1988 est une année très pénible. Je suis sur la route (200 à 300 Kms de route chaque jour) pour mes inspections bancaires de 8 heures du matin à 20h00, sans rentrer à midi. La pression pour me faire quitter ma banque où je suis un corps étranger est énorme. Je ne comprends pas comment je parviens néanmoins à réaliser tout ce que je relate dans les pages qui vont suivre, en travaillant 12 heures par jour au niveau professionnel...
Voici le Whisky que je me mets à déguster avant le repas de midi, de l'américain, du Bourbon. J'en avais goûté pour la première fois dans l'avion qui m'emmenait à New-York
en 1971
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Un documentaire sur André Blavier "Les Temps Mêlés d'André Blavier", réalisé en 1974 par Christian Bussy. André dit qu'en 1942, ne croyant plus à grand'chose, il était tombé sur un livre de Queneau. Un révélation et pour lui une remise sur ses rails. Il avait 20 ans.
J'ai terminé 79 Polaroïds (Mes aquachtoniques), dans l'Atelier.
On vient de vendre une aquarelle d'Hitler pour un million de francs belges en Angleterre (25000 Euros). Contrairement à ce que tout le monde dit sur ce peintre raté, cette aquarelle ne me paraît pas du tout inintéressante. J'imagine donc que ce terme "raté" tient au fait qu'Hitler n'a pas réussi son examen d'entrée aux Beaux-Arts de Vienne...
Que ne l'a t'on laissé devenir peintre???.
Je termine "Les Eblouissements" de Pierre Mertens, l'écrivain belge, Prix Medicis. Livre beau et dur. Avec tout le temps la présence de la mort et de la pourriture.
Rencontre à la télé de Marguerite Duras et de Jean-Luc Godard. C'est lui qui, finalement dit les choses les plus intéressantes:
"Je fais des films pour occuper mon temps.SI j'avais la force de ne rien faire, je ne ferais rien-c'est parce que je n'ai pas la force de ne m'occuper à rien, que je fais des films. Pour aucune autre raison. C'est là le plus vrai que je puisse dire de mon entreprise..."
Plus avant il appelle Sartre, le Soljenytsine d'un pays sans goulag. De Sartre il n'aime qu'un seul livre "Cahiers pour une Morale"
Godard:"Les hommes ne peuvent pas se parler entre eux. C'est pour ça qu'ils écrivent, c'est pour ça q'ils font des films" Et Duras d'embrayer "Les hommes ne peuvent pas parler d 'eux-mêmes. Les femmes le peuvent. Les hommes ne peuvent pas, donc ils se servent d'alibis, ils parlent d'autre chose pour parler d'eux-mêmes: ils parlent des femmes, ils parlent de leur travail, ils parlent d'idées.
Et Godard en conclusion: "Il me reste un sentiment d'insatisfaction de n'avoir pas pu faire de ce que je sais faire et je dirais, toi, de n'avoir pas fait un peu de ce que tu ne sais pas faire et moi pas assez de ce que je sais faire, mais bon c'est déjà ça, c'est déjà ça...."
Il est de plus en plus évident pour moi que ma relation à l'autre ne m'intéresse que si elle passe par le langage de la culture, à savoir de la forme prise par l'autre... et par moi.
Je lis "Histoire d'un crayon" de Peter Handke mais ça ne m'acroche pas.
Valé
Je lis "Fermina Marquez" de Valéry Larbaud.
On diffuse VIA MALA à la télévision d'après le roman de John Knittel, avec Mario Aldorf et Maruschka Detmers
Si je me sens perturbé c'est surtout à cause des gens qui le sont aussi, mais très mal, des gens qui boitent à côté de leurs pompes, des gens qui remplissent leurs trous avec du bruit, pas avec de la fureur.
J'achète 3 livres à savoir : Solfèges de Satie, Siloë de Paul Gadenne et Protection encombrante d'Heinrich Böll.
Je lis la 2e version du "Horla" de Maupassant
Desproges interrogé par Drucker à propos de Le Pen "Ce type-là n'est pas humain. Il y a plus d'humanité dans l'oeil d'un chien quand il remue la queue, qu'il n'y en a dans la queue de Le Pen quand il remue un oeil..."
Je lis Gadenne mort de tuberculose à 49 ans. Le héros de son livre "Siloë "s'appelle Simon. Un intello qui sort de la Sorbonne, peu avant la dernière guerre, et se retrouve dans un sana en Suisse, découvrant peu à peu, la nature, la femme et la métaphysique. Un côté Proust. Ecriture peaufinée, ciselée et plus que cela, des rapprochements brutaux et forts. Ce livre m'avait été conseillé par mon ami Eric Muller d'Arlon.(Siloë est la piscine de Jérusalem dans laquelle se baigne un aveugle-né, guéri par le Christ )
Paul GADENNE Biographie
Chassée d'Armentières par la guerre, la famille Gadenne passe un temps à Boulogne-sur-Mer avant de s'installer à Paris, où Paul fait ses études à partir de 1918. Après avoir suivi les classes d'hypokhâgne et khâgne au lycée Louis-le-Grand, où il est notamment condisciple de Thierry Maulnier, Robert Brasillach et Maurice Bardèche, Paul Gadenne obtient à la faculté des lettres de l'université de Paris la licence ès lettres et le diplôme d'études supérieures, consacré à Proust. Il occupe un premier poste de professeur en 1932 à Elbeuf en Normandie.
La tuberculose le contraint en 1933 à interrompre sa carrière d’enseignant. Il passe alors de longs mois au sanatorium de Praz-Coutant situé près de Sallanches en Haute-Savoie.
Son premier roman, Siloé (1941), est en partie autobiographique et traite de ses séjours en sanatorium et de la réflexion qu’ils lui inspirent. Puis il tente de saisir, dans La Rue profonde (1948) et L'Avenue (1949), le mystère de la création artistique à travers un personnage de poète. La rencontre, la séparation et la culpabilité, dans le contexte de la guerre et de la collaboration, sont des thèmes également très importants et récurrents dans son œuvre ; La Plage de Scheveningen (1952) en fournit une parfaite illustration. Ce livre est l’un des plus réussis de Gadenne, avec Les Hauts-Quartiers, œuvre posthume publiée seulement en 1973, et qui a grandement contribué à sa reconnaissance. Ce dernier récit est écrit dans un style proche de Siloé, même s’il en constitue une parfaite antithèse. En effet, si Siloé relate l’éveil d’une conscience à la vie, dans Les Hauts-Quartiers est décrit cette fois un lent acheminement, dans l’enfer de la ville, vers les ténèbres, et une perte de soi à laquelle l’on ne peut échapper que par la médiation de l’écriture, qui permet d’atteindre un au-delà de la littérature qui est la vie même. Gadenne a écrit des nouvelles, désormais rassemblées sous le titre de Scènes dans le château (posthume, 1986), un recueil de Poèmes posthumes, et des réflexions sur l’art d’écrire et le métier de romancier : À propos du roman.
La maladie l'emporte après une longue agonie à l'âge de 49 ans.
Sa réclusion le pousse à la réflexion puis à l’écriture. Son œuvre a un remarquable pouvoir de suggestion. Gadenne parvient en effet à créer une atmosphère lourde, tout en utilisant des moyens narratifs très simples, où s’expriment la solitude de l’Homme et la difficulté même de son existence.
A "Apostrophes" le livre de Françoise Giroud sur Alma Mahler. Son père, Schneider était peintre. Alma épouse Mahler, puis ensuite vit avec l'architecte Gropius ainsi qu'avec les peintres Gustav Klimt et Kokoshka
Terrible tempête du 22 janvier 1988. Routes coupées. Plus d'électricité, ni de chauffage, des tas d'arbres abattus, comme ici, au-dessus de chez moi, le long de la route qui mène à Saint-HubertFin janvier. J'ai toujours de l'eczema dans le visage. Une hystérie de conversion qui se maintient car Baudhuin Simon va être jugé incessamment. Baudhuin que je vais voir chez lui à Habay-la-Neuve. Nous faisons une peinture en commun, au départ d'un verre de Mirabelle que je renverse sur un papier et à qui je prête 2 tomes (le 7 et le 8) de ce journal et qui me le rendra le 1er février, avec des annotations, collées dans le journal, une dizaine de pages. Voici une de ses annotations...Il me laisse aussi l'intégralité de son dossier de Justice que j'irai photocopier à Charleroi - 79 pages...
Baudhuin est aussi allé voir l'exposition BEN à Anvers "IK BEN"
Ma mère aurait téléphoné à ma tante pour lui dire qu'elle avait placé mon père dans une maison de repos à Beaufays et qu'ils avient bu leur dernière tasse de thé ensemble????
Neige intense le 8 février
Sur la 7, un document sur Françoise GiroudOn commence à parler de notre exposition à Rossignol qui va être perturbée par les passage d'un des 4 exposants en justice, Baudhuin Simon
Un autre documentaire sur George Simenon à la RTBF
La Mort de Bernard GENGOUX et de ses parents.
En inspection bancaire à Grand Halleux ce 26 février 1988. L'agent inspecté, Monsieur Marichal, me dit :"Vous savez que Monsieur Gengoux est mort, il y a quinze jours. Il a pris des somnifères?" (Mr. Gengoux est un autre de mes agents, habitant le même village. Je connais aussi son fils, Bernard qui est un jeune peintre et que j'ai rencontré à plusieurs reprises). Je dis que je ne suis pas au courant et ajoute "Et sa femme?". Je vois le visage de l'agent qui se crispe et il me dit "Elle est morte aussi..." Quoi, quoi, je rêve !!!. Oui me dit-il, trois jours après, dans son lit ! Gêne...Je hasarde, elle s'est suicidée??? L'agent opine du bonnet. Et il me parle de Bernard et de son ami hollandais (avec lequel il était venu ici): " Il se trouvait avec lui dans la pièce du bas après la mort de son père, alors que sa mère était déjà morte dans la chambre du dessus...pendue...et Bernard n'en savait rien. Arrive sa soeur qui monte dans la chambre de sa mère et c'est l'Horreur...". La mère que je connaissais aussi avait 67 ans. Elle aurait laissé une lettre. Quant à Bernard, il ferait depuis, de nombreux séjours en clinique psychiatrique, à Lierneux
Extrait de mon journal.
Sculpture de Bernard Gengoux
Ce même jour j'ai rendez-vous avec Jean-Pierre Ransonnet (qui est de Lierneux), un autre peintre. Son père est mourant et il vient le voir à Vielsalm au Hôme Saint-Gengoux. Incroyable coïncidence. Nous mangeons ensemble à l'Aquarium à Vielsalm et je lui raconte cette horrible histoire...Le père Ransonnet va mourir peu après.
Le 30 mars, Ian Verhoeven, l'ami hollandais m'annonce qu'on a retrouvé le corps de Bernard dans la Meuse à Liège. Atroce. J'ai une longue tournée d'inspections dans la région allemande et décide de passer en fin de journée, à la Mortuaire à Grand Halleux (à Hourt, plus exactement )
Je pense à Bernard pendant le trajet. Il était homo-sexuel, je le savais. Ses parents l'ont appris et se sont tués. C'est impensable. Les bienfaits du catholicisme et de la culpabilité mal placée. Il était homo et alors??. Et alors ça fait trois morts, aussi sec. Trois morts inutiles.
Voici une des deux peintures que Bernard m'avait offertes. Elles sont accrochées dans la chambre d'amis. Bernard était doué, primitif. Je l'ai soutenu, encouragé, morigéné parfois
Je suis donc à Hourt, dans la maison, devant le cercueil de Bernard. Ses deux soeurs aînées sont présentes, effondrées. En 3 semaines, elles ont perdu leurs deux parents et leur frère. Ian Verhoeven de Maastricht me raconte dans le jardin. Ian a 39 ans, Bernard en avait 31 ou 30. On l'a vu pour la dernière fois en Gare de Vielsalm, le 5 mars. On l'a retrouvé le 28 mars dans la Meuse, sous le Pont de Wandre mais d'après les gens de la Morgue, il y était depuis 3 semaines. Il n'a rien dit à personne.
Dans sa chambre, Ian me montre de beaux dessins de lui, réalisés dans un cahier à l'Institut psychiatrique de Lierneux, ainsi que quelques peintures qui me paraissent intéressantes. Il a aussi peint les murs de sa chambre ainsi que ceux de la cave, côté jardin, à la bombe. Ian m'a donné une petite pierre de schiste que Bernard avait gravée juste avant sa disparition. Dans sa chambre sur le lit, un drap de lit non déplié et peint qu'il destinait à l'expo de l'ISELP à Bruxelles (voir plus loin).
Hier soir, veillée de prières. Aujourd'hui, jeudi, absoute. Enterrement le lundi de Pâques.
Retour en arrière, le samedi 27 février. Grande réunion à Rossignol, pour préparer notre expo à quatre.
Le lendemain je passe chez Nina Auer (de Smet) à Tony. C'est elle qui va réaliser des photos de mes oeuvres pour l'expo. Elle est photographe et ancienne danseuse-étoile à l'Opéra de Berlin. Elle préside le Photo-Club de Libramont. Elle a deux singes et 5 chiens dont 2 Rhodésiens.
Mars: Neige abondante et je roule dans des régions qui avoisinent les 600 mètres. Files interminables sur les auto-routes. Même chez moi où je ne suis qu'à 440 mètres, voici ce que cela donne dans ma rue. Le chasse-neige passe régulièrement, vous savez bien le "chasse-neige" cette machine qui sert à boucher l'entrée des maisonsA Verviers je fréquente le restaurant Barbagir, tenu pas des grecs de Thessalonique. Il y a toute une colonie grecque du côté de la rue d'Hodimont et de Dison et ils viennent tous de la même région. Madame Barbagir m'apprend que le we dernier, 4 turcs se sont noyés, en voiture dans la Vesdre à Ensival, les deux parents et leurs deux enfants
Parfois je dors chez André et Odette Blavier. Voici la vue que j'ai de ma chambre, Place du Général Jacques"Ce matin, je quitte une femme éplorée et grippée, perpétuelle martyre. Une vie ne se sauve que par la mise en forme parallèle d'une autre vie, une vie des tréfonds, la vie quotidienne inévitable et puis une autre vie, liée mais distante, les deux vies parallèles se mélangeant parfois, mais la deuxième, celle de l'intérieur, ayant toujours le dessus, ce qui implique un certain nombre de choix donc de refus et de sacrifices. Ceci présuppose qu'on ne prenne jamais en compte " les autres" pour régler et assumer sa propre vie ou son mode de vie. ON EST SEUL POUR RESOUDRE SA VIE, tout seul et les autres interviennent AILLEURS. Faut pas tout mélanger. Vient un temps où il faut cesser de se projeter sur les autres-arrêter cette poursuite infernale-en se disant, je suis cela et cela et de cela j'en fais un max et je livre SEUL, le meilleur de moi-même. Et si d'aventure, il y a des gens que ça intéresse, ce que je suis, mes déchirures, ma façon de les résoudre d'une manière non-profane, ils n'ont qu'à venir parler avec moi. Les autres, ceux qui me parlent de tout sauf de ce qui m'intéresse profondément, je n'en ai rien à foutre. Qu'ils dégagent mon territoire...."
A Verviers chez les Blavier, soirée avec Eric Ledent, Claire Gazon, Guy Lemaire, peintre et photographe et Catherine Lieutenant, editrice qui me parle de John Cowper POWYS, amoureux des mares et des poisssons (1872-1963). Mort à 91 ans.
John Cowper Powys (8 octobre 1872 - 17 juin 1963) était un écrivain, conférencier et philosophe britannique (anglo-gallois).
- John Cowper Powys naquit à Shirley, dans le Derbyshire, où son père était pasteur. Sa mère descendait du poète William Cowper, d'où son premier nom. Ses deux plus jeunes frères, Llewelyn Powys et T. F. Powys (en), devinrent aussi des écrivains de renom. Leurs autres frères et sœurs se sont également illustrés dans les arts. John étudia à Sherborne School et Corpus Christi College à Cambridge, et devint enseignant et conférencier ; en tant que conférencier, il travailla d'abord en Angleterre, puis en Europe continentale et enfin aux États-Unis d'Amérique, où il vécut de 1904 à 1934. Son œuvre y trouva un zélateur en l'auteur Theodore Dreiser. John Cowper Powys engagea un débat public avec Bertrand Russell à propos ud mariage, et avec le philosophe et historien Will Durant. Il prit la défense du roman de James Joyce, Ulysse, lors de son premier procès pour obscénité, et la féministe et anarchiste américaine Emma Goldman en parle de manière très favorable dans son autobiographie.
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Il s'est fait connaître en tant que poète et essayiste, puis se mit à écrire une série de romans remarquables pour leur recréation détaillée et intensément sensuelle du temps, des lieux et des personnages. Ils décrivent aussi des états élevés de conscience résultant d'une révélation mystique, ou de l'expérience d'un plaisir ou d'une souffrance extrême. Les plus connus de ces romans particuliers sont Les enchantements de Glastonbury (A Glastonbury Romance) et Wolf Solent. Il a aussi écrit des ouvrages de philosophie et de critique littéraire, comprenant un des premiers hommages à Dorothy Richardson. Son engagement contre la vivisection est aussi connu. De retour au Royaume Uni, il passa un bref séjour en Angleterre, puis s'installa à Corwen (en) au Pays de Galles, où il écrivit des romans historiques (dont deux situées au Pays de Galles) et des œuvres de fantasy magique. Il y demeura jusqu'à sa mort.
Les romans de Powys sont légendaires pour leur taille massive et leurs personnages innombrables. En plus de leur envergure, ses livres peuvent présenter des difficultés de par leurs références obscures à la culture et à la mythologie galloises. D'autres sources de difficulté pour le lecteur contemporain sont l'obsession de Powys pour l'occulte et une vision animiste du monde qui, entre autres choses, pourvoit des objets inanimés comme le soleil dans Les Enchantements de Glastonbury d'une âme et d'un point de vue. Le charme de ses livres n'atteint pas certains lecteurs, tandis que d'autres sont profondément touchés. C'est pourquoi ses œuvres exigeantes n'ont jamais été en vogue, mais elles ont gagné de fidèles partisans. Elles ont reçu les éloges de talents aussi divers que les écrivains Henry Miller, Robertson Davies, George Steiner et Margaret Drabble, Marc-Edouard Nabe1 ou le pianiste classique Glenn Gould. Le réalisateur John Boorman a confié avoir eu au début de sa carrière le projet d'adapter Les Enchantements de Glastonbury.
Powys fut aussi l'un des plus grands épistoliers du XXe siècle : sa correspondance soutient la comparaison avec celle de Charles Olson dans sa rapidité et son envergure intellectuelle. Un recueil de ses lettres à son ami de toute une vie et biographe Louis Wilkinson (lui-même connu pour sa relation étroite avec Aleister Crowley) fut publié de son vivant : les volumes suivants sont parus de manière posthume.
Lire aussi "Camp retranché", "Les Sables de la mer", "Givre et Sang" et "Autobiographie"
Et grâce à elle, je deviendrai un lecteur de Powys et Camp retranché deviendra le nom que je donnerai à mon territoire
Elle me parle aussi de Marc Edouard NABE "Le Bonheur"
Bô Simon sera jugé le 30 mars prochain
Je lis Flaubert dans le Magazine Littéraire
Je suis dans la région de Spa (avec Victor Hugo).
Ce 18 mars, départ pour le Lac de Genval pour la réunion annuelle des cadres d'Ippa, ma banque. Je passe d'abord chez mon cousin Pierre Vancau qui habite Céroux-Mousti, Pierre et son épouse Marcelle Dulait (nés respectivement en 1912 et 1916-Pierre est le cousin germain de mon père). Voici leur maison... A côté vit Denis Vancau, son frère, dans l'ancienne propriété de Robert Vancau et Daisy Beck
Et j'arriverai à Genval à 17h00 pour vivre un grand délire. Le nouveau Président du Conseil d'administration, un certain Van Houtte, un nain, nous fait un discours délirant, en tribune, devant un drapeau où il ne manque qu'une croix gammée, car il y a un aigle et un slogan "TOGETHER TO THE TOP". Le Dictateur de Chaplin. Grotesque. Halluciné par tant de connerie, je retourne chez moi avant le grand dîner prévu pour les cadres, au premier étage. C'en est trop
A la radio, dans ma voiture, une émisssion sur Alma Mahler,. Eve Ruggieri. Délirant. Les conditions posées par Gustav Mahler qui a 22 ans, dans une lettre, lui écrit sous peine de ne jamais la revoir: "Tu abandonnes tout, y compris ta musique et tu viens vivre dans ma musique et assume ton rôle de compagne, de camarade, d'asistante par rapport à ma création ". Alma en parle à sa mère qui lui dit "Quitte-le tout de suite". Et Alma fait le contairre. Elle capitule sans conditions, tout en écrivant dans son journal, par la suite, qu'elle n'aime pas la musique de Mahler. Ahurissant !!!
Ce 24 mars en visite chez Schouteden (Simone Huby) à St Vith. Simone crée plutôt en trois dimensions, lui, Mathieu Schouteden est peintre (ancien professeur à St Luc à LiègeDeux oeuvres de Simone HUBY dans son jardin
On a beaucoup parlé d'un certain Herberft FALKEN, le Curé-Peintre, curé de paroisse, non loin d'Aix-la-Chapelle
Simone et Mathieu, un couple, et chacun avec sa création sur le même territoire. Faut le faire....
Je dois réaliser une peinture sur un drap de lit pour une exposition de l'ISELP(L'Institut Supérieur pour l'Etude du Langage Plastique) à Bruxelles et je viens de la terminer..La voici
Christine AVENTIN, une liégeoise de 16 ans, a publié un livre"Le Coeur en Poche" sous l'égide de Madame Gallimard. Gros succès de Librairie
Christine Aventin, née le 3 août 1971 à Hermalle-sous-Argenteau (Oupeye) est une femme de lettres belge contemporaine.
Biographie
Le cœur en poche, le premier roman de Christine Aventin, écrit à l'âge de 15 ans est publié en 1988 et se vendra à plus de 100 000 exemplaires. Ensuite, elle publie le Diable peint.
Lassée de son image médiatique de « phénomène » de la littérature, elle arrête d'écrire, mais garde néanmoins un fort lien avec la littérature puisque elle termine des études en langues et littératures romanes.
Après des années de silence, elle revient à l'écriture avec Le Désir demeuré en 2001, un roman bref dont la carrière est malheureusement abrégée par la disparition de la maison d'édition Ancrages.
En 2005, paraît Portrait nu aux éditions du Cercle.
En 2006, les Éditions du Somnambule Équivoque reprennent Le Désir demeuré dans une version remaniée par l'auteur.
J'achète une guitare folk, une Gibson, à Libramont, pour 550 Euros. C'est ma première guitare" Folk"
On commence à parler d'ARNO et de son premier 33 tours "Charlatan". On en reparlera de ce chanteur
Il y a eu une conférence de Presse pour notre expo à Rossignol, à laquelle je ne suis pas allé. Je la découvre dans le journal avec une photo de mon territoire. C'est assez surprenant. Réaction de ma fille Valérie: "Et les autres exposants ne sont pas jaloux que l'on parle autant de toi et que l'on n'ait mis qu'une seule photo, celle de Moircy, alors que tu étais le seul à ne pas être à la Conférence de Presse;..???" Très bonne question...Et fin mars, j'apprends le suicide de mon ami peintre Bernard GENGOUX. Nous sommes le 30 mars
Ma belle-soeur Marie-Henriette Nassogne, part en Tunisie avec son deuxième époux tunisien Mohammed Ben Khadri
Un Apostrophes avec William BOYD et "Les Nouvelles confessions". Génial dixit Pivot
William Andrew Murray Boyd (né le 7 mars 1952 à Accra, Ghana) est un écrivain, scénariste et réalisateur britannique.
Biographie
William Boyd est né le 7 mars 1952 à Accra, Ghana. Il fait ses études à l'université de Glasgow, à l'université de Nice, au Gordonstoun School de Moray, Écosse, et à Oxford, au Jesus College. Après ses études, il enseigne la littérature à Oxford. C'est à cette époque qu'il publie son premier roman Un Anglais sous les Tropiques.
Il fut critique télé pour le magazine New Statesman, de 1981 à 1983, et il a également écrit de nombreux scénarios de téléfilms.
Il est depuis 1983 membre de la Société Royale de Littérature.
Il est marié et partage sa vie entre le Sud-Ouest de la France (Dordogne) et Londres.
En 2002, il publie avec la complicité de David Hockney une biographie imaginaire d'un artiste américain héroique Nat Tate apparenté à l'expressionnisme abstrait new-yorkais. Le nom de l'artiste est constitué de NAT (pour National Gallery) et TATE (pour Tate Gallery). La leçon inaugurale sur ce peintre fictif, (qui se voulait une plaisanterie), qu'il devait donner dans le musée avec photo, œuvre et biographie et analyse de l'œuvre a cependant été mal comprise: prise au sérieux elle provoqua un scandale qui le dépassait.
En 2003, il reçoit le Prix Jean Monnet des LITTERATURES EUROPEENNES DE COGNAC pour son ouvrage "A livre ouvert".
En 2012, la famille Fleming choisit William Boyd pour écrire la suite des aventures de James Bond.
Aux OSCARS, Bertolucci, meilleur film et meilleur réalisateur pour "Le Dernier Empereur".
Meilleur film étranger "Le Festin de Babette" du Danois Gabriel Axel d'après une nouvelle de Karen Blixen
Ce 13 avril, je reçois le journaliste Josy Barthol pour l'expo de Rossignol. Voici l'article qui paraîtra dans la Presse
Article sur mon ami Daniel SERET, autre participant à cette expoUne émission sur Arthur MILLER à Apostrophes à la mi-avrilLe 22 avril je suis l'invité d'honneur d'une expo organisée par le club Photos de Libramont, sur intervention de sa présidente, Nina de Smet. J'y présente des photos, noir et blanc, retouchées aux marqueurs de couleur, photos prises au château en ruines de Séviscourt. C'est la première fois qu'on expose un peintre au Club "Photos"En attendant l'expo de Rossignol se prépare mais un des quatre participants, Baudhuin Simon est condamné à un an de prison avec sursis partiel par le Tribunal Correctionnel d'Arlon. Baudhuin interjette appel. Il est question de l'exclure de l'exposition. Réunion du collège échevinal de Rossignol mais fausse alerte, il exposera avec nous
Nous montons l'expo, tous les quatre les 28 et 29 avril. J'expose dans une salle à part située au premier étage du Centre Culturel de Rossignol. L'expo sera inaugurée le dimanche 1er Mai. Voici quelques clichés de ma salleW-E assez fou, j'ai pris congé. De grands absents au vernissage, comme toujours. J'ai horreur des vernissages. Le lundi on se retrouve à Redu, avec les Devresse et Dominique Marx (Village du Livre), au Fournil, mon resto préféréLe dimanche 8 mai, dans le cadre de l'exposition de Rossignol, sera organisé un colloque avec un galeriste de Bruxelles, Jan de Maere (il emploie 16 personnes dans sa galerie à Bruxelles, avenue Louise, possède une galerie à Paris et à New-York, vend 800 à 900 tableaux par an. C'est l'ancien entraîneur de l'équipe belge de Water Polo...), colloque animé par un certain Joseph Simon du Journal "Le Peuple" et par Dan Seret de Durbuy, un des exposants. Colloque énervant et assommant.
François Miterrand réélu par 54% des voix contre 45 à Jacques Chirac
Retour à Rossignol pendant l'exposition. Je rencontre et discute avec la Directrice du Centre d'Art contemporain à Bruxelles, Fabienne Dumont, qui se trouve au milieu de mes oeuvres. Aussi avec André Dartevelle de la Radio Télévision belge. Je refuse de descendre diner avec lui, sa femme et Baudhuin Simon car on m'attend à Moircy. Avec Maryse Sampaix, animatrice du centre adjointe de Ninette Offergeld, je vais déraciner au pied du mur donnant sur le parc, quelques branches de lierre, que je repiquerai au pied de mon garage et qui en 2012, recouvre toute la maison. Rossignol est un lieu très connu pour son cimetière français et son Festival de Jazz en Gaume."Jazz Gaume Festival" Nous ne sommes pas loin de la frontière française
A la mi-mai on donne à la télévision le fameux film de Jean Eustache "La Maman et la Putain"Aussi un hommage à François TruffautIppa ma banque anversoise est en train de se débarrasser des inspecteurs wallons, peu à peu. Sur les 6 Inspecteurs audits nommés en 1985, il en reste deux dont moi et un certain Juquelier de Mons.
L'éditrice Catherine Lieutenant (La THALAGENE) m'écrit une longue lettre
Mercredi 25 mai, visite du nouvel immeuble IPPA à Anvers, appelé la NASA. Une horreur de bâtiment, une vraie glacière. Admirez le raffinement des couleurs. En façade une grille noire gigantesque. A la réception "Spreek Vlaams", on doit s'immobiliser, donner son nom, attendre que l'on vienne vous chercher, entrer dans un ascenseur métallique insonorisé, un vraie cercueil, une prison inhumaine à l'image des banquiers
Et le 26 mai je pars à Bruxelles pour mon exposition collective à l'ISELP. Je passe d'abord à Ippa rue de Namur, puis ave Céline, ma femme nous partons vers le Botanique, voir une exposition intitulée "L'attrait du Commencement", organisée par Max Loreau avec des peintures de Karel'Appel, d'Alechinsky, Asger Jorn (donc Cobra), de Kooning, James Brown etc.....
Voici les jardins et la serre du Botanique et ensuite la salle d'exposition
Le Botanique
Le Centre culturel de la Communauté française « Le Botanique », ou plus simplement Le Botanique, est un complexe culturel bruxellois ouvert en 1984 sur le site du Jardin botanique de Bruxelles. Il est situé rue Royale, sur la commune de Saint-Josse-ten-Noode.
Après avoir proposé une programmation variée (danse, musique, théâtre, arts plastiques), il est aujourd'hui spécialisé dans les concerts et les festivals de musique, dont le fameux Nuits Botanique, ainsi que dans les expositions d'arts plastiques et de photographie.
En plus de ses trois salles de spectacle (L'Orangerie, La Rotonde et le Witloof Bar) et de ses salles d'exposition (Le Museum et La Galerie), Le Botanique a également la possibilité d'organiser certains concert au Cirque Royal, notamment lors des Nuits Botaniques.
Une peinture de Karel Appel (Groupe Cobra): Le petit garçon
Nous sommes tout un groupe venu du Luxembourg et nous émigrons ensuite vers l'ISELP qui se trouve à côté de l'Hilton et à l'arrière, dans un grand parc. Le thème est "Le Drap de Lit". Un monde fou. Je retrouve mes amis peintres liégeois, Ransonnet, Lizène, les Vandeloise etc...Voici le couloir d'entréeavec le nom des exposants, affiché au mur
Au fond du couloir les locaux de l'Iselp. Du monde à l'apéro du soir....
derrière l'Hilton.
Nous sommes dans le Parc d'Egmont avec le Palais d'Egmont (Palais du Gouvernement belge)
Et enfin le parc avec mon drap de lit-totems accroché parmi d'autres, entre les arbres. Je parcours le parc avec Jean-Pierre RansonnetJean-Pierre Ransonnet admirant mon drap de lit. J'ai reproduit l'Etang de Moircy avec deux totems...
Et en fin de soirée nous sommes invités par Anne-marie Rona de la revue d'art contemporain "Plus ou moins Zero" à un débat sur l'art à Ixelles, dans l'imprimerie, débat animé par le critique et professeur d'art Jean-Pierre Van Thieghem et je m'empoigne avec lui, lui dit qu'il est une "Institution". Je suis soutenu par des artistes français et le débat se termine dans le brouhaha et sous les flashes des photographes; En voici une trace dans la presse. Entre Van Thiegem et moi ...Michel Berger
Juin 1988 Décès de mon Oncle Lucien Brunin, mari de la soeur de mon père, Juge à Gand. Ce couple m'a souvent hébergé à Gand et à Anseremme, me permettant de survivre et surtout de me réfugier. Je leur dois beaucoup.
Mon oncle Lucien était un cousin de Maeterlinck. Il allait avoir 84 ans. Mon oncle et ma tante ont caché pendant la guerre dans une cave à Gand sous une trappe, le fils de leur "servante" déportée. Ce garçon Nathanaël que je n'ai jamais vu à l'époque (pourtant un simple plancher nous séparait), a épousé la fille d'Isaac ShamirMon père est toujours dans son home de Sprimont et il n'est pas loin de l'échéance finale. Il mourra l'année prochaine.
A nouveau en tournée dans les Cantons de l'Est.
Bilan de Presse de l'expo de Rossignol
Le 11 juin je me retrouve à Redu à un colloque, où je retrouve Jean-Pierre Verheggen. Un colloque sur" La Lettre- l'Image"
J'y rencontre une écrivaine Québecoise, Monique Proulx, avec qui je discute longuement et qui m'offre un de ses livres "Le Sexe des Etoiles"
J'ai aggrandi le 1er bassin, en amont de mon ruisseau, celui qui déssert mon premier étang.
Nina Auer la photographe esst venue prendre des photos de mon intérieur et de mon atelier avec un "Fish Eye". C'est assez surprenant...Voici mon Hall d'entrée. Ensuite l'Atelier
A nouveau dans la région de Verviers, cette petite ville qui me fascine par sa décadence d'ancienne capitale mondiale de la laine. Dans mon journal que je transporte dans mes pérégrinations, j'écris beaucoup dans les cafés et les restaurants, j'écris ceci: "Je souris à l'instant parce que je me souviens qu'avant d'entrer dans un café, il y a une heure, j'ai eu une "touche" manifeste d'une fille sur la terrasse, une touche qui m'a fait sourire devant la fille en question, une touche qui n'a pas arrêté ma route-et dont je me souviens à l'instant, peut-être est-elle toujours sur la terrasse, mais je m'en fous. J'entends pas là que je reste toujours plus ou moins extérieur aux évènements, aux gens que je croise. Je suis pourtant profondément attiré par les femmes, mais je suis aussi misanthrope (et non misogyne) à leur égard que je le suis à l'égard des hommes. Même retenue, même réserve naturelle, même protection de mon territoire, refus de vivre des aventures dispersées, légères, provisoires, refus finalement de me laisser sucer la moëlle essentielle..."
Fin Juin. A Virton, dîner post-exposition chez mon amie Blandy Mathieu dans son atelier. Je me fais agresser par Dan Seret qui me presse d'être plus clair dans mes choix. Dan est un militant de l'art. Et je n'en ai rien à foutre des militants, en général. Ils me fatiguent. Dans quel camp suis-je???, me demande t'il. Impossible de lui faire comprendre que je vis dans un "camp retranché" (Voir le livre de Powys). Lui et Baudhuin Simon veulent dresser un bilan de l'expo, un rapport circonstancié. Ils sont chiants. Pourquoi faire un bilan, contentez-vous d'essayer de faire de l'art ou alors devenez syndicalistes.
Je tourne tout ce discours laborieux en une gigantesque rigolade en mettant une de mes pierres plates des étangs, qui ressemble à un steak, dans l'assiette de Ninette Offergeld, qui pousse un cri en se retournant pour attaquer son repas. En fait c'est une pierre, extraite de l'expo et que je lui offre. Dan Seret et Baudhuin Simon que plus personne n'écoute, s'en vont dégoûtés et nous pouvons enfin nous amuser. Fi des Témoins de Jehovah de l'art !!!!
Le 30 juin je reçois une invitation à payer une amende de 300 euros pour mon deuxième étang non-déclaré à l'Urbanisme. La journée commence bien...