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Juillet 1986. Je suis en vacances.
Cette nuit j'ai rêvé de deux rats musqués nageant dans un des étangs. Je les faisais fuir en soulevant une pierre. Il étaient très longs (entre cinquante centimètres et un mètre) presque des castors...et rapides comme l'éclair. Depuis ma psychanalyse terminée en 1971, je note tous mes rêves "forts', prégnants.
J'ai lu dans Jung le rapport entre l'attrait pour les pierres et la recherche de SOI
Ce matin, je suis allé chercher de nouvelles plantes aquatiques sur la route de Remagne
Cette nuit, je rêve que je regarde l'étang avec une amie, Françoise Lambinet. Des carpes très colorées n'arrêtent pas de faire des bonds, en sortant complètement de l'eau-c'est un véritable ballet. Une des carpes escalade la berge pour venir y manger des vers de terre. Tout à coup j'aperçois Praline, notre chatte noire des bois, qui nage dans l'eau et j'ai un peu peur que les carpes ne l'agressent (remarquez que c'est le poisson qui est sur terre et la chatte dans l'eau-belle inversion- le poisson-chat). Dans la réalité Praline est tout le temps au bord des étangs. Je réalise que Françoise ne voit rien de ce spectacle tant sa vue est mauvaise (vrai dans la réalité). Je me suis souvent demandé ce qu'elle pouvoit percevoir de mon oeuvre
Ce 10 juillet. Arrivée de Mathieu Schouteden et de Simone Huby, le couple de peintres ave Jean-Pierre Denevfe (Galerie Koma à Mons) avec sa femme et son beau-frère, tout ce petit monde dans la même voiture et venant de Saint-Vith. Dans l'Atelier jusqu' à 20h30.
Le lendemain je pars à Mons pour rencontrer Eric Müller et sa compagne Edith Dekindt, plasticiens tous les deux. Je connais Eric depuis 1980. Il habitait Arlon et a fait des Beaux-Arts à Mons. Garçon brillant. Aussi passionné d'écriture et de musique. Eric expose à Mons et ils sont tous deux concierges dans un château à Kain-la-Tombe entre Mons et Tournai.
Voici le Beffroi de Mons
L'expo d'Eric Mueller à la Galerie Koma
La maison qu'il a occupée pendant ses études
Enfin Eric et Edith sur la Grand-Place de Mons, puis leur château à Kain-la-Tombe
J'arrive à la la 2000e page de mon journal.
Je ramène de Redu, village du livre, Tel Quel de Paul Valéry, D'un Château l'autre de Céline, Sous la miséricorde du Christ d'Hector Bianciotti, Contrepoint d'Aldous Huxley, Thérèse Etienne de John Knittel, La Peste de Camus, La dernière nuit de Didier Decoin, Un cabinet d'amateur de Georges Perec, L'Ossuaire de l'Esprit de Michel Journiac, Les Scribes Inspirés en 2 volumes écrits par mon grand-oncle, Dom Hilaire Duesberg, Bénédictin.
Rêve
. Cette nuit (16 juillet), j'ai rêvé d'une ville qui doit être Istambul, ou alors Uskudar, l'Istambul d'Asie, ou alors d'un lieu située entre les deux Istambuls. Un soleil éclatant ou plus exactement une lumière très forte éclairant des dômes argentés, à l'horizon d'une grande place, sur laquelle j'arrive à cheval, au galop. Je descends du cheval pour prendre une photo de cette place avec la ville dans le fond et cette lumière extraordinaire. En fait j'essaie de pendre cette place au départ d'une cave, pas tout à fait enterrée avec une lucarne horizontale, dans le style des fortins allemands du débarquement. Et j'ai beaucoup de difficultés à cadrer cette photo que je suis pressé de prendre cette lumière très vive, car elle peut disparaître d'un moment à l'autre, une lumière d'Orient, blanche et non-rougeâtre comme celle qui précède le coucher de soleil et que j'ai parfois perçue sur le Pont de Galata à Istambul ou sur la Corne d'Or. La place sur laquelle j'arrive à cheval ressemble à la Place rouge du Kremlin. Ma chienne Craquotte est avec moi. Les dômes ne sont pas dorés mais argentés. L'arrivée à cheval mise à part? c'est un rêve récurrent. Je me situe entre l'Europe et l'Asie, mais aussi dans une cave avec une lumière qui disparaît très vite et une impuissance à prendre mes clichés.
Virton, je vais à une exposition de Blandy Mathieu. Son compagnon, André Wargny est présent. En forêt je commence à ramasser des champignons ganodermes, ceux que l'on trouve sur les souches des Hêtres abattus.
Encore un rêve fin juillet. Ma fille et ma belle-soeur sont dans la salle de bains. J'entre et je vois le sol jonché de petits poissons rouges, mon épouse, les ayant sortis d'un aquarium brisé pour les mettre dans un seau plein à ras bord et non couvert. Ils avaient tous sauté du seau mais la plupart étaient encore vivants. Hélas dans cette salle de bains se trouvait aussi mon frère Marc, mon plus jeune frère, marchant lourdement avec ses prothèses et écrasant un grand nombre de poissons. Ma belle-soeur et Valérie, tout à leurs préparatifs, n'avaient rien vu. Quant à Céline, mon épouse, je l'appelais à tue-tête et ne parvenais pas à la faire monter dans la chambre. Alors j'ai crié à haute voix "Evidemment, toi tu t'en fous". Je me suis réveillé à ce moment et Céline éveillée m'a répété cette phrase que j'avais criée tout haut.
Les poissons et le monde des femmes et de la mère, il y en a trois dans mon rêve et ma fille Valérie est enceinte, j'ai réellement ramené de petits poissons rouges dernièrement dans les étangs et ils ont été bouffés par des poissons adultes. Les trois femmes s'en foutent de ce monde que je suis en train de construire, de la même manière qu'elles se désintéressent complètement de mon oeuvre depuis 20 ans. Et puis ce frère handicapé mental et moteur, suite à un accident, écrasé par un bus, lors d'une de ses fugues, ce frère qui écrase les poissons, lui, né de la même mère que moi.
Et en août, terminées les vacances, je reprends la route. Francorchamps d'abord (le circuit automobile), une agente qui est aussi hôtelière, l'Hôtel des Bruyères et cette Madame Aubinet épouse Schmit, qui me parle de ma femme et de sa soeur (Linette et Myette), qui ont habité Spa pendant des années, au 9 de l
la rue Chelui
A midi je vais pic-niquer au Lac de Warfaz à SpaLes jours suivants je tournerai dans la région d'Erezée, Amonines, Fanzel où je découvrirai une charmante ferme-resto que voici.. J'accède à cette partie de mon secteur via Houffalize et la Baraque Fraiture, à l'orée des Fagnes et sur la route on est en train de détruire les maisons qui se trouvent sur le circuit de la future autoroute. On se croirait pendant la guerre...Et voici la route entre La Baraque Fraiture, altitude 647 mètres et la petite ville d'Houffalize. Paysage désolé ...le même que celui que je ressens en moi. Chaque fois que j'ai l'occasion de charger des pierres qui m'intéressent le long de ces chantiers, je les mets dans mon coffreLe soir à la Télé, "VIvre vite" de Carlos SAURA, film franco-espagnol. J'aime Saura..
Ensuite et à nouveau à Spa qui est une partie de mon adolescence. Voici la villa de ma Tante Edmée, épouse de Jean-Pierre Duesberg, le frère de ma mère. Villa Pierre-Fleur. Route de Creppe, je penseEt puis les Sources de Spa, ici" La Géronstère" et "Le Tonnelet". Céline et Craquotte en bas, à gauche
La Place des quatre Heures et en-dessous le Centre des "HEURES CLAIRES"(Soins thermaux)Un peu plus loin, j'arrive à Stavelot, à la Haute-Levée, un car de touristes s'est embouti dans la CGER, il y a peu, à savoir le 17 août. Huit morts. Un nouvel accident avec cette fois un camion se produira en 1998
Fin août vernissage de mon amie peintre de Virton, Dominique Collignon
Souvent entre deux inspections je picnique au bord de l'eau pendant que ma chienne Craquotte, barbotte. Ici à l'Etang de Rabais (Virton). C'est de cet étang que j'ai ramené mes Elodées, fougères d'eau du Canada, qui tapissent le fond de mes étangs à MoircyUne surprise en arrivant chez un de mes agents à Willancourt, Lambert Goffinet, cultivateur et assureur. Sur sa table, l'ULYSSE de JOYCE, c'est son fils qui est en train de le lire et puis à côté "La Faculté de l'Inutile" de Dombrowicz
J'hallucine....
Fin août, à la télévision Edgar MORIN
Rêve: Fou, fou, fou. je suis dans un village et dans une cour de ferme, je parle avec un jeune fermier. Je remarque alors un objet dans la cour et vais le ramasser et le jeune fermier me dit 'C'est une...."Trou de mémoire, ce mot que je connaissais ce matin en me réveillant, dans le style Girouette, je ne le retrouve plus. une espèce de branche de 50 cms en forme de point d'interrogation, sorte de serpent ou d'Hippocampe, une racine un peu velue. Une racine que j'ai dans mon atelier en plus petite et que j'ai ramassée il y a des années sur la plage d'Antibes. Je la trouve très belle et je signifie au fermier que j'aimerais l'emporter et lui n'arrête pas de me dire c'est une.......( Un rapport avec le fils du fermier avec lequel j'ai parlé hier de l'Ulysse de Joyce) Ce nom je le connais...une Gidouille ?? non ce n'est pas cela. Le fils du fermier m'explique alors que cette racine est un appât pour pêcher le poisson. Surgit le père fermier et je crois comprendre que cet objet est son enfant, un enfant très spécial, enfin disons-le "anormal". Sorte de petit monstre dont le père semble très fier. Et il me dit "Comment vous ne connaissez pas la....."et il esssaie de m'expliquer mais je ne comprends toujours pas. Quel refoulement...
Et tout à coup, là maintenant je me souviens. C'est une GIGOGNE. Je me rue sur le dictionnaire et voici ce que je lis: "Mère Gigogne ou dame Gigogne, personnage de théâtre créée en 1602, femme géante, des jupes de laquelle sortaient une foule d'enfants-Altération probable de Cigogne. Une mère gigogne, une femme qui a beaucoup d'enfants ou qui aime s'entourer de nombreux enfants..
Il y aussi les tables "Gigogne", meubles composés d'une série de tablettes s'emboitant les unes dans les autres
Une danse aussi..
Et une espèce de primevère..
Le 1er septembre, avec Craquotte je fais une promenade archéologique à une dizaine de Kms de chez moi, dans la forêt de Ste Ode, près d'Aviscourt et de Lavacherie. Grâce aux cartes de l'IRM, je repère différents lieux. J'y suis aidé par les livres de Willy Lassence, conservateur au Musée de la vie rurale au Fourneau St Michel. Le journalisme et l'archéologie m'ont toujours fasciné. Voici les cartes que j'ai reproduites dans mon journal. Site occupés par les CeltesMais le boulot m'attend et me voici reparti dans les régions allemandes pour mes inspections d'agence. Les Schouteden m'on parlé d'un paysan qui avait aménagé sa maison et son jardin à la façon de l'Art brut, un certain Wiesen à Grüfflingen, non loin de Gouvy et de Beho. Je prends quelques photos mais n'ose pas entrer, je le ferai plus tard et discuterai avec Wiesen.
Raymond Radiguet à la Télévision, par Alain DECAUX
Toujours dans la région allemande, à Büttgenbach, toujours à la recherche des étangs , des carrières et des ruines. Voici le lac de Büttgenbach, côté Weivertz. Il est à sec.
Au Cinema OUT OF AFRICA de Sydney POLLACK d'après l'oeuvre de Karen BLIXEN.Superbe film: Kenya-Kiklimandjaro-Incroyable Nature. Les Lions, les guerriers Massaï et leur course dans la plaine, le survol de fleuve en avion, l'attaque des lions durant la nuit, le survol des Flamands roses, la Baronne Karen von Blixen.
Au Mess des Officiers, rue des Petits Carmes à Bruxelles je me laisse entraîner par mes collègues, j'aperçois sur la bouteille de vin rouge que nous ingurgitons," R.Van Cauwenberghe", à savoir mon nom, et mieux le prénom R.(mon père c'est Roger) qui le précède. Trop beau pour être vrai. J'ai chauffé la bouteille vide, sous l'oeil d'un grand général, peint à l'huile, sur un champ de bataille, une façon de mettre les militaires en bouteille. Mais qui est donc ce R.Van Cauwenberghe????
A Saint-Hubert, je découvre un café-resto sympa, au bord d'un étang, L'ARLEQUIN
Fréquents passage chez les Schouteden à St Vith (Simone HUBY). Inspections à Amel (Amblève)-Iveldingen-Schoenberg et Lommersweiler...
Fin septembre je me retrouve dans la région de Verviers, cette fois bien décidé à visiter à fond ce quartier des Dardanelles, en bordure de Vesdre, qui m'intrigue
Au passage la vieille Gare de Dolhain-Gileppe. Un saut dans le passé..
Les Dardanelles vues du Mamelon et en-dessous, vues du Pont Al Cute.
En redescendant de la promenade des Récollets je découvre cette passerelle en fer complètement déglinguée, enjambant la rivière pour atteindre l'Athénée Royal. Cette rivière bordée de maisons en tous genres, des fabriques surtout, où l'on traitait la laine, avec leurs fondations plongeant dans la Vesdre, au milieu d'une végétation foisonnante et presque tropicale, des toits de feuilles transformant la rivière en mini-Amazone luxuriant
A Verviers je vais aussi chercher de vieilles cartes postales des années 1900, celles qui sont légèrement coloriées particulièrement. Regardez ci-dessous le cheval qui tire un tram, ce qu'on appelait le Vicinal ,à l'époqueVerviers, la rue de HodimontLa rue de HeusyJe vais aussi souvent dans une librairie qui s'appelle "Le Fil d'Ariane"
Je lis Emmanuel BERL.
Je quitterai Verviers en photographiant des maisons à Colombages dans le quartier de la rue du Vieil Hopital et après avoir éré accosté par un jeune sicilien, qui tient un café et est arrivé à Verviers vers 1972, pour travailler dans l'Industrie lainière, début de la décadence totale, qui l'a amené à se reconvertir dans la restauration liquide
Entre le 22 septembre et le 3 octobre, j'aurai effectué dans vette ville, 21 inspections.
Ce samedi 4 octobre après une crise terrible, j'essaie seulement de tenir le coup jusqu'à la fin du mois, avant notre départ à la Côte d'Azur (plus exactement à la Côte bleue). Mais j'ai pris un terrible coup dans l'aile et mon incertitude par rapport à l'avenir est devenue totale.
J'aurais besoin pour en sortir d'être soutenu par des gens qui croient en mon oeuvre, en ma forme, qui dialoguent à ce propos avec moi. Et quand je dis "oeuvre", je parle de ma façon de vivre, de m'exprimer, y compris dans ce journal quotidien et sans fard. Mais il semble que dès que je me laisse aller à m'exprimer, avec passion, et je ne puis m'exprimer qu'avec passion, j'indispose tout le monde, j'écarte les gens de moi. Ma solitude est donc de plus en plus grande.
Je sais qui je suis, je ne changerai plus pour l'essentiel. Je suis fait pour vivre seul, car aux yeux des autres, ja suis invivable. Vivre seul, ne veut pas dire renoncer aux autres. Mais il me faut trier. Je suis un homme de moments forts, de communication intense. Ensuite je me retire, je déteste jouer les prolongations, je déteste les étirements en longueur. Seulement le feu incandescent...pas les cendres.
Je n'aime pas les tièdes, ceux qui vivent leur vie à petit, à feu réduit, ceux qui font semblant de ne pas se soucier de leur mortalité. Pour moi, le seul sens de notre statut de mortel, est d'y répondre par la provocation d'une vie intense, multiple, profonde, sans demi-mesure.
Peut-on vivre intensément sa vie sans avoir aux yeux des autres "un caractère impossible"???. Peut-on vivre passsionnément sa vie sans faire peur à tout le monde, sans provoquer l'agressivité de ceux qui vous entourent.
Je lis "Grippe-Coeur" de Franz Hellens et de Modiano "Rue des Boutiques obscures". Modiano, un créateur d'athmosphères " Une petite fille rentre de la plage, au crépuscule, avec sa mère. Elle pleure pour rien, parce qu'elle aurait voulu continuer de jouer. Elle s'éloigne. Elle a déjà tourné le coin de la rue, et nos vies ne sont-elles pas aussi rapides à se dissiper dans le soir, que ce chagrin d'enfant"
Dans le Sud nous sommes attendus par les Michon qui habitent Graveson, près d'Avignon aisni que par le sculpteur belge Attila qui vit à Clermont sur l'Herault mais est à Berlin pour l'instant.
De plus en plus de problèmes avec les rats musqués
Ce 8 octobre, à la Baraque Fraiture, débouche devant moi, un Cerf, juste devant le capot. J'ai frêné par instinct et en faisant des appels de phares et l'automobiliste derrière moi a failli me rentrer dedans. Le gibier est déjà complètement perturbé par l'ouverture de la chasse.
A Halconreux, près de Gouvy, pour la deuxième fois, je tombe sur ce lieu étrange, avec des monolithes. J'apprendrai par la suite que ce sont des "défenses anti-chars" datant de la fin de la dernière guerreSouvent je me promène avec Craquotte, dans Les Champs d'en Haut, sur la route de Remagne. Là je suis à 550 mètres d'altitude.
Dans la région de Vielsalm, à Lierneux, j'essaie de retrouver les lieux dont parle mon beau-frère et ami, Jean-Pierre Ransonnet, peintre. Lierneux est le village de la famille
.
Il a publié à ce sujet et réalisé tout un travail sur l'enfance et sur l'adolescence, la mémoire "Lierneux, les Lieux et les Liens"
Je découvre la célèbre Pierre de la Falhotte, un des grands thèmes à l'époque de l'oeuvre de Ransonnet
Et l'Etang Paquay
Je travaille sur des bouchons de bouteilles de vin, en liège. Je les colle par trois et en fais des totems.
Voici le territoire en octobre 1986. Il y a désormais 3 étangs. Si ça continue je vais arriver au pied de l'arrière de la maison. Moircy deviendra Venise. Je sortirai de la cuisine les pieds dans l'eau...Une carrière dans la région de Vielsalm, à Grand-Halleux
Je me sens très détaché-surtout des gens, en général. Mis à part des moments privilégiés qui peuvent toujours surgir. Exactement ce que Jean-Pierre Kalfon disait hier soir de ses rapports avec les femmes? Pas de grand amour mais des flashes ectraordinaires, des tas de moments d'amour. De la quantité plutôt que de le qualité???Mais qui dit que la quantité ne puisse être qualitative???
Vive les fulgurances des éclairs mais vive aussi le travail en profondeur, le façonnage à travers le temps.
Je voudrais profondément me consacrer à la création sous toutes ses formes: Peinture-Sculpture-Ecriture-Musique, réaliser un spectacle total.
Pendant mes 25 premières années je n'ai rien pu dire. Après je me suis battu pendant vingt ans pour DIRE... ENFIN !!!. Et maintenant où tout pourrait fonctionner car j'ai l'expérience de la vie et de la forme et je pourrais enfin m'exprimer pleinement, je suis pris à la gorge par des crabes dont les pinces d'or se resserrent sans cesse
Ce 24 octobre, nouvelle plainte de la société de pêche locale "La Jennevilloise". Mes barrages ne coulent plus (obligation d'étiage).
Et le 25 octobre un rêve du petit matin. Je suis au bord d'un ruisseau avec Craquotte, à un endroit où l'on peut passer à gué. et tout à coup des poissons fantastiques, des carpes énormes, une rouge, presqu'un MEROU et des carpes arlequins, colorées roses et blanches, comme des chats arlequins, des poissons dont l'épine dorsale émerge de l'eau, tant l'eau est basse, des poissons d'un monde édénique, sans pêcheurs, dans les deux sens du terme, à savoir sans hommes....
Ce 28 octobre à Durbuy chez Daniel SERET. pour la première fois, visite de son atelier et de ses peintures récentes, rue Neuve-Voie. Me raconte son voyage sur le Danube entre Vienne et Budapest. Daniel Seret que je connais depuis 1976.
Ce 31 octobre ma banque IPPA liquide mon ami Jean-Pierre Michaux qui, à 47 ans, se retrouve sans boulot. Après 18 ans de "maison". Barvo les mecs!!. A quand mon tour??? C'est la Guillottine..
A ce jour j'ai enregistré 165 K7 Vhs de 90 minutes. Je continuerai des années et m'arrêterai vers 2010 avec 500 K7 de 10 heures chacune. En LP. Tous sujets confondus dont 350 films
Le samedi 1er novembre 1986, jour de mes 49 ans, départ pour la Provence à 6h30. Arrivée à Graveson (Avignon), chez nos amis les Michon à 15h40, Km 869Voici la maison de nos amis français, rencontrés au Ventoux en 1973Le dimanche tour de Graveson et trip à Avignon à nous quatre. Henri et Agnès, Céline et moi. C'est très joili Graveson...Ensuite le soir, on passe à Rognonas le long de la Durance et Henri nous emmène à Barbentane, au Mas de l'Enfant chez un couple qui tient une galerie, les GOUBERVILLE (Antoine de...et sa femme Dominique Ruelland). Il y a contact entre nous, nous sommes invités sur la route de notre retourLe Lundi 3 novembre nous partons à Mazan au pied du Ventoux, chez une amie belge de Céline, Anne Pecheny de Nivelles, qui possède un mas entouré de vignes, dans les Dentelles de Montmirail. Céline reste chez son amie et nous montons au sommet du VENTOUX avec Henri et Agnès. Déjeûnons aux Grillons à Bédoin

Le 4 novembre avec les Michon nous partons sur Clermont-sur-Hérault, voir un ami sculpteur Attila, un liégeois (Alain Mercenier)Voici Clermont et la maison d'Attila
Environ 2 heures de voyage avec une traversée difficile de Montpellier après celle de Tarascon et de Beaucaire. Arrivée peu avant midi, en plein soleil dans une ville, Clermont-sur-Hérault, accrochée aux rochers, tout comme la maison de notre ami qui lui a coûté 180.000 NF avant transformations. Beaucoup de maisons hautes et étroites avec pas mal de courants d'air. Cela ne m'emballe pas. Apéro à la Vodka, déjeuner froid et puis randonnée au Lac SALAGOU. Mistral. On dirait une mer intérieure. mais paysage étrange et prenant, quasi lunaire...Retour à Clermont et départ des Michon vers Graveson.
Céline et moi, continuons notre périple vers le Sud, dès le lendemain, mercredi 5 novembre. Direction Montpellier. Des mendiants partout, des jeunes de 20 à 35 ans, avec des pancartes en carton et un bol "Pour notre manger merci. J'ai faim" ou "Pour mon chien". Là, je craque
Nous voici Place de la Comédie. Quelques beaux immeubles début de siècle mais aussi le centre commecial avec Sofitel..Affreux. Alors nous remontons dans le vieux Montpellier. Beaucoup de ruelles étroites avec de très belles maisons
Très rapidement nous plongeons sur la Méditerranée, direction Arles, via Palavas-les-Flots, la Grande Motte et AIgues-Mortes, où nous déjeûnons chez Laurette
Ensuite les Saintes-Maries de la Mer et les étangs de Berre. mais tout cela sent le pétrole,(Fosse s/Mer) je ne me sens pas bien. Martigues est pourtant charmant "Située aus bord de l'étang de Berre, reliée à la mer par le Canal de Caronte, Martigues, naguère petite ville de pêcheurs, a vu le développement du complexe pétrolier, altérer son caractère de petit port provençal. Des peintres (Corot), des écrivains ont été séduits par la qualité de la lumière et par le pittoresque du lieu, Martigues a acquis de ce fait une grande notoriété dans les mileux littéraires et artistiques"avec MartiguesEt en fin de journée nous aboutissons à la Côte bleue, à Carry-le-Rouet, où nous trouvons un petit hôtel. Nous sommes à l'Ouest de Marseille, au pied de la chaîne de l'Estaque (séparant l'etang de Berre de la méditerranée, au fond d'un de ces golfes appelés Calanques. L'Estaque est une chaîne calcaire, désertique et presqu'inhabitéeNous visitons l'Estaque et le Cap Couronne que voici. Sausset est un très curieux village perché avec une plage désertique et un phare..Et le lendemain jeudi nous piquons sur MARSEILLECi-dessus, panorama vu de Notre-Dame de la Garde.
Le Port avec le Quai des BelgesLe Marché aux poissons sur le portEnsuite nous avons eu envie de mer et de plage et nous avons enfilé la corniche Président Kennedy, direction Plage du Prado. Mer superbe mais Mistral gagnant. Nous avons dû longer la mer jusqu'au Cap Croisette et Les Goudes, avant de revenir sur nos pas, nous installer sur un embryon de plage, près d'un canal avec de l'autre côté, le Parc Borely, le tout à l'est de l'avenue du Prado. Je ramasse des morceaux de verres arrondis par la mer, de toutes les couleurs, comme je l'avais déjà fait à BarcelonePar l'avenue du Prado, nous montons en début d'après-midi à Notre- Dame de la GardeOn en a marre de la ville, il y a déjà une circulation infernale et vers 15h00 nous prenons la côte- est, pour nous diriger vers Cassis,via le Col de la Gineste, laissant Les Calanques sur notre droite
Cette route s'appelle d'ailleurs la route des Calanques. C'est la N.559 avec à droite les massifs calcareux du Puget et de Marseillenègre, massifs profondément échancrés par les CalanquesEt voici CASSIS, superbe port de pêche, mais un monde, beaucoup trop de monde. Je vais sur la Plage avec Craquotte, ramasse encore des cailloux et puis nous rentrerons dormir à Carry-le-Rouet dans le calmeRetour à Carry le jeudi soir 6 novembre. Voici Céline et CraquotteLe vendredi 7 novembre, nous remontons par Fos, la plaine de la Crau et Arles, que nous visiterons e 12 à 15 heures. La plaine de la Crau où jadis passa Hercule est remplie de gros moustiques. Mais je veux ramener un caillou d'Héraclès et sors de la voiture, à toute allure et ramasse une pierre lourde... et un énorme moustique qui va me gonfler tout le visage dans les heures qui suivront.
Mais Arles est superbe ! Nous l'avions déja parcourue 12 ou 13 ans auparavantNous déjeûnons au Van GoghEt puis c'est la visite des Alyskans. Quel cimetière!!!! Hommage au poète" Paul-Jean TOULET (un des plus grands poètes français du 19e siècle): "
Dans Arles où sont les Alyscans
Quand l'ombre est rouge sous les roses
Et clair le temps
Ecoute la douceur des choses
Lorsque tu sens battre sans cause
Ton coeur trop lourd...
Et que se taisent les Colombes
Parle tout bas si c'est d'amour
Au bord des tombes"Voici notre itinéraire ce jour-là. Nous allons remonter sur Fontvieille, le Baux, traverser la chaîne des Alpilles et arriver chez nos amis à GravesonVoici Fontvieille et le Moulin d'Alphonse DaudetPuis les Baux de Provence que nous connaissons et dont nous visitons les carrières en contrebas, une vraie merveille. On se croirait en Egypte. Carrières taillées dans la Bauxite bien entenduEnsuite traversée des Alpilles Nous nous arrêtons à Saint-Remy et à 17h00 nous arrivons à Graveson chez nos amis après ce voyage marathon de 4 jours. Nous somme invités le soir au Mas de l'Enfant à Barbentane. Voici le MAS de nuit et faisons la connaissance du peintre belge Michel Moy qui nous parlera d'un autre belge Jacques Ducaju. En voici une trace, de la main de Michel Moy, qui habite dans le Haut-Gard et a été longtemps professeur à Versailles avant de se faire transférer à Montpellier. Il doit avoir 55 ans environ. Michel Moy est décédé en 2007
Faisons la connaissance du chien aveugle d'Antoine, un bouvier noir, Chou-chou et du chat Bonux, blessé à la joue droite.
Nous avons mangé de la Tarasque, un délicieux gâteau au chocolat, en parlant de Dubuffet, Miller... et Durrell qui n'habite pas loin
Voici une des expositions organisées au Mas de l'Enfant: Jean-Pierre GRENIER
La TARASQUE: "Un jour, un monstre amphibie sort du Rhone et dévore les habitants. Seize jeunes-gens lui livrent un combat au cours duquel, huit d'entre eux sont dévorés. C'est alors que Sainte Marthe, venant des Saintes-Maries, marche à la rencontre du monstre, l'asperge d'eau bénite et lui présente une croix. La bête devient docile comme un agneau, la sainte lui passe sa ceinture autour du cou et la conduit au peuple qui la tue à coups de pierres..."(dégueulasse...)
Ce samedi 8 novembre, nous quittons Graveson à 9h00 pour nous retrouver à Moircy (Belgique) à 18h45, avec un arrêt en Côte d'Or à Norges- la- Ville. Huit jours de voyage et 2422 Kms
Donc en 8 jours nous avons parcouru, Avignon, Graveson, Carpentras, Mazan, Bedoin, le Ventoux, Tarascon, Beaucaire, Montpellier, Clermont l'Hérault, le lac de Salagou, Palavas-les-Flots, Aigues-Mortes, Arles, la Côte Bleue avec Carry-le-Rouet et le Cap Couronne, Marseille, la chaîne de l'Estaque, Cassis, Martigues, la Plaine de la Crau, Fontvielle, le Baux, les Alpilles et Saint-Remy
Le 13 novembre, Décès de Thierry le Luron;
J'achète Croc Blanc de Jack London(John Griffith de son vrai nom), après avoir lu "L'Appel de la Forêt". Né en 1876, la boisson le conduira au suicide, à 40 ans, le 22 novembre 1916
Je travaille toujours mes bouchons-totems en liège.
Georges STEINER à ApostrophesFin novembre, Droit de Réponse avec Michel POLAC obtient deux Sept d'Or aux Césars 1986
Je travaille aussi sur ce que j'appelle mes AQUACHTONIQUES, tous ces cashes de films polaroïds que je retourne (j'ai découvert que ça se démontait), pour former un creux que je remplis de la boue argileuse de mes étangs, enlevée à la main. Les cashes proviennent des films de ma banque que j'utilise pour faire mes expertises immobilières ainsi que de nombreux autres cashes fournis par mes collègues. En voici 20 assemblés sur un total actuel de 188. L'argile posé dans les encadrements, sèche, se craquèle, est durci au liant acrylique, puis peint à l'huile en tenant compte des craquelures et boursouflements
J'achète une guitare classique à Bruxelles avec un étui dur.
10 décembre, je termine "Méditation sur un amour defûnt" d'Emmanuel BERL.
Je reste en contact avec les Gouberville. Il est question de me faire participer à une exposition de groupe à Avignon, via la mère de Dominique;.
Ce 21 décembre, naissance de mon premier petit-fils Renaud à la Clinique de Libramont. Il est Capricorne comme Henry Miller et ascendant Gemeaux comme moi. Angoisse de cet accouchement. Car il fut long et laborieux Epreuve mon enfance retrouvée au travers de ma fille. Pourvu que l'enfant soit normal...Après la naissance la soeur de ma femme et la Marraine de Renaud, Marie-Henriette, instinctivement met le bébé Renaud dans mes bras, ce bébé que je n'ose pas prendre comme le font les autres, que j'ai envie de prendre mais que je n'ose pas, tout le monde le prend sauf moi. Et elle, la soeur de ma femme a cette intuition formidable et quand elle s'en va, j'ai toujours le bébé dans mes bras...
Praline(rebaptisée Lola) morte, empoisonnée. elle luttait depuis 8 jours avec le vétérinaire. Suis allé l'enterrer dans la neige blanche, derrière le potager. Adieu petite. Je t'avais trouvée il y a 2 ans et demi dans la forêt de Mellier. Tu courais devant ma voiture. Tu étais toujours dehors la nuit. Sans doute auras-tu mangé une rate empoisonnée. C'est une quatrième mort de chat depuis peu. Il reste Chelidoine la Siamoise et Jojo le tIgré
Réveillon de Noël blanc avec Marie-Henriette et son mari tunisien Mohammed Khadri. Le jour de Noël, je lui mets le Coran en mains (acheté à istambul) et il chante dans l'atelier, à genoux, tourné vers La Mecque. Je l'ai enregistré.
Réveillon de l'An avec Jean-Pierre Devresse et Marine Closset, un couple d'amis- peintres
Je suis à la page 2400 de mon journal. Tôme VII.
Bilan en fin d'année de tous mes travaux depuis 1980:
1) Une cinquantaines de pierres provenant des mangeoires fracassées de l'Ecurie
2) Environ 120 pierres jaunes et rouges " sahariennes"
3) 41 mini-totems rouges et bruns environ 70 cms de haut + 7 totems effilés et plus hauts (180 à 200 cms)
4. Une vingtaine de totems effilés, rouges, bleu-pâles et jaunes (ancienne clotûre)
5. Une vingtaine de petites statues modelées avec mesdoigts, dans l'argile de l'étang
6. Une centaine de pierres d'eau, tirées des étangs, peintes à l'huile
7. Quatre caisses de galets d'eau
8. 25 totems plus robustes de 150 à 200 cms.
9. Une vingtaine de souches.
10. 160 aquachtoniques
11 100 à 200 gouaches sur le thème de l'Etang
12. Environ 130 bouchons-totems
13. Une dizaine de chevrons à poser en biais contre un mur
14 Une vingtaine de carrés (25 cms sur 25) en liège. En voici quatre. Ca peut se poser au sol ou au mur comme un puzzle et dans un ordre chaque fois différent, ce qui fait chaque fois une peinture différente...
15) 4 grandes tôles
Bilan de l'année 1986. Tout ceci étant extrait de mon journal, textes, cartes et photos scannées et numérisées. Ces photos ont 26 ans d'âge et sont argentiques, bien entendu