Et le voici, le lac Leman, un vrai carnage. Ces dessins ont été réalisés à mon retour
à Liège, deux ou trois mois plus tard et non pas sur place. Voilà comment je découvre le monde, après avoir vécu dans une cave. Mon premier Paris, mon premier lac avec la Suisse de l'autre côté
(Lausanne), mes premières montagnes. Nous nous rendons dans un hôtel à Morzine, l'Hôtel Champs Fleuris ; il paraît qu'il existe toujours, car Morzine est devenue, depuis lors une
prospère station de "Sports d'Hiver ". En 1946, il y a juste cet hôtel et quelques chalets. Mais revenons à ce dessin du Lac Leman. On y retrouve les poussins, surtout près de l'attente, avec des
dialogues très sécurisants, tels que "On est biens dans la tente" et " C'est bon le dîner" alors que ça pétarade de partout! (Bas du dessin. Sur la tente de gauche, on peut lire RAF (Royal Air
Force), c'est la tente des aviateurs anglais

Arrivés à MORZINE, on respire enfin. Ni tanks, ni avions, ni troupes armées. Je pense que nous devons être autour des 1600-1800 mètres d'altitude et très vite, je vais me mettre sur des
skis et je prends des cours, tous les jours; je suis aidé par les petits villageois qui viennent skier après l'école. En fait c'est ma première école non pas sur un banc mais sur deux
planches.
Et le voici le petit Christian; il a 8 ans et a poussé comme un champignon. Là je suis au-dessus de Morzine, vers les 1800-2000 mètres. le ski me fascine tout de suite et ça ne me quittera
jamais
Et cette image est prémonitoire, car 7ans plus tard, je vais retourner en Suisse, à Saint-Moritz et vais y rester un an, pour y accomplir ce qu'on appelait à l'époque, ma quatrième latine, suite
à une primo-infection tuberculeuse, détectée lors d'une cuti pratiquée chez les Jésuites. Et dans cette école de montagne, à 2000 mètres d'altitude, je vais skier tous les après-midi,
pendant un an. J'étais donc prédestiné à faire du ski, sans l'avoir vraiment cherché. ca reste pour moi, mon plus beau sport, avant la natation, le velo et le tennis

