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Site traduit en Allemand : |
http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/de/index.html |
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Site traduit en Anglais : |
http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/en/index.html |

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord de Sedan et 75 Kms au Nord
de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Sedan et
Charleville au Sud-Ouest
Mon adresse-mail est la suivante: christian.vancau@base.be
" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain
ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )
Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre
Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges, un endroit magnifique au bord de la
forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en
Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était
embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à
part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je
me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la
banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" ! En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5
anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis
donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé.
Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en
ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été
fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des
étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis
retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à
suivre).
J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art n'était pas plus
reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de
toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de
la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence,
agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche,
ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres
est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en
Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du
Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des
groupes, quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux
d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un
journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et
contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de
ce blog
Voilà, l'Hôtel "Champs fleuris" que l'on aperçoit dans le fond à droite, il n'y
avait que deux couples, ma mère et moi, sa mère et elle. Elle s'appelait Béatrice de Thiollaz, plus savoyard que celà comme nom, tu meurs. une belle grande blonde comme je les aime, entre 10 et
12 ans. regardez-moi ça le petit séducteur, il s'y croit. mais faut dire que pour une première, c'était pas vraiment un coup dans l'eau. Hélas, elle ne skiait pas et on ne se voyait qu'en
dehors des pistes, entre deux stalactites! Qu'est-elle devenue, ma belle stalagmite
Et le voici, le lac Leman, un vrai carnage. Ces dessins ont été réalisés à mon retour
à Liège, deux ou trois mois plus tard et non pas sur place. Voilà comment je découvre le monde, après avoir vécu dans une cave. Mon premier Paris, mon premier lac avec la Suisse de l'autre côté
(Lausanne), mes premières montagnes. Nous nous rendons dans un hôtel à Morzine, l'Hôtel Champs Fleuris ; il paraît qu'il existe toujours, car Morzine est devenue, depuis lors une
prospère station de "Sports d'Hiver ". En 1946, il y a juste cet hôtel et quelques chalets. Mais revenons à ce dessin du Lac Leman. On y retrouve les poussins, surtout près de l'attente, avec des
dialogues très sécurisants, tels que "On est biens dans la tente" et " C'est bon le dîner" alors que ça pétarade de partout! (Bas du dessin. Sur la tente de gauche, on peut lire RAF (Royal Air
Force), c'est la tente des aviateurs anglais

Arrivés à MORZINE, on respire enfin. Ni tanks, ni avions, ni troupes armées. Je pense que nous devons être autour des 1600-1800 mètres d'altitude et très vite, je vais me mettre sur des
skis et je prends des cours, tous les jours; je suis aidé par les petits villageois qui viennent skier après l'école. En fait c'est ma première école non pas sur un banc mais sur deux
planches.
Et le voici le petit Christian; il a 8 ans et a poussé comme un champignon. Là je suis au-dessus de Morzine, vers les 1800-2000 mètres. le ski me fascine tout de suite et ça ne me quittera
jamais
Et cette image est prémonitoire, car 7ans plus tard, je vais retourner en Suisse, à Saint-Moritz et vais y rester un an, pour y accomplir ce qu'on appelait à l'époque, ma quatrième latine, suite
à une primo-infection tuberculeuse, détectée lors d'une cuti pratiquée chez les Jésuites. Et dans cette école de montagne, à 2000 mètres d'altitude, je vais skier tous les après-midi,
pendant un an. J'étais donc prédestiné à faire du ski, sans l'avoir vraiment cherché. ca reste pour moi, mon plus beau sport, avant la natation, le velo et le tennis
Nous voici donc partis en Janvier 1946,
pour un long périple, en passant d'abors par Athus où ma mère a une amie cheftaine qui a épousé le Directeur de Cockerill-Ougrée (Les Gerard), puis par Paris où je vais tout apprendre sur la
conciergerie et la mort de Marie-Antoinette à laquelle ma mère s'identifiera toute sa vie, sans néanmoins aller jusqu'à l'échafaud, étant par nature, plutôt guillotineuse que guillotinée !
Je découvre un Paris de guerre, rempli de militaires américains, anglais et
résistants français et une Seine bourrée de bâteaux militaires. Voici un dessin des bords de Seine, à l'époque. Vachement romantique. Ne vous étonnez pas du
nez proéminent des soldats; c'est que je les ai, dans mes dessins de l'époque, tous transformés en poussins, histoire de dédramatiser. C'est gentil un poussin. Oui, ça tire tout le temps sur tout
ce qui bouge, mais c'est pour rire. Et puis il a les bons poussins et les mauvais poussins.Ce dessin en dit long sur la capacité des enfants à se protéger, en aménageant à leur guise, le
monde réel qui les entoure, quand celui-ci devient hostile et hostile, il l'est toujours un peu, n'est-il pas?? Et quand je dis un peu !
De Paris, nous voici sur la route de Haute Savoie, avec la dame du même non, en voiture, dans quelle voiture, mes parents n'en ont jamais eu? Un taxi peut-être! Nous sommes fréquemment arrêtés
par des soldats, enfin plus ou moins, ils sont habillés en bleu fonçé, des résistants ou des soldats de l'armée de libération? Et pour la première fois, je découvre la montagne. Juste
avant, nous avons fait escale pour une nuit à Evian-les Bains, au bord du Lac Leman, côté France !
Hélas mon père est mort en 1989 et il est trop tard pour que j'aille lui demander de me raconter tout celà sous un angle différent de celui de mon oncle, qui lui était persuadé que j'allais m'indigner avec lui. Et bien sûr c'est le bide! Mais grâce à lui, je vais comprendre pourquoi mon père a eu tellement de mal à retrouver une place en Belgique à son retour. Il est maudit de par son carnet militaire, tout médecin qu'il soit. Je comprends aussi pourquoi, à table, Quai Mativa, lorsque nous nous retrouvons a quatre (et non à cinq, ma soeur n'est plus là) avec mes grands parents, l'ambiance est glaciale alors qu'on devrait fêter son retour après cinq ans d'absence. Famille royaliste, mais tout de même, soyons sérieux, Leopold III, c'était mieux ??? Cinq ans plus tard ce roi devait abdiquer lors de la fameuse affaire royale.
Mais peut-être il y avait-il d'autres raisons à cet accueil glacial?? Toujours est-il que moi je ne
comprends rien à l'attitude de ces adultes. Une soeur qu'on enferme, un mois avant le retour de mon père et un père que l'on accueille dans un silence de mort après cinq ans d'absence; il faut
revenir à mon dessin de cette table de la salle à manger avec un siège vide. Cette fois le siège est enfin occupé mais personne ne semble s'en réjouir!
Mon père repartira le lendemain car faisant partie de l'armée anglaise, il restera encore mobilisé pendant
plusieurs mois et il sera caserné en France à Bayeux. Ma mère et moi partirons à la Côte belge au mois d'août, au Coq sur Mer et il viendra nous voir quelques fois. Entretemps je suis devenu un
enfant seul; je n'ai plus la possibilité de faire bloc avec ma petite soeur. Le retour de mon père ne va pas être facile car pour moi, c'est un étranger absolu. Je n'ai aucun souvenir de
l'avant-guerre. En plus, je vais le ressentir comme un rival. Je suis fusionnellement attaché à ma mère qui a tout fait pour celà et cet inconnu va venir prendre ma place privilégiée d'enfant
devenu unique.
C'est alors que je vais "tomber malade" comme on dit, en automne 1945, histoire, c'est classique, de ramener
l'attention sur moi. Une broncho-pneumonie, qui va m'emmener jusquà 42,5° de température. Je suis soigné au quai Mativa, par un certain Docteur Massart, qui m'aurait sauvé la vie. Détail amusant
ce toubib a un hobby, la peinture et je le reverrai exposer au Cercle Royal des Beaux-Arts, fin des années 50. Je vais rester alité, dans un état quasi-comateux pendant 6 semaines et puis un beau
matin, plus rien. Miracle à Lourdes! je n'ai aucun souvenir de mon père durant cette période, ignore même s'il est démobilisé. Il est tout simplement absent comme avant! Ou alors est-il rentré à
Gand plutôt que de vivre dans une belle famille hostile! Manifestement il y a de l'eau dans le gaz, dans le couple. Mon père a toujours parlé avec enthousiasme de l'Angleterre, qui était
devenue sa vraie patrie; il parlait couramment l'anglais. En plus, il avait appris beaucoup de choses au niveau de son métier de chirurgien, les anglais étant nettement en avance dans ce domaine.
Aujourd'hui, je me dis : "que n'est-il resté là-bas, il aurait été bien plus heureux!".
Suite à ma broncho-pneumonie, ma mère et moi allons partir en Haute-Savoie au début de l'année 1946,
"prendre la montagne" comme le disait Thomas Mann dans "La montagne magique" et à sa suite, Paul Gadenne dans Siloë"
Et l'école alors ? Et
bien toujours pas; j'obtiens un diplome de première année primaire sans y avoir jamais mis les pieds. Ma seconde année, ce sera une école de quartier, Saint-Ambroise, mais les bombardements sont
tellement intenses que cette école ferme après deux semaines. J'ignore absolument comment je serai admis en troisième année sans avoir fait la seconde, à l'automne 1945, chez les soeurs, à Sainte
Véronique, Sainte Vé, comme on disait à Liège, le quartier chic des cathos bourgeois. Mais là j'anticipe !.
En effet en Juin 1945, on m'annonce que je dois, avec mon grand-père, aller conduire ma soeur malade, (ah bon, elle a quoi comme
maladie???, c'est bizarre, je n'avais rien remarqué et pourtant nous ne décollions pas l'un de l'autre) dans une école spécialisée, à Ciney, en réalité un asile pour enfants handicapés
mentaux.
Elle serait atteinte de "démence précoce" comme on appelait à l'époque ce que plus tard, on qualifiera plus délicatement de schyzophrénie,
aujourd-hui, on parlerait d'autisme, la seule évolution dans le traitement et la recherche des causes de ce genre de maladie, étant celle du vocabulaire. Que s'est-il passé???. Bien plus
tard, j'entendrai parler d'une méningite, contractée durant l'évacuation vers Montpellier en 1940. Pour l'instant, on me dit seulement que ma soeur est malade, point barre. Je me retrouve donc
avec mon grand-père, dans une cour d'école, remplie d'enfants et de sons extrêmement bizarres; je saurai plus tard que ce ne sont pas les sons d'une cour de récréation normale, mais
comme c'est ma première cour de récréation (les écoles sont fermées à Liège à cause des bombardements et j'ai effectué ma première année primaire à domicile) , je ne réalise pas mais aujourd!hui
ces sons tremblent encore dans mes oreilles. Ma mère, sans doute, n'aura pas eu le courage, elle a envoyé son père et le fils aîné, sept ans! Bien sûr Danièle allait revenir, c'était
provisoire.
Elle ne reviendra jamais.! Après un an, j'arrête d'aller la voir. Les soeurs l'ont transformée en véritable folle, tablier noir et cheveux
courts. Ruées sur les murs du parloir. elle se mord les poings puis se frappe sur la tête; elle ne me reconnait pas. Elle est laide C'est l'horreur, l'insoutenable! Je n'y retournerai
jamais, sauf à sa mort, à 28 ans, en 1967, à Dave.
Soixante cinq ans plus tard je m'interroge encore sur la cause de l'enfermement de ma soeur. Pourquoi ma mère l'a t'elle fait enfermer
avant que mon père rentre d'Angleterre après 5 ans d'absence???. Ma soeur était née en Juin 1939. Mon père s'est embarqué en Juin 1940 à Dunkerke. Il l'aura connue pendant un an. Mon père
adorait les filles (comme moi). Il est revenu en juillet 1945, un mois après son enfermement
Pourquoi on ne m'a jamais rien dit à ce sujet, jamais, même des années plus tard.??? Moi je sais que ma soeur n'était pas folle mais je
sais aussi qu'elle l'est devenue rapidement à Ciney, étouffée par des béguines à cornettes, dont le premier empressement a été de lui tailler une coupe au bol, une coiffure de folle. Danièle
avait les cheveux ondulés pour ne pas dire bouclés. Les soeurs ont tout aplati et tout castré. C'est hélas la dernière image que j'ai eue d'elle
Nous voici tous les deux sur le balcon de mes grands parents; Jules et Adrienne Duesberg, Quai Mativa à Liège. Ca doit être en 1941-1942.
La voici la démente précoce, la seule normale sans doute dans un monde d'adultes déments. Une mini Camille Claudel. Mais moi je ne m'appelais pas Paul Claudel, j'aurais voulu aller délivrer ma
soeur, la sortir de cette prison démente et partir tous les deux dans la nuit, loin des adultes "matons"
Toute ma vie est marquée par cet évènement. Je réalise aujourd'hui que je me sens coupable de ne pas être allé délivrer ma soeur.
Toutes les femmes de ma vie auront été des soeurs retrouvées, disons plutôt des tentatives pour retrouver ma soeur, adulte sauvée, normale, miraculée.
Et de celà je ne guérirai jamais.....
Regardez-là "Comment peut-on enfermer une petite fille comme elle, à 6 ans, terminé, au mouroir, on la jette aux béguines, puisque des
psychiatres cathos (double tare) ont pontifié qu'elle était atteiinte de démence précoce". C'est celà la Société. A 7 ans j'avais compris que je n'en ferai jamais partie, de cette association
d'étrangleurs. Et rien n'a changé depuis

Il n'y avait rien d'héréditaire. A 15 ans
j'avais dans mon porte-feuille une photo 9/13 d'un certificat décerné par le Docteur Ludo Van Bogaert, grand spécialiste et qui avait diagnostiqué "démence précoce"; Ce certificat attestait que
je pouvais procréer sans danger. Je n'aurais jamais osé avoir d'enfants. J'en ai eu un par accident, une fille, à une époque où il n'existait ni pilule, ni préservatif. Cette fille je la bénis
d'être là
En même temps, au printemps 1945, c'est aussi la fête, car les américains sont là. Ils arrivent quai Mativa à Liége,sur leurs chars et leurs auto-chenilles, près de l'Usine Englebert. Autant de
grands blonds avec leurs chaussures noires que de grands noirs avec leurs chaussures blondes, et nous, les femmes et les enfants, agglutinés aux blindés, hissés sur les coupoles tournantes et
décapuchonnables, d'où surgit à tous les coups, un yankee casqué cool, casque en "arrière toute", et souriant "Gibbs", tout dentifrice dehors, de ses dents blanches et éclatantes comme des
touches de piano. IIs nous distribuent du chocolat et des bananes, denrées inconnues de nous, les enfants. Je me souviens qu'ils buvaient du "coco", sorte de cacao chaud, dans des gamelles
doubles qui ressemblaient à des jumelles. Très vite, une patrouille avec DCA (Défense anti-aérienne), s'installe sur la berge du Quai Mativa, juste devant la maison. Et tous les matins je
vais la rejoindre, car je me suis fait un ami soldat; il s'appelle Jimmy, un gamin de l'Iowa, il a 18 ans. Je deviens la mascotte du groupe. passant toutes mes journées avec eux, je joue au petit
soldat (je n'en ai pas encore assez ?). Et puis un jour, surgit en face de nous, un avion allemand, encore un Stuika, décidément ils me cherchent (voir l'évacuation de 1940), qui pique droit sur
nous. Mon ami Jimmy s'installe sur la chaise tournante de la DCA, canon pointé vers le ciel et moi je remonte la berge à toute allure et me réfugie dans la cave. Mais shit, j'ai gardé le casque
de Jimmy sur la tête, tandis que lui, mitraille, tête nue face à cet engin de mort à "gammée croix". Et nom de dieu, ce petit mec blond, il abat l'avion et le schleu, qui s'écrasent de l'autre
côté de la Meuse. Si Jimmy l'avait manqué, le kamikaze allemand nous aurait pulvérisés. Tous les gens sortent alors de leurs maisons et c'est la liesse générale: Un Boche abattu ! On porte
Jimmy en triomphe, et moi, petit con , je vais lui rendre son casque. Eh, petit con, tu crois que la guerre, c'est un jeu, que la mort c'est un jeu, un jeu d'enfant???
Et c'est alors que mon père va rentrer d'Angleterre, un mois à peine après l'internement de ma soeur. Pourquoi ne l'a t'on pas attendu, c'est une question essentielle que je me pose toujours !
Ensuite comment un garçon de sept ans qui vit avec sa soeur, heure après heure!, ne s'aperçoit-il pas qu'elle est schyzophrène? Il n'y a pas trente-six solutions. Ou elle n'est pas malade,
ou je refoule ! Je voudrais qu'on m'explique un jour, mais tous les témoins ont disparu. Donc, un soir d'été 45, je joue sur le trottoir du Quai Mativa, un homme en uniforme, tourne le coin de le
rue Auguste Hock, et vient timidement vers moi. Et je lui dis cette phrase devenue légendaire, dans la famille "Est-ce que tu serais Papa " ??? Il me dit oui et me prend dans se bras et
c'est moi qui l'amène à la maison. Quand il s'est penché vers moi, j'ai eu le temps de lire sur son épaule, celle de son "battledress", quatre lettres qui vont me rester en mémoire, allez savoir
pourquoi? Trente-cinq ans plus tard, j'aurai l'explication de mon oncle juge dans un restaurant! Mon père est revenu de Londres avec un uniforme de l'armée anglaise. RAMC c'est "Royal Army
Military Corporation". Il a été viré de l'armée belge pour avoir écrit des articles dans le journal "Vers l'Avenir" installé à Londres, dénonçant la vie dorée et fastueuse des membres du
gouvernement belge en exil, le gouvernement Pierlot et en tant que chirurgien orthopédiste, il été récupéré par l'armée anglaise. Mon oncle me raconte cet épisode et je l'en remercie, mais pour
lui, l'attitude de mon père, reste une attitude scandaleuse alors que ce récit me remplit de joie et surtout m'éclaire
De temps en temps, je vais aussi à Gand, chez mes grands-parents et celà continuera après la guerre. mais ce n'est pas trés gai, deux vieux
qui n'ont rien à se dire, assis à une grande table, dans une salle à manger de moire et de pourpre. J'entends par là qu'on est en Flandre et qu'il fait sombre; c'est
la guerre, et même les ampoules des riches (celles qu'ils n'ont pas dans leurs mains) sont faiblardes, sous-alimentées et au surplus, les pièces sont immenses; en outre, il y a du
velours un peu partout et le velours c'est comme la mousse, ça pompe la lumière, on peut même dire carrément que ça pompe
"funèbre".
nce, à 18 ans, de faire le tour du monde comme secrétaire particulier d'un diplomate et d'autre part, un juif caché sous une un trappe
A Gand, il y avait aussi des domestiques, dans les deux maisons. Ils viennent servir à table en livrée. ils vivent à la cuisine. On leur parle par le "Monte-plat ", en criant. On les
appelle aussi, au moyen de gros cordons rouges tressés qui pendent à la tête des lits; il y a une sorte de cornet en bout de tresse, sorte de combiné téléphonique, relié aux
cuisines par un câble. C'est très pratique et ça donne ceci: " Ernestine, vous me montez mon petit-déjeûner, mais pas de caviar ce matin, je vous prie" . "Mais tout de suite,
Monsieur Christian"....Après la guerre je me souviens très bien de ce couple de domestiques espagnols, réfiugiés de la guerre d'Espagne, Machin et Rosita, qui venaient "servir"
à Anseremme, où mon oncle et ma tante avaient leur résidence d'été, en bord de Meuse, Villa "Le Pâchis", merveilleuse maison impressionniste, faite de murs roses et
de balcons verts. un mélange de Manet, de Monet et de Caillebotte et dans un décor de paysages peints jadis par Félicien Rops! J'en reparlerai
Ci-dessus les photos de ma tante Ginette Van Cauwenberghe, soeur de mon père et de son mari Lucien Brunin, tous deux
décédés
Après Gand, retour à Liège et autre anecdote. Comme je l'ai déjà dit, ma cousine et moi n'allons pas à l'Ecole. Nous avons une institutrice frebelienne qui vient de temps en temps
contrôler le travail d'enseignante de mamère non enseignante. Je m'en souviens car un jour où elle était à la maison, quai Mativa, nous étions debout,
autour d'une table, elle, ma cousine et moi, et j'avais sorti mon zizi (ça commencait à me travailler) de ma culotte courte, pour le montrer à ma cousine Béatrice, qui, horrifiée, avait
tiré l'Institutrice par la manche, pour lui désigner du doigt, cette chose monstrueuse, pourtant encore toute mignonne à l'époque (j'insiste sur " à l'époque"). Pour ma cousine
Béatrice c'est le début de "L'Enfer de Dante". En écrivant ceci, je réalise que ma cousine qui a 70 ans comme moi, ne s'est jamais mariée et je me sens soudain très
responsable. A mon avis, elle ne s'est jamais remise de ce choc. On m'a enfermé dans une chambre. Un petit scandale dans toute lla famille ! J'avais pourtant trois
cousins qui avaient quatre et six ans de plus que moi. Le terrain aurait dû être déblayé par eux ! Mais non point Fi de tout celà, comme on disait à la Cour de Louis XIV
!
Partons maintenant pour le Sud-Est de Paris. Ma mère qui ne tient pas en place
m'emmène dans l'Essonne, à Every-Petit-Bourg, au lieu-dit "Bois-Briard", chez nos cousins, Antoine Deheselle et sa femme Tante Ponette. Mon oncle Antoine est un fils du deuxième mariage de
mon arrière grand-mère maternelle, Hélène Houget, donc le demi-frère de ma grand-mère maternelle Adrienne (Vous me suivez ?). Il a épousé une française et ils tiennent une ferme. C'est là que je
vais découvrir le monbde rural. Ma première mare, près d'un tas de fumier et mon premier cochon assassiné, n'ayons pas peur des mots, sous mes yeux, a coups de maillet et achevé au poinçon.
J'assiste à tout ,c'est l'horreur. je suis assis sur une meule de foin, la même que celle où je serai, peu après, agressé sauvagement par un coq et à mon tour, dégoulinant de sang; comme si le
Coq avait vengé le Porc ( Le Porc saisit le Vif )
Mais ce n'est pas tout. Les "Deheselle" sont des "Pétainistes, autant dire des
collabos. Alors le grand jeu consiste à essayer de me faire dire "Heil Hitler" en levant le bras, le soir lorsque je monte me coucher. Ma mère feint de protester mais elle est complice. Déjà je
commence à comprendre. Et je refuse de crier "Heil Hitler" mais un soir je finis par céder, tant la pression est forte.Je rappelle que j'ai un père qui est parti en Angleterre, par horreur du
Fascisme, le contraire de ces médiocres-là. Et quel jeu joue ma mère?? La voilà mon éducation bourgeoise! Ils sont jolis ces gens-là !
Mais ce n'est toujours pas tout: Le fils d'Antoine, Eddy Deheselle, beau jeune-homme qui ressemble à Henri Vidal, mais en mieux, en plus mince en tout cas, court après ma mère. C'est la deuxième fois que je vis celà, en l'absence de mon père. Un jour, je vois Eddy la poursuivre dans le salon, ma mère, allumeuse de première, referme sur lui une porte vitrée alors qu'il va la saisir (Oh tu m'as saisi !!), et son bras passe à travers le carreau. Les jours suivants, je regarde obnubilé, à table, le bras blanc d'Eddy car il a dû être plâtré. Ce bras blanc veut dire beaucoup de choses pour moi. Un peu comme l'orange de l'autre, au conservatoire de Liège, le dimanche après-midi. Une main avec une orange, un bras avec un plâtre !
Et les flashes de guerre
continuent:
La fin de la guerre approche, le débarquement a eu lieu mais nous sommes toujours "occupés" par les allemands car les troupes alliées ne sont pas encore
arrivées en Belgique. Je loge chez une amie de ma mère, à Souverain-Wandre? Une chambrede sa maison est occupée par un officier allemand et par son ordonnance. Tous les jours, ma mère va discuter
avec lui, dans son petit bureau, en lui montrant sur une carte d' Etat Major épinglée au mur, l'avance des alliés "débarqués", que le Schleu conteste avec énergie. Ils n'arrêtent pas de déplacer,
à tour de rôle, les épingles à têtes de couleurs, sur la carte, exprimant ainsi leurs désaccords sur les positions respectives des alliés et des allemands.
Il y a aussi mes souvenirs au Conservatoire de Liège où nous allons tous les dimanche, ma mère et moi. Ma mère va y retrouver Charles, un amoureux transi.
Il est fou d'elle et elle le tient à sa botte! Moi, je me tire au balcon tout au-dessus de la salle, seul dans une loge et je joue imaginairement du violon en même temps que l'orchestre, en
surplombant la salle (déjà le sens du show), croisant un de mes bras sur l'autre. Et pas une fausse note ! Chaque dimanche, tout le monde me regarde et on m'appelle " le petit garçon au violon ".
A l'entr'acte je descends et là, le beau Charles aux noirs yeux de velours, s'approche de moi, avec une main dans le dos; son bras se déplie et sa main me tend une orange (une vraie pas une
bleue) Pour séduire la mère, il fa
ut séduire le fils. Il a tout compris le beau Charles, d'autant plus que la voie est libre puisque je n'ai pas de père!
En 1945, j'ai une revanche sur mon grand'père, celui qui ne m'entend ni ne m'écoute. A l'époque des V1 (Pour rappel les bombes volantes de Von Braun,
envoyées depuis Berlin par les allemands en déroute et qui vont peut-être changer le cours de la fin de la guerre, les américains sont à Liège et continuent leur progression en Allemagne), toute
la famille, oncles, tantes, cousins et cousines, sont venus s'installer dans les immenses caves du Quai Mativa car celles-ci sont renforcées par des piliers solides. Matelas par terre et tout le
monde vivait dans ces caves car les alertes étaient continuelles. Moi je servais d'avertisseur car j'avais l'ouïe fine et chaque fois qu'un V1 se pointait à l'horizon, je l'entendais et faisais
descendre tout le monde . Un jour cependant, mon grand-père qui écoutait la radio dans la salle à manger, refusa de descendre alors que je venais l'avertir. Je suis donc redescendu sans lui et
cinq minutes plus tard, une explosion énorme et nous nous sommes tous retrouvés, recouverts de plâtre, tous à "plâtre-ventre". Le V1 était ombé en face de chez nous, sur l'autre rive. Quant à mon
grand'père, je suis allé voir tout de suite et tout blanc de platras, il était aussi blanc que moi, géant fixé sur son tabouret, entre les deux portes vitrées abattues aussi sec et tous carreaux
soufflés. Lorsque nous nous sommes aplatis en famille et avons senti les plafonds s'écrouler sur nous, nous avons pensé que la maison s'écroulait, que le V1 était tombé dessus, et que nous
allions être complètement ensevelis sous les décombres. Mais personnellement, je ne ressentais aucune peur. je vivais celà comme un jeu
Photo du dessus
la La Noël dans le salon de mes grand-parents , quai Mativa. De gauche à droite, mon grand-père, moi,collé à ma mère, géante, alors qu'elle fait 40 cms de mmoins que mon grand-père, ma soeur et ma grand-mère. Noter les détails de la tapisserie à fleurs et ceux du tapis persan, avec la crèche. Une baie vitrée et une fenêtre ouvrent sur le jardin, en contrebas, puisque nous sommes au 1er étage J'ai sept ans et la contre-offensive des Ardennes a commencé. Bombardements à gogo; toute la famille vit dans les caves, refaisant surface entre deux larguages de bombes ou de V1(les fameux Von Braun) Sur la photo du bas, c'est le repas de famille, les deux enfants de dos, ma mère à gauche ( ici minuscule par contre), ma grand-mère en face et à côté d'elle une place vide, celle d'un père que je ne connais pas