Siri Hustvedt
Siri Hustvedt
| Activités | écrivain |
|---|---|
| Naissance |
19 février 1955 Minnesota |
| Langue d'écriture | américain |
Siri Hustvedt est une écrivaine américaine née le 19 février 1955 à Northfield dans le Minnesota aux États-Unis
BIOGRAPHIE
Son père est un américain d'origine norvégienne et sa mère est norvégienne.
Poétesse, essayiste et romancière reconnue, elle est diplômée (PhD) en littérature anglaise de l'Université Columbia.
Son premier roman, Les Yeux bandés est édité en 1992, et son troisième roman Tout ce que j'aimais connaît un succès international. En 2010, elle édite un essai La femme qui tremble, sur les troubles neurologiques qu'elle a étudiés dans les hopitaux psychiatriques. Ses œuvres sont traduites dans seize langues à ce jour. En France les écrits de Siri Hustvedt sont traduits par Christine Le Bœuf et publiés chez Actes Sud.
Œuvre[modifier]
- 1983 : Lire pour toi (Reading to You)
- 1992 : Les Yeux bandés (The Blindfold), trad. française 1996
- 1996 : L'Envoûtement de Lily Dahl (The Enchantment of Lily Dahl), trad. française 1999
- 1998 : Yonder, trad. française 1999
- 2003 : Tout ce que j'aimais (What I Loved)
- 2005 : Les Mystères du rectangle, essais sur la peinture (Mysteries of the Rectangle: Essays on Painting), trad. française 2006
- 2006 : Plaidoyer pour Eros (A Plea for Eros), trad. française 2009
- 2007 : Élégie pour un Américain (The Sorrows of an American ), trad. française 20081
- 2010 : La femme qui tremble. Une histoire de mes nerfs (The Shaking Woman or A History of My Nerves), trad. française 2010.
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2011 :
Un été sans les hommes (The Summer without men), trad. française 4 mai 2011

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Vie privée
Le 23 février 1981, Siri Hustvedt se rend à une séance de lecture de poésie, à
laquelle assiste aussi l'écrivain Paul
Auster. Elle épousera l'écrivain l'année suivante. Ils vivent à Brooklyn (New York), et ont une fille,
Sophie Auster.. Voici Sophie Auster entre ses parents. Quelle beauté.......
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date de naissance :
19 Février 1955
Epouse du célèbre auteur Paul Auster, Siri Hustvedt n'a rien à envier à la réputation de son mari. En effet, l'écrivain issue d'une famille norvégienne, titulaire d'un doctorat de littérature anglaise, signe une oeuvre considérable, saluée depuis les premières nouvelles parues dans The Best American Short Stories en 1990 et 1991. Ses premiers romans 'Les Yeux bandés', paru en 1996 en France et 'L' Envoûtement de Lily Dahl' annoncent déjà la singularité d'une oeuvre complexe, enrichie par des romans comme 'Tout ce quej'aimais', publié en 2003. Hantés par la ville de New York et le questionnement identitaire, les textes de Siri Hustvedt font échos aux bouleversements majeurs de la société contemporaine comme en témoigne 'Elégie pour un Américain', qui évoque la tragédie du 11 Septembre. 'Plaidoyer pour Eros', paru en France en 2009, est une exploration de sa propre vie et de son rapport à l'écriture, un regard sur soi et sur les méandres de la création qui constitue le socle fondamental de l'ensemble de son oeuvre. Egalement poète et essayiste, l'auteur exprime sa passion pour la peinture avec 'Les Mystères du rectangle : essais sur la peinture' publié en 2006. Editrice et traductrice, Siri Hustvedt est un véritable pilier de la scène littéraire new-yorkaise et américaine.
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C’était à la fin de l’hiver 2005.
La neige tombait sur New York et Central Park où flottaient les bannières oranges déployées par Christo.
Un de mes romans avait été traduit en anglais par l’éditeur américain Toby Press. « Le Voyage de Bilqîs » était devenu « Love, The Painter's Wife and The Queen of Sheba», prêt pour Hollywood qui… ne m’a toujours pas fait signe !
« Le Magazine Littéraire » préparait un dossier sur la relation entre les auteurs new-yorkais et leur ville et je profitais de mon séjour pour interviewer quelques-uns d’entre eux, parmi lesquels Siri Hustvedt.
Le 2 mars 2005, je me suis donc trouvée, sur les hauts de Brooklyn, face à sa maison… à leur maison.
C’est avec Siri Hustvedt que j’avais rendez-vous. Mais comment
ignorer qu’elle est aussi la femme de Paul
Auster, dont la notoriété dans notre pays étonne toujours outre-Atlantique? La veille, j’avais dîné avec un éditeur new yorkais circonspect: il préparait
un livre de photographies sur les demeures d’écrivains américains célèbres, dignes des magazines de décoration. On lui avait vanté l’aménagement intérieur de la maison de Paul
Auster. Mais sa célébrité était-elle suffisante pour le faire figurer dans cet ouvrage de luxe?
Je lis Siri Hustvedt depuis la sortie en France, en 1993, des « Yeux bandés ». J’ai été envoûtée par « Tout ce que j’aimais », paru en France en 2003. J’ai offert ce livre à plusieurs reprises, pour son évocation de la complicité entre deux artistes vivant dans le New York du dernier tiers du XX° siècle, mais aussi pour sa description d’une frange du milieu de l’art contemporain qui prétend s’affranchir de toute catégorie morale et bascule dans le monstrueux. Ce roman a également accompagné certains de mes amis confrontés à l’impuissance des parents à faire face aux bouleversements mettant gravement en danger leurs enfants à l’âge de l’adolescence.
Après avoir monté les quelques marches permettant d’accéder à la solide demeure rouge avec une
imposante bow-window, caractéristique du quartier de Park Slope, j’ai été
accueillie par l’élégante «écrivaine» à la silhouette de mannequin, dont la blondeur affirme l’origine norvégienne. Dans la vaste et calme salle de séjour, nous avons d’abord
évoqué les dernières expositions dans les galeries de Chelsea que j’avais
découvertes la veille : Siri Hustvedt est aussi critique et auteur d’essais sur la peinture.
New York était le sujet de l’interview. Elle m’a donc raconté comme elle y est venue d’une petite ville du Minnesota à la fin des années 70, pour étudier à Columbia, attirée par la vitalité intellectuelle et artistique de Manhattan. Elle a évoqué un des premiers dîners d’écrivains où l’a emmenée Paul Auster après leur rencontre, en 1981: dans ce milieu dont elle ignorait tout, elle s’est tout à coup trouvée en complicité avec un de ses voisins de table parce qu’il était originaire de la même petite ville du Minnesota! New York est ainsi: un creuset d’individus venus d’ailleurs, qui se réinventent à partir de ce qu’ils ont été et ne cessent jamais totalement d’être.
Elle a aussi parlé du 11 septembre, profondément «incrusté dans la conscience de la ville» et des personnages du roman qu’elle était en train d’écrire. Elle m’a raconté l’histoire de sa sœur habitant dans un immeuble de la 48ème rue, très proche des tours jumelles, courant pour aller chercher sa fille à l’école publique à «deux blocs» de là et qui a senti le souffle du crash de l’avion sans comprendre ce qui se passait.
Le roman auquel elle travaillait alors, « The sorrows of an American », « Elégie pour un Américain », vient de sortir en France. La voix d’Erik, le narrateur, y résonne avec une authenticité prenante. Il montre une fascinante capacité à traverser les événements, avec émotion et sensibilité, tout en les maintenant suffisamment à distance pour résister à ce qui pourrait lui faire franchir la barrière qui protège de la folie. Sa profession de psychiatre lui permet de mesurer la ténuité de cette limite, auprès de ses patients, et particulièrement de Mrs W. : «Un analyste peut souffrir de manière excessive avec un patient, ou en avoir une telle peur que cela étrangle le traitement».
La vie d’Erik est secouée par de nombreux bouleversements, sources d’inquiétude et de chagrin: les fantômes qui le poursuivent après la mort de son père d’origine norvégienne et la découverte d’un secret de famille en triant ses papiers dans sa maison d’une petite ville du Minnesota; la difficulté à faire face à la solitude de sa vie de divorcé et son incapacité à s’engager dans la relation amoureuse avec sa voisine, Miranda, poursuivie par un mystérieux photographe; le retour de crises d’origine neurologique chez sa sœur Inga, veuve de Max Blaustein, un écrivain célèbre, qui était de vingt ans son aîné:
«Inga avait rencontré Max [en 1981] alors qu’elle préparait son doctorat de philosophie à Colombia. Il était venu faire une lecture à l’université […] Inga était une beauté blonde de vingt-cinq ans, brillante, farouche, et consciente de son pouvoir de séduction. Elle tenait sur ses genoux le cinquième roman de Max Bleustein […] Lorsqu’il eut terminé [sa lecture], elle lui posa à propos de ses structures narratives une longue question compliquée à laquelle il fit de son mieux pour répondre et puis, quand elle posa son livre sur la table pour le lui faire signer, il écrivit sur la page de titre:"Je me rends, ne partez pas."»
La fille d’Inga et de Max, Sonia a été très marquée par le 11 septembre: son école était face aux tours, sa mère est venue la chercher en courant, de leur immeuble de la 48ème rue, à «deux blocs» de là, mais la fillette n’a jamais pu dire ce qu’elle avait vu par la fenêtre de son école, image terrible par laquelle elle est toujours poursuivie.
Au fil de ma lecture, je me suis par moments retrouvée dans le coin de la salle
de séjour de la maison de Brooklyn, où je prenais le café avec Siri Hustveldt. Et je n’ai pas été étonnée de voir confirmé, en postface du livre, le lien qui unit la
littérature et sa vie: «J’ai mêlé librement, conclut-elle, d’un bout à l’autre du roman, histoires imaginaires et histoires vraies». Sur son bureau de la maison de
Brooklyn sont posées les sept petites clefs retrouvées parmi les papiers de son père mort le 2 février 2003, dans le Minnesota, et les pages du roman tirées des mémoires du
père d’Erik proviennent directement de celles rédigées avant sa mort par Lloyd Hustvedt. Quant à sa connaissance, que l’on sent intime, des relations entre patient et
psychiatre, elle la tire de son engagement de bénévole dans une clinique psychiatrique et de sa participation à des conférences et des groupes de discussion avec des
chercheurs et des praticiens.
A Paris, du 12 au 15 juin 2008, la profondeur de cette relation entre la vie et l’œuvre, pourra être mesurée à l’occasion du Festival organisé par l’Association Shakespeare & Cie, la librairie mythique de la rue de la Bûcherie. Siri Hustvedt et Paul Auster seront les vedettes de cette manifestation dont le thème est, cette année : « Histoires vraies : en explorant mémoires et biographies ». Le festival se clôturera le dimanche 15 juin à 17h15, square René Viviani, par une discussion sur "Mémoire et fiction", menée par Ian Jack, avec A.M. Homes et Siri Hustvedt.
Aliette AR/MEL
A.A.




