En 1939 : Mariage avec Robert ANTELME et installation rue Saint-Benoît. Il semble y avoir
un creux entre son retour à Paris en 1934, après avoir passé son deuxième bac en Indochine et son mariage en 1939. Ses études probablement. Creux aussi concernant sa mère retournée là-bas après
son congé d'enseignement
D'ailleurs de la France, Marguerite ne connait d'abord que Duras, le village de son père qui domine la plaine maraîchère de Marmande et où elle ira chercher son nom d'écrivain
Toujours est-il qu'en 1939, elle est engagée chez Gallimard. Elle y commettra, c'est le mot, avec un certain Philippe Roques, un ouvrage qui est une aplogie du colonialisme français, intitulé
"L'Empire français"
En 1941, elle publie son premier livre, refusé par Gallimard, "La famlle Tameran"
Elle devient ensuite secrétaire de la Commission de contrôle du papier et accepte d'être sous les ordres du Commissaire culturel du IIIe Reich, Otto Abetz
Elle ne peut faire autrement que de refuser du papier à des écrivains, juifs, communistes. Celà officiellement, mais peu à peu, elle ruse avec la Propagandastaffel
Elle attend un garçon de Robert Antelme mais il mourra à la naissance en 1942
La même année, Marguerite fait la connaissance de Dionys
Mascolo qui devient son amant et dont elle aura un fils en 1954, Jean Mascolo dit Outa.
Voici Dionys Mascolo et Marguerite
Voici son mari Robert Antelme
En 1942, mort
à Saigon du petit frère de Marguerite, Paul, le grand frère Pierre (ignoble individu) l'ayant laissé sans médicaments. Décès aussi à la naissance de l'enfant de Robert et de
Marguerite.
Tous les deux, vont entrer dans la Résistance en 1943. Ils habitent rue Saint-Benoit et y tiennent des réunions secrètes alors que
dans le même immeuble, juste au-dessus de son appartement, habite Ramon Fernandez, collaborateur notoire et amateur de belles
lettres.. Ramon Fernandez, né en 1894 est le fils de l'Ambassadeur du Mexique en France. Il a loué un appartement à Marguerite Duras, au-dessus de chez elle, au 5 de la rue Saint-Benoit. C'est un
des plus grands critiques français et un essayiste renommé (Proust-Balzac-Molière); De communiste, il deviendra fasciste et collabo. Il meurt juste à temps d'une embolie, le 2 août
1944.
Mais sa femme Betty Fernandez-Van Bouwens,
d'origine hongroise, sera tondue à la Libération et promenée dans le quartier latin. Duras la fera revivre dans "Hiroshima mon amour. Il est le père de l'écrivain Dominique Fernandez qui a écrit un livre sur lui
Son épouse Betty dont Duras fera aussi le
portrait dans l'Amant, est séduisante. Elle est quelquefois invitée aux soirées des Fernandez où est réunie la fine fleur de l'intelligentsia collaboratrice, de Drieu la Rochelle au sinistre
Gerhard Helle, réprésentant de la Propagandastaffel. Chez elle, à l'étage en-dessous, elle a d'autres fréquentations depuis que Robert Antelme, sous l'influence de certains amis a sympathisé avec
les résistants; parmi eux, Jacques Morland, alias François Mitterrand. Y viennent aussi, Paulhan, Michaux et Leiris
C'est aussi en 1943 qu'elle prend le nom de Duras, village de son père, pour publier son premier livre "Les Impudents"
Et qu'elle entre dans la Résistance, dans le même réseau que FrançoisMitterrand
Voici une photo de Dionys Mascolo (à gauche), Duras et Robert Antelme
1944. Duras publie
"La vie tranquille" chez Gallimard. Mort de son petit frère, Paul, en Indochine,
Ci-dessous, Duras à Paris pendant la Résistance et l'Occupation
Arrestation et déportation de Robert Antelme , qui sera miraculeusement
sauvé des camps l'année suivante comme elle le raconte dans "La Douleur" (1985). Robert Antelme (1917-1990), démobilisé est entré
en Résistance en 1943, dans la Mouvement National des Prisonniers de guerre, créé par François Mitterrand. Arrêté par la Gestapo (Duras parvient à y échapper) sur dénonciation, il est déporté à
Buchenwald puis à Dachau où François Mitterrand le découvre en avril 1945, dans un état innommable.
Il écrit en 1947, un livre remarquable intitulé "L'Espèce humaine". Réflexion sur les sens de la volonté d'extermination des SS. ll
démontre la conscience d'appartenance des victimes et des bourreaux à une seule espèce: "Il n'y a pas des espèces humaines, il y a une espèce humaine." L'Espèce humaine" est un livre unique, bouleversant, d'une élévation de pensée absolue et d'une lucidité
terrifiantes
Robert Antelme est mort en 1990 mais était immobilisé par un accident
cérébro vasculaire depuis 1983. En automne 1944, Marguerite s'inscrit au Parti Communiste
En 1946. Divorce d'avec Robert Antelme
1947 Naissance de son fils Jean Mascolo dit Outa
Publication, à la Cité universelle, maison d'édition fondée par Robert Antelme et Marguerite Duras, fin 1945, rue
Saint-Benoît, de " L'Espèce humaine" de Robert Antelme

