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LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


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Site traduit en Allemand :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/de/index.html

 

Site traduit en Anglais :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/en/index.html


Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
  • Contact

Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
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Archives

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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Jetez un oeil dans mes LIENS sur Richard OLIVIER, BIG MEMORY, mon ami Richard, Cinéaste belge, étant sur un gigantesque projet: Filmer tous les CINEASTES BELGES, morts ou vifs. Enfin, un artiste qui s'intéresse à ses pairs !http://www.bigmemory.be

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Je suis sur les blogs pro-tibétains:

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VENEZ M'Y REJOINDRE !

Christian VANCAU

9 septembre 2008 2 09 /09 /septembre /2008 09:20
Nous voici donc dans la période bruxelloise qui va durer deux ans. C'est la période la plus noire de mon enfance. Nous emménageons au 36 de la rue Montoyer, parallèle à la rue Belliard. C'est affreux comme rue. Nous habitons une grande maison, jouxtant celle du Docteur Delchef, le patron de mon père. Pas de jardin, mais une immense cour. Et une école pour ma quatrième année primaire, appelée, le "petit Saint-Louis", Place Saint-Josse. Je me souviens des trajets: rue Joseph II, rue Guimard, rue Belliard et quelques squares. Je suis un mauvais élève. heureusement, à l'école je me fais un ami, Charles Van Hove, fils d'un antiquaire habitant la même rue que la mienne. Le père antiquaire a épousé une gantoise, Edith de Busschere. Ils ont cinq ou six enfants. Je vais passer le plus clair de mon temps dans cette famille nombreuse. Maison gigantesque bourrée de salons et d'antiquités en tous genres, ambiance feutrée de tapis d'Orient, enfants joyeux et sains. Je m'entends très bien avec Charles. Ils ont une maison de vacances sur la Lys et nous y chassons le papillon comme Ernst Jünger.                                   
 
Et puis voici que mon grand-père paternel, Jules Duesberg, se tue dans un accident de voiture, sur la route de Louvain,  une voiture de l'Université de Liège, pilotée par Nicolas, le chauffeur du Rectorat de l'Université, Nicolas qui a une tête de Popeye. Jules a 65 ans. Et du coup ma mère disparaît pour faire de fréquents séjours à Liège, chez sa mère, Quai Mativa, y emmenant mon frère Etienne, qui a un an. et je me retrouve seul, après l'école, seul dans cette gigantesque maison obscure, attendant mon père qui rentre tard de sa clinique de campagne et à qui je dois préparer à souper ( à savoir le plus souvent des frites et des oeufs sur le plat essentiellement, ma science culinaire, n'allant pas au-delà. Ah si je fais bien les mayonnaises aussi; il faut dire que j'ai vécu 5 ans dans une cuisine avec ma grand-mère à Liège). Mes devoirs je les fais dans la famille Van Hove. Et puis comme ma mère ne revient pas et que mon père n'est jamais là, je passe entre les mains de différentes assistantes  familiales. Je me souviens d'une petite blonde qui ressemblait à  Eva-Marie Saint, la fiancée de Brando dans le " Sur les Quais" de Kazan. On allait se promener dans le parc de la Woluwe, près des étangs, on s'asseyait sur un banc et elle pleurait tout le temps, parce que son fiancé l'avait quittée, et je pleurais avec elle. Larmes mêlées de deux abandonnés.                                                                                                                                                                                             
 
De toutes façons, mon père restait pour moi, un étranger total. rentrant de la Clinique vers les dix-neuf heures, il voulait vérifier mes devoirs et mes leçons et je l'envoyais sur les roses. Pauvre homme , rentrant de la guerre, avec une épouse absente, une fille internée, un fils qui le repousse et un deuxième fils qui est à Liège. Ma mère réapparaît de temps en temps à Bruxelles avec mon frère Etienne, qui dort dans la même chambre que moi, dans un lit-cage. Chaque soir, ma mère lui attache les chevilles au pied du lit avec une bande velpo. En plus son torse est enserré dans une sorte de corset, à bandes croisées, rivé autour du matelas. Ce double harnachement est destiné à l'empêcher de tomber de son lit, à un âge où il commence à se dresser sur ses petites jambes. Je me suis souvent de mandé si cet équipement d'incarcération, était utilisé fréquemment à l'époque, dans le secret des familles et si 10 ans auparavant, à Gand, on m'avait soumis au même genre de supplice ? ça m'étonnerait que je me sois laissé faire . Quoiqu'il en soit, je dis qu'il faut être tordu, pour ligoter son gosse au crépuscule, alors qu'il est à l'aube de sa vie!

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9 septembre 2008 2 09 /09 /septembre /2008 09:15
-MORZINE- VANCAU Voilà, l'Hôtel "Champs fleuris" que l'on aperçoit dans le fond à droite, il n'y avait que deux couples, ma mère et moi, sa mère et elle. Elle s'appelait Béatrice de Thiollaz, plus savoyard que celà comme nom, tu meurs. une belle grande blonde comme je les aime, entre 10 et 12 ans. regardez-moi ça le petit séducteur, il s'y croit. mais faut dire que pour une première, c'était pas vraiment un coup dans l'eau. Hélas, elle ne skiait pas et on ne se voyait qu'en dehors des pistes, entre deux stalactites! Qu'est-elle devenue, ma belle stalagmite                                          
                                                                                                          
Après quelques semaines, hélas, c'est le retour à Liège                                                                                                                                                                                                                                         
En effet, ma mère est enceinte et en Juillet 1946, c'est la naissance de mon frère, Etienne, à la clinique Sainte  Rosalie à Liège. Je dois avouer que celà ne m'excite pas particulièrement. Que mon frère qui me lira peut-être un jour me le pardonne , d'ailleurs je m'en fous !                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               
Voici un parfait portrait de famille (Photo du bas) Mon père est là cette fois. Mon frère Etienne c'est l'enfant d'après-guerre, celui de la Libération, celui qui a eu l'intelligence de naître après et non avant. il ne va y en avoir que pour lui et je vais passer complètement au second plan. J'aurais peut-être eu besoin d'autre chose, après ce que j'avais vécu dans mon enfance mais voilà on ne choisit rien quand on a huit ans. Nous allons encore vivre à Liège quelques mois car mon père a enfin trouvé une situation; il est engagé dans une clinique privée à Neerijse, on disait  Neerissche à l'époque, près de Bruxelles (Overijse) et nous allons déménager en Janvier 1967, au centre de Bruxelles, très exactement au 36 de la Rue Montoyer. Mais ceci est une autre histoire                                                          !                                                                                                                                  
1946Naissance-de-mon-fr--re-Etienne-1.jpg
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9 septembre 2008 2 09 /09 /septembre /2008 07:00

Et le voici, le lac Leman, un vrai carnage. Ces dessins ont été réalisés à mon retour à Liège, deux ou trois mois plus tard et non pas sur place. Voilà comment je découvre le monde, après avoir vécu dans une cave. Mon premier Paris, mon premier lac avec la Suisse de l'autre côté (Lausanne), mes premières montagnes. Nous nous rendons dans un hôtel à Morzine, l'Hôtel Champs Fleuris ; il paraît qu'il existe toujours, car Morzine est devenue, depuis lors une prospère station de "Sports d'Hiver ". En 1946, il y a juste cet hôtel et quelques chalets. Mais revenons à ce dessin du Lac Leman. On y retrouve les poussins, surtout près de l'attente, avec des dialogues très sécurisants, tels que "On est biens dans la tente" et " C'est bon le dîner" alors que ça pétarade de partout! (Bas du dessin. Sur la tente de gauche, on peut lire RAF (Royal Air Force), c'est la tente des aviateurs anglais-Lac-Leman-1946.jpg1946-MORZINE-1.jpg
Arrivés à MORZINE, on respire enfin. Ni tanks, ni avions, ni troupes armées. Je pense  que nous devons être autour des 1600-1800 mètres d'altitude et très vite, je vais me mettre sur des skis et je prends des cours, tous les jours; je suis aidé par les petits villageois qui viennent skier après l'école. En fait c'est ma première école non pas sur un banc mais sur deux planches.

Et le voici le petit Christian; il a 8 ans et a poussé comme un champignon. Là je suis au-dessus de Morzine, vers les 1800-2000 mètres. le ski me fascine tout de suite et ça ne me quittera jamais
Et cette image est prémonitoire, car 7ans plus tard, je vais retourner en Suisse, à Saint-Moritz et vais y rester un an, pour y accomplir ce qu'on appelait à l'époque, ma quatrième latine, suite à une primo-infection tuberculeuse, détectée lors d'une cuti  pratiquée chez les Jésuites. Et dans cette école de montagne, à 2000 mètres  d'altitude, je vais skier tous les après-midi, pendant un an. J'étais donc prédestiné à faire du ski, sans l'avoir vraiment cherché. ca reste pour moi, mon plus beau sport, avant la natation, le velo et le tennis

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9 septembre 2008 2 09 /09 /septembre /2008 06:37

Nous voici donc partis en Janvier 1946, pour un long périple, en passant d'abors par Athus où ma mère a une amie cheftaine qui a épousé le Directeur de Cockerill-Ougrée (Les Gerard), puis par Paris où je vais tout apprendre sur la conciergerie et la mort de Marie-Antoinette à laquelle ma mère s'identifiera toute sa vie, sans néanmoins aller jusqu'à l'échafaud, étant  par nature, plutôt guillotineuse que guillotinée ! Je découvre un Paris  de guerre, rempli de militaires américains, anglais et Dessin-Guerre.jpgrésistants français et une Seine bourrée de bâteaux militaires. Voici un dessin des bords de Seine, à l'époque. Vachement romantique. Ne vous étonnez pas du nez proéminent des soldats; c'est que je les ai, dans mes dessins de l'époque, tous transformés en poussins, histoire de dédramatiser. C'est gentil un poussin. Oui, ça tire tout le temps sur tout ce qui bouge, mais c'est pour rire.  Et puis il a les bons poussins et les mauvais poussins.Ce dessin en dit long sur la capacité des enfants à se protéger, en aménageant à leur guise, le monde réel qui les entoure, quand celui-ci devient hostile et hostile, il l'est toujours un peu, n'est-il pas?? Et quand je dis un peu !

De Paris, nous voici sur la route de Haute Savoie, avec la dame du même non, en voiture, dans quelle voiture, mes parents n'en ont jamais eu? Un taxi peut-être! Nous sommes fréquemment arrêtés par  des soldats, enfin plus ou moins, ils sont habillés en bleu fonçé, des résistants ou des soldats de l'armée de libération? Et pour la première fois, je découvre la montagne. Juste avant, nous avons fait escale pour une nuit à Evian-les Bains, au bord du Lac Leman, côté France !

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9 septembre 2008 2 09 /09 /septembre /2008 06:30

Hélas mon père est mort en 1989 et il est trop tard pour que j'aille lui demander de me raconter tout celà sous un angle différent de celui de mon oncle, qui lui était persuadé que j'allais m'indigner avec lui. Et bien sûr c'est le bide! Mais grâce à lui, je vais comprendre pourquoi mon père a eu tellement de mal à retrouver une place en Belgique à son retour. Il est maudit de par son carnet militaire, tout médecin qu'il soit. Je comprends aussi pourquoi, à table, Quai Mativa, lorsque nous nous retrouvons a quatre (et non à cinq, ma soeur n'est plus là) avec mes grands parents, l'ambiance est glaciale alors qu'on devrait fêter son retour après cinq ans d'absence. Famille royaliste, mais tout de même, soyons sérieux, Leopold III, c'était mieux ??? Cinq ans plus tard ce roi devait abdiquer lors de la fameuse affaire royale.

Mais peut-être il y avait-il d'autres raisons à cet accueil glacial?? Toujours est-il  que moi je ne comprends rien à l'attitude de ces adultes. Une soeur qu'on enferme, un mois avant le retour de mon père et un père que l'on accueille dans un silence de mort après cinq ans d'absence; il faut revenir à mon dessin de cette table de la salle à manger avec un siège vide. Cette fois le siège est enfin occupé mais personne ne semble s'en réjouir!1945-Dessin-Li--ge--La-salle----manger-et-la-guerre.jpg

Mon père repartira le lendemain car faisant partie de l'armée anglaise, il restera encore mobilisé pendant plusieurs mois et il sera caserné en France à Bayeux. Ma mère et moi partirons à la Côte belge au mois d'août, au Coq sur Mer et il viendra nous voir quelques fois. Entretemps je suis devenu un enfant seul; je n'ai plus la possibilité de faire bloc avec ma petite soeur. Le retour de mon père ne va pas être facile car pour moi, c'est un étranger absolu. Je n'ai aucun souvenir de l'avant-guerre. En plus, je vais le ressentir comme un rival. Je suis fusionnellement attaché à ma mère qui a tout fait pour celà et cet inconnu va venir prendre ma place privilégiée d'enfant devenu unique.

C'est alors que je vais "tomber malade" comme on dit, en automne 1945, histoire, c'est classique, de ramener l'attention sur moi. Une broncho-pneumonie, qui va m'emmener jusquà 42,5° de température. Je suis soigné au quai Mativa, par un certain Docteur Massart, qui m'aurait sauvé la vie. Détail amusant ce toubib a un hobby, la peinture et je le reverrai exposer au Cercle Royal des Beaux-Arts, fin des années 50. Je vais rester alité, dans un état quasi-comateux pendant 6 semaines et puis un beau matin, plus rien. Miracle à Lourdes! je n'ai aucun souvenir de mon père durant cette période, ignore même s'il est démobilisé. Il est tout simplement absent comme avant! Ou alors est-il rentré à Gand plutôt que de vivre dans une belle famille hostile! Manifestement il y a de l'eau dans le gaz, dans le couple.  Mon père a toujours parlé avec enthousiasme de l'Angleterre, qui était devenue sa vraie patrie; il parlait couramment l'anglais. En plus, il avait appris beaucoup de choses au niveau de son métier de chirurgien, les anglais étant nettement en avance dans ce domaine. Aujourd'hui, je me dis : "que n'est-il resté là-bas, il aurait été bien plus heureux!".

 

Suite à ma broncho-pneumonie, ma mère et moi allons partir en Haute-Savoie au début de l'année 1946, "prendre la montagne" comme le disait  Thomas Mann dans "La montagne magique" et à sa suite, Paul Gadenne dans Siloë"

 

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8 septembre 2008 1 08 /09 /septembre /2008 08:09

 

Et l'école alors ? Et bien toujours pas; j'obtiens un diplome de première année primaire sans y avoir jamais mis les pieds. Ma seconde année, ce sera une école de quartier, Saint-Ambroise, mais les bombardements sont tellement intenses que cette école ferme après deux semaines. J'ignore absolument comment je serai admis en troisième année sans avoir fait la seconde, à l'automne 1945, chez les soeurs, à Sainte Véronique, Sainte Vé, comme on disait à Liège, le quartier chic des cathos bourgeois. Mais là j'anticipe !.

En effet en Juin 1945, on m'annonce que je dois, avec mon grand-père, aller conduire ma soeur malade, (ah bon, elle a quoi comme maladie???, c'est bizarre, je n'avais rien remarqué et pourtant nous ne décollions pas l'un de l'autre) dans une école spécialisée, à Ciney, en réalité un asile pour enfants handicapés mentaux.
Elle serait atteinte de "démence précoce" comme on appelait à l'époque ce que plus tard, on qualifiera plus délicatement de schyzophrénie, aujourd-hui, on parlerait  d'autisme, la seule évolution dans le traitement et la recherche des causes de ce genre de maladie, étant celle du vocabulaire. Que s'est-il passé???. Bien plus tard, j'entendrai parler d'une méningite, contractée durant l'évacuation vers Montpellier en 1940. Pour l'instant, on me dit seulement que ma soeur est malade, point barre. Je me retrouve donc avec mon grand-père, dans une cour d'école, remplie d'enfants et de sons extrêmement bizarres; je  saurai plus tard que ce ne sont pas les  sons d'une cour de récréation normale, mais comme c'est ma première cour de récréation (les écoles sont fermées à Liège à cause des bombardements et j'ai effectué ma première année primaire à domicile) , je ne réalise pas mais aujourd!hui ces sons tremblent encore dans mes oreilles. Ma mère, sans doute, n'aura pas eu le courage, elle a envoyé son père et le fils aîné, sept ans! Bien sûr Danièle allait revenir, c'était provisoire.
Elle ne reviendra jamais.! Après un an, j'arrête d'aller la voir. Les soeurs l'ont transformée en véritable folle, tablier noir et cheveux courts. Ruées sur les murs du parloir. elle se mord les poings puis se frappe sur la tête; elle ne me reconnait pas. Elle est laide C'est l'horreur, l'insoutenable! Je n'y retournerai  jamais, sauf à sa mort, à 28 ans, en 1967, à Dave.

Soixante cinq ans plus tard je m'interroge encore sur la cause de l'enfermement de ma soeur. Pourquoi ma mère l'a t'elle fait enfermer avant que mon père rentre d'Angleterre  après 5 ans d'absence???. Ma soeur était née en Juin 1939. Mon père s'est embarqué en Juin 1940 à Dunkerke. Il l'aura connue pendant un an. Mon père adorait les filles (comme moi). Il est revenu en juillet 1945, un mois après son enfermement

Pourquoi on ne m'a jamais rien dit à ce sujet, jamais, même des années plus tard.??? Moi je sais que ma soeur n'était pas folle mais je sais aussi qu'elle l'est devenue rapidement à Ciney, étouffée par des béguines à cornettes, dont le premier empressement a été de lui tailler une coupe au bol, une coiffure de folle. Danièle avait les cheveux ondulés pour ne pas dire bouclés. Les soeurs ont tout aplati et tout castré. C'est hélas la dernière image que j'ai eue d'elle

Nous voici tous les deux sur le balcon de mes grands parents; Jules et Adrienne Duesberg, Quai Mativa à Liège. Ca doit être en 1941-1942. La voici la démente précoce, la seule normale sans doute dans un monde d'adultes déments. Une mini Camille Claudel. Mais moi je ne m'appelais pas Paul Claudel, j'aurais voulu aller délivrer ma soeur, la sortir de cette prison démente et partir tous les deux dans la nuit, loin des adultes "matons"

 Toute ma vie est marquée par cet évènement. Je réalise aujourd'hui que je me sens coupable de ne pas être allé délivrer ma soeur. Toutes les femmes de ma vie auront été des soeurs retrouvées, disons plutôt des tentatives pour retrouver ma soeur, adulte sauvée, normale, miraculée.

Et de celà je ne guérirai jamais.....
 
Regardez-là "Comment peut-on enfermer une petite fille comme elle, à 6 ans, terminé, au mouroir, on la jette aux béguines, puisque des psychiatres cathos (double tare) ont pontifié qu'elle était atteiinte de démence précoce". C'est celà la Société. A 7 ans j'avais compris que je n'en ferai jamais partie, de cette association d'étrangleurs. Et rien n'a changé depuis
1943-Quai-Mativa-Ma-soeur-Dani--le-et-moi-1.jpg

Il n'y avait rien d'héréditaire. A 15 ans j'avais dans mon porte-feuille une photo 9/13 d'un certificat décerné par le Docteur Ludo Van Bogaert, grand spécialiste et qui avait diagnostiqué "démence précoce"; Ce certificat attestait que je pouvais procréer sans danger. Je n'aurais jamais osé avoir d'enfants. J'en ai eu un par accident, une fille, à une époque où il n'existait ni pilule, ni préservatif. Cette fille je la bénis d'être là

En même temps, au printemps 1945, c'est aussi la fête, car les américains sont là. Ils arrivent quai Mativa à Liége,sur leurs chars et leurs auto-chenilles, près de l'Usine Englebert. Autant de grands blonds avec leurs chaussures noires que de grands noirs avec leurs chaussures blondes, et nous, les femmes et les enfants, agglutinés aux blindés, hissés sur les coupoles tournantes et décapuchonnables, d'où surgit à tous les coups, un yankee casqué cool, casque en "arrière toute", et souriant "Gibbs", tout dentifrice dehors, de ses dents blanches et éclatantes comme des touches de piano. IIs nous distribuent du chocolat et des bananes, denrées inconnues de nous, les enfants. Je me souviens qu'ils buvaient du "coco", sorte de cacao chaud, dans des gamelles doubles qui ressemblaient à des jumelles. Très vite, une patrouille avec DCA  (Défense anti-aérienne), s'installe sur la berge du Quai Mativa, juste devant la maison. Et tous les matins je vais la rejoindre, car je me suis fait un ami soldat; il s'appelle Jimmy, un gamin de l'Iowa, il a 18 ans. Je deviens la mascotte du groupe. passant toutes mes journées avec eux, je joue au petit soldat (je n'en ai pas encore assez ?). Et puis un jour, surgit en face de nous, un avion allemand, encore un Stuika, décidément ils me cherchent (voir l'évacuation de 1940), qui pique droit sur nous. Mon ami Jimmy s'installe sur la chaise tournante de la DCA, canon pointé vers le ciel et moi je remonte la berge à toute allure et me réfugie dans la cave. Mais shit, j'ai gardé le casque de Jimmy sur la tête, tandis que lui, mitraille, tête nue face à cet engin de mort à "gammée croix". Et nom de dieu, ce petit mec blond, il abat l'avion et le schleu, qui s'écrasent de l'autre côté de la Meuse. Si Jimmy l'avait manqué, le kamikaze allemand nous aurait  pulvérisés. Tous les gens sortent alors de leurs maisons et c'est la liesse générale: Un Boche abattu ! On porte Jimmy en triomphe, et moi, petit con , je vais lui rendre son casque. Eh, petit con, tu crois que la guerre, c'est un jeu, que la mort c'est un jeu, un jeu d'enfant???

Et c'est alors que mon père va rentrer d'Angleterre, un mois à peine après l'internement de ma soeur. Pourquoi ne l'a t'on pas attendu, c'est une question essentielle que je me pose toujours ! Ensuite comment un garçon de sept ans  qui vit avec sa soeur, heure après heure!, ne s'aperçoit-il pas qu'elle est schyzophrène? Il n'y a pas trente-six solutions. Ou elle n'est pas malade, ou je refoule ! Je voudrais qu'on m'explique un jour, mais tous les témoins ont disparu. Donc, un soir d'été 45, je joue sur le trottoir du Quai Mativa, un homme en uniforme, tourne le coin de le rue Auguste Hock, et vient timidement vers moi. Et je lui dis cette phrase devenue légendaire, dans la famille  "Est-ce que tu serais Papa " ??? Il me dit oui et me prend dans se bras et c'est moi qui l'amène à la maison. Quand il s'est penché vers moi, j'ai eu le temps de lire sur son épaule, celle de son "battledress", quatre lettres qui vont me rester en mémoire, allez savoir pourquoi? Trente-cinq ans plus tard, j'aurai l'explication de mon oncle juge dans un restaurant! Mon père est revenu de Londres avec un uniforme de l'armée anglaise. RAMC c'est "Royal Army Military Corporation". Il a été viré de l'armée belge pour avoir écrit des articles dans le journal "Vers l'Avenir" installé à Londres, dénonçant la vie dorée et fastueuse des membres du gouvernement belge en exil, le gouvernement Pierlot et en tant que chirurgien orthopédiste, il été récupéré par l'armée anglaise. Mon oncle me raconte cet épisode et je l'en remercie, mais pour lui, l'attitude de mon père,  reste une attitude scandaleuse alors que ce récit me remplit de joie et surtout m'éclaire

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7 septembre 2008 7 07 /09 /septembre /2008 07:39
Nous avons aussi émigré pour un certain temps, à  HEUSY ( VERVIERS), chez mes cousines Margot et Cécile HOUGET. Margot avait épousé un certain Freddy Modera dont elle avait un fils Adrien (je l'ai revu dans les années  80, chez lui à Verviers). Le souvenir marquant est celui-ci. Alors que ma mère nous donne cours, à ma cousine Béatrice et à moi-même dans la villa ( au lieu-dit "La Bouquette " à Heusy), villa disparue depuis lors et remplacée par un immeuble à appartements,  ma tante Margot fait irruption dans le salon et nous dit "La Gestapo arrive" (mon cousin Adrien, résistant,  est en train de s'enfuir par le toit ). Donc consigne nous est donnée à nous les deux enfants, 6 ou7ans, de dire que nous n'avons jamais vu Adrien dans cette maison . Et je vois encore les deux gestapistes, en imperméable dans l'allée du jardin, s'approcher de la porte d'entrée. Et nous sommes interrogés en effet ( Mais je n'ai pas parlé sous la torture. Ceci me rappelle l'humour de Freud, à qui la Gestapo avait demandé à la fin de son interrogatoire, de signer un papier selon lequel il avait été bien traîté.  Il l'a signé et a ajouté en-dessous "Je recommande la Gestapo à tous " Anecdote extraordinaire ! )           
 
Autre souvenir dans ce même lieu. je suis dans le jardin et à travers les haies, je vois passer les "Jeunesses hitlériennes", en uniforme Kaki. Ils marchent en cadence, chantent en cadence et leurs bras à croix gammées, se balancent en cadence. Je suis fasciné et je me fabrique des brassards en papier, comme  les leurs, avec une croix gammée noire, sur fond rouge, et je les porte. Et c'est dans cette tenue que, creusant un trou (je creuse déjà des trous) dans ce très beau jardin, je tombe sur le revolver et les munitions, le tout dans une petite caisse en carton enveloppée dans un linge, que mon cousin Adrien a enterrés, avant d'échapper à la Gestapo et de s'enfuir pour l'Angleterre (reloindre mon Père ??). Et tout fier je les brandis en appelant ma tante Margot qui surgit au balcon et me fait " chuuuu... tttt ", en mettant son doigt sur sa bouche avant de descendre précipitamment, pour me faire reboucher le trou et tasser la terre, en m'expliquant que ces armes appartenaient à mon cousin. Moi qui croyais avoir découvert un trésor de guerre !                                                         Lucien-et-Ginette-Brunin-Van-Cauwenberghe.jpg

 

De temps en temps, je vais aussi à Gand, chez mes grands-parents et celà continuera après la guerre. mais ce n'est pas trés gai, deux vieux qui n'ont rien à se dire, assis à une grande table, dans une    salle à manger de moire et de pourpre. J'entends par là qu'on est  en Flandre et qu'il fait sombre; c'est la guerre, et même les  ampoules des riches (celles qu'ils n'ont pas dans leurs mains) sont faiblardes, sous-alimentées et au surplus, les pièces sont  immenses; en outre, il y a du velours un peu partout et le velours  c'est comme la mousse, ça pompe la lumière, on peut même dire     carrément que ça pompe "funèbre".                                                           

Donc heureusement, pasloin de là, rue d'Angleterre, Ingelandgat, il y a mon cousin Didier Brunin, de quatre ans mon aîné, chez qui je vais jouer tous les jours et qui adore les animaux. Son grenier est un gigantesque colombier, bourré de pigeons; il en est fou et va jusqu'à les opérer lui-même quand ils sont blessés. Pourquoi n'est-il pas devenu vétérinaire? Pas assez chic, sans doute. Son père était juge d'Instruction, il a donc fait le droit comme papa (et comme moi plus tard) au lieu de faire ce qu'il aimait (mais contrairement à moi il a tout de même aimé le droit et s'est spécialisé en droit maritime). Donc j'allais nourrir les pigeons dans son grenier, près du ciel, hors le monde, comme Terry Malloy, dans "Sur les Quais". Jamais ma mère ne m'aurait permis de faire celà. la nature et les animaux  étaient absents de son univers !                                                                  
Mais dans cette immense maison du18e siècle, on pourrait dire un hôtel particulier, dans laquelle je me perdais régulièrement, en essayant d'atteindre la salle à manger au petit matin, il n'y avait pas que des animaux. Il y avait aussi un petit juif, caché dans une chambre secrète, sous une trappe. Mes souvenirs sont très confus à ce sujet, car je ne l'ai jamais vu, mais même invisible, le petit juif était bel et bien présent. Je tire mon chapeau à mon oncle Lucien et à ma tante Ginette (soeur de mon père), ce fut leur résistance à eux et ils ont pris de fameux risques. Le juif s'appelait et s'appelle toujours, car il vit en Israël et a épousé la fille d'Isaac Shamir, Nathanaël, dit Nathy. Je les ai rencontrés à plusieurs reprises à Anseremme, maison de campagne des Brunin!. Donc il faut imaginer le contraste: D'une part, l'hôtel particulier, la Flandre bourgeoise et francophone, avec de l'Orient et de la Chine à gogo, on se serait cru dans "Le Lotus bleu", car mon oncle avait eu la cha

nce, à 18 ans, de faire le tour du monde comme secrétaire particulier d'un diplomate et d'autre part, un juif caché sous une un trappe
A Gand, il y avait aussi des domestiques, dans les deux maisons. Ils viennent servir à table en livrée. ils vivent à la cuisine. On leur parle par le "Monte-plat ", en criant. On les  appelle aussi, au moyen de gros cordons rouges tressés qui pendent à la tête des lits; il y a une sorte de   cornet en bout de tresse, sorte de combiné téléphonique, relié aux cuisines par un câble. C'est très  pratique et ça donne ceci: " Ernestine, vous me montez mon petit-déjeûner, mais pas de caviar ce matin, je vous prie" .  "Mais tout de suite, Monsieur Christian"....Après la guerre je me souviens très bien de ce couple de domestiques espagnols, réfiugiés de la guerre d'Espagne, Machin et Rosita, qui venaient "servir" à   Anseremme, où mon oncle et ma tante avaient leur résidence d'été, en bord de Meuse, Villa "Le Pâchis",   merveilleuse maison impressionniste, faite de murs roses et de balcons verts. un mélange de Manet, de Monet et de Caillebotte et dans un décor de paysages peints jadis par Félicien Rops! J'en  reparlerai

Ci-dessus les photos de ma tante Ginette Van Cauwenberghe, soeur de mon père et de son mari Lucien Brunin, tous deux décédés                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               
                                                                                                                                                                                                                   Après Gand, retour à Liège et autre anecdote. Comme je l'ai déjà dit, ma cousine et moi n'allons pas à l'Ecole. Nous    avons une institutrice frebelienne qui vient de temps en temps contrôler le travail d'enseignante de mamère non enseignante. Je m'en souviens car un jour où elle était à la maison, quai Mativa, nous étions           debout,  autour d'une table, elle, ma cousine et moi, et j'avais sorti mon zizi (ça commencait à me travailler) de ma  culotte courte, pour le montrer à ma cousine Béatrice, qui, horrifiée, avait tiré l'Institutrice par la manche,    pour lui désigner du doigt, cette chose monstrueuse, pourtant encore toute mignonne à l'époque (j'insiste sur " à  l'époque"). Pour ma cousine Béatrice c'est  le début de "L'Enfer de Dante". En écrivant ceci, je réalise que      ma cousine qui a 70 ans comme moi, ne s'est jamais mariée et je me sens soudain très responsable. A mon     avis,  elle ne s'est jamais remise de ce choc. On m'a enfermé dans une chambre. Un petit scandale dans toute lla  famille ! J'avais pourtant trois cousins qui avaient quatre et six ans de plus que moi. Le terrain aurait dû   être  déblayé par eux ! Mais non point Fi de tout celà, comme on disait à la Cour de Louis XIV  !                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         

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7 septembre 2008 7 07 /09 /septembre /2008 06:50
Pour en revenir à cette cave, je rappelle que nous y vivons en famille au sens large pendant l'hiver 1944-1945. un hiver très dur. A la pioche, on a creusé un trou dans le mur des voisins (la Famille Fontaine dont les fils, Xavier et Louis deviendront médecins plus tard; ils sont un peu plus âgés que moi), un trou avec un volet à glissière qui  est destiné à nous permettre de nous transvaser d'une maison à l'autre, en cas de sinistre d'une des deux maisons. Et bien sûr, nous les enfants, nous sommes tout le temps les uns chez les autres et faisons glisser le volet à tour de bras. Dans notre cave nous sommes  7 enfants, 4 garçons et trois filles, plus les deux voisins, on imagine les cavalcades. Les gosses, les parents, tout ce monde couche dans la cave sur des matelas et c'est très excitant. Moi je suis souvent dans la cuisine-cave ( voir photo pages précédentes), avec ma grand-mère et marraine, Adrienne (Lily), que j'adore). Cette cuisine à demi enterrée, donne sur le Quai Mativa et par les fenêtres, on n'aperçoit que les jambes des passants, comme dans 'L'homme qui aimait les femmes" de Truffaut: "Les jambes de femmes sont comme des compas qui arpentent le monde" Et moi j'appréhende le monde à demi-enterré, un trottoir à mi-niveau, la Meuse en contrebas, mais pour la voir, je dois monter au premier étage, et de l'autre côté, le Parc de La Boverie, avec le futur Musée d'Art Moderne.

 

Partons maintenant pour le Sud-Est de Paris. Ma mère qui ne tient pas en place m'emmène dans l'Essonne, à Every-Petit-Bourg, au lieu-dit "Bois-Briard", chez nos cousins, Antoine Deheselle et sa femme  Tante Ponette. Mon oncle Antoine est un fils du deuxième mariage de mon arrière grand-mère maternelle, Hélène Houget, donc le demi-frère de ma grand-mère maternelle Adrienne (Vous me suivez ?). Il a épousé une française et ils tiennent une ferme. C'est là que je vais découvrir le monbde rural. Ma première mare, près d'un tas de fumier et mon premier cochon assassiné, n'ayons pas peur des mots, sous mes yeux, a coups de maillet et achevé au poinçon. J'assiste à tout ,c'est l'horreur. je suis assis sur une meule de foin, la même que celle où je serai, peu après, agressé sauvagement par un coq et à mon tour, dégoulinant de sang; comme si le Coq avait vengé le  Porc ( Le Porc saisit le Vif )

 

Mais ce n'est pas tout. Les "Deheselle" sont des "Pétainistes, autant dire des collabos. Alors le grand jeu consiste à essayer de me faire dire "Heil Hitler" en levant le bras, le soir lorsque je monte me coucher. Ma mère feint de protester mais elle est complice. Déjà je commence à comprendre. Et je refuse de crier "Heil Hitler" mais un soir je finis par céder, tant la pression est forte.Je rappelle que j'ai un père qui est parti en Angleterre, par horreur du Fascisme, le contraire de ces médiocres-là. Et quel jeu joue ma mère?? La voilà mon éducation bourgeoise! Ils sont jolis ces gens-là !

 

Mais ce n'est toujours pas tout: Le fils d'Antoine, Eddy Deheselle, beau jeune-homme qui ressemble à Henri Vidal, mais en mieux, en plus mince en tout cas, court après ma mère. C'est la deuxième fois que je vis celà, en l'absence de mon père. Un jour, je vois Eddy la poursuivre dans le salon, ma mère, allumeuse de première, referme sur lui une porte vitrée alors qu'il va la saisir (Oh tu m'as saisi !!), et son bras passe à travers le carreau. Les jours suivants, je regarde obnubilé,  à table, le bras blanc d'Eddy car il a dû être plâtré. Ce bras blanc veut dire beaucoup de choses pour moi. Un peu comme l'orange de l'autre, au conservatoire de Liège, le dimanche après-midi. Une main avec une orange, un bras avec un plâtre !

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6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 09:09

Et les flashes de guerre continuent:
La fin de la guerre approche, le débarquement a eu lieu mais nous sommes toujours "occupés" par les allemands car les troupes alliées ne sont pas encore arrivées en Belgique. Je loge chez une amie de ma mère, à Souverain-Wandre? Une chambrede sa maison est occupée par un officier allemand et par son ordonnance. Tous les jours, ma mère va discuter avec lui, dans son petit bureau, en lui montrant sur une carte d' Etat Major épinglée au mur, l'avance des alliés "débarqués", que le Schleu conteste avec énergie. Ils n'arrêtent pas de déplacer, à tour de rôle, les épingles à têtes de couleurs, sur la carte, exprimant ainsi leurs désaccords sur les positions respectives des alliés et des allemands.

Il y a aussi mes souvenirs au Conservatoire de Liège où nous allons tous les dimanche, ma mère et moi. Ma mère va y retrouver Charles, un amoureux transi. Il est fou d'elle et elle le tient à sa botte! Moi, je me tire au balcon tout au-dessus de la salle, seul dans une loge et je joue imaginairement du violon en même temps que l'orchestre, en surplombant la salle (déjà le sens du show), croisant un de mes bras sur l'autre. Et pas une fausse note ! Chaque dimanche, tout le monde me regarde et on m'appelle " le petit garçon au violon ". A l'entr'acte je descends et là, le beau Charles aux noirs yeux de velours, s'approche de moi, avec une main dans le dos; son bras se déplie et sa main me tend une orange (une vraie pas une bleue) Pour séduire la mère, il fa
ut séduire le fils. Il a tout compris le beau Charles, d'autant plus que la voie est libre puisque je n'ai pas de père!


En 1945, j'ai une revanche sur mon grand'père, celui qui ne m'entend ni ne m'écoute. A l'époque des V1 (Pour rappel les bombes volantes de Von Braun, envoyées depuis Berlin par les allemands en déroute et qui vont peut-être changer le cours de la fin de la guerre, les américains sont à Liège et continuent leur progression en Allemagne), toute la famille, oncles, tantes, cousins et cousines, sont venus s'installer dans les immenses caves du Quai Mativa car celles-ci sont renforcées par des piliers solides. Matelas par terre et tout le monde vivait dans ces caves car les alertes étaient continuelles. Moi je servais d'avertisseur car j'avais l'ouïe fine et chaque fois qu'un V1 se pointait à l'horizon, je l'entendais et faisais descendre tout le monde . Un jour cependant, mon grand-père qui écoutait la radio dans la salle à manger, refusa de descendre alors que je venais l'avertir. Je suis donc redescendu sans lui et cinq minutes plus tard, une explosion énorme et nous nous sommes tous retrouvés, recouverts de plâtre, tous à "plâtre-ventre". Le V1 était ombé en face de chez nous, sur l'autre rive. Quant à mon grand'père, je suis allé voir tout de suite et tout blanc de platras, il était aussi blanc que moi, géant fixé sur son tabouret, entre les deux portes vitrées abattues aussi sec et tous carreaux soufflés. Lorsque nous nous sommes aplatis en famille et avons senti les plafonds s'écrouler sur nous, nous avons pensé que la maison s'écroulait, que le V1 était tombé dessus, et que nous allions être complètement ensevelis sous les décombres. Mais personnellement, je ne ressentais aucune peur. je vivais celà comme un   jeu

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5 septembre 2008 5 05 /09 /septembre /2008 23:00

Photo du dessus1945Dessin-de-Vancau-003.jpg la La Noël dans le salon de mes grand-parents , quai Mativa. De gauche à droite, mon grand-père, moi,collé à ma mère, géante, alors qu'elle fait 40 cms de mmoins que mon grand-père, ma soeur et ma grand-mère. Noter les détails de la tapisserie à fleurs et ceux du tapis persan, avec la crèche. Une baie vitrée et une fenêtre ouvrent sur le jardin, en contrebas, puisque nous sommes  au 1er étage J'ai sept ans et la contre-offensive des Ardennes a commencé. Bombardements à gogo; toute la famille vit dans les caves, refaisant surface entre deux larguages de bombes ou de V1(les fameux Von Braun) Sur la photo du bas, c'est le repas de famille, les deux enfants de dos, ma mère à gauche ( ici minuscule par contre), ma grand-mère en face et à côté d'elle une place vide, celle d'un père que je ne connais pas
 

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