Me voici donc le jeudi 27 Juillet. Je quitte l'hôtel à 9h00. Cool. Je veux voir la quartier de LA DEFENSE que j'ai loupé quelques années auparavant, suite à une panne de voiture, lors de mon séjour chez le sculpteur Jan Clareboudt en 1981 (au jourd'hui décédé); je prends donc le RER pour l'Ouest de Paris.(RER= Réseau Express Régional. En 1989, 24 NF aller-retour) Et nous y voici. C'est horriblement froid .
Heureusement qu'il y a Niki de Saint-Phalle pour m'égayer...mais quel décor de merde.....C'est monstrueux. Une ville futuriste. Belle préfiguration de ce qui nous attend. Seule l'immensité de l'espace est impressionnante. A côté de cette esplanade, le Trocadero c'est Lilliput. Quant à l'Arche elle n'est pas encore terminée. Ne parlons pas du Centre Commercial, ni de celui des affaires(Banques et Assurances)
Au loin la Grande Arche

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Ensuite, je redescends manger au Forum des Halles, en terrasse, "à l'Entrecôte" , Place des Innocents
Après le repas, sus à Jean FAUTRIER, un des plus grands peintres français d'après guerre. Au Musée d'Art Moderne.(Trocadero) Extraordinaire. J'achète le Catalogue (290 FF)car il est interdit de photographier. Je parcours l'exposition durant une heure trente, regarde le documentaire et vois son visage pour la première fois. Fautrier, ses boites de pastel, ses "Otages", ses" Fusillés".. Voici une de ses têtes d'Otages-1944. ( Huile sur papier marouflé sur toile- 27 x 22 ) 
Jean Fautrier, enfant naturel, né à Paris en 1898 et décédé à Chatenay en 1964. Un des peintres qui m'a le plus marqué avec Jean Dubuffet.
Il y avait aussi une exposition de Christian Boltanski mais il fallait à nouveau payer, toujours payer, alors j'ai dit merde. Boltanski je l'ai découvert à la Dokumenta de Kassel (Allemagne)en 1977
En sortant de l'expo, je fais un saut à la Gare St Lazare, pour voir les horloges du sculpteur niçois Arman, une série d'horloges soudées , que l'on voit sur la gauche de cette photo
Puis un petir détour par les Magasins "Le Printemps"
Ensuite je prends le metro à Iena jusqu'à Strasbourg Saint-Denis afin de ramener à mon hôtel, le catalogue Fautrier. De là, je me rends au Palais Royal pour aller voir les Colonnes de Buren et les sphères du belge Pol Bury. J'aime, contrairement à l'opinion dominante. Pour moi c'est une excellente intégration du moderne dans un décor ancien
Les colonnes de Buren au Palais Royal
Et les sphères de Bury (voir ces oeuvres en détail sur mon blog).
Ensuite je descends sur Beaubourg , voir l'exposition "LES MAGICIENS DE LA TERRE". J'ai le temps, l'expo ferme à 22 heures. Je vais donc faire un tour du côité de l'IRCAM (Institut de Recherche Acoustique-Musique)- vais serrer la main à Pierre Boulez et avise le plan d'eau que je vois pour la première fois avec des oeuvres de Tinguely et de sa compagne Niki de Saint-Phalle, Niki que je viens de quitter à la Défense
C'est donc à 18 heures que je me présente devant le Centre Georges Pompidou. En façade ceci. Il s'agit d'une oeuvre de Branco DIMITRIJEVIC, né en 1948 à Sarajevo et vivant à Londres. Le titre:"Le Passant anonyme, rencontré à 15h59, en mai 1989"
Pour apercevoir "Les Magiciens de la Terre", je grimpe les étages de Beaubourg et regarde à l'extérieur. Cette plongée me fascine toujours. Les humains comme des fourmis. Pour faire plaisir à Bernard Werber, le Toulousain
Droit devant vous, avec les aracades, le Centre Culturel de la Communauté française de Belgique, inauguré à l'époque par FOLON, ALECHINSKY et autres gloires belges.
Et puis je me plonge dans cette très belle expo, magique en effet, bien mise en scène, avec des artistes de tous les continents "Les Magiciens de la Terre"

Des anonymes et puis aussi des stars, Francesco Clemente, Sigmar Polke, Lyautaud, et puis pour moi la rencontre choc avec l'allemand Anselm KIEFER, fabuleux. On ne le présente plus. Il a vécu longtemps en France, non loin de Lyon. Voir le blog "Art-Maniac" de mon ami Bernard-Marie Constans http://art-maniac.over- blog.com

Ben oui le choc de Kiefer... et en pleine poire
Après être rentré dans mon hôtel qui est tout proche, reposer mes jambes éreintées et prendre une douche, après cet interminable périple depuis 9 heures du mat. Je reviens à Beaubourg vers 20h00, délire total, avec une pléthore de musiciens et de bâteleurs en tous genres. Il y a même un groupe composé de noirs, d'arabes et de blancs (oui, oui) qui discute du racisme, de l'immigration, avec un meneur de débats, bavard comme pas deux, un énorme noir, juché sur un banc, pour être plus haut que les autres.
Mais aussi plein de paumés, de drogués, de gens très agressifs, ça sent la poudre, beaucoup plus qu'aux Halles. Je me tire et vais boire un Gamay rue de la Reynie, tout près de Beaubourg. Le vent s'est levé et j'ai renoncé à manger en terrasse.
Il est évident que d'ores et déjà ce sont ces deux expositions qui marqueront mon séjour, et aussi mon contact avec les Gouberville et le père Adam de Montparnasse. Tout le reste c'est beaucoup trop bruyant et déjeté, et la connerie humaine est insondable, décidément.
Mais c'est tout de même assez dur d'être seul à Paris même pour moi qui parle facilement avec toutes sortes de gens. Mon côté sociable Gémeaux et aussi mon milieu du ciel en Verseau, faisant contrepoint à mon côté ténébreux Scorpion.
Là, je suis en train de retranscrire ce que j'écris à ce moment- là dans mon journal qui ne me quitte pas, ce que j'écris dès que je me pose dans un resto ou à une table de café. Je marche, je scande et j'écris. Le rapport de la marche et de l'écriture est constant. Voyez Rimbaud "Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées...". J'écris donc ceci dans un resto désert au bord du trou des Halles, en buvant ma bouteille de Gamay de Touraine; J'ai demandé à manger plus tard. J'ai tout le temps. Je me repose en écriture
Et dans cette solitude, je me dis, en tirant sur ma pipe, car à l'époque je fumais la pipe (jamais la cigarette) que j'irai peut-être bien m'en faire tirer une, rue Saint-Denis (que j'ai traversée hier soir en rentrant à mon hôtel. Mon Parking est en-dessous du Plan, devant l'Eglise Saint-Nicolas des Champs). Je ne suis pas un homme à putes et ne suis jamais allé au bordel, parce que personnellement, il me paraît impensable de "payer" une femme pour faire l'amour. Mais j'ai une tendresse pour ces femmes parce qu'elles connaissent beaucoup de choses sur les hommes et sur leur misère, les pauvres. Et puis ce sont des marginales.
Il est 22h10 et je termine mon repas et ma bouteille et me remets à mon journal. C'est alors que la petite serveuse vient me demander si je ne suis pas l'écrivain Jacques Laurent, le Goncourt avec les Bêtises alias le célèbre Cecil Saint-Laurentre. C'est très rare qu'une seveuse vienne vous poser ce genre de question. Evidemment cela fait deux heures qu'elle me voit écrire mais tout de même. Elle a fini son service et je l'invite à s'asseoir. Elle s'appelle Samia Fodil, algérienne d'Alger, 26 ans, Scorpion ascendant Gemeaux, comme moi et Tigre dans l'astrologie chinoise. Elle est divorcée et a une fille de 8 ans et demi. Elle est jolie. Elle me conseille de lire "De la part de la Princesse morte" de Kenuze Mourad. On aurait bien continué la soirée mais son "copain" va venir la chercher. Elle m'écrira, me dit-elle, elle adore écrire et veut faire du théâtre. Adieu Samia Fodil, jolie, jolie. Elle ne m'a jamais écrit
Je rentre à l'Hôtel et me retrouve forcément dans la rue St Denis. Une nuit chaude comme dans l'Etoile Mystérieuse d'HergéIl y a foule et mon idée me revient. Je ne l'ai jamais fait donc je vais le faire, par défi. . La rue Saint-Denis a rassemblé toutes les anciennes halles (que j'ai connues aux alentours de 1958). C'est là que ça se passe maintenant avec de petits débordements à Rambuteau et à Greneta. On est très loin d'Irma la Douce. A cette époque c'était la gouaille. La pluart des filles sont moches, abîmées ou énormes. Seul quelques "sang mêlé"ont une gueule. J'adore les cocktails de races. A mon avis on est dans le bas du pavé. Je vois des mecs qui les frôlent, de gros vieux dégueulasses...puis la fête qu'elles me font quand je m'approche "au pays des aveugles...." Décidément ce n'est pas du tout mon truc mais j'ai dit que je le ferai, alors courage
Et je commence à remonter la rue, allant d'un trottoir à l'autre. Je discute avec les filles. Combien? 100NF pour une demi-heure. Je remonte la rue St Denis sur le trottoir de droite, rencontre une française sympa et pas con, qui ressemble à l'actrice de Truffaut dans "La Nuit américaine", Dany, mais je veux les voir toutes d'abord. A la Porte St Denis... ...je redescends l'autre trottoir. Plein de noires et d'asiatiques; Les asiatiques ne m'attirent pas, alors pourquoi pas une africaine???Jamais fait l'amour avec une noire.On dirait que je fais mon marché. Je suis complètement cool et extérieur à moi-même. Je me tourne un film dont je suis l'acteur principal. Je sais que ce sera nul. Je n'attends rien
que ma partenaire et moi allons passer le test HIV. entretemps il y a eu le film avec C
Et entretemps il y aura le film avec Cyril Collard et Romane Boringer et la mort tragique de Cyril
Donc je me couche sur Viviane et essaie de la pénétrer; le cirque continue, oh chéri tu me fais mal (à son bras), arrête sinon j'appelle le Gardien. Là je me fâche et je la tire. Je ne sais pas comment. Je la tire de colère, pas de désir. "Ah tu me pends pour un con de touriste..."
Bref on se rhabille, elle est calme, me dit merci, on redescend ensemble, les 4 étages avec les 4 garde-corps, toujours assis sur leur chaise. J'ai tout de même pris des risques. Je rentre à mon hôtel et pense à Vian, le seul homme à m'avoir vu faire l'amour avec une africaine. Comme Raymond Roussel, je pourrais écrire un livre sur "Mes Impressions d'Afrique Je suis à Paris depuis 36 heures et déjà je vais retourner en Belgique. Il me reste la matinée du vendredi 28 juillet. Après une bonne nuit, je quitte l'hôtel de Roubaix à 8h30, en direction de La Samaritaine. Quel bijou!!!. je monte les 5 étage et atteinds le toit. Très beau panorama sur Paris, malheureusemenr un peu brumeux.






Un crochet pour dire bonjour à mon ex-maison de la Rue Mabillon n°8
Ensuite je me rends dans les locaux du Magasine Littéraire, mon journal préféré, au quarante de la rue des Saints-Pères,. je photographie la petite cour intérieure
Arrive la dame que j'ai déjà vue il y a une dizaine d'années. Je lui achète Cinq Classeurs du Magazine (40FF) pièce. Je crève de mal aux jambes et ai des ampoules aux pieds. Je redescends la rue de Seine, achète pour mon épouse, un flacon de parfum Guerlain qui me tape dans l'oeil. J'ignore encore que dans deux mois, nous nous séparerons définitivement.
Puis dans un magasin de ventes en gros de livres, Duponchelle. J'entre pour acheter un n° de l'Arc sur Henri Miller. Ah non, on ne vend pas au détail. J'insiste et vais finir par l'avoir en montant le prix (21FF). Je vais alors manger aux Halles à nouveau, termine à 12h30, vais charger la voirure et à 13h00, je prends le chemin du retour, sur lequel se trouve le Cimetière du Père Lachaise que je veux visiter. Je l'écumerai de 14.00 à 15h30. Une vraie merveille. Mais cette visite fait l'objet d'un autre article sur mon blog. Cimetière extraordinaire, qui me rappelle "Les Aliscans" à Arles, mais c'est plus fort, peut-être à cause du côté "culturel". Il faut voir les tombes de Guillaume Apollinaire, Eluard, Balzac, Nerval, Edith Piaff, Jim Morrison des Doors. Elles ne sont pas très belles. A côté de cela, il y a les caveaux de famille et puis cette nature, non pas morte mais forte. Le fait aussi que le Cimetière soit sur une butte. On grimpe, on arrive aus allées transversales. On redescend par le chemin des chèvres. Il y a des caveaux en ruine, aux barreaux arrachés, sans nom et leur matière est marquée par toute cette nature immense, presque tropicale, Angkorienne, avec des vielles dames qui babillent entre les tombes, des habituées, qui s'entraînent à la mort.
Chaleur tropicale. Je bois de l'eau à une fontaine-borne (non, pas borgne). Il faut tourner la manivelle
A 15h30 je sors et reprends la voiture. Plus de 400 Kms pour rentrer chez moi en Belgique


