Otto Dix
Otto Dix (à droite) en 1957.
| Nom de naissance | Wilhelm Heinrich Otto Dix |
|---|---|
| Naissance |
2 décembre 1891 Untermhaus, Empire allemand |
| Décès |
25 juillet 1969 (à
77 ans) Singen, Allemagne de l'Ouest |
| Nationalité |
|
| Activités | Artiste-peintre |
| Mouvement artistique | Expressionnisme, Nouvelle Objectivité |
Œuvres réputées
La Guerre (triptyque) (1929 à 1932)
Pragerstrasse (La Rue de Prague) (1920)
Otto Dix (Untermhaus, près de Gera, le 2 décembre 1891,Singen 25 juillet
1969 – Singen, 25 juillet 1969) est un peintre allemand associé aux mouvements de
l'expressionnisme et à la Nouvelle Objectivité.
Biographie
-
Otto Dix est issu d'un milieu ouvrier (son père, Franz Dix, travaillait dans une mine
- de fer), mais reçoit une éducation artistique par sa mèrince de Reussre, Pauline Louise Dix, qui
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s'intéressait à la musique et à la peinture. Après avoir suivi les cours du
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professeur de dessin Ernst
Schunke pendant sa jeunesse, Dix prend des cours
-
à Gera de 1905 à 1909 auprès de Carl Senff, qui doute de l'avenir de
son élève en
-
tant que peintre. Une bourse d'étude fournie par le prince de
Reuss lui permet
-
d'entrer à l'École des arts appliqués de Dresde, où il
étudie
-
entre 1909 et 1914. Johann Nikolaus Türk et Richard Guhr (en) figurent
parmi ses
- professeurs. Dix s'essayera au cubisme, au futurisme et plus tard au dadaïsme.
Quand la guerre éclate, il s'engage comme volontaire dans l'artillerie de
campagne allemande. L'année suivante, il reçoit une formation de mitrailleur et participe à de nombreuses campagnes en Champagne, dans la Somme ou en Russie dont il sortira vivant. Il a alors en tête des images d'horreur qu'il essaie d'oublier en peignant, comme en témoigne Les Joueurs de skat en 1920.
Son œuvre la plus aboutie témoignant des expériences traumatisantes vécues lors de la guerre estle portefeuille de cinquante eaux-fortes, Der Krieg(La Guerre)publié en 1924. Il parlera ainsi de cette expérience :
« Le fait est que, étant jeune, on ne se rend absolument pas compte que l'on est, malgré tout, profondément marqué. Car pendant des années, pendant 10 ans au moins, j'ai rêvé que je
devais ramper à travers des maisons en ruines (sérieusement), à travers des couloirs, où je pouvais à peine passer. Les ruines étaient toujours présentes dans mes rêves2... »
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De 1919 à 1922, Dix étudie également à Düsseldorf, avant d'adhérer au mouvement
réaliste et satirique Neue Sachlichkeit (Nouvelle objectivité). Il enseigne ensuite les beaux-arts à Dresde à partir de 1927.
Après la prise du pouvoir par les nazis en 1933, Dix, alors enseignant à l'université, est l'un des premiers professeurs d'art à être renvoyé,
persécuté parce qu'il est considéré comme « bolchévique de la culture » par les nationaux-socialistes. La même année, menacé de prison et de
camp d'internement, il commence une « émigration intérieure » dans le sud-ouest de l'Allemagne (à Randegg en 1933 puis
à Hemmenhofen en 1936), près du lac de Constance, où il se met à peindre des paysages.
En 1937, ses œuvres sont déclarées « dégénérées » par les nazis. Quelque 170 d'entre elles sont retirées des musées et une partie est brûlée ;
d'autres sont exposées lors de l'exposition nazie « Art dégénéré » (Entartete Kunst). À titre d'exemple, Dix peint la toile intitulée La
Tranchée en 1923 ; déclarée « art dégénéré », elle a probablement été détruite par les nazis. Il compose également son triptyque La
Guerre entre 1928 et 1931. Le but de cette œuvre n'est pas de provoquer angoisse ou panique, mais de « simplement transmettre la
connaissance du caractère redoutable de la guerre, pour éveiller les forces destinées à la détourner ». Ce triptyque, vu comme une
prolongation du tableau précédent, est présenté une seule fois dans une exposition à Berlinen 1938 ; il est ensuite interdit par les autorités
nazies3.
En 1938, Dix est arrêté et enfermé pendant deux semaines par la Gestapo. Durant ces temps difficiles, il peint une représentation de Saint Christophe dans le style des grands maîtres à la demande de la brasserie de Köstritz.
Il participe par obligation à la Seconde Guerre mondiale. Il sert sur le front occidental en 1944-1945. Il est fait prisonnier en Alsace par les Français4.
À la fin de la guerre et jusqu'à sa mort, Dix s'éloigne des nouveaux courants artistiques allemands. Il ne s'identifie ni au réalisme social en
vogue dans la République démocratique allemande, ni à l'art d'après-guerre dans la République fédérale d'Allemagne. Il reçoit pourtant de
hautes distinctions et des titres honorifiques de ces deux états.
- 1959 – Commandeur de l'ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne (Große Bundesverdienstkreuz)
- 1966 – Prix Lichtwark (Lichtwark-Preis) à Hambourg
- 1966 – Prix Martin-Andersen-Nexø (Martin-Andersen-Nexö-Preis) à Dresde
- 1968 – Prix Rembrandt (Rembrandt-Preis) à Salzbourg
Otto Dix meurt le 25 juillet 1969 à Singen, près de Constance, des suites d'un infarctus. Sa tombe se trouve au cimetière de Hemmenhofen.
Œuvres choisies
- 1914 – Selbstbildnis mit Artillerie-Helm au dos de Selbstbildnis als Soldat (Autoportrait en soldat) (Kunstmuseum Stuttgart)
- 1915 – Selbstbildnis als Mars
-
1920 – Pragerstrasse (Rue de Prague)
- 1920 – Die Skatspieler ou Kartenspielende Kriegskrüppell (Les joueurs de skat) (Neue Nationalgalerie, Berlin, Allemagne)
- 1920 – Streichholzhändler I (Staatliche Museen Preussischer Kulturbesitz, Berlin)
- 1921 – Bildnis der Eltern (Kunstmuseum Basel)
- 1921 – Bildnis des Dr. Hans Koch (Museum Ludwig, Cologne)
- 1921-22 – L'Ouvrier 1922 – An die Schönheit (on der Heydt Museum,Wuppertal)
- 1922 – Vorstadtszene (Museum Ludwig, Cologne)
- 1923 – Bildnis Karl Krall (Von der Heydt Museum, Wuppertal)
- 1923 – Bildnis Frau Martha Dix I (Kunstmuseum Stuttgart)
- 1923 – Mädchen mit rosa Bluse (Museum Ludwig, Cologne)
- 1923 – Bildnis Frau Dr. Koch (Museum Ludwig, Cologne)
- 1924 – Der Krieg (Kunsthalle Hamburg Kupferstichkabinett et Historial de la Grande Guerre, Péronne)
- 1924 – Die Eltern des Künstlers II (Sprengel-Museum, Hannover)
- 1925 – Bildnis der Tänzerin Anita Berber (Kunstmuseum Stuttgart)
- 1923 – Schützengraben (tableau disparu)
- 1926 – Porträt der Journalistin Sylvia von Harden (Portrait de la journaliste Sylvia von Harden) (musée national d'art moderne, Paris)
- 1926 – Der Kunsthändler Alfred Flechtheim (Neue Nationalgalerie, Berlin)
- 1926 – Der Streichholzhändler II (Kunsthalle Mannheim)
- 1927 – Bildnis des Dichters Thedor Däubler (Museum Ludwig,Cologne)
- 1928 – Triptychon Großstadt (Triptyque de La Grande Ville) (Kunstmuseum Stuttgart)
- 1929-32 - Triptychon Der Krieg (Triptyque de La Guerre) (Galerie Neue Meister, Dresde)
- 1931 – Selbstbildnis (Museum Ludwig, Cologne)
- 1933 – Die sieben Todsünden (Staatliche Kunsthalle, Karlsruhe)
- 1933 – Die Tänzerin Tamara Danischewski (Kunstmuseum Stuttgart)
- 1934 – Der Triumph des Todes (Kunstmuseum Stuttgart)
- 1935 – Waldrand mit Buche (Galerie Michael-Haas, Berlin)
- 1936 – Flandern (Neue Nationalgalerie, Berlin)
- 1939 – Der heilige Christophorus (Otto-Dix-Haus, Gera)
- 1945 – Saül et David
- 1946 – Crucifixion
- 1947 – Selbst als Kriegsgefangener (Kunstmuseum Stuttgart)
Un certain
nombre d'œuvres d'Otto Dix, dont la série Der Krieg, sont exposées à Péronne (dans la Somme), dans le musée de l'Historial de la Grande Guerre2.
Expositions
- 2013 : Maison de la culture de Namur5, en collaboration avec le musée Félicien-Rops qui présente les œuvres de George Grosz (du 21 septembre au 5 janvier 2014)
Cote de l'artiste
Une peinture datée de 1939 intitulée Weite Ebene (Weile hinter Bohlingen) (67 cm × 85 cm) a été vendue pour 151 000 € à Cologne6.
Bibliographie
- Eva Karcher, Otto Dix - 1891 1969 - Leben und Werk, Cologne, 1988
- Florian Karsch, Otto Dix. Das graphische Werk, Hanovre, 1970
- Fritz Löffler, Otto Dix. Leben und Werk, Dresde, 1977
- Fritz Löffler, Otto Dix 1891–1969, Œuvre der Gemälde, Recklinghausen 1981
- Fritz Löffler, Otto Dix. Bilder zur Bibel, Union Verlag, Berlin, 1986
- Ulrike Lorenz, Otto Dix. Das Werkverzeichnis der Zeichnungen und Pastelle, Weimar
- Ulrike Lorenz, Dix avant Dix. Das Jugend- und Frühwerk 1909–1914, Glaux, Iéna, 2000
- Catalogue d'exposition, Galerie der Stadt Stuttgart, Nationalgalerie, Berlin, 1991
- Suse Pfäffle, Otto Dix. Werkverzeichnis der Aquarelle und Gouachen, Stuttgart, 1991
- Diether Schmidt, Otto Dix im Selbstbildnis, Berlin, 1981
- Dietrich Schubert, Otto Dix - Der Krieg. 50 Radierungen von 1924, Jonas Verlag, Marburg, 2002
- Birgit Schwarz, Großstadt, Francfort, 1993
- Otto Dix : dessins d'une guerre à l'autre (Catalogue d'exposition au Centre Georges-Pompidou), Gallimard, Paris, 2003, 157 p. (ISBN 2844261671)
- Otto Dix, Metropolis (Catalogue d'exposition Fondation Maeght), Saint-Paul-de-Vence
- Eva Karscher, Otto Dix (1891-1969) "Je deviendrai célèbre ou je serai honni", Taschen, Cologne, 1992 (rééd.), 216 p.
-
Fauves et expressionnistes : de Van Dongen à Otto Dix, Paris : Hazan ; Musée Marmottan Monet, 2009 (ISBN 978-2-7541-0415-9) (catalogue de
- OTTO DIX Reporter de Guerre
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Ce qu'il voit chaque jour le
hante et devient le sujet de son travail artistique. Dans un entretien
de 1961, il déclare : « C'est que la guerre est quelque chose de bestial : la faim, les poux, la boue, tous
ces bruits déments. C'est que c'est tout autre chose. Tenez, avant mes premiers tableaux, j'ai eu
l'impression que tout un aspect de la réalité n'ava
savoir et comprendre cela, il demande à être en première ligne sur le champ de bataille.
A son retour de la guerre, il crée vers 1920,le mouvement artistique de la
Après la prise de pouvoir par les nazis en 1933, Otto Dix est l'un des premiers professeurs d'art
à être renvoyé et persécuté. Menacé de prison et de déportation il fuit vers le sud
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En 1937,
ses oeuvres sont déclarées dégénérées par les nazis, 170 de s
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Dix est
arrêté et enfermé pendant deux semaines par les Allemands en 1938. Même
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pendant ce
temps il peint.
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Il
participe par obligation à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il sert sur le front
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occidental
entre 1944 et 1945.
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sera fait
prisonnier en Alsace par les Français.
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A partir de
ce moment là et jusqu'à sa mort, Dix s'éloigne des nouveaux courants
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artistiques
allemands.

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Il meurt le 25 juillet 1969
à Singen en Allemagne.
Une oeuvre forte : La rue de Prague
En 1920, lors de la première foire internationale à Berlin, Dix exposa
guerre) (avec autoportrait), frise de "gueules cassées" dans une rue, amputés, défigurés, aveugles.
Skatspieler (Les Joueurs de skat), toutes deux de 1920, sont proches
de cette oeuvre d'autant plus emblématique qu'elle fut saisie par les
nazis en 1933 et probablement détruite.
On y voit des hommes diminués, porteurs de prothèses mécaniques,
des cicatrices hideuses, des greffes, un monde
combattants pour les uns réduits à mendier, les autres exhibant leurs
blessures comme autant de preuves de leur bravoure guerrière.
Dans La rue de Prague, leurs infirmités se trouvent accentuées par la
proximité d'une femme en robe rose
vitrine contient des perruques, des corsets et des prothèses. Une
main de bois tient une canne. La peinture oscille entre une précision
neutre et des déformations satiriques. Elle n'est pas exempte non plus
d'allusions politiques. Près du cul-de-jatte au buste monté sur une
planche à roulettes, Dix a collé un tract ou une affichette, qui porte en
titre Juden raus ! – « Dehors les Juifs ».
Les ligues d'anciens combattants étaient en effet très sensibles à la
propagande ultranationaliste, dont l'antisémitisme fut une des
composantes très tôt, avant que le nazisme n'en fasse l'un de ses
dogmes. Aussi peut-on voir dans l'oeuvre
de la société allemande de la défaite et une préfiguration de ce qu'elle
devint dans l'entre-deux-guerres.




