De temps en temps, je vais aussi à Gand, chez mes grands-parents et celà continuera après la guerre. mais ce n'est pas trés gai, deux vieux
qui n'ont rien à se dire, assis à une grande table, dans une salle à manger de moire et de pourpre. J'entends par là qu'on est en Flandre et qu'il fait sombre; c'est
la guerre, et même les ampoules des riches (celles qu'ils n'ont pas dans leurs mains) sont faiblardes, sous-alimentées et au surplus, les pièces sont immenses; en outre, il y a du
velours un peu partout et le velours c'est comme la mousse, ça pompe la lumière, on peut même dire carrément que ça pompe
"funèbre".
nce, à 18 ans, de faire le tour du monde comme secrétaire particulier d'un diplomate et d'autre part, un juif caché sous une un trappe
A Gand, il y avait aussi des domestiques, dans les deux maisons. Ils viennent servir à table en livrée. ils vivent à la cuisine. On leur parle par le "Monte-plat ", en criant. On les
appelle aussi, au moyen de gros cordons rouges tressés qui pendent à la tête des lits; il y a une sorte de cornet en bout de tresse, sorte de combiné téléphonique, relié aux
cuisines par un câble. C'est très pratique et ça donne ceci: " Ernestine, vous me montez mon petit-déjeûner, mais pas de caviar ce matin, je vous prie" . "Mais tout de suite,
Monsieur Christian"....Après la guerre je me souviens très bien de ce couple de domestiques espagnols, réfiugiés de la guerre d'Espagne, Machin et Rosita, qui venaient "servir"
à Anseremme, où mon oncle et ma tante avaient leur résidence d'été, en bord de Meuse, Villa "Le Pâchis", merveilleuse maison impressionniste, faite de murs roses et
de balcons verts. un mélange de Manet, de Monet et de Caillebotte et dans un décor de paysages peints jadis par Félicien Rops! J'en reparlerai
Ci-dessus les photos de ma tante Ginette Van Cauwenberghe, soeur de mon père et de son mari Lucien Brunin, tous deux
décédés
Après Gand, retour à Liège et autre anecdote. Comme je l'ai déjà dit, ma cousine et moi n'allons pas à l'Ecole. Nous avons une institutrice frebelienne qui vient de temps en temps
contrôler le travail d'enseignante de mamère non enseignante. Je m'en souviens car un jour où elle était à la maison, quai Mativa, nous étions debout,
autour d'une table, elle, ma cousine et moi, et j'avais sorti mon zizi (ça commencait à me travailler) de ma culotte courte, pour le montrer à ma cousine Béatrice, qui, horrifiée, avait
tiré l'Institutrice par la manche, pour lui désigner du doigt, cette chose monstrueuse, pourtant encore toute mignonne à l'époque (j'insiste sur " à l'époque"). Pour ma cousine
Béatrice c'est le début de "L'Enfer de Dante". En écrivant ceci, je réalise que ma cousine qui a 70 ans comme moi, ne s'est jamais mariée et je me sens soudain très
responsable. A mon avis, elle ne s'est jamais remise de ce choc. On m'a enfermé dans une chambre. Un petit scandale dans toute lla famille ! J'avais pourtant trois
cousins qui avaient quatre et six ans de plus que moi. Le terrain aurait dû être déblayé par eux ! Mais non point Fi de tout celà, comme on disait à la Cour de Louis XIV
!

