Dans cette même période 1965-1966, je commence, avec Céline, à fréquenter de plus en plus, les galeries de peinture liégeoises. Je me suis toujours intéressé à la peinture mais jé réalise que j'ai un trou énorme à combler, mes connaissances s'arrêtant pour ainsi dire au cubisme. A Liège il y a l'A.PI.A.W, soit "L'association belge pour le Progrès artistique de la Wallonie" dirigée par le Professeur Florkin qui habite à deux pas de chez nous, rue Xhovemont . La salle d'expsition (Oeuvres contemporaines) se situe face à l'Université, Place du XX Août, à côté du théâtre de l'Emulation. Et peu à peu, nous allons nous lier d'amitié avec un groupe de peintres de la région à savoir: Leopold Plomteux, Armand Silvestre, Josée Picon et puis le couple Vandeloise car ce sont ces quelques gens-là que nous retrouvons à tous les vernissages et notamment à la Galerie du Croissant d'Or (la famille Nys), rue Sur-la-Fontaine. Comité ultra-restreint, les vernissages sont des déserts. Moi je suis un jeune banquier qui s'intéresse à la peinture, un des seuls, en dehors des peintres eux-mêmes. J'irai jusqu'à acheter un Plomteux que je paierai à tempérament. En effet je l'achète 8000 francs belges et j'en gagne 15.000 avec une femme et un enfant à charge. Seuls quelques médecins, avocats et dentistes achètent à Liège , à cette époque et 
encore c'est très rare. Nous nous lierons tout particulièrement avec les Vandeloise qui habitent alors au Mont-Saint-Martin. J'apprendrai même à conduire à Juliette, car Guy, grand angoissé renoncera très vite
A la même époque j'avais appris à conduire à Céline (comme je lui avais appris à nager) sur la Coccinelle du Crédit Foncier. On a fait quelques heures de terrains vagues et de chemins de campagne et j'ai fini par la propulser dans le circuit agité de la Place Saint-Lambert, un circuit de dingues et elle s'en est très bien tirée
Et puis notre fille Valérie grandi. La voici à près de trois ans, toujours à la Merdu Nord. Les cheveux poussent. C'est une vraie petit crevette coquette, et longiligne comme ses

parents. Donc me voici banquier, psychanalysé et moniteur d'auto-école. Peintre, je ne le suis pas encore. je ne suis qu'un amateur éclairé et pour l'instant celà me suffit. Je visite les ateliers de mes amis, passe des soirées avec eux, à discuter de peinture, de littérature et de musique.
Je me souviens aussi d'un vernissage à l'Apiaw avec Alechinsky, un autre avec Hartung
Au mois de Juillet 1966 nous quittons notre petit appartement pour louer une maison avec jardin, dans une rue voisine qui mène à la Citadelle de Liège, la rue Fond Pirette, au bout de la rue, à gauche, face au Thier Savary. La soeur de Céline s'installe avec nous et participe au loyer qui est de 4.500 FB à l époque. Un jardin en terrasse monte vers la rue de Campine. C'est notre première maison.
Dans cette maison très agréable, nous allons vivre jusq'en 1971. Etonnemment le jardin ne provoquera en moi aucun réflexe de jardinier. C'est Céline qui jardine. Moi, ça ne m'intéresse pas encore, je suis un enfant de la ville. C'est le contact avec les autres qui m'intéresse. Je suis curieux de tout et lis beaucoup. Je m'initie à la peinture mais sans y tremper mes mains. Je gratte beaucoup ma guitare depuis l'âge de dix-sept ans et apprends sans arrêt de nouvelles chansons, Brassens avant tout, Brel et Ferré et un peu de Rock. C'est réllement Brassens qui m'a appris la guitare. au fur et à mesure des ses 33 tours, sa musique devient de plus en plus élaborée, de nouveaux accords apparaissent et je les cherche sur ma guitare, puisque je joue tout d'oreille, et ça me prend un temps énorme. Depuis 1961 je suis aussi un passionné de la Revue Planète, créée suite au fameux livre, écrit par Louis Pauwels et Jacques Bergier "Le Matin des Magiciens"

