Dans cette clinique de
Neerijse, il y avait aussi "Mademoiselle Hadji", une hongroise, l'Infirmière en chef, le véritable chef de la Clinique, baraquée comme un poids lourd. un jour de fièvre (de croissance), je
la vois encore ma planter le thermomètre dans le derrière et décréter en me dégoupillant..."37°5 Recta " ( me dire celà à moi qui pensais faire 37°2 le matin, bonjour Monsieur Beneix !
)
Eux deux et mon étang, des allers et retours perpétuels. L'étang
d'un hectare et ses bois tout autour. J'étais un petit Tarzan, perdu dans la brousse non hospitalière d'un établissement hospitalier, a moins que ce ne soit le contraire. Ne pouvant amener
mes deux amis dans la jungle, je leur racontais à mon retour, mes aventures périlleuses, au coeur d'inextricables lianes brabançonnes. Il y avait, eux, moi et les poissons. je n'ai aucun souvenir
de mes parents, durant ces deux étés !
De retour, rue Montoyer, j'allais presque chaque jour chez notre
voisine, la femme du Docteur Delchef, patron de mon père. elle avait yeux et cheveux noirs tirés en arrière (enfin pour les yeux je ne suis plus sûr) avec un macaron, ficelant le tout. Cette
femme solitaire et perdue dans son immense maison, aimait la musique. Elle me mettait des 78 tours (de poitrine) "La voix de son Maître" avec cette image du chien devant un phonographe.
Du classique, du violon surtout, rien que des interprétations de Yehudi Menuhin dont elle était folle (il avait 32 ans en 1948). J'étais loin de me douter que 42 ans plus tard, j'allais le
rencontrer et devenir Directeur Financier de sa Fondation belge à Bruxelles (Début 1990 après mon licenciement de ma banque à 52 ans)
Mais dans cette maison, je trouvais aussi, ce que je n'ai jamais
trouvé chez mes parents, des animaux, en l'occurence deux chiens. Le premier, mon préféré, était un griffon d'Ecurie, noir et blanc, tout touffu et s'appelait Neri (de Neerijse). (Photo du haut)
et le second arrivé plus tard, un berger d'Alsace se prénommait César (photo du bas), trop racé pour moi, peut-être, mais tout de même avec ce côté "Loup "qui me fascinait pas mal( A l'époque je
lisais Jack London, Fennymore Cooper, et Grey Owwl, l'Indien aux Castors) D'ailleurs pour César, on disait aussi "Loup d'Alsace ". J'ai dû accompagner une fois, ce César, au dressage. Une fois
mais pas deux car j'ai pas aimé ça du tout. Neri par contre on ne le dressait pas. C'était un zinneke (un bâtard) comme moi et on ne dresse pas les bâtards. C'est pour celà que personne n'a
jamais pu me dresser (Zinneke s'utilise ausi pour désigner un vrai belge, à savoir mi-flamand, mi-wallon, ce vrai belge que certains flamands essaient d'écarteler afin de créer une belle race
flamande débarrassée de toute pourriture wallonne. "Wallons Caca" entendait-on l'autre jour à la Télévision dans les tribunes d'un match de foot) Ils sont "classieux" ces flamands ! Donc un
zinneke, comme les deux chiennes qui ont accompagné ma vie de 1985 à 2003, Craquotte et Plume . Craquotte ma première chienne, 10 ans de vie commune ( je ne cohabite plus qu'avec des animaux,
j'ai compris ) et sa fille Plume, une Plume à poils qui m'a peut-être fait prendre la plume, pour écrire cette auto-biographie. Pas Monsieur Plume, mais Mademoiselle Plume, chienne
d'écrivain. Prendre son pied, en prenant sa Plume !

