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LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


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Site traduit en Allemand :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/de/index.html

 

Site traduit en Anglais :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/en/index.html


Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
  • Contact

Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 81 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
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Archives

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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Jetez un oeil dans mes LIENS sur Richard OLIVIER, BIG MEMORY, mon ami Richard, Cinéaste belge, étant sur un gigantesque projet: Filmer tous les CINEASTES BELGES, morts ou vifs. Enfin, un artiste qui s'intéresse à ses pairs !http://www.bigmemory.be

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Je suis sur les blogs pro-tibétains:

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Christian VANCAU

30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 06:25
La Place Ducale à Charleville

La Place Ducale à Charleville

En mai 1974 nos deux chattes siamoises. Mistinguett et Chélidoine, font chacune, deux jeunes siamois si bien que nous nous retrouvons avec 9 chats, 8 siamois et Figaro le Noir. C'est la maison aux yeux bleus comme le dira notre amie française, Agnès Michon (Car les maîtres des chats et Valérie ont eux aussi les yeux bleus.Ca fait donc en tout 22 yeux bleus dans la maison et c'est un spectacle hallucinant ! ) Nous parviendrons heureusement à caser les quatre petits chez des amis, quelques mois plus tard. Nos amis bourguignons les Michon reviendront d'ailleurs nous voir pour la deuxième fois, au mois de juillet.
 

Nous ferons aussi un petit périple à Charleville, chez Rimbaud (Voir la rubrique Rimbaud) et un autre à Trèves Trier-Porta Nigra-1974chez Karl Marx
Ces deux villes, française et allemande, sont à une soixantaine de kilomètres de chez nous (Libramont). Nous avons donc 3 pays étrangers proches en comptant le Grand Duché

 

Je signale que la photo ci-jointe a été prise par www.all-free-photos.com
Il s'agit de la fameuse "Porta Nigra" à Trêves. En-dessous, la non moins célèbre Place Ducale à Charleville, à l'époque de Rimbaud

 

Mais 1974 c'est aussi une rencontre étonnante avec précisément, un sosie de Rimbaud, un jeune-homme de vingt ans, Michel DP, rencontre qui va me projeter une nouvelle fois dans le monde du Théâtre. Un notaire me demande d'aller voir une dame, qui a besoin d'un prêt. J'y vais et j'apprends que son prêt est destiné à son fils mineur d'âge, pour l'aider à lancer un théâtre qui aurait son siège initial  dans la grange de leur maison à Ambly. A la signature du prêt, je rencontre ce garçon tout jeune, assez fermé et pudique, mais un contact s'établit entre nous, pour des raisons culturelles très probablement, ce Michel ayant une culture étonnante pour son âge et disons-le pour sa Province, Michel de Paepe étant un ardennais de pure souche. Le prêt est accordé et le théâtre est inauguré avec, excusez du peu, le montage dans ce grenier de l'Atelier d'Ambly, du "Van Gogh" d'Artaud ou plus exactement "Van Gogh ouMihel De Paepe-Belgique-Théâytre-Centre dramatique ardennais-Colmar-Libraire

le Suicidé de la Société"  Voici le personnage photographié 5 ans plus tard, alors que comme moi, mais deux ans après, il s'engage en politique du côté du Rassemblement Wallon. (Expérience politique aussi brève que la mienne).Ce sont les seules photos que j'aie de lui.  Il lance son atelier avec un jeune metteur en scène Etienne Collard, fils d'un juge de Neufchâteau. Après le spectacle qui est magnifique nous parlons longuement avec ces deux lascars qui ne manquent pas d'audace et m'amènent un bol d'air frais. Ce spectacle va rapidement faire son chemin. Un malheur à Montpellier, au Festival de Dieulefit, au Puy, à Rodez, et au Fourneau St Michel dans notre région, pour commencer. Le spectacle passe à la 3e chaine de l'ORTF, lors d'une émission sur Artaud, avec une interview de Michel. Une deuxième version va s'élaborer et sera jouée à Bruxelles, Grenoble, Montpellier, Aix-en-Provence et enfin en 1975 à Paris, à la Cité Universitaire (J'y serai)
 

Dans le même temps ce théâtre naissant a trouvé un lieu à sa mesure "Le Fourneau Saint-Michel", en pleine forêt de Saint-Hubert, dans une grange du Musée du Fer, à 20 Kms de chez moi. Un Festival d'Eté " Le Festival du Fourneau Saint-Michel" y sera organisé  pendant plusieurs années
Michel vient à la maison à Libramont, pour la première fois, le 29 septembre 1974. On parlera de Roger Nimier, d'Ernst Jünger, de Maeterlinck ( il me dit que Breton a copié Maeterlinck ) d'Henri Miller, du Sud de Berger, du "Fils de la Servante" de Strindberg. Intelligent et cultivé, ce De Paepe, pourquoi ne pas le citer? Il n'a pas 21 ans et il m'intrigue. Une maturité intellectuelle précoce. Il me prête "L'arrière-pays" d'Yves Bonnefoy, des écrits de Frank Venaille et un livre sur Monory. 

 

Michel est un poète, il écrit, me montre ses textes dans le plus grand secret. Il trouve que ce n'est pas bon. C'est bon mais ça sent trop Rimbaud. Il semble qu'il y ait une blessure de ce côté-là. Aussi un père découvert dans sa grange quand il a quinze ans, pendu ! Michel s'intéresse fort (déjà) à l'édition. Il collabore avec une maison d'Edition française qui s'appelle "La Fenêtre Ardente" dirigée par Gaston Puël (voir illustrations ci-dessous)

Cet été-là nous assisterons au Fourneau à la représentation, remarquablement mise en scène, de" l'Ile des Morts" de Strindberg ainsi que "Le Paria". On donnera aussi "Intérieur" de Maeterlinck

 

Nous voici donc fin 1974. Je continue à apprendre l'Espagnol et mon travail sur la Forêt s'amplifie. J'achète un télé-objectif de 400mm pour photographier les animaux de loin. Je fais des photos de forêt en noir et blanc que je colorie au feutre. Il faut dire que la photo-couleurs à cette époque est assez catastrophique, les diapos mises à part.
 

Et quand j'ai le temps je travaille pour ma banque. Si, si, mon réseau s'étoffe et on est content de moi !
 

Les gens qui disent "Je n'ai pas le temps" m'ont toujours fait rire !

 


Pour aider Michel dans son entreprise, je l'introduis auprès de quelques personnalités économiques de la région de Libramont et notamment auprès du Directeur d'ILA Fernand Lanotte et de celui de l'Oreal Belgique, Victor Billon qui se montrent tous deux favorables au projet d'un théâtre contemporain luxembourgeois. C'est ainsi que sera créé le Centre Dramatique Ardennais ou CDA. Les conservateurs du Fourneau Saint-Michel, les époux Lassence, mettent une de leurs granges à notre disposition pour notre Festival d'Eté, en pleine forêt de Saint-Hubert, dans un cadre idyllique
Fourneau St Michel-Belgique-Festivel-Centre Dramatique Ardennais-Michel De Paepe

Il y aura encore cette année-là, un séjourà Gand dans ma ville natalele située en Flandre orientale. "Ja, ik ben te Gent geboren".Gand-St Bavon-Van Cauwenberghe-Brunin

Là vivent encore la soeur de mon père, Geneviève Van Cauwenberghe et son mari Lucien Brunin, Juge et parrain de ma fille Valérie. Ils habitent un superbe hôtel particulier au centre ville près de Saint-Bavon où j'ai été baptisé. C'est au n°4 de la rue d'Angleterre (Ingelandgat). Et dans la campagne gantoise vivent leurs deux enfants, mes cousins germains, Didier, avocat maritime, à St Denis-Westrem et Régine qui va bientôt emménager à Lo Christi. La voici ma ville gothique flamboyante, avec son port, son marché aux grains et dans le fond la cathédrale Saint Bavon, où j'ai été baptisé en novembre 1937. C'est là-dedans que je suis né, rue Neuve du Casino.C'est mon grand-père André Van Cauwenberghe, gynécologue qui m'a mis au monde dans notre maison.
 

Et puis, il y avait la maison de mon oncle,

immense, un vrai musée, j'y suis allé souvent pendant et après la guerre, jouer avec mon cousin Didier qui avait quatre ans de plus que moi. Dans une de ses oubliettes vivait un petit juif, caché par mon oncle et ma tante, Nathanaël dit Nathy. Après la guerre il est allé vivre en Israël et a épousé la fille d'Isaac Shamir. Il est dans les affaires comme on dit. Je l'ai revu, lui et sa femme, à plusieurs reprises à Anseremme, la maison de campagne familiale, en bord de Meuse
 

La maison était d'un luxe inouî et remplie de poteries et tapis orientaux sans compter les paravents et meubles chinois. Mon Oncle Lucien ayant eu la chance à 18 ans d'être engagé comme secrétaite d'un diplomate qui faisait le tour du monde. Bref j'ai vécu dans un décor d'antiquaire, à dominance orientale. En outre mon oncle, qui était un cousin de Maurice Maeterlinck avait une bibliothèque colossale. Je logeais à l'étage et la maison était tellement grande et labyrinthique, qu'en me levant, je me perdais dans les couloirs, en essayant en vain de rejoindre la salle à manger, que voici d'ailleurs. Jugez du décor. Sur le mur des peintures-fresques du 18e siècle, remises à jour. Mon épouse découvrait cette magnificence qu'elle ne connaissait que par ouï-direGand-Brunin-Ingelandgat-Hôtel particulier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ensuite nous sommes allés à Laethem St Martin, le fameux village des peintres, l'ecole de Laethem, dont la grande époque collective s'est étalée de 1898 à 1913, avec deux groupes successifs représentatifs du symbolisme pour le premier (Georges Minne, Valérius De Saedeleer et Karel van de Woestijn) et un deuxième groupe à tendance expresionniste (Constant Permeke, Gustave de Smet, Fritz Van den Berghe et t'Servaes, un moine laïc dont voici la maison d'ailleursLaethem-St-Martin-La maison du peintre T'ServaesLa Lys à Laethem St MartinVoici la Lys  qui traverse le village, campagne flamande toujours plate, mais avec des "ciels" étonnants et une lumière étonnante qui est déjà celle de la Mer du Nord. Et ci-dessous d'autres maisons de peintres, beaucoup ayant été transformées en galeries, Laethem étant devenu un grand marché de l'art et puis pour fermer la marche, le celèbre restaurant "La Marmite"

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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 09:21
Bio 150 - 1974 - Les 4 Plateaux Parallèles de Libramont
Bio 150 - 1974 - Les 4 Plateaux Parallèles de Libramont
Bio 150 - 1974 - Les 4 Plateaux Parallèles de Libramont
Bio 150 - 1974 - Les 4 Plateaux Parallèles de Libramont
Bio 150 - 1974 - Les 4 Plateaux Parallèles de Libramont
SATIE Gymnopédie

A Libramont, j'entreprends un travail parallèle sur quatre plateaux rectangulaires, à savoir, premier Plateau, le Living

 

, la pièce où l'on vit, au premier étage, au-dessus de la Banque et que l'on aménage peu à peu, le problème étant que nous ne sommes pas chez nous, n'étant que sous-locataires de la Banque. On peut voir que très vite les murs se sont couverts de peintures, les miennes, celles de ma fille(sur la photo du dessous, les trois qui sont sur le pan de mur à gauche) et celles de Ransonnet, mon ami peintre et accessoirement beau-frère. Aussi une sculpture sur bois Togolaise. Nous avons également un peti poêle "Chatillon" pour nous chauffer au bois mais ce n'est pas un feu ouvert, le bois se chargeant par les côtés.

 

 

Ci à gauche à l'avant-plan, au-dessus de la baie deux pastels, les seuls que j'ai jamais réalisés, inspirés par Apollo IX"On a marché sur la lune" en 1969, et sur le mur du fond, une des deux tankas.

Le deuxième plateau est celui de l'Atelier qui se trouve dans le grenier, deux étages au-dessus de celui-ci, donc plateau totalement isolé du monde, d'autant plus qu'on ne peut y accéder que par une trappe. A côté des peintures en cours, il y a aussi dejà quelques objets ramenés de mes balades en forêt, racines, bois de Cerfs, mais aussi des tôles brûlées car à l'entrée de la forêt, il y a une déchetterie, un déversoir, où l'on brûle les crasses amenées par certains habitants et il y a de tout, y compris des sangliers se repaissant des déchets de nourriture

Aux murs on peut voir des collages en cours, arrachages de journeaux, effaçages au White Spirit, puis travail à l'huile qui finit par estomper les collages et faire de ces collages de départ, autre chose que des collages.
Une toute petite lucarne dans le toit, ce qui veut dire que je peins entièrement à la lumière
artificielle. Superficie au sol, environ 8 mètres sur 8

 

Troisème Plateau, le Jardin que voici, à gauche en 1971 et à droite en 1977.Libramont-8 Rue de Serpont-Banque-Le potager -1971-1977

Plantation, haies, potager, et une petite mare avec du plastic pour retenir l'eau, des plantes aquatiques, des grenouilles et des tritons. Dans le fond, le fameux Bowling de La Tramontane

Parallèlement à l'aménagement de ces lieux, il y a un travail photographique qui s'élabore avec des photos en noir et blanc et coloriées au feutre.

 

 

 

 

 

 

 

Le quatrième Plateau, c'est celui que je vais chercher dans la forêt quasi tous les jours, en fin de journée. Il faut, au bout de ma rue, prendre un sentier de forêt et au bout de ce sentier grimper jusqu'à une altitude de 560 mètres (en partant de 500). Là il y a une immense clairière, en fait une coupe d'épicéas, entourée de forêts et dans la clairière, il y a des sangliers, des chevreuils, des Cerfs, des Biches et des Renards et c'et cette animalité sauvage qui m'intéresse. La maquette photographiée ci-dessous représente l'ensemble du territoire exploré. Je l'ai réalisée en argile durci au liant acrylique et peint à l'huile. A nouveau une photo noir et blanc où j'ai juste colorié en jaune, la clairière et la route emprûntée pour y arriver. Tout est donc en relief et à l'échelle, d'après cartes de l'IRM et Vues aériennesVoici la même maquette en couleurs, c'est comme une peinture mais en relief et après 42 ans, ça a tenu parfaitement le coup. En fait , dans ma vie il y a toujours un travail sur le terrain où je m'implique physiquement et une autre travail sur ce travail où je prends une distance artistique. Mais tout part d'une action dans la vie quotidienne d'abord. Voici le même plateau, mais dessiné cette foisForêt de Libramont-1974-Bois Voltaite-Bernihè-Briquetterie-Thier du Mont-travail artistique de Vancau et colorié au feutre, toujours à l'échelle, avec les noms de lieux-dits, Bernihè, Thier du Mont, La Briqueterie, Bois Voltaire, Bois de la Chapelle Ricaille etc..En fait je suis aussi en train de marquer un territoire qui n'est pas le mien, pour qu'il le devienne, exactement comme un animal. Et puis voici d'autres documents marquant les itinéraires parcourus. Celui-ci dessine mon trajet entre la banque située en -dessous  à gauche et la remontée de ma rue vers la forêt, les dernières habitations se situant au niveau de la rue des Mélèzes. C'est là que je quitte le monde civilisé, enfin soi-disant tel, pour entrer dans la sauvagerie, le bruit des galops dans les futaies, les odeurs des résineux, des sphaignes, des champignons des bois, des épilobes, des Gants de Notre-Dame, des Lotiers corniculés, de la Bruyère et des Genêts. Car parallèlement je m'informe sur toutes les espèces forestières avec de petits guides Nathan et autres. Bref je bouffe la forêt pat tous les pores, puis rentré à la maison, je la retravaille à ma manière. J'essaie de compenser mon retard de citadin, mon ignorance crasse de la vraie vie
 

Et je retrouve mon enfance car il y a vraiment quelquechose d'enfantin dans ces dessins, de naïf, une fraicheur incroyable pour un homme de 37 ans, et je pense que cette fraicheur, je l'ai toujours à 78 ans, sinon je ne ferais pas ce blog.
 

Et pour terminer cette page, une carte postale de l'époque, avec le même itinéraire mais en vrai, avec ma banque, point de départ surmontée d'un cercle rouge, peut-être bien celui du film de Melville. On voit bien que Libramont est un village qui a été taillé dans la forêt. La route principale va vers Houffalize. Moircy que j'habite depuis 1979 se trouve à 10 Kms au Nord en remontant cette routeLibramont-Chevigny-1971-Rue de Serpont 

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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 09:10
Bio 149 - Année 1974 - L' Espagne

Cette année, nous avons décidé de découvrir l'Espagne et je me suis mis à l'Assimil espagnol que j'engloutirai en quelques mois. Nous partons en avril 1974 avec une première étape à COLLIOURECollioure en 1974  , dans une auberge (La Villa Basque) merveilleuse et déjà un peu "espagnole", au pied des Pyrénées. Ce qui me fascine à Collioure, c'est la mer devant et la montagne derrière. Les Pyrénées, que je vois Collioure en 1974pour la première fois. Belle soirée chaude à Collioure. Un tour en barque. Valérie est avec nous. Souper dans un resto très chaleureux. J'ai la chance de retrouver sous la banquette, une serviette dessinée par Picasso pour payer son repas, ce qui me permettra en la revendant, de payer le mien et même de racheter le restaurant. On peut rêver non???Voici notre itinéraire espagnol. Dans l'ordre Cadaquès, Barcelone, Montjuich, Saragosse, Alcala de Henares,  Madrid avec l'Escorial et la sierra Guadalajara, Segovie, Guadamur, Tolède, Valence et les Marais d'Albufera et retour par les trois côtes, La Costa del Ahazan, la Dorada et la Brava.
 

Et tout d'abord aller voir Dali à Cadaquès ou plus exactement à Port Lligat. Nous y arrivons par le chemin de la Côte entre Collioure et Cadaqhabituelle pour entrer en Espagne. Nous arrivons à Cadaquès et nous demandons où se trouve la maison de Dali. C'est tout à fait en dehors, direction Nord. On cherche et tout à coup, on aboutit au-dessus de la maison.Maison de Dali-Port Lligat-1974 C'est complètement silencieux et désert. Pas de Dali, ni de Gala, ni même d'Amanda Lear. Dommage car, me connaissant, je serais certainement arrivé à me faire inviter pour l'apéro et qui sait peut-être échanger mon Picasso contre un Dali. Non ! J'aurais eu trop peur qu'il me refile un" faux".
 

Ce voyage est relaté dans une autre rubrique de ce blog "Espagne". Quelques moments forts: GAUDI à Barcelone, un vrai choc, Johann Cruyff porté en triomphe sur " Les Ramblas" la nuit, encore à Barcelone suite à la victoire du "Barca" contre le Real de Madrid, traduisez de la Catalogne contre La Castille, Goya au Musée du Prado à Madrid, les dessins de Picasso à 17 ans au Musée Picasso de Barcelone, Tolède et son Alcazar face à notre Parador, la maison du Greco, la rencontre à Valence du psychiatre de Francis Bacon, les Marais de l'Albufera au Sud de Valence. Voici dans l'ordre, quelques traces photographiques parmi d'autres. D'abord Gaudi, la Casa Padrera, ensuite deux photos de notre Parador (Auberge d'Etat) àTolède et de l'Alcazar, vu de notre terrasse,  La Plaza Mayor à Madrid, la Sierra Guadalajara où les Madrilènes vont skier le WE et on y skiait en effet (à Pâques) et les Marais de l' Albufera au Sud de Valence, sublîmes, avec ma femme et ma fille, sublimes aussi, à contre-soleil couchant.

Sans oublier Mazan, au pied du Ventoux, au retourGaudi à Barcelone 1974

200307_Collioure_Sud.jpg

MONTSERRATMontserrat-2.jpg

La maison d'EL GRECO

Greco-1-1.jpgGaudi-Sagrada-2-1.jpg

MADRID

Madrid-3-1.jpgMadrid-2-1.jpg

L'ESCORIALEscorial-2.jpg

TOLEDE, L'Alcazar vu de notre balcon

Tolede-1.jpgTolede-4.jpgTolede 1974 El Parador Conde di Orgaz

Albufera-2-1.jpgLes Marais de la ALBUFERA et en-dessous VALENCE. Valence-2-1.jpgValence-1-1.jpg

Et au retour nous allons passer quelques jours chez une amie belge, à MAZAN, au pied du Ventoux, au Hameau des Rols, dans le Vaucluse, à nouveau !

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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 08:58
Bio 148 Année 1973 - Les Siamois - Les Dijonnais

En été 1973, les petits siamois sont omniprésents comme on peut le voir sur cette photo et la suivante. Des loustics incroyables, d'une vitalité phénomènale. Ils grimpent sur tous les meubles, organisent des poursuites infernales sous l'oeil vigilant des deux chats adultes, Mistinguett et Figaro. Il y a une ambiance du tonnerre


La photo des trois en gros plan ci-dessous, où ils sont  plus âgés permet de bien détailler les trois lascars. La femelle, Chélidoine est à gauche. Au milieu, c'est Gorgonzola que nous avons rebaptisé Congolais par la suite, car un enfant de "coloniaux" belges, qui n'avait jamais vu de Siamois s'est tourné ahuri vers Céline en lui disant: "Tu as un chat Congolais, toi ???" Et nous avons trouvé celà génial. Enfin le troisième à droite, c'est Colombo, ainsi baptisé à cause de son léger strabisme


 

Et voici la petite famille réunie
 

En juillet 1973, les étudiants "dijonnais" rencontrés à Séguret,

viendront nous rendre visite et loger à Libramont.Les voici dans notre living au-dessus de la Banque. Il y a Henri Michon de Gueugnon, à l'avant-plan sur cette photo, avec Tos, tous deux ont apporté leur guitare, Agnès Terrillon de Marcenay, qui va bientôt se marier avec Henri. Sur la photo du dessus, Tos joue de la guitare avec Henri. Il y a aussi sur la photo du dessous, Marie-Annick, et Claudine qui suit les cours de Steiner
 

Des amis d'études, tous bourguignons je pense, ils ont vingt ans et j'en ai 35. A part Henri et Agnès que nous avons revus il y a 1 an et demi, chez eux à Chateaurenard (Henri est archiviste au Palais des Papes et Agnès, professeur de français) nous ignorons ce que les autres sont devenus

C'est en 73 aussi que je vais commencer mon premier potager. En bon citadin, je n'y connais rien mais je vais m'y mettre séreusement

Enfin en Octobre 1973, Yellow-Guy Jungbluth, Photographe, qui a épousé la fille d'André Blavier,  et qui a ouvert une galerie "Yellow Now" en Rôture à Liège, organise une exposition de Jean-Pierre Ransonnet sur "Lierneux, les Liens et les Lieux" et nous irons au vernissage. C'est une étape très importante pour Jean-Pierre

 

C'est le mois suivant que le couple Ransonnet va quitter la rue des Anglais à Liège pour emménager en Hesbaye, à Fize (Crisnée) sur la route de Bruxelles

San Francisco. Maxime Le Forestier

 

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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 08:50
Bio 147 Dessin au Crayon réalisé en 1972

 

Le voici retrouvé ( Quoi l'Eternité), à l'instant dans un cahier de l'époque. Je me suis amusé à faire un frottage sur la table du salon, à l'instar de Max Ernst, en tournant ma feuille dans tous les sens de façon à souligner les veines de ma table, qui m'intéressaient le plus
 

Le format est de 22 cms sur 13

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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 08:38
Bio 146 - 1973- LesVosges-les Siamois - Le Vaucluse - Les Cors

 

ll y a d'abord un réveillon 1973 dans les Vosges (Col de La Schlucht et Le Hohneck ), retour au ski, avec un journaliste de Bertrix, Robert Leonet et sa compagne

Robert est le maître d'un Siamois de Trait ardennais,Robert Leonet, journaliste à l'Avenir de Luxembourg ( le maître pas le siamois ) avec un bureau à Bertrix, hutois d'origine, un géant assez marrant, qui voulait devenir écrivain et que nous allons fréquenter pendant quelques années. J'essaierai d'initier Céline au ski, car elle ne connait pas du tout ce sport, mais ce sera sans lendemain. Sur la photo du dessous, je me demande où j'ai bien pu mettre mes skis???Ski dans les Vosges-Janvier 1973

Dès le début 1973 dans mon atelier enfin aménagé sous la soupente de la banque, je travaille sur de grands panneaux d'agglomérés de 2m50 sur 1.25, de véritables fresques, à base de collages estompés au white spirit, puis repeints à l'huile.

Je fais aussi de quasi quotidiennes balades en forêt, cette forêt qui est au-dessus de chez nous, territoire de 800 Ha, montant jusqu'à 560 mètres d'altitude, que j'explore de fond en comble, faisant connaissance de ses habitants, sangliers, chevreuils, cerfs,   biches, gardes-chasse et forestiers pour qui je suis "l'Homme de la Banque" car ils ne comprennent absolument pas pourquoi je passe mon temps à me promener en forêt avec, pour tout fusil, un Zoom de 400mm, vissé sur mon Mamyia. Que peut-on faire en forêt en effet si on n'abat ni arbres, ni bêtes???. C'est suspect et lors de notre première rencontre, ils m'ont pris pour un braconnier et m'ont fait ouvrir mon coffre et décliner mon identité. Le 22 mars 1973, je découvre deux bois de Cerf, encore tout chauds. C'est l'époque ou sur les plateaux, les Cerfs perdent leurs bois et j'ai la chance d'arriver juste au moment ou le cerf se  débarrasse de ses bois en se frottant contre un tronc d'arbre. Il ne me voit pas et je n'ai plus qu'à les cueillir après son départ. C'est un dix cors. En général tous les gardes-chasse sont à l'affût afin d'être les premiers à ramasser ces trophées. Ils me demandent si c'est moi qui les ai découverts et je leur réponds par l'affirmative. Ils ne disent rien mais ils râlent car en plus c'est très rare de retrouver les deux cors au même endroit

Je fais aussi des plantations dans mon jardin afin de nous protéger un peu des regards, surtout lorsque nous avons des visiteurs.

Et puis grande nouvelle, Mistinguett est enceinte de Mephisto le Siamois et le 13 avril, nous voyons apparaître 3 petits siamois, une femelle et deux mâles, Chélidoine, Colombo et Gorgonzola. Nous craquons littéralement devant ces petites boules blanches et décidons de les garder. Ca nous en fait cinq, que Mer.Le Ventoux à Pâques 1973 Mais to

voici sur la photo. Frappant de voir que Figaro qui est le demi-frère des Siamois, a pris la place du Père dans le panier. Nous allons passer des mois étonnants à les voir grandir. Trois jeunes dans un living d'appartement, jouant entre eux, avec des bonds de Cabri et des traversées en flèche suivies de dérapages non contrôlés, ce n'est pas rien. Mais cette effervescence ne commencera que fin Juillet.

 

En attendant nous descendons en Provence (on vient nourir les chats et ils peuvent sortir par les chatières). Notre destination ce sera le Vaucluse, pour la première fois. Nous avons réservé dans une auberge à Vaison-la-Romaine, pendant les vacances de Pâques. Et nous allons nous taper tout le Vaucluse et également la Camargue, Arles, Nîmes, Aiguemortes et les Saintes-Maries de la Mer

Tout d'abord le Ventoux que je découvre et qui me fascine toujours 35 ans plus tard. Et un Ventoux sous la neige( après la neige des Vosges ) avec un col fermé. Et comme on peut le voir, la neige est encore présente et dans l'ensemble, il fait froid, même en plaine, mais il y a du soleil c'est l'essentiel. On peut même s'installer en terrasse au Chalet Reynard. C'est ce que font Valérie et Céline tandis que je décide de franchir "à bottes" les derniers 500 derniers mètres d'altitude, en pleine neige. Pour me retrouver à mi-hauteur entre le Chalet et l'Observatoire, et immobilisé avec de la neige  au-dessus des genoux .

et épuisé.Je ne puis plus retirer mes jambes. Alors je reste immobile pour récupérer et de loin je vois ma femme et ma fille, là tout en bas, sur la terrasse, beaucoup trop loin pour pouvoir les appeler. Et il n'y a personne aux alentours. J'ai encore fait le con et me retrouve dans la même situation que sur les hauteurs de Saint-Moritz, vingt ans plus tôt. J'ignore comment je m'en suis sorti; je suis arrivé à extirper une jambe, puis l'autre et puis je ne sais plus. J'ai retrouvé la plate-forme de l'Observatoire et donc la route qui redescendait vers le Chalet Reynard où m'attendaient ma femme et ma fille qui commencaient à s'inquiéter

Le lendemain à Seguret nous avons rencontré un groupe d'étudiants dijonnais et avons parlé avec eux en sortant de la Librairie de Boris le Peintre-Nain et ils nous ont dit qu'ils avaient fait la même escalade en marchant dans les traces d'un mec et je leur ai dit que le mec c'était moi et on est devenus amis. Nous sommes allés souper le lendemain dans leur gîte à Malaucène. La plupart étaient bourguignons et faisaient des études littéraires à L'Université de Dijon

Seguret nous a marqué. Quel village !!! Et qu'est devenu Boris le Nain??. Il peignait était cultivé et était aussi Médium. Il a pris quelques jeunes en apparté et leur a dit des choses troublantes. Il ne m'a pas invité à aller sur son divan; j'avais pourtant eu une longue conversation avec lui. Mais j'étais plus âgé et je suis blindé par rapport à ce genre de choses qui présuppose toujours un rapport dominant-dominé et moi je suis de la race des indomptables, tant dans mon enfance je me suis employé à résister pour survivre. Voici donc Seguret avec dans le fond les dentelles de Montmirail

Seguret en 1973-Le Libraire Boris le Peintre-NainJe dois avouer que j'ai une nette prèférence pour la Provence de l'Est du Rhône, à savoir le Vaucluse avec le Luberon, et les Alpes de Haute-Provence. Probablement à cause de la présence des montagnes. La provence de l'Ouest me paraît trop plate, trop sablonneuse, moins sauvage, les Alpilles mises à part et puis il y a beaucoup plus de moustiques. Ne me parlez jamais des moustiques de Camargue. Quelques années plus tard, ils m'ont fait la grosse tête, alors que j'étais juste sorti de la voiture pour ramasser une énorme caillou, tel Ulysse dans la Durance. En 5 minutes j'ai été transformé en "Elephant Man" par ces monstres gros comme le poing (j'exagère à peine)

Voici donc Valérie et les chevaux de Camargue, une première aussi en ce qui me concerne. En fait jusque-là je n'avais fait que la Côte d'Azur, de Menton à Toulon et rien d'autre de la Provence. Il y avait donc du pain sur la planche

 

Et pour terminer voici Aygues-Mortes, j'ai beaucoup aimé cette ville "forteresse" et quadrillée comme un damierAygues Mortes - 1973

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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 07:10

En août 1972, nous allons à Liège au mariage de mon ami turc d'Istanbul, officier de la marine marchande belge et nous allons passer une semaine là-bas, dans une maison très ouverte, tenue par sa compagne, devenue épouse, Marie-France, ancienne collègue de Céline, ma femme, chez Butch Couture, au Centre de Liège.

Mon ami Savac Manco(Pron.Savach Manccho)) est originaire d'Usküdar (Istanbul d'Asie). C'est un phénomène. Il a trois enfants d'une première épouse turque resté là-bas. Une fille Gondja et deux jumeaux, Oural et Altaï (deux montagnes turques). Il a aussi un fils de 10 ans environ qu'il a fabriqué avec une Bolivienne-médecin et qui vit en Bolivie avec sa mère

Voici les jeunes mariés après la cérémonie, chez eux, rue de l'Académie, notre ancien quartier, un mariage complètement délirant. qui se déroulera en soirée, principalement dans les cuisines-caves. C'est plein de jolies femmes que je vais draguer honteusement et ça va durer toute la nuit. Je prends la cuite de ma vie et me laisse mettre au lit par une allemande qui s'appelle Elisa Schubert. Et le lendemain je dois être à Libramont pour accueillir mon ami bulgare Maurice Rousseff alors que je suis dans "un état proche de l'Ohio". Voici une photo de moi en train de rocker dans la cave. J'ai toujours adoré danser le Rock. Le tout est de trouver des partenaires légères et nerveuses, ce qui est le cas ici. J'ai dansé le rock des nuits entières et celà m'arrive encore de temps en temps, mais plus des nuits entièresNous sommes revenus à Liège 48 heures plus tard pour un séjour de 4 ou 5 jours. Il y avait du monde tout le temps, des turcs, des flamands, des noirs, des arabes. Grande bouffe et picole. C'était la fête en permanence. Voici une photo d'ambiance pendant le repas de midi. De gauche à droite, Céline, Marie-France (tournée vers moi prenant les photos comme d'habitude), la tête blonde de ma fille Valérie, Elisa Schubert, Dorothée, allemande aussi et très jolie, mon ami Savac et un autre ami à lui, très sympa, aussi dans la marine, si je me souviens bien et qui ressemblait à Alain Bougrain-Dubourg

 

Bougrain-Dubourg. Voici quelques têtes de Turcs, de gauche à droite, Valérie ma fille, Elisa et moi, coiffé d'un chapeau caucasien. On s'y croirait !!!

Et puis mes deux amies allemandes, Elisa et DorothéeMarie-France, n'ayant pas d'enfants, elèvera les jumeaux, Ural et AltaÏ. Savas quittera la Marine après quelques années de navigation, et s'installera à son compte, achetant et vendant de tout, des pommes de terre aux tapis d'Orient. C'est un vrai commerçant levantin. Il s'occupera aussi des affaires de son frère Baris Manco devenu une immense star de la Musique Pop en Turquie

Enfin il se mariera encore quelques fois avec des filles très jeunes et fera d'autres bébés, dont une fille Himalaya, une autre Atlantik et puis je ne sais plus.....

 

Il y aura encore le mariage à Cambrai, de mon ami Boris Rousseff, le Bulgare, au mois de septembre. Il épouse la fille d'un médecin de Cambrai, Catherine et je suis commandité pour réaliser les photos de ce mariage très bourgeois1972 Mariage Roussef à Cambrai + Couple Vandeloise

Nous n'aurons pas fait de grands voyages en cette année 1972. Normal nous sommes encore en train de nous installer dans notre nouvelle vie ardennaise. Je forme peu à peu mon réseau d'agents et j'installe mon nouvel atelier au-dessus de la banque, mon premier atelier en fait, dans le grenier de la rue de Serpont. Néanmoins nous sommes allés deux fois à Paris et une fois à Cambrai

Je ne reverrai plus Boris car il finira par devenir le Directeur du département"Armement" des Poudrières réunies belges PRB à Bruxelles. Il n'acceptera pas ma critique, il y aura un échange de lettres sanglant et ce sera terminé. C'est la deuxième fois qu'un ami me fait le coup de devenir marchand de canon ou de poudre (aux yeux) et celà signifiera deux ruptures définitives

Boris le financier International de haute volée m'a écrit un jour et celà explique beaucoup de choses, notamment pourquoi on devient une sorte de tireur d'élite,   "Avec les femmes, le dialogue n'est possible que lorsqu'elles sont sur le dos" Une littérature des plus fines! Une vraie littérature de droite !

 

Et si Boris me lit, s'il vit toujours, il saura que je l'emmerde, lui, et tous les armateurs impuissants de l'Univers

 

S'il est mort, alors, "PAIX" à ses cendres ou plutôt à ses Poudres

 

Ah non  il n'est pas mort. Il a tort !!!Je le découvre ce mois de février 2013 sur Google

 
Allied Support Services
ASSIG
 

 

 

Boris Rousseff has had a

career in international finance and top management. He started as a financial analyst in the Budget Department of FORD Werke AG in Cologne, Germany. Next he was appointed European treasurer and international sales financing manager of JI Case in Leeds, UK and Paris

 

 

 

 ed North American and European companies in their dealing with the EU institutions. He was also appointed managing director of CERT, the Canadian European Round Table for business, the main lobbying tool of Canadian interests in the EU market.

 

 

He spent seven years (1969/1976) in a Wall Street investment bank in NY City as manager of international trading operations. His career then moved on to the Defence Industry. He first was a director of Finance of PRB, a European Defence Group with activities in Europe, the Middle and Far East and Latin America. PRB then made a joint venture with Voest Alpine of Austria, and a group of defence companies from Germany, NL, Switzerland and other European countries. They founded BELCAN of Canada with SRC, a US-Canada company specializing in Space technologies. The objective of BELCAN was to negotiate the acquisition of advanced technologies from North American industrial groups and exploit these technologies in Europe based manufacturing groups.

 

Finally returning to Europe at the inception of the EU Single Market, in 1988, he started lobbying for Japanese corporate clients. Soon after, he joined with a well known European lobbyist and founded CLAN public affairs which represent

Boris PhD in international law and holds an MBA from INSEAD in Fontainebleau.

 

 

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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 06:47
Bio 144 - 1972 Visite de David Hoffman

 

Nous allons tout de même décoller de Libramont mais avant celà, j'ai retrouvé David Hoffman. ll a quitté le Népal avec sa camionnette camping-car et va repasser par Libramont avant de s'embarquer pour San Francisco. Nous l'attendons aux environs du mois de Mai. Et en effet, un soir il téléphone de Châlon-sur-Saône. Il a été arrêté par la douane volante française, qui a découvert toutes ses marchandises indiennes et népalaises dans sa camionnette et le soupçonne de ramener de la drogue. On l'enferme donc en attendant des analyses en cours aux laboratoires de Dijon. J'ai le brigadier au téléphone et me porte garant (évidemment avocat ça fait son petit effet). Il sera donc libéré le lendemain et de toutes façons les analyses sont négatives

 

Et voici donc David avec sa camionnette-couchette-cuisine, sur le trottoir devant la banque. Celà fait cinq ans qu'on ne s'est plus vu. Il doit avoir 25 ans. Et David va rester quelque temps. Nous avons une chambre d'amis. Il me demande s'il peut entreposer le contenu de sa camionnette dans le grenier. Des tankas tibétaines, des statues, des parchemins, des instruments de musique, un vrai musée. Heureusement que je n'ai pas encore installé mon atelier. Toutes ces choses il les embarquera dans un container pour San Franciso. en Mai 1973 quand il reviendra pour la troisième fois.

 

On le voit ici dans notre living en train de jouer du Surbahar, un instrument proche du Sitar mais plus volumineux encore. Il a aussi ramené un sitar. Il a fait réaliser ces deux instruments à Calcutta (Question: où trouve t'il son argent??) et a appris à en jouer. Il m'explique donc la gamme indienne, les Râgas, un système musical complètement différent du nôtre, basé sur les Védas et permettant diverses improvisations sur un même thème. Le son est sublime, on a Ravi Shankar à la maison tous les soirs quand on va se coucher. A Libramont qui n'a jamais entendu que de l'accordeon, que j'aime aussi par ailleurs. Il va d'ailleurs nous offrir un 33 tours(photo ci-dessus) gravé à Hambourg d'une cérémonie enregistrée en Inde du Nord-Est, au Monastère de Gyuto, au cours de laquelle, pendant trois jours, 600 moines élaborent un Mandala géant qu'ils détruiront à la fin de ladite cérémonie. Le titre du Disque est CHO-GA: Tantric and ritual Music of Tibet. Pour cet enregistrement, il a obtenu une permission spéciale du Dalaï Lama avec lequel il est devenu ami. Il va nous offrir aussi deux tankas tibétaines du 18esiècle, peintures sur soie, que lui ont offertes ses amis moines. David doit rentrer à Frisco mais reviendra en fin d'année afin que nous l'emmenions à Paris pour qu'il puisse faire libérer via l'Ambassade des Etats-Unis, des pièces qui sont encore retenues à Dijon par la douane. Et donc nous allons lui faire découvrir cette ville qu'il n'a jamais vue. Nous nous installons dans l'appartement de Maurice Rousseff, le Belgo-Bulgare, rue de Courty, face au Pont de la Concorde et à l'entrée du Quai Anatole France.

Voici David, un américain à Paris, sur le Pont AlexandreTrois.

En réalité je lui ai prêté des vêtements et des souliers à moi, pour aller à l'ambassade car lui parcourt le monde en T-Shirt et en short, point barre. A son retour, nous nous apercevons qu'il a une chaussure brune et une autre noire (j'avais pris deux paires probablement et il s'était habillé dans l'obscurité). Je regarde ses pieds en les pointant du doigt, il regarde à son tour et nous éclatons de rire en même temps car tout de même pour grimper les escaliers de marbre de l'Ambassade des USA, Place de la Concorde, déjà qu'il est fagotté comme un épouvantail avec mes vêtements beaucoup trop grands pour lui

Séjour épique. Il veut voir les "Tchamps Telessi-ies", il me faut tout un temps pour comprendre qu'il s'agit des "Champs Elysées". Nous l'emmenons aussi à la Rétrospective Magritte et il se montre passionné par cette démarche. Après tout c'est un Européen, coupé de sa culture d'origine et qui comme tout américain d'Europe, cherche à retrouver ses racines.

Nous irons aussi au Musée Victor Hugo, Place des Vosges, car ce Victor commence à me passionner, pas seulement par son écriture mais aussi par sa peinture. En effet mes éducateurs jésuites se sont contentés de me faire connaître le Hugo de "Waterloo, Waterloo, morne plaine" et de "Mon père ce heros au sourire si doux" à savoir la partie la moins intéressante de ce personnage aux multiples facettes. Quand on est censé avoir fait de bonnes études, il faut savoir qu'il va falloir tout recommencer par après. Le drame est que ce genre d'enseignement qui devrait vous ouvrir, au contraire vous occulte

Un séjour inoubliable et pour lui une découverte immense Et voici donc la Place des Vosges, photographiée de l'intérieur du Musée Victor Hugo

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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 09:02
Bio 143 1972 - Libramont (suite)-Début de mon Journal
Bio 143 1972 - Libramont (suite)-Début de mon Journal
Bio 143 1972 - Libramont (suite)-Début de mon Journal

 

Nous allons donc aborder l'année 1972 à Libramont. J'ai terminé ma psychanalyse. Mon départ de Liège posait évidemment un problème mais mon psy m'a rassuré et m'a dit qu'après 5 ans et demi, j'avais fourbi mes armes et que j'étais désormais capable de me battre seul. Car une psychanalyse n'est jamais complètement terminée. On descend dans ses propres caves et dans celles de ses ascendants et puis il faut remonter. Une psychanalyse n'efface pas le passé, elle ne peut tout effacer. Mais elle donne des armes pour rendre ce passé constructif et nous rend aptes dès lors à affronter le présent et le futur. Néanmoins la lutte continue tous les jours.

Et puis, fait très important, la psychanalyse déculpabilise et donc nous libère peu à peu. Mais avant celà, on en prend plein la gueule, car il faut déconstruire avant de reconstruire et ça c'est une autre histoire. Enfin la psychanalyse élargit notre univers et nous donne une toute autre compréhension des choses et des gens. Un psychanalysé est une sorte d'Initié et dès lors est très souvent isolé des autres car son regard semble particulier, étonne, secoue, réveille, choque son entourage.

Et bien sûr, parallèlement j'ai beaucoup bouquiné, Freud, Adler, Ferenczi, Wilhelm Reich, l'Anti-Psychiatrie (Le Voyage à travers la folie de Mary Barnes) et surtout Jung dont j'achèterai et lirai quasi tout l'oeuvre. Tout ceci en aprofondissant aussi les religions orientales à travers des textes sacrés indiens et tibétains tels que le Bardo Thödol, les Védas et la lecture de Ramakrishna et de Krishnamurti. J'ai eu un moment la tentation de devenir psychanalyste, de m'inscrire dans une association, de faire une psychanalyse didactique. Les portes étaient ouvertes via mon psychanalyste. Mais j'ai renoncé. Je n'aurais pas eu la patience d'écouter les problématiques des gens, à longueur de journée

 

J'ai ausi commencé à m'initier à la Musique contemporaine et avant-gardiste, à savoir Boulez, Pierre Henry, Stockausen, Xenakis, Thomas Sherchen, Berio, Nono, Globokar et bien d'autres. Il m'a fallu pour celà comprendre la révolution opérée en début de siècle avec le Dodécaphonisme et et la musique sérielle qui en a découlé. Et pour comprendre celà, remonter à Debussy et Messiaen, mais aussi à l'Ecole de Vienne avec Berg, Schoenberg et Webern, sans oublier Bartok. Très long travail qui va me prendre des années.

Aux alentours de la guerre 14, il y a eu une déconstruction de la musique, le dodécaphonisme, comme il y  a eu une déconstruction de la peinture avec le cubisme. Dans les deux cas, une mutation complète et sans précédent de notre système éthique et esthétique. Avec le carnage des tranchées, tout a été mis sens dessus dessous et on ne peut pas plus ignorer ce fait qu'ignorer les charniers des tranchées ou le Génocide des années 43-45. La culture comme la psychanalyse, ça doit se retravailler tout le temps, sinon ce n'est pas la peine. On ne se cuiltive pas sans se mettre en danger, to jeopardize comme disent les américains. Le chemin vers la connaissance  ne se fait pas sans prise de risques.

La vraie culture n'a rien de confortable, ni de "joli". D'autres éléments sont intervenus dès le troisième quart du 19esiècle, telle que l'apparition de la photographie qui a changé la fonction de la peinture, l'amenant à s'occuper d'autre chose que de reproduire la réalité ce que la photo commençait peu à peu, à faire beaucoup mieux qu'elle.

 

Je suis aussi à la recherche de mon ami californien David Hoffman, qui a disparu dans l'Himalaya, très exactement dans le Mustang, où il est parti seul avec un Sherpa pour un 'trek" de quatre mois. J'écris à son père à Frisco. Il me dit qu'on a retrouvé David. Il est à  New Delhy et va aller à Bombay, en voiture. Je peux lui écrire au Consulat américain à Bombay

C'est à ce moment que je vais me blesser à l'oeil avec une pointe de roseau (un jonc épars). Cette lésion va provoquer un ulcère de Mouren me dit l'ophtalmologue Duby de Libramont. C'est grave mais cet ophtalmo me sauvera mon oeil en trois semaines de traitement. Je l'ai échappé belle

 

Et enfin j'ai commencé un embryon de journal, disons des notes dans un cahier, dès mon arrivée à Libramont et elles vont me servire d'aide-mémoire. Ces notes vont s'amplifier dès 1975 et je réaliserai 4 cahiers entre 1975 et 1980.(970 pages). Mais ce n'est qu'en fin 1980 que commencera mon véritable journal, celui qui compte à ce jour, 55.176 pages ,(en août 2016), soit un total de 56.146 pages et 188 volumes bourrés de documents

Voici donc un extrait de ce premier journal datant de 1972 et relatant mes premières impressions à Libramont et dans la Province :

 

"Mort vénusienne. Forêts mortes et noires. L'épicéa pue la mort. Tout est plat, froid. Je hais les plateaux quand ils ne sont pas entourés de montagnes.

Le pays est plat, les gens aussi. Le bois c'est ce qui sert à être scié. Des forêts entières d'épicéas, c'est plus rapidement rentable. Que celà pompe le sol et le rende acide et dépourvu de toute vie, c'est sans importance

La poésie du paysan est un mythe inventé par les citadins. La verdure est clôturée, les animaux sont parqués avant d'être massacrés. Des chasseurs en Mercédès et en Lodens verts viennent abattre  et récolter leur trophée, leur "massacre" (appellation de la ramure du Cerf après sa mort???). Tireurs d'élite qui abattent d'une seule balle et à un mètre de distance, un sanglier nourri qui vient à leur rencontre. Ensuite libations dans le sang et conversations sexuelles des plus vulgaires. une sacrée image de la femme, de la Biche étendue sur la table et que l'on découpe

 

Médiocrité des gens. Vie insipide. Matérialisme sordide des professions libérales. Manque total d'imagination. Du fric à ne savoir qu'en faire. Réceptions, toilettes à gogo, Service-Clubs, Ladies Nights, Remises de Chartes

 

L'Avenir du Luxembourg, le journal du Passé. Bals, Ateliers protégés (les bonnes oeuvres), Chasses, Défilés militaires. Remises de décorations-Jubilaires peu jubilants. Les vieilles pierres, surtout les romaines, la Famille Royale

nte, des professeurs (deux écoles totalisant plus de 2000 élèves) et des médecins (Il y a une Clinique). Nous ne sommes donc plus dans un village mais je préciserai que les produits d'importation ne sont pas plus évolués que les autochtones

Libramont c'est une contrée africaine avec beaucoup de colons. Il ne doit pas rester un tiers d'originaires de la région, à l'heure actuelle. Libramont est devenu un immense parc commercial, rural et forestier avec notamment sa Foire Agricole qui attire de 2 à 300.000 personnes à la fin Juillet. Et sa situation géographique au Centre de la Province fait de Libramont, un immense carrefou et une cité prospère

La Culture: Les peintres paysagistes, un peu de Bach, de Chopin et de Mozart, Le Juillet Musical, Le concours Reine Elisabeth, Le Théâtre National, les Chorales et j'oubliais la Messe. Dans ce pays, même la culture est morte. La moindre peinture non-figurative suscite l'inévitable "Et qu'est-ce que ça représente" ou encore "un enfant pourrait le faire..."ici seul le savoir-faire compte, nullement l'imagination, mise définitivement dans les  tiroirs

 

Traditionnalisme étouffant. Empreinte catholicolletmontée. Messe du Dimanche, Bénédiction de la maison par le Curé (nous avons refusé), réincarnation du Sorcier du village

 

Province complètement déconnectée par rapport à l'époque que nous vivons. Bocal de verdure morte "débranchée". On vit en dehors et en arrière; Je suis pour "L'homme des Bois"mais à condition qu'il ait choisi de l'être et qu'il respecte nature et animaux

 

Esprit de clocher accusé. enracinement vigoureux empêchant toute mobilité d'esprit, la vision du monde s'arrêtant à la limite de la Commune ou de la Province"

 

Relativement classique et naturel pour une région rurale et forestière. On trouve le même phénomène en France et partout. Notons néanmoins que Libramont au début des années septante est en pleine évolution et accueille une population étrangère(Bruxelloise, Liégeoise, Namuroise) de plus en plus importante

 

A signaler encore en décembre 1971, ma fille Valérie remporte encore un concours de dessin à Virton-Saint-Mard, petite ville de la Gaume, située à 50 Kms au Sud de Libramont et nous allons chercher son prix avec elle et faisons connaissance avec le Comité des Jeunes de Saint-Mard, très sympa et passons la soirée avec eux. Nous réalisons  que nous aurions nettement préféré habiter de ce côté ou les gens sont bien plus chaleureux et drôles. On est à deux pas de la France et on retrouve en Gaume, le même style direct et fêtard que celui vécu à Liège. A Libramont personne ne nous a encore adressé la parole tandis qu'ici, on est tout de suite adoptés. Voici le dessin de Valérie, exposé à Virton, très marqué par l'aventure New-Yorkaise. Derrière les gratte-ciels, on aperçoit l'East River et les arbres de Central Park

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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 08:00
Bio 142 Dans l'Ecriture de ma Mère.....

Voici une ANALYSE GRAPHOLOGIQUE de l'écriture de ma mère, par une personne qui ne la connaissait en aucune façon. C'est redoutable de vérité, je veux dire que celà la décrit très exactement, à se demander comment c'est possible. Cette  analyse me semble importante à ce moment de ma biographie. Quand on est élévé sans père, avec une soeur enfermée, par une mère aussi "grave", il faut s'accrocher. Je n'ai aucune rancoeur. Ma mère était la préférée de son père qui n'aimait que les filles. Et revoilà Oedipe une fois de plus et celà d'autant plus que mon grand-père et ses 200 cms de hauteur, était un géant mythique. Un Oedipe que j'ai dû encaisser seul pendant toute mon enfance. Ce n'est pas moi qu'elle a fait enfermer, c'est ma soeur, car ma mère n'aimait que les garçons comme son père n'aimait que les filles.

 

Et moi qui ai eu la chance de survivre à tout celà, je me dois de chercher la ou les vérités car tout le monde a menti ou s'est menti à soi-même dans cette histoire, pour préserver le secret des familles et leur soi-disant honorabilté. Je subis actuellement des pressions visant à me faire supprimer certains passages de ma biographie. Qu'il soit bien clair que personne ne m'amènera à censurer quoi que ce

soit. Donc en 1972, je n'ai plus de contacts avec mes parents en dehors de l'une ou autre lettre assassine de ma mère qui n'a toujours pas renoncé à son projet "d'avoir ma peau" la pauvre, que voulez-vous, elle n'a rien d'autre à faire. Si, bien sûr, elle s'occupe de mon frère Marc, autiste et handicapé physique, que mes parents, curieusement n'ont pas placé et qui a, maintenant, 22 ans. Marc, énorme gaillard qui lors d'un goûter à la maison auquel j'avais consenti exceptionnellement et avec des pieds de plomb, avait mis ses grandes mains autour du cou de Valérie et avait commencé à serrer. C'est très fort un autiste mais moi je vous garantis que je les ai vite désserrées ses grandes pattes. Il était jaloux le pauvre grand dadais, si gentil par ailleurs.

Alors vous comprendrez peut-être pourquoi j'avais arrêté ces goûters à la con, les goûters de bourgeois. Les bourgeois, je ne sais pas si vous avez remarqué, ça n'arrête pas de goûter, que c'est à vous en dégoûter, "encore une tasse de thé et un petit four dans le cornet"

Et puis avant mon départ, j'avais accepté d'essayer de dialoguer avec mon père et on s'est vu quelquefois dans un café à Cointe sur les hauteurs de Liège. Et j'ai essayé de lui raconter la façon dont moi j'avais vécu mon enfance et donc que ma mère avait une lourde responsabilité. J'ai vite compris que ma mère était une sainte, intouchable, que je devais me réconcilier avec elle, et en outre j'ai très vite compris qu'il avait rapporté mes propos à ma mère. Il a raté ce jour-là toute chance d'établir un rapport avec un fils adulte, qui, lui, se tapait une psychanalyse, qui était devenu lucide et qui se retrouvait une fois de plus devant un père démissonnaire, incapable de s'assumer face à sa femme (et donc face à son fils), une véritable ogresse devant l'éternel. Il a trahi notre tentative de dialogue. Enorme connerie mais cet homme avait un tel problème face à la femme (à savoir sa propre mère) qu'il ne pouvait pas devenir autre.

Les hommes et leur mère c'est, et celà reste, effarant. Beaucoup de mères engendrent et empêchent leurs  fils (et parfois leurs filles), de devenir adultes, ce que, elles-mêmes ne sont pas arrivées à faire non plus d'ailleurs. C'est un des grands mystères de cette civilisation déconnante qu'est la nôtre. Les familles sont des assemblées de gens qui ne parviennent pas à couper leurs cordons ombilicaux et qui n'arrêtent pas de se réunir pour se rassurer (ah les anniversaires, ah la Noël, ah les Cloches, ah la Toussaint, ah la Saint-Nicolas, ah les petits enfants et on n'en finit plus, mais derrière toutes ces singeries, que de haines mal refoulées ) et c'est pour celà que j'adhère totalement à la définition du petit dictionnaire de Louis Calaferte, oui c'est un écrivain français qu'il est plus que temps de découvrir:

Familles = Associations d'étrangleurs

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