Extrait de mon journal.
Ecriture dans mon journal en ce mois de janvier...quasi néant...bouffé par mon métier de financier-bouffé par les gens, bouffé par cet horrible téléphone. Hier j'ai réalisé qu'IPPA avait mis mon¨n° de téléphone privé dans l'annuaire. Je n'ai plus le droit d'avoir un numéro privé. Désormais ma vie appartient à tout le monde. Tout un programme, non? J'appartiens au domaine des Finances publiques. Dimanche dernier, je suis allé faire un dossier chez le client d'un agent...et c'est l'agent qui va toucher la commission. 
Il fait une neige superbe. Soixante centimètres dans le jardin. Une véritable expédition pour arriver à l'étang, avec luge, piolet et Huskies-et au milieu de cette nappe blanche, mes totems flamboyants de leur premier hiver. Ces totems qui, en juin prochain, croustilleront sous le soleil méditerranéen, celui des grandes incendies de Provence. Croustilleront peut-être car partiront-ils réellement vers le Sud ???. Là-bas, en effet, à La Seyne, les élections de mars 1983 viennent d'être annulées par le conseil d'Etat. On revôte en février. Et voilà que ma première grande exposition personnelle, dépend du maintien des communistes au pouvoir. L'orage gronde dans les chantiers navals où l'on menace de licencier car les carnets de commandes ne se remplissent pas, parce que la politique du gouvernement socialo-communiste, vise d'avantage à développer les secteurs de pointe, que les secteurs traditionnels, tels que ceux de la Sidérurgie et des chantiers navals, et que les navires construits dans certains pays, coûtent moins chers, d'où la nécessité d'importer plutôt que de créer à domicile.
De même pour les financiers et les politiciens démagogues de la Culture belge, il vaut mieux importer et promouvoir des artistes français, allemands ou américains, plutôt que de soutenir ce qui se crée en Belgique. Un belge n'est digne d'intérêt que lorsqu'il s'est expatrié et a été reconnu par d'autres pays. C'est seulement alors qu'on lui demande de venir montrer son travail en Belgique. De cette façon, on ne risque rien, on mise à coup sûr "
Dans mon atelier c'est l'explosion des mini-totems qui sont en fait des bûches de bois de chauffage, tranchées au merlin, dans le sens vertical
"Je suis comme un fou qui peint les murs de sa cellule, mais un fou qui a encore assez de lucidité et de besoin d'amour, pour souhaiter que quelqu'un vienne parler avec lui, de ce qu'il fait, de ce qu'il est ( de ce qu'il est lui mais aussi de ce qu'est, cet autre fou, qui vient le voir)
J'ai besoin de tous ceux qui mènent un dialogue essentiel, vital, c'est à dire... mortel . J'ai besoin de tous ceux qui vivent avec lucidité en compagnie de la mort, la leur et celle de ceux qu'ils aiment, bref de toux ceux qui défoncent leur vie pour dire non à cette mort, que pourtant ils savent inévitable. Mais je hais les dialogues légers, ceux qui ,ne descendent pas dans les abysses de l'inconscient. Il y a toujours du Scandale aux Abysses (Céline), et la majorité des gens a peur du scandale. Comme le disait Eugène Labisse (peintre français qui a croqué Boris Vian en " Bison ravi"), c'est aux abysses que la queue gêne (Pardonnez-moi cette insupportable manie de jouer avec les mots mais il faut lire, de Freud "Du Jeu de Mots et des ses rapports avec l'Inconscient").
Il semble que dans le monde superficiel de l'art, je ne sois pas "branché". Or pour moi, être branché, c'est accrocher ses serres à un arbre qui plonge ses racines au centre de la terre, à savoir au centre de lui-même. Cela n'a rien à voir avec la mode. L'expression a été complètement "dénaturée", c'est le cas de le dire quand il s'agit de branche. Notre époque est une époque de banalisation, où les branches se défolient (se des folies). Et c'est bien pour cela que je travaille sur des branches, et sur des racines, des "roots", des racines du ciel pour parodier Gary. Je travaille même sur des troncs d'Aubépines; Parce que l'Aube est Pine et parce que l'aube et la pine sont au commencement du monde et que notre branche intime et profonde a ses racines à l'aube de l'univers .
L'ART ??? NAQUE !!!
Mon thème astrologique fouillé m'a été dressé en 1977 par un professeur d'Arlon, Monsieur Leleux, peintre, auquel je rends hommage au passage. (Pour rappel, je suis Scorpion, Ascendant Gemeaux et j'ai le Milieu du Ciel en Verseau) Dans ce thème manuscrit de plus de 100 pages, il a fait aussi des projections pour les années suivantes et voici ce qu'il écrit, pour ma période 1983-1984:
Jupiter entre en trigone avec le soleil. Cet aspect est une indication de bonne santé, de fortune et de bonheur. Elle dote le sujet d'une abondance jamais facile à supporter, qui fait un trigone Jupiter-Soleil, le plus favorable des aspects, et lui apporte indépendance et force de décision extrême. Intuition et résistance physique.
Pluton entre en maison 5. Pluton, rétrograde chez moi) (maison 5, tout ce qui a trait à la création, à la plénitude de vie) va déclencher un goût effréné de la jouissance; il aura des aventures sentimentales (En effet). Le goût de la création artistique va atteindre un sommet. Pluton va donner son maximum du point de vue de l'expression artistique (peut-être un génie..sic).
Mars est en trigone avec le soleil en Poissons et en maison 10 (très bon aspect).Il produit une surabondance d'énergie vitale qui assure au sujet une bonne santé, il fortifie la constitution et rend capable de venir à bout des tâches les plus rudes. Il donne un courage indomptable et la force de faire face aux plus grandes difficultés. Un plan à suivre leur étant donné, on peut être sûr qu'il triomphera sûrement des obstacles, car il a à la fois des facultés constructives et exécutives et de plus, une volonté invincible qui se refuse à connaître la défaite. Le caractère est franc et ouvert mais il peut être brusque. Il est trop intensément absorbé par le but à atteindre, pour perdre son temps en politesse et courtoisie et c'est sans vergogne qu'il met de côté les conventions..."
A cette époque je lie aussi connaissance avec l'Astrologie chinoise. J'apprends que je suis Buffle, que mon Compagnon de route est le Coq et que mon élément est le FEU. Je suis donc BUFFLE-FEU (1937)
Et je lis dans l'opuscule di-dessus:
" Le Buffle est un animal de tendance Yin, il vient du Nord et appartient au solstice d'Hiver. Il est Yin parce qu'il semble surgir du sol détrempé de la rizière. Il est celui qui ouvre, celui qui creuse la terre. Par sa puissance alliée à un esprit contemplatif, il symbolise parfaitement l'élément Terre (l'élémentaire), substance pesante, épaisse, dont la trame est composée de racines entremêlées, d'humus et de glaise (cela fait plus de 30 ans que je creuse et suis plongé dans la boue argileuse), de boues et de rochers. Terre des rizières, des prairies grasses et lénifiantes, peau tendue sur des entrailles grouillantes, le buffle la foule, la piétine, la creuse, c'est une sorte d'ALCHIMISTE, officiant muet du rythme des labours".
En février , mort de Michel LANCELOT, le célèbre animateur-radio des années 68 sur Europe 1 avec son émission CAMPUS où il dialogue quotidiennement avec les jeunes. En 1975, l'ORTF éclate et Lancelot convainc Marcel Jullian de lui céder le samedi après-midi afin de faire une émission pour les jeunes au sens large. Ce sera "UN JOUR FUTUR". Je me souviens de trois diffusions magnifiques sur Xénakis, Romain Gary, Jacques Higelin. Hélas le Magnéto n'existait pas à cette époque.
Michel Lancelot était aussi un écrivain depuis "Le jeune lion dort avec ses dents" en 1974 qui avait obtenu l'Anti-Goncourt, premier manifeste de la contre-culture. En 1968, il avait déjà publié "Je veux regarder Dien en face" que lui a inspiré son séjour chez les hippies en Californie. En 1979, son "Julien des Fauves" sera son dernier livre.
Il a été terrassé par une crise cardiaque, à 46 ans, ce samedi 25 février
Mais le printemps revient et dès que le printemps revient,(Hugo Frey) je fais des projets pour continuer d'agrandir l'étang n°2

Le grand étang commence à se réveiller, la cascade d'hiver coule abondamment et le premier Colvert vient se baigner
Le 16 mars, je fais une grande échappée vers CHARLEVILLE, via Bouillon et Sedan (c'est à une heure de chez moi) pour aller retrouver RIMBAUD et m'arrête au restaurant L'ETOILE- spécialités orientales, Place Ducale sous les arcades et déguste un couscous, le plat préféré de Rimbaud en Abyssinie, accompagné d'un rosé gris d'Alger
Après le le repas, nous nous dirigeons, ma femme et moi, vers la Meuse et le rue du Moulin pour rejoindre le vieux Moulin où se trouve le Musée RIMBAUD. Voici les plans de ce que l'on pourrait appeler l'intinéraire Rimbaud, à Charleville ou le "Circuit rimbaldien"
Voici le Vieux Moulin et le Musée RImbaud au 3ème étage, le long de la Meuse et de sa dérivation qui passe sous le Moulin, au Nord de la Place Ducale
Le Vieux Moulin, vu de la rue du Moulin venant de la Place Ducale et en-dessous, une roue à chien, une grande roue dans laquelle est enfermé un bâtard jaune empaillé, censé faire tourner le cercle infernal. L'horreur. Car le Moulin contient au rez-de Chaussée, un Musée de l'Ardenne et aux étages un Musée Rimbaud assez minable. J'ignore si ça a changé en 2011 ?. Des lettres manuscrites, de vieilles photos piquées d'Arabie et d'Afrique (voir mes articles sur Rimbaud), quelques étoffes orientales ramenées par Rimbaud d'Aden ou d'Abyssinie et la malle de voyage de Rimbaud, noire et minuscule.
Et face à la Meuse, Quai Rimbaud, la maison où vécut Rimbaud de 1869 à 1875 (de 15 à 19 ans) maison gouvernée par sa mère Vitalie CUIF. Je repense à ce bras de Meuse, cette eau et ces berges sur lesquelles Rimbaud allait jouer avec son copain Ernest Delahaye (et subitement je réalise que, moi aussi, j'ai joué sur les berges de la Meuse, quai Mativa à Liège, toute mon enfance) ...bref ce bras d'eau qui fascinait Rimbaud et qui lui a fait écrire le BATEAU IVRE, sans avoir jamais vu la mer
Ensuite nous remontons vers la Place ducale et au-delà du piétonnier, dans la rue Thiers, nous découvrons la maison natale de RImbaud, toute blanche, dont le rez-de-chaussée est occupé par la librairie "Arthur RImbaud"
La librairie en 1984, aussi maison natale de RImbaud (1864)
Dans cette librairie j'ai achéte le Rimbaud d'Yves Bonnefoy et un numéro sur Rimbaud , édité chez Duculot dans la collection Travelling-Biographies-et écrit par Barokas. On m'apprend en outre qu'en octobre (le 20) on va fêter le 130e anniversaire de Rimbaud
Et puis nous sommes partis au Cimetière de Charleville, retrouver la tombe de Rimbaud, à droite sur la photo, mort à 37 ans en 1891, et celle de sa petite soeur Vitalie, handicapée mentale, morte à 17 ans en 1875. Et je réalise qu'à Hauterives, nous sommes allés aussi de la maison natale du Facteur Cheval, vers le cimetière d'Hauterives, retrouver la tombe de Cheval, construite par lui, mini "Palais Idéal", bref toujours ce passage de la naissance à la mort de tous ces "fous créateurs" qui m'ont précédé;
Ecoutez Rimbaud:
"Donc le poète est vraiment voleur de feu.
Il est chargé de l'humanité des animaux même; il devra faire sentir , palper, écouter ses inventions..
Le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d'amour, de souffrance, de folie; il cherche lui-même, il épuise en lui, les passions, pour n'en garder que les quintessences. Ineffable torture où il a besoin de toute la foi, de toute la force inhumaine, où il devient entre tous, le grand malade, le grand criminel, le grand maudit et le Suprême Savant"
OH QUE MA QUILLE ECLATE! OH QUE J'AILLE A LA MER
Sans transition, je reçois une lettre de félicitations de ma direction Ippa pour la réussite de mes trois examens de cours bancaires, réussis avec Grande Distinction. On m'invitera à aller chercher ma décoration à Bruxelles lors d'une distribution solennelle. Evidemment je n'irai pas. Ceci n'empêchera pas ces salauds de me virer cinq ans plus tard. Motif "Ne convient plus", après 23 ans.. Je le leur ferai payer très cher
Extraits de mon journal.
Après ce petit voyage dans un bâteau ivre, de retour sur mon territoire. Mon but est bien d'anénager un territoire afin d'y amener le plus d'animaux sauvages à y vivre en paix, à savoir à l'abri de l'homme, écraseur et tueur perpétuel, tueur de vie dans l'oeuf.
Ces animaux que je veux abriter ne sont autres que moi-même. Mettre mon animalité à l'abri des hommes et de la société, étant entendu que je me proclame animal d'abord, c'est à dire innocent fondamentalement-refusant de participer aus jeux cruels du genre humain. Je suis ORIGINEL....
Découverte de Georges PERROS ce dimanche 25 mars. Terriblement ému...
Découverte d'une phrase de Paul VERLAINE que je reprends totalement à mon compte:
"LE MONDE QUE TROUBLAIT LEUR PAROLE PROFONDE...LES EXILE...
A LEUR TOUR, ILS EXILENT LE MONDE"
C'est merveilleux d'être ivre un dimanche matin à 11h42, quand on est levé depuis 6 heures et qu'il neige et qu'on est un 14 avril et que l'on fait vibrer un PIANO NOIR au mileu de TOTEMS ROUGES
Et vivent les poissons qu'ils soient d'avril ou non. Samedi dernier Schubert a ouvert la truite et comme le disent les pècheurs enrhumés, en écrasant la tête de leur proie sous une pierre sourde, "Truite ou détruite, c'est chou bert et bert choux, car il faut que cartilage soit détruit(e).
Ce 7 avril je tombe sur un texte fondamental de BAUDELAIRE:
"L'irrégularité c'est à dire l'Inattendu, la surprise, l'étonnement sont une partie essentielle et caractéristique de la beauté
Le beau est toujours bizarre. Il contient toujours un peu de bizarrerie naïve, non voulue, inconsciente, et c'est cette bizarrerie qui le fait être particulièrement le beau, c'est son immatriculation, sa caractéristique"...
et puis plus loin..."Or notre public qui est singulièrement impuissant à sentir le bonheur de la rêverie (signe des petites âmesveut être étonné par des moyens étrangers à l'art, et ses artistes obéissants se conforment à son goût, ils veulent le frapper, le surprendre, le stupéfier, par des stratagèmes indignes, parce qu'ils le savent incapable de s'extasier devant la tactique naturelle de l'art véritable"
Et vlan pour les avant-gardes....
Justement je reçois un tract de la galerie L'A à Liège, tenue par des soi-disant amis de longue date, peintres. Pour la 5e fois ils sollicitent mon fric "leur galerie soutient différentes formes de créations". Leur critère est "toute interrogation authentique face à l'art". Ils exercent une démarche alternative face à l'art.
Mais jamais depuis 4 ans, ils ne m'ont invité. Donc je ne suis rien de tout cela. Merci les amis ! Je n'oublierai jamais, Monsieur Vandeloise et consorts. Et depuis 4 ans, je cotise et participe par sympathie, par amitié. Je suis bon pour cotiser, pas pour exposer. C'est écoeurant.
Ce vendredi 13 avril, entre deux inspections, retour à la maison de VERLAINE à CORBION -sur-Semois (Bouiilon).
Ce vendredi 13, première journée éclatante de printemps. Vallée de la Semois. Vacances de Pâques paraît-il.
Et je suis retourné pour la première fois à la maison de Paul Verlaine à Corbion. Là, à l'enrée du bois, j'ai rencontré un certain Maziers, un corbionnais du Syndicat d'Initiative, qui réparait un toit, le toit des Lallemand, précisément les propriétaires des trois ares qui constituent les ruines de le maison de Verlaine, où il vécut de 1881 à 1888, au lieu-dit Bojaban. Voici le croquis que j'en ai fait dans mon journal
J'ai donc dégringolé le petit chemin, ai retrouvé les murs et le ruisseau séparant la Belgique de la France. Maziers m'a dit que Verlaine s' était réfugié là-bas parce qu'une fois de plus à cette époque, il avait des démêlés avec les polices française et belge et pouvait ainsi facilement passer d'un pays à l'autres. En effet le mur inférieur de la maison, borde le lit du ruisseau-frontière. Voici les photos du ruisseau et des soubassements de la maison de Verlaine.
La plaque métallique "Ici vécut Paul Verlaine de 1881 à 1888" est presque totalement effacée. Maziers m'a dit que Le S.I essaierait de la repeindre ( à ma demande hé, hé)
s rien..
Je découvre deux phrases du peintre BONNARD:
"Il ne s'agit pas de peindre la vie mais de rendre vivante la peinture"
Bien que fou de couleur, il disait aussi: "Oui mais c'est encore de la couleur, ce n'est pas encore de la lumière"
Fin avril deux promenades avec une belle jeune femme qui me fait connaître le domaine de l'Abbaye cistercienne de Clairefontaine, à 4 Kms d'Arlon sur la route de Luxembourg. Invraisemblable périple dans une forêt déserte, prenant sa source dans un couvent apostolique longeant une rivière dénommée Eisch, dans laquelle j'ai vu se tortiller une truite noire. Cette rivière est une rivière frontalière entre la Belgique et le Grand Duché et là nous allons tomber sur les vestiges d'un barrage abandonné en 1933, chambres de visite, ècluses et quelques habitations en ruines. Lieux propices au rassemblemenr et à la protection des chauves-souris en hiver.
" Un choc. Dans la forêt en suivant le cours de l'Eisch, nous tombons sur une grosse maison en ruines, puis juste derrière, un ancien barrage, ave toute la machinerie, ferrugineuse et rouge-rouille-et les bouleaux et le Mélèzes du Japon-le chant des Pinsons, celui de la Mésange...et celui du Merle-et cette grande maison en ruines à l'Ouest du Barrage, avec des chambres sombres et humides, trouées d'ouvertures sur des bouleaux et des pins, jaunes de soleil...C'est la maison du Barrage de Steinfort 

J'ai toujours été fasciné par les ruines et elles me poursuivront jusqu'au bout. Victor HUGO, lui aussi était fasciné par les ruines, LES RUINES ET LES CIMETIERES et particulièrement les ruines envahies par la végétation. Ah louer un petit temple à Angkor-Vât. Des lieux où l'homme a fini par capituler face à la nature, il a vidé les lieux-et d'un côté j'aime mieux les hommes quand ils ne sont plus là. Ils font moins de bruit quand ils ne laissent dans la végétation, que le silence de leur mort. Et les arbres vivent plus vieux que les hommes et c'est tant mieux, car les arbres ne font pas la guerre. Ils font seulement l'amour.
Et soudain nous tombons sur deux panneaux, se trouvant dans une clairière près de l'Abbaye cistercienne de Clairefontaine et rédigés en allemand
LOCKSTOFFE FALLE
FUR BORKEN KÄFER
Biologische Waldschutz
Ohne Gift
Bitte nicht berühren
Ce que l'on pourrait traduire littéralement par"Piège avec une étoffe-appât, pour les punaises d'écorces, Protection biologique de la forêt, Pas de poison, Svp, ne pas toucher"
Il s'agit de deux panneaux transparents, à rainures contenant chacun un petit sachet avec du liquide. Nous avons l'impression de nous trouver dans un champ radioactif, miné, bref une aire expérimentale et que nous risquons d'être "contaminés". Un grand silence, une clairière brûlée, une impression d'apocalypse. En plus l'inscription est en allemand, ce qui n'arrange rien (souvenirs de la guerre 40)
Ce 28 avril, le ruisseau du jour coule tout vert, euh pardon, le ruisseau d'hiver coule toujours.
Mon territoire est peuplé de galeries creusées par des taupes, des rats musqués et des campagnoles appelées "rates". Et je pense que les galeries d'art sont elles aussi creusées par des taupes aveugles et par des rats
"Méfiez-vous du TOC, des gens "Toc". Des gens à culture-bidon non intégrée à leur vie quotidienne
A la culture de VERNIS SAGE.
Je suis un cadre et depuis toujours je réalise des oeuvres sans cadre
Il faut lire "Will there really be a morning" Fontana. Une auto-biographie de FRANCES FARMER, une star maudite d'Hollywood. Extraordinaire épopée. Il y a des femmes qui n'ont pas attendu le féminisme. Morte d'un cancer en 1970
Le 12 mai j'entends à la télévison, une phrase superbe de Paul KLEE (J'ai bien dit Paul et non Cassius):
" Le monde est composé de deux crêtes proches du ciel dont l'une est occupée par les animaux et la seconde par les dieux, ainsi que d'une vallée crépusculaire, occupée par les hommes"
Et nous arrivons au mois de juin . Le grand étang, avec dans le fond, la forêt donnant sur le village de Vesqueville et sur Saint-Hubert et sa forêt domaniale, puis de l'autre côté de mon ruisseau, le deuxième étang quasi terminé

Dans l'atelier j'ai commencé un travail sur les polaroïds d'argile. En effet, pour la Banque j'utlise un appareil Polaroïd ancienne manière, avec des cartouches que normalement on jette après chaque photo, ceci aux fins de prendre des photos des immeubles que j'expertise. Je suis parvenu à restructurer ces boitiers en creux et j'y mets l'argile que je creuse avec mes mains dans les étangs. Je les bourre d'argile, laisse sécher, puis mets du liant acrylique pour soilidfier, comme toujours, puis je peins à l'huile en fonction des craquelures apparues au séchage. En juin 84, j'en suis à 49 cashes. Je demande à tous mes collègues inspecteurs à Ippa de me garder leurs cartouche vides et de les amener lorsque nous avons une réunion, à Liège, Bruxelles, Charleroi ou Anvers. J'en collecterai des centaines.
Voici d'abord le cash de Polaroïd à l'état brut, tel qu'il sort de l'appareil. Il contenait 8 pellicules avant usage
Puis ce que cela donne à l'envers, le creux bourré d'argile pétrifié et peint à l'huile
Re-journal:
" Un jour, je me suis dit: Quand je serai grand, je serai comme Ginsbarre...et j'ai commencé à boire du whisky. Remarquez j'aurais aussi bien pu dire Bukowski (Bukowiski un nom prédestiné)
Nombreux contacts aussi avec un jeune peintre de 20 ans de moins que moi, Eric Müller, d'Arlon. Etudes artistiques à Mons. Un jeune prodige passionné de peinture, de musique et de littérature. Il écrit aussi. En Juin il vient passer 3 jours ici avec sa compagne également plasticienne, Edith de Kindt.
Le voici
ll y a entre lui et moi, une espèce de dialogue fondamental et spontané sur l'essentiel de la vie et donc sur la Mort et l'Amour-une tendresse énorme et une affinité de culture, la vraie, faite d'amour-qui circule tout à fait naturellement. Lui et moi sommes des tordus-curieux-assoiffés-tragiques-ce que j'apellerais des êtres à deux versants, des alpinistes en diagonales escarpées, continuelllement assis entre deux falaises.
Sans trop savoir pourquoi, j'achète à Arlon "Les Armes secrètes" de Julio Cortazar et "Le Faiseur de Pluie" de Saul Bellow, deux auteurs que je n'ai jamais lus. Du coup je me remets à la lecture de Kundera "La Plaisanterie". Ensuite j'entreprends la lecture de "Macaire le Copte" de Franz Weyergans, un auteur belge, excellent.
Cueillette ce 25 juin, dans le jardin, de Myosotis des Marais, de Gaillets fangeux et de Cardamines des Prés.
Mon exposition à La Seyne prévue pour juin a été annulée. La droite extrême de La Seyne-sur-Mer ne veut pas de moi et pourtant elle m'acueillera en 1991 et 1992






















