Historique
La présence d'hommes sur les bords de la Seine est attestée dès le néolithique, notamment par la
découverte de restes d'embarcations et autres objets dans des fouilles à Bercy dans les années 19904.
Le pilier des
Nautes, conservé au Musée national du Moyen Âge des
Thermes de Cluny à Paris, nous rappelle que la navigation sur la Seine était déjà intensive aux premières années de la conquête
romaine.
C'est de cette même époque que date vraisemblablement le premier pont de Paris, le Petit-Pont, construit à l'un des endroits où la Seine est la plus étroite, et maintes fois démoli et reconstruit au même
emplacemen.
A une époque plus froide qu'aujourd'hui, il arrivait assez fréquemment que la Seine charrie des
glaçons, voire soit prise par les glaces. La première mention avérée de gel de la Seine à Paris date de l'hiver 291-292
La Seine a, dès le milieu du IXe siècle,
favorisé les invasions normandes. En mars 845, par exemple,
les Normands qui ont remonté la Seine depuis son embouchure, arrivent à Paris qu'ils pillent. Ils ne se retirent que contre une rançon de 7 000 livres d'argent. D'autres assauts suivront pendant
un demi-siècle environ.
En 1170 la corporation des « marchands de l'eau » reçoit du roi Louis VII le monopole du
commerce sur la Seine. Sur leur sceau figure la nef qui se trouve encore dans les armoiries de la ville de Paris.
Vieilles photos de la Seine, de ses quais, de ses
ponts
h
Le 9 août 1803, expérimentation du
bateau à vapeur de Robert Fulton sur la Seine.
Les premiers bateaux-lavoirs furent
ancrés en Seine en 1851, et atteignirent rapidement la centaine. L'arrivée de l'eau courante dans les immeubles parisiens entraîna
leur disparition progressive jusqu'en 1937.
Lors de la guerre de 1870, les Parisiens, assiégés par les Prussiens et sans communication avec
l'extérieur, tentèrent de recevoir du courrier enfermé dans des boules métalliques, dites « boules de Moulins » mises à l'eau en amont de la capitale. Aucune ne fut cependant recueillie
dans Paris même.
La ligne 4 du
métro fut la première à traverser la Seine en souterrain, en 1908.
Îles de la
Seine
La Seine à Paris ne comporte aujourd'hui que deux véritables îles : l'île de la Cité et l'île Saint-Louis.
L'île de
la Cité ne prit sa physionomie actuelle qu'au début du XVIIe siècle, lors de la construction du pont Neuf, à l'occasion de laquelle furent rattachés à l'île principale les îlots aux Juifs et des
Vaches.
L'île
Saint-Louis s'appelait à l'origine Notre-Dame quand elle fut coupée en deux par un canal, au milieu du XIVe siècle. De
ce fait, l'îlot amont prit le nom d'île aux Vaches et l'îlot aval garda le nom d'île Notre-Dame. Les deux îles ne retrouvèrent leur unité que dans les premières années du
XVIIe siècle, et devinrent alors un nouveau quartier résidentiel. Le nom de Saint-Louis lui fut donné en 1725, remplacé par
celui de Fraternité pendant la Révolution.
L'île
Louviers, à l'origine des Javiaulx, était située entre le boulevard Morland et le quai Henri-IV. Elle fut rattachée à la rive droite en 1843.
L'île Maquerelle se trouvait entre la rue de l'Université et la Seine actuelle. Constituée à l'origine de petits îlots (des Treilles, aux Vaches et de Longchamp), elle fut
rattachée à la rive gauche sous le premier Empire. Proche de là se trouvait également l'île
Merdeuse.
L'Île aux Cygnes n'est en réalité qu'une digue créée en 1825 au moment de la construction du pont de Grenelle12,13
Boire l'eau de la Seine
Les Parisiens ont bu de l'eau de Seine de tout temps, mais dès l'époque romaine des eaux de source
de meilleure qualité furent amenées à Paris. On notera cependant en 1605 l'installation d'une pompe sur le Pont-Neuf, dite de la Samaritaine, qui fonctionnera jusqu'en 1813. De même,
celle du pont Notre-Dame fonctionna de 1673 à 1858. Les porteurs d'eau, corporation mentionnée dès 1292, apportaient à domicile l'eau puisée dans la Seine ou prise aux fontaines
publiques, et ne disparurent qu'à la fin du XIXe.
Aujourd'hui, la Seine à Paris ne fournit plus à proprement parler d'eau potable aux Parisiens,
puisque les eaux de surface utilisées proviennent d'Evry et Orly, loin en amont.
Crues
Les crues de la Seine font partie intégrante de l'histoire de
Paris.
Il semble bien que la première mention d’une crue soit celle de l’empereur romain Julien durant l’hiver 358-359.
Le chroniqueur Grégoire de Tours a relaté ensuite celle de 582.
Les crues ont souvent été fatales aux ponts de Paris. Ainsi, en 1280, une crue du fleuve emporte le
Grand-Pont. En décembre 1296, une nouvelle crue d'une ampleur exceptionnelle emporte tous les ponts de Paris (qui à
l'époque supportaient des habitations).
Quant à la crue la plus importante de l’histoire parisienne, connue avec une certitude suffisante,
c'est celle de 1658.
Mais la crue historique la plus présente encore dans la mémoire des Parisiens est celle de 1910 qui dura 9 jours, du 20 au 28 janvier 1910. Le 21 janvier, elle pouvait atteindre à certains
endroits près de 9,50 m. De nombreuses cartes postales en ont montré les ravages, tels les abords de la gare Saint-Lazare entièrement sous les eaux.
RETOUR SUR LA CRUE DE 1910
En janvier 1910, Paris connait pendant 8 jours une montée des eaux exceptionnelle atteignant une
hauteur d’eau de 8,62 mètres à la station de Paris-Austerlitz, soit pratiquement 8 mètres de plus que le niveau habituel.
Cette crue, dite centennale*, est le résultat de plusieurs épisodes successifs de fortes
pluviosités sur un sol saturé. Près de vingt mille immeubles sont inondés dans la capitale et trente mille maisons sont sinistrées en banlieue. Partie des quais, l'eau gagne les caves, sature les
égouts, inonde les grands chantiers du métro et envahie de nombreux quartiers de l’Est parisien. L'inondation fera un mort et paralysera Paris pendant deux mois. Les dégâts seront évalués à 1,6
milliard d’euros (en valeur actuelle).
Ci-dessus à la Gare St Lazare
Baignade
La mode des bains dans la Seine apparut au milieu du XVIIe siècle, et ce dans le plus simple appareil. Les femmes se baignaient de leur côté plus ou moins masquées par de grandes toiles tendues. La fin du siècle vit
l'interdiction de ces bains sans vêtement.
Des bateaux appropriés aux bains froids dans la Seine apparurent à la fin du XVIIe, rapidement séparés pour les hommes et les femmes. Ils furent suivis de bateaux appropriés aux bains chauds, eux-mêmes suivis puis supplantés par les
bains-douches terrestres, que l'on connait encore aujourd'hui.
Il y a encore soixante ans, on pouvait se baigner dans la Seine. Toutefois, la baignade est
interdite depuis 1923 Le 28 novembre 1988, le maire de Paris, Jacques Chirac, avait proposé de lancer une opération de dépollution de la Seine et promit d'être le premier à pouvoir s'y baigner en 1994, ce qu'il n'a encore pu réaliser à ce jour (2012).
La célèbre piscine Deligny, installée à proximité du pont de la Concorde depuis 1801, ayant coulé en 1993, la ville de
Paris a mis en service en 2006 la piscine flottante Joséphine-Baker aux pieds de la
Bibliothèque nationale de France, dans le 13e arrondissement.
La piscine Deligny, ou bains Deligny, était une piscine flottante, sur la Seine, dans Paris, amarrée sur la rive gauche (quai Anatole-France, dans le 7e arrondissement), qui coula le 8 juillet 1993.
Cet établissement de bains, qui regroupait un solarium, une piscine et un bar-restaurant, était aménagé sur 12 barges à proximité de l'Assemblée nationale. Son
histoire commence en 1785, quand les premiers bains
sur pilotis furent installés. En 1801 fut créée une école de natation par le maître-nageur Deligny à l'emplacement actuel de la
piscine. À l'hiver 1840, le bateau Cénotaphe, construit pour aller recueillir les cendres de Napoléon à
Sainte-Hélène, a été utilisé pour la rénovation des bains.
À partir des années 1970, le solarium supérieur de la piscine fut un haut lieu d'exposition des
seins nus à Paris. Le député Emmanuel Hamel a écrit une lettre de protestation au ministère de l'Intérieur en août 1973, en raison de la proximité de la piscine avec l'Assemblée nationale ; elle ne fut pas suivie d'effet, mais le directeur de la piscine réserva un secteur du solarium pour les adeptes
du monokini, dont l'entrée était interdite aux enfants
Économie
La traversée de Paris par la Seine en fait un atout économique. Dans ce but, on a également créé
des canaux comme le canal Saint-Denis.
Bords de Seine
Une échoppe de bouquiniste parisien
Deux-cent-quarante
bouquinistes sont installés sur les quais de la Seine, rive droite comme rive gauche, depuis
le XVIIe siècle avec des fortunes diverses selon les époques.
Sur les bords de Seine, se trouvent de nombreuses promenades, ainsi que, sur certaines portions
aussi bien de la rive droite que de la rive gauche, une voie rapide pour véhicules automobiles.
Le dimanche, ces « voies
sur berges » sont fermées aux véhicules et réservées aux piétons, vélos et rollers.
Depuis l'été 2002, pendant un peu plus d'un mois chaque année, l'opération Paris-Plage accueille diverses animations au milieu
des plages de sable et d'arbres en pot.
Paris
Plages est une opération estivale menée par la mairie de Paris
depuis 2002. Chaque année, entre juillet et la mi-août, sur 3,5 km, la voie sur berge rive droite de la Seine et la place de
l'Hôtel-de-Ville ainsi que des sites annexes — comme le bassin de la Villette depuis 2007 —
accueillent des activités ludiques et sportives, des plages de sable
et d'herbe, des palmiers… La circulation automobile est interrompue sur cette portion de la voie rapide
Georges-Pompidou pendant la durée de l'opération, de son installation à son démontage.
La ville française pionnière de ce genre d'opération a été Saint-Quentin (Aisne)
dès 1996. Les difficultés sociales d'une partie des 60 000 habitants ont incité la municipalité à transformer la place de l'Hôtel
de ville en plage avec sable, jeux et bassins. L'opération se poursuit chaque année depuis lors. Cependant, depuis 2002 et l'exemple médiatisé de Paris, de nombreuses villes françaises et
capitales étrangères ont repris cette idée, comme Berlin,
Bruxelles, Budapest, Prague ou Metz.
A l'automne 2012, la voie rive droite a été réaménagée pour rendre le bord d'eau accessible aux
piétons. Elle reste par contre interdite aux cyclistes.
Depuis le printemps 2013, la voie basse de la rive gauche (du Musée d'Orsay au pont de l'Alma) a
été réaménagée en zone piétonne équipée d'installations diverses (bancs, tables de jeu, restaurants, jardins flottants.
Transports sur la Seine
Transport public sur la Seine avant 1910 : une navette des Bateaux
Parisiens
-
Le transport des passagers sur la Seine a été organisé dès 1886, lors de la création de la
Compagnie générale des bateaux parisiens, dont la ligne allait de Charenton à Auteuil-Point-du-Jour, avec embarcadères intermédiaires aux ponts National, de Tolbiac et d'Austerlitz.
Cette compagnie disparut en 193424.
-
1er mai 1989[réf. nécessaire] : inauguration du
service de Batobus entre la Tour Eiffel et le
Jardin des Plantes25.
-
Péniches, qui sont
également le lieu de résidence de certains Parisiens
-
Bateau-omnibus (« Bateaux Mouches » est une marque déposée)
-
Voguéo (service fluvial
pour voyageurs à partir de 2008)