mes deux amis dans la jungle, je leur racontais à mon retour, mes aventures périlleuses, au coeur d'inextricables lianes brabançonnes. Il y avait, eux, moi et les poissons. je n'ai aucun souvenir de mes parents, durant ces deux étés !

 

De retour, rue Montoyer, j'allais presque chaque jour chez notre voisine, la femme du Docteur Delchef, patron de mon père. elle avait yeux et cheveux noirs tirés en arrière (enfin pour les yeux je ne suis plus sûr) avec un macaron, ficelant le tout. Cette femme solitaire et perdue dans son immense maison, aimait la musique. Elle me mettait des 78 tours (de poitrine) "La voix de son Maître" avec cette image du chien devant un phonographe.
Du classique, du violon surtout, rien que des interprétations de Yehudi Menuhin dont elle était folle (il avait 32 ans en 1948). J'étais loin de me douter que 42 ans plus tard, j'allais le rencontrer et devenir Directeur Financier de sa Fondation belge à Bruxelles (Début 1990 après mon licenciement de ma banque à 52 ans)

 

Mais dans cette maison, je trouvais aussi, ce que je n'ai jamais trouvé chez mes parents, des animaux, en l'occurence deux chiens. Le premier, mon préféré, était un griffon d'Ecurie, noir et blanc, tout touffu et s'appelait Neri (de Neerijse). (Photo du haut) et le second arrivé plus tard, un berger d'Alsace se prénommait César (photo du bas), trop racé pour moi, peut-être, mais tout de même avec ce côté "Loup "qui me fascinait pas mal( A l'époque je lisais Jack London, Fennymore Cooper, et Grey Owwl, l'Indien aux Castors) D'ailleurs pour César, on disait aussi "Loup d'Alsace ". J'ai dû accompagner une fois, ce César, au dressage. Une fois mais pas deux car j'ai pas aimé ça du tout. Neri par contre on ne le dressait pas.  C'était un zinneke (un bâtard) comme moi et on ne dresse pas les bâtards. C'est pour celà que personne n'a jamais pu me dresser (Zinneke s'utilise ausi pour désigner un vrai belge, à savoir mi-flamand, mi-wallon, ce vrai belge que certains flamands essaient d'écarteler afin de créer une belle race flamande débarrassée de toute pourriture wallonne. "Wallons Caca" entendait-on l'autre jour à la Télévision dans les tribunes d'un match de foot) Ils sont "classieux" ces flamands ! Donc un zinneke, comme les deux chiennes qui ont accompagné ma vie de 1985 à 2003, Craquotte et Plume . Craquotte ma première chienne, 10 ans de vie commune ( je ne cohabite plus qu'avec des animaux, j'ai compris ) et sa fille Plume, une Plume à poils qui m'a peut-être fait prendre la plume, pour écrire cette auto-biographie. Pas Monsieur Plume, mais Mademoiselle Plume, chienne d'écrivain.  Prendre son pied, en prenant sa Plume !.

Partager cet article
Repost0
9 septembre 2008 2 09 /09 /septembre /2008 09:45
 
             A Bruxelles, heureusement, il y avait mes grands-parents gantois, qui venaient me chercher à l'Ecole, Place Saint-Josse. Ben pardi, il fallait bien, j'étais en congé et il n'y avait personne chez moi, dans la maison mortuaire de le rue Montoyer; et ils m'emmenaient au restaurant, les braves, en fait, disons plutôt, à la friture, parce que moi, mon pied, c'était le sreak-frites et le verre de Coca. Il faut dire que chez moi, on ne m'avait pas appris à manger, non plus. J'adorais mon grand-père et parrain André . Il était profondément bon comme mon père et ressemblait un peu à Petain (Voir photo en début de biographie). et puis c'était tout de même lui le gynéco, qui m'avait mis au monde. Ma grand-mère  Fernande était moins "simple", mais je l'aimais bien cette grande cigogne, un peu snob. Etudes artistiques aux Beaux-Arts de Gand, un mètre septante au garrot, elle faisait des croquis, au pastel et au crayon. Elle était très fière de son petit-fils, j'ignorepourquoi, sinon qu'elle avait une nette préférence pour les garçons.En plus, j'étais le fils de son fils et non de sa fille. En fait elle préférait les garçons, comme mon grand-père maternel préférait les filles (on retombe toujours dans les mêmes clichés ceux des gens qui n'aiment que les chiens ou les chats et jamais les deux; eh les gens ! ...faudrait vous soigner avant de vouloir élever des enfants. On se fait d'abord, on pond après). Plus tard quand elle parlait de moi elle disait " il mesure un mètre quatre -vingt et joue de la guitare ". Ceci dit être "préféré" n'est pas non plus une sinécure. Et même que ça peut vachement vous cochonner, et dans tout cochon, il y a un Oedipe qui sommeille...à moins que ce ne soit l'inverse ??? (Le sculpteur Reinhoud disait lui  que " dans tout cochon, il y a un homme qui sommeille 
  Château de Huldenberg Neerijsse526 001
Et puis, il y a aussi les grandes vacances en 1947 et en 1948. Où ça? Mais dans une clinique, celle où mon père travaille, à Neerijse, près d'Overijse, une clinique privée, celle du Docteur "Delchef ", il y a des noms prédestinés. Une clinique " privée " voyez-vous ça ! Il s'agit en fait de l'ancien château de Huldenberg  près de Louvain. Face à la Clinique, un groupe de maisons, plantées en cercle fermé. La qaurtier des médecins et de leurs famillesbinnenzicht op koetshuis. On se serait cru en plein "Carson Mac Cullers" ( Reflets dans un Oeil d'Or ).
Et tout aux alentours de la clinique, des bois et un magnifique étang, au bord duquel je vais passer des journées entères, à "ferrer" (comme Leo ), des carpes, des rousses et des tanches.Neeriscche-1947-49 1471 Je n'oublierai jamais la sensation d'un corps de tanche dans ma main (je les relâchais après les avoir palpées). Introduisez un doigt dans votre bouche et touchez l'intérieur de votre joue, vous saurez tout du toucher de la tanche, poisson de fond qu'on ne voit que si on le tire et qu'on ne tire que si l'on pêche "au fond". Jeune, j'étais fou de pêche et ça a duré au moins jusqu'à mes 18 ans.Neeriscche-1947-49 1473 J'ai recommencé à 42 ans, lorsque j'ai acheté mon territoire. Je me suis remis à pêcher dans mon ruisseau pour faire vivre les étangs que je creusais! 
 Clinique de Neerijsse072 001
A Neerijse, je suis le seul enfant de toubib. Je mange avec les adultes, les médecins et leurs femmes. je me souviens d'un certain Docteur  Walsh., moustache rousse de colonel de l'armée des Indes, peau rose et rouges yeux de noceur, et de sa femme, une superbe jument (qu'il devait monter "a cru" et à mon avis il ne devait pas être le seul ), une grande noire aux longs cheveux, d'une vulgarité peu commune(c'est rare car en général, la vulgarité est plutôt commune), sorte d'Ava Gardner de Pigalle. Eh bien, elle sera ma première femme nue. Ca c'est important! Entrant danss la chambre de mes parents, avant un repas de midi, je tombai sur cette femme, côté cul, grande, blanche et nue comme un ver. Et quel cul !. les pages Internet sont trop étroites pour le dessiner. C'est bien la peine de faire un blog ! Elle se changeait dans notre chambre, étant seulement de passage! Hélas !. Je me suis demandé si mon père n'était pas sous le lit mais je n'ai pas osé vérifier. Dix minutes plus tard, elle était en face de moi, à table, et je ne voyais pas sa robe, seulement sa nudité blanche. C'était bien, l'Elisabeth Taylor de "Reflets dans un Oeil d'Or, à poil sur son pur sang. De sang pur, je me sentais tranfusé, par cette "Vénus de Clinique" Château de Neerijsse990 001P8040076-copie-1
Partager cet article
Repost0
9 septembre 2008 2 09 /09 /septembre /2008 09:20
Quand ma mère revient à Bruxelles, je tombe malade. Le médecin de famille pose son diagnostic! Je fais des fièvres de croissance ! Ah bon sang, mais c'est bien sûr! La vérité  est que je secoue le thermomètre à l'envers ou le trempe dans l'eau bouillante. Je déteste l'école et vais devenir un petit malade pour attirer l'attention de ma mère et celà d'autant plus qu'il y a ce petit frère qui phagocyte tout. Moi le fils d'avant-guerre, dont la soeur a disparu et qui ne parvient pas à reconnaître son père, j'ai l'impression de ne plus exister


Bruxelles, ce sont aussi les ennuyeuses promenades du dimanche, où nous prenons le train à la Gare de Luxmbourg, mes parents poussant mon frère Etienne dans sa poussette: campagnes brabançonnes, chemins pousssièreux, mon père, fou de botanique qui cueille et identifie des fleurs sauvages (je dois dire qu'à l'époque ça ne m'intéressait pas du tout) et puis aussi la forêt de Soignes, là je m'y retrouve mieux, parce qu'une forêt c'est l'animal sauvage, possible à tout instant et ça, ça m'intéresse. Tout ceci, sans voiture. Mon père n'en veut pas et n'en voudra jamais, alors qu'avant la guerre, il a appris à conduire avec son père qui, lui, avait une voiture (une dina panhard que, petit, je surnommais "titi toto de Bon Papa" sorte de langage sms, avant la lettre) Nous nous sommes donc toujours déplacés en train et en taxi. Ma mère, elle, ne s'intéresse pas aux fleurs, ni à la nature en général; ce qui l'intéresse, ce sont les gens, dans la mesure où elle peut s'introduire dans leur intimité et y foutre le bordel, le tout avec une figure tellement angélique (on lui donnerait le diable sans confession et elle l'avalerait tout cru) et charismatique, que tout le monde s'y laisse prendre. "Suzanne est extraordinaire". Mais non les cons,! Suzanne est juste une mante "religieuse"

Il y a aussi des vacances dans les pays rédimés. Un ami noble de ma mère (le Baron Verlinden), nous prête son chalet de chasse, à Kuschelscheid, près d'Elsenborn. Nous sommes dans une clairière avec un mirador, en lisière  de forêt. Région très sauvage, aucune autre maison ou chalet à l'horizon. J'y fais quelques promenades avec mon père; un jour, nous débusquons un cerf qui faisait sa sieste. Il se lève brusquement et détale dans un coupe-feu. C'est mon premier cerf, je suis très impresionné. C'est comme un cheval sauvage! Il fait chaud )

 
Mais j'ai des devoirs de vacances, en mathématiques. Je déteste les maths. Et pour cause, mon père a toujours adoré les maths, me dit-on. Pendant ses vacances d'élève brillant, n'ayant jamais eu de devoirs de vacances, lui, il faisait des maths pour son plaisir. L'horreur !. Donc là, à la frontière allemande, il s'occupe de moi tous les jours et c'est l'enfer, parce que les maths ça m'emmerde vraiment et donc les choses avec mon père ne s'arrangent pas. Ma mère, par contre, a une vraie passion pour l'histoire et la géographie, mais uniquement l'histoire des rois de france; elle peut réciter par coeur toutes la généalogie des Capétiens et des Valois. Normal, ma mère c'est Marie-Antoinette, la dernière reine de France , ce sont donc ses généalogies qu'elle récite mais croyez-moi, c'est aussi chiant que les maths


Retour à Bruxelles. je me souviens que ma mère m'habillait très mal.  Elle me faisait porter un costume ridicule, avec une culotte qui se boutonnait à la veste. J'étais horriblement gêné d'aller dans cette tenue à l'école. Alors au dernier moment, en sortant de la maison de la rue Montoyer, j'empoignais un pull que j'avais caché, près de la porte d'entrée, dans un vase à parapluies, et je l'enfilais. Un pull en laine de surcroît, alors qu'il faisait pétant de chaud (L'Eté 1947 a été l'un des étés les plus chauds du siècle avec 1949)
Je soupçonne  d'ailleurs ma mère d'avoir très mal habillé ses hommes dans le but, plus ou moins conscient de les rendre ridicules, mal foutus. Je dois néanmoins préciser qu'elle-même s' habillait avec une absence totale de goût. Mon père, lui, s'en foutait, d'autant plus que, pendant la journée, il était habillé en tablier de toubib, noué dans le dos. Quand il était en civil, je me souviens de ses chemises mal repassées, avec, irrémédiablement, une des pointes de son col, tordue, montant le long de son cou, ou débordant malencontreusement sur le revers de son veston
Partager cet article
Repost0